Titre Français : Transcendance

Titre Anglais : Transcendence

Auteur : Firesword

Ancienne traductrice : Melhuiven

Traductrices : Agathe Laplante, Camille, MaryEll, Kalhana et Sev Snape

Bêta traductrice : Essaidel

Bêta lectrice et correctrice : Eni

Rating : PG - 13

État de la fic en anglais : 20 chapitres (complète)

État de la fic en français : 15 chapitres.

En cours : 14, 15, 17, 19.

Ce chapitre a été traduit par Melhuiven et corrigé par Eni

Disclaimer : Aucun des personnages ne nous appartienne (ils sont à JK Rowling comme vous le savez tous, n'est ce pas ?), ni même l'histoire que nous ne faisons que traduire. Nous remercions Firesword pour nous faire partager son œuvre, et surtout nous remercions Melhuiven qui nous a permis de reprendre sa traduction, ainsi que ces chapitres déjà traduits.

Paradise Of Readers vous souhaite de joyeuse fêtes

Bonne lecture

Eni et Onarluca

Chapitre 9 : Délivrer le Serpentard.

~ Chez Rogue. Aux environs de cinq heures de l'après-midi ~

Harry fixait d'un air hagard la plume qu'il tenait entre ses doigts. Il était tellement concentré à réfléchir à la situation de Draco qu'il fallut que plusieurs griffes acérées s'enfoncent dans son jean bleu pour qu'il réalise que Black était allongé sur ses genoux. Il reposa la plume sur la table et s'appuya contre le dossier de sa chaise. Ses doigts grattèrent sous le menton du chat et Black miaula d'un air adorable.

Il entendit son parrain rentrer dans la pièce avec un plateau.

« Un café Harry ? » demanda Rogue tandis qu'il posait le plateau.

« Oui, merci. »

« Comment va Draco ? »

Rogue leur versa avec précaution du café à tous les deux avant de prendre un siège.

« Il ne réagit toujours pas comme le ferait un Serpentard normal. » répondit Harry, buvant avec soumission le café noir. Au moins la boisson le requinquait. « Quand est-ce qu'il vient ? » Il avait l'air renfrogné. Black fit un petit bond lorsqu'Harry commença involontairement à produire de minuscules éclairs d'énergie qui s'échappèrent de son corps tout entier pour se diriger vers la table.

Rogue s'en étouffa dans son café et fronça les sourcils, mais il se relaxa lorsque son filleul s'excusa.

« Je suis désolé Sev. Je suis juste inquiet à propos de Drake. »

Les deux sorciers restèrent silencieux, Harry jouant un peu avec le chat sur ses genoux et Rogue observant chaque mouvement d'Harry. Finalement, la peau d'Harry commença à picoter et ses yeux fixèrent un point près de la porte. Assez vite, l'objet de la perturbation magique apparut ; Dumbledore venait d'arriver, agrippé à un immense parapluie noir.

« Très pratique je dois dire. » remarqua Dumbledore en soulevant légèrement le parapluie avant de le poser contre le mur.

« Un café, Monsieur le Directeur ? »

« Je pense que je vais me contenter d'un jus de citrouille, Severus. Mon corps ne tolère plus aussi bien la caféine qu'autrefois. »

Le Directeur parut étrangement fatigué à Harry tandis qu'il prenait un siège. Rogue se leva de sa chaise et partit chercher quelque chose pour Dumbledore. Pendant ce temps là, Harry était la cible d'un regard perçant de la part du vieux sorcier. Il soutint calmement le regard tandis que Dumbledore tripotait d'un air distrait l'anneau d'argent à son annulaire droit.

« Je pense que tu me dois une explication Harry. » dit finalement Dumbledore.

Rogue, qui venait juste de revenir avec un verre empli de jus de citrouille glacé, se figea sur le pas de la porte pour examiner la scène. Il décida qu'il devrait donner le verre à Dumbledore avant de s'esquiver. Le Maître des Potions fit juste cela, adressant un petit signe de tête à Dumbledore lorsque ce dernier lui murmura des remerciements. Ses yeux bleus n'avaient pas quitté le visage d'Harry un seul instant. Harry se sentait un peu coupable et ne savait pas vraiment quoi dire, il attendait donc que Dumbledore lui pose des questions.

« J'ai su que le jeune Draco était dans une situation embarrassante lorsque l'anneau que tu m'as fabriqué, » Dumbledore tapota doucement l'anneau, « m'a donné des chocs électriques. » Harry resta calme et silencieux. « Je sais que le bracelet te préviendrait si ton camarade avait n'importe quel problème. Ce à quoi je ne m'attendais pas ce sont les informations précises que tu as obtenu. Comment as-tu pu savoir pour la présence des Détraqueurs ou le fait que plusieurs Mangemorts en fuite étaient au Manoir ? » Puis Dumbledore but une longue gorgée de son verre et attendit patiemment qu'Harry parle.

« Le bracelet aime apparemment beaucoup son propriétaire. » répondit Harry d'une voix claire. Dumbledore le regarda, ses yeux bleus pleins de questions. « A la place de simplement me prévenir lorsque Draco a des problèmes, il a manifesté plusieurs autres fonctions en plus. Nous sommes capables de communiquer en formant des pensées dans nos esprits, de ressentir les sentiments de l'autre jusqu'à un certain point, et de voir à travers les yeux de l'autre. »

Harry s'arrêta et porta sa tasse à ses lèvres pour finir son café. Il parla d'un ton plus doux.

« Vous savez que Draco est différent ? » Il vit un éclair de consternation dans les yeux de Dumbledore. « Qu'il est plutôt comme toi, en quelques sortes ? » Dumbledore tressaillit visiblement.

« Drake et moi en sommes venus à une théorie. Le bracelet a, d'une façon ou d'une autre, senti son instabilité et est devenu plus protecteur. Et par la même occasion, il a aussi aidé à stabiliser le pouvoir de Draco à créer du feu. »

« Ah… » répondit finalement Dumbledore.

Rogue revint dans la pièce en portant des assiettes de hachis parmentier. Le Maître des Potions s'assit sans un bruit et foudroya Harry du regard lorsque son filleul regarda la nourriture d'un air de doute. Ce n'était pas grave s'il avait l'estomac noué ; Rogue ne lui pardonnerait tout simplement pas si la nourriture ne descendait pas son œsophage.

Quelques minutes plus tard –Harry était toujours en train d'essayer de manger – Dumbledore annonça qu'il était tout à fait d'accord pour placer Draco sous la protection de l'Ordre. Ils commencèrent à débattre sur les choix possibles. En général, Dumbledore et Rogue faisaient des suggestions mais Harry trouvait toujours un défaut à chaque option. Finalement, fatigué d'aller à l'encontre de leurs recommandations, Harry demanda :

« Pourquoi pas chez les Weasley ? »

« Mais pourquoi pas ici ? » proposa Rogue, « Avec nous ? »

Harry fixa son parrain un long moment et ressentit le besoin d'être franc. Il espérait seulement que Dumbledore l'excuserait pour sa franchise.

« Sev, tu as perdu la tête ? Si Drake vit avec nous, tu crois que nous serons capables de rester sérieux très longtemps ? Je vais chez Ron à mi-août et au moins, au Terrier, nos… mouvement seront restreints… » Il ignora le regard surpris de Dumbledore. « Je pense que vivre avec les Weasley apprendrait des choses à Draco… Hermione et Ron seraient là dont je pense que Drake n'aurait pas trop de chance de faire l'idiot… »

Rogue était silencieux, Dumbledore aussi. Le plus ancien avait un air plein de questionnements sur le visage tandis qu'il s'emparait du parapluie noir puis il marqua un temps d'arrêt.

« Tu es sûr Severus ? »

« Je n'ai pas d'objections, Monsieur le Directeur. Peut-être que vivre avec les Weasley va aider Draco à mettre en ordre la liste de ses priorités. Je suis d'accord avec Harry quand il dit que le gosse pourrait apprendre de nouvelles choses, peut-être au sujet de combien sa vie pourrait être différente s'il avait des frères et sœurs. »

Dumbledore haussa un sourcil amusé et jeta un regard à Rogue qui semblait vouloir dire, « C'est drôle que tu penses à cela, »

« Dans ce cas je vais chercher l'équipement nécessaire. Je ne serai pas long. »

Harry regarda la silhouette de Dumbledore vaciller et devenir semi solide alors que son corps était aspiré dans le parapluie. Quand le vieux sorcier fut entièrement entré dedans, le parapluie lui-même commença se contracter et il s'apprêta à disparaître. Ça doit le retourner d'utiliser ce Portoloin spécial qui l'emmène n'importe où, où il veut, pensa t-il.

« Je doute que les Weasley apprécient le projet de recueillir ce sale gosse. » commenta Rogue avec ironie.

« Je pense que c'est un euphémisme Sev. » Les yeux d'Harry se perdirent dans le vague. Plusieurs minutes passèrent avant qu'il ne parle à nouveau. « Il prend une douche. J'ai dû le rassurer au sujet de son patronus. »

« Oh ? » Rogue haussa un sourcil dans l'espoir qu'Harry développerait son observation.

« Il a fait apparaître une fouine avec succès mais je lui ai dit que ça pourrait être différent s'il était vraiment menacé. » Harry faisait attention à garder une voix neutre bien que ses lèvres se crispaient d'amusement.

« Hmmm… »

Ils attendirent que Dumbledore réapparaisse et Harry réussit à finir le léger repas que son parrain lui avait préparé. Cela prit plus de temps au Directeur pour revenir qu'ils ne l'avaient prévu, et les deux paires de sourcils étaient pareillement froncées lorsque non seulement Dumbledore arriva une heure plus tard, mais accompagné d'un couple d'Elfes de Maison. Rogue regarda les Elfes de Maison d'un air interrogateur.

« Est-ce sage, Monsieur le Directeur ? » demanda le Maître des Potions, le regard dirigé vers les deux Elfes étranges, qui le supportèrent sans broncher.

« On peut avoir confiance en eux, Severus. » répondit fermement Dumbledore. « Nira et Let sont au service personnel du jeune Draco mais ils sont venus me trouver de leur propre initiative. » continua t-il, puis il se retourna d'un mouvement brusque et ouvrit la porte. Le vieux sorcier sortit. Quand il entra de nouveau, il dit, « La nuit tombe et j'ai l'étrange sentiment que Voldemort mijote quelque chose. »

Harry et son parrain échangèrent un regard troublé et commencèrent une discussion sérieuse sur la façon dont ils devraient procéder pour 'l'enlèvement'.

~ Au Manoir Malfoy ~

Draco regardait d'un œil féroce l'Elfe de Maison de sa mère et pour la cinquième fois depuis le début du dîner, il se demanda où pouvaient bien se trouver ses propres Elfes. Le dîner se passait en silence ; il y avait plus de regards et d'examen voilée que de conversation. Draco mangeait sans vraiment faire attention à ce qu'il mettait dans sa bouche.

Il était en train de découper son filet avec attention lorsque la chair de poule s'empara de tout son corps sans prévenir. Du coin de l'œil, il vit plusieurs autres formes sombres surgir dans l'arrière plan. Le souffle rauque des Détraqueurs devint plus prononcé, et il força son cœur à garder un rythme normal. Il n'osa pas tourner la tête pour regarder, ni même arrêter de manger.

« J'espère que le service des Elfes de Maison est satisfaisant ? »

Draco s'apprêtait à prendre un morceau de filet quand il entendit le ton incontestablement mielleux de la voix de son père. Il se figea une seconde puis continua d'agir comme si de rien n'était. Son visage était impassible mais ses yeux d'orage reflétaient une réflexion interne assez intense. Comment est-il arrivé ici ? Et pourquoi ?

Il mâcha la nourriture qu'il avait dans la bouche tandis qu'il formait une pensée avec précaution dans son esprit. Il appela son aimé.

« Drake ? »

« Yeux-Verts, mon père est ici… » même pour lui, il sembla pressant.

~ Chez Rogue ~

« Quoi ? » La question hors de propos d'Harry surprit les deux sorciers plus âgés. Harry, d'autre part, n'avait pas remarqué que sa réponse à Draco avait été aussi bien verbale que télépathique.

« Voldemort… Il est là aussi… » Harry réussit à entendre la réponse de Draco avant d'être bloqué par son aimé.

« Drake ! » Harry était sous le choc. « Draco a vraiment de gros problèmes maintenant. » Dumbledore et Rogue le fixèrent, attendant qu'il s'explique. Le Gryffondor enfouit son visage dans ses mains, épuisé.

« Nous n'avons plus le temps pour rassembler le reste de l'Ordre ou les Aurors, » marmonna Harry. « Voldemort a prévu quelque chose… Pourquoi Diable lui et Lucius sont-ils au Manoir ? »

« Harry, ce que tu dis n'a pas de sens, » dit Rogue d'un ton cassant. « Le Seigneur des Ténèbres n'est pas assez stupide pour faire un… rassemblement au Manoir. »

Harry leva les yeux pour voir le visage pâle de son parrain et celui concerné de Dumbledore.

« Je crois… Que c'est un piège pour t'attirer hors de ta cachette. » Dumbledore donna son opinion, fixant Harry d'un regard pénétrant.

« D'un côté ou de l'autre, Professeur, » commença Harry d'une voix ferme, « c'est un piège. Je vais là-bas, ils vont m'attaquer moi. Si je n'y vais pas, Draco sera tué ou on le forcera à servir Voldemort. »

« Il n'y a absolument aucune chance que nous ne formions même une escorte, » dit sèchement Rogue.

« On peut laisser tomber pour les duels, » répondit Harry aussi sèchement alors qu'il se levait. Ses yeux tombèrent sur les Elfes de Maison perplexes. « Retournez auprès de Draco, » ordonna t-il. « Protégez-le autant que vous pouvez jusqu'à ce que j'arrive. » Les deux Elfes hochèrent vigoureusement la tête avant de disparaître. Harry se tourna vers Dumbledore. « Tous les Elfes de Maisons de sont pas aussi mauvais que Kreattur… Peut-être que c'est à cause de son âge et de sa fixation sur l'esprit fermé des Black qu'il est comme ça. »

Le Directeur hocha la tête d'un air entendu.

« Tu assumes le fait que quelque chose ressemblant à un combat va avoir lieu, » songea le vieux sorcier.

« Voldemort ne doit pas être le seul à lancer le défi, » fut tout ce qu'Harry dit. Puis, s'adressant à son parrain, « Tu veux venir avec moi ou est-ce que tu préfères accompagner le Professeur Dumbledore ? »

Rogue ne répondit pas et disparut dans le couloir qui menait aux chambres. Quelques minutes plus tard Rogue revint habillé sobrement de noir. Dans une main, il tenait la cape émeraude qu'il avait offert à Harry pour Noël. Harry la prit avec joie. Bien que son visage fût grave, ses yeux brillaient et s'accordaient avec la lueur vive des yeux noir charbon de Rogue.

« Vous deux, » appela Dumbledore d'un ton grave. « Si aller chercher Draco et le placer sous la sécurité de la maison des Weasley est votre objectif… foncez. »

Il regarda sévèrement son employé et son étudiant. Rogue faillit avoir un sourire moqueur mais le cacha bien. Harry fit un sourire forcé au Directeur.

« Je compte sur toi pour qu'Harry sorte de là sain et sauf, Severus. » dit sombrement Dumbledore alors qu'il tendait à Rogue un petit livre à la reluire de cuir qui était caché dans sa robe. « Et Harry, » le vieux sorcier de tourna vers Harry qui avait presque fini d'attacher sa cape sur ses épaules, « Assure-toi que tout le monde rentre sain et sauf chez les Weasley. »

Harry hocha la tête. Lui et Rogue regardèrent profondément à l'intérieur des yeux de l'autre. Rogue examina le petit livre dans sa main.

« Prêt ? » demanda-t-il doucement.

« Le problème n'est pas que je sois prêt, Sev, d'une façon ou d'une autre mon corps n'aime pas l'idée que je voyage avec un Portoloin. » répondit légèrement Harry, faisant sourire son parrain.

~ Dans la salle à manger des Malfoy ~

Le dîner s'éternisait mais Lucius ne permettrait à personne de quitter la table. Le silence était oppressant mais personne n'était disposé à le casser avant que Voldemort ne le fasse lui-même. Draco passait le plus clair de son temps à fixer le tableau du Lac Noir et vu qu'il était magique, ça lui permettait d'avoir l'impression d'être en train de regarder par l'une des nombreuses fenêtres du Château de Poudlard.

« Tu as une progéniture remarquable, Lucius. » dit doucement Voldemort dans le silence et Draco se sentit incroyablement amusé d'entendre les soupirs de soulagements, doux, à peine audibles, des personnes assises autour de la table.

« Nous pouvons seulement espérer qu'il a retenu tout ce que ses parents lui ont appris, » répondit Lucius d'un ton peu assuré.

« En effet, » dit Voldemort, puis il regarda Draco avec spéculation.

Draco était engagé dans un conflit interne. Il se demandait s'il devait continuer son examen approfondi de la peinture ou s'il devait donner au Seigneur des Ténèbres un léger signe de remerciement. Finalement, il fixa la table alors qu'il buvait. Il prenait soin de garder son esprit vide alors que Voldemort parlait à son père.

Il était tellement occupé à examiner les nœuds sur la table qu'il ne remarqua pas qu'un Détraqueur sortait du rang et s'approchait de Voldemort. Quelque chose sembla se passer entre le Seigneur des Ténèbres et la créature sombre. Après quelques minutes, le Détraqueur rejoignit les siens et Voldemort se plongea dans une profonde contemplation. Puis il hocha légèrement la tête et promptement, des cordes magiques lièrent étroitement Draco sur sa chaise.

Il fut pris totalement par surprise et un léger cri s'échappa de sa gorge lorsque ses muscles contractèrent par réflexe, alors que les liens se rigidifiaient. Narcissa et Bellatrix protestaient sur le traitement brutal. Voldemort regardait uniquement Lucius, qui semblait indifférent à sa soudaine attaque sur Draco.

« Je ne vais pas te blâmer pour la… mauvaise conduite de ton fils, Lucius. » dit Voldemort puis il se leva et marcha avec décontraction jusqu'à Draco, qui avait cessé de lutter contre les cordes. La baguette de Voldemort apparut dans sa main. « Doloris ! » Draco poussa un cri silencieux. Il fut soudainement piégé dans des limbes de torture et toutes ses pensées s'évanouirent jusqu'à ce que seule la douleur reste.

~ Quelque part près du Manoir… ~

« Ah ! » Au moment où Rogue et Harry arrivèrent à la cachette de l'Ordre, le jeune homme s'effondra sur ses genoux. Mondingus Fletcher, brièvement effrayé par l'arrivée inattendue des deux sorciers, se précipita sur Harry pour voir s'il allait bien. Rogue regarda en direction du Manoir avant de s'agenouiller.

« Harry… » Rogue pressa son filleul.

« Voldemort… »

« Tu veux dire qu'il est là ? » murmura Fletcher. Harry acquiesça faiblement et Fletcher jura sous sa barbe. « Ray ! » il appela l'autre homme de garde d'un ton urgent.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda un homme grand, mince et aux cheveux gris.

« Je ne sais pas comment, mais le Seigneur des Ténèbres s'est débrouillé pour rentrer dans le Manoir. »

« C'est impossible Ding ! Fudge a ordonné à Narcissa d'engager des sorciers pour jeter des murs qui empêcheraient quiconque d'entrer ou de sortir d'ici, que ce soit par Portoloin ou par n'importe quelle autre moyen, excepté pour Narcissa et son fils ! »

« Je pense que les ordres du Ministre ont été quelque peu ignorés. » ajouta Rogue et les deux autres membres échangèrent des regards graves. « D'après ce qu'Harry m'a dit, il n'y a que des murs Anti-Transplanage en fonctionnement. »

« Qu'est-ce que tu viens faire ici Rogue ? » demanda abruptement Ray avant que Fletcher ne puisse poser plus de questions.

« Une affaire non-officielle pour l'Ordre. » esquiva Rogue puis il examina rapidement Harry. « Je pense qu'il est temps qu'on entre à l'intérieur. » Harry ne répondit pas mais se releva et sortit sa baguette de sa poche.

« Attendez ! Est-ce que vous avez tous les deux perdu l'esprit ? » cria presque Fletcher.

« Tout va bien… Nous avons la permission de Dumbledore… » répondit distraitement Harry. Ses yeux étaient fixés sur les murs blancs du Manoir. Merlin… J'avais oublié qu'il avait une si grande maison…

Les deux sorciers s'approchèrent furtivement du Manoir en comptant sur l'obscurité pour cacher leurs mouvements. Si Narcissa ou un autre esprit brillant avait pris le temps de jeter des sorts pour détecter magiquement leurs mouvements, leurs espoirs de s'approcher calmement de Draco seraient réduits à néant.

« Je ne peux pas me connecter avec Drake pour nous guider, » murmura Harry à l'oreille de Rogue. Le Maître des Potions hocha la tête et prit la tête. Ils avançaient avec précaution alors qu'ils s'approchaient du Manoir.

Quand Voldemort stoppa le Doloris, Draco était trempé de sueur froide et haletait pour reprendre son souffle. Ne sachant pas ce que ça faisait de se noyer, Draco imaginait que la sensation était plus ou moins similaire. Pendant qu'il était frappé par le sort, il n'était pas conscient qu'il s'était vraiment battu contre les liens de Voldemort. Je saigne, vint la pensée décousue. Peu à peu, il récupéra ses esprits. Je ne me demande pas comment je me sens…Il ouvrit lentement les yeux et regarda son bras. Le bracelet d'Harry brillait furieusement. Une autre chose qu'il remarqua était que les cordes avaient vraiment déchiré ses vêtements pendant qu'il se débattait. Il avala sa salive et se força à ne pas penser à la réaction d'Harry s'il le voyait dans cet état. Il secoua la tête pour ôter ses cheveux de ses yeux et vit Voldemort qui le fixait avec hostilité.

« Potter… » siffla le Seigneur des Ténèbres. Les yeux rouge sombre étaient dardés sur le bracelet incandescent. « Combien de temps, Draco… » la voix de Voldemort était dure et impatiente.

Cependant, le jeune Serpentard ne répondit pas et soudainement les bougies et les ampoules magiques qui illuminaient la salle à manger s'éteignirent. La pièce se retrouva immédiatement plongée dans l'obscurité et Draco commença à se sentir nerveux alors que la température chutait. Quelque chose l'effleura ; il ne put pas s'empêcher de pousser un petit cri. Un long râle vint d'à côté et Draco frissonna en sentant quelque chose autour de son cou. Une sensation de froid l'envahit et se propagea rapidement dans tout son corps. Il était paralysé. Son cri mourut dans sa gorge, Draco prenant finalement conscience qu'un Détraqueur le tenait par la nuque.

Des formes sortirent de nul part et Draco se sentit s'envoler avec la chaise et les liens. Les sorts fusaient dans l'obscurité et il entendit Voldemort ordonner à ses larbins de mettre la main sur lui.

« Ouch ! » cria-t-il alors que sa tête se cognait contre quelque chose de très solide.

« Nira est vraiment désolée, Maître Draco ! » couina une voix qui venait de sous lui pour s'excuser.

Il fronça les sourcils. Personne n'avait encore jeté de sort pour éclairer la pièce. Il y eut un 'pouf ' étouffé et il sentit soudainement une pression sur ses cuisses. Il y avait plus de tâtonnements mais cette fois, ils suivaient le chemin des liens magiques enroulés autour de son corps mince.

Il y eut un grésillement et Draco faillit s'écrouler de sa chaise lorsque les liens se désintégrèrent sans prévenir. Il aurait souhaité ne pas bouger ; la douleur causée par les lacérations sur toute la surface de son corps avait empirée.

« Comment au nom de Salazar a-t-il fait pour se retrouver là-haut ? » demanda rudement Rodolphus Lestrange, le mari de sa tante Bellatrix.

Draco frissonna et marmonna un juron lorsqu'il remarqua que le bracelet de son aimé était en train de servir de lumière. Par Merlin… Où Diable sont mes secouristes ?

« Maître Draco ? » chuchota doucement la voix quelque part en face de lui. « Dumbledore nous a à tous les deux donné des ordres pour vous ramener… »

« Très bien mais faites-moi descendre d'abord. J'ai l'air de rien assis comme ça… »

Alors qu'il descendait, il ignora toutes ses blessures et attrapa sa baguette. Heureusement pour lui, elle était intacte. Sans prévenir, quelqu'un se rua sur lui.

« Ne crois pas que tu vas te sauver, neveu. » Draco fut brutalement plaqué contre la vitrine et il sentit la colère l'emporter. C'était plutôt compréhensible vu que le meuble contenait des objets qui pouvaient causer d'importantes blessures si on les bousculait. Le choc brisa la glace et plusieurs objets se jetèrent sur lui, enfonçant rapidement leurs dents, crocs et griffes tranchants comme des rasoirs dans sa chair.

Avec sa colère ajoutée à la soudaine activité du bracelet, son ravisseur se retrouva projeté avec une force inouïe contre l'énorme table de chêne. De puissantes explosions retentirent et les étincelles qui s'en dégagèrent permirent à Draco de repérer sa position. Ses Elfes de Maison apparurent à ses côtés et s'occupèrent des objets mordants pour lui.

« Expelliarmus ! »

Au moment où il entendit la voix de son aimé, il sentit la présence familière de Rogue dans la pièce. Encore plus de blasphèmes emplirent la cuisine et il entendit Harry.

« Détraqueurs ? »

« Que quelqu'un rallume ces satanées bougies ! Je n'arrive pas à voir correctement où je vais ! »

« Narcissa ! Fais le ! »

« Quoi ? Pourquoi ? »

« Ne sois pas stupide Cissa ! Tu te débrouilles bien mieux que moi pour ces choses l ! »

« Bande d'idiots… » siffla Voldemort avant de murmurer quelque chose en Fourchelangue. Il sembla que l'air à hauteur de leur tête se remplissait de centaines de bougies allumées et brillantes. Tout le monde frissonna.

Les Détraqueurs tressaillirent mais ils n'avaient nul part où aller. Ils se plaquèrent contre le mur. Harry examina la pièce, remarquant d'abord les Détraqueurs avant de chercher Voldemort. Ils se dévisagèrent durant un long moment. Harry fut le premier à casser le contact visuel. Rogue avait déjà rejoint Draco mais le Maître des Potions semblait assez horrifié devant l'état de son étudiant. Finalement ses yeux cherchèrent et trouvèrent une paire d'yeux argentés étincelants.

« Monsieur… »

« Comment oses-tu ! »

« Un traître pleurnicheur et idiot ! »

« Sev… » Harry jeta un regard interrogateur à son parrain. Rogue ne fit pas de signe de tête mais il savait qu'il devrait. Les yeux de rubis du Seigneur des Ténèbres interceptèrent le regard furieux de Rogue envers Lucius. D'un geste large de son bras, la pièce se retrouva emplie de gaz âcres et puants et d'une fumée épaisse et aveuglante. Des bruits de suffocation et de toux suivirent.

« Viens… » murmura soudainement Rogue et Harry le vit soutenir un Draco très pâle.

« Ne pense que tu vas sortir de cette maison vivant Severus ! »

« Vite… »

Harry poussa légèrement son parrain du coude et conjura rapidement un bouclier pour aider à retenir Voldemort. Ils se précipitèrent tous les trois hors de la salle à manger. Ils sortirent par la porte de devant en courant aussi vite que les jambes de Draco pouvaient le porter. Quelques secondes plus tard, ils étaient finalement dehors sous le ciel sombre, et Harry entraînait Draco vers la cachette de l'Ordre.

« Yeux-verts ! » gémit Draco, forçant ses yeux à rester concentrés bien que la douleur de ses coupures et les effets du sort jeté sur lui, lui troublaient la vue. « Rogue ! »

« Quoi ? » Harry se retourna brusquement et vit que Lucius et un groupe de Détraqueurs se tenaient sur les marches. Le père de Draco sortit sa baguette, la pointant d'un air menaçant sur le Maître des Potions qui s'était retrouvé d'une façon ou d'une autre allongé sur le dos. « Merde ! »

Les yeux d'Harry s'écarquillèrent lorsqu'il sentit Voldemort se frayer un chemin jusqu'à la porte d'entrée. Draco se serait sentit blessé lorsque son aimé l'oublia complètement pour se précipiter au secours de son parrain s'il n'avait pas été aussi complètement ravagé par la douleur. Ses jambes ne purent pas supporter son poids plus longtemps et il tomba à terre.

Levant les yeux pour regarder son aimé, il vit Harry jeter et composer plusieurs charmes pour tenir Voldemort occupé. Mais Père… Draco fit un effort de pure volonté pour se relever.

« Avada Kedavra ! »

Au lieu de toucher un Maître des Potions impuissant sous l'emprise d'un sortilège, le Sortilège de Mort heurta un solide mur noir qui l'absorba complètement. Avec une force qu'il ne savait pas posséder, Draco enveloppa le parrain d'Harry dans le mur noir et le maintint.

Son aimé était en train de réussir à peu près le même tour mais le Seigneur des Ténèbres ne les laisserait pas battre en retraite si facilement. Cela poussa Harry à tester une idée qu'il avait eue quelques semaines auparavant. Il jeta un bouclier temporaire et lorsqu'il diminua, des flèches d'argent se mirent à pleuvoir sur le Seigneur des Ténèbres et ses Mangemorts. Les flèches n'étaient pas vraiment destinées à causer des dommages physiques. Partout où elles frappaient, tout devenait gelé et Harry en profita pour prendre la fuite.

Draco ne vit pas le résultat de l'ingéniosité de son aimé, il était bien trop occupé à essayer d'annuler le sort d'alourdissement sur Rogue. Une fois qu'Harry les eut rejoints, il prit la relève et son compagnon Serpentard le laissa faire, mais changea d'avis lorsque les Détraqueurs commencèrent à s'approcher. Rogue hoqueta et inspira profondément. Draco respirait bien plus facilement maintenant qu'il savait que le Maître des Potions était sain et sauf.

« Sev ! Le livre ! » pressa Harry tandis qu'il se levait pour faire face aux créatures sombres. « Spectro Patronum ! » Les Détraqueurs continuèrent à venir vers eux. Harry fronça les sourcils alors qu'il se concentrait pour que son cerf charge les créatures.

« Drake… J'ai besoin de ton aide… Essaie d'appeler ton Patronus… »

« Je peux essayer Yeux-Verts… » Draco n'osa pas avouer à son aimé qu'il était fatigué. Il était à la limite de tomber dans les pommes.

Ils laissèrent Rogue se calmer et sortir le Portoloin. Draco passa quelques minutes à essayer d'appeler son Patronus mais ne se laissa pas submerger par la panique lorsque les Détraqueurs les encerclèrent. Les trois sorciers étaient maintenant dos à dos, Rogue dirigeant son propre Patronus qui se révéla, assez curieusement, être une panthère. Un petit coin de son esprit remarqua qu'à chaque fois que le Patronus de Rogue attaquait un Détraqueur, la créature sombre commençait à trembler violemment puis… plus rien. Le Détraqueur touché était parti sans laisser de trace.

Draco se secoua légèrement et pensa à la première fois qu'il avait tiré Harry de ses cauchemars. Une chaleur particulière se répandit dans son cœur et il attendit le bon moment. Depuis quand est-ce que j'ai développé de l'intuition pour m'aider à prendre des décisions ?

« Spectro Patronum ! » prononça Draco d'un ton ferme.

Harry s'était occupé des Détraqueurs qui étaient dans son champ de vision et se retourna pour aider Draco et son parrain. Son souffle fut immédiatement coupé lorsqu'il vit quelque chose d'incroyablement familier courant rapidement et frappant les Détraqueurs à sa portée.

Sirius… Harry était stupéfait et regarda son aimé. Draco était trempé de sueur et il paraissait très pâle mais la détermination dans ses yeux d'argent prouvait qu'il contrôlait parfaitement son Patronus. Il a réussit a convoquer son vrai Patronus… Et plus vite que moi…

Quand le dernier Détraqueur eut disparu, Harry observa les corps toujours gelés devant le Manoir. Ils vont bientôt revenir à la normale…Le Patronus de Draco s'était évaporé lorsque le Serpentard l'avait rappelé et Rogue tenait le petit livre prêt. Harry prit la main de Draco et hocha la tête.

La première chose dont il eut conscience fut la voix retentissante de Ron qui criait,

« Ça ne peut pas être vrai merde !!! »

Rogue, Harry et Draco avaient été 'portoloignés' avec succès dans l'arrière-cour du Terrier. Le Maître des Potions signala à Harry d'entrer en premier. Les Weasley –Hermione était déjà là- étaient toujours rassemblés à l'endroit du repas et parlaient avec Dumbledore qui avait l'air un peu égaré.

Sans qu'Harry le remarque, Draco s'éloigna et s'assit sur un tabouret inoccupé pour attendre. Le jeune homme aux yeux verts vint se tenir directement à côté de Fred et écouta George suggérer d'un air pensif que Draco pourrait utiliser leur chambre. Ron était sur le point de protester lorsqu'Harry s'éclaircit bruyamment la gorge.

« Harry ! » s'exclamèrent plusieurs voix en même temps.

« Hhmmm… Est-ce que quelqu'un connaît des sorts de guérison ? » demanda t-il timidement.

Madame Weasley ferma la bouche puis l'examina attentivement. Son expression devint perplexe lorsqu'elle vit qu'il n'y avait rien d'anormal chez Harry.

« Malfoy ! » gémit Hermione et tout le monde fixa la silhouette ensanglantée et affaissée du Serpentard.

Draco s'était tranquillement évanoui, et Rogue marmonna un juron. Madame Weasley dévisagea le Maître des Potions d'un air de dire qu'il ferait mieux de surveiller son langage en présence des enfants ou elle lui ferait probablement passer un sale quart d'heure. Il semblait qu'elle ait été mise au courant du parrainage de Rogue et qu'elle ait admit – bien qu'avec un peu de réticence- qu'il était un membre de la famille à présent. Elle continua à le fusiller du regard – et Rogue le lui retourna bien- puis fixa ensuite Draco avec choc lorsqu'elle vit à quel point le jeune homme était gravement blessé.

« Je pense que nous avons besoin d'un Guérisseur. » dit-elle faiblement.

A suivre …