Voici le deuxième chapitre de De glace et de sang ! Je l'ai écrit beaucoup plus rapidement que prévu et il est un peu long. J'espère qu'il vous plaira.
N'hésitez pas à poster des petits commentaires pour me donner votre avis, des conseils ou autre !
Le monde fantastique d'Harry Potter, Poudlard et les personnages (sauf les miens) appartiennent à J. K. Rowling.
La jeune fille était plongée dans l'obscurité. Elle reprit peu à peu ses esprits. Elle entendait des murmures près d'elle. Elle garda les yeux fermés. Ni sa tête ni son corps meurtri ne la faisaient plus souffrir. « Etrange », pensa-t-elle. Elle était bien. Elle avait chaud à présent, et elle n'était plus trempée. Un profond sentiment de bien-être l'envahit. Les murmures se firent plus distincts. Des mots lui parvinrent.
« … soignée… perdu connaissance… Albus… non… »
« … aucun élève ne l'a vue, heureusement, c'était l'heure du dîner… »
A qui pouvaient appartenir ces voix ? La jeune fille était confuse, elle ne comprenait pas ce qu'il lui était arrivé. Avec appréhension, elle décida néanmoins d'ouvrir les yeux. Elle battit plusieurs fois des paupières pour s'habituer à la lumière ambiante. Elle réalisa qu'elle était vêtue d'un pyjama blanc, propre et doux. Elle se sentit gênée. Quelqu'un l'avait déshabillée.
Elle se redressa sur le lit sur lequel elle était allongée et sursauta. Plusieurs personnes à l'apparence farfelue lui faisaient face, au bout de son lit. Leurs regards graves se posèrent sur elle. Un vieil homme paré d'une longue robe grise ornée de motifs brodés et d'un drôle de petit chapeau assortit s'approcha aussitôt. Il avait de longs cheveux argentés et une barbe qui lui descendait jusqu'à la taille. La jeune fille le détailla avec étonnement. Une femme à l'air sévère, vêtue d'une robe vert émeraude aux motifs écossais et d'un chapeau pointu fit de même.
Les yeux bleus du vieil homme la scrutèrent par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune.
— Qui êtes-vous, et que faites-vous à Poudlard ?
La jeune fille le regarda avec crainte et se recroquevilla sur son lit, entourant ses genoux de ses bras qu'elle serra contre sa poitrine. Elle ne comprit pas la question qu'il venait de lui poser. Elle était effrayée.
— Allons, Miss, qui êtes vous ? Quel est votre nom ? insista-t-il.
— Répondez ! dit d'un ton menaçant un homme qu'elle n'avait pas encore vu.
La jeune fille tourna la tête vers lui. Ce dernier brandissait un vulgaire bout de bois dans sa direction. Il avait l'air vraiment hostile. Il était vêtu d'un habit noir et d'une grande cape assortie. Il était de grande taille. Ses cheveux noirs et graisseux retombaient sur ses épaules. Son teint était cireux. Le plus inquiétant chez lui était ses yeux. Ils étaient sombres, si sombres qu'ils lui firent penser à un puis sans fond. Ces yeux-là lui glacèrent le sang. Ils exprimaient beaucoup de mépris à son égard.
— Voyons Severus, vous allez l'effrayer ! lui reprocha la femme au chapeau pointu.
Le dénommé Severus ne répondit pas, mais abaissa son bâton de bois, sans cesser de regarder la jeune fille avec méfiance.
Le vieil homme reprit avec plus de douceur :
— Auriez-vous perdu la voix ?
— Non ! répondit brusquement la jeune fille. Je… Je… sa voix se brisa, et ses yeux s'agrandirent de terreur. Sa respiration s'accéléra, elle paniqua. Les trois personnes semblaient suspendues à ses lèvres.
— Et bien, qui a-t-il ? fit le vieil homme en l'encourageant à parler d'un regard.
— Je n'ai pas de nom lâcha-t-elle dans un souffle.
— Pas de nom ? s'étonna-t-il. Voilà qui est fâcheux !
— Voyons, vous avez certainement un nom, tachez de faire un effort ! fit la femme sévère, d'un ton sec.
Les yeux de la jeune fille devinrent brillants. Elle fixa un point situé derrière la femme et déclara d'une voix blanche :
— Je n'arrive pas à me souvenir de mon nom… Je l'ai oublié… Je… je… ne sais plus qui je suis…
Le vieil homme la regarda avec gravité, puis reprit :
— Curieux… Notre garde-chasse affirme vous avoir retrouvée au bord du Lac Noir. Comment êtes vous parvenue jusqu'ici ?
La jeune fille était de plus en plus mal à l'aise. Elle ferma les yeux, se concentra, et son visage se crispa sous l'effort. Que faisait-elle ici ? Elle tenta de se le remémorer, mais en vain. Tout ce qu'elle réussissait à percevoir c'est du noir. Elle rouvrit les yeux et s'adressa au vieil homme avec désolation :
— Je ne me souviens pas.
— Cette fille ment ! cracha l'homme en noir. Albus, comment pouvez-vous croire…
— Je ne ment pas ! hurla la jeune fille en lui lançant un regard meurtrier.
— Comment osez-vous me parler sur ce ton ! répliqua-t-il furieux. Elle ment, de toute évidence. Sa présence ici est une menace pour la sécurité de l'école !
La jeune fille se redressa brusquement sur son lit et entra dans une rage folle :
— Je ne suis pas une menteuse ! Tout ce que je dis est vrai ! Je ne me souviens de rien. Je ne vois que du noir. Tout ce dont je me rappelle c'est que j'ai repris conscience au milieu de ce fichu lac. J'étais en train de me noyer ! J'allais mourir, lorsque j'ai vu ce château… Alors j'ai reprit courage et j'ai nagé jusqu'à la berge. Je ne suis pas une menace, je n'avais même pas l'intention de venir ici… Je ne suis pas dangereuse !
Alors qu'elle s'emportait dans sa colère, elle ressentit une sensation de froid au creux de ses mains, mais l'ignora. Puis, elle reprit, et des larmes perlèrent au coin de ses yeux.
— Je ne sais même pas qui je suis moi-même. J'ai tout oublié de ma vie, de mon passé. Je ne sais pas pourquoi je suis ici. Je me sens… vide.
Elle se recroquevilla à nouveau au bout de son lit, afin de mettre le plus de distance entre elle et ces personnes à l'allure fantasque qui la traitaient si durement. Des larmes tombèrent silencieusement le long de ses joues. Pas un seul sanglot ne sortit de sa bouche.
Le vieil homme prit une chaise et s'assit près de son lit. Il toussota.
— Hum hum… Je vais devoir m'entretenir un instant avec notre invitée.
— Vous êtes sûr Albus ? demanda la femme qui ne semblait pas rassurée à l'idée de le laisser seul en compagnie de cette inconnue.
— Oui, Minerva, répondit-il d'un ton sans appel.
— Peut-être serait-il plus prudent de contacter le ministère afin qu'ils nous envoient des aurors, objecta l'homme en noir, d'une voix basse.
— Non, Severus, je ne crois pas que cela soit nécessaire pour le moment.
L'homme lança un regard perçant à la jeune fille. Puis, sans un mot, il disparut à grands pas, dans un mouvement de cape. La femme jeta un coup d'oeil inquiet vers le dénommé Albus et sortit de l'infirmerie à petits pas pressés.
Albus posa ses mains croisées sur ses genoux. Il la fixa pendant un long moment, par dessus ses lunettes en demi-lune. La jeune fille retenait son souffle.
— Savez-vous où vous vous trouvez en ce moment ? demanda-t-il enfin.
La jeune ne fille ne répondit pas, elle continuait à le dévisager. Elle semblait s'être calmée.
— Vous êtes à Poudlard, l'école de magie de Grande-Bretagne.
— Une école de magie ? Mais la magie n'existe pas répondit-elle avec dédain. Votre drôle d'ami le géant m'en a parlé aussi. Apparement, vous êtes tous tombés sur la tête ici !
— Comment pouvez-vous être sûre que la magie n'existe pas puisque vous ne vous souvenez pas de votre passé ? demanda-t-il d'un air malicieux.
— C'est une évidence répondit-elle. La magie n'existe pas. Je le sais au fond de moi, c'est tout. J'en suis persuadée. Même si j'ai oublié tous les événements et tout ce qui me touche personnellement, il me semble que je n'ai pas perdu mes facultés intellectuelles. Je suis sûre que je suis capable de lire et d'écrire, ça je ne l'ai pas oublié. Je ne suis pas un cerveau vide, si c'est ce que vous pensez peut-être. La magie ne peut pas exister, c'est mathématiquement impossible.
Le vieil homme la regarda d'un air songeur, puis reprit après un instant de silence :
— Vous vous demandez sans doute qui je suis, n'est-ce-pas ?
— … Dumbledore ?
— En effet, je suis le directeur de cette école. Comment avez-vous entendu parler de moi ?
— C'est votre ami le géant.
— Ah ! Ce cher Hagrid… Quel type de connaissances vous souvenez-vous avoir acquises ?
— Je crois que j'ai lu des livres, beaucoup de livres. J'ai étudié les sciences, la littérature, l'histoire, la philosophie… Je parle plusieurs langues aussi dit-elle après un moment de réflexion.
Dumbledore la regarda avec plus d'attention encore.
— Vous avez sans doute été à l'école Moldue !
La jeune fille leva les sourcils en signe d'interrogation.
Le vieil homme expliqua alors que les sorciers appelaient Moldus ceux qui n'avaient pas de pouvoirs magiques.
La jeune fille eut un petit rire nerveux. Elle savait que la magie n'existait pas. Cet homme était un vieux fou qui aimait mettre des robes brodées. Elle était dans une situation complètement absurde, c'était tout. « Ce n'est qu'un mauvais rêve, tu vas te réveiller d'un instant à l'autre », pensa-t-elle. « Je suis comme Alice au pays des merveilles. » Elle réalisa qu'elle se souvenait avoir lu ce livre de Lewis Caroll. C'était bon signe, cela signifiait qu'elle n'avait pas tout oublié dans le néant.
— Prouvez-moi que la magie existe, lança-t-elle à Dumbledore de manière autoritaire.
Les yeux de ce dernier se mirent à pétiller. Il plongea la main dans sa robe et en sortit un bâton de bois, semblable à celui de l'homme en noir. Il dirigea son bout de bois vers le lit voisin, effectua un petit mouvement du poignet. Soudain, à la grande surprise de la jeune fille, la couverture qui le bordait se mit à léviter en tournoyant au-dessus du lit. Elle n'en crut pas ses yeux. Comment une telle chose était-elle possible ? La magie existait donc réellement ? Dumbledore abaissa son bout de bois et le rangea. La jeune fille le regardait, fascinée.
Le vieux fou continuait de la considérer avec attention. Il était très calme. L'inconnue se détendit un peu.
— Suis-je une Moldue, moi aussi ? demanda-telle soudain.
Le vieil homme sortit de sa contemplation.
— Poudlard est protégée par le sortilège Repousse-Moldu. Cela signifie que les Moldus ne peuvent apercevoir le château, ni y pénétrer. Je doute donc que vous en soyez une.
La jeune fille poussa un cri de surprise :
— Mais comment est-ce possible ? Je n'ai jamais fait de magie ! J'ai toujours pensé au plus profond de mon être qu'elle n'existait pas.
Elle ne pouvait pas être une sorcière ! Si elle avait un jour apprit la magie, elle s'en serait souvenue.
Dumbledore tenta de la rassurer :
— Il existe des personnes nées d'au moins un parent sorcier qui ne possèdent pas de pouvoirs mais perçoivent néanmoins la magie. On les appelle les Cracmols.
— Vous pensez donc que je ne suis qu'une simple Cramolle ou Carcmolle ?
— Peut-être… ou peut-être pas. Son regard s'assombrit à ces mots. Pour l'heure, je dois vous laisser, vous avez besoin de repos. Il est tard. Nous nous reverrons demain. Je vous livre aux bons soins de Madame Pomfresh, notre infirmière. C'est elle qui est chargée de vous surveiller.
Alors que Dumbledore se levait pour partir, cette dernière surgit de derrière les rideaux d'un lit voisin, une fiole à la main remplie d'un liquide violet. Elle saisit son bout de bois, l'agita tout en prononçant un mot à mi-voix, et un verre à pied apparut sur la table de chevet. Pompom y versa le contenu de la fiole, puis tandis le verre à l'inconnue. Celle-ci regarda la mixture avec suspicion.
— Buvez ! C'est une potion pour un sommeil sans rêve, s'impatienta l'infirmière.
L'inconnue porta alors le verre à ses lèvres et laissa le liquide au goût amer descendre dans sa gorge. Ses yeux se fermèrent aussitôt et elle fut plongée dans un profond sommeil qui ne fut troublé par aucun rêve…
A suivre dans le prochain chapitre que je vais m'empresser d'écrire.
