Salut ! on est de retour ^^

Disclaimer : tout appartient à Pierre Bottero, sauf quelques personnages et lieux

Bonne lecture :)


Chapitre 11

"Évasion deuxième partie"

Les couloirs obscurs absorbaient le bruit de leurs pas dans une multitude d'échos indéfinissables. Les coursives semblaient infinies dans les profondeurs de la terre cependant Elivia menait ses compagnons d'un pied sûr. Elle s'était perdue une fois dans ces galeries entremêlées, et cela ne se reproduirait pas. Depuis bientôt une demi-heure, elle et les Nimurdes marchaient lentement, prudemment, mais aussi trahis par la faiblesse de leurs corps endoloris et mal nourris, sans avoir croisé qui ou quoi que se soit. Il régnait dans la demeure des Ts'lichs un calme étrange, presque surnaturelle mais surtout, inquiétant. Au loin, dans la profondeur des ténèbres derrière le groupe, semblaient résonner des hurlements de douleur, à moins que ce ne fut le fracas d'un torrent souterrain, ou peut-être seulement le bruit répété des gouttes qui tombent du plafond. Les échos transformaient tout, et les esprits terrorisés ne faisaient qu'achever le travail. Les lumières jouaient aussi leur rôle dans l'atmosphère oppressante du lieu, éparses et froides, mettant à nu la rudesse des murs mal taillés. Elivia s'immobilisa, l'œil aux aguets, et les Nimurdes, surpris de cette brusque pause, faillirent se rentrer les uns dans les autres. Ils ronchonnèrent :

- Pourquoi on s'arrête ? Cet endroit me glace le sang !

- Oui, qu'est-ce qu'on attends ?

- Elivia on...

La conversation cessa net lorsqu'un Ts'lich émergea de l'ombre en toisant la petite troupe d'un air étrange. Il s'avança lourdement vers la marchombre qui était comme statufiée. Il approcha son horrible tête à quelques centimètres du visage de la jeune fille, dont le corps tout entier se mit à frissonner au souvenir des tortures infligées par Aressadrissgradorias. Alors, tandis que l'haleine fétide du monstre l'enveloppait, Elivia réalisa qu'elle était totalement incapable de se défendre, sa peur était comme un lac sans fond qui engloutissait son corps en l'engluant horriblement. Le Ts'lich émit un reniflement dégoutté et déclara d'une voix qui semblait n'avoir pas servie depuis des siècles :

- Tssssss... Une humaine qui se balade librement au fin fond du palais-sous-le-Volcan... Nous sommes tombés bien bas, nous autres les Ts'lichs. Et tout ça par la faute de ce répugnant Mervil, Marvin, Marwin ou... Ma mémoire se perd, je perds la tête ! Le plus ancien et le plus puissant des Ts'lichs qui devient fou ! Ah ! J'aurais mieux fait de... Enfin c'est ridicule, il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais et il n'y a pas d'humains dans le Kur'n Raïs.

Sur ces mots, le vieux monstre s'écarta, et crachant dans un coin, il passa son chemin sans même un regard envers les Nimurdes. La jeune marchombre, ruisselante de sueur se tourna pour voir ses compagnons. Elle attendit quelques instants de ne plus entendre les pas irréguliers de la créature puis demanda d'une voix tremblotante :

- Vous avez manipulé son esprit ?

Sentiment répondit à l'interrogation sonore :

- Non, nous n'avons rien fait, mais je l'ai sondé... Il est bien plus ancien que tu ne peux l'imaginer mon amie, et son âme est tourmentée par tous les siècles qu'il a vécu. Il se perd sans cesse dans les vieux souvenirs obscurs qui ont jalonné sa vie sans fin. Il est troublant.

Étrangement, les autres télépathes n'ajoutèrent rien de plus, ce qui ne coïncidait pas avec leurs habitudes, mais il émanait d'eux une émotion d'urgence, qu'Elivia ne put que partager. Lentement, le plus silencieusement possible, le groupe se remit en marche.

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Gogrod appela Chavogr, Mubr et Gdodor. Chavogr, Mubr et Vdodor s'approchèrent. Vdodor ferait l'affaire à la place de Gdodor, même si Gogrod n'aimait pas trop Vdodor. Gogrod tapa du pied pour être sûr que les autres l'écoutaient, et les regarda un à un dans leurs petits yeux goulus. Il déclara en reniflant :

- MAAîître Tchich vaeut qu'on voi voir danrr les chouloirrs dur frond pour CHAssssait lUmin !

Les autres grognèrent de colère mais Gogrod s'en moquait. C'était lui, le chef ! Il commença à marcher, et les autres idiots le suivirent. Vdodor tapa dans l'épaule du chef pour attirer son attention et s'exclama comme une bête :

- MEUARR Parvarrr LUMMin !

Violemment, Gogrod se retourna et flanqua un grand coup dans le crâne de l'autre abruti avec le manche de sa hache :

- La vois prrochaine, Ssc'est avec ra lame que le Chef tre frappe !

Vdodor couina et recula, les autres cessèrent de rechigner. Ils avaient compris, Gogrod était le chef ! Ils le suivirent et quittèrent la chaude salle de garde pour aller dans les ténèbres froids des couloirs.

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Elivia avait tenu à rester la première. La proposition de Sentiment pour la remplacer en tête de file était tentante mais c'est la marchombre qui avait initié cette évasion et elle se devait d'être en première ligne pour protéger ses compagnons. Un frisson glacé lui parcourut la nuque lorsqu'elle se rappela qu'elle était incapable d'apporter une quelconque protection face à un Ts'lich. Cependant, si elle perdait espoir, les Nimurdes feraient de même et elle se refusait à cette éventualité. Après tout, la jeune femme leur devait la vie, c'est eux qui l'avaient soignée de ses horribles mutilations. Elle se sentit alors trop redevable pour abandonner maintenant, et avec une nouvelle détermination, la marchombre se remit en marche, un pas après l'autre. Brandissant maladroitement la hache qu'elle avait prise à un des gardiens de sa cellule, elle aiguisa ses perceptions tout en songeant qu'elle ne savait absolument pas manier cette arme. Elle et les Nimurdes marchèrent pendant un temps indéfinis ainsi, plongés dans une obscurité pesante, silencieux et prudent avec la peur au ventre. Soudain, Elivia s'arrêta de nouveau, et tendit l'oreille des grognements résonnaient un peu plus loin devant le groupe.

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Gogrod avait les nerf à vif. Vdodor ne cessait de couiner et de pleurnicher comme, comme, comme rien du tout en faite. Rien n'était aussi pleurnichard et bruyant que ce débile de Vdodor. Soudain Gogrod eu un éclair de génie. Il grogna en prenant son ton de Chef :

- Vdodor : Devant !

L'autre imbécile, surprit, obéit sans râler plus qu'il ne le faisait déjà. Si le groupe devait tomber dans un piège à cause du boucan de Vdodor, se serait lui le premier à mourir, mais il ne le comprit pas. L'intelligence de Gogrod le dépassait de loin. Gogrod regretta alors un peu le stupide Gdodor, parce que lui au moins, ne couinait pas. Quelques minutes de gémissements plus tard, la prévoyance de Gogrod fut récompensée. Une humaine jaillit de l'ombre avec la vivacité d'un écureuil. Avec sa hache, qu'elle maniait très bizarrement, elle éventra Vdodor. Il mourut en gargouillant. Ensuite, l'humaine se jeta sur Mubr et lui fendit le crâne. Elle tournoya et décapita alors Chavogr. Saisi par une pure terreur qu'il ne comprit pas lui même, Gogrod lâcha son arme et tomba à genou. Même si il savait que les humains ne parlent pas il cria :

- Pritié !

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Elivia s'apprêtait à abattre le dernier Raïs, qui semblait étrangement avoir renoncé au combat, lorsque soudain, il cria :

- Grhaaaââ !

- Attends ! Ne le tue pas !

L'intervention de Sentiment eut l'effet que cette dernière escomptait, car la marchombre suspendit son geste en lançant à la Nimurde un regard surprit.

- Son esprit n'est pas très résistant, et beaucoup plus ouvert que celui de tous les Raïs que j'ai rencontré jusqu'ici. Il peut nous aider à quitter ce labyrinthe maudit.

- Il connaît la route !

- C'est sûr !

- C'est certain !

- Ce charmant monsieur est notre porte de sortie.

- Notre billet pour retrouver la lumière de jour !

La malice qui dansait dans les yeux des petits hommes verts fit sourire Elivia et elle regarda le Raïs. Il était le moins laid qu'elle ait jamais vu, sa face porcine était plus ou moins symétrique, il n'avait que trois ou quatre verrues et la fourrure rase qui couvrait son corps était plus ou moins uniforme. Elle pensa :

- C'est d'accord, je vous fait confiance.

- Parfait !

Gogrod avait toujours sa tête sur ses épaules, et il considérait, surpris, l'humaine qui avait baissé son arme. Il aurait pu se jeter sur elle pour lui voler son arme et la tuer, puis massacrer ses petits amis verts, mais il n'en avait pas envie. Il entendit une petite voix dans sa tête :

- Mène-nous à la sortie.

- D'accord. Répondit-il.

Il sut alors qu'il n'était plus le chef.

Gogrod menait ses nouveaux amis d'un pas sûr, confiant. Il était satisfait de son changement de position. Les petites voix dans sa tête parlaient bien, pas comme les autres imbéciles qui lui servaient auparavant de compagnie et elles avaient par leur magie bizarre repoussé l'oppression constante que les maîtres Ts'lichs imposent aux Raïs. De fait, Gogrod avait un sentiment étrange et formidable, celui d'être libre. Il guida les petits bonhommes verts, qu'il soupçonnait être les petites voix, et l'humaine à travers les passages dérobés que les Ts'lichs n'empruntaient jamais, ceux qu'ils réservaient l'usage à leurs serviteurs. Tout était étroit, humide, puant, et sombre, mais cela valait mieux pour protéger ses nouveaux compagnons. Au détour d'un long escalier, Gogrod tomba nez-à-nez avec Zurgzurg, le Raïs le plus puant qu'il connaissait. Sans laisser à l'autre le temps de voir ce qui se trouvait derrière lui, Gogrod assena un grand coup du plat de sa hache, qui assomma net Zurgzurg. Il pensa :

- Marchez sur le côté, il y a un gros tas de vomi au milieu des escaliers !

- Du vomi ? Demandèrent les petites voix, comme si elles ignoraient la signification du mot.

- De la saleté !

- Aaah, d'accord.

- Merci du conseil !

Satisfait de la reconnaissance des petites voix, Gogrod reprit sa route. De longues heures plus tard, le Raïs poussa une trappe en pierre, en haut d'un nouvel escalier. La lumière du jour envahit la galerie, et pour la première fois depuis longtemps, Elivia et les Nimurdes respirèrent de l'air frais.


Alors ? Review ?

A bientôt ^^