Hey ! Nous revoilà ! ^^

Disclaimer : L'oeuvre original et ses personnages appartiennent au fabuleux Pierre Bottero

Bonne lecture :)


Chapitre 10

"Évasion première partie"

La forêt bruissait doucement dans le vent nocturne, les cris d'animaux inconnus résonnaient, adressés au ciel étoilé et à la lune flamboyante. Ellundril était assise en tailleur dans l'herbe humide, les paupières closes, et les Nimurdes agenouillées en cercles autour d'elle. Ils partageaient ensemble le rêve crée par la Reine Pensée pour expliquer sa mission à la marchombre. C'était un songe plein de sensations, de bouffées de sentiments, d'images fugaces, de sons mystérieux et d'odeurs enivrantes. Des flammes liquides dansaient en ondoyant, des éclairs zébraient un ciel noir comme l'encre et une immense silhouette comme une montagne menaçante se dressait au milieu de cet étrange décor. L'ombre tendit son bras et se saisit de quelque chose d'invisible, mais sur le coup, Ellundril ressentie une grande terreur, accompagnée d'un profond désarroi. Un nouvel éclair trancha la nuit, laissant voir en l'immense silhouette un Ts'lich glaçant. Puis les images s'évanouirent comme elles étaient venues et la voix de la Reine Pensée résonna avec une infinie bienveillance :

- Cela n'a pas encore eu lieu, mais les monstres du grand Volcan en veulent à mon pouvoir, et si ils l'obtiennent, alors la liberté de toutes les races conscientes sera menacée. Chère marchombre, si tu l'acceptes, il va falloir nous aider à nous protéger de ce fléau, car je n'ai pas de corps pour défendre mes sujets, et eux seuls n'y parviendront pas. Qu'en dis-tu Ellundril ?

- Quel est ce pouvoir que tu me demandes de préserver, majesté ? Interrogea la guerrière, interloquée et curieuse. Une nouvelle voix s'immisça soudain dans la conversation mentale, une voix enfantine mais avec une inflexion qui donnait froid dans le dos :

- Tu n'as pas à le savoir, contente toi d'accepter car si tu refuses, je te soumettrais à ma volonté pour que tu nous aides ! Au fait, mon nom est …

- Songe ! Coupa la Reine, Je t'interdis de menacer notre seul espoir ! Même si tu es la princesse et mon héritière cela ne t'octroie pas le droit de prendre de haut nos invités et surtout pas de les agresser mentalement !

À ces mots, la marchombre ouvrit les yeux et vit par dessus les cercles de Nimurdes toujours endormis ce qui n'allait pas. À l'orée de la clairière, se tenait Ludmille, ses pirates, et même le traître Quayle , mais ils avaient tous le regard vidé, comme si ils sommeillaient les yeux ouverts. Rapidement, Ellundril en déduisit qu'ils n'étaient pas maîtres de leurs propres corps, et repéra parmi eux la petite créature verte habillée toute de blanc avec ses grands yeux mystérieux qui était très sûrement responsable de leur état. La voix mentale de la guerrière tonna violemment, faisant sursauter tous les Nimurdes :

- Libère mes amis immédiatement !

Instantanément, la petite Songe se ratatina sur elle même et de grosses larmes brillantes perlèrent à ses iris. Cependant, elle n'était pas si choquée qu'elle voulait le montrer, car elle ne libéra nullement les marins de son emprise, et en profita pour lancer un puissant assaut psychique sur la marchombre. Comme un raz de marée, l'attaque fit tomber Ellundril à genou, qui tenta tant bien que mal de résister à cette intrusion sauvage. Puis la présence mentale de Pensée s'interposa. Elle coula comme les flots impétueux d'un fleuve, emportant l'agression de Songe telle une brindille dans le courant, et ensuite ce fut au tour de la princesse de se mettre à genou. Cette fois les larmes ruisselèrent sur son visage d'émeraude tandis qu'une lumière de colère étincelait dans ses pupilles, elle pensa d'une voix geignarde :

- Maman ! Je suis désolée, mais les humains, ils sont méchant, ils vont nous laisser tomber ! J'ai peur maman !

D'un coup le pression de la Reine retomba et sa voix attendrie répondit avec douceur :

- N'aie aucune crainte ma fille, Ellundril est différente, et aucun humain n'est son pareil, elle va nous aider, j'en suis persuadée ! Maintenant, laisse ses amis tranquilles.

Ludmille reprit lentement ses esprits, avec la forte impression qu'un cyclone venait de ravager sa tête. Chancelante, elle récupéra l'équilibre puis remarqua qu'elle ne se trouvait plus du tout sur la plage, mais dans une clairière, et que la nuit était déjà bien avancée. Elle était entourée de ses matelots qui étaient descendus à terre avec elle, même les blessés, ainsi que du marchombre clandestin, qui semblait tout aussi hébété qu'elle. Ensuite, la capitaine remarqua Ellundril, un peu plus loin dans la prairie, qui semblait en pleine discution psychique avec de nombreuses petites créatures vertes tout comme Songe, que Ludmille se souvenait avoir vu sur le rivage. Elle fit un pas pour se rapprocher, et capta alors la conversation :

- ...pouvoir de notre reine est primordiale.

- Hum, même fantastique je dirais !

- Ouais il est super fantastique ce pouvoir !

- Enfin on ne veut avoir l'air de se vanter madame la marchombre.

- Ben si en fait !

- Bof le pouvoir de Pensée il est bien, mais ça nous aide pas à combattre les Ts'lichs...

- Rabat-joie !

- C'est toi le rabat-joie.

- Eh crétin !

- Non mais surveillez votre langage, malappris ! Que va penser Ellundril !?

- Hum, t'as qu'à lui demander !

Ludmille retomba en arrière sous l'afflux des voix, et se demanda un instant comment Ellundril supportait tous ce boucan mental. Elle fut remise sur ses jambes par les pirates qui lui demandèrent :

- Cap'taine, qu'est ce qui se passe ?! Comment on est arrivé ici ?

La corsaire était bien en peine de répondre, mais la marchombre vint alors à son secours :

- Vous avez été contrôlés psychiquement, mais rassurez vous le problème est maintenant réglé. Nos amis Nimurdes ici présent vont nous apporter des vivres et de l'eau puis nous repartirons.

- Nous rentrons à la maison ? Interrogea un blessé. Le regard de Ellundril le fit frissonner, lui et tous ses compagnons :

- Oh non, nous ne rentrons pas à la maison, je dirais plutôt que l'on fonce droit en enfer.

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Les gouttes d'eau sourdaient du plafond. Elles suintaient le long des barreaux de fer noir, elles glissaient sur la surface rugueuse du sol, et s'enfuyaient par la légère pente vers le côté opposé du couloir. Elivia les sentait. Elle avait les yeux fermés mais elle entendait le chant des gouttes d'eau qui s'évadaient, le chant des vieilles briques de roche qui composaient le sol et le plafond, le chant des Nimurdes endormis derrière elle, le chant des Raïs, gardiens de ces geôles, le chant de leurs armes accrochées par des lanières à leur corps difformes, le chant des barreaux frémissants et enfin, le chant infime de la serrure. La jeune marchombre avait perdu la notion du temps, enfermée dans ce cachot depuis des jours, des semaines même. Au bout de quelques temps, son bourreau le Ts'lich Aressadrissgradorias l'avait oublié, ou du moins il avait cessé de la torturer quotidiennement et elle avait été abandonnée dans cette cellule, avec un très maigre ravitaillement, rarement quotidien dont les Nimurdes ne se nourrissaient pas. Selon leurs propres dires, ils subsistaient en consommant l'énergie des végétaux alentours, cependant Elivia ne voyait rien de semblable dans leur prison, mais elle n'avait pas posé de question. Elle aurait tout le temps pour cela lorsqu'ils seraient dehors et loin de leurs geôliers. En effet, elle entendait enfin le chant de la serrure. D'une pensée, elle réveilla ses quo-détenus qui la scrutèrent avec étonnement.

- Nous sortons. Leur transmis-t-elle et ils ne pensèrent rien de perceptible en retour.

La marchombre s'approcha à pas lents de la porte métallique de la cellule et effleura la serrure, elle entendait son chant, sa main chanta à l'unisson. Avec un cliquetis irréel, les gonds crissèrent et la voie s'ouvrit, comme si la liberté venait elle même chercher les prisonniers et les tirer du pétrin dans lequel ils se trouvaient. Les Nimurdes sursautèrent et l'effarement se peignit dans leurs grands yeux. Leur voix mentales s'élevèrent :

- Comment ?

- Comment ?

- C'est impossible...

- C'est... c'est...

- Ô mes Dieux, je...je...

Les larmes commencèrent à couler sur les visages ravagés des petits êtres, ils venaient de retrouver un espoir qu'ils avaient oublié depuis longtemps. Pourtant Sentiment les rappela :

- Mes amis, mes enfants, séchez vos larmes, il nous faut encore quitter ce lieu maudit.

Pendant ce temps, Elivia était sortie de la geôle, et s'était avancée vers les deux gardiens. Les Raïs ne la remarquèrent que lorsqu'elle fut toute proche, ils grognèrent de surprise et tentèrent de saisir leurs haches, mais ils ne purent rien faire, car la marchombre entendait leur chant, elle connaissait à l'avance leurs mouvements, leurs faiblesses. Elle frappa avec une vitesse et une précision foudroyante, malgré sa maigreur, et ses deux adversaire tombèrent, raides morts. Elivia, les doigts tremblant d'émotion, traça des mots dans l'air humide, pleine de détermination :

Liberté

Au marchombre on ne peut la prendre,

Car c'est ce qu'il est.


Alors ? Review ? ^^

A bientôt :)