Merci ! Merci ! Merci !
40 reviews rien que pour le chapitre précédant ! Je vous aime !
Vous êtes des lecteurs fabuleux, que ce soit ceux qui laissent des reviews, ceux qui sont là depuis le début ou ceux qui arrivent en chemin. Sans oublier les plus discrets qui ne laissent aucunes traces de leur passage mais qui sont quand même au rendez-vous car plus de 80 personnes ont mis cette histoire en alerte et j'en reviens toujours pas. Dire qu'au tout début je pensais que cette histoire allait faire un bide total…Enfin, j'arrête de blablater pour ne rien dire.
La majorité (quasi l'unanimité^^) a choisi la solution numéro deux…donc nous sommes samedi et voici les maths. J'ai quand même évité de mettre des maths dedans car, nous sommes en vacances et, bien que cela soit ma matière préférée (je sais, je suis folle), je me doute que certain ne l'apprécient pas plus que ça.
Wahou ! Je suis bavarde aujourd'hui…donc j'essaye de me taire et je vous laisse lire en espérant que ça vous plaira car moi, j'ai adoré écrire ce chapitre^^
Bonne lecture !
Carlisle
-Rosalie ! Descends ou tu vas nous mettre en retard !
Je regardais ma femme s'égosiller au pied de l'escalier alors que nous attendions que sa fille daigne descendre. Il était déjà 11h03 et nous devions être là pour 11h30. A côté de moi, Emmett tapotait ses doigts sur un meuble de manière particulièrement agaçante.
-Emmett, tu pourrais arrêter ?
-Je vais être en retard papa, gémit-il, c'est mon premier match !
-Je sais mais que veux tu que j'y fasse ? Tant que Rosalie n'est pas descendue, on ne peut pas partir
-Rosalie ! Je veux te voir en bas dans trois minutes ! ordonna Esmé.
-J'arrive !
En se passant une main las dans les cheveux, Esmé se tourna vers Alice et Jasper, qu'on allait laisser seuls tout l'après-midi.
-Bon vous deux. On devrait rentrer pour 17h donc nous serons là pour le souper. Pour midi, il y a des restes à réchauffer dans le frigo. Je vous ai débarrassé la table du salon pour que vous puissiez travailler tranquillement. Vous avez nos numéros de portables en cas d'urgences et…
-Maman ! On n'a pas dix ans, on sait se débrouiller tout seul, la rassura Jasper.
-D'accord mais soyez sages et pas de disputes, d'accord ?
Ils hochèrent la tête d'un air légèrement agacé et Rosalie apparut enfin.
-Génial, on peut y aller maintenant ? s'impatienta Emmett.
-Pourquoi il faut s'habiller en rouge ? se plaignit Rosalie.
-Parce que c'est la couleur de l'équipe, maintenant, on y va ! décida Esmé.
-Merci ! s'exclama Emmett.
Rosalie et Esmé sortirent, et Edward s'apprêtait à les suivre lorsque je lui attrapais l'épaule.
-Attends, tu ne vas pas emporter ce livre ?
-Mais papa…
-Tu vas regarder ton frère jouer au foot alors laisse ce livre ici !
-Papa ! gémit-il, j'en ai rien à faire du foot !
-Laisse-lui son bouquin papa ! Tout ce que je veux, c'est partir !
Je cédais et ils se dirigèrent tout les deux vers la voiture. J'embrassais rapidement Alice sur le front.
-Pas de bêtises et travaillez, recommandais-je, et n'oubliez pas Seth !
-Papa ! m'appela Emmett.
J'attrapais mes clés et me précipitais vers la voiture en regardant ma montre. 11h16, nous avions encore une chance d'arriver à l'heure.
Jasper
Alors que le bruit du moteur disparaissait au loin, celui de la télévision remplit subitement la maison. Je me tournais vers Alice qui s'esclaffait devant des dessins animés, Seth couché à ses pieds. Bon sang, je sens que cette journée va être longue.
-Alice, l'appelais-je timidement en me rendant compte que c'était la première fois que je lui adressais directement la parole alors qu'on vivait ensemble depuis deux plus de deux semaines.
Elle tourna la tête vers moi et la pencha légèrement vers la droite d'un air interrogateur.
-Oui ?
-Tu n'étais pas sensée faire des maths ?
Elle soupira en levant les yeux au ciel.
-Jasper…Jasper…Jasper…Tu as quel âge ? Nous sommes jeunes ! Nos parents nous laissent seuls, on doit s'amuser et se détendre ! C'est écrit dans nos gènes.
-Mais j'ai promis de te faire travailler, argumentais-je.
-Je travaillerais…mais plus tard.
Elle retourna à sa télévision et je me retrouvais planté là, totalement stupide. Je décidais finalement de lui accorder un dessin animé et allais m'asseoir à côté d'elle.
Cinq dessins animés plus tard, elle soupira et éteignis la télévision.
-Y a rien de bien, décida-t-elle avant de se mettre à passer nos DVD en revue.
Finalement elle en choisit un qui racontait l'histoire d'un vampire amoureux d'une humaine, enfin un truc de fille quoi, et l'inséra dans le lecteur. Sans prévenir, j'arrachais la prise.
-Hé ! protesta-t-elle.
-On doit travailler, lui rappelais-je.
Elle me dévisagea, prête à répliquer mais changea finalement d'avis et se contenta de froncer les sourcils, mécontente.
-Espèce de rabat-joie ! grommela-t-elle en allant chercher ses affaires.
Nous nous installâmes sur la table du salon et elle déversa le contenu de son sac dessus. Elle fouilla un peu parmi ses feuilles avant de me tendre la fameuse interro qui nous valait d'être ici. Je l'inspectais rapidement, sentant le désespoir m'envahir légèrement en voyant ses réponses qui n'avaient aucuns sens.
-Bon, qu'est-ce que tu ne comprends pas ?
Elle rit un peu avant de secouer de la tête.
-La question devrait plutôt être « qu'est-ce que je comprends ? ». Tu vois, j'ai même perdu un point parce que je n'ai pas mis mon nom au bon endroit.
Elle en plaisantait mais ça se voyait qu'elle était beaucoup plus affectée par cela qu'elle ne le laissait paraître. Tout le monde dans la maison, même Rose, était d'accord pour dire que ce prof était un connard qui ne devrait pas enseigner. Enfin, maman et Carlisle n'avait pas exactement utilisé ce terme mais c'était tout comme.
-Alors on va tout reprendre depuis le début, décidais-je, qu'est-ce que tu sais des équations ?
-Euh…
Je soupirais longuement avant de me lever.
-Où tu vas ?
-Chercher plus de feuilles, je sens qu'on va en avoir besoin.
J'allais dans le bureau et me mis à fouiller dans les tiroirs à la recherche de feuilles de brouillons et les trouvais finalement sous un tas de croquis d'Alice. Elle était vraiment douée pour le dessin et je me demandais si elle en avait conscience. Je me hâtais de retourner dans le salon avant qu'elle ne retourne devant la télé mais elle n'avait pas bougé. Je la trouvais assise à sa place, en train de jouer avec des crayons de couleurs. Elle les faisait bouger comme s'ils étaient vivants et je pouvais voir ses lèvres bouger presque imperceptiblement. Je souris devant ce spectacle et m'approchais en silence.
-Qu'est-ce que tu fais ? lui demandais-je sans prévenir.
Surprise, elle sursauta et rougit légèrement. Je me rassis à côté d'elle et attrapais un de ses crayon, le vert.
-Rien d'important, marmonna-t-elle.
-Ca avait pourtant l'air amusant.
Elle m'observa d'un air songeur puis se décida à m'expliquer.
-C'est un jeu que j'ai inventé quand j'étais petite. Tu sais, pour faire passer le temps en classe. Ca c'est la famille crayon, dit-elle en désignant ceux qui trônaient sur la table, tu leur donne un rôle et tu les fais vivre. C'est bon, tu peux te moquer.
-Pourquoi ? C'est mignon, tu me les présentes ?
Elle sourit et ses yeux s'illuminèrent comme un enfant devant le Père Noël.
-Le gris, c'est le père. Je ne leur donne pas de nom parce que c'est trop compliqué. Le bleu, c'est le fils aîné, partit à l'université, et l'orange, c'est sa fiancée. Le mauve, c'est la fille aînée et le rose et le jaune, ce sont les jumelles. Et puis tu as le petit dernier que tu tiens en main. Oh ! J'ai faillis oublier le chat et le chien, ajouta-t-elle en sortant son taille-crayon et sa gomme.
-Il n'y a pas de mère ? m'étonnais-je.
Son visage s'assombrit et elle serra les poings.
-Non. Il n'y a jamais de mère.
Je ne répondis rien, voyant que c'était un sujet qu'elle ne souhaitait pas aborder. Je fus plus que surpris quand elle enchaîna d'elle-même.
-Je ne saurais pas comment la faire réagir, murmura-t-elle, je n'en ai jamais eu alors je n'ai aucune idée de comment ça agit.
Elle détourna la tête et je pus deviner qu'elle tentait de ne pas pleurer. J'avais envie de me frapper pour avoir posé cette stupide question. Dans une tentative hésitante de réconfort, je posais ma main sur son épaule sans trop savoir quoi dire. J'avais peur de faire plus de mal que de bien. Finalement, ce fut elle qui brisa le silence gêné qui nous entourait.
-Il te manque ?
-Qui ? répondis-je sans comprendre.
-Ton père, souffla-t-elle.
-Oh…
Mon père…Ca faisait longtemps que je n'avais plus pensé à lui tiens. Pourtant, sa photo était toujours au fond de la poche de mon blouson, seul le blouson changeait au fil des années.
-Tu n'as pas obligé de répondre, ajouta-t-elle devant mon silence.
-Je ne sais pas. Avant, oui il me manquait. Je me demandais pourquoi il nous avait abandonné, je pensais que c'était de ma faute à moi. Que j'avais fait quelque chose de mal pour qu'il ne m'aime pas. En grandissant, j'ai compris que c'était lui qui avait fait quelque chose de mal, qu'il avait fait souffrir ma mère, autant physiquement que moralement. Mais malgré tout, je continue à l'aimer. Parce que c'est mon père ou parce que c'était la seule présence masculine qui, même absente, faisait partie de ma vie. Mais s'il réapparaissait aujourd'hui, je n'ai aucune idée de la manière dont je réagirais.
-Au moins, toi il peut réapparaître.
-Et ta mère, elle te manque ? demandais-je en lui retournant sa question.
-Toujours. Il ne se passe pas une seconde sans que je pense à elle. Je n'arrête pas de me demander comment serait ma vie si elle n'était pas tombée malade. A quoi elle ressemblait…
-Mais tu es des photos, non ?
-Oui, mais ce que je voudrais savoir, c'est son caractère. Ce qu'elle aimait, ce qu'elle détestait. Ses petites manies. Connaître son odeur, le son de sa voix,…L'entendre me chanter une berceuse, me lire une chanson, me gronder. Je donnerais n'importe quoi pour que ma mère me punisse. A chaque fois que j'entends une fille se plaindre de sa mère qui l'empêche de vivre, j'ai envie de lui hurler à la figure qu'elle ne se rend pas compte de la chance qu'elle a d'avoir une mère. De pouvoir lui raconter ses soucis avec ses amies, ses peines de cœur, lui demander des conseils lorsque son corps change…Etre une fille entourée de garçons, tu n'imagines même pas à quel point c'est dur.
Je laissais échapper un petit rire.
-Oh si, j'imagine. J'ai grandi entouré par des filles. Ma mère, ma sœur, leurs amies, ma tante, la voisine,…Que des femmes. En fin de compte, on est plus semblable qu'il n'y parait.
Ce fut à son tour de rire.
-C'en est presque effrayant, conclut-elle. Bon, monsieur le psychologue, n'étions-nous pas censés faire des maths ?
Alice
Cela faisait un peu plus de deux heures que nous travaillions et je devais admettre que Jasper était plutôt de bonne compagnie. Et puis surtout, j'avais découvert quelque chose d'incroyable : Les maths, ça a du sens !
Je le regardais à présent corriger les derniers exercices qu'il m'avait donnés à faire, un peu anxieuse. Il m'avait menacé que si je ne réussissais pas tout sans faute, il m'en donnerait une nouvelle série de dix. Je commençais à être fatiguée moi !
-Alice, commença-t-il sur un ton grave, tu as une erreur.
Je m'affaissais sur ma chaise, dépitée. J'allais faire une overdose de maths !
-Mais ce n'est qu'une petite erreur de signe, sourit-il, tu as bien travaillé, tu mérites une pause.
-C'est vrai ? m'écriais-je, oh merci Jazz !
Nous nous figeâmes en même temps, tous les deux aussi surpris que j'aie utilisé le surnom que Rosalie était la seule à employer. J'attendais sa réaction avec inquiétude. Qu'allait-il faire ? M'interdire de l'appeler comme ça ? Redevenir distant comme avant ? Changer d'avis et quand même me donner dix autres calculs à résoudre ? Alors que je priais intérieurement pour que ce ne soit pas la dernière proposition, il me sourit gentiment.
-De rien. Je meurs de faim, pas toi Lilice ?
Il insista bien sur le dernier mot et je compris que c'était sa manière de me permettre de l'appeler par son surnom. A ma plus grande surprise, j'eus l'impression que mon cœur explosait de joie et c'est avec un immense sourire que je lui répondis.
-Si, je mangerais un cheval !
Je me ruais dans la cuisine et ouvrit le frigo en grand. Il était plein à craquer et je me servis en abondance des divers plats qu'Esmé nous avait préparé. Il y en avait assez pour tenir une semaine mais bon, avec Emmett il n'y aura plus rien d'ici demain. Les bras pleins, je me retournais pour me retrouver nez à nez avec Jasper qui semblait plutôt contrarié.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demandais-je en le contournant pour déposer mes victuailles sur la table.
-Je croyais que tu n'aimais pas la cuisine de ma mère, répondit-il en fronçant les sourcils.
-Au début, c'était le cas, expliquais-je en séparant ce qui était à réchauffer de ce qui se mangeait froid, mais je m'y suis habitué et maintenant, je l'adore !
-Alors pourquoi tu continues à agir comme si c'était dégueulasse ?
-Sais pas, éludais-je en haussant les épaules.
Alors que je me dirigeais vers le four à micro-ondes, il se planta devant moi, l'air pas content.
-Et tu ne t'es jamais dit que ça pouvait blesser ma mère ? s'énerva-t-il, que ce qu'elle voulait c'était vous faire plaisir à toi et à tes frères en vous préparant vos plats préférés et que tout ce qu'elle récoltait, c'était des « Beurk » dégoûtés et même pas sincères ?
Je ne répondis rien, un peu honteuse de mon comportement vis-à-vis d'Esmé. Sorti de sa bouche, c'était tout de suite moins drôle et même carrément méchant.
-Désolée, marmonnais-je, je ne me rendais pas compte que…
Il se radoucit et me pris mon plat des mains.
-Bon, on mange ? Parce qu'on a encore les inéquations à faire après.
Je poussais un gémissement et il éclata de rire devant mon air de martyre. Ensuite, on termina de préparer le repas et on mangea en discutant de tout et de rien. Je me sentais bien avec lui. Il m'apportait la même sensation protectrice que mes frères mais continuait en même temps à posséder l'arôme de l'étranger qu'on vient de rencontrer et à qui on a moins d'hésitation à déballer ses sentiments. De plus, il dégageait quelque chose de plus, que je n'arrivais pas à cerner mais qui m'attirait irrésistiblement vers lui. La sonnerie du téléphone nous interrompit et il se leva pour aller répondre.
-Un dollar que c'est ta mère qui vérifie que tout va bien, pariais-je.
-Tenu.
Il attrapa le combiné d'une main experte et décrocha.
-Allô ?...Oh maman…
Je lui souris en tendant ma main. Il fouilla dans sa poche et en ressortit un billet froissé qu'il fourra dedans.
-Oui…oui tout se passe bien …oui on était justement en train de manger…oui on a travaillé…non, aucun de nous n'a tué l'autre…
En disant cela, il me lança un regard amusé. Tout le monde pensait qu'on allait s'entretuer pendant cette journée et ce matin encore, j'en étais certaine aussi. Pourtant, on s'entendait à merveille Jasper et moi. Alors qu'il était accroché à son combiné, j'en profitais pour mieux l'observer. Ses cheveux blonds comme le miel était plutôt long pour un garçon et encadrait parfaitement son visage. Ses yeux bleus comme le ciel donnait l'impression de me sonder totalement à chaque qu'il me regardait. Niveau carrure, il était parfait. Pas aussi grand et musclé qu'Emmett mais déjà plus qu'Edward…Le juste milieu. Alors qu'il haussait les sourcils à une réflexion de sa mère, je remarquais qu'une fine cicatrice traversait le gauche. Totalement perdue dans mes pensées, je me demandais ce qui avait pu lui arriver quand sa voix devint d'un coup plus hésitant.
-Euh…oui on a bien surveillé Seth…Oui il va bien…Maman !...Alice est là, comment aurait-on pu l'oublier ?
Oh merde…Seth…
Jasper raccrocha enfin le téléphone et se tourna vers moi, un air un peu paniqué sur le visage.
-Dis-moi qu'il est bien tranquillement dans son panier.
Je secouais la tête et nous nous précipitâmes tous les deux vers l'escalier. Après un rapide petit tour des chambres, on le trouva installé comme un pacha dans le lit d'Edward.
-Seth ! le grondais-je, tu n'as pas le droit de monter sans nous !
Il gémit un peu avant de me lécher la main, ses yeux implorant mon pardon. Pardon que je lui accordais immédiatement bien entendu.
Après un rapide tour de la maison, il s'était révélé que Seth avait testé tous les lits avant d'élire celui d'Edward comme le plus confortable. Ce qui ne l'avait pas empêché de baver dans le mien et celui de Jasper. Il avait également fouillé dans les vêtements sales des parents, arracher quelques pages d'un livre d'Edward et finalement, il avait dévoré toute la réserve de savon.
-Bon, organisa Jasper, on refait tous les lits et on aspire celui de Rose et de nos parents, le linge, ce n'est pas grave. Le livre, tu le dissimules et on prie pour qu'il ne s'en rende pas compte avant plusieurs semaines. Le savon…je ne sais pas.
-T'inquiète pas. On aura qu'à accuser Emmett.
Il resta perplexe devant cette idée mais ne fit aucun commentaire. De toute manière, c'était la seule solution qu'on avait.
Nous étions en train de secouer les draps lorsque l'idée que la bave de Seth sur les siens le dérange me vint à l'esprit. Moi, j'avais l'habitude mais lui…
-Dis, à propos de la bave, si tu veux qu'on les lave vite fait…
-Non, ça va. J'aime les animaux et un peu de bave n'a jamais tué personne.
-Ca a du être horrible de grandir avec ta sœur si tu aimes réellement les animaux.
Son visage se ferma devant ma remarque.
-Rosalie a ses raisons, déclara-t-il froidement, elle n'est pas aussi horrible et sans-cœur que vous semblez le croire.
Je ne répondis rien, après tout c'était sa sœur et je n'avais aucune envie de me disputer avec lui à cause d'elle. On termina rapidement notre petit ménage imprévu et il me força à retourner faire des maths malgré mes cris d'agonie. Cette fois, Seth était bien sagement couché à nos pieds et vu la manière qu'avait Jasper de le caressé inconsciemment, il aimait réellement les animaux.
A cause des maths, il fallut du temps à mon cerveau pour aligner les données mais…Jasper était beau, blond aux yeux bleus, intelligent, grand, musclé, gentil, il aimait les animaux et avait un sourire magnifique. C'était la description identique à celle que j'avais fait de mon prince charmant quand j'avais dix ans.
Jasper
-Allez, encore un et je te libère.
Alice gémit mais se pencha tout de même sur le dernier exercice que je lui avais concocté. J'adorais la regarder travailler, admirer la petite ride de concentration qui apparaissait sur son front et la voir plisser le nez à chaque difficulté qu'elle rencontrait. Au bout de dix minutes, elle me tendit sa feuille, triomphante.
-Fini ! s'exclama-t-elle.
-Une seule faute et on recommence tout à zéro, la taquinais-je en prenant sa feuille.
Elle me tira la langue de manière très puérile et je vérifiais rapidement sa réponse avant de la regarder, le visage impassible.
-Alors ! s'impatienta-t-elle.
-Alors tu vas exploser tous les scores à la prochaine interro.
Elle me sauta au cou.
-Merci ! s'écria-t-elle, t'es le meilleur !
Je ris nerveusement, un peu mal à l'aise de ce contact physique inattendu. Elle me relâcha et se précipita sur la télécommande.
-C'est génial, il y a une rediffusion du défilé de mode à Paris juste maintenant !
Je soupirais en m'écroulant à côté d'elle, pas le moins du monde intéressé par la mode mais je n'avais pas envie de la contrarier. Alors que le présentateur commentait la dernière création de quelque au nom imprononçable, Alice m'observa en se mordillant la lèvre.
-Tu vois regarder autre chose ?
Je me redressais, surpris. De toute ma vie, c'était la première fois que quelqu'un s'intéressait à mon avis. Même Rose ou maman oubliaient souvent que je n'étais pas forcément du même goût qu'elle.
-Ben, balbutiais-je encore surpris de son attention, je sais qu'il y a un documentaire d'histoire mais si tu n'aimes pas…
-Non, ça va t'inquiète, m'assura-t-elle avec une petite grimace qui la contredisait.
-C'est pas grave, remets ton défilé.
-Je l'ai déjà vu de toute manière, le documentaire c'est très…
-Tu vas t'ennuyer, remets ton défilé !
On se dévisagea longuement avant de tous les deux éclaté de rire. Notre dispute était stupide et ne menait à rien.
-On ferait mieux de trouver un truc qui nous convienne à tous les deux, déclarais-je en attrapant le programme TV.
Alice attendait alors que je le feuilletais rapidement. Soudain, un titre me sauta au visage.
-Alice, je crois que j'ai trouvé un truc qui pourrait nous intéressé. Ca s'appelle « Mariés, huit enfants ».
-Résumé ?
-Carrie est veuve et a quatre enfants. Jim est veuf, et il a également quatre enfants. Ils s'aiment depuis un an, et, sur un coup de tête, se marient lors d'un week-end à Las Vegas. De retour chez eux, ils prennent la décision de vivre sous le même toit. Mais comment vont cohabiter leurs familles respectives ?
Elle me dévisagea, surprise.
-Tu rigoles, ça ne peut pas exister un film pareil !
-Je te jure ! Regarde par toi-même.
Je lui tendis le magazine et je vis ses yeux s'écarquiller au fur et à mesure qu'elle lisait le résumé. Finalement, elle le posa brusquement sur la table, les yeux brillants.
-Je veux le voir ! déclara-t-elle en mettant la bonne chaine.
Alice
Le film était divertissant mais à part l'idée de base, il n'avait rien en commun avec notre vie. Bon, c'était des parents qui s'étaient mariés à Las Vegas après avoir trop bu. Ensuite, ils forcent leurs enfants à habiter ensemble avant qu'ils se connaissent. Et la famille du père possède un chien. Fin de la comparaison ! Après, ils n'ont plus rien à voir avec nous ! Quoique, j'aimais bien la réaction de Lily de s'enfermer dans la salle de bain…j'aurais du faire la même chose ! Mais sinon, les enfants du film étaient des dégonflés même pas capables de tenir tête aux autres.
Maintenant que le film était terminé et que les autres allaient rentrer d'une minute à l'autre, il me restait une chose à faire.
-Jasper ? On peut parler ?
-Bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ?
Je me triturais les doigts, n'ayant pas vraiment envie de dire ce que j'allais dire.
-Ben tu vois, j'ai passé une super journée avec toi…j'aurais jamais cru que je pourrais autant t'apprécier mais…
Il attendit que je continue et m'encouragea avec un léger sourire.
-Ca n'a rien à voir avec toi mais je pense que ce serait mieux si on faisait comme si rien ne s'était passé.
-Mais rien ne s'est passé Alice.
-Je sais…c'est juste que…je déteste ta sœur et elle me déteste. Si elle découvre qu'on s'entend bien, elle le prendra mal et puis, j'ai pas trop envie que mes frères sachent que j'ai pactisé avec l'ennemi.
Une expression blessée apparut sur son visage et il baissa les yeux.
-Tu es en train de dire qu'on devrait faire comme si on se détestait ?
-Pas se détester…juste s'ignorer, comme avant.
Son expression triste me brisa le cœur mais j'étais lancée désormais.
-Pense à la réaction de ta sœur…et à nos parents. Cela pourrait leur donner des faux espoirs sur notre future entente.
-Tu dois avoir raison, soupira-t-il sur un ton résigné.
Il semblait vraiment triste et je sentis mon cœur se déchirer. Je n'avais jamais eu l'intention de lui faire du mal.
-Mais tu sais, j'ai des difficultés en histoire, tentais-je avec un sourire, peut-être qu'on pourrait se réorganiser un samedi d'étude ensemble ?
Il me rendit mon sourire et je fus soulagée de ne pas l'avoir blessé. Au même moment, on attendit le moteur de la voiture rugir dans l'allée. Après avoir échangé un rapide regard avec Jasper, je remis la chaîne de mon défilé alors qu'il attrapait un bouquin. Ainsi, tout ce que les autres verraient en entrant, c'est deux adolescents qui s'ignoraient totalement, l'une prise par la télévision et l'autre plongé dans son livre.
-Tout s'est bien passé ? demanda Esmé en entrant.
-Ca aurait pu être pire, répondis-je en haussant les épaules.
Seuls Jasper et moi comprenions le double sens de cette phrase. Certes, cela aurait pu être pire mais jamais cela n'aurait pu être mieux.
Alors alors alors ?
Vous avez vu ? Je vous ai révélé (en première mondiale !) d'où m'est venue l'idée de cette histoire. En fait, un jour que je m'ennuyais, je me suis demandé comment j'en étais arrivé à cette histoire et je me suis rappelée de ce film que j'avais vu sur TF1 il y a environ 1 an. Je me suis dit que ça serait marrant de l'insérer dans l'histoire^^
Pitié laissez une review, je meurs d'envie de savoir ce que vous en pensez…
