Titre Français : Transcendance

Titre Anglais : Transcendence

Auteur : Firesword

Ancienne traductrice : Melhuiven

Traductrices : Agathe Laplante, Camille, MaryEll, Kalhana et Sev Snape

Bêta traductrice : Essaidel

Bêta lectrice et correctrice : Eni

Rating : PG - 13

État de la fic en anglais : 20 chapitres (complète)

État de la fic en français : 15 chapitres.

En cours : 14, 15, 17, 19.

Ce chapitre a été traduit par Melhuiven et corrigé par Eni

Disclaimer : Aucun des personnages ne nous appartienne (ils sont à JK Rowling comme vous le savez tous, n'est ce pas ?), ni même l'histoire que nous ne faisons que traduire. Nous remercions Firesword pour nous faire partager son œuvre, et surtout nous remercions Melhuiven qui nous a permis de reprendre sa traduction, ainsi que ces chapitres déjà traduits.

Paradise Of Readers vous rappelle que non vous ne rêvez pas, voilà enfin la retour de

cette fic, qui redémarre idéalement pour Noël, en vous souhaitant de joyeuses fêtes

Et nous vous embrassons très fort

Bonne lecture

Eni et Onarluca

Chapitre 3 : On peut apprendre beaucoup de choses grâce à un charme de silence.

Harry remua légèrement dans son lit, alors qu'il glissait lentement au dehors du monde des songes. Il grogna, n'ayant pas vraiment envie de sortir de son lit. Comme toujours, depuis qu'il avait commencé à dormir dans cette pièce, des bougies magiques apparurent instantanément lorsqu'il ouvrit les yeux. Ses mains tâtonnèrent la surface de la petite table de nuit ronde à la recherche de ses lunettes, et il les mit sur son nez avec une légère maladresse.

La pendule sur le mur indiquait sept heures moins vingt ; il soupira. Harry ferma les yeux, essayant de se remémorer les rêves qu'il avait fait durant la nuit. Bien sûr, il y avait eu les habituels cauchemars à propos de Voldemort et de la guerre. Puis il en avait fait d'autres mais qui n'avaient aucun sens ; et il se sentit heureux que ces rêves là ne l'aient rempli que d'un sentiment de perplexité, plutôt que de terreur. Ses pensées se dirigèrent vers le rêve qu'il faisait juste avant de se réveiller. Caressant doucement sa poitrine avec ses doigts, Harry frissonna en imaginant la sensation de douces mèches de cheveux étalés sur sa poitrine et son cou. Il savait très bien de qui il avait rêvé ; ce songe le poursuivait depuis l'été précédent, et revenait seulement lorsqu'il avait fait un cauchemar. Putain… J'aimerais tellement que ce rêve ait été la réalité… Il poussa un soupir plein de regrets.

Il se traîna hors du lit à contre cœur et s'immobilisa un moment afin de chasser de son esprit les dernières traces de sommeil. Une partie de la chambre commença à changer et il enleva rapidement son pyjama avant de se diriger vers la salle de bain avec l'intention de prendre une douche. Il en sortit dix minutes plus tard, se sentant désormais tout à fait réveillé, et s'habilla. Tout en se séchant les cheveux avec une serviette, il envoya une poussée de magie à son pyjama qui se plia tout seul et vint se poser sur le tas de vêtements que le jeune homme avait portés la veille. Harry se tenait devant le miroir ; il ne prit cependant pas la peine de se regarder tandis qu'il brossait ses longs cheveux noirs. Jetant un coup d'œil à la pendule, il réfléchit à ce qu'il pourrait bien faire après. Sept heures trois. Peut-être que je pourrais monter au dortoir et me mettre à hurler à pleins poumons pour les réveiller. Je ne l'ai pas fait depuis un bon moment. L'idée de tirer brutalement ses amis du sommeil en criant semblait lui avoir quelque peu remonté le moral et Harry se trémoussa d'un air coupable. Merlin, aide moi ! Je deviens un peu plus Serpentardien chaque jour qui passe ! Il se dirigea vers la sortie, arrachant des cris de protestation à son reflet qui ne l'entendait pas de cette oreille, et rit doucement tandis qu'il s'emparait de sa baguette et de ses vêtements. Le miroir était toujours en train de s'époumoner après lui lorsqu'il referma la porte de la Salle sur Demande.

Les couloirs étaient silencieux, bien que quelques élèves s'y promenaient déjà. Encore endormis, ils passaient près de Harry, sans reconnaître le Garçon-Qui-A-Survécu. Quelques minutes plus tard, le jeune homme arrivait devant la Grosse Dame. Cette dernière l'examina avec attention.

« Mot de passe ? » demanda-t-elle enfin.

« Afer Ventus » répondit Harry. Il regarda le portrait avec curiosité lorsqu'il se rendit compte de son hésitation, puis ce dernier pivota pour le laisser entrer.

Lorsqu'Harry entra dans la salle commune, Colin Crivey, qui semblait en grande conversation avec un groupe d'amis, ferma subitement la bouche. Okay… Harry, surpris de voir la salle commune pleine de si bon matin, était prêt à manger quatorze gallions que les jeunes Gryffondors étaient en train de parler de lui avant qu'il n'arrive.

Qu'est-ce qu'il se passe cette fois ? se demanda-t-il, un peu amer. Il remarqua que Colin gesticulait sur sa chaise, mal à l'aise.

« Tes amis sont sûrement encore en train de dormir » couina Colin.

Harry hocha brièvement la tête et entreprit de monter les escaliers menant au dortoir des garçons. Bien que son visage ne laissa passer aucune émotion –il était bien trop entraîné à garder une expression neutre en toute occasion- il se sentait blessé. Depuis quand Ron, Hermione, Neville et les autres sont-ils devenus « mes » amis ? pensa-t-il un peu tristement. Est-ce qu'ils ont été rejetés eux aussi, à cause de leur lien avec moi ?

Il entra doucement dans la chambre, marchant tout droit vers son lit et sa malle. Il n'avait pas remarqué que tous ses compagnons de chambre, ainsi que deux jeunes filles, le regardaient en silence. Si Maugrey avait été là pour pouvoir le réprimander, il l'aurait fait ; car Harry traversa la chambre sans même s'arrêter pour inspecter les lieux.

« Harry, » La voix familière d'Hermione émergea de la pièce sombre.

Les mains du jeune homme se figèrent et il laissa retomber le couvercle de sa malle. Quelqu'un fit apparaître plusieurs bougies et alors qu'Harry se retournait, il remarqua les expressions sévères sur les visages de ses amis. Il inspira longuement, se sentant un peu troublé.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-il d'une vois neutre.

« Toi- Rogue -» Hermione avait essayé de parler, mais elle avait perdu tout courage devant le regard intimidant qu'Harry lui avait adressé. Ce dernier tourna la tête vers Ron.

Son meilleur ami soutint calmement son regard, puis s'éclaircit la gorge.

« Nous savons que Rogue est ton nouveau parrain. »

La première réaction d'Harry fut de démentir les paroles du jeune homme, mais il s'en empêcha. Finalement, Harry parla :

« Qui d'autre est au courant ? » demanda-t-il, essayant de paraître calme.

Le tremblement de ses mains montrait pourtant qu'il ne l'était pas du tout.

« Toute l'école » répondit Ginny, et elle tressaillit lorsqu'Harry poussa un tel cri qu'on avait du l'entendre jusque dans la salle commune.

« QUOI ?!!!!!!! »

Le masque d'indifférence d'Harry tomba aussitôt. Il se mit à tempêter contre Ron et Hermione, qui eurent tous deux un mouvement de recul face à l'expression de son visage. Harry paraissait positivement redoutable à présent. Cependant, leur ami n'avait pas l'intention de les étrangler ; il s'était effondré au pied du lit de Ron, l'air totalement abasourdi. Hermione compatit lorsqu'elle remarqua la stupéfaction d'Harry. Si la situation avait été moins sérieuse, elle aurait suggéré que quelqu'un prenne une photo de lui.

« Nous l'avons appris hier soir, durant le festin, » lui apprit Dean, qui triturait avec ses mains un moelleux coussin rouge.

Harry commençait à avoir mal à la tête, il leva son bras gauche et entreprit de se masser la tempe. Mon Dieu ! Pourquoi maintenant ? Est-ce que Sev est au courant ? Est-ce qu'il pense que c'est moi le responsable ? Merde ! Si Leren sait… Putain, ce n'est pas possible ! Harry commençait à se sentir très agité, et, attrapant un oreiller au hasard, il le serra contre lui. Il répétait sans cesse « Merde » dans un murmure étouffé.

« On ne sait pas comment, mais il semblerait que ce soit Malfoy le responsable. » annonça Ron d'un ton calme.

Harry pâlit. Draco ? Mais pourquoi ? Sev n'en parle jamais, mais il adore Draco, et je sais que Draco va souvent le voir, et que ce n'est pas sous ordre de son père.

« Et pourquoi est-ce que vous pensez ça ? » demanda-t-il d'un ton neutre.

Le rouquin se gratta le bout du nez avant de répondre.

« Je ne sais pas ce que tu faisais hier soir, mais tu as sûrement été dans le bureau de Rogue et désenclenché le bouclier. »

« Ensuite Rogue a quitté la Grande Salle, et environ dix minutes plus tard, Malfoy est sorti lui aussi. » ajouta Seamus.

Ginny leur fit part de ce qu'elle avait remarqué :

« Les Serpentards ont fait un truc bizarre quand Malfoy a tourné le dos. Enfin… Pas tous, seulement Crabbe, Goyle, et Montague. Et le plus curieux, c'est que Montague s'était assis à côté de notre chère fouine blanche, et que les deux gorilles étaient avec la bande de Parkinson. »

Hermione entreprit de leur énoncer les sorts qui permettaient d'espionner une conversation, jetant un regard furibond à Ron lorsque ce dernier lui fit remarquer que les Oreilles à Rallonge des jumeaux permettaient le même résultat avec beaucoup moins d'efforts. Harry sourit presque. Ils vont bien ensemble. Je n'arrive pas à croire que j'ai été si surpris lorsque Draco a dévoilé leur relation à tout le monde il y a quelques mois. Il soupira et reporta son attention sur les paroles d'Hermione.

« Mais après -» Hermione s'arrêta et se mordilla la lèvre. « Malfoy pourrait aussi bien être innocent… Je veux dire, à part Zabini et cet abruti, Montague est un bon sorcier lui aussi et… Oh, je ne sais pas ! » s'exclama t-elle, levant les mains en signe d'impuissance.

« Malfoy ? Cette fouine… Innocent ? Allons 'Mione… » Ron renifla d'un air moqueur.

« Ça va, Harry ? » demanda-t-il d'une voix inquiète.

« Ron, regarde-moi » commença Harry d'une voix sérieuse. « Est-ce que j'ai l'air d'aller bien ? »

« Non, pas vraiment. » admit son meilleur ami d'un air penaud. « Ne t'inquiète pas Harry. On a parlé des trucs "qui pourraient arriver" il y a quelques heures. »

Neville, qui jusque là avait été silencieux, inséra d'une voix calme.

« Nous sommes là pour toi. »

La gorge d'Harry se serra alors qu'il observait ses amis les uns après les autres. Ses entrailles se glacèrent et il réprima un frisson. Les jeunes gens le regardaient, une expression grave sur le visage. Vous comprenez ce que vous êtes en train de dire ? Vous comprenez vraiment ce qui pourrait vous arriver ? Vous êtes sûrement capables de faire face au rejet des autres élèves, mais pourrez-vous supporter la mort d'un de vos proches ?

« Harry, arrête de t'inquiéter à propos de ça. » lui dit gentiment Hermione. « Nous comprenons la situation autant que nous le pouvons. Mais il n'est pas question que nous te laissions porter ce fardeau tout seul. » continua t-elle, allongeant son bras droit. Ron –automatiquement, il sembla- serra aussitôt sa main dans la sienne.

Ginny prit la main de Harry et Dean imita le geste de Ron.

« Nous sommes tes amis, et en cela, Voldemort interfère sur nos vies. Je suis- Nous sommes, fatigués de te voir te battre seul, essayer de porter un fardeau qui aurait dû revenir à un sorcier entièrement adulte et compétent. Je ne veux pas te voir te sentir coupable lorsque quelque chose de mal arrive. » Ginny avait dit tout cela d'une voix très sérieuse, totalement différente de la jeune fille insouciante qu'elle avait toujours été. « De toutes façons, sept personnes avec des spécialités différentes sont sûrement plus efficaces qu'une seule. » ajouta t-elle d'un air espiègle.

Un sourire affectueux se dessina sur les lèvres de Harry et il hocha la tête.

« Je suis d'accord. Qui sait ? Depuis que Neville est ton opposé, il pourrait avoir une chance de devenir vraiment fou. » remarqua Seamus. Neville toussota, embarrassé.

« Seamus, tu casses l'atmosphère. Nous sommes supposés être témoins, dois-je te le rappeler ? » demanda Neville d'un ton mordant.

Ginny gloussa lorsqu'elle entendit la pointe de désapprobation dans la voix du jeune homme.

« Témoins ? De quoi ? » demanda Harry qui ne comprenait plus rien. L'expression de triomphe sur le visage de Ginny et le sourire espiègle d'Hermione redoublèrent son inquiétude. « C'est bon Hermione. Crache le morceau » dit-il sombrement.

« 'Mione a lancé un enchantement. C'est comme si on prêtait un serment. On est obligés de faire ce qu'on a dit. » répondit Ron à la place de sa partenaire.

Dents de dragon ! Ils ne sont pas sérieux ! Les yeux d'Harry s'écarquillèrent en signe d'incrédulité.

« Vous êtes fous, » dit-il sèchement, mais ses amis se contentèrent d'hausser les épaules.

« Peut-être » Hermione haussa de nouveau les épaules puis elle reprit « L'enchantement était relativement simple à lancer. Nous nous sommes reliés à toi par le lien de l'amitié, donc je ne pense pas qu'il y ait quelque chose de mal à ça, puisqu'il était déjà là à l'origine. C'est juste un moyen d'être sûr que tu recevras notre aide, que tu -»

« -le veuilles ou non » acheva Ginny alors qu'elle lui faisait un bisou sur le front. « Nous serons collés à toi comme de la glue. Nous allons vaincre V- » Son frère grogna et elle lui lança un regard noir avant de se corriger. « -le Seigneur des Ténèbres ensemble. Si tu veux savoir, je pense qu'il est temps pour eux, » son regard se durcit lorsqu'elle pensa au Ministère, « d'arrêter de se cacher derrière toi ou de compter sur la puissance de Dumbledore. »

« Maintenant, » Hermione l'aida à se relever, « Nous ferions mieux de descendre dans la Grande Salle pour voir ce qui s'y passe. » Elle jeta un coup d'œil à Ron et ajouta lorsque l'estomac de son partenaire fit entendre un cri de protestation « Et un petit déjeuner ne nous ferait pas de mal. » Les oreilles du jeune homme devinrent écarlates et Hermione lui sourit.

Ron s'éclaircit maladroitement la gorge alors qu'il se levait, fixant le jeune homme aux yeux d'émeraude.

« Tu nous diras un jour comment diable ce type est devenu ton parrain ? Je suis sûr que ça serait intéressant pour nous de savoir. »

Harry grogna en signe d'accord.

Les jeunes gens se regroupèrent dans la salle commune avec leurs bagages, ignorant les regards des autres Gryffondors fixés sur eux. Ils firent la queue pour passer le tableau de la Grosse Dame et se dirigèrent vers la Grande Salle.

« Je suis heureuse que ce soit lui que tu aies choisi. » dit Hermione d'un air absent alors qu'elle regardait Pattenrond descendre les escaliers en trottinant, légèrement amusée. « Ça me prouve que tu lui as suffisamment pardonné pour qu'il se remette à t'enseigner l'Occlumancie, » expliqua-t-elle quand Harry lui jeta un regard interrogateur. « Et ça t'a certainement aidé en Potions. » Elle lui jeta un regard envieux et Harry eut un large sourire.

Si seulement elle savait ce que j'ai dû traverser, à prendre des cours particulier dans le domaine de Sev… Harry grimaça légèrement à ce souvenir, et ça encore c'était seulement pour les potions. L'Occlumancie… Il soupira. Les dangers qui y sont liés ont fait que j'ai du tout apprendre aussi vite que je l'ai pu. Et puis il y a eu ces séances improvisées de DFCM…

Il fut tiré de ses pensées par les bruits de conversations. Il échangea un regard avec Ron, qui renifla et lui lança un regard qui voulait dire « les nouvelles circulent ». Ils laissèrent leurs malles dans le Hall d'Entrée et pénétrèrent dans la Grande Salle. Harry ne pouvait rien y faire mais il ressentait une légère appréhension. Comment est-ce que Sev réagit à ça, et Lupin, qu'est-ce qu'il en pense ? Ça aurait été logique qu'il devienne mon second parrain. Et Hagrid, il va être vraiment furieux…Je me suis échappé de chez les Dursley…J'ai l'impression de l'avoir trahi… Il s'arrêta dans l'encadrure de la porte, prenant un bref moment pour observer la Grande Salle. Il leva un sourcil élégant en étudiant la réaction des Serpentards. La majorité des plus âgés ignoraient les arrivants, mais les troisièmes et quatrièmes années semblait indécis. Au moins les premières années se foutent de la « rivalité » qui est supposée exister entre nos deux Maisons, pensa-t-il alors que lui et ses amis se dirigeaient vers leurs places habituelles.

Ses yeux s'arrêtèrent accidentellement sur Dumbledore alors qu'il s'asseyait, et il réprima un froncement de sourcils. Pourquoi Diable est-ce qu'il sourit ? Il tourna son regard vers le Loup-Garou et vit Lupin lui adresser lui aussi un léger sourire. Voyons voir Sev…Harry étudia longuement le Maître des Potions, mais celui-ci ne jeta même pas un coup d'œil à la table des Gryffondors. Ses yeux d'obsidienne étaient fixés sur l'entrée de la Grande Salle. Il mijote quelque chose. Un peu inquiet, il but son jus de fruit (il fut presque choqué lorsqu'il réalisa que c'était du jus d'ananas) et accepta le petit pain qu'Hermione lui tendait en murmurant un merci presque inaudible.

Il tenta d'ignorer le bourdonnement qui commençait à s'élever dans les méandres de son esprit. Putain… J'aimerais vraiment que cette sensibilité disparaisse ! Il mastiquait son petit déjeuner d'un air préoccupé. Est-ce que Draco est vraiment responsable de la divulgation ou est-ce que c'est Leren qu'il faut blâmer ? Qui aurait cru que le Capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard voulait s'enrôler dans les Mangemorts ? Ses parents n'en sont pas. Attends… Il a un frère plus âgé que lui… Est-ce qu'il pourrait en faire partie ?

« Harry ! » murmura Hermione d'un air urgent en lui donnant un léger coup de coude dans les côtes.

Le jeune homme la regarda d'un air interrogateur et elle pointa son menton en direction de l'entrée. Ses yeux d'émeraude glissèrent vers les portes et il oublia temporairement la sensation désagréable dans sa tête lorsqu'il aperçut le pâle et gracieux visage aristocratique. Il est vraiment beau…Pensa Harry avec un sentiment d'admiration. Ses cheveux ont poussé à lui aussi. Je me demande s'ils sont aussi doux qu'ils l'étaient dans mon rêve. Il eut le souffle coupé lorsqu'une mèche de cheveux blond-argenté tomba en travers de l'œil gauche du Serpentard. Regarde ailleurs, Harry. Avant qu'Hermione – ou pire ; Ron – te remarque.

Mais il n'arrivait pas à détacher ses yeux du si désiré héritier de Lucius Malfoy. Les yeux de Draco croisèrent les siens et Harry dut se retenir de rougir devant le regard envoûtant du Serpentard.

Draco n'avait pas l'intention de regarder les Gryffondors, mais depuis le début de l'année, c'était devenu une habitude pour lui d'examiner cette table à la recherche de la silhouette familière aux cheveux noirs. Ce matin là, au lieu de trouver un mur de pierre gris, comme à tous les autres repas, il rencontra deux émeraudes brillantes derrière des lunettes. Merdemerdemerdemerdemerde…Il ne voulait pas regarder ailleurs car il sentait qu'il avait besoin de garder ces yeux dans les siens, mais il en était obligé.

Il remarqua que les étudiants le regardaient d'un air étrange pendant qu'il longeait la table des Serpentards et il ne put s'empêcher de se sentir mal à l'aise. Il maintint son habituel masque de glace alors qu'il avançait, se dirigeant vers sa place habituelle d'un pas aérien. Draco nota qu'il n'y avait pas que les Serpentards qui le dévisageaient d'un air bizarre, les autres élèves lui jetaient des coups d'œil qui semblaient dangereusement proches de la haine. Il se demanda comment il se débrouillait pour ne pas laisser transparaître ses sentiments devant des regards aussi mauvais, et l'expression satisfaite sur le visage de Leren ne lui disait rien qui vaille.

Il s'assit d'un mouvement gracieux, flanqué de ses « gardes du corps », et une nouvelle fois, il rencontra les deux yeux émeraudes qui cherchaient son regard à travers la Grande Salle. Quelque chose remua à l'intérieur de lui ; il sentit une étrange chaleur l'envahir et se répandre dans tout son corps. Je suis un idiot qui se languit d'amour…Les yeux toujours plongés dans ceux de Harry – inconscient des regards de ses camarades de maison fixés sur lui – il sirotait son jus de mangue (les Elfes de maison semblaient aimer donner des jus de fruits tropicaux aux étudiants en cette fin d'année) d'un air rêveur. L'idée de regarder le Directeur de sa Maison ne semblait pas lui avoir effleuré l'esprit mais Rogue était décidément en train de l'observer. Draco était presque au milieu de son petit-déjeuner lorsqu'il entendit la voix de Rogue, amplifiée par l'écho, retentir dans la Grande Salle.

« Mr Malfoy. Mr Potter, » le Maître des Potions appela leurs noms d'une voix sifflante. « Venez avec moi dans mon bureau. » Ordonna-t-il d'une voix froide, calme, alors qu'il se levait de sa chaise.

Tous les regards suivirent le Maître des Potions alors qu'il sortait de la Grande Salle à grandes enjambées, sa robe noire flottant derrière lui d'une manière presque magique. Certains Serpentards affichèrent des sourires narquois dès que Rogue fut hors de vue.

Ok, quelque chose est décidément arrivée… Mais quoi ? Draco jeta un coup d'œil à Leren, et se sentit légèrement déconcerté lorsqu'il vit que celui-ci arborait toujours un air d'autosatisfaction sur le visage. Il failli jeter son petit pain à moitié mangé dans son assiette mais faire cela aurait été incroyablement puéril. A la place, il préféra le faire disparaître. Un reflet métallique attira son regard ; Harry s'était déjà levé de table et sortait calmement de la Grande Salle.

Avec beaucoup de dignité, il s'avança gracieusement dans le sillage du Survivant. Une fois sorti de la Grande Salle, son visage prit immédiatement une expression de mauvaise humeur. Il fixa ses yeux sur la tignasse noire de Harry alors qu'il disparaissait dans les escaliers.

Alors qu'il descendait, ses yeux argentés s'agrandirent de surprise lorsqu'il trouva Harry, négligemment appuyé contre l'humide mur de pierre au bas des marches. Il fronça encore plus les sourcils lorsqu'Harry décroisa les bras et leva paresseusement sa main droite à quelques centimètres de sa poitrine. Ce geste était plus que suffisant pour arrêter la progression de Draco.

« Qu'est-ce que tu veux, Potter ? » demanda-t-il d'une voix grinçante, paraissant sérieusement s'ennuyer. Harry se redressa et le regarda droit dans les yeux.

Oh mon Dieu…Il frissonna devant le brun. Je ne savais pas qu'il était aussi grand que moi maintenant…Au moins la Belette est plus grande…Harry le dévisageait et il baissa les yeux. Merlin ! pensa Draco désespérément. Viens, Yeux-Verts ! Dis quelque chose ! Par Rhiannon ! Je crois que si tu ne le fais pas, je vais t'embrasser !!!

Il essaya de se maîtriser pour ne pas jeter un coup d'œil à Harry et échoua misérablement. Le maigre, et négligé Harry Potter a acquis un certain goût vestimentaire ! Harry portait une chemise bleu-nuit, un élégant pantalon noir et ample, et des chaussures noires soigneusement cirées. Peut-être que Rogue a fait entrer dans son cerveau un peu de sens de la mode…Ça expliquerait tout…Juste au moment où le Serpentard s'apprêtait à attraper la taille du Gryffondor, Harry sortit sa baguette de sa poche et marmonna quelque chose, trop bas pour que Draco puisse comprendre. Le brun commença à tracer quelque chose dans l'air avec sa baguette et Draco le regarda avec perplexité.

Il ouvrit la bouche pour lui demander d'un ton exaspéré ce qu'il pensait être en train de faire lorsque des mots argentés, nets, apparurent devant lui. Regardant au-delà des mots, il plongea son regard dans la paire d'émeraudes brillantes avant que leur propriétaire ne fasse volte face et reprenne sa route en direction du bureau du Maître des Potions. Il reporta son attention sur le message fantomatique.

« Je sais que tu me détestes, Malfoy, mais y'avait-il une raison particulière pour que tu écoutes aux portes et révèles à tout l'école que Rogue est mon parrain ? Étais-tu vraiment obligé de mettre sa vie en danger ? »

Draco blanchit à la lecture du message. Merlin aide-moi… Ils savent que j'ai tout entendu. Ses sourcils se froncèrent alors qu'il était en pleine réflexion. Rien d'étonnant à ce que tout le monde ait agi bizarrement ce matin… Ses pensées s'apaisèrent. Par Merlin ! Je ne l'ai dit à personne ! A cette pensée, il partit à toute allure et en quelques secondes, il dépassa Harry. Il bouscula carrément la silhouette svelte dans sa hâte d'entrer dans le bureau.

« Monsieur ! » fut le premier mot qui émergea de ses lèvres aussitôt qu'il aperçut Rogue, puis il lança un Charme de Silence sur le bureau pour plus de sécurité. « Je n'ai rien dit à personne à propos de ça ! »

Le regard que Rogue lui lança aurait suffit à faire défaillir le cœur du plus vaillant des hommes plus vite qu'un produit récurent magique de la Mère Gratte-Sec aurait effacé une tache sur une nappe. Le visage du Maître des Potions demeura impassible mais sa voix teintait de scepticisme.

« Vraiment, Mr Malfoy ? » lui demanda Rogue. « En ce cas comment se fait-il que ma conversation avec Mr Potter ait été entendue par l'école entière ? »

« J'admets que c'est de ma faute, je n'ai pas pensé à jeter un sort de Silence quand je suis venu ici hier soir, » dit Harry alors qu'il fermait la porte nonchalamment d'un coup de talon avant de s'adosser au mur, fixant calmement les deux hommes. Draco ne put s'empêcher de lâcher un petit ricanement devant l'aveu d'Harry. Puis son visage devint plus sérieux.

« J'ai écouté votre conversation, » dit-il doucement, ses yeux ne quittant pas ceux de Rogue. « Mais je ne suis pas responsable pour la seconde accusation… je crois. » Il baissa finalement les yeux. Harry haussa un sourcil lorsqu'il perçut l'inquiétude de la voix du Serpentard. « J'aurai du être plus attentif pendant le festin hier soir. » Harry et Rogue échangèrent un regard curieux et attendirent qu'il continue. « Je crois qu'on m'a jeté un sort. » déclara t-il finalement avant de pousser un long soupir.

Rogue vit les yeux d'Harry ciller légèrement et le Gryffondor lui jeta un regard entendu. Draco ignorait tout des regards significatifs décochés à travers la pièce, il fixait un point entre ses chaussures.

« Donc, c'était Montague, » Draco entendit Harry conclure, brisant ainsi le silence. Il regarda l'adolescent brun d'un air étonné. « T'inquiète pas à propos de ça, Malfoy. » Harry se retourna vers Rogue. « Si vous avez fini avec moi, je vais retourner dans la Grande Salle. Je ne leur ai pas encore parlé des dispositions qu'a prises Dumbledore. »

Rogue nota son assentiment d'un signe de tête et Draco entendit le doux cliquetis des chaussures d'Harry résonner dans le couloir. Il ne remarqua pas que le Maître des Potions avait réduit la distance qui se trouvait entre eux jusqu'à ce qu'il sente la chaude main de Rogue se poser sur son épaule droite.

« Tu dois faire plus attention, Draco » lui dit Rogue d'une voix douce et le jeune homme le dévisagea avec surprise.

« Vous n'êtes pas en colère ? » demanda-t-il d'une voix incrédule.

« Ne sois pas absurde ! » répondit-il d'un ton cassant. «Ça devait arriver un jour ou l'autre… Même si j'aurais préféré que ce jour arrive après la mort du Seigneur des Ténèbres. » Rogue lui fit un pâle sourire. Draco battit des paupières, se sentent assez confus face au comportement de son professeur. Rogue a un sens de l'humour ? Que quelqu'un me gifle si c'est une blague. Il dévisagea le Maître des Potions. Il a vraiment l'air épuisé…ou plutôt très soucieux.

Rogue regarda Draco dans les yeux, se demandant si c'était le bon moment pour lui remettre l'objet qu'Harry avait créé spécialement pour lui. Pas trop vite. Je pense qu'Harry n'aimerait pas qu'il se doute de quelque chose. Il semblerait que j'aie à faire une descente à King's Cross après tout.

Draco attendait que le Maître des Potions dise quelque chose mais ce dernier semblait perdu dans ses pensées.

« Monsieur ? » demanda t-il d'un air interrogateur et Rogue fut ramené à la réalité.

« Sois prudent avec eux. Tu sais de qui je parle, mais plus spécialement Montague. Et bien sûr, » Rogue marqua une pause avant de continuer, « tes parents. »

A la mention de ses parents, Draco se sentit déprimé. Pourquoi Diable suis-je obligé de retourner dans cette putain de baraque ? Il ignora le sentiment de malaise qui s'emparait de lui, et pour essayer de chasser ses sombres pensées, il demanda au Maître des Potions,

« Comment avez-vous su à propos de Montague ? »

Les yeux noirs de Rogue se firent encore plus pénétrants.

« Quelqu'un qui reconnaît à l'odeur ce que sont les gens. » répondit prudemment le Maître des Potions.

Draco sourit presque devant les mots qu'avait choisis son professeur. Aurait-il eu une discussion avec le Loup-Garou ? C'est nouveau… Enfin…Peut-être pas si nouveau que ça d'ailleurs…

« A part ça, » Rogue retira sa main de l'épaule de Draco et plaça doucement ses longs doigts fins sur la tempe droite du jeune homme. Le Serpentard retint son souffle. Ce simple geste – à part être un signe de bénédiction – était aussi un signe comme quoi Rogue voulait que la conversation à venir reste secrète. Rogue ne savait pas tout à fait lui-même pourquoi il s'apprêtait à dire cela au garçon. « Ha – Potter… a acquis quelques nouveaux pouvoirs – non. Pas de Légilimancie. » expliqua le Maître des Potions, « - mais l'issue de son dernier duel l'a sensibilisé. Suffisamment pour dire que Potter a atteint un certain niveau en… Empathie. »

Ça explique certainement l'attitude distante de Yeux-Verts…songea Draco, il avait remarqué la légère hésitation dans la voix de Rogue lorsque le sorcier avait prononcé le mot « Empathie ». Il sous-entend certainement beaucoup de choses avec ce mot. Donc, Yeux-Verts peut « ressentir » les émotions des autres. Il soupira. Ça veut dire que je vais devoir faire très attention à mes propres sentiments lorsqu'il sera à proximité. J'imagine qu'il va falloir que je fasse ressortir le côté « Je-te-déteste-Potty-Quatre-yeux »…

« Tu devrais retourner au petit-déjeuner. » finit par dire Rogue.

Il regarda le visage las de son professeur et se mordilla inconsciemment les lèvres. Je lui dis maintenant ?

« Monsieur, je - » il s'interrompit, incapable de continuer.

Rogue fronça les sourcils, ses yeux montrant son inquiétude.

« Que se passe t-il ? »

« Ce n'est rien. Je ferais mieux d'y aller. » Il se hâta de sortir du bureau avant que Rogue ne puisse ajouter quelque chose.

~ De retour dans la Grande Salle ~

Draco retournait tranquillement vers la Grande Salle, son habituel sourire méprisant déjà collé sur son visage, et son regard rencontra automatiquement une certaine paire d'yeux vert émeraude. Hmmm…Pourquoi Diable Granger a t-elle l'air d'avoir avalé à contre cœur un 'Haricot à Toutes les Saveurs' parfumé au vomi ? Pouah ! Pourquoi est-ce que tu penses à des trucs comme ça au petit-déjeuner ? se réprimanda Draco. Ses yeux scannèrent une nouvelle fois la table des Gryffondors et il remarqua l'air abattu de Ginny. Qu'est-ce que Dumbledore a bien pu prévoir pour lui ? Ses amis n'ont pas l'air franchement heureux.

Il retourna s'asseoir à sa place, jetant un regard glacé à Goyle qui se dirigeait vers lui. Quant à mon cher capitaine…Draco offra un sourire insolent au capitaine assis en face de lui. Leren le fixa nerveusement. J'aurais dû m'en apercevoir moi-même plus tôt. Il ferma les yeux, prit une profonde inspiration, et se reconcentra sur sa Vision. C'est faible, songea t-il alors qu'il examinait les vibrations de l'aura d'un bordeaux léger du capitaine, similaire à celle de sa mère. Il ferma sa Vue et s'empara négligemment d'un chou à la crème. Rogue sait qu'il a de nouveaux pouvoirs. Est-ce qu'il s'en est rendu compte lui-même, ou est-ce que c'est Yeux-Verts qui lui a dit ? Et je me demande… est-ce qu'il peut aussi savoir qui sont les dernières recrues du Seigneur des Ténèbres ?

« Qu'est-ce que Rogue a dit ? » demanda Leren dans un murmure urgent.

Draco eut soudainement envie de traîner le capitaine dans la cour et de s'essayer à son Feu sur lui, mais il chassa cette idée. Il ne voulait pas que quelqu'un apprenne pour ses Dons, considérant que le genre de magie qu'il produisait ne se trouvait certainement pas dans le monde sorcier courant. Il simula un sourire et entendit Harry faire un petit bruit. Ses yeux trouvèrent rapidement le Gryffondor, et il lui sembla qu'Harry s'était rendu compte qu'il feignait le sourire. Les yeux d'argent sondèrent les yeux d'émeraude dans une attitude de défi. Et alors ? Qu'est-ce que ça fait si mes sourires ne sont pas sincères ? Draco reporta son attention sur le capitaine de Quidditch.

« Qu'est-ce qu'il peut faire ? Et tu aurais du me dire ce qui est arrivé hier soir. J'aurais su à quoi m'attendre aujourd'hui. » Il haussa légèrement la voix. « Si tu veux mon avis, ils devraient être plus prudents. »

Il regardait Leren si attentivement qu'il ne remarqua pas le regard dur que lança Harry dans sa direction. Draco examinait le capitaine. Qu'est-ce qu'il cherche à découvrir ? Il essaie de savoir si je vais rejoindre mon père ? Ou l'autre côté ? Je crois que cette génération de Serpentards a encore beaucoup à apprendre…

~ Quarante-cinq minutes plus tard ~

Alors qu'Harry se dirigeait avec ses amis à l'endroit où les Sombrals –avec les diligences- attendaient, il entendit la voix venimeuse de Draco qui proférait des insultes. Ignore-les, tout simplement. C'est ce que tu fais depuis des mois…

« Potty ! Je n'aurais jamais imaginé que tu envisagerais de faire de la lèche à cette vieille chauve-souris graisseuse ! » ricana Draco.

Harry continua d'ignorer le préfet des Serpentards, préférant aider Ginny avec sa malle. Ceci fait, il passa à Luna ; elle avait une malle supplémentaire, remplie de vieux livres de Défense qu'elle avait acquis avec l'aide de son père.

« C'est bien fait pour lui ! Père sera extrêmement heureux de le livrer au Seigneur des Ténèbres sur un immense plateau d'argent ! »

Harry se figea. Putain... stupide fouine ! Son comportement finira par lui causer des ennuis un de ces jours ! Le reste de ses amis observait nerveusement Harry et le groupe de Serpentards qui s'était rassemblé autour d'eux. Est-ce que tu dois vraiment te montrer aussi exaspérant, Drake ? Quel est le problème ? D'où cela est-il arrivé ? Oh, je sais d'où il vient. Draco est vraiment cassant quand il veut…, pensa Harry alors qu'il essayait de se calmer en prenant de profondes inspirations. Il compta jusqu'à trois avant de se retourner face au préfet. Il resta silencieux. Et ce petit sourire narquois prodigieusement agaçant…Ce n'est pas la première fois que j'ai envie de jeter un sort à sa belle petite gueule, se dit-il avec irritation.

« Qu'est-ce qui t'arrive Quatre-Yeux ? » se moqua Draco. Les Serpentards éclatèrent d'un rire mauvais. « Tu as perdu ta langue ? » demanda doucement le jeune homme blond.

La voix grave de Ron leur parvint aux oreilles :

« Tu veux savoir un truc, pauvre con ? Tu ferais mieux de ne pas le pousser à bout. Vu qu'il n'est pas vraiment lui-même, cette année, tu sais - » le préfet aux cheveux roux s'avança vers eux, une expression pensive sur le visage.

Harry était un peu surpris par son ami. Apparemment lui donner le badge de préfet n'a en rien nui à sa maturité pensa t-il, légèrement amusé. Hermione était juste derrière son immense petit ami, fixant les Serpentards d'un œil féroce. Crabbe et Goyle reculèrent et, bien vite, une bonne partie des Serpentards firent de même. Et ils avaient raison de le faire ; à droite des deux préfets de Gryffondors, légèrement en retrait, se tenaient plusieurs bons amis – Anthony Goldstein, un Serdaigle, Lewis Oakfield (un Poufsouffle de cinquième année qui jouait comme Batteur dans l'équipe de Quidditch, il avait fait tomber deux fois Goyle de son balai lors de matchs contre Serpentard), et plusieurs membres de l'AD. Ils avaient tous sorti leur baguette.

Ron reprit la parole.

« Où j'en étais ? Ah ouais, il n'est plus lui-même et il serait vraiment capable de mordre. » Le préfet regarda les Serpentards d'un air menaçant.

Hermione intervint.

« Autant que je puisse vous haïr, je serais vraiment désolée s'il vous mettait une raclée devant mes yeux aujourd'hui… Non pas que vous me manqueriez… » ajouta t-elle à mi-voix.

Harry entendit Draco grogner et le fixa avec stupéfaction lorsque le Serpentard pointa sa baguette sur Hermione. Jouer les fouineurs sans que je sois là pour me mettre en travers de son chemin l'a sûrement aidé à améliorer ses réflexes ! Sans réfléchir, il tordit violemment la main de Draco, si bien que la baguette du Serpentard se retrouva pointée sur sa poitrine.

« Lâche-moi » siffla Draco, les yeux agrandis de colère. Le Serpentard pâlit lorsqu'Harry resserra sa prise sur son poignet.

Putain ! D'étranges picotements se pressaient dans le corps et l'esprit d'Harry. Qu'est-ce qui cloche chez lui ? Il tenta de toutes ses forces de ne pas tressaillir, ou repousser Draco. Il est différent Il mit cette pensée de côté et se reconcentra sur un problème plus immédiat. Il ne pourrait pas voir le Serpentard avant le début de la prochaine année scolaire. Je le fais, ou je ne le fais pas ? Il sentit Draco se crisper sous sa main et se décida rapidement.

Malfoy – Non, laisse-moi parler. Je te rassure, tu n'es pas en train de devenir fou. C'est ce que j'appelle de la télépathie, bien que ce soit interdit dans le monde sorcier. Je dois dire que c'est un moyen de communication très utile. Garde ton air renfrogné. Harry forma ses pensées avec précaution.

Potter ? La voix intérieure de Draco retentit, incertaine.

Ouais, c'est moi. J'ai deux ou trois trucs à te dire. Souviens-toi que certaines choses peuvent tourner différemment : à ton avantage ou à ton désavantage. L'éclair dans les yeux de Draco montra à Harry que le Serpentard comprenait ce qu'il essayait de lui dire et il continua. Tu dois être prudent. Dumbledore ne peut pas être partout au bon moment. Rogue était supposé garder un œil sur toi mais c'est plutôt impossible maintenant.

Draco poussa un grognement et se débattit un peu.

Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai besoin de quelqu'un pour me surveiller ? La voix intérieure de Draco était glaciale.

Pas le temps de se disputer, Malfoy. Regarde. Garde les deux yeux ouverts et utilise avec de bonnes intentions ce que tu as appris en Défense si l'occasion se présente. Des alliés viendront prendre de tes nouvelles de temps en temps. Que tu le veuilles ou non, Dumbledore est aussi attaché à toi qu'il l'est à Rogue.

La voix du professeur McGonagall perça les air.

« PAR LA BARBE DE MERLIN, QU'EST-CE QU'IL SE PASSE ICI ?!! »

Merde… Sois juste prudent. Harry prononça rapidement les derniers mots avant de rompre la connexion avec le préfet de Serpentard.

Les Serpentards se dispersèrent alors que le professeur de Métamorphose arrivait vers eux à grandes enjambées.

Harry libéra doucement Draco et se battit contre l'envie de recapturer la gracieuse main. Le Serpentard le foudroya du regard et murmura quelques jurons à son intention alors qu'il se dirigeait vers sa diligence.

« Ce n'était rien, Professeur. » répondit Harry avant même que McGonagall n'ait pu commencer à l'interroger.

Son regard était toujours braqué sur Draco. McGonagall lui jeta un regard suspicieux avant d'ordonner aux élèves restants de monter dans leurs diligences.

~ A la Gare de Pré-au-Lard ~

Draco regardait autour de lui, stupéfait. Partout où il posait les yeux, il voyait des Aurors. Il doutait cependant que tous les Aurors présents soient à découvert. Ils prennent le train avec nous ? Putain, qu'est-ce qu'il va encore se passer ?

« Mr. Malfoy, » une voix inquiète qu'il reconnut comme étant celle du Loup-Garou l'interpella. « Je pense qu'il serait plus prudent pour vous de monter dans le train maintenant. »

Draco marmonna quelque chose d'inintelligible. Alors qu'il s'apprêtait à partir, ses yeux tombèrent sur Harry qui étreignait Ginny. Sa tête tourna et il s'accrocha à la rampe. Putain… Je suis jaloux. Il regarda le jeune homme brun enlacer Hermione et Luna Lovegood de la même manière, et il crut que ses yeux allaient sortir de leurs orbites lorsque Luna l'embrassa. Il fut quelque peu soulagé par le regard perplexe qu'Harry lança à Ginny, avant d'échanger une étreinte fraternelle avec Ron.

« Harry, nous sommes prêts. » interpella la voix de Dumbledore.

Au lieu de monter dans le train, Harry, suivi de sa malle, partit en direction du village de Pré-au-Lard. Draco regarda le jeune homme adresser un bref salut à ses amis et, pendant quelques secondes, il pensa avoir vu Harry regarder dans sa direction. Il grimpa les dernières marches et commença à chercher un compartiment vide. Merde. Il ne prend pas le train parce que ce n'est pas sûr pour lui…Il essaie de faire en sorte que nous rentrions sains et saufs chez nous.

Il passa devant la bande de Pansy et les autres compartiments, avant de finir par en trouver un vide. Putain. Premièrement, je commence la journée avec tout le monde qui me regarde bizarrement, l'école entière sait que Rogue est parrain, Yeux-Verts me prévient que si j'ai des ennuis personne ne sera là pour venir m'aider, et maintenant, le Seigneur des Ténèbres envisage peut-être de s'emparer du train. Il fourra sa malle dans une case au-dessus de lui et plaça son aigle sur un siège, puis se laissa tomber inélégamment sur celui d'en face. Je ne suis définitivement pas heureux de voir arriver les vacances d'été… Il soupira et son regard se perdit dans le vague. Il ne sentit même pas le train partir, quinze minutes plus tard.

A suivre…