Bon, je sais, j'ai sauté une semaine. Encore désolée ! Mais en compensation, voici un chapitre très long.

A propos de ce chapitre et de tous ceux concernant le bal, je voulais aussi vous prévenir que je vais m'abstenir de toute description de robes, chaussures, coiffures ou autres. Vous aurez peut-être remarqué que je ne mets jamais de description de leurs tenues. Il y a une raison à cela, c'est que ne m'y connaissant absolument pas dans ce domaine, je préfère me taire que de dire des bêtises. Enfin, voilà, je préférais juste vous prévenir et puis de toute manière, votre imagination palliera parfaitement à ce petit détail^^

Comme toujours, un énorme merci aux revieweuses et bonne lecture !


Alice

Je raccrochais le téléphone et me précipitais dans le salon, où Edward regardais la télé avec Emmett, tel un gros pacha.

-Edward ! criais-je à moitié hystérique, elles arrivent dans trois minutes alors j'espère que tu es prêt !

Il grogna en guise de réponse, toujours en colère contre moi pour devoir garder Nessie. Mais je n'avais pas le temps de me chamailler avec lui, nous avions déjà une demi-heure de retard sur notre horaire. Pourtant, tout était parfaitement planifié. Kate et Tanya devaient venir me prendre moi et Edward avant d'aller chercher Bella et ainsi déposer mon frère par la même occasion. Nous étions parfaitement dans les temps jusqu'à ce que la mère des Denali vienne tout gâcher. Leur petite sœur, Irina, était punie et n'avait plus le droit de rester seule à la maison. Il avait donc fallu la convaincre de nous accompagner, ce qui n'avait pas été aisé puisqu'elle était également privée de bal. Une fois convaincue, il avait fallu convaincre sa mère de la laisser sortir. Mais maintenant, tout était arrangé.

On sonna à la porte et je poussais un petit cri d'excitation alors qu'Esmé allait ouvrir. J'éteignis la télé sans prévenir et tirais mon frère par le bras, sans faire attention à ses protestations.

-Bonjour madame Cullen.

-Bonjour les filles, vous voulez entrer boire quelque chose ? proposa Esmé.

-Non ! On n'a pas le temps ! m'écriais-je en poussant tout le monde dehors.

On s'installa dans la voiture en silence et je me retrouvais à côté de la fameuse Irina. Elle ressemblait fort à ses sœurs, bien que ses cheveux soient légèrement plus clairs, presque argentés. Elle nous fusilla tous du regard, comme si on était responsable de sa punition. Kate démarra ensuite le moteur et nous fûmes chez Bella en moins de deux minutes.

-On revient tout de suite, déclarais-je en sautant hors du véhicule, entrainant mon frère par la même occasion.

Je me mis à frapper sur la porte, impatience.

-Alice, tu vas finir par la casser.

-BELLA ! hurlais-je en ignorant mon frère. Ouvre cette porte ! On est déjà en retard sur notre planning !

Cette stupide porte finit par s'ouvrir et Bella apparut, Nessie à ses côtés.

-Alice, je suis vraiment obligée de…, gémit mon amie avant d'apercevoir Edward et de devenir toute rouge.

-Alice ! s'écria la petite en me sautant au cou, pourquoi je peux pas venir avec vous ? J'ai pas envie de rester avec lui, je l'aime pas.

-Mais enfin Nessie, tu sais bien que j'ai besoin que tu fasses tu-sais-quoi pendant que je suis avec tu-sais-qui pour que la réalisation du plan 93 s'accomplisse.

-Ah oui, le plan 93 avec tu-sais-qui et tu-sais-quoi !

Edward et Bella nous regardèrent avec des yeux ronds, puis leur surprise se transforma en suspicion. Je pris un petit air angélique et un coup d'œil vers Nessie m'apprit qu'elle faisait de même. J'adorais cette gamine !

-Bon allez, on y va ! A plus Ed' !

J'attrapais Bella par le bras et la poussais littéralement dans la voiture avant de m'asseoir à côté d'elle.

-Tout le monde est prêt ? demanda Kate. C'est parti pour une des plus grosses journées shopping de l'humanité !

Edward

Je haïssais ma sœur. Elle et ses idées stupides et complètement irréalisable. Comment veut-elle que moi je garde une fillette ? Elle est totalement cinglée ! Sans compter ce qu'elle lui avait dit juste avant de partir. Je ne sais pas ce qu'Alice mijote, mais je suis sûr d'une chose, ça ne présage rien de bon !

Je me forçais à sourire et me tournais vers la petite sœur de Bella, qui me fixait, un grand sourire sur le visage.

-Alors…euh…Nessie, c'est ça ? bafouillais-je.

-Ouais, et toi c'est Edward. On s'est vu au match que ton frère a perdu. Tu te rappelles ?

Elle m'observait de ses grands yeux chocolats, exactement les mêmes que ceux de Bella, ce qui provoqua une sensation étrange au fond de mon estomac.

-Ouais je me souviens, tu étais avec ton père.

-Viens, je vais te faire visiter.

Elle m'attrapa la main et me tira à l'intérieur de la maison, vers ce qui semblait être le salon.

-Alors ici c'est le salon, là c'est le fauteuil, là la télé, là c'est la table basse avec le plateau repas de papa et les magazines. Là c'est la cheminée avec des décorations. Ca c'est une bougie, ça un vase avec des fleurs rouges, ça c'est…

Bon sang, elle allait vraiment tout me détailler ?

-Oh, là il y a ma mallette !

Elle se précipita sur la mallette en question et sortit ses affaires.

-Ca c'est mon cours de maths, celui de français, mon cahier de brouillons, mon plumier !

Alors qu'elle ouvrait le fameux plumier et que je sentais venir la présentation détaillée de son contenu, je me décidais à intervenir.

-Nessie, je connais tous ces objets, j'ai les mêmes chez moi.

Une petite moue apparut sur son visage et elle posa ses poings sur ses hanches en me jetant un regard malicieux.

-Ah oui ? Alors va dans la cuisine et trouve moi deux bol.

-Fastoche.

Je me dirigeais vers la cuisine, que je trouvais du premier coup et me retrouvais face à des tonnes de placards et de tiroirs. Bon, il faut trouver le bon maintenant. Nessie se tenait derrière moi, un léger sourire sur les lèvres. Je choisis un placard au hasard et l'ouvris…Des casseroles.

-Raté, murmura Nessie.

Je tentais ma chance avec celui d'à côté et découvris un tiroir à l'intérieur du placard.

-Encore raté mais sors des cuillères tant que t'es là. Une grande et deux petites.

J'entendis une porte s'ouvrir et me retournai. Elle se tenait devant le frigo, un pot de glace au chocolat dans les mains. En voyant que je l'avais démasquée, elle me fit un sourire angélique et alla s'asseoir à table.

-Alors ces bols, ils arrivent ? Ca va fondre si tu traines. Essaye la porte à ta gauche.

Je ne pus retenir un sourire devant son petit stratagème et sortis les deux bols du placard qu'elle m'avait désigné avant d'aller la rejoindre à table.

-Pourquoi t'as un plâtre ? demanda-t-elle soudain tout en se servant généreusement en glace.

-Je me suis battu à l'école, marmonnais-je.

Je n'avais aucune envie d'aborder ce sujet. Déjà que ce maudit plâtre était là tous les jours pour me le rappeler. Mais cette gamine semblait bien se moquer de mes envies.

-Ah oui ! s'exclama-t-elle. A cause des photos, et puis vous avez été punis et votre papa a giflé Alice alors elle est venue dormir chez nous. Et toi tu t'es battu avec Leah, la copine à Rosalie, et elle t'a cassé le poignet alors tu peux plus faire de piano avec Tanya, la blonde qui était au match et qui est amoureuse de toi.

-Comment tu sais tout ça ? C'est Alice qui te l'a raconté ?

-Non, elle l'a dit à Bella.

-Et Bella t'as tout répété ? m'étonnais-je.

Elle n'avait pourtant pas une tête à trahir les confidences qu'on lui faisait. Et puis, c'était quoi cette histoire de Tanya amoureuse de moi ? C'était vraiment du grand n'importe quoi, on était juste amis. A moins que…

-Ho non, Bella elle ferait jamais ça.

Elle parut songeuse quelques instants puis elle plongea ses grands yeux dans les miens.

-Si je te confie un secret, tu le diras jamais à personne ? Surtout pas à ma sœur ?

-Juré.

-Il y a la conduite d'aération entre ma chambre et celle de Bella et si je l'ouvre, j'entends tout ! avoua-t-elle avec un grand sourire, d'ailleurs ma sœur, elle parle souvent toute seule et elle parle en dormant aussi. Et tu sais ce qu'elle n'arrête pas de répéter dans son sommeil depuis quelques semaines ?

-Non, comment je le saurais ?

-Elle arrête pas de dire « Oh Edward, mon Edward… »

Elle pouffa en prenant une grande cuillère de glace, fière de son effet. De mon côté, je sentais mes joues se mettre à chauffer de manière incontrôlable alors qu'une drôle sensation de contentement naissait au creux de mon estomac.

-Tu rougis exactement comme Bella quand on lui parle de toi ! s'écria Nessie. Alice avait raison, toi aussi t'es amoureux d'elle !

-Pas du tout ! protestais-je sans réfléchir.

-T'es un menteur et t'es amoureux ! clama-t-elle en tapant dans ses mains. Vous allez vous marier et moi je serais la marraine de vos enfants !

Elle se mit à sautiller sur place alors que je bafouillais des trucs incohérents. Puis, sans prévenir, elle se figea et me lança un regard quasi meurtrier.

-Mais si jamais tu fais du mal à ma sœur, me menaça-t-elle avec une voix effrayante, je te jure que je t'arracherais les yeux et que je te les ferais manger. Et puis mon papa il va prendre son revolver et te tirer dans le cœur avec. C'est clair ?

Je déglutis, effrayé par le fait qu'une fillette de neuf ans puisse m'effrayer et hochai la tête lentement. Elle parut satisfaite et son visage redevint joyeux et amusé.

-Tu sais quoi ? Je t'aime bien finalement.

Elle jeta un regard à l'horloge et son visage s'éclaira encore plus.

-C'est l'heure ! chantonna-t-elle.

-L'heure de quoi ? demandais-je alors que la sonnette de la porte d'entrée retentissait.

Sans prendre la peine de me répondre, Nessie sautilla jusqu'à la porte d'entrée et l'ouvrit, dévoilant un jeune garçon d'à peu près son âge. Il était un peu plus grand qu'elle, avait les cheveux et les yeux noirs et la peau mâte caractéristique des Quileutes.

-Jacob ! s'écria Nessie en lui sautant au cou.

Bella

Pitié Seigneur, sortez-moi d'ici ! Je suis prête à vendre mon âme au diable pour sortir de cet enfer !

Nous étions à Port Angeles et Alice nous trainait de boutique en boutique, et s'était amusée à refaire entièrement ma garde-robe jusqu'à présent. Elle m'avait donc acheté trois jeans, après m'avoir forcé à en essayer une bonne vingtaine, je le précise !, ainsi que plusieurs blouses, des T-shirt avec des décolletés plus qu'effrayant et deux jupes, dont une tellement courte qu'elle ferait rougir une prostituée. Sans oublier la petite robe bleue pâle sur laquelle Alice s'est extasiée pendant presque vingt minutes avant de me forcer à l'essayer. Certes, j'aurais pu refuser mais Alice avait un argument de choc. « Je suis certaine que ça plairait à Edward». Quoique, elle me le sortait tellement souvent que je commençais à douter de sa sincérité.

Et le pire dans tout ça, c'était que les sœurs Denali, après avoir fouiné quelques minutes après un truc pour elles, s'amusait à regarder ma meilleure amie me torturer, l'aidant même de temps à autre ! Après avoir réglé nos achats, nous nous retrouvâmes à nouveau dans la rue, des sacs plein les bras.

-Bon, on va où maintenant ? demanda Tanya, on va acheter les chaussures ?

-Absolument pas ! s'écria Alice, aussi horrifié que si elle venait de l'insulter. D'abord, la robe, ensuite les chaussures assorties et enfin le maquillage et les accessoires pour aller avec le reste.

-Direction le magasin de robe alors ! s'exclama Irina.

Elle en avait eu marre de râler au bout de quelques minutes et s'était révélé être une fille sympa et amicale. Elle se mit à discuter joyeusement sur la dernière paire d'escarpins que Je-sais-pas-trop-qui venait de sortir avec Alice et Kate. Tanya vint marcher à côté de moi et me sourit gentiment.

-Ca va ? Tu n'as pas envie de t'enfuir en courant ?

-Un peu, admis-je en rougissant légèrement.

Tanya me faisait un effet étrange. Elle était super gentille et venait souvent me parler à l'école, mais je n'arrivais jamais à me détendre en sa présence. A force d'y penser, j'avais fini par conclure que c'était parce qu'elle tournait trop autour d'Edward et que je la considérais comme une menace, ce qui au fond était plutôt méchant étant donné qu'elle n'avait absolument rien fait.

-Tu sais quoi ? Dès que tu n'en peux plus, tu me fais un signe et je t'aiderais à fuir.

-Merci, soufflais-je.

Nous avançâmes de quelques mètres sans rien dire d'autre puis elle brisa le silence.

-Bella ? Si je te pose une question, tu y répondras honnêtement ?

-Bien sûr.

-Edward…est-ce que tu es amoureuse de lui ?

Je me sentis devenir rouge écrevisse alors que mon cœur accélérait dangereusement. Pourquoi elle me demandait ça ? Et pourquoi maintenant ? Est-ce qu'elle allait me dire que je n'avais aucune chance avec lui – ce qui était sans doute vrai – et qu'il valait mieux que je disparaisse ? Ou alors, pour supprimer toute menace, elle allait me poignarder ici, devant tout le monde ?

Bon, ça va Bella, tu deviens parano. Respire doucement et réponds honnêtement à sa question comme tu l'as promis.

-Oui, admis-je dans un murmure.

Elle ne broncha pas mais parut songeuse. J'attendais qu'elle dise ou fasse quelque chose. Je m'attendais presque à ce qu'elle sorte un poignard de son sac.

-Tu sais, reprit-elle à voix basse, c'est nulle la vie. On aurait pu devenir amie depuis longtemps mais je n'ai jamais fait attention à toi. Et finalement, on se rencontre grâce à un garçon dont on est toutes les deux amoureuses.

Sa dernière phrase m'arracha le cœur. Si elle aussi aimait Edward, je n'avais absolument aucune chance. Qu'est-ce que j'étais face à elle ? Banale, voire moche alors qu'elle était plus que belle.

-Bella, on va conclure un marché. C'est Edward qui fera son choix, évidemment, mais quoiqu'il choisisse, on restera amie.

Je n'étais même pas au courant qu'on était amie. Pendant quinze ans, je n'avais eu aucune amie, excepté ma petite sœur. Les Cullen ont débarqué et j'ai des amis à tous les coins de rues. La vie peut vraiment être étrange parfois.

-Bien évidemment qu'on restera amie, répondis-je avec un soudain aplomb qui m'était étranger.

-Génial ! s'écria Alice en surgissant de nulle part. Comme ça, peu importe le choix que mon frère fera, je n'aurais pas à choisir entre l'une de vous. Mais Tanya, ça ne te dérange pas si je donne un petit coup de main à Bella pour remporter le cœur d'Edward ?

-Aucun souci.

-Fantastique ! Bon, maintenant, direction le magasin de robe !

-Attends ! l'arrêta Kate. En tant qu'aînée, je me dois de veiller à ce que tout se passe bien et une question me turlupine depuis tout à l'heure. Comment tu fais pour payer ?

-Oh…comment j'arrive à tout payer, répéta Alice sur un ton mystérieux, et ben vois-tu, c'est très simple. Je possède trois cartes de crédits. La mienne, celle de mon père et celle du père de Bella. Ce sont eux qui payent.

-La carte de mon père ? Mais…

-Voyons Bella, tu ne savais pas que j'avais un soldat infiltré dans ta maison ?

-Tu as demandé à ma petite sœur de neuf ans de voler la carte de crédit de notre père ?

-Bella ! s'écria-t-elle, outrée. Comment peux-tu penser ça ? Je lui ai simplement donné des arguments imparables.

Je plissais les yeux, pas vraiment convaincue. Mais bon, j'avais d'autres soucis en tête. Notamment de savoir quand ce supplice allait se terminer.

Edward

Le dénommé « Jacob » leva la tête et me lança un regard noir.

-C'est qui lui ? demanda-t-il froidement.

-C'est Edward, l'amoureux de Bella même s'il le sait pas encore.

-Edward Cullen ?

La manière dont il avait prononcé, presque craché, mon nom m'indiqua que pour une raison inconnue, ce garçon ne me portait pas dans son cœur. Il me fusilla du regard avant de se tourner vers Nessie et de lui prendre la main.

-Et toi, on peut savoir qui tu es ?

-C'est mon amoureux Jacob, me répondit Renesmée, regarde il m'a offert ça. C'est comme une bague de fiançailles pour les indiens.

Elle me montra son poignet droit orné d'un bracelet tressé avant d'embrasser Jacob sur la joue.

-Viens, on va jouer dans ma chambre.

Avant que je puisse dire quoique ce soit, ils partirent en courant dans l'escalier et disparurent de mon champ de vision. J'allais tuer Alice. Non seulement j'étais forcé de garder une fillette que je ne connaissais même pas, mais en plus son copain avait rappliqué. Et dire que je n'étais même pas payé.

N'ayant rien d'autre à faire, je m'assis dans le fauteuil, hésitant à allumer la télévision. Après tout, je n'étais pas chez moi. Je choisis de profiter du silence m'installai plus confortablement en laissant mon esprit dériver.

La petite voix malicieuse de Nessie s'infiltra sournoisement dans mes propres pensées. « C'est l'amoureux de Bella ». Toujours cette même phrase qui tournait en boucle dans ma tête. Le pire, c'est que je commençais à me demander si cette gamine n'avait pas raison. Mais si j'étais amoureux, je serais le premier au courant, non ?

Ou alors, je n'étais qu'un imbécile, comme aimait le répéter mon frère et ma sœur, qui ne se rendait même pas compte de ses sentiments. C'est vrai quoi, j'avais seize ans et je n'avais jamais ne serait-ce qu'embrasser une fille. Emmett aimait bien me le rappeler d'ailleurs. Peut-être qu'il y avait quelque chose de détraqué en moi étant donné que je n'avais même pas envie de faire quoique ce soit avec une fille. Mais si Alice avait encore raison et que j'étais amoureux de Bella ?

-Edward !

Je redressais la tête et aperçus Nessie et Jacob qui me faisaient face.

-Tu t'ennuies pas tout seul ? me demanda-t-elle, tu veux jouer avec nous ?

-Non merci.

-Pourquoi t'as peur de perdre ? m'agressa Jacob sans prévenir, tu vas encore aller pleurer dans les bras de ton papa qu'une fille t'as fait mal ? Lavette !

Non mais, je rêve où un gamin de 10 ans vient de m'insulter ?

-Hé ho, tu te calmes un peu ! Et puis qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu m'agresses comme ça ?

-Toi et ta famille vous n'êtes que des idiots ! Je vous déteste !

Il partit furieusement et je l'entendis monter les escaliers.

-Il faut l'excuser, déclara Nessie d'une voix désolée, d'habitude il est tout mignon et gentil.

-Et je pourrais savoir pourquoi aujourd'hui spécialement il a si mauvais caractère ?

-C'est parce qu'il te déteste.

-J'avais remarqué, mais pourquoi il me déteste autant ?

C'est vrai quoi, c'est pas comme si j'étais un vampire venu pour boire son sang et celui de toute sa famille.

-C'est à cause d'Esmé, répondit Nessie comme si c'était l'évidence même.

Apparemment, mon incompréhension devait se lire sur mon visage parce qu'elle soupira et marmonna un truc comme « pff, les garçons, il faut toujours tout leur expliquer » avant de s'asseoir à côté de moi et de plonger ses yeux dans les miens.

-Ma maman à moi, elle est morte quand je suis née, raconta-t-elle, ta maman à toi, elle est morte quand t'étais petit. Et la maman de Jacob, elle est morte dans un accident de voiture quand il avait quatre ans. Moi j'avais Bella pour remplacer ma maman mais les grandes sœurs de Jake, elles l'ignoraient et le repoussaient. Alors Jacob il était très très malheureux et ça même si moi et Bella on essayait de le consoler. Il a toujours voulu avoir une nouvelle maman mais son papa est toujours amoureux de son ancienne. Et toi, ton papa s'est remarié à une gentille dame qui pourrait devenir votre nouvelle maman mais vous la repousser. C'est pour ça que Jacob vous déteste.

Je restais sans voix face à cette explication, pas certain d'avoir affaire à une fillette de neuf ans. Elle me fit un sourire avant de bondir sur ses pieds et de courir rejoindre son ami à l'étage. De mon côté, je méditais sur ses paroles en silence, me demandant si nos trois mères s'étaient réunies au paradis et nous observaient tous les trois, leurs enfants réunis sous le même toit pour une après-midi.

Alice

Pour la quinzième fois au moins, Bella se lança, avança de trente centimètres…et trébucha. Et pour la quinzième fois, Kate la rattrapa avant qu'elle ne s'écrase au sol.

-Bon sang Bella ! m'énervais-je, c'est pas sorcier d'avancer de quelques mètres avec ces chaussures ! Même un singe pourrait le faire !

C'est vrai quoi ! Toute fille est capable de marcher avec des talons ! C'est écrit dans notre code génétique ! Et bien évidemment, la seule exception à cette règle est ma meilleure amie. Nous avions chacune choisi nos robes et j'avais réussi à en trouver une qui me faisait paraitre un peu plus grande, ce qui était un véritable miracle. Ensuite j'avais dégoté LA robe pour Bella. Elle était tout simplement parfaite ! Quant Bella était sortie de la cabine d'essayage, c'était à peine si on l'avait reconnue.

Mais quand on était entrées dans le magasin de chaussures, j'avais frôlé la crise cardiaque. Elle était là, trônant fièrement sur un socle d'exposition. LA paire de chaussure qui allait parfaitement avec LA robe ! C'était tout simplement incroyable. Sauf que, car malheureusement il y a un « sauf que », cette paire de chaussure qui met tellement mon amie en valeur et qui associée à cette robe la font ressembler à une déesse à telle point que ni mon frère, ni aucun autre représentant de la gente masculine ne pourrait lui résister, cette paire de chaussure possédaient des talons. Et pas besoin d'être un génie pour comprendre que des talons additionnés à la fille la plus maladroite de la planète, ça ne fait pas bon ménage.

-Allez, réessaye ! ordonnais-je.

-Alice, peut-être que tu devrais renoncer, se risqua Tanya alors que Bella trébuchait à nouveau et qu'Irina étouffait un rire.

-Ouais, renchérit Kate, elle va finir par se casser quelque chose.

-Etonnant que ça ne ce soit pas déjà produit d'ailleurs, marmonna la principale intéressée.

-Mais vous avez vu ces chaussures ? Elles sont…

-Parfaites. On sait, tu as du le dire une bonne cinquantaine de fois. Mais les boutiques d'accessoires vont fermer si on traîne trop ici. L'autre paire lui va très bien aussi et elle arrive à marcher avec au moins.

Je regardais Bella s'affaler sur une des banquettes et retirer ces précieuses chaussures. Je les lui pris des mains alors qu'elle se massait les pieds. Pauvres petites merveilles. Elles ont pensé qu'on les prendrait avec nous et qu'elles auraient une vie longue et heureuse aux pieds de Bella. Elles avaient entrevu la liberté et nous les condamnions à continuer à être exposer aux yeux de tous, sans pied pour les chausser. Tout ça parce que ma meilleure amie était incapable de tenir en équilibre.

-Ne vous inquiétez pas petites chaussures, leurs murmurais-je en les reposant à leur place, je lui apprendrais à marcher et je reviendrais vous chercher. Je ne vous oublierais jamais…

Tanya passa son bras autour de mes épaules et m'entraina vers la caisse pour régler nos achats.

-Allez viens, sortons d'ici avant que quelqu'un ne comprenne que tu t'adresses à des chaussures et appelle l'asile le plus proche.

A la seconde même où nous avons franchi la porte de sortie du magasin, je sentis mon cœur se briser en morceaux et je sus que cette paire si magnifique ne me pardonnerait jamais de l'avoir ainsi lâchement abandonnée.

Charlie

Je me préparais un sandwich à la dinde et à la moutarde dans la cuisine, satisfait de ma journée. J'avais été pêché avec Harry et Billy et nous avions découvert un nouveau coin où les poissons abondaient. Ma petite Nessie avait joué avec Jacob, tout deux gardé par le frère d'Alice et semblait s'être énormément amusée. Elle se reposait actuellement en regardant des dessins animés à la télévision. Celui où les bonhommes étaient jaunes avec le père qui boit de la bière et la mère aux cheveux bleus…comment ça s'appelle déjà ? Bon sang, ce que je me sentais vieux dans ces cas-là.

Quant à Bella, elle avait passé la journée à faire du shopping avec des filles de son âge. J'étais vraiment heureux pour elle. Ma petite princesse avait sacrifié son enfance en prenant le rôle de la mère envers sa petite sœur. Le pire, c'est que je m'étais inconsciemment déchargé sur elle et je m'étais bien rendu compte que ça avait affecté son développement. De nature timide, elle passait son temps seule et ne parlait jamais de sa journée à l'école. Elle n'avait jamais invité d'amis chez nous et n'avait jamais sous-entendu l'existence de l'un d'eux d'ailleurs. Puis, elle avait fait connaissance avec Alice et elle semblait de nouveau heureuse. L'arrivée des Cullen dans notre vie était une bénédiction.

Le téléphone se mit à sonner et j'entendis Nessie répondre.

-Allô ?...Papa, c'est pour toi !

Elle sautilla dans ma direction avant de me tendre le combiné.

-Allô ?

-Bonjour, chef Swan ? Ici Guillaume Aufrais, je suis banquier. Je vous appelle car une chose inhabituelle est survenue avec votre compte. Une grosse somme d'argent à été retirée de votre compte aujourd'hui et je voulais savoir si vous étiez au courant.

-Une grosse somme d'argent ? répétais-je en fronçant les sourcils, combien ?

-Presque 400 dollars.

400 dollars ? Le monde vacilla brusquement devant moi et ma respiration se coupa. 400 dollars…en une journée. Bon Dieu !

-Papa ? s'inquiéta Renesmée, ça va ? T'es devenu tout vert et puis tout blanc d'un coup.

-Ma chérie, tu te rappelle quand tu m'as demandé ma carte de crédit pour ta sœur ? Tu en as fait quoi ?

-Oh, je l'ai donné à Alice parce qu'elle voulait refaire la garde-robe de Bella, répondit-elle innocemment. Pourquoi ?

Bon, rectification. L'arrivée des Cullen dans notre vie allait me ruiner.


Et voilà !

Alors la fin avec Charlie, j'ai pas pu résister. Disons que c'est un cadeau pour m'excuser de ma longue absence pendant les vacances.

Pour Jacob, à la base c'était pas du tout ce que j'avais prévu mais mes idées sont tellement emberlificoter dans mon cerveau que j'ai super galéré pour l'écrire (d'où le retard d'une semaine) et puis je trouvais que comme ça c'était pas si mal.

Voilà, les deux prochains chapitres seront présentés différemment et raconteront les invitations pour le bal. J'essaye de vous mettre la première partie samedi mais je promets rien.

Sinon, une question que je me pose depuis un petit bout de temps…Est-ce que vous vous lassez de cette histoire ou trouvez qu'elle traine en longueur ? Parce que à chaque chapitre, j'ai de nouvelles idées et je me demande si elle aura une fin un jour. Et si elle en a une, c'est dans très très très longtemps. Enfin, je voulais juste votre avis sur ce point.

Review ?