AUTEUR: Nahira

DISCLAIMER : Les personnages appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle et à Steven Moffat et Mark Gatiss. Le récit et l'univers m'appartiennent ainsi qu'à mon partenaire de Role play. Merci à Vix pour avoir écrit le rp d'où est tiré la fic avec moi, et pour avoir relu :3

PARING : Johnlock.

Hellooo ! Navré.e du retard de ce chapitre, j'ai oublié de le poster hier xD Mais le voilà, don't worry !

Bonne lecture ! :3


19 Novembre 2029

.

Je n'ai jamais aussi bien dormi. Est-ce que c'est normal de dormir contre un ami et de le câliner même au réveil ? J'avoue qu'avec toute cette merde de guerre et d'après-guerre, je ne sais plus trop ce qui est « normal » ou non. Visiblement ça ne le dérange pas. Ça ne veut peut-être rien dire.

J'ai commencé à écrire ici pour réussir à poser des mots sur ma douleur ou ma solitude, pour pouvoir tourner la page, mais je remarque que ce n'est plus vraiment la première utilité. J'écris par plaisir, ou pour me détendre et me calmer quand j'en ai besoin, je crois. Et c'est agréable. Alors je continue.

Sherlock a décidé de partir aujourd'hui. Dehors. Il ne m'a pas dit pourquoi. Je suis terriblement inquiet… Mais je ne dis rien. Je ne suis pas son père, qu'il sorte s'il le souhaite. Mais qu'il revienne… Par pitié, faites qu'il revienne.

.

Tout va bien. Je ne dormirai pas seul ce soir. Je suis soulagé. Je ne demande toujours pas ce qu'il fait dehors.


24 Novembre 2029

.

Presque une semaine qu'on habite dans ce petit appartement. Je m'y sens bien. Je pense qu'à partir du moment où je ne suis pas à l'extérieur et loin de Sherlock, je me sentirai bien.

Non je ne suis pas sorti une seule fois. Sherlock s'occupe seul d'aller chercher la nourriture, les jours de ravitaillement. Je me sens inutile… Mais me demander d'aller dans la rue, c'est comme demander à un arachnophobe d'entrer dans un placard rempli d'araignées… J'en suis terrifié.


27 Novembre 2029

.

Il… Il y a des bombardements dehors… Je… Je suis complètement tétanisé… Bordel je… Pourquoi est-ce que ça me fait tant paniquer maintenant ?! Je ne suis pas bien du tout… Je le supportais plus ou moins bien avant… Pourtant… Maintenant des bombardements lointains me donnent l'impression de les voir en direct, juste devant moi… J'ai peur… Je


28 Novembre 2029

.

J'ai fini par m'endormir. Grâce à lui bien sûr, c'est toujours grâce à lui. Je ne le mérite pas, je ne sais pas pourquoi est-ce qu'il est toujours là pour moi. Mais il est là. J'ai l'impression que je pourrai tout surmonter tant qu'il est à mes côtés. Je ne sais pas si c'est bon comme dépendance, surtout en temps de guerre, mais je ne peux pas m'arrêter.

J'ai failli le lui dire. Hier. Quand il me rassurait. J'ai faillis sortir ces trois petits mots sous le coup de la reconnaissance. Mais je ne l'ai pas fait. Je ne suis pas assez prêt je crois. J'ai encore trop peur d'un rejet, de ce que ça pourrait engendrer. Après tout, j'aime déjà ce qu'il se passe entre nous, je ne voudrais pas tout gâcher.

Non, je ne lui dirai rien. Je ne prendrai pas ce risque.

Notre relation actuelle me suffit amplement.


30 Novembre 2029

.

Je crois que je n'aurais pas dû me lever ce matin…

Sherlock s'est réveillé en sursaut, me réveillant à mon tour. Il a l'air complètement effrayé, je pense qu'il a fait un cauchemar. Ca faisait un bon moment qu'aucun de nous deux en avait fait, j'imagine qu'il fallait bien que ça refasse surface un jour…

J'ai voulu le rassurer, bien sûr. Je ne pense pas être aussi doué que lui, mais j'ai tout de même essayé, j'ai voulu être là pour lui mais… Il m'a complètement rejeté. Il a refusé de me raconter ce qui le tracassait, même de le toucher… Je… Je ne comprends pas…

J'ai décidé de le laisser seul un moment, le temps qu'il s'en remette. Peut-être que ce soir, il sera plus apte à en parler ? En tout cas, je vais éviter de l'étouffer.

Ce n'est sûrement que passager.

.

Il a refusé de dormir avec moi cette nuit… Je peux comprendre sa décision, mais elle me touche beaucoup plus que ce que je pensais… Je vais devoir trouver le sommeil seul ce soir…


01 Décembre 2029

.

Il a passé sa journée à m'éviter. Pourquoi ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? Il me répète sans cesse que non, que tout va bien… Menteur. Le coup de la distance, je l'ai déjà fait, et ça s'est très mal terminé, pourquoi est-ce que tu le réitères ? On sait très bien tous les deux qu'on a besoin l'un de l'autre pour survivre en ces temps difficiles… Alors pourquoi est-ce que tu t'éloignes de moi ainsi ?

Je ne comprends pas… Son rêve était-il si horrible ? Ou n'était-ce qu'une cause de plus à plein d'autres, faisant déborder le vase ? Je ne sais pas… Il avait l'air d'aller bien avant ce matin-là…

Je ne devrais peut-être pas donner tant d'importance… Demain sera peut-être un jour meilleur ? Je l'espère…

Je n'ai pas bien dormi cette nuit.

Il commence à faire froid en ce début de mois de décembre.


02 Décembre 2029

.

Rien n'a changé. On se parle peu, on se touche peu, et on dort peu… Et plus le temps passe, plus j'angoisse… S'est-il lassé de moi ? Ai-je fait quelque chose qui le repousse ainsi ? Pourquoi n'ai-je droit qu'à si peu d'attention ? On était devenus tellement tactiles pendant ces dernières semaines, pourquoi cette distance est-elle arrivée d'un coup sans prévenir ?

Je ne comprends pas, et je pense que c'est le pire… Parle-moi Sherlock, s'il te plait… J'ai besoin que tu me parles, que tu m'expliques… Pourquoi m'évites-tu ?

Je reste bien plus souvent cloitré dans la chambre à présent… Je consacre la plupart de mon temps à lutter pour garder mon sang-froid. J'essaye d'éviter de ne pas penser à ce qu'il pourrait se passer si Sherlock décidait de m'abandonner…

Je ne peux pas survivre sans lui, je m'en suis rendu compte il y a un petit moment déjà. Sans lui, je serais déjà mort, ou je mourrai dans les jours qui suivent. Il est ma raison de vivre, sans lui, la solitude aurait déjà eu raison de moi… Ça me semble égoïste de penser comme ça, mais ce n'est que la vérité, aussi étrange et gênante soit-elle.

Au début, j'ai été apeuré par cette dépendance qui c'était installée, mais notre proximité m'a finalement donné confiance en lui et en moi, et j'ai fini par l'accepter cette dépendance. Mais maintenant que cette proximité n'est plus, je m'interroge…

J'essaye de prendre sur moi. Je patiente avec l'espoir qu'il revienne vers moi, comme il y a quelques jours.

J'espère toujours que ce n'est qu'une mauvaise passe, et que demain, je me réveille dans le lit, blotti contre lui. Sa chaleur me manque.

L'hiver arrive.


03 Décembre 2029

.

Toujours pas d'amélioration. Je commence à me préparer à l'idée qu'il m'abandonne. Je suis terrorisé à cette idée, mais j'essaye de m'y faire… Mais vu comme c'est parti, je pense que le retour de la solitude m'achèvera s'il doit arriver…

Ça fait trois nuits que je ne dors pratiquement plus. Étrangement, j'ai redécouvert l'existence des cauchemars par moi-même.

J'ai froid la nuit.

J'ai froid le jour.

J'ai tout le temps froid.

Je ne tente plus de communiquer avec Sherlock. De toute façon, la glace qu'il utilise pour me parler me gèle encore plus que je ne le suis déjà. Je n'en ai pas besoin.

Je passe mes journées dans mes couettes à rechercher la chaleur. Je ne la trouve pas.

Je me souviens de cette nuit que nous avions passée ensemble. La première. Il m'avait réchauffé dès l'instant qu'il m'a vu frissonner. Pourquoi ne le fait-il plus… ?

C'est comme si j'étais déjà seul… Comme s'il était déjà parti…

Je me sens déjà mourir à petit feu. La solitude m'attend au coin de la porte. Mais je ne veux plus la revoir, même si je dois mourir pour ça.

Je ne mange plus non plus.


04 Décembre 2029

.

On a dû partir ce matin. Les barringfords nous avaient retrouvé, on devait absolument partir et nous réfugier ailleurs.

J'ai fait une crise bien sûr… Mais cette fois j'ai dû me débrouiller seul pour me calmer…

C'est même moi qui ai fini par être agressif… Le « Ferme ta gueule » que j'ai sorti était horriblement sincère… J'ai mal. J'ai froid. Je regrette. Mais je ne peux plus rien y faire… On s'est perdu de vue…

Je pense que ressentir la solitude même lorsqu'on est accompagné est le pire ressenti de toute ma vie…

Est-ce que j'ai bien fait de le suivre ? J'aurais peut-être dû me laisser crever aux mains des militaires… Ça aurait sans doute été mieux pour tout le monde de toute manière.

On est assis dans une maison vide de vie et de meuble ce soir. Les fenêtres sont cassées.

Je suis gelé.

Sherlock est assis contre le mur en face de moi. On est deux opposés, séparés par une barrière invisible dont je ne connais toujours pas la cause… Je donnerais tout ce que j'ai pour pouvoir me retrouver dans ses bras, retrouver le goût de la chaleur…

Mais je n'ai rien, à part mes yeux pour pleurer.

Le silence glacé de la salle commence à m'assourdir…

Je me sens malheureux, mais la colère fait son apparition aussi. Mon ignorance m'agace, causée par un homme beaucoup trop important dans ma vie pour que j'arrive à l'ignorer. Va-t-il enfin daigner me parler et m'expliquer un jour ?

Je ne sais pas, et ça m'énerve.

Je commence à comprendre ce que veut dire « une colère froide ».

.

Les tons sont montés. J'ai lancé des piques sous ma colère, et il n'a même pas réussi à trouver les mots pour me contredire. Il s'est contenté de changer de salle, m'affirmant que si je voulais partir, je le pouvais, qu'il ne me retiendrait pas…

Mes craintes sont en train de se confirmer… Il m'abandonne…

Après tout ce temps passé ensemble, je ne compte plus pour lui ?

Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que ça finisse comme ça… ?

J'en ai marre de ne pas comprendre et de poser cent questions sans réponse, j'en ai marre d'avoir froid, j'en ai marre d'être seul !

J'en ai marre d'être rejeté…

Finalement ma vie n'est faite que de ça… De rejet… Durant l'après-guerre néanmoins… De toute manière, je ne me souviens plus de ma vie d'avant… Ou en tout cas je n'ai pas la force pour rechercher mes souvenirs…

Je ne dormirai pas cette nuit.

Pas avec un sol aussi froid, pas avec une salle aussi froide, et pas avec une âme aussi glacée.

Si je le peux, je me laisserai mourir. J'espère être atteint d'hypothermie. Je n'ai plus le courage pour me lever et chercher les Barringfords. Je n'ai plus la force non plus.

Peut-être est-ce les derniers mots dans ce carnet ?

Je mentirai si je disais que ce n'est pas ce que je souhaite.

Plus rien ne me retiens.


06 Décembre 2029

.

Il m'a dit « Je t'aime John ».

J'en suis certain, je n'ai pas pu mal entendre.

Si ?

J'arrive à un stade où je doute de ce que me disent mes oreilles.

Il me l'a dit hier. Juste avant de s'évanouir.

Lorsqu'il avait voulu me réveiller, j'ai lâché une bombe, ce qui eut pour effet de le faire craquer… Et dire que je ne l'avais pas vu avant, l'état critique dans lequel il était tombé…

Il n'a pas dormi pendant les quatre dernières nuits. Pas du tout. Je ne suis même pas sûr qu'il ait avalé quoi que ce soit non plus. Il a l'air tellement malade, j'ai mal au cœur…

Quand je lui ai dit « Laisse-moi mourir tranquille s'il te plait… », j'étais sincère. J'avais envie qu'il me laisse crever là. Et c'est là qu'il a craqué.

Je ne l'ai jamais vu pleurer ainsi… Un flot d'excuses est sorti de ses lèvres, tandis qu'il hoquetait entre deux sanglots… Immédiatement, j'ai mis de côté tout le mal qu'il m'avait fait pour me consacrer entièrement à lui. Il ne va vraiment pas bien…

Et alors qu'on s'apprêtait à se relever pour trouver un lieu plus confortable, un lieu plus propice au repos et à la discussion, il s'est figé juste devant moi. Il m'a regardé dans les yeux, et la seconde avant de s'effondrer dans mes bras, il m'avait sorti ces quatre mots.

Je ne suis même pas sûr qu'il s'en souvienne à son réveil, tant ça semblait instinctif.

Comme si c'était les derniers mots qu'il disait avant de mourir.

Cela fait deux jours qu'il ne s'est pas réveillé…

J'ai réussi à sortir et à trouver une maison plus confortable hier. J'ai passé mon blocage, bien qu'avec difficulté, en pensant à la santé de Sherlock. Et j'avoue que ça fait de bien… Je me sens plus confiant.

Il dort dans le lit de la chambre à présent.

J'ai peur. Une autre peur que celles de ces derniers jours, mais toute aussi cruelle. Et s'il ne se réveillait pas ? Et si le manque de sommeil et de nourriture l'avait définitivement condamné ?

Je fais tout mon possible pour le nourrir et l'hydrater avec ce que l'on a, mais j'ai peur qu'on arrive à court de provision…

Le temps passe, et son état ne s'améliore pas…

La solitude guette toujours au coin de la porte, même si je l'ignore en m'occupant de Sherlock.

J'ai toujours froid, même si je tente de me réchauffer en le soignant.

Ce n'est qu'une question de temps avant que je ne sombre définitivement.


07 Décembre 2029

.

Il dort. Toujours.

Et moi je m'effondre.

Je suis fatigué.

Mais il faut que je tienne. Pour lui. Pour nous.


08 Décembre 2029

.

Je me suis endormi en veillant sur lui.

Pour la première fois depuis des jours, j'ai réussi à dormir. Il m'a réchauffé pendant mon sommeil.

Je me sens mieux, même si la fatigue n'avait qu'une place infime dans mon malaise.

Je lui tiens la main. J'attends.

Réveille-toi s'il te plait…


Boum, un peu de suspens~

J'espère que ce chapitre vous a plu ! C'était l'avant dernier, la fin arrivera donc la semaine prochaine ! ^^

Laissez une petite review avant de partir, c'est toujours agréable :3

A la prochaine !