Bien le bonjour !
Bon, même si je suis pas du genre à supplier, me plaindre, ou faire du chantage pour avoir des reviews, je voudrais quand même remercier Morgane93 pour sa review qu'elle nous a laissé. Elle va pouvoir nous permettre d'améliorer notre écriture, du coup si vous avez des commentaires à faire, n'hésitez pas !
Disclaimer : Même si j'adorerais être la créatrice de l'univers contenant Le Pacte des Marchombres, ce n'est malheureusement pas le cas, il appartient à Pierre Bottero. Aussi, je suis principalement la bêta lectrice, donc il ne faut pas oublier Neitentus pour son travail !
Bonne lecture ! ^^
Chapitre 15
" Le Sacrifice "
- Quatorze Nimurdes, passe encore, une amie à toi, passe encore, mais il est strictement hors de question que je fasse embarquer vingt-six Raïs ! Que tu sois Ellundril ou l'Empereur de Gwendalavir n'y changera rien je te préviens, ces monstres n'approcheront pas leurs sales pattes de mon navire !
- Très bien Ludmille, répondit impassiblement Ellundril, alors trouve une autre solution.
- De toute façon, ils sont trop nombreux, avec mes matelots on ne pourrait plus naviguer correctement.
- Je comprends tes raisons, mais nous ne pouvons tout simplement pas les abandonner ici.
- Et pourquoi pas ? Grommela la pirate.
La mer chantait fort en s'étalant sur les petites plages et en s'écrasant sur les hautes falaises ce jour là. Le ciel était gris et un vent fort emportait les embruns vers l'intérieur des terres, tandis que les oiseaux criaillaient sur les corniches et dans les cieux. Tous étaient rassemblés sur la plage où les pirates avaient débarqué trois jours auparavant et le moral était plutôt bas. Les Nimurdes s'étaient isolés autour de Songe et Sentiment et partageaient des conversations que nul ne pouvait entendre, Les hommes grelottaient non loin de leur capitaine qui argumentait avec la Marchombre et les Raïs, brutalement ramenés à la réalité par la mort de deux des leurs, écoutaient un discours de Gogrod sur la bravoure, à l'écart des deux autres groupes. Pour sa part, Elivia contemplait l'horizon, assise sur la falaise. Son cœur battait au rythme des vagues et ses cheveux châtains volaient dans la brise, elle murmura pour elle-même :
- L'Héroïne de l'ombre chevauche la brume, l'Héroïne de l'ombre parle au vent, l'Héroïne de l'ombre possède les dagues les plus tranchantes du monde, l'Héroïne de l'ombre est un héros.
Celui que la bravoure guide
Celui que la peur rend plus fort
Celui dont l'amour trace sa voie
Héros
Dessina la jeune femme dans les rafales. Bientôt les mots s'envolèrent et les bruits de la nature insouciante reprirent le dessus dans l'esprit de la jeune femme. Elle contemplait l'horizon lorsqu'elle entendit le bruit, un énorme grondement qu'une seule créature pouvait pousser, un géant. La marchombre descendit prestement de son perchoir, malgré ses muscles endoloris par le voyage et son récent emprisonnement. Elle courut jusqu'à Ellundril et la pirate qui proposait alors que les Raïs construisent un radeau, et les interrompit :
- Ils n'en n'auront pas le temps ! Vous n'avez pas entendu ? Il y a un géant d'or non loin !
- Non nous n'avons...Commença Ludmille surprise, mais elle fut coupée par un nouveau grondement de tonnerre.
- Il se rapproche !
Les Raïs bondirent, saisissant leurs armes tandis que les Nimurdes effrayés regardaient en tout sens pour voir venir le danger. Ensuite, tout fut presque instantané. Un craquement formidable retentit sur la plage et des filets de cordes furent projetés dans tous les sens. Tous les combattants tombèrent à terre, empêtrés, et un rire crissant se fit entendre. Un Ts'lich plus marron que vert ricanait, très fier de sa victoire et il s'exclama :
- Sssc'est trop bête, vous allez tous être piétinés par le géant que j'ai réveillé spécialement pour vous, et tous les vains essspoirs de liberté que vous aviez vont être mouchés !
C'était sans compter les marchombres. Elivia et Ellundril avait aisément esquivé les filets et elles choisirent cet instant pour fondre sur le monstre, qui leur tournait le dos. Cependant, il s'agissait d'un adversaire redoutable, qui ne se laissa pas surprendre. Dans un ample mouvement de queue, il repoussa les deux femmes et posa son regard brûlant sur elles. Aussitôt, d'énormes épines jaillirent du sable pour les embrocher, mais trop lentement. Elivia se jeta sur le coté et se rattrapa en faisant une roulade et Ellundril se projeta en l'air, puis sauta contre les pieux et en un battement de cœur, elle fut sur le Ts'lich. Ses lames fendant l'air, elle taillada l'ennemi, qui parvint à éviter la plupart des coups, mais dont le visage repoussant s'orna d'une profonde estafilade. Le monstre cracha de dépit et un pylône jaillit du sable et le souleva hors de porté d'Ellundril. D'un revers de main il fit apparaître une multitude de flèches qui fondirent sur la femme , puis il saisit sa tête et hurla :
- Sors de mes pensées !
Songe avait cessé de se débattre avec le filet et ses yeux lançaient des éclairs. Un nouveau grondement fit trembler le sol et les falaises, plus proche que jamais et un arbre arraché fit un vol plané et s'écrasa dans les vagues en soulevant une impressionnante gerbe d'eau. Ellundril songea que le colosse devait vraiment être furieux. Elle laissa le Ts'lich aux prises avec la petite Nimurde, et courut libérer les Raïs du filet qui les retenait, tandis que Elivia faisait de même avec les pirates puis les télépathes. Voyant ses proies lui échapper, le Ts'lich voulut imaginer un énorme rocher pour les réduire en bouillie cependant, il changea de cible au dernier moment. Un colossal géant doré émergea de la forêt en grondant et sauta du haut de la falaise. Il tomba lourdement la plage en faisant trébucher la plupart de ceux qui étaient debout. Son poing gargantuesque pulvérisa le pylône du Ts'lich, projetant celui-ci dans le sable avant qu'il n'ait pu créer son projectile. Les hommes, les Raïs et les Nimurdes n'attendirent pas leur tour et se jetèrent à l'eau en nageant pour sauver leur peau. Seule Ellundril faisait face au géant. Il tenta de la piétiner, mais elle était bien trop vive, et profita de son attaque pour commencer son ascension de la créature. En quelques bonds agiles, la marchombre se retrouva au niveau de son genou, et la voyant là, le golem écrasa sa jambe sur la falaise, qui se fissura sous l'impact, des éclats de roche projetés dans tous les sens. Elivia, la tête hors de l'eau, poussa un cri, mais fut soulagée lorsqu'elle aperçut la femme grimpant sur le poitrail du colosse en y enfonçant ses dagues. Fou de rage, le géant doré se projeta tout entier contre le mur de roc qui entourait la plage, en poussant un mugissement de tonnerre. Il s'y fracassa littéralement, déclenchant une avalanche qui recouvrit la plage sous les gravats. Bientôt la crique fut comblée et de grandes vagues agitèrent la mer, soulevant les hommes, les Raïs et les Nimurdes, nageant tant bien que mal, abasourdis. Ellundril s'étaient sacrifiée pour eux.
Lorsque Ludmille reprit pied sur son bateau, ses larmes se mélangeaient à l'eau salée de l'océan. Le fait que les Raïs soient sur son navire ne la préoccupait plus, de même que le commandement, et que tout le reste. Ellundril ne pouvait pas être morte. Comment la plus grande aventurière de tous les temps pourrait-elle mourir ? Elivia se posait la même question, mais peinait trop à sauver les Nimurdes de la noyade pour se concentrer sur sa peine. Quand se fut au tour de Songe de monter sur le bateau, elle laissa glisser son regard sur tous les gens rassemblés et déclara d'un ton égal :
- Elle n'est pas morte vous savez.
Les autres Nimurdes lui répondirent :
- Ah non ?
- Ah non.
- Je sens son esprit.
- Moi aussi !
- Même moi je la sens !
- Si même lui la sens, c'est qu'elle est toute proche.
- Vraiment très proche !
- Eh vous m'avez insulté là ?
- Qui, nous ? Non, on se moque jamais de personne, et surtout pas de toi !
Enfin, Sentiment et Elivia furent les dernières à sortir de l'eau, et la chef des télépathes, sans rien dire, désigna un point noir dans le ciel. Tous les regards convergèrent vers les cieux. C'était un grand oiseau, qui se posa dans les gravats sur la côte. Avec un étrange sentiment de déception, Elivia soupira :
- Ce n'est qu'un oiseau, pas une marchombre.
Suite à cette constatation, les Nimurdes demeurèrent silencieux, ou du moins, ils ne s'adressèrent plus aux humains. Ludmille, dévastée, ne songea même pas à tenter de mettre de l'ordre entre ses marins et les Raïs trempés qui regardaient la mer avec hébétude. Elle tituba vers le bastingage et s'y appuya, les yeux rivés sur ce qui avait été une plage. La pirate n'y voyait plus l'oiseau, elle n'y voyait plus rien que des tonnes de blocs de roches fracassées et son amie était ensevelie quelque part dans ces décombres. Plusieurs minutes passèrent durant lesquelles seul le vent et la mer semblaient ne pas être figés. Elivia avait disparue dans le gréement et Ludmille ne se décida à agir que lorsque l'agitation commença à gagner le navire. Cependant, elle se sentait trop fatiguée et se contenta de crier :
- Jordan, occupe-toi de ça, et Songe, aide-le avec les Raïs.
Bizarrement, la télépathe obtempéra comme son second, et une pointe de satisfaction naquit en Ludmille, au moins on la respectait encore comme capitaine de son bateau. Elle avança à pas lents vers sa cabine, et avec un geste lasse, elle poussa la porte et la referma derrière elle. La pièce lui sembla sombre et exiguë, cependant la fenêtre ouverte apportait un agréable courant d'air et Ellundril, trempée, qui lui tendait un verre lui réchauffa le cœur. Ellundril ? La mâchoire de la pirate se décrocha et elle souffla, effarée :
- Mais... comment ?!
- Secret ! Répondit la marchombre en souriant.
Le reste de la journée fut peuplé de cris de surprise et de joie et le navire mis le cap sur l'île des Nimurdes.
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Derssaderissgladr s'extirpa des rochers en grimaçant de douleur. Jamais de sa vie il n'avait ressenti une telle humiliation, le sang poisseux coulait abondamment de ses plaies et il avait échoué à sa mission. Aressadrissgradorias l'avait prévenu : « Réussis ou bien cache toi très loin et très profond, parce que si tu échoues et que je te revoie, je te tue. ». Il n'avait désormais plus nul part où aller, plus aucun plan pour éliminer les fugitifs, plus aucune chance d'entrer dans les grâces de son leader. En plus, le désespoir qui l'envahissait le dégouttait. Quelqu'un s'adressa à lui en humain :
- Bravo, vraiment, c'était une performance admirable, je n'aurais pas fait mieux, mais ça a échoué quand même. C'est bête.
Derssaderissgladr se tourna vers son interlocuteur, un homme assis non loin qui le considérait d'un regard condescendant. Le Ts'lich adopta une posture menaçante, tel un serpent prêt à frapper.
- Ne fait pas l'idiot, tu n'es pas en état de te battre, et surtout pas contre moi. Mon nom est Quayle, et grâce à ta petite diversion, les autres imbéciles m'ont complètement oublié. Alors voilà ce que je te propose : comme tu n'as nul part où partir parce que ça m'étonnerait que tes copains acceptent ton échec, tu vas venir avec moi rencontrer mes copains, qui seront ravis de faire ta connaissance. Tu verras, les Mercenaires du Chaos sont des gens charmants.
Voilà, le nouveau chapitre est là !
Bonne chance à ceux qui ont des examens et à la prochaine.
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