Bonjour !
Bon, j'ai beaucoup traînassé, mais vous me comprendrez (j'espère), avec les vacances je dors beaucoup et les inscriptions pour l'année prochaine sont longues ... :/
Disclaimer : Rendons à César ce qui lui appartient, ou plus précisemment à Pierre Bottero. Ainsi qu'à Neitentus ^^
Bonne lecture :)
Chapitre 16
" Stratégie"
J'entends le chant des vagues qui glissent sur les plages, le crépitement des feux qui réchauffent les demeures, la clameur de tous les êtres qui vivent, les murmures des montagnes endormies, les rires incessants des ruisseaux, des rivières et des fleuves, le bruissement des forêts lointaines, les chuchotements des plaines battus par le vent, le soupir des brises qui voyagent inlassablement. Je vois les nuages qui dérivent dans le ciel céruléen, les grands arbres qui embrassent les rafales, les sommets couronnés de neige albâtre, la respiration sans fin des océans, la lumière vacillante qui s'enfonce dans les profondes cavernes, les innombrables créatures qui foulent le sol, les cités qui s'élèvent de rien, les rayons du soleil qui s'étalent sur les lacs miroitants. Je sens les embruns qui se louvent dans l'air marin, les fleurs qui déploient leurs fragiles couleurs, le fumet des bêtes en quête de reconnaissance, l'industrie des hommes qui ne cessent jamais de s'activer, l'odeur de la pluie printanière qui imbibe le sol. Ainsi mes sens parcourent le monde sans relâche, et découvre tout ce qui se cache, rien ne m'échappe. Pour protéger ce qui m'est cher, que ma force soit libérée, et nul ne saura m'arrêter.
-Chant, Pensée.
Les barques s'échouèrent sur le sable chauffé par le zénith. Rapidement, les Raïs, suivis des pirates mirent pied à terre et s'avancèrent vers la forêt qui bordait la plage. À la tête du groupe se placèrent Ellundril, Ludmille et Gogrod, tandis que Jordan et Elivia aidaient les Nimurdes à débarquer. Toute la troupe se mit en marche peu après, en suivant un sentier qui semblait avoir été récemment dégagé. Les Nimurdes évadés laissèrent glisser sur leurs joues de grosses larmes brillantes en retrouvant leur foyer, tandis que les hommes-cochons regardaient tout autour d'eux avec un émerveillement non feint. Une heure plus tard, ils débouchèrent sur une clairière, baignée de soleil, et les télépathes se jetèrent dans les bras de leurs congénères qui les attendaient là. Ludmille et les autres humains, quant à eux, furent abasourdis, il y avait bien plus de Nimurdes que lors de leur précédente visite. Ils étaient plusieurs centaines, massés dans le près, entre les arbres et dans les ramures, et les échanges de pensées étaient presque palpable tant ils étaient nombreux. Leurs visages étaient tous illuminés de joie, d'excitation et rapidement, Raïs et hommes furent entraînés par la foule, et terrassés par l'afflux énorme de contact mentaux qui fondaient sur eux. Envahit par cette masse de sentiments étrangers, Ludmille se sentit submergée par une monstrueuse vague d'allégresse qui ne venait pas d'elle et crut qu'elle allait s'évanouir, mais soudainement, la pression disparut. Devant les yeux ébahi de la foule, qui avait cessé de communiquer, les rayons de soleil se déformèrent et se tordirent, créant l'image d'une femme magnifique, à la chevelure noire comme la nuit, la peau d'un vert éclatant, vêtue d'une longue robe d'un blanc éblouissant. Son visage lisse était seulement occupé par deux yeux immenses, qui paraissaient contenir tout l'Univers. Lorsqu'elle parla, sa voix résonna autant dans les esprits que dans les oreilles avec une myriade de tons et d'écho, comme si mille s'exprimaient en une seule :
- Ellundril, Elivia, Ludmille, Gogrod, vous et les vôtres avez ramené ma sœur Sentiment et mes sujets, au prix de grands périls et en risquant vos vies pour les leurs. Pour nous, vous avez défié les créatures les plus abjectes qu'abrite ce monde, et certains d'entre vous ont dû abandonner ce qui leur tenait lieu de foyer, pour nous venir en aide. Je ne pourrais jamais assez vous remercier du service que vous nous avez rendu. Cependant, loin d'ici, notre ennemi a compris qu'il lui fallait agir vite pour gagner la guerre qui nous oppose, et il rassemble en ce moment même ses innombrables forces pour venir nous écraser, moi et mon peuple que j'ai rassemblé en ce jour. Originellement, je t'ai appelé, Ellundril, pour que tu me permettes de libérer mon pouvoir, et en ce sens il fallait à tout prix que tu ramènes ma sœur parmi nous. Malheureusement, ce ne sera pas suffisant, car nous avons besoin de temps, pour que je puisse repousser moi-même l'envahisseur, et celui-ci ne me laissera pas le délai nécessaire. Ainsi, mes amis, je suis à nouveau forcée de demander votre aide. J'ai besoin de vous pour mener les miens au combat, et leur permettre de repousser les hordes adverses aussi longtemps que nécessaire. Me rendrez-vous cet énième service ?
Tout d'abord, personne ne répondit, puis Ellundril s'avança et déclara d'une voix forte et claire :
- J'irai au bout de ce combat, Reine Pensée, car je ne suis pas de celles qui abandonnent, alors je te rendrait ce service, et bien d'autres si c'est nécessaire. N'en doute pas.
Ensuite, ce fut au tour de Ludmille de se placer devant :
- Les Ts'lichs sont désormais autant mes ennemis que les vôtres, ils ont tué un de mes matelots, et mon équipage et moi, on leur fera payer au centuple !
Les pirates lancèrent des acclamations enthousiastes suite à la déclaration de leur capitaine, et les Nimurdes applaudirent vigoureusement. Lorsque enfin le calme revint quelque peu, Gogrod prit mentalement la parole :
- Reine Pensée, c'est nous qui vous sommes redevables, car Sentiment nous a libéré d'un esclavage impitoyable, que nous n'avions même pas conscience de subir. Pour cela, nous vous donnerons nos vies si nécessaire, et ce sera avec honneur que nous vous aiderons à combattre et repousser les envahisseurs.
À nouveau, les Nimurdes lancèrent des acclamations mentales et tapèrent dans leur mains en imitant la coutume humaine. Le reste de la journée fut ensuite perdue en conversations et en festivités, et par là, les Nimurdes démontrèrent une fois de plus leur proche parenté avec le peuple des Petits.
Au soir, Ellundril s'arrangea pour s'extraire de la foule, et rassembla autour d'elle ceux qui assumerait les postes de commandement dans la prochaine bataille, ainsi qu'Elivia, qui s'ajouta sans préambule à la réunion. Il fut décidé unilatéralement que les discussions seraient menées mentalement, pour faciliter la chose, et sur ce, Sentiment, Songe, la Reine Pensée, Ellundril, Gogrod, Ludmille et Elivia commencèrent leur conseil stratégique.
- Sentiment et moi, commença la Reine, serons occupées par le rituel de libération de mon pouvoir, qui débutera lorsque la lune sera pleine. Ainsi, ni elle ni moi ne pourrons agir.
- C'est donc l'objectif, répondit le chef Raïs. Empêcher les hordes et les Ts'lichs de vous atteindre avant la fin du rituel. Nous avons l'avantage de connaître la stratégie de l'ennemi, ils vont faire débarquer le plus de guerriers possible dés le début, pour défricher le terrain et entamer la bataille, avant que les Ts'lichs ne mettent à leur tour pied à terre.
- Ils ont déjà un camp avancé sur l'île, interrompit Songe, à la pointe Sud-Est. C'est là qu'ils vont arriver, et ils n'auront pas besoin de défricher quoi que ce soit pour commencer à se battre, car ce travail ils l'ont déjà fait.
- Alors il nous faut prendre ce camp ! Intervint la pirate.
- C'est risqué, il doit y avoir une garnison toute entière, et des Ts'lichs déjà sur place.
- Non, ils ont presque déserté l'endroit, et n'y ont laissé qu'une petite troupe, Corrigea Pensée.
- Alors c'est une aubaine pour nous, avec Gogrod, nous pouvons les rallier à notre cause et cela nous fera d'autant plus d'effectifs pour combattre, car nous en manquons cruellement. Les Nimurdes ne peuvent faire face à une armée en l'affrontant physiquement. Déclara Sentiment.
- Nous ne pourrons en aucun cas les arrêter si ils débarquent en masse, commenta Ellundril. Il faut qu'on les empêche d'atteindre la côte à tout prix.
Un silence suivit cette constatation, puis la malice pétilla dans les yeux de la princesse Nimurde qui s'exclama, ravie :
- Je crois que je connais un très bon moyen pour mettre leur flotte en déroute.
- Nous pourrions construire des catapultes, proposa Elivia, dubitative.
- Oh non, mon idée est bien meilleur ! Lui rétorqua joyeusement la petite fille.
La conversation se poursuivit ainsi durant de longues heures, et bien après que le soleil se fût couché. Ainsi, lorsque l'aube se glissa au travers des feuillages épais, le plan était fin près et le peuple des Nimurdes se mit en action, pour défendre ses terres de l'envahisseur.
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Très loin de l'Île des Nimurdes, Aressadrissgradorias contemplait avec satisfaction depuis un balcon la scène en contrebas. Des milliers de Raïs étaient amassés là, attendant le départ, prêts au combat et à ses ordres, qui marcheraient bientôt sur ses ennemis. Bientôt, la gloire antique des Ts'lichs serait restaurée et lui, il serait le maître incontesté et vénéré de son peuple, le héros qui aurait rétablie la suprématie Ts'lich. Une voix sifflante et essoufflée interrompit le fil de ses pensées :
- Ssseigneur, j'ai tenu à vous informer que Derssaderissgladr n'est toujours pas rentré de sa missssion. Tout porte à croire qu'il a échoué et...
- Tu aurais mieux fait de t'abstenir ! Je me fiche éperdument de ce qui arrive à Derssaderissgladr, c'est un imbécile doublé d'un incapable. Je ne m'attendais nullement à ce qu'il réussisse.
- Bienss sûr, ssseigneur, vous avez raissson.
- Cesse de jacasssser et va dire aux autres que nous partons. Maintenant !
Alors ? Votre avis ?
Petite note : nous approchons bientôt de la fin ! ^^ A bientôt
