Salut ! Nous revoilà !
Disclaimer : La plupart des personnages appartiennent à Pierre Bottero, l'histoire à Neitentus et légèrement à moi, qui est la bêta.
Bonne lecture :)
Chapitre 14
" L'Or "
Le sifflement d'une brise glacée serpentait entre les pins grinçants, tandis que les rayons du soleil levant transperçaient les feuillages. Elivia et sa troupe s'étaient mis en marche quelques heures avant l'aube et avaient alors pénétrés la forêt de conifères qui enveloppait les montagnes. La jeune marchombre jeta un regard inquiet derrière son épaule. Elle fermait la marche et ce lieu ne lui inspirait nulle confiance. En effet, plus le groupe s'enfonçait dans la végétation, plus elle avait l'impression désagréable de ne pas être à sa place. Tout l'environnement paraissait hostile à leur présence.
- Rassure-toi mon amie, nous serons sur la côte d'ici demain, et de là, nous chercherons un moyen de traverser pour regagner notre pays. Communiqua Sentiment avec bienveillance.
- Oui ! Et notre pays est la plus belle contrée du Monde !
- Ça va bien la modestie ?!
- Très bien ici et vous ?
- Plus beau que Kur N'Raï ? Intervint un Raïs
- De loin, de très, très loin ! Et même de plus loin que loin. De trop loin pour que ce soit comparable !
Et la discussion se poursuivit en d'interminables palabres sur la distance, les comparaisons, l'humilité, la beauté et bien d'autres sujets, ponctués par des commentaires de Raïs complètement déboussolés par tant de digressions. Elivia écarta son esprit de ce manège qui s'était déjà souvent produit depuis le début du voyage, quelques jours auparavant. Elle chercha plutôt à entrer en contact avec Gogrod, qui était beaucoup plus calme et intelligent que tous ses congénères. Le chef des hommes-cochons menant la troupe à travers la forêt dense, la femme ne le voyait pas, mais il répondit à son appel mental :
- Il est naturel d'être inquiet en ce lieu. C'est ici que viennent mourir les raïs devenus inaptes au combat. Bientôt, nous serons assez profond dans les bois pour voir les squelettes.
- Ce n'est pas rassurant mais je pense que si nous ne rencontrons que des squelettes bien morts ici, alors j'y survivrais. Plaisanta la marchombre. Plusieurs rires mentaux de Nimurdes se transmirent alors dans les esprits et Gogrod grommela quand au peu d'intimité qu'offraient les conversations mentales basées sur les ponts créés par les télépathes.
Peu après, tandis que les bancs de brume s'étiraient entre les troncs, le groupe déboucha sur une prairie illuminée par le soleil matinal au fond d'une combe. Les chants des oiseaux résonnaient dans l'air vif et le lieu paraissait particulièrement accueillant après les bois oppressants peuplés de vieux os blancs. Alors que le chef Raïs déclarait une pause, Elivia fit quelques foulées en respirant à grande goulée, un sourire naissant sur les lèvres. La liberté était tellement agréable après les tortures subies durant son emprisonnement qu'elle partit d'un rire cristallin et s'allongea dans l'herbe pleine de rosée. Le ciel céruléen la surplombait et lui tendait les bras, le vent lui caressait le visage, les esprit bienveillants des Nimurdes la berçaient et les cris émerveillés des Raïs libérés de leur esclavage la ravissait. En cet instant, la jeune marchombre était Harmonie. Cependant, les hommes-cochons s'étaient rassemblés au centre de la clairière et s'extasiaient devant un rocher étincelant jaillissant du sol comme un pilier d'or pur. Bientôt, ils furent rejoints par les Nimurdes, tout aussi intrigués. Alors qu'Elivia se levait pour les rejoindre, Muruk, un des Raïs les plus curieux, s'avança plus près et tendit sa main pour toucher le roc miroitant.
Soudain un hurlement horrifié de petite fille résonna dans les esprits :
- NON ! Ne le touchez pas !
Mais il était trop tard, Muruk avait les doigts plaqués sur le bloc d'or. Aussitôt, une terrible secousse fit trembler la prairie et les arbres alentours. Tous les membres du groupe perdirent l'équilibre, sauf Elivia, que ses réflexes marchombres empêchèrent de chuter, et qui vit avec stupéfaction le rocher doré se soulever petit à petit hors du sol. Elle cria, terrifiée :
- Écartez-vous !
En vain, car déjà, dans une gerbe de poussière et de terre, ses amis abasourdis furent projetés en l'air pour s'écraser quelques mètres plus loin. Pourtant quelques-uns restaient au centre de la clairière. Elivia s'élança pour venir à leur secours. Muruk, couinant d'effroi, émergea soudain du nuage de poussière mais il ne parvint à s'éloigner, il fut écrasé par un roc doré avec une violence inouïe. La jeune marchombre se stoppa net face à cet événement et leva la tête, les yeux emplis de terreur. Devant elle se tenait un monstre colossal, une forme vaguement humaine, haute de dix mètres et constituée d'énormes blocs d'or étrangement rassemblés ensemble. La créature émit alors un grondement sourd, plus profond que le tonnerre, qui fut suivit des voix mentales terrorisées des Nimurdes. Le géant souleva son pied sous lequel avait péri le malheureux Raïs, et se déplaça pour piétiner une autre personne encore à terre qu'Elivia ne put identifier. Cependant, la jeune femme ne comptait pas se laisser à nouveau paralyser par la peur. Elle se jeta en avant, brandissant sa hache de jet et assena un coup puissant dans le pied au sol du colosse. Elle n'obtint pourtant qu'un tintement sonore, perdit sa hachette et éprouva une violente douleur dans le bras. Ainsi la jeune marchombre ne put que faire volte-face pour voir le monstre marcher sur le vide.
En effet, tous ceux qui se trouvaient aux pieds de la créature avaient disparu hors du champs de vision d'Elivia. En revanche, elle vit, incrédule, un silhouette jaillir de la brume pour grimper avec une agilité époustouflante sur le colosse. C'était une femme, grande et svelte, à la longue chevelure d'albâtre, qui semblait presque voler. Elle était armée de deux dagues étincelantes et lorsqu'elle parvint sur la tête du géant, elle les enfonça dans l'or comme si il s'agissait de beurre. Le géant poussa un grondement qui fit trembler la terre et tituba en arrière. Le souffle coupé, Elivia regarda la femme extraire ses lames de la roche et se projeter dans le vide, du haut du monstre. La jeune marchombre n'eut que le temps de penser qu'elle allait se briser les jambes avant que la combattante n'atterrisse avec une légèreté extraordinaire sur le sol tandis que le colosse s'effondrait avec fracas. Ce n'est que lorsque la dame aux cheveux blanc lui tendit la main qu'Elivia la reconnut, Ellundril, la plus grande des Marchombres.
Un million de questions vinrent à l'esprit de la jeune femme, mais son aînée la devança avant qu'elle ne put commencer à les poser :
- Nous parlerons plus tard Elivia, il faut aider tes amis Nimurdes à se relever avant que le géant ne soit remis et que les Raïs ne sortent de leur étourdissement et ne nous attaque.
- Les Raïs sont mes…. Compagnons aussi !
La surprise ne resta pas assez longtemps dans les yeux d'Ellundril pour que l'autre soit sûre qu'elle y était passée. Les deux femmes obtempérèrent cependant et tournèrent les talons pour aller porter assistance à la troupe. Un instant plus tard, tous étaient debout, les blessés soutenus par les valides, et ils suivaient Ellundril à travers les volutes de brume blanche et les pins qui en surgissaient, sombres et imposants. Une voix enfantine les guidait et leur donnait un sentiment étrange de courage :
- Par ici, par ici. Venez, venez et vous serez bientôt à la maison, la maison. Laissez ces horreurs derrière vous, abandonnez la peur qui vous dévore. Courage, venez par ici.
Et les Nimurdes lui répondaient avec des larmes dans leur intonations :
- Songe, Songe !
- Fais-nous rêvez à nouveau !
- La maison, la princesse !
- Maison, maison, plus la prison...
Des larmes de délivrance.
- Oui je suis là, et maman est là aussi. Suivez ma voix, suivez l'humaine Ellundril. Vous rentrez à la maison maintenant.
Cet échange entre télépathes contenait bien plus que les mots qu'Elivia entendait, et toute cette émotion qu'elle ne pouvait saisir mettait la jeune femme mal à l'aise. Ainsi, elle posa la première question qui lui passa par l'esprit à voix haute :
- C'était quoi ce monstre en or ?
- Les Ts'lichs appellent cela simplement un géant, répondit Ellundril, et nous nous trouvons dans la région qu'ils nomment le Septentrion des Géants. Je pense que c'est un nom approprié.
Au loin, un grondement de tonnerre résonna et se répercuta entre les montagnes. Ailleurs, un cri de femme s'éleva :
-Ellundril ?! Où es-tu ?
Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ.Ͼ
Le petit Ts'lich rabougri s'avança devant lui, tandis que tous les autres regardaient la scène, et pris la parole en chevrotant :
- Maître Aressadrissgradorias, nous... nous avons perdu leurs tracsses, les Raïsss, csses larves immondes, ils... ils refusent d'entrer dans la forêt-cimetière, ils m'ont ...
- IMBÉCILE ! Tonna l'Aîné. Voilà à quoi sssont réduits les Ts'lichs, la plus grande race de ce monde, à chercher des excusses pour justifier un énième échec. Vous tous qui vous cachez de ma fureur dans les ombres, vous êtes les derniers membres de la plus grande csssivilisation de tout les temps ! Les dessscendants de la Magnifique Esirrsis Aspirumaride, les héritiers du pouvoir d'Okrissundorssos et vous vous faites, que dis-je, Nous nous faisons humilier par des petits bonshommes verts et des humains ! Vous n'avez aucun souvenir, aucune idée même, de ce que nous fûmes, des merveilles que nous avions bâtis, de la grandeur de nos sssages, de la puissancssse de nos Empereurs car tout cssela est parti en poussière et en cssendre lorsque la mille fois maudite prophétie s'est réalisée. Lorsque le Dragon, l'Homme, et la Baleine se sont appropriés le monde créé par Okrissundorssos et l'on crânement nommé l'imagination. Ils l'ont changé en arme, alors qu'il s'agissait d'Art pur, et ils l'ont retourné contre nous. Ils ont masssacré notre peuple et ont condamné les survivants à n'éprouver que la haine et à ne désirer que la vengeance et la violence.
Les yeux d'Aressadrissgradorias étaient plein de flammes brûlantes, toute la pièce semblait trembler sous sa colère, des ombres immenses dansaient sur les murs et tous les autres Ts'lichs étaient pendus à ses lèvres :
- Mais tout cela, mes immondes et répugnants petits frères, tout cela sera bientôt un mauvais souvenir. Écoutez-moi bien, moi, Aressadrissgradorias, je vais arracher son pouvoir à la misérable petite reine télépathe et à son peuple, et grâce à lui, je soumettrai les Humains et leur perfidie sans borne, et je rebâtirais la gloire des Ts'lichs, et bien plus encore !
Maintenant, l'auditoire était conquis, plus qu'une chose à dire :
- Levez nos Armées !
Alors ? Reviews ?
A bientôt :)
