Bonjour bonsoir. Je suis franchement désolée pour ce retard, c'est principalement de ma faute (mais pas que). Seulement, on a les TPE qui approchent (la semaine prochaine maintenant) et on se dépêche de finir et de stresser en bonne forme (je sais pas vraiment si c'est comme ça que ça se dit, mais j'aime bien alors pas touche ^^ ) Voilà, alors voici enfin la suite, bonne lecture et à bientôt :)
Disclaimer : L'histoire Les mondes d'Ewilan etc... appartient à Pierre Bottero, pareil pour les personnages sauf quelques un. Cette histoire est écrite par Neitentus et je suis la beta-reader
Réponse aux reviews :
Merci Hihi pour cette review. Je fais de mon mieux pour la chasse aux fautes ^^ Et Neitentus a aussi apprécie ton commentaire (si je me souviens bien, parce qu'avec ma mémoire de poisson rouge, on ne sait jamais ^^). N'hésite pas à en faire d'autre X) A bientôt
Chapitre 4
"Souvenirs"
Le navire tanguait doucement au gré des vagues, le vent gonflant les voiles. L'océan s'étendait d'un bout à l'autre de l'horizon, remplissant tout l'espace, si bleu qu'on le distinguait à peine du ciel. Ludmille vérifia le cap, il était bon, en fait, tout était bon. La capitaine regarda le pont, ses marins flânaient, conscients que toutes les tâches étaient accomplies, même le ménage, le bois brillait sous le soleil de midi. Ensuite elle aperçu Ellundril, tout en haut du mât, sur un seul pied, en équilibre. Ses bras décrivaient des mouvements lents et harmonieux, captivant le regard par leur précision inné. Le vent aurait pu la faire basculer, mais aucune inquiétude, la marchombre ne tomberait pas. Alors, Ludmille s'accorda un instant de rêverie, et ses souvenirs la submergèrent, l'emportant une vingtaine d'années plus tôt.
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C'était il y a une vingtaine d'années, la première fois qu'elle l'avait rencontré. Elle était alors une petit fille, habillée d'une robe blanche à fleurs bleues, assise sur la plage. Le sable lui coulait entre les doigts, brillant et insaisissable, toujours fuyant quand elle tentait de l'attraper. Le vent soufflait inlassablement, balançant ses cheveux noirs dans l'air mordoré empli des embruns de l'océan, presque aussi salés que les larmes qui lui glissaient sur les joues. Les plis de son vêtement s'emplissaient petit à petit de saletés, mais elle ne comptait pas se lever, non, elle resterait là, ses yeux emplis de la lumière brûlante du soleil couchant qui disparaît derrière les vagues hurlantes. Aucun oiseau ne criait, elle n'entendait que l'eau, se jetant à l'assaut de la côte, encore et encore, comme une plainte funèbre, une danse macabre pour la plonger plus encore dans le désespoir. La petite fille pleurait sans fin, esseulée, appelant de sa petite voix faible sa mère qui ne reviendrait pas, son père qui l'avait déposé devant cet immense océan. Il n'avait pas eu le courage de la noyer. Il n'avait pas osé faire ce qu'il avait dit qu'il ferait, au coin du feu, cette nuit où il avait appris de sa femme que sa fille était une bâtarde. Il ne se doutait pas, alors, que la petite en question, cachée à l'angle du couloir, écoutait sa propre mère proposer sa mort pour régler le problème tandis qu'elle l'avait élevée pendant les dix dernières années.
Ainsi la fillette attendait, sur cette plage perdue, que le soir tombe, que ses yeux se ferment, et qu'ils ne se rouvrent jamais, en laissant couler le sable entre ses doigts. Alors que la brise fouettait une fois de plus les longs cheveux de jais, elle vint. La petite ne l'entendit pas s'approcher, elle ne sentit pas son souffle dans sa nuque, et lorsque la main, si douce, si tendre, caressa sa joue, l'enfant ne fit que sangloter :
- Maman...
D'abord, seul le vent lui répondit, tous les éléments semblaient s'être attendris, puis comme une continuité du silence, comme la caresse du velours le plus pur, une voix sublime d'harmonie lui chuchota à l'oreille :
- Non, ta maman est loin... mais toi et moi, nous sommes ici, et la nuit est aussi douce qu'une mère aimante pour qui sait l'écouter, ne crains rien. La fin d'une vie n'est que le commencement d'une nouvelle.
- Pourquoi vous êtes là ? Et comment vous savez que ma vie vient de se finir ?
- J'ai croisé ton père, sur la route. Il m'a prise pour une mercenaire et m'a lancé une bourse d'or pour terminer ce qu'il n'a eu le courage de faire.
- Alors vous allez me tuer ?
La main remonta vers la tête de la petite fille et caressa ses cheveux, comme le souffle d'un vent printanier et réconfortant. Les larmes de la fillette se tarirent, elle cessa de pleurer et regarda l'horizon embrasé par le crépuscule. Elle se redressa, carra les épaules et poursuivit d'une voix pleine de dédain :
- Fais ton œuvre, et jette mon corps à l'océan, puisque le destin le veut.
- Non. Quelques rondelles luisantes ne valent pas une vie, et surtout pas celle d'un enfant.
Un petit sac grassouillet glissa dans les mains de la petite en clinquant. Elle ne comprit pas, regardant avec étonnement ce morceau de tissu rempli de pièces brillantes. La voix de la femme derrière elle continua :
- Ce sera pour commencer ta nouvelle existence, vois cet or comme ce que te doivent ton père et ta mère. Lorsque tu l'auras dépensé, tu n'auras plus rien à voir avec eux, tu seras libre.
Ensuite, l'inconnue tendit une fleur sublime et la main menue de l'enfant l'attrapa, pour la porter devant ses yeux. C'était une magnifique rose, une rose blanche, ses pétales finement liserés d'un bleu opalin et son parfum formidable embaumant l'air. La femme laissa un petit instant pour la contemplation, puis s'exprima :
- C'est une ludmille, une fleur mystique, qui n'éclot que les nuits de pleine lune, sous les grandes cascades d'Al-Jeit. On raconte que celui ou celle qui la reçoit en cadeau peut entreprendre tout ce qu'il désire.
- ...Ludmille... C'est mon prénom. À partir de ce soir et pour tous les jours qui feront ma vie, je le porterai avec fierté.
- C'est bien ainsi.
L'inconnue se leva alors, Ludmille le sentit, et elle s'éloigna. La petite fille se retourna mais elle n'aperçut qu'une silhouette gracieuse, avec de longs cheveux blancs, disparaissant dans l'obscurité croissante. Elle regarda alors cette femme s'éloigner, et elle se promit de la retrouver un jour pour la remercier. Puis, Ludmille se leva et partit vers le petit port dont elle apercevait les lumières vacillantes, avec un monde à conquérir.
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Une quinzaine d'années plus tard, la fleur avait fané, mais elle restait dans le cœur de la petite fille, devenue femme. Cette femme naviguait sur un redoutable navire pirate, et elle se savait tout aussi redoutable. Ses cheveux volaient, libres et sauvages, à l'image de tout son être, perdus dans les vents de l'immense océan. Sous ses yeux s'étendait l'infinie toile azur des eaux insondables, parcouru par le chant éternel des vagues, les murmures du bateaux et aussi les cris des marins :
- Vaisseau à tribord ! C'est l'Ange Noir ! Ils reviennent pour nous couler, ils n'ont pas aimé qu'on leur ai volé leur butin la dernière fois !
- Aux armes ! Aux armes ! Tout le monde sur le pont ! Aux armes !
Le capitaine Aaron surgit sur le pont, épée en main, haranguant les pirates pour que ceux-ci se préparent au combat, il s'adressa à Ludmille en criant :
-Ma fille, prend garde à toi ! Ogo Brauwn, le capitaine de l'Ange Noir, n'est pas un mariole !
- Et il apprendra à ses dépens que Ludmille n'est pas une jolie fleur ! Répondit-elle du tac au tac.
Une bouffée d'affection envahit la jeune femme. Aaron, son père adoptif, était la personne qui comptait le plus pour elle et n'allait pas le décevoir. Ce Ogo pouvait dès lors se prévoir un dentier !
Lorsque l'Ange Noir percuta le Dragon des Mers, le choc envoya la moitié des marins au sol, mais Ludmille garda l'équilibre et déporta immédiatement la bataille sur le vaisseau ennemi. C'était un navire de bois sombre et lustré, il semblait presque neuf, lustré comme il était et la jeune pirate songea qu'il serait d'un parfait effet pour décorer le fond de l'eau. Magnant sa lame avec une vigueur et une prestesse effrayante, la femme fondait sur les matelots adverses comme une furie, les écharpant sans leur laisser le temps de réagir, jusqu'à ce que l'arme rebondisse violemment. Devant elle se tenait un homme immense, pansu et ricanant caparaçonné d'un plastron en fer, il prit le temps de clamer :
- Ben voilà qu'une femmelette s'imagine découper le terrible Ogo Brauwn ! Je sais pas comment va le cap'taine Aaron, mais il a sûrement perdu la tête pour m'envoyer une gamine ! Ça m'évitera d'avoir à la lui trancher !
Puis le géant brandit une énorme hache ébréchée et l'abattit …. sur le vide. En effet Ludmille s'était déjà esquivée vers la gauche, une erreur comprit-elle lorsqu'elle percuta un marin qui combattait là. Elle se jeta à terre pour éviter le coup suivant et exécuta un tacle agile. Comme un énorme baril, le capitaine Brauwn s'écrasa contre le pont avec un bruit mat. Son adversaire se releva alors en éclair et saisi son épée pour l'embrocher. Malheureusement, un cri de douleur attira l'attention de la jeune femme, un cri de son père. Profitant de cet instant, Ogo se retourna sur le dos et projeta le plat de sa hache sur le visage de Ludmille. Elle s'effondra.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, tout son corps était endolori, et elle sentait le bois dans son dos, les cordes qui la plaquaient contre et celles lui enserrant ses bras ainsi qu'une énorme migraine. Des ombres papillonnaient dans son champ de vision, ce qui ne l'empêcha pas de comprendre que le bateau de son père avait été pris, et que les survivants de l'équipage étaient ligotés comme elle au grand mât. Elle voulu hurler de rage, mais le goût métallique du sang dans sa bouche l'en dissuada, alors elle se contenta d'ouvrir l'oreille, étant donné que sa vue n'était pas vraiment disponible. Ce qu'elle entendit lui fit monter les larmes aux yeux :
- Ha ha, qui eut cru que l'cap'taine Aaron répandrait un jour ses tripes sur son propre Dargon des Mers ?
- L'était vieux, ça l'a trahi le bougre !
- Il a eu que ce qu'il méritait ! Par contre j'aurais bien aimé me l'faire moi-même !
La voix dégoûtante et pleine d'orgueil d'Ogo donna envie de vomir à Ludmille, ce monstre, il avait tué son père ! Même indirectement, c'était sa faute, et elle trouverai un moyen de lui faire payer. En attendant, elle remua pour voir si elle arriverait à se libérer, mais cela attira l'attention du capitaine Brauwn, qui aboya :
- Eh ! La gamine est réveillée ! Tu sais quoi, petite gourde ? Par ta faute j'ai même pas pu m'occuper du Aaron ! J'devrais te tuer sur le champ, mais les femmes sont rares en mer, alors d'abord je vais te... goûter ! Ha ha ha !
- Cap'taine y a une barque avec un rameur qui arrive vers nous, c'est bizarre, qu'est-ce qu'on fait ?
- C'est la providence, j'ai besoin de défouler ma hache. Faites monter ce type à bord !
Ludmille ferma les yeux pour ne pas voir le sort réservé à ce pauvre naufragé, elle était peut-être pirate, mais elle n'avait jamais aimé la cruauté gratuite. Elle entendit les matelots ricaner lorsqu'ils firent monter l'inconnu sur le Dragon des Mers, toujours accroché à l'Ange Noir, puis elle saisi la conversation sans la comprendre, distingua le gros rire gras du capitaine Ogo Brauwn et le bruit de sa hache qui s'extirpe des sangles dans son dos. Les gargouillis immondes qui suivirent firent supposer à Ludmille que c'était terminé, mais d'autres se firent entendre puis des cris de terreur. Perplexe, la prisonnière ligotée n'ouvrit pas les yeux, mais sourit en captant la chute de quelque chose de gros, et ensuite le cri terrorisé :
- Non, pitié non, c'est pas moi, je n'y suis pour rien, ce sont les autres ! Gardez moi comme laquais si vous voulez, ne.. NoArggllh !
Bientôt Ludmille se décida à rouvrir les yeux, tandis que la pression des cordes sur son corps se relâchait. Se tenait devant elle une femme, incontestablement âgée, mais rayonnante d'une énergie époustouflante. Le corps de l'inconnu était leste, agile et gracieux, tout en courbe harmonieuse, ses cheveux tombaient en fluides cascades de lumière blanche sur ses épaules et on lisait dans ses yeux émeraudes toute la sagesse du monde. La pirate, bouche bée, ne put que murmurer :
- C'est toi ?
- Oui. Je t'ai apporté un soir un nom, et ce soir, je t'apporte la liberté.
- Comment ? Comment se fait-il que tu sois ici ?
- Le poète te répondra que les voies du destin sont impénétrables, répondit la dame aux cheveux de neige. Le savant en revanche, te dira que j'ai œuvré pour cette rencontre.
Sans prononcer un mot de plus, elle acheva de détacher les marins survivants puis elle s'éloigna pour regagner sa barque, contournant les cadavres des hommes d'Ogo brauwn. Avant de sauter par-dessus bord pour retourner sur sa frêle embarcation, elle déclara :
- Mon nom est Ellundril Chariakin, nous nous reverrons bientôt.
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Suite à ces événements, Ludmille avait été désignée pour prendre le commandement du Dragon des mers, héritage du capitaine Aaron. Elle s'était aguerri, apprenant entre autre le sens du mot responsabilité. La pirate avait revu plusieurs fois Ellundril durant ces dernières années, celle-ci venant souvent la voir pour lui faire cadeau d'objets rares dont elle n'avait pas l'utilité. Puis enfin, elle l'avait engagée dans ce périple pour découvrir des terres septentrionales inconnues, lui donnant l'occasion d'essayer de rembourser ses dettes.
J'espère que malgré notre absence un peu plus longue que d'habitude, vous êtes toujours là et j'espère que vous aimez toujours (un peu trop de "toujours", mais bon, tant pis ^^)
Reviews ? ;) A bientôt
