Hello ! Et oui, me revoilà avec un tout nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira toujours autant ;)

Disclaimer : L'histoire Les Mondes d'Ewilan etc ... appartient à Pierrre Bottero, pareil pour les personnages sauf quelques uns. Cette histoire est écrite par Neitentus et je suis la beta-reader.

Note : Jusqu'à présent, Elundril était sur le fandom 'La Quête d'Ewilan' mais nous avons décidé de la déplacer sur celui Le Pacte des Marchombres

Bon, je vous laisse, bonne lecture :)


Chapitre 6

"Chant et chasse"

Le hurlement du tonnerre se répercutait dans les grondements de l'océan. La fureur des éléments secouait le bateau comme s'il n'était qu'une vulgaire brindille. Des vagues comme des montagnes s'élevaient puis s'effondraient dans un fracas surhumain. Inlassablement, des éclairs fugaces fendaient le ciel, arbres de lumière foudroyants. Toute la colère de la nature semblait se déverser dans la tempête, et pourtant, Ludmille était sûre d'être plus en colère encore que le vent et la mer. La femme tenait fermement la barre, tentant en vain de ne penser qu'à la tempête. Brusquement, elle vira de bord faisant passer son navire entre deux murailles liquides. Un instant après, les vagues retombèrent, et d'autres se levèrent à leur suite, forçant la pirate à manœuvrer de plus en plus vite. Malgré cela, elle ne pouvait s'empêcher de rager intérieurement en pensant au clandestin dans sa cale qui avait maté la moitié de ses pirates. Elle espéra qu'Ellundril allait lui faire mordre la poussière, bien que le commentaire de la marchombre à propos des gens plus forts qu'elle ne soit pas rassurant. Soudain, entre deux rafales, la pluie se remit à tomber, s'écrasant comme un million de boulets dans les flots et sur le navire.

Le fracas sembla presque aussi énorme qu'un coup de tonnerre lorsque la trappe menant à la cale explosa littéralement. Dans un ouragan d'échardes et de morceaux de bois, un homme exécuta un salto arrière et retomba, ensanglanté mais debout, sur le pont. Les matelots, bien que stupéfaits, tachèrent de se préoccuper de leurs tâches qui requéraient toute leur attention tandis que Ludmille jurait en devinant que celui qui venait de détruire sa trappe était le clandestin. L'inconnu, aussi peu intéressé par la tempête et les marins que s'ils n'existaient pas, insensible au violent tangage du navire, hurla haineusement :

- Ellundril ! Qu'est-ce que c'était ?! Tu es un monstre !

À cet instant la marchombre jaillit à son tour de la cale éventrée, pour se jeter sur l'autre, un poignard dans chaque main. Vif malgré ses blessures, l'homme esquiva le premier coup et tenta de saisir son adversaire par derrière. Elle fut plus vive encore. Elle fit volte-face et une de ses lames fusa vers le ventre du clandestin, et rencontra le vide. L'homme, profitant de l'inclinaison du bateau, exécuta quelques pas en arrière pour se mettre hors de portée. Il se lamentait dans le tumulte de l'orage :

- Non, non ça n'aurait pas dû se passer comme ça ! Je devais la prendre par surprise, avant même qu'elle n'embarque sur ce fichu rafiot... j'aurai dû...

Un violent coup dans la tempe l'interrompit, il lui sembla qu'il s'agissait du talon d'Ellundril. Il entendit indistinctement la voix de la marchombre :

- Quoi que tu ais fait, tu n'aurais jamais réussi à venir à bout de moi, Quayle.

Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ

Enfin, le silence. Elle n'entendait plus que sa respiration haletante et son cœur battant la chamade. Elivia était blottie dans un petit renfoncement sombre et profond, perdu dans un des multiples couloirs constituant les labyrinthiques tréfonds du palais-sous-le-volcan. Dans le dos de la marchombre, la pierre froide et noire. Devant elle, la pierre froide et noire. Tout n'était que ténèbres dans son abri providentiel. Elle savait qu'une boule de lumière fabriquée par le dessin des Ts'lichs éclairait faiblement le corridor, mais il était encore trop tôt pour sortir de sa cachette. Il fallait qu'elle se remette de la course-poursuite qu'elle venait de faire. Elivia s'insulta intérieurement d'avoir fait ce minuscule bruit, qui avait permis aux Ts'lichs de la repérer et de la prendre en chasse, la forçant à se réfugier dans ce recoin obscur. Pourtant, elle se souvenait d'une des phrases favorites de son mentor, Jaina « Ne fais pas le silence, sois le silence. » mais c'était plus facile à dire qu'à faire.

Un sifflement retentit dans le couloir. Elivia se jeta hors de sa planque, surprenant le Ts'lich qui ne s'attendait pas à voir soudainement sa proie apparaître, et courut dans la direction opposée. Brusquement, un mur se matérialisa face à la marchombre et derrière elle, la créature ricana :

- Eh, où crois-tu aller ainsi ? Il n'est pas question que tu nous files encore entre les griffes !

Elivia, leva les yeux au ciel, ou du moins au plafond, puis se retourna en prenant un air totalement terrorisé. Cela parut plaire au chasseur, qui baissa les faux qui lui servaient de mains et s'approcha de deux pas. Saisissant l'occasion, la jeune marchombre lança une dague sur le monstre et profita qu'il soit en train de parer l'attaque pour se propulser en avant. En passant, elle lui décocha un violent coup dans les jambes qui le fit vaciller puis s'enfuit avec toute la vigueur dont elle était capable. Les corridors étaient tous identiques, longs, sombres, taillés dans la roche et désertés de toute vie ou presque. En aveugle, Elivia courait, priant pour ne pas rencontrer d'autres Ts'lichs et pour retrouver miraculeusement la sortie. Au bout d'un temps incertain, elle entendit des cris et des hurlements inhumains. Des Raïs ! Or, il n'y avait que peu de Raïs dans le palais-sous-le-volcan, et pourtant, beaucoup de bruits. C'était donc la ville, et donc, la sortie de ce cauchemar. La jeune femme redoubla son allure, en sueur, se dirigeant vers les Raïs comme s'ils étaient son salut. Les parois étaient désormais rouge vermeil, au lieu de noir. Elivia n'avait pas souvenir de cette couleur quand elle était entrée, mais cela ne suffit pas à la faire s'arrêter. Plus loin, des cristaux d'un rouge semblable bordaient la voie, renvoyant un éclat amarante inquiétant autour d'eux. La marchombre su alors qu'elle n'était pas sur la bonne voie, mais il était trop tard, elle avait atteint le bout du couloir.

Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ

Lorsque Quayle s'éveilla, le navire ne tanguait presque plus. La première chose qu'il vit fut le ciel, immense, céruléen et il pensa : libre.

Danse fantastique en équilibre sur le fil de l'existence

Chute onirique vers le destin tragique

Envolée des sens.

Liberté.

Sauf qu'il n'était pas libre. Il sentit les cordes qui enserraient ses poignets, il sentit le bois derrière son dos et ses bras entouraient le poteau. Facile, il lui suffisait de sortir la lame cachée dans sa semelle en amenant son pied à sa bouche, puis de déposer l'arme au sol, de tourner pour mettre ses mains au bon endroit, de récupérer le coutelas et de trancher ses liens. Le seul problème était Ellundril Chariakin, le toisant avec un air de défi, comme si elle l'enjoignait à tenter quelque chose pour pouvoir le frapper. Quayle articula, la bouche pâteuse :

- Pourquoi tu ne m'as pas tué ?

Une femme avec un grand tricorne répondit à la place de la vieille marchombre :

- Moi j'aurais bien voulu, mais d'abord nous avons des questions à te poser clandestin !

- Je ne parlerai pas, vous n'aurez rien de moi ! S'exclama l'homme avec dédain.

Tout doucement un sourire se dessina sur le visage d'Ellundril. Elle fit signe à l'autre de s'éloigner, puis s'accroupit lentement à coté du prisonnier. Se penchant vers son oreille, son souffle chaud se glissa dans la nuque de l'homme, qui eut un frisson d'inquiétude. Elle chuchota :

- Je suis sûre que tu sais ce que je vais faire maintenant. Je suis sûre que mon père t'en a parlé et je suis aussi sûre que tu n'y est jamais parvenu... Je vais chanter.

Le clandestin se mit à remuer, une sourde peur dans les yeux, en criant :

- Non ! Non ! Tu ne peux pas, non ! Ça ne marche pas sur les humains, non, non, non, juste sur les animaux ! JUSTE SUR LES BÊTES SAUVAGES !

Ellundril écarta indiciblement ses lèvres, qui laissèrent couler une mélodie étrange et fluide dans l'oreille de Quayle. Dès les premières notes, l'homme se tut, puis sa tête commença à dodeliner doucement comme au gré du vent. Sa bouche s'entrouvrit, et, les yeux mi-clos, tout son corps s'agita de petits spasmes incontrôlés. Ludmille et quelques uns de ses marins ne pouvaient s'empêcher de regarder la scène, à la fois captivés et inquiets. Ils n'entendaient pas le chant, mais étaient conscients que ce n'était pas anodin, conscients qu'il s'agissait d'une arme redoutable. Lorsqu'Ellundril se releva, toute volonté propre semblait avoir quitté le prisonnier, il était amorphe, le regard perdu. La capitaine pirate interrogea :

- Qu'est-ce que c'était ?

- Le chant marchombre, que mon père a crée quand il était enfant. C'est ce chant qui est le cœur même de la Guilde des Marchombres, qui a amené mon père à la fonder.

- C'était... impressionnant.

Les deux femmes se retournèrent ensuite sur le clandestin. Ludmille lui saisit le menton pour lui faire lever la tête, braqua ses yeux dans les siens et cracha :

- Pourquoi t'es-tu introduit sur mon bateau ?!

L'homme répondit d'une voix totalement dénuée d'intonation :

- Pour tuer Ellundril Chariakin...

- Et pourquoi veux-tu la tuer ?

- Parce que je suis jaloux. Son père nous rappelait toujours à quel point sa fille chérie nous était supérieure, à quel point elle était douée, alors que nous étions faibles...Je veux prouver à tous que je suis meilleur : que je peux la battre... Et puis aussi, on m'a demandé de le faire.

L'effet du chant commençait à se dissiper, le ressentiment perçait dans la voix de Quayle. Ellundril s'empressa de demander :

- Qui ? Qui t'a demandé cela ?

- Mes amis... mes amis Mercenaires du Chaos. Ils m'ont dit que je serai le premier de leurs envoleurs, de leurs chasseurs de marchombres, si je tuais Ellundril Chariakin. Ils ont dit qu'ils craignaient qu'elle ne soit « l'Héroïne de l'Ombre » !

- Les Mercenaires du Chaos...

La marchombre fit quelques pas, l'air pensive, avec une expression grave que Ludmille ne lui connaissait pas. Soudain, le prisonnier ouvrit en grand ses yeux, pleins de folie et cria :

- Maintenant que j'ai répondu, toi aussi réponds à une question Chariakin ! Que s'est-il passé dans la cale !? Quel était cette chose que tu as faite ?!

- J'ai utilisé le cadeau d'un ami. Il a appelé ça la « Greffe ». Je l'expliquerai à Elivia, mais pas à toi, traître.

Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ

Immobile, tétanisée, la jeune marchombre contemplait, abasourdie, le spectacle qui avait lieu devant elle. Au bout du couloir des cristaux rouges sang, se trouvait un gouffre immense, et ce qui se déroulait au fond était terrifiant. Des milliers de Raïs émergeaient petit à petit d'une mélasse immonde et fumante, en hurlant. Mais leur corps était bien plus répugnant que celui d'un monstre de la surface. En effet, certains avaient une peau laiteuse et imberbe tandis que d'autres semblaient ne pas même en avoir. Ils rampaient, sanguinolents, les uns sur les autres, comme un énorme tas de vers hideux. Leurs membres étaient tordus, comme mal formés, excroissances repoussantes sur leurs corps rachitiques. L'incarnation de l'horreur. Lorsque soudain des barreaux de fers se matérialisèrent tout autour d'elle, Elivia ne réagit pas. Elle fut à peine plus réactive quand elle entendit la voix d'un Ts'lich derrière elle :

- Tu apprécies le spectacle ? La naissance des Raïs, un phénomène passionnant, mais j'ai peur de devoir t'arracher à cet événement. Tu ne t'enfuiras plus, petite vermine insignifiante.


Alors, comment avez-vous trouvé la scène sur la naissance des Raïs ? Est-elle assez dégoûtante pour vous ? ;) Vous aurez plus d'informations sur ça plus tard normalement.

A bientôt :)