Hey, salut tout le monde ! Et oui, nous sommes déjà de retour ^^
Disclaimer : Tout les personnages originaux et le monde appartiennent à Pierre Bottero.
Note : Par rapport à ce qu'il se passe dans le chapitre, avec le titre assez explicite, je préviens : ne vous inquiétez pas, nous ne verrons pas la torture, donc même les âmes sensibles peuvent lire ce chap tranquillement :)
Bonne lecture !
Chapitre 7
"Torture"
La faux fusa tel un éclair, laissant sur la joue de la jeune femme une plaie écarlate. La créature qui venait de la blesser sifflait de rage, agitant dans tous les sens les lames qui lui servaient de mains. Elle articula une énième fois :
- Je répète, humaine répugnante, que sais-tu de l'héroïne de l'ombre ? Répond idiote !
Elivia était ligotée à un pilier de pierre au centre d'une pièce circulaire et obscure dénuée de tout meuble et de tout d'ornement. Elle se contenta de cracher aux pieds du Ts'lich qui l'interrogeait car elle avait abandonné l'idée de l'insulter à chaque fois qu'il réitérait sa question. Le monstre trépigna en émettant des borborygmes répugnants puis il se plaignit comme un gamin :
- Elle refuse de répondre, elle refuse de RÉPONDRE ! Pourquoi elle refuse de répondre ?!
Un second Ts'lich sortit alors de l'ombre, plus grand, plus sombre, avec un regard beaucoup plus dur. Il semblait bien plus aguerri. D'un coup puissant et rapide, il frappa l'autre, le projetant au sol puis il siffla, impassible :
- Imbécile. Si tu veux finir à la nurserie, continue ainsi. Tu fais honte à ta race. Il y a quelques siècles, on ne t'aurait pas laisser vivre avec une telle incompétence.
Après ce petit discours, le grand se tourna vers la marchombre entravée, s'approcha tout près d'elle, puis caressa sa joue pour y récupérer la goutte de sang vermeil qui perlait de son entaille. Il lui chuchota, délicatement :
- Tu sais ce que tu as vu dans le gouffre ? Des Raïs, des milliers de Raïs, mais pas tout à fait terminés. Ils sont en cours de création, on les fabrique morceau par morceau, grâce à l'Imagination. D'abord le cœur, puis le cerveau, puis le squelette, et ainsi de suite. Et ils souffrent, dés le début de la fabrication, ils souffrent abominablement, et en plus, ils se piétinent entre eux. Après ça, plus aucune douleur ne peut égaler celle qu'ils ont subi en naissant, et nous, nous avons une immense armée que nous pouvons renouveler à l'infini.
Elivia ne put s'empêcher d'interroger :
- Pourquoi vous me racontez tout ça ?
- Il y a longtemps, Merwyn vous a tiré de notre joug. Or, il n'est plus de ce monde, et nous n'avions pas autant de Raïs. Maintenant, qui défendra ton espèce lorsque nos armées iront sur vos terres pour vous massacrer ? L'Héroïne de l'Ombre peut-être, ou bien le général de Gwendalavir, mais ni l'un ni l'autre ne pourra tuer des millions de soldats à eux seul.
- Et si ils tuent le roi Raïs ?
- Oui, si ils le tuent nous n'auront plus le contrôle. Mais pour autant les Raïs vous massacreront tous pour assouvir leur soif de sang.
Elivia fixa le monstre dans les yeux, mais ne put déchiffrer aucune émotion sur sa figure inhumaine. Derrière, le petit ts'lich écoutait attentivement, dans l'expectative des mouvements de son supérieur. Celui-ci recommença à parler quelques instants plus tard, d'une voix très basse :
- Tu es maline, et tu sais plus de choses que tu ne devrais. Mais contrairement à certains de mes frères, je ne pense pas que tu sois la fameuse Héroïne de l'Ombre, tu es trop faible. Je vais prendre du plaisir à te torturer. Apprécierais-tu que je dessine un scorpion dans tes entrailles ? À moins que tu ne préfères avoir des pierres dans le nez et la bouche ?
Elivia eut un haut-le-cœur.
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D'un geste habile, elle remplit la coupe de vin rouge, puis, la portant à ses lèvres, but la liqueur d'un trait. Ensuite, la pirate s'humecta les lèvres et déclara :
- Jetons-le par-dessus bord, qu'on en finisse.
Le navire tanguait doucement, l'océan baignait dans la lumière du soleil et les deux femmes prenaient leur déjeuner dans la cabine du capitaine. Ellundril scruta Ludmille avec un regard perçant, la mettant mal à l'aise. Cette dernière se justifia :
- Oui, après tout, on ne doit rien à cet homme, et puis je suis une pirate, ce ne sera pas le premier que je jette aux requins...
- Mais tu n'as jamais jeté de marchombre. Premièrement il serait capable de s'en tirer et deuxièmement, je désire qu'il comparaisse devant la guilde pour sa trahison. C'est ce que mon père voulait que l'on fasse dans ce genre de situation.
- Tu veux beaucoup de choses, mais ici on est sur mon bateau et ton prisonnier est aussi le mien. De plus, il est une bouche inutile à nourrir et il s'amuse à insulter mes gars en permanence en profitant du fait que ceux-ci ont peur de t'offenser en lui en collant une ! Alors si tu ne veux pas le balancer par-dessus bord, on lui tranche la gorge, mais maintenant ! Déclara la pirate, en colère. En réponse, la marchombre se leva, elle dominait l'autre de quelques centimètres, mais son regard était d'autant plus impressionnant. D'une voix aussi froide que le cœur d'un glacier, elle articula :
- Ne t'avise pas de toucher à un seul cheveux de Quayle, ou tu le regretterais très amèrement.
Un cri coupa court à la discussion. Violemment, la porte de la cabine s'ouvrit et Jordan, le second, s'écria :
- Le clandestin s'est libéré de ses liens !
Puis il repartit aussi brusquement tandis que d'autres beuglements résonnaient à l'extérieur. Ellundril fit un petit bruit exaspéré et fonça dehors en un éclair. La corsaire, sur ses talons, attrapa son épée en sortant avant de constater l'état de la situation. Quatre hommes au sol, blessés ou morts, l'ex-prisonnier armé d'un sabre, acculé par sept pirates aguerris. La marchombre lança une dague qui faillit se ficher dans le front de Quayle, mais il se déplaça prestement pour l'éviter. De quelques passes rapides, il projeta trois guerriers en arrière et para les attaques de trois autres. Le septième lui entailla profondément le bras gauche. Optant pour la retraite lorsqu'il vit Ellundril, le clandestin bouscula ses adversaires... pour sauter à l'eau. Ironique, Ludmille commenta :
- Ben voilà, il s'est jeté par-dessus bord tout seul ! Comment vont les blessés ?
Un marin dubitatif enchaîna :
- C'est bon, ils s'en sortiront tous les quatre. Mais le clandestin, il compte aller où comme ça, avec sa blessure ?
La réponse vint d'au-dessus lorsqu'un goéland survola le navire en braillant et que le guetteur cria :
- Terre !
La capitaine regarda la surface sans voir le fugitif puis observa la forme indistincte du continent à l'horizon. On ne l'apercevait que grâce au beau temps qui régnait ce jour là. Elle annonça, satisfaite :
- Ça reste trop loin.
- Oh mais il y arrivera, il a été formé pour ça. Répondit sombrement Ellundril.
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Soif..... Faim... Mal.... Elivia ne parvenait pas à former une pensée cohérente, elle sentait le sang poisseux sur son corps, l'aridité de sa gorge, le vide de son estomac et surtout, les plaies. Partout, des plaies, des plaies. Des trous béants, la chair déchirée et salie. Puis elle entendit vaguement les voix stridentes et cruelles :
- Achevez-la, elle n'est plus intéressante ! Mettez fin à sa vie de misérable insecte !
- Vas-tu te taire, raclure des profondeurs ? Je ferais ce que je désire d'elle, imbécile. Elle m'a procuré beaucoup de plaisir à la torturer, et pour cela, je vais lui faire la grâce de la garder en vie. Emmène-la dans la prison, avec les autres.
- Mais...
- Obéit !
La jeune marchombre perçut alors une série de cliquetis étranges, un reniflement dégouttant et sentit quelque chose se desserrer au niveau de ses poignets. Elle bascula en avant, aussi faible qu'un mourant, et le monde autour d'elle se tut et s'obscurcit.
Lorsqu'elle recouvrit peu à peu ses esprits, la première chose qu'elle remarqua fut le changement d'air. En effet, il était maintenant plus froid et humide qu'auparavant. Ensuite, Elivia ouvrit les yeux et distingua des silhouettes penchées sur elle, leur respirations saccadées semblaient identiques au grondement du tonnerre dans la tête de la jeune marchombre. Durant un instant, rien ne bougea, puis une sensation étrange s'empara de la prisonnière, comme si la pensée de quelqu'un d'autre était dans sa tête :
- Elle se réveille !
Violemment, la femme se dressa en position assise, tentant en vain de saisir à sa ceinture une lame qui ne s'y trouvait plus. Quasiment aussitôt la douleur se fit sentir, forçant Elivia à se rallonger. Plusieurs voix résonnèrent dans sa tête presque simultanément :
- Eh ! Doucement !
- Oui, calme-toi, les Ts'lichs t'ont bien amochée !
- Du calme, on ne te veux pas de mal !
- On t'a même soignée !
- Parce que nos geôliers nous ont donné de quoi le faire !
- Mais c'est pas instantané, il faut que tu te ménages !
Elivia s'interrogea alors « Mais que sont-ils ? » et les voix répondirent, lisant dans ses pensées :
- Nos geôliers les Ts'lichs ? Ce sont des monstres !
- Nous ? Nous sommes des Nimurdes !
Alors, vous voyez, c'était pas si horrible ^^ Reviews ?
