Salut ! Donc, je le précise au cas ou, mais c'est le deuxième chapitre que nous sortons aujourd'hui. Donc si vous ne l'aviez pas vu, hop, direction le chapitre 12. Et aussi : Oui ! Oui c'est bien le deuxième chapitre de la journée ! Regardez comme il est tout beau !
Disclaimer : L'histoire originale appartient à Pierre Bottero, sauf quelques lieux et personnages
Bonne lecture :)
Chapitre 13
" Débarquement "
Le vent soufflait fort en ce milieu d'après-midi sur le pont du bateau. Les bourrasques soulevaient les cheveux et les foulards des marins assemblés sur le pont, au garde-à-vous prêt à entendre les ordres de leur capitaine. Stoïques, les hommes attendaient patiemment que Ludmille commence à parler, leur visages halés par les multiples voyages ne laissaient transparaître aucun empressement, aucun agacement devant l'attente. Ellundril se demanda ce qu'avait fait son amie pour obtenir de ces hommes une telle fidélité et une telle soumission, mais elle ne poserait pas la question maintenant, l'instant ne s'y prêtait pas. La corsaire scrutait un à un tous ses marins, faisant les cent pas, perçant de son regard acéré les réserves de chacun, en ce moment, rien ne semblait lui échapper. Finalement, elle prit la parole, d'une voix forte, qui ne souffrait aucune réplique :
- Je vais aller à terre avec cinq hommes : Rav, Uston, Bruleur, Jon et Zaachim, ainsi qu'avec Ellundril et le prisonnier.
Elle suspendit son discours pour jeter un regard dur à Quayle, qui était adossé à un mât, même pas attaché, et qui soupira son assentiment avec résignation. Ludmille aurait préféré le laisser chez les Nimurdes mais la marchombre avait tenu à le garder à l'œil. Elle repris :
- En mon absence, Jordan dirigera, vous maintiendrez le navire à cette distance de la côte et vous vous débrouillerez pour que cette coque de noix soit plus brillante qu'un diamant. Si le second surprend l'un d'entre vous à tirer au flanc, il a ordre de le jeter par-dessus bord, ça fera moins de bouches à nourrir ! J'espère avoir été claire !
Sans attendre de réponse, la capitaine tourna les talons et fit signe aux pirates qui allaient l'accompagner à terre de la rejoindre dans sa cabine. Elle était plutôt satisfaite de son équipage, mais ils étaient pirates à la base, et non aventuriers. Elle était consciente que certains se lassaient de ce voyage financièrement peu rentable. En conséquence, elle devait se montrer ferme. Lorsqu'elle fut installée derrière son bureau, avec les cinq guerriers face à elle, Ludmille les jaugea, et estima qu'elle avait fait le bon choix. Le tangage du navire faisait craquer le bois quand elle leur déclara à voix basse :
- Je vous ai choisi pour votre aptitude au combat, n'y voyez en aucun cas une récompense. Le lieu dans lequel nous nous rendons est plus dangereux que n'importe laquelle des îles de l'Archipel Aline. Il faudra vous montrer plus obéissants et plus disciplinés que jamais si vous voulez vous en sortir. Par-dessus tous, il y a une règle que vous ne devrez surtout pas outrepasser, si vous voyez de l'or, n'y touchez surtout pas.
Les hommes blêmirent, la mort faisait partie de leur métier, mais renoncer à la richesse à portée de main, ça c'était beaucoup plus compliqué pour eux. Ils regardèrent un moment leurs pieds, contrariés, mais aucun n'eut le courage de faire d'objection. Ludmille apprécia cela.
Après ce bref silence, elle les congédia et les regarda sortir, puis retira d'un tiroir son journal de bord, dans lequel elle nota rapidement les événements du jour de son écriture malhabile. Elle n'aimait pas écrire car elle ne se trouvait pas douée dans cette activité, ce qui avait le don de l'agacer. Cependant, son père adoptif lui avait enseigné de toujours tenir un journal et c'est en souvenir de lui que la pirate le faisait, de mauvais gré. Ludmille regarda les petits mots tordus qu'elle venait de tracer et referma résolument le carnet, elle ne l'emmènerait pas dans son expédition à terre. Cette décision prise, elle se leva et, songeant que tout cela était trop étrange et dangereux pour un simple brigand comme elle, elle se dirigea vers le pont pour trouver Ellundril et lui extirper davantage d'information sur leur destination.
A peine avait-elle franchit le pas de sa porte que la marchombre jaillit de nulle part pour se dresser devant elle, avec une expression très singulière, entre le calme inhérent des personnes qui en savent beaucoup et l'urgence d'une situation extrême. Avec un ton inflexible Ellundril déclara :
- Nous devons partir immédiatement pour nous rendre à terre, Elivia a besoin de nous.
- Nous avions convenu de débarquer demain matin, répondit Ludmille abasourdie par cette soudaine précipitation. Et puis qui est cette Elivia ?
- C'est une marchombre, elle est avec les Nimurdes que nous sommes venus secourir et ils se sont évadés ensemble. Il faut qu'on aille les secourir tout de suite. Débita la guerrière à toute allure.
La capitaine pirate secoua la tête pour mettre toutes les informations en place dans son esprit et ainsi, une multitude de questions lui vinrent. Cependant, étant une femme d'action, Ludmille se garda de les poser sur l'instant, fit un signe d'assentiment à Ellundril et commença à donner ses ordres. Un instant plus tard, les deux femmes étaient installées dans une barque, en route pour la terre ferme, entourées des hommes choisis. La corsaire vit alors l'occasion de clarifier la situation :
- Maintenant que nous sommes en route, mon amie, tu vas pouvoir nous expliquer tous les tenants et les aboutissants de cette mission.
Ellundril soupira puis entama son récit :
- Nous sommes ici pour aider les Nimurdes dans leur combat contre les Ts'lichs. En effet, la Reine des Télépathes est dotée d'un pouvoir fabuleux que veulent lui prendre les Ts'lichs, mais elle ne peut l'utiliser contre eux car elle a besoin pour cela de sa sœur, qui a été capturée. Ainsi, la Reine Pensée m'avait demandé de me rendre dans la forteresse de ses ennemis pour libérer sa sœur, sauf que celle-ci s'est évadée avec l'aide d'une jeune marchombre, Elivia, qui était partie explorer le royaume Ts'lich d'après ce que j'en sais. Maintenant, elles sont toutes les deux en fuites et viennent vers les monts Orekor avec des hordes de Raïs à leur trousses.
- Elivia est aussi folle que Jaina et toi, personne de sensée n'irait se frotter aux Ts'lichs volontairement. Commenta Quayle, assis au fond de la barque.
Ludmille lui jeta un regard mauvais puis prit un air pensif, elle interrogea :
- D'où tires-tu de telles informations, Ellundril ? Ces choses-là se passent si loin.
À nouveau, Quayle répondit, dédaigneux :
- C'est un truc de marchombre, le vent lui parle.
Le silence régna pendant le reste de la courte traversée. Le groupe mit pied à terre dans une petite crique cerclée de hautes falaises grises et escarpées, couronnées par de grands pins sombres. Les galets noirs de la plage sur laquelle les matelots débarquèrent étaient brûlants et crissèrent lorsqu'ils montèrent l'embarcation au sec et en tirèrent les sacs pleins de provisions. Une surprise les attendait en haut d'une petite dune. La voix enfantine tinta dans leur esprit lorsque les membres de la troupes s'approchèrent de la petite silhouette :
- Vous en avez mis du temps pour arriver ! Je commençais à m'ennuyer.
Ellundril répondit mentalement :
- Qu'est ce que tu fais ici, Songe ? Comment es-tu venue ?
- Je suis là pour vous aider à libérer ma tante, c'est évident, pas pour profiter de votre conversation. Je suis venue en embarquant sur votre bateau puant puis comme vous partiez sans moi à terre... vous ne me croirez pas si je vous dis qu'une tortue m'a gentiment conduit ici.
Une lueur d'espièglerie brilla dans les yeux de la petite Nimurde, tandis que Ludmille bouillait de rage :
- Encore un maudit rat de clandestin sur mon Navire ! Pourquoi personne ne t'a aperçu avant?!
- Parce que vos esprits humains sont si peu protégés que je pourrais faire croire à tes marins qu'ils ont vus une chèvre volante violette discuter dans le ciel avec un Ts'lich déguisé en fleur.
- C'était donc ça, murmura Uston.
- Quelle imagination, coupa Ellundril. Maintenant que tu es là, on n'y peut plus rien. Tu vas suivre mes directives et pas de coup fourré c'est clair ?!
- Aussi clair que de l'eau de source, Répliqua la télépathe, mais je ferais ce qui me semblera bon de faire.
- C'est bon, vous avez fini ? Alors mettons nous en route avant que vos copines ne soit plus que des cadavres et que je devienne comme par hasard votre exutoire, acheva Quayle, cynique.
Ainsi, la troupe, tendue, se mit en marche. Elle emprunta un petit sentier à flanc de falaise pour grimper jusqu'en haut, et pénétrer dans l'épaisse forêt de conifère qui couvrait tel un manteau vert sombre les versants des monts Orekors.
Reviews ?
Bon, normalement la suite ne devrait pas trop tarder. A bientôt :)
