Titre Français : Transcendance
Titre Anglais : Transcendence
Auteur : Firesword
Ancienne traductrice : Melhuiven
Traductrices : Agathe Laplante, Camille, MaryEll, Kalhana et Sev Snape
Bêta traductrice : Essaidel
Bêta lectrice et correctrice : Eni
Rating : PG - 13
État de la fic en anglais : 20 chapitres (complète)
État de la fic en français : 15 chapitres.
En cours : 14, 15, 17, 19.
Ce chapitre a été traduit par Agathe Laplante et corrigé par Eni
Disclaimer : Aucun des personnages ne nous appartienne (ils sont à JK Rowling comme vous le savez tous, n'est ce pas ?), ni même l'histoire que nous ne faisons que traduire. Nous remercions Firesword pour nous faire partager son œuvre, et surtout nous remercions Melhuiven qui nous a permis de reprendre sa traduction, ainsi que ces chapitres déjà traduits.
Paradise Of Readers vous souhaite de joyeuses fêtes
Bonne lecture
Eni et Onarluca
Chapitre 13 - Veelas dansants et gardiens fantômes
~ Samedi 16 Août, à l'aurore ~
Ginny grommela bruyamment et réveilla sa colocataire. Hermione s'assit en regardant la douce lumière de la chambre endormie. Elle s'étira et rencontra une bosse tiède prés de son pied. Elle vibrait et ronronnait.
« Bonjour, Pattenrond ».
Hermione salua son animal en soulevant la couverture pour révéler le chat caché. Elle gloussa derrière sa main. Même lui semblait un peu réfractaire à l'idée de se lever.
Ginny bailla bruyamment et cligna des yeux plusieurs fois.
« Quelle heure est-il ? » demanda-t-elle, endormie.
« Presque cinq heures... »
« Il est trop tôt ... Je pense que je vais dormir encore un peu... ». Ginny attrapa son traversin et se pelotonna à nouveau dans son lit. Hermione se leva paresseusement et s'assit sur le lit de Ginny.
« Tu ne veux pas embêter Draco ? ». Hermione serrait un oreiller contre elle alors qu'elle regardait Ginny se retourner sur le dos pour fixer le plafond.
« Si, mais ... », la voix de Ginny s'éteignit. Hermione secoua le poignet de la jeune fille pour attirer son attention.
« Mais quoi ? » demanda la plus âgée.
« Harry est avec lui, tu sais ..., » répondit Ginny d'un ton préoccupé.
« Attend une minute ! ». Hermione leva les sourcils. « Je pensais qu'il partageait la chambre de Ron ! »
« Non ... J'ai vérifié la chambre de Ron quand je suis allée dans la salle de bain tout à l'heure. Les valises d'Harry n'étaient pas là non plus ..., » affirma Ginny. Hermione était quelque peu choquée par la découverte de son amie.
« Ginny ... » commença Hermione lentement. « Tu pense qu'ils ... qu'ils se sont liés ? »
« Qu'ils ont couché ensemble tu veux dire ? » répliqua Ginny abruptement.
Hermione essayait de s'empêcher de rire face à la jeune fille qui roulait sarcastiquement des yeux.
« D'accord… peu importe. Tu penses qu'ils l'ont fait ? » demanda à nouveau Hermione, ses yeux s'assombrissant à cette simple supposition.
« Et pourquoi pas ?! » dit Ginny avec un petit sourire satisfait. « Ça rend le couple plus fort tu sais. Peut-être que toi et Ron vous devriez essayer ... »
« Ginny ! »
Hermione frappa l'adolescente avec l'oreiller, son visage devenant aussi rouge que la couleur de cheveux héréditaire des Weasley. Elles entamèrent une bataille de polochons qui dura quelques minutes, jusqu'à ce qu'elles finissent par rire aux larmes. Elle et Ginny s'étaient rapprochées au fil des ans, plus encore depuis la mort de Sirius. Ginny avait tendance à venir vers elle si elle avait des problèmes, que se soit à propos de devoirs ou de relations amoureuses. De plus, la plus vieille des deux passait souvent ses vacances avec les Weasley et elle traitait Ginny comme la sœur qu'elle n'aurait jamais. Hermione haletait, essayant de reprendre son souffle.
« Bon, je vais me doucher la première », dit-elle le visage rouge. « Tu peux essayer de te rendormir si tu veux. »
« Après avoir autant rigolé ? Je ne pense pas ... », grimaça Ginny tout en commençant à faire son lit et celui d'Hermione.
~ Quarante-cinq minutes plus tard ~
Hermione et Ginny rôdaient dans le couloir. Elles vérifièrent d'abord la chambre de Ron. A la lumière du soleil levant, elles pouvaient voir que le lit à côté du garçon était effectivement vide et inutilisé. Hermione était tentée de réveiller son petit ami mais décida que ça pourrait être une mauvaise idée de lui laisser savoir qu'elle l'avait surpris en train de ronfler.
Elles s'arrêtèrent finalement devant la porte de la chambre de Draco.
« C'est assez inquiétant de se réveiller si tôt le matin ... Et avec Fred et George qui partent travailler tôt.. » murmura Hermione.
Le Terrier était silencieux en dehors du bruit des poulets dans le jardin.
« Tu t'y habitueras, enfin ça m'a pris un peu temps pour m'habituer à leur absence », confessa Ginny avant de faire signe à Hermione de se taire.
Elles posèrent toutes les deux leurs oreilles contre la porte.
« Quel dommage que je n'ai pas pensé à garder une des 'Oreilles à rallonge' des jumeaux ... » marmonna Ginny.
« Je ne pense pas que cela aurait fait une grande différence. » La réponse d'Hermione était à peine audible.
« Charme de silence. » Le visage de Ginny s'éclaira sous le coup de la compréhension. « Prête? ». Hermione prit une profonde inspiration et opina. « Je vais être vraiment très bruyante, » ajouta la rousse en avertissement, « j'espère juste que Draco n'était pas vraiment sérieux à propos du fait de sceller sa chambre après mes fréquentes visites matinales. »
En quelques secondes, Ginny fit irruption dans la chambre. Elle passa seulement un instant à étudier l'enchevêtrement de membres avant de sauter sur le lit et de secouer les chevilles des jeunes hommes.
« Ginny ..., » grogna Draco en essayant de se défaire de la prise de la main de la fille. « Va embêter quelqu'un d'autre ... ». Le Serpentard se blottit un peu plus contre Harry, qui dormait toujours.
« Allez les garçons ! Debout ! On va faire du shopping ! ». Elle les secoua avec plus d'insistance et Harry montra finalement des signes de réveil.
« Putain de merde ... Il est trop tôt ... » marmonna Harry. Au lieu de se lever, il rapprocha encore plus Draco de lui.
Hermione, qui était resté près de la porte, les regardait avec amusement. Elle entra d'un pas léger et secoua Harry. Elle était soulagée que les deux garçons soient toujours habillés et qu'elle ne puisse pas sentir quoique ce soit qui puisse faire penser au sexe. Elle nota aussi que Draco avait rendu la chaîne noire à son propriétaire.
« On se réveille, mes mignons », dit-elle d'un ton affectueux. Harry tourna la tête et cligna des yeux comme une chouette. Elle lui sourit en retour. « Je n'aurais pas du être surprise d'apprendre que Ron t'a en fait laissé passer la nuit avec lui. »
« C'est mon meilleur ami », murmura Harry d'une voix endormie.
« Et je l'aime pour ça ... », la réponse assourdie de Draco parvint à leurs oreilles.
« Vous n'avez quand même pas ... ! » Ginny commença à les secouer plus rudement.
« Désolé Ginny la Célibataire ... » s'éleva la voix assourdie de Draco. « Mais je ne peux tout simplement pas garder les mains loin de mon cher et tendre ... »
« Ginny la Célibataire ? » Demanda Hermione, la voix tremblante d'hilarité.
« Vous feriez mieux de vous lever ou je commence les chatouilles ! » prévînt Ginny.
Draco s'assit immédiatement et s'éloigna autant qu'il le pouvait de la fille. Harry se souleva sur un coude et regarda avec curiosité son amant aux yeux d'argent.
« Tu es chatouilleux ? » demanda Harry d'un ton neutre.
« Tu n'oserais pas ... ». Draco le fixait, totalement réveillé. Puis il regarda Ginny comme s'il l'évaluait. « Es-tu choquée ? »
« Choquée de quoi ? » demanda-t-elle, confuse.
« Qu'on l'ait fait ... ». Les joues de Draco virèrent au rouge alors qu'il disait cela, jetant un coup d'œil à Harry qui le regardait avec une expression bizarre.
« Pas vraiment ... » Ginny sourit faiblement. Puis d'un ton plus sérieux elle demanda, « Qui était au dessus ? »
« Ginny ! » haleta Hermione, tirant l'adolescente hors de la chambre.
« Je suis juste curieuse ! » gémit Ginny.
« C'est privé ! » la sermonna Hermione.
« Mais ce serait amusant de savoir ! »
**********
Harry riait en écoutant les voix des deux filles disparaître alors qu'elles descendaient à la cuisine. Il se calma finalement et leva les yeux vers son amant. Draco était en train de sourire machiavéliquement. Harry avait réfléchi à la manière dont il aurait pu se réveiller, mais il semblait que son petit ami avait dit la vérité, quand il avait dit que Ginny entrerait dans la chambre dés le matin. Harry était assez heureux de n'avoir rien fait.
« Est-ce que Ginny se demandait qui était le dominant dans notre relation ? » demanda Draco en l'enveloppant dans une chaude étreinte.
Harry soupira de contentement et embrassa la joue de Draco.
« Je crois bien ... Qu'est-ce tu en penses ? »
Draco haussa les épaules. Ses yeux brillaient malicieusement et Harry sentit quelque chose remuer en lui. Peut-être qu'on pourrait le faire rapidement ...
« Mon ... Tu te sens en forme ce matin... » murmura Draco dans ses cheveux noirs en désordre.
« Ça ne te fait pas plaisir ? » demanda Harry innocemment.
Draco ne répondit pas mais entreprit de montrer à Harry à quel point il appréciait.
**********
~ Plusieurs heures plus tard ... ~
Tout le monde était réuni devant l'âtre de la cheminée du Terrier. Tonks et Kingsley Shacklebolt étaient venus plus tôt pour tout vérifier avant de transplaner directement au Chemin de Traverse. Comme prévu, les parents de Ron partirent par poudre de Cheminette en premier, suivis par Charlie, Ron, Hermione, Ginny, Draco, Harry et Bill. Les elfes de maison restaient pour garder un œil sur le Terrier.
Draco, dans des robes quelconques d'un gris terne, se mêla aux autres. Le Chaudron Baveur grouillait de sorcières et de sorciers. La plupart d'entre eux étaient des étudiants ; ils avaient apparemment pris au sérieux le conseil de Dumbledore d'aller acheter leurs fournitures en groupe.
« Premier arrêt : Gringotts », annonça Bill en regardant aux alentours. « Allons-y. »
Bill et Charlie prirent la tête tandis que leurs parents se mirent en fin de cortège. Même à dix heures du matin, la rue était déjà pleine de clients potentiels. Harry avait le cœur serré en se rappelant ce qu'il avait ressenti la première fois qu'il était venu au Chemin de Traverse.
« On aurait peut-être du teindre ou ensorceler tes cheveux avant de venir Draco » souffla Charlie à l'oreille du Serpentard. « J'ai repéré plusieurs disciples du Seigneur des Ténèbres ... pas ceux du Premier Cercle bien sûr... »
A ces mots, Harry et Draco commencèrent à observer la foule.
« Charlie a raison ... Avoir des cheveux blond argenté n'est pas si courant ici, spécialement pour quelqu'un d'aussi jeune que toi. » dit Harry, inquiet.
« Yeux verts, tu me rends nerveux » l'informa Draco. Harry choisit ce moment pour serrer brièvement la main de son amant. Mme Weasley le remarqua et dissimula un sourire.
Le groupe atteignit bientôt les portes en bronze de Gringotts, la Banque des Sorciers. Pendant que Bill et Charlie escortaient Hermione au comptoir de change, les autres suivaient un gobelin de Gringotts. M. et Mme Weasley restaient près de Draco alors que de nombreuses paires de petits yeux semblables à des billes les regardaient traverser le hall. Ils furent d'abord conduits au coffre des Weasley où Mme Weasley s'empara d'une poignée de Gallions avant de les déposer dans une bourse. Quand ils arrivèrent au coffre 687, Harry regarda nerveusement vers Draco pendant que la porte s'ouvrait.
« Pas mal ... » Draco observa le tas de Gallions avec intérêt. « Tes parents étaient extrêmement doués pour la finance, je dois dire... »
« Merci». Pendant qu'ils retournaient dans le hall principal, Harry poussa un petit sac dans la paume de Draco. « Je ne veux pas que tu sois embarrassé si tu dois rencontrer des Serpentards plus tard... »
« Merci Yeux verts », répondit Draco avec reconnaissance puis il cacha vite la bourse dans sa poche intérieure.
Aussi belle que soit la vue des Gallions, ils se sentirent bien plus heureux une fois sortis du bâtiment de marbre. Hermione, Bill et Charlie étaient déjà en train de les attendre dehors, prés des escaliers en marbre et ils se dirigèrent chez Madame Guipure parce que Ginny avait besoin de nouvelles robes. Le groupe de neuf se dispersa ensuite entre Fleury et Bott et la papeterie à côté, tout en surveillant les entrées. Tonks, déguisée à nouveau, faisait semblant d'étudier l'étalage de livres alors qu'elle montait la garde avec Bill et deux autres membres de l'Ordre.
« Merde... » lâcha Draco juste quand lui, Harry, Hermione, Charlie et Ron entrèrent dans la librairie. Harry ne réussit pas à demander ce qui se passait avant que le gérant du magasin n'attire son attention.
« Ah, Monsieur Potter. Et Monsieur Malfoy. ». L'homme semblait surpris de trouver le Serpentard dans ce groupe. Enfin, Harry savait que le sorcier était encore plus surpris de voir que son petit ami et son meilleur ami n'étaient pas en train de se chamailler. Draco fit un bref signe de tête en guise de salut. « Venez au comptoir, je vous prie. » Le groupe le suivit. « Je vais jeter un coup d'œil à votre liste de livres. »
Un par un, les adolescents firent passer leur liste au sorcier. Après avoir vérifier les feuilles durant plusieurs minutes, il commanda à son assistant de rassembler les livres avancés pour les septièmes années pendant qu'il recherchait les livres dont Ginny avait besoin. Charlie alla aider le patron et les autres suivirent son assistant dans l'arrière boutique. Bientôt, ils furent tous surchargés d'épais manuels. Parmi eux, il n'y avait qu'Hermione qui avait l'air de s'en réjouir. Finalement, pendant qu'ils attendaient que le patron fasse le compte leurs achats, Harry demanda à son amour,
« Tu avais l'air inquiet il y a quelques minutes. Pourquoi ? » Harry pencha la tête d'un air interrogateur en regardant le Serpentard aux yeux argentés.
« Blaise... Il est là... », répondit Draco et Harry suivit son regard. Blaise Zabini les fixait intensément pendant que ses parents feuilletaient des livres dans le rayon près de lui.
« Neuf Gallions, seize Mornilles et dix-neuf noises, s'il vous plait », dit le sorcier aux cheveux gris en regardant Ron et Charlie.
« Heureusement que Ginny peut utiliser certains de nos vieux livres », marmonna Ron pendant que Charlie payait l'homme.
« Ce sera douze Gallions et treize Mornilles pour Miss Granger et Monsieur Potter » dit le gérant à Harry et Hermione. Contrairement à Ron, ils avaient tous les deux pris les potions niveau BUSES. « Et onze Gallions, quinze Mornilles et vingt-trois Noises, Monsieur Malfoy. »
Ron et Hermione se tournèrent vers leur ami aux cheveux corbeau, mais Draco sortit la bourse et y prit douze Gallions calmement. Le gérant lui rendit prestement la monnaie et les cinq élèves commencèrent à partir.
« Alors vous n'êtes pas pauvre finalement. Mon fils nous a rapporté vous aviez été mis dehors par les Malfoy » dit doucement une soyeuse voix de soprano en provenance d'un coin de la librairie.
Draco et Harry se tournèrent en même temps. Mme Zabini qui portait une robe de sorcière bleu nuit d'apparence coûteuse, un gracieux chapeau pointu noir et agitait un éventail en dentelle noire d'une main, s'approchait d'eux joyeusement. Draco resta silencieux en regardant Blaise et son père rattraper la sorcière raffinée.
« Elle donne l'impression d'être noble » commenta Harry.
« Elle est noble » rétorqua Draco. Il ne dit rien aux Zabini mais les salua d'une légère inclinaison de la tête. Les amis d'Harry se postèrent maladroitement derrière eux. Seul Charlie ne semblait pas impressionné par les Zabini.
Pour empirer la situation, Pansy Parkinson entra avec Millicent Bullstrode. Elle était en pleine conversation avec son amie jusqu'à ce qu'elles aperçoivent le Serpentard blond platine. Elles pâlirent et déglutirent, se rappelant probablement comment Draco avait causer l'évanouissement de son ex-petite amie dans le train de retour cet été. La confiance de Pansy se renforça à l'entrée de ses parents dans la librairie. Cependant, le couple ne fit pas attention au groupe d'Harry et la mère de Pansy entraîna vite sa fille au fin fond du la boutique.
Mme Zabini observa les Parkinson avec un sourcil levé. Elle jeta un regard à son mari et demanda :
« Est-ce que cette rebuffade était une tentative délibérée de m'ennuyer, chéri? »
« Comment pourrais-je le savoir ? » dit Monsieur Zabini en répondant par une question.
Pendant que ses parents étaient occupés, Blaise avança de quelques pas et examina Draco.
« Est-ce que tu vas bien ? » Demanda t-il au préfet Serpentard en surveillant les Gryffondors avec méfiance.
« Il n'a sûrement pas l'air mort de faim », marmonna Ron.
« Ron ! » le reprit Hermione d'un ton brusque.
« Je vais bien » répondit Draco. Ses yeux dérivèrent sur un M. Zabini boudeur. « Es-tu toujours neutre face aux évènements ? »
« Non. »
La réponse de Blaise était douce. Ron ébaucha visiblement un geste pour sortir sa baguette mais Charlie lui lança un regard sévère.
« Allons, Blaise. Parfois, je me demande si tu as des amis... » Mme Zabini enroula son bras autour de celui de son fils.
« Chéri, nous n'avons pas d'amis », répondit M. Zabini d'un ton sec.
« Foutaises ! Si nous n'en avons pas, alors comment, au nom de Salazar, ai-je fini par être ta femme ? » Elle brandissait son éventail devant son mari. En se retournant, elle plongea profondément dans une paire d'yeux argentés. « Tu ne devrais pas être ici avec eux aujourd'hui, » dit-elle à Draco dans un doux murmure. « Tu sais qu'ils vont venir pour tuer. ».
Les Zabini partirent. Les yeux d'Hermione s'étaient rétrécis aux mots de la sorcière, Charlie semblait impassible, Harry fronça les sourcils et le visage de Ron se contracta sous la colère.
« Sortons d'ici avant que ton ancienne petite amie arrive au comptoir », suggéra Hermione d'un ton dur.
Ils retrouvèrent les autres membres de l'Ordre et se dirigèrent vers l'Apothicaire.
« Hey Gin ! Ginny ! »
« Mais qu'est-ce que ... ? » Bill et Ron examinaient la foule derrière eux. Un groupe en vert foncé se fit un chemin au milieu de la masse pour rejoindre le groupe d'Harry. C'était Dean, Seamus, Luna, Neville et le professeur McGonagall.
« Putain de merde ! » Jura Draco. Il entra rapidement dans la boutique à l'odeur déplaisante.
« Draco ! » appela Mme Weasley d'un ton brusque. Comme le Serpentard ne montrait aucun signe qu'il l'avait entendu, elle leva les mains au ciel et le suivit après avoir rapidement indiqué à son mari qu'il devrait venir avec elle. Après avoir brièvement consulté Bill, M. Weasley courut à petites foulées sur quelques mètres pour rejoindre sa femme.
Dean vit tout ça. Après avoir embrassé Ginny, Dean poussa Harry chez l'Apothicaire afin de pouvoir étudier Draco. Les autres suivirent avec curiosité. Le petit ami de Ginny parla finalement dans un murmure.
« Donc c'est vrai alors. Malfoy a vécu avec vous, les gars. »
Ginny échangea un bref regard avec Ron avant d'acquiescer ensemble. Le Professeur McGonagall arriva à son tour, paraissant légèrement ennuyée que les jeunes l'aient laissée derrière.
« Bonjour Professeur », dit Harry pour saluer son professeur de Métamorphose.
« Bonjour Monsieur Potter. J'imagine que vous ne souffrez plus de cauchemars maintenant que vous êtes avec les Weasley ? » répondit-elle en rajustant son chapeau vert.
Elle plissa les yeux lorsque Ron poussa un petit grognement de dérision. Le grand Weasley lui retourna un regard penaud. Même si la plupart d'entre eux avaient grandi et dépassaient maintenant le professeur, elle était toujours capable de les intimider.
« Non en effet Professeur » acquiesça Harry. « Humm ... Y a-t-il une raison particulière à ce que vous soyez tous en vert? »
« C'est pour que le Professeur McGonagall puisse garder un œil sur nous plus facilement... Et puis ça nous permet de nous démarquer, c'est toujours facile de se perdre dans la foule » répondit Seamus.
« Merlin ! L'odeur ici va me tuer ! » gémit Ginny. « C'est notre dernier arrêt-»
« C'est pareil ici » l'interrompit Luna, en se balançant d'un pied sur l'autre.
« Alors il serait peut-être mieux d'aller chercher nos fournitures avant de discuter » suggéra Hermione et ses amis acquiescèrent.
**********
Neville, Ron, Dean, Charlie et Bill sortirent du magasin, peu disposés à tolérer la déplaisante odeur qui circulait chez l'Apothicaire plus longtemps. Le Professeur McGonagall suivit Harry et observa ses mouvements avec attention. Hermione avait déjà payé pour ses ingrédients de potions et était en train d'examiner les environs quand elle entendit McGonagall pousser un lourd soupir. Le professeur regardait Harry et Draco. Soudain la sorcière se tourna et surprit Hermione en train de l'étudier.
Le professeur McGonagall avança lentement jusqu'à Hermione. Dans un souffle, elle demanda,
« Est-il vrai que Potter et Malfoy ... Sont-ils vraiment ensemble ? »
« Pourquoi dîtes-vous ça ? » demanda Hermione d'une voix douce.
« Oh ... Ce n'est rien... Seulement qu'Albus m'a dit qu'il pourrait y avoir quelque chose ... Rien d'étrange vraiment, si on considère que ... Il m'a dit que Severus et Remus s'étaient enfin mis ensemble... Ces deux là ont eu le plus long flirt que j'ai jamais vu de toutes mes années de professeur à Poudlard.... Toujours à se lancer des regards mais trop effrayés pour faire quoique ce soit... » dit la sorcière d'un ton distrait.
Cela prit un moment à Hermione pour trouver qui était ce 'il'. Elle resta silencieuse pendant que le professeur de Métamorphose semblait perdu dans ses pensées.
**********
Harry restait calmement à côté de son amant alors que celui-ci attendait que ses fournitures soient emballées.
« Tu vas bien Drake ? »
« Oui, je vais bien, mais pourquoi McGonagall est-elle là ? » Le Serpentard la regardait avec curiosité.
« Peut-être parce que le groupe de Dean n'a pas de véritable escorte ... Mais je comprends tes sentiments ... » Harry avait pris quelques secondes pour utiliser l'Empathie sur son amour. « C'est étrange pour McGonagall de s'exposer avec plusieurs Mangemorts cachés ici... » Il marmonna un « merci » au patron quand il lui tendit ses ingrédients dans un sac. Draco resta en arrière lorsqu'ils s'approchèrent de McGonagall.
« M'man, est-ce qu'on peut aller rende visite à Fred et George avant de rentrer ? » Demanda Ginny avec un regard suppliant.
La sorcière grassouillette soupira avant de donner son accord. Le professeur McGonagall sourit faiblement pendant qu'ils marchaient vers Farces et Attrapes pour Sorciers Facétieux, rencontrant occasionnellement certains de leurs amis. Draco afficha un regard empli de gratitude quand les nouveaux arrivants le laissèrent seul mais il était forcé de marcher aux cotés de Bill. Seamus et Neville avaient pris place auprès de son aimé et l'humeur du Serpentard commençait à s'assombrir.
« Regardez qui est là ! » Appela Fred joyeusement de derrière le comptoir quand ils entrèrent. « Bonjour professeur McGonagall ! Voudriez-vous essayer notre dernier produit, qui vous garantit les plus beaux cheveux de votre choix pour quelques heures? »
« Non, merci bien Monsieur Weasley » répondit rapidement la sorcière.
« Ne vous privez pas de jeter un coup d'œil ! » cria George. Il était sur une des échelles en train de faire l'inventaire.
« Comment vont les affaires ? » demanda Bill, voyant qu'il n'y avait aucun autre client à part eux.
« Ça va bien .... Ne t'inquiètes pas, c'est juste une accalmie » dit Fred en souriant.
Madame Weasley se mit à l'aise en faisant apparaître un divan dans un coin vide près de la fenêtre, enjoignant le professeur McGonagall de se joindre à elle. Les plus jeunes se séparèrent et allèrent explorer le magasin. Harry aimait vraiment être dans la boutique des jumeaux. L'atmosphère y était joyeuse et il pouvait sentir l'espièglerie dans l'air. Même si Fred et George pouvaient parfois aller un peu trop loin avec certaines de leurs blagues, les souvenirs d'eux, semant la dévastation à Poudlard pour exaspérer Ombrage, était quelque chose dont Harry pouvait toujours rire. J'aurais quand même aimé qu'ils restent à l école ... Peut-être qu'ils devraient ouvrir une succursale à Pré au Lard ...
Harry s'arrêta et chercha son amant. Il entendit les filles questionner Georges à propos du mystérieux paquet qu'ils leur avaient donné pour son anniversaire et Georges parut un peu étonné qu'Harry ne l'ait pas déjà utilisé.
« Pourquoi ne pas l'acheter ? » entendit-il George demander aux filles d'une voix espiègle.
« Hey, je suis ta sœur ! Je ne peux pas l'avoir gratuitement ? »
« Ok, je peux t'en donner un, mais tu devras travailler pour moi ... »
« En aucun cas je ne testerai un de vos nouveaux bonbons ! »
« ça ne marche pas ... »
Harry pouffa légèrement quand Mme Weasley commença à hurler sur son fils qu'il ne devait pas influencer sa sœur. Il commença à marcher en regardant par-dessus les étagères; juste quand il était sur le point de rebrousser chemin, il vit Draco. Son aimé était face à une étagère qui contenait des rangs et des rangs de boîtes de différentes tailles. Il s'approcha pour regarder de plus prés. Il se mit épaule contre épaule avec Draco et souleva prudemment une boite.
« C'est vraiment dommage qu'il y ait une énorme fenêtre à côté de toi »dit son amant, ses yeux d'argent le regardant tendrement. «Je viens juste de penser que j'avais vu la fille dont tu étais entiché passer devantet qu'elle t'avait vu. Peut-être va-t-elle venir ?»
«Tu as vu Cho ? » Harry fronça les sourcils et regarda vers la fenêtre.
Il ne pouvait cependant pas regarder à l'extérieur ; plusieurs sorcières se tenaient devant et discutaient. Il sentit soudainement un flash de contrariété provenir de son amant. Draco s'était retourné brusquement et regardait quelque chose. Il fallut un moment à Harry pour réaliser que Cho était là. Le Serpentard à coté de lui marmonna quelque chose d'exécrable avant de se réfugier dans un autre coin, celui qui contenait des cartons de bonbons de différents parfums avec des résultats inattendus.
Cho Chang avançait timidement. Hermione et Ginny la suivait avec prudence. Les deux filles se replièrent à l'endroit où se trouvait Draco pour observer avec méfiance l'ex-Serdaigle.
« Salut Harry ». Cho le salua lentement en se postant maladroitement devant lui.
« Salut » répondit Harry avec un léger sourire. Génial! Je ne ressens rien de nostalgique en la voyant debout face à moi. « Qu'est-ce que tu deviens? Tu travailles? »
Cho secoua la tête.
« Pas encore, cependant, j'ai eu plusieurs offres de magasines pour devenir mannequin. Je suis en vacances ; je suis allé au Japon avec ma famille la semaine dernière »
« J'aimerai pouvoir faire ça… J'ai besoin de vacances… » marmonna rêveusement Harry.
« Tu parais beaucoup mieux » le complimenta t-elle. « C'est ta dernière année, alors profite d'être étudiant pendant que tu peux. Beaucoup d'entre nous ont des problèmes pour trouver un emploi mais tu n'as pas à t'inquiéter de ça pour l'instant… »
« Merlin sait que je ne vais pas gaspiller mon temps à m'inquiéter pour quoi que ce soit… sauf Voldemort, bien sur » dit Harry, se sentant légèrement amusé de voir Cho devenir pâle à la mention du nom du Lord Noir. Un silence gêné s'installa à nouveau.
Après plusieurs minutes passées à se fixer mutuellement, l'ex-Serdaigle se racla la gorge.
« Ecoute, Harry ». Les yeux de Cho devinrent légèrement humides. « Je voulais juste m'excuser pour tout ».
Harry était perplexe et la fille reprit.
« J'étais perdue alors. Après Cédric, j'ai réalisé que je n'étais pas prête pour une autre relation. C'est juste que… je n'arrivais pas à te comprendre! Tu étais si différent! »
D'accord… Qu'est-ce qui a causé l'explosion? Se demanda Harry.
« Tu étais si renfermé… Il y avait des fois lorsque je te regardais et que je te voyais froncer les sourcils… » Elle prit une profonde inspiration. « Je t'aime beaucoup, Harry. La façon dont je t'ai envoyé promener pour courir après Michael était vraiment mal. Pouvons-nous juste - AAAHHHH!!! » Son cri attira les jumeaux vers elle.
« Hey! Qu'est-ce qui se passe ici? » demanda Fred.
« Je n'ai rien fait! » hurla Harry en regardant avec incrédulité la boite ouverte dans sa main.
Il chercha de l'aide du coté d'Hermione et de Ginny mais elles haussèrent les épaules en signe d'impuissance. Draco n'était plus avec elles. Au moment où Cho se tourna vers les propriétaires du magasin, ils éclatèrent de rire, ainsi que les deux autres filles.
Cho semblait sur le point de se mettre à pleurer. Avant, elle portait une simple robe bleu-ciel et n'était pas maquillée. Maintenant, chaque centimètre de son corps était recouvert de danseuses veelas séductrices à moitié habillées. Fred, entre deux éclats de rire, remarqua que l'explosion du paquet aux effets inattendus s'était répandue exclusivement sur l'ex-Serdaigle. Même le revêtement de sol du magasin n'était pas atteint par les danseuses Veelas.
Harry semblait toujours totalement en état de choc, il roula la boite dans la main pour lire ce qu'il y avait écrit dessus.
« Regardez la danse des veelas sur le mur de votre chambre » dit-il doucement, puis il plissa les yeux pour lire les petits caractères en dessous. Non garanti pour avoir l'effet magnétique de l'espèce pour des raisons évidentes. Ses yeux se portèrent sur la phrase suivante. Usage strictement réservé aux murs, plafonds ou sols.
« Fred, comment cela a-t-il pu arriver sur elle? » demanda t-il d'une voix très contenue.
Le Weasley ravala son rire et essaya avec difficulté de se composer une expression sérieuse. Finalement il dit à Cho :
« Je ne pense pas que tes parents aimeraient te voir dans cet état… »
« Comment… ». L'ex-Serdaigle regardait les jumeaux avec des yeux pleins de larmes.
« Ne t'inquiètes pas… Cependant, ça ne sera pas agréable… » avertit George. « Enlever le charme Veela va être facile mais enlever la peinture est une autre affaire. Le seul moyen est que tu la frottes avec de la térébenthine ».
« Tu plaisantes! » s'exclama Hermione. « N'est-ce pas mieux de la laisser s'effacer avec le temps? »
« ça prendrait des mois, Hermione » répondit gentiment Fred. Il se tourna vers Cho. « Pour tes lèvres, tu devras utiliser du rouge à lèvres jusqu'à ce que ça disparaisse ».
« Harry? » appelait bruyamment Ron. « Nous partons bientôt ! Draco a acheté des trucs. Et t- ». Sa bouche resta ouverte en voyant l'état désolant de Cho. « -Bordel! ». Ses yeux descendirent et il fixa grossièrement sa poitrine.
« Ronald Weasley… » siffla dangereusement Hermione et son petit ami cligna plusieurs fois des yeux avant de la regarder avec culpabilité.
Pendant que George conduisit Cho à un escalier caché qui menait aux pièces privées des jumeaux. Fred ramena les autres au comptoir. Draco se tenait près de Bill et semblait absorbé par la conversation entre Charlie et l'aîné des frères Weasley. Harry remarqua tout de suite que quelque chose n'allait pas. Bien que concentré sur la conversation, il y avait une expression suffisante sur son visage.
« Salut… Ron m'a dit que tu avais acheté quelque chose» commença Harry en approchant lentement du Serpentard, « alors, qu'as-tu acheté?».
Son amant se tourna et lui sourit gentiment.
« Et bien… j'ai acheté quelques choses intéressantes, bien que mon style favori soit de faire des expériences avec mes propres sorts. Mais beaucoup de gens connaissent les sorts de comptoir». Le Serpentard haussa les épaules. « ça serait drôle de voir Vincent et Greg- Non… J'aimerai voir Leren transformé en dinde dans la Grande Salle…». Ses yeux brillaient diaboliquement.
Harry soupira. Draco en avait manifestement plus à dire.
« Sais-tu que les jumeaux nous ont donné une bouteille de lubrifiant pour l'expérimenter ? »
« Quoi?! » hurla Harry, flanquant une frousse bleue à ses amis. « Désolé… Ne faites pas attention à moi… » marmonna t-il. Ron regardait avec méfiance le Serpentard.
« Saveur miel… Miam-miam… Heureusement, ce ne sont pas Fred et George qui l'ont fabriqué…» dit Draco alors qu'ils sortaient tous du magasin.
Le groupe de McGonagall se sépara finalement d'eux pour se diriger vers l'auberge d'Abelforth, pendant qu'Harry et compagnie retournaient au chaudron baveur.
Saveur miel… Harry rougit soudainement et s'efforça de ne pas regarder son amant. Pour se distraire d'une myriade de fantasmes délicieux, il repensa à l'accident dans le magasin de farce et attrapes.
« Je n'ai vraiment aucun foutu indice sur ce qui a pu se passer » marmonna t-il pour lui-même.
« Je t'avais dit qu'il n'avait rien vu venir » dit Ginny d'un ton triomphant à Hermione. Cette dernière lui lança un regard sarcastique avant de se tourner vers Harry.
« Es-tu vraiment sûr que tu ne sais pas comment c'est arrivé? » demanda sérieusement son amie. Il hocha la tête. « Tu es intelligent, Harry. Tu as sûrement remarqué que la magie avait été utilisée pour ouvrir la boite… »
La magie ? Cette possibilité ne lui avait pas traversé l'esprit auparavant mais il était trop choqué pour faire vraiment attention. Mais quelqu'un pourrait l'avoir fait ! L'expression de son visage était assez claire pour qu'Hermione puisse la lire.
« Harry! La réponse est tellement évidente! » dit-elle d'un ton plaintif.
« Quoi ? Allez ! Je n'ai vraiment pas le plus petit indice ! »
« Trouve tout seul » répondit Hermione, elle releva la tête et marcha royalement dans la cheminée. « Le Terrier ! » dit-elle clairement, puis elle disparut dans un tourbillon de flammes vertes.
**********
~ Mardi 19 août. Le Terrier ~
Il était tôt dans l'après-midi mais Draco s'ennuyait déjà à regarder Hermione étudier ses livres de classe ou regarder son amoureux, juste pour voir le Gryffondor aux cheveux noir corbeau se faire battre pour la quatrième fois par le petit ami d'Hermione. Il regarda autour de lui le salon sans activités et soupira pensivement. Ginny était dehors pour étendre la lessive et il décida de l'aider.
Il sortit pour étudier la rouquine sur la pointe des pieds qui accrochait une longue robe sur le fil. Alors qu'elle se penchait pour attraper une autre robe, elle le vit debout à la porte.
« Draco ? » La voix de Mme Weasley venait de derrière lui. Son visage était marqué par l'effort de porter un immense panier de linge. « As-tu l'intention d'aider Ginny ? »
Il ne répondit pas mais prit le panier. Il était content de faire quelque chose et sentir le souffle du vent sur lui le rendait un peu plus heureux.
« Tu t'ennuies? »
Draco se sortit de sa rêverie pour voir Ginny lui faire un petit sourire. Il acquiesça.
« Si tu étais plus musclé que tu ne l'es maintenant, Hermione t'aurait qualifié de beau gosse » commenta t-elle sans le regarder.
Il fit une grimace mais se demanda ce que Harry penserait s'il développait un corps musclé, plus bronzé et plus large.
« Je t'aime comme tu es… » Les pensées de son amant traversèrent le silence de son esprit. « Alors tu peux oublier… » Draco gloussa tout bas.
« De toute façon, ne pense pas à gagner plus de poids et à arrondir ces pommettes. Harry n'aimerait pas » dit Ginny. Puis, tournant les yeux sur le coté pour le regarder, « cependant, tu pourrais bronzer un peu ». Elle fit la moue. « Est-ce que tu utilises un produit pour blanchir ta peau? »
« Non. Pourquoi demandes-tu ça? » demanda Draco avec curiosité.
« Parce que tu as un putain de teint clair » répondit Ginny avec une intonation envieuse.
Il lui fit un petit sourire satisfait et elle fit mine de jeter son panier sur lui. Ron sortit de la maison en tenant plusieurs paires de gants pour dégnommer. Il regarda Draco d'un air renfrogné alors qu'une paire de gants était tendue au Serpentard.
« Qu'est-ce qui t'amène dehors? » demanda t-il à son amant.
Harry rit joyeusement.
« Mme Weasley trouvait que nous étions trop paresseux ».
Hermione aidait Ginny à rentrer les paniers dans la maison pendant que les garçons sortaient dans le jardin. Draco fixait pensivement une fenêtre.
« Attends… je crois qu'Helios devrait faire de l'exercice ».
Draco revint un moment plus tard avec son hibou mécontent mais le Serpentard n'en avait rien à faire. Chaque fois que le hibou entêté plantait ses serres sur son poignet, il lui donnait un coup dans le ventre avec un doigt.
« Il fait ça pour le spectacle, ou quoi? » demanda Ron amusé.
« Je ne pense pas » répondit Harry. « Je soupçonne qu'il a passé beaucoup de temps avec son hibou lorsqu'il était au manoir. Helios est discipliné ».
« Hedwige aussi. En fait, elle prend tes ordres sérieusement » marmonna Ron sombrement.
Draco qui avait écouté leur conversation prit la parole après avoir réussi à persuader Helios de voler et d'harceler les gnomes.
« C'est parce que Yeux-Verts est une personne sérieuse. D'ordinaire, vos animaux grandissent en quelque sorte avec vous. Plus vous passez de temps avec eux, plus la ressemblance sera grande ».
« Si l'on en juge par la folie de Coq, » Ginny arrivait en compagnie d'Hermione, « je pense que ta théorie tient debout ».
« Hey, est-ce que tu es en train de dire que nous sommes fous ? » demanda Ron.
Ginny croisa ses bras et répondit d'un air entendu :
« Nous ne le sommes pas ? »
« Alors tu es en train de dire qu'Hermione est une fouineuse? » constata Ron.
« Je n'ai pas dit ça »
« Pourtant tu es celle qui est d'accord avec la théorie »
« Vous préfèreriez peut-être que je rentre dans la maison et que je vous laisse argumenter pour savoir si je suis ou pas une nana fouineuse? » demanda Hermione avec indignation.
Elle relâcha Pattenrond qu'elle tenait dans ses bras et le demi-Fléreur partit rejoindre Helios pour fureter dans les buissons et faire sortir les gnomes. Harry et Draco s'éloignèrent lentement de la zone de combat et se concentrèrent sur la chasse aux gnomes qui infestaient le jardin. Au milieu du travail, Draco se figea. Il regardait autour de lui en fronçant les sourcils. Son attitude alerta les autres.
« Draco ? » demanda Ginny d'un ton préoccupé, « qu'est-ce qui ne va pas? »
« Je ne sais pas. Quelque chose n'est pas normal mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus » répondit-il sérieusement en scrutant lentement le paysage.
« Harry? » Ron regardait son ami qui retirait ses gants de dégnommage et attrapait sa baguette qui n'était jamais loin. Les autres suivirent l'exemple du Gryffondor aux cheveux noir corbeau. « Je pense que nous devrions rentrer et avertir maman ».
« Hey » dit Ginny d'une voix étouffée. « Ecoutez ! »
Ils retinrent leur souffle mais tout était silencieux. Draco prit une profonde respiration.
« Yeux-verts, est-ce que tu flippes ? »
Son amant le regarda, impassible.
« Non… Pourquoi ? »
Le Serpentard ne répondit pas, il le surveillait avec méfiance.
**********
~ En présence du Lord Noir ~
Une récente odeur de brûlé pénétrait dans le salon. Voldemort et ses Mangemorts étaient dans une maison moldue et avaient tué la famille qui résidait dedans. Leur avancée avait presque été déjouée lorsque le fils aîné avait tiré avec son pistolet et tué deux Mangemorts puis blessé Lucius. Toutefois, ils étaient trop nombreux et le garçon fut rapidement submergé par les hommes et les femmes masqués.
A ce moment, le Lord Noir était allongé sur le canapé et surveillait en anticipant tous les sorts lancés. Bien qu'il semblait être au repos, il n'en était rien. Voldemort nourrissait ses partisans avec son énergie magique dans l'espoir qu'ils seraient capables de tuer les personnes qui contrariaient sans arrêt ses plans. Le Lord Noir ignorait le fait qu'il y avait des gardiens du monde des ténèbres qui défendaient le garçon-qui-a-survécu et ceux qui l'entouraient. Cela avait été confirmé lorsque Narcissa avait essayé de lancer une attaque sur son fils quatre jours plus tôt. La seule chose qui lui importait était qu'il avait trouvé le moyen de passer les plus fortes défenses de Dumbledore et qu'il avait maintenant une chance de lancer une attaque massive. Le Lord Noir avait fait une petite recherche sur les projections astrales ; en associant la théorie avec plusieurs sorts d'invincibilité, il était sûr que n'importe quel sort utilisé contre eux serait sans effet. Allait-il finalement parvenir à trouver quelque chose pour en finir avec Harry et les gens dont le Gryffondor se préoccupait ou le garçon allait-il encore échapper à la mort ?
**********
~ Dans la petite maison de Lupin… ~
Snape mélangeait la boisson avec sa baguette en montant rapidement les escaliers vers la chambre de Lupin. En ouvrant la porte, il vit que son amant était déjà sur le lit. Conscient de la baguette dans sa main, il souleva avec précaution la tête de son amant.
« Tu dois boire ça ».
Le professeur de DCFM gémit, son visage montrait les signes de sa lassitude. La nuit précédente avait été une nuit de pleine lune. Associée à des nuits d'insomnie, le retour à sa forme humaine n'avait pas été facile.
« Sev, laisse-moi dormir… » marmonna son amant épuisé. « Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as choisi de rester avec moi alors que tu aurais pu aller au Quartier Général sans avoir à t'inquiéter de te faire mordre par moi… »
« Rémus, nous sommes passés par là plusieurs fois. Je voulais rester avec toi et c'est bien que je l'ai fait. Regarde-toi : Tu peux à peine bouger et encore moins te défendre » dit fermement Snape. Lupin réussit finalement à s'asseoir et commença à boire le contenu de la tasse. Lorsqu'il eut fini, le Maître des potions rallongea le sorcier à moitié nu dans le lit. « Dors maintenant. Je te réveillerai lorsque le déjeuner sera prêt ».
Lupin le fixait de ses yeux bruns limpides et éveillés. Le sorcier tendit la main et suivit le contour de son menton doucement avec ses doigts. Sans qu'il ne lui ait demandé, Snape se pencha et embrassa son amant. Lorsqu'il se recula, Lupin avait un sourire lumineux bien qu'un peu endormi.
« Tu sais, Sev » commença le sorcier alangui dans un murmure, il posa ses mains derrière le cou du Maître des potions, « tu pourrais rester ici et me dorloter… »
« Cuisiner est une façon de te dorloter » répondit Snape sarcastiquement.
Lupin soupira puis tira gentiment sur son cou pour un autre baiser.
« Bien… Vas et cuisines… Si tu finissais plus tôt, viens ici et dérange-moi » murmura le sorcier aux yeux noisette d'un air canaille.
« Insatiable » marmonna Snape dans sa barbe.
Les yeux fermés, Lupin répondit avec un sourire en coin :
« Oui, c'est vrai… Mais seulement avec toi ».
Snape quitta rapidement la pièce avant d'être tenté de changer d'avis sur la nécessité de préparer le déjeuner. Comme d'habitude, au moment où Black le vit se diriger vers la cuisine, le chat se mit dans ses jambes avant de sauter et de s'installer sur le rebord de la fenêtre.
Il était en train de couper des poivrons lorsqu'il entendit son amant hurler. Le Maître des potions se figea et ses yeux se dirigèrent vers l'escalier conduisant à la chambre. Hawke qui était en train de somnoler sur un perchoir au pied de l'escalier s'envola immédiatement.
Les cris de Hawke se joignirent aux sorts de Lupin lorsque le hibou lança une attaque aérienne contre les intrus. C'est seulement à ce moment que Snape réalisa que la maison était attaquée. Ses robes de soie noire virevoltèrent autour de lui lorsqu'il se précipita en haut et lança un sort d'explosion sur deux cibles à sa portée. Lorsque le sort ne donna pas les résultats qu'il attendait, il jura en voyant que le nombre de ses adversaires avait grandi.
En un instant, il explosa la porte et Lupin s'enfuit à l'extérieur, il portait des traces de brûlure sur son corps. Hawkes suivit un peu après, ayant découvert que donner des coups de bec à ses adversaires ne donnait aucun résultat.
« Sev ! Sors de là ! Les sorts ne fonctionneront pas sur eux ! » hurla Lupin en lançant un sort d'entrave pour les ralentir. Ils battirent à la hâte en retraite.
Ils atteignirent rapidement la porte.
« Pars devant ! Je te rattraperai ! ». Snape retourna à toute allure dans le bureau de Lupin. « Phinéas ! » appela t-il d'un ton brusque et le personnage fut réveillé d'un choc de la baguette de Severus.
« Quoi ? » demanda le portrait d'un ton agacé.
« Cours ! »
« Quoi ? »
Le personnage fronça les sourcils. Ses yeux s'élargirent lorsqu'il vit les lèvres de Snape bouger. Le sorcier se préparait à brûler le portrait. En une seconde, la silhouette de Phinéas avait disparu. Snape fut distrait par un miaou. Il ramassa rapidement son chat puis s'éloigna après s'être assuré que le portrait était complètement détruit. Il ne pourrait pas supporter que Voldemort trouve le Quartier Général ou son cottage.
Il courut à toute allure jusqu'à la zone boisée en espérant que les attaquants n'avaient pas pensé à placer des forces à cet endroit. Il n'y était pas encore lorsqu'il entendit plus de cris. Il jeta son chat à terre et Black feula sous le brusque mouvement. Il fixait son maître.
« Va-t-en, chat stupide! » hurla Snape.
Black sursauta un peu avant de détaler sous le couvert des arbres. Le Maître des potions espérait que son hibou était sain et sauf et n'avait pas pensé à entrer dans la bagarre avec la masse de silhouettes qui ressemblaient à des ombres. Alors qu'il courrait, il ressentit brusquement une grande douleur traverser son corps avant que ses genoux ne lâchent. Il tomba la tête la première, incapable de bouger. Une autre vague de douleur le traversa comme un coup de poignard. Rémus…
Avec un immense effort, Snape releva son visage. Le découragement le saisit lorsqu'il vit son amant dans les mains de plusieurs Détraqueurs. Les apparitions encerclaient le professeur de DCFM. Même de là où il était, Snape pouvait voir que son amant était épuisé. Lupin ne pouvait plus se concentrer assez pour se défendre. Merlin… Pas lui…
Ensuite, il sentit des mains le soulever pour le remettre sur ses genoux. Il se retrouva à fixer un visage squelettique. Trop proche… Sa baguette fut promptement arrachée de ses doigts et jetée au loin. Ses yeux se fixèrent sur le Détraqueur.
« Expecto Patronum! ». Snape entendit l'incantation de Shacklebolt.
Le Détraqueur tourna sa tête, cependant, pas assez pour se sauver de l'attaque du Patronus. Snape retomba, encore affaibli par le sort qui l'avait immobilisé. Schacklebolt, Tonks et Dumbledore apparurent et coururent vers lui. La femme Auror alla chercher sa baguette et la redonna au Maître des potions. Elle resta à ses cotés et se mit en mode de défense.
Snape se remit sur ses pieds en tremblant mais il était assez fort pour contrôler son Patronus. Sa panthère rampait, bandant ses muscles pour se préparer à l'attaque.
« Ecarte-toi du professeur » dit calmement Dumbledore.
Son propre Patronus, un aigle immense, tournait au dessus de sa tête. Lorsque les sombres créatures ne montrèrent aucun signe de retraite, Fawkes et son Patronus prirent leur envol plusieurs mètres plus haut et disparurent de la vue. Le Détraqueur qui se tenait le plus loin du Directeur ne vit pas ses assaillants.
Comme le Phoenix, le Patronus de Dumbledore pouvait surgir de nulle part. Les trois autres sorciers envoyèrent leurs Patroni pour disperser ceux qui étaient toujours une menace pour Lupin.
Snape plissa les yeux lorsque les formes floues vacillèrent et que Bellatrix apparut de l'une d'entre elles. Elle pointa sa baguette de façon menaçante derrière la tête de son amant.
« Pourquoi es-tu venu ici, vieil homme? » railla la sorcière. « Le garçon Gryffondor n'est-il pas plus important qu'un simple Loup-Garou ? » Elle passa ses doigts dans la chevelure de Lupin puis la tira fortement. Snape vit Dumbledore tressaillir. « Chaque sort créé a un contre sort, Dumbledore… Mon Maître est si brillant d'avoir pensé à attaquer sous cette forme… Invincible… Invulnérable… »
Tonks pâlit en pensant à sa famille au Terrier. Snape blanchit puis réfréna rapidement sa fureur à la pensée de son filleul en danger. Etre submergé par la soif de sang n'aiderait pas son amant ; il avait besoin de penser clairement.
Rabastan Lestrange apparut aussi vite que Bellatrix l'avait fait.
« Bella! Abandonne! Nous devons rentrer! » commanda t-il brusquement.
« Non… »
Les yeux de la sorcière brillaient de sa folie. Des cris terrifiants résonnèrent brusquement et il y eut des mouvements flous autour de Lupin.
« Rabastan! » hurla Bellatrix en réapparaissant à quelques pas du professeur blessé. Le nuage de fumée autour du professeur blessé s'intensifia et elle reconnut celle qui était responsable de la mort de son mari. « Rabastan! » La sorcière hurlait à nouveau ce nom mais il n'y eut aucune réponse.
« Où est-il ? » demanda un Mangemort en se matérialisant.
« Je ne sais pas… ». La voix de Bellatrix se brisa et elle s'appuya contre un arbre.
« Tu joues avec la mort, Bellatrix? » demanda une voix féminine trompeusement douce.
« Toi… » La femme Mangemort soupira. « Où est Rabastan? »
« Mort? Comme tu l'as dit, Bella… 'Chaque sort à un contre sort'… Et ceci est l'un d'entre eux… Peut-être pas tout à fait un sort, mais tant qu'il nous donne les résultats que nous attendons… ». Derrière la forme pâle de Dorcas Meadows; il y avait les frères Prewett. Ils souriaient diaboliquement au rassemblement de Mangemorts. Un tourbillon de forces noires se construisait, avec Lupin en son centre.
« Non… ». Bellatrix se retourna pour fuir mais Fabian Prewett l'a rattrapa. La force du tourbillon l'attrapa rapidement. Un par un, les gardiens disparaissaient alors que le maelstrom les aspirait. Meadows fut la dernière à partir en souriant tristement aux quatre silhouettes debout dans la clairière avant de se transformer en infimes particules de lumière.
**********
~ Au même moment… ~
Voldemort grogna lorsque Lucius se leva brusquement et vérifia le pouls de son collègue Mangemort. Quand l'aîné des Malfoy lui apprit que douze de ses partisans étaient déjà morts, Voldemort donna rapidement l'ordre à chacun de regagner son corps avant de subir le même sort que Bellatrix. Il s'avéra qu'il était trop tard lorsque Croûtard l'appela en pleurant.
« Maître! »
Voldemort avança à grands pas et envoya un coup de foudre sur le corps de Croûtard. Peter Pettigrew haleta puis pleurnicha vite aux pieds de son Maître, en remerciant servilement le Lord Noir. Lucius les contourna pour vérifier l'état de l'autre groupe. Il secoua la tête avec peine en murmurant doucement qu'ils en avaient perdu deux de plus. Les Mangemorts semblaient étrangement soulagés lorsque sa femme haleta et s'assit rapidement en respirant difficilement et en demandant de l'eau. Voldemort serra les poings si fort que ses ongles se plantèrent profondément dans ses paumes. De nouveau, Harry Potter et le Directeur fourbe avaient déjoué ses plans, en ayant cette fois la mort à leurs cotés.
**********
~ Au Terrier ~
Draco et Ron aidaient précautionneusement Harry à se remettre sur pied. Ginny avait eu un poignet cassé et des côtes fêlées lorsque l'un des doubles l'avait jeté contre une brouette. Madame Weasley se serrait contre elle dans l'espoir de la défendre. La main d'Hermione tremblait, pointant toujours sa baguette en direction de la masse de gardiens qui entouraient Harry et Draco avant que le tourbillon d'énergie n'apparaisse.
Les formes graves de Lunard et Sirius se tenaient devant eux. Harry était trop épuisé pour s'étonner de la présence de son premier parrain. Ce dernier s'approchait doucement d'eux mais ses yeux étaient fixés sur Draco.
« J'ai besoin de ton aide, Serpentard » dit simplement Sirius.
« Mon aide ? » demanda nerveusement Draco.
« Je veux Croûtard… » murmura Sirius. « Je veux l'attraper… afin qu'il n'échappe pas à la justice… afin qu'il ne puisse pas trahir à nouveau votre confiance… »
« De quoi parlez-vous ? » demanda Ron en pleine confusion. « Nous n'avons aucun rapport avec lui… »
« J'ai vu le futur… Croûtard est un fourbe. Il possède aussi une touche d'empathie… Il peut utiliser vos sentiments contre vous… » expliqua Sirius en fixant toujours Draco.
« Mais comment puis-je vous aider ? » demandaient les yeux argent du Serpentard.
Ce fut Lunard qui répondit.
« Harry n'a plus suffisamment d'énergie… De l'énergie est tout ce dont nous avons besoin… »
« Attendez, » commença Hermione d'une voix tremblante. « Sirius, tu ne veux pas dire que nous allons trafiquer le futur… Il pourrait y avoir des conséquences désastreuses… »
« Il y a des choses qui peuvent être changées… Et d'autres qui ne le peuvent pas, Hermione… » dit Sirius gentiment. Mme Weasley ne pouvait plus retenir ses larmes et commença à sangloter tout fort. « Vas-tu nous aider? »
Draco étudia le fantôme avant de hocher la tête en signe d'accord. Avant de s'en rendre compte, il était en transe et tout le reste avait disparu de sa vue. C'était comme si il avait été suspendu dans son propre esprit pour toujours lorsqu'ils firent finalement une percée. Une pensée importune lui vint, projection astrale.
« Pas vraiment… Tu peux toujours utiliser ta baguette et tes pouvoirs… J'ai volé l'idée à Voldemort. Tant qu'il n'a pas de fantômes à ses cotés, tu ne risques rien… »
Draco lança un regard oblique sur Sirius avant de reporter son attention sur le Lord Noir. Il ressentit de la satisfaction en voyant son père le fixer d'un air profondément stupéfait. Le regard de Croûtard montrait pour sa part une pure terreur.
Lunard ricanait à l'arrière et plusieurs Mangemorts quittèrent rapidement la pièce en le reconnaissant. Sirius ne souriait pas, il fixait d'un regard pénétrant l'ami qui les avait trahis.
« Ton heure a sonné, Croûtard » Le regard de Lunard devint grave et il se jeta sur le petit sorcier. Ils disparurent tous les deux dans le tourbillon. Sirius reporta son attention sur le Lord Noir. « Et la tienne arrivera bientôt… »
Draco avait fixé son attention sur son père pendant que Sirius parlait à Croûtard. Juste avant que Sirius ne le tire dans le tourbillon, il réussit à lancer du feu sur le canapé. Il commença aussitôt à se propager.
Sirius rapprocha Draco de lui.
« Je veux te demander une autre faveur… Soutiens toujours Harry… Et dit à Servilus que je lui suis reconnaissant… »
Lorsque Draco revint à lui, Sirius et le tourbillon avaient déjà disparu, le laissant dans les bras de son amant.
« Que s'est-il passé? » demanda-t-il.
« Je ne sais pas… » murmura Harry en réponse. Il avait pleuré et Draco essuya lentement les larmes qui étaient restées sur le visage du garçon. « Il avait dit qu'il serait toujours avec moi… Jusqu'au jour où je mourrai… »
« Il m'a dit de toujours rester près de toi… Toujours…». Draco serra gentiment son amant dans ses bras.
« J'espère que tu le feras…». Harry l'enlaça. Draco sourit, prit sa main et en embrassa tendrement la paume.
Plusieurs heures plus tard, alors que Madame Wisp s'occupait des blessures de Ginny, Dumbledore arriva avec Snape et rassembla les étudiants pour commencer un interrogatoire. Mme Weasley demanda au Maître des potions des nouvelles de Lupin et il leur dit rapidement que le professeur de défense était à l'hôpital afin d'être soigné pour des brûlures superficielles. Harry s'appuya contre son parrain pour trouver du soutien alors que Dumbledore commençait un interrogatoire minutieux.
« Comment, au nom de Merlin, les Détraqueurs ont-ils réussi à trouver un moyen pour entrer ? » demanda Bill en donnant un coup de poing sur la table.
« Bill » dit M. Weasley avec un regard d'avertissement pour son fils.
Quelques minutes plus tard, Hermione prit la parole d'une voix choquée.
« Quelqu'un les a amené ici ! ». Lorsque les autres la regardèrent avec doute, elle argumenta rapidement, « les protections sont faites de telle façon que seules les personnes autorisées puissent entrer, exact ? Rita Skeeter ne peut pas… »
« Fudge? »
Ron fronça les sourcils en se rappelant que le ministre avait été vu dans le village, il y a cinq nuits de ça et qu'il avait régulièrement visité la zone tout l'été. Il avait même fait un saut chez les Weasley une fois, mais il n'avait pas agi de manière suspecte.
« Merde ! » jura Snape en courant à toute allure hors de la maison. Etonnamment, Dumbledore le suivit.
« Mais qu'est-ce qui prend à ces deux là ? » demanda Ron agacé. Ginny entra avec de légers bandages.
« Je pensais que Rémus était avec lui… » marmonna t-elle plutôt à elle-même.
« Non… Il est à Sainte Mangouste… » répondit Bill.
« Harry… »
Draco secoua légèrement son amant.
« Courrons après Sev. Il est bouleversé par quelque chose… » dit Harry d'un air grave.
Le groupe d'adolescents utilisa ses animaux familiers pour chercher les sorciers et les trouva finalement près d'un puit désaffecté. Draco fut le premier à rejoindre Snape et entendit le sorcier parler gravement à Dumbledore.
« C'est mauvais, Directeur… Son état est le même que celui de Diggle… »
« Bordel de merde » jura Ron et Harry fut rapidement de la même opinion.
Etendu dans l'herbe, les yeux vitreux et l'écume à la bouche, se trouvait le ministre. Lorsque Dumbledore eut fini d'examiner l'homme, il conclut tristement que Fudge avait été Embrassé.
« Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? » demanda Hermione d'une voix étouffée.
« Je n'en sais foutre rien » répondit son petit ami qui semblait légèrement malade.
A suivre…
