Bon bon bon. A la base, j'étais censée vous faire un beau discours pour justifier mon absence prolonger et conclure par le fait que je n'avais pas d'excuses. Sauf que voilà, aujourd'hui j'ai passé ma journée à écrire (j'ai même séché les cours pour vous – avec autorisation parentale évidemment^^) et de 10h à 18h je vous ai écrit ce chapitre que vous attendez depuis si longtemps. Sauf qu'un drame est arrivé. Il me restait une phrase à écrire. UNE ! Et mon ordi a lâché. J'avais rien sauvé. 5000 mots (c'était le plus long chapitre que j'ai jamais écrit !) partis en fumée.
Après la panique, les larmes de désespoir, et de longues minutes de recherches, je récupère 3000 mots qui s'étaient sauvés tout seuls (allez savoir comment). Après j'en retrouve encore un peu et de fil en aiguille, il ne me manque plus que 800 mots ! Miracle ! Il me restait juste à réécrire une partie du milieu et le chapitre était complet. Je me suis mise au boulot et me revoilà ! Bon il y a 200 mots qui ont disparus puisque le chapitre fait désormais 4800 mots…mais il est quand même là.
J'espère que sa longueur et son contenu pardonneront mon retard monstrueux.
Bonne lecture !
Carlisle
-J'ai envie d'avoir un bébé…
Je restais quelques secondes sans rien dire, les yeux écarquillés en regardant ma femme. Ce qu'elle venait de dire était tellement inattendu, tellement bête, tellement impossible que je ne pus m'empêcher d'éclater de rire.
-Tu es tellement drôle ma chérie, déclarais-je entre deux rires.
Elle détourna le regard en s'éloignant de moi et je me calmais aussitôt. Elle semblait triste et un peu vexée…
-Esmé…attends…tu n'étais quand même pas sérieusement ?
-Il faut croire que non, répondit-elle sèchement en sortant du lit. C'est vrai que l'idée d'avoir un enfant à nous est tellement risible.
Bon d'accord, là elle était vraiment vexée.
-Mais enfin ma chérie, tentais-je pour l'apaiser, on en a déjà cinq des enfants ! Et tu as vu comment ils s'entendent ? Imagine si on leurs annonçait qu'ils vont avoir un petit frère ou une petite sœur…
-Ils pourraient très bien le prendre et ça les aiderait à se rapprocher, me coupa-t-elle brusquement.
-Quoiqu'il en soit, nous n'avons pas la place pour un bébé, décrétais-je en espérant que cela mette fin à cette discussion inutile.
-Bien sûr que si ! Le temps que je tombe enceinte et que j'accouche, il faudra bien un an, Ensuite on le met dans notre chambre jusqu'à ce que les jumeaux et Edward partent à l'université et puis on l'installe dans la chambre des garçons.
Je fronçais les sourcils face à cette réponse. Visiblement, elle avait longuement réfléchi à la question avant de m'en parler.
-Esmé…rassure-moi…tu n'es quand même pas enceinte ?
-J'ai cru l'être, avoua-t-elle après un temps d'hésitation.
-Mais tu ne l'es pas ? insistais-je.
-Non, répondit-elle durement. Et heureusement puisqu'apparemment cette idée te semble tellement horrible.
-Mais enfin Esmé, pourquoi voudrais-tu un bébé ? On n'est pas heureux comme ça, tous les sept ?
-Parce que j'en ai marre Carlisle ! cria-t-elle. Tu peux comprendre ça ? Marre de passer mes journées à faire la lessive, passer l'aspirateur, préparer à manger, m'occuper du chien et tout ça pour récupérer des remarques désagréables de la part de tes enfants et des disputes incessantes. J'en ai ras-le-bol ! JE NE SUIS PAS LA BONNE DE SERVICE !
-Et ben je suis désolé si mes enfants ne font rien mais c'est TA fille qui râle sur tout ce qu'on décide et qui ne fait rien pour mettre une bonne ambiance !
-Je t'avais dit qu'ils n'étaient pas prêts à vivre ensemble ! Mais toi tu insistais, disant que tout se passerait bien !
-Mais enfin, qu'est-ce que tu voulais qu'on fasse d'autre ? Ce n'est pas comme si j'avais eu envie de me marier avec toi !
A la minute où ces mots franchirent mes lèvres, je compris que je m'étais mal exprimé. Elle ne répliqua rien mais son visage trahissait sa tristesse.
-Esmé, ce n'est pas ça que…
-Va-t-en.
-Pardon ?
Elle prit mon oreiller et me le tendit.
-Sors d'ici. Le canapé est très confortable.
-Esmé je…
-VA-T-EN !
Je sortis de notre chambre sans un mot et l'entendis mettre le verrou. Une boule se forma dans ma gorge alors que je descendais l'escalier en silence. J'allais me servir une aspirine dans la cuisine pour faire face au mal de tête qui commençait à poindre avant d'aller m'allonger sur le canapé. Seth vint poser sa tête près de moi et gémit doucement.
-Ca va aller, lui assurais-je.
Il me lança un regard triste et je compris que c'était moi que j'essayais de convaincre que tout irait bien. Pourtant, rien n'était moins sûr…
Edward
J'étais incapable de la lâcher des yeux. J'avais peur qu'elle ne disparaisse si je la quittais du regard ne serait-ce qu'une seconde. Ou pire, qu'un autre garçon l'invite à danser. Alice l'avait laissée tomber pour aller s'amuser et maintenant elle se retrouvait seule et sans défense face à un monde dangereux. Et puis, elle était tellement belle que rien dans cette pièce ne valait la peine de détourner mon regard d'elle.
Tanya, avec qui je dansais depuis un moment sans vraiment lui prêter attention, s'arrêta brusquement. Elle semblait songeuse et un peu triste.
-Ca va ? lui demandais-je.
Elle ne répondit rien mais me sourit gentiment en levant ses yeux bleus sur moi.
-Ca sert à rien, déclara-t-elle soudainement sans raison particulière.
-Pardon ?
-J'essaye d'attirer ton attention depuis plus d'une heure mais ça ne sert à rien, soupira-t-elle. C'est elle qui t'intéresse, depuis le début.
Elle fit un petit signe de tête en direction de Bella et j'eus de la peine pour elle.
-Je suis désolé, murmurais-je.
-C'est pas ta faute, répondit-elle, c'est la vie. Maintenant, va l'inviter.
-Merci, lui soufflais-je avant de me diriger vers Bella.
Une sorte d'euphorie s'empara de moi alors que je me rapprochais d'elle. Elle avait la tête baissée et ne semblait pas avoir remarqué mon arrivée.
-Heu…salut.
Elle redressa violement la tête, surprise. En me voyant, son teint vira au rouge pivoine.
-Sa…Salut, bredouilla-t-elle en réponse.
-Je venais voir ce que tu faisais, déclarais-je stupidement.
-Ben…heu…je fais rien de particulier, répondit-elle.
-Ah…
Je crois que c'était l'instant le plus ridicule de ma vie. J'avais envie de me gifler pour avoir l'air aussi con. Bon sang, j'avais envie d'inviter cette fille depuis le début de cette soirée ! Et maintenant que j'en avais l'occasion, je ne le faisais pas. Tout ce que j'avais à dire, c'est « Tu veux danser avec moi ? » et puis voilà ! C'était pas sorcier pourtant ! Bon allez, je me lance…
-Bon…ben…si tu ne fais rien, tu saurais peut-être danser ?
Elle me lança un regard bizarre alors que je me mordais la langue. Pourquoi j'avais dis ça ? Ca n'avait aucun sens ! Elle allait me prendre pour un demeuré maintenant !
-Je voulais dire, me rattrapais-je rapidement, on pourrait peut-être danser ensemble…enfin, si tu as envie.
Elle rougit brusquement et baissa la tête.
-Bella ? l'appelais-je doucement, inquiet de l'avoir vexé.
-Et Tanya ? murmura-t-elle tellement bas que je l'entendis à peine.
-Elle m'a laissé, répondis-je. Elle a compris que la plus belle fille de la soirée avait déjà pris mon cœur.
J'expirais longuement, soulagé que ma phrase n'ait pas été déformée durant le bref chemin de mon cerveau à ma langue cette fois-ci. Bella redressa timidement la tête et me lança un regard interrogateur. J'acquiesçais à sa question silencieuse et ses rougissements reprirent de plus belle.
-Ce…C'est pas que je ne veux pas danser, bégaya-t-elle, mais je risque de faire des morts avec ma maladresse.
Je souris à sa tentative d'humour et une soudaine confiance en moi m'envahit.
-On pourrait aller faire un tour dehors à la place, répondis-je en lui tendant ma main.
Elle posa délicatement la sienne dans la mienne et je sentis mon cœur se réchauffer.
-J'avais justement envie de prendre l'air, déclara-t-elle avec un sourire.
Alice
Oh c'est merveilleux ! Je n'arrive pas à en croire mes yeux ! Et pourtant c'est bien mon frère que je viens de voir quitter la salle avec Bella. Et voilà encore une fois nous avons la preuve que je suis la meilleure ! Le plan n°93 d'Alice Cullen venait de s'accomplir ! Bella et Edward allaient enfin sortir ensemble ! Cette soirée n'était finalement pas un échec total !
A la fois heureuse de cette nouvelle et épuisée d'avoir dansée avec tous les garçons libres de la soirée, je m'affalai sur une chaise. Je mourrais d'envie de boire un bon coca bien frais mais le bar était à l'autre bout de la pièce…Tiens, Tanya n'était pas loin, je pourrais peut-être lui demander d'aller m'en chercher un ? Une seconde…Tanya ? Comment mon frère avait-il fait pour passer de Tanya à Bella en un éclair sans que je sois responsable ?
Ma curiosité l'emportant sur ma fatigue, je me levai et me dirigeai droit sur mon amie.
-Tanya !
-Oh…salut Alice.
Je me postais face à elle et me dressais de toute ma hauteur (c'est-à-dire, pas très haut).
-Tu peux m'expliquer ce qu'il s'est passé avec mon frère ?
Elle eut un sourire triste et jeta un regard à la porte par laquelle Edward et Bella venait de sortir.
-Je lui ai dit d'aller l'inviter, m'expliqua-t-elle. Il n'avait d'yeux que pour elle, quand une cause est perdue, je le sais.
Je lui lançais un regard compatissant. Elle n'avait vraiment pas fait le bon choix en flashant sur mon frère.
-Désolée, murmurais-je.
-C'est pas grave, répondit-elle. On restera amis et puis qui sait ? Si ça ne colle pas avec Bella…
Je ne répondis rien à sa remarque mais mon silence était assez éloquent. Ca allait coller avec Bella.
-De toute manière, enchaina-t-elle avec un sourire. Je n'avais aucune chance, Bella avait engagé la meilleure styliste du coin.
-Merci, répondis-je en rougissant un peu, mais je n'ai pas fait grand-chose.
-Peu importe, je te veux pour le prochain bal. Histoire d'avoir toutes les chances de mon côté.
-Aucun souci.
-Je dois y aller, je ne vois plus Irina et je n'ai aucune confiance en ce Laurent. Bye !
Elle disparut à travers la foule, me laissant seule avec mon envie de coca qui revenait. Je me tournai à nouveau vers le bar, espérant qu'il se soit rapproché tout seul entre temps mais non, il était toujours à la même place. Je soupirais, résignée à marcher jusque là, lorsque j'entendis une dispute chuchotée. Je tournai vivement la tête, avide de potins et aperçus Jasper qui se faisait insulté par sa cavalière…Maria je crois. Je n'aimais pas cette fille et je savais que Jasper était beaucoup trop gentil pour lui dire ces quatre vérités en face, c'est donc pour ça que je m'avançais vers eux, prête à le faire à sa place.
Jasper
Maria m'avait forcé à aller danser avec elle, et même si je n'en avais pas envie, ça me permettait au moins de réfléchir sans devoir prêter attention à ce qu'elle racontait. En effet, depuis que notre tante nous avait payé des cours de danse professionnels à Rose et moi pour qu'on ne semble pas trop ridicule lors de son mariage – le troisième je crois – j'étais devenu un pro dans ce domaine. Bref, je profitais de cette occasion pour pouvoir observer ma sœur.
Rosalie buvait un verre avec Royce et paraissait heureuse, détendue et à son aise. Pourtant, de temps à autres, elle lançait des regards soucieux et tristes à la table où Leah était assise. Je n'aimais pas cette situation. Rosalie n'avait jamais eu d'amie aussi proche que Leah et, avant qu'on emménage à Forks, elle changeait de « meilleure amie pour la vie » comme de paire de chaussettes. A l'époque, ça ne lui aurait rien fait de perdre l'une d'entre elle mais là, ma sœur était malheureuse. Et Leah était malheureuse. Tout ça à cause d'un garçon. Un garçon que je n'appréciais pas qui plus est.
Rosalie avait absolument tenu à me présenter Royce et bien qu'il paraisse sincère et gentil au premier abord, il dégageait quelque chose que je n'aimais pas. Mais alors là, pas du tout. Ca c'était la première raison pour laquelle je ne l'appréciais guère. La seconde, c'était que dès qu'elle était à ses côtés, Rosalie devenait…différente. Elle agissait exactement comme les copines de Maria et ça ne correspondait pas du tout à ma sœur. Jamais elle n'avait été aussi nunuche. Mais c'était la troisième raison la plus importante. Lorsque Royce posait son regard sur Rose, il devenait étrange. Pas amoureux ni affectueux. Non, il la regardait comme si elle était un nouveau jouet avec lequel il allait pouvoir s'amuser.
Le problème, c'est que je n'osais pas faire part de tous ces détails à ma sœur. J'avais peur qu'elle le prenne mal ou qu'elle se braque et décide de ne plus être prudente. Elle était forte et intelligente, elle saurait se débrouiller toute seule. Enfin, pour le moment. Quand leur relation deviendra plus sérieuse, je réenvisagerait la possibilité de lui parler de ça.
-Jasper ! m'appela froidement Maria.
Je sortis de mes pensées et me tournais vers elle.
-Quoi ?
-Tu ne fais même pas attention à moi, pleurnicha-t-elle comme une gamine, tu n'arrêtes pas d'observer ta sœur et tu te fiches totalement de moi.
-Excuse-moi de ne pas avoir envie de servir de psychologue à des problèmes de cheveux fourchus et de jalousie ridicule.
Elle prit un air affligée avant de me jeter un regard furibond.
-Tu sais quoi ? siffla-t-elle furieusement, j'aurais jamais du être aussi gentille avec toi ! Tu me faisais pitié avec tes airs de petit malheureux rejeté et j'ai voulu t'aider à t'intégrer.
M'aider à m'intégrer ? En me traitant comme un chien et en me draguant à la moindre occasion ? Elle plaisantait n'est-ce pas ?
-Tout ce que je te demandais, enchaina-t-elle, c'était un peu d'attention. Mais en fait, tu n'es qu'un égoïste qui ira brûler en enfer !
-Si des personnes comme toi vont au paradis, vaut mieux finir en enfer.
Je sursautais à la voix d'Alice et me tournais vers elle en me demandant s'où elle sortait.
-T'es qui toi ? cracha Maria.
-Qui je suis n'est pas important, rétorqua Alice avec un sourire narquois. Moi je sais qui tu es et je sais aussi que tu ne mérite pas un garçon aussi gentil et attentionné que Jasper.
-De quel droit oses-tu…
-Du droit de la liberté d'expression. Tu sais, ce dont tu prives les quelques personnes qui te supportent. Maintenant, si tu permets, j'aimerais que tu dégages parce que tu gâches le paysage.
Maria ouvrit la bouche, prête à riposter, mais elle se ravisa finalement et disparut dans la foule après nous avoir lancé un dernier regard noir.
-Merci, soufflais-je.
-De rien, mais la prochaine fois, entoures-toi de gens un peu plus fréquentables ou alors, débrouilles-toi tout seul pour t'en débarrasser.
J'observais Alice, qui se tenait face à moi, magnifique dans sa robe et les yeux pétillants de plaisir après avoir viré Maria, et fis ce que mon instinct m'ordonnait de faire. Je posai délicatement mes mains sur ses hanches et la tirai vers moi.
-Qu'est-ce que tu fais ? protesta-t-elle aussitôt.
Elle ne tenta pas de se dégager de mon étreinte, ce qui renforça mon assurance.
-On est sur une piste de danse, lui chuchotais-je, on aurait l'air bizarre si on ne dansait pas.
-Et si quelqu'un nous voit ? s'inquiéta-t-elle aussitôt.
-Apprends à profiter du moment présent, me contentais-je de répondre.
Elle resta songeuse quelques secondes avant d'hausser légèrement les épaules et de poser sa tête sur mon torse. J'eus l'impression que son parfum, qui dégageait une merveilleuse odeur de lilas, m'enveloppait totalement et je fermai les yeux pour en profiter à fond.
-Tu danses vraiment bien, murmura-t-elle doucement.
-Toi aussi.
Je ne m'étais jamais senti aussi bien. Comme si toute ma vie, j'avais vécu uniquement pour pouvoir vivre ce moment. Serrer Alice contre moi, sentir son corps serré contre le mien alors que nos pieds bougent tous seuls, nous baladant au rythme de la musique.
Je ne sais pas pendant combien de temps ça a duré. Peut-être une seconde, une minute, une heure ou encore un siècle…J'avais l'impression que plus rien d'autre que nous n'existait, qu'on était les deux seules personnes dans cette pièce. J'entendais à peine la musique, et plus du tout les autres élèves. Mes sens semblaient mis au ralenti, et c'est sans doute pour cela qu'il m'a fallut autant de tant pour comprendre les paroles d'Alice…
-Je crois que je suis amoureuse.
Alice
J'étais bien, ma tête posée sur son torse, juste à l'endroit où se trouvait son cœur. Celui-ci battait très lentement mais très fort et je me demandais si c'était habituel qu'il batte aussi fort ou si c'était juste aujourd'hui, pour moi.
Je ne m'étais jamais sentie aussi bien dans les bras de quelqu'un, ou alors peut-être quelques fois dans ceux de mon père lorsque j'étais petite. Mes l'étreinte de Jasper avait quelque chose de plus que celle de papa, ou encore celles d'Edward et d'Emmett. Je me sentais à ma place, à la fois protégée et aimée, d'un amour différent qui provenait de Jasper et que j'avais envie de partager avec lui.
-Je crois que je suis amoureuse.
A la seconde où je compris que j'avais dis ça à haute voix, je me figeais sur place. Horrifiée, je levais les yeux vers Jasper qui me regardait d'un air surpris et hésitant. Le fait qu'il ne réagisse pas rendait tout encore pire et je cru que j'allais mourir de honte sur place.
Je sortis de son étreinte et fis la seule chose logique qui me vint en tête. Je partis sans demander mon reste, le plantant tout seul au milieu des autres danseurs qui n'avaient rien remarqué.
Je n'avais pas de but précis, si ce n'est m'éloigner de Jasper, mais je fus quand même surprise de comprendre que j'étais sortie de la salle en sentant l'air glacé de la nuit sur mon visage. Je me retrouvais sur le parking en claquant des dents alors qu'une boule me serrait la gorge.
Non mais j'étais totalement malade de lui avoir dit ça ! Je ne pourrais plus jamais le regarder en face maintenant ! Je me détestais pour être aussi bête, pour ne pas savoir contrôler ma langue et puis surtout pour être tombée amoureuse de lui. Jasper Hale. Il existait tellement de garçons sur terre, alors pourquoi celui-là spécialement ?
J'inspirais longuement en tentant de rationnaliser les choses. On ne pouvait pas sortir ensemble. On vivait dans la même maison et nos parents étaient mariés…c'était impossible. En plus papa n'autoriserait jamais un garçon à m'approcher à moins d'un mètre alors si en plus il dormait dans la chambre d'à côté. Ca ne marcherait jamais entre Jasper et moi.
Mais alors, pourquoi je mourrais d'envie de courir le rejoindre pour me jeter dans ses bras en l'embrassant ?
Désespérée, j'allais m'asseoir sur un banc et envisageais les options qui s'offraient à moi dans l'immédiat. Soit je retournais au bal et faisais comme si de rien n'était en évitant Jasper mais je n'en avais pas envie. Non, tout ce que je voulais maintenant, c'était rentrer chez moi et m'allonger sur mon lit en me confiant à Seth, qui, j'en étais certaine, ne me trahirait jamais. Sauf que pour rentrer, il me fallait un véhicule. Je pourrais toujours tenter de faire le trajet à pieds mais il était presque minuit et il faisait nuit noire. Je n'avais pas le choix, il me fallait un chauffeur. Immédiatement, l'image de Jasper s'imposa à moi mais je la renvoyais bien vite d'où elle venait. Restait Edward et Emmett. Logiquement, je choisirais Edward parce que je savais qu'il s'abstiendrait de poser des questions mais ça voulait également dire que j'allais devoir interrompre son tête-à-tête avec Bella et ça, je ne pouvais pas.
Lentement, je me levais et retournais dans la salle de bal en partant à la recherche de mon autre frère. Je le repérais rapidement, assis à une table en compagnie de Leah et me dirigeais droit sur eux.
-Emmett, commençais-je avec une voix que j'espérais assurée, ça te dérangerais de me raccompagner ?
Leah me jeta un regard agacé alors que mon frère bondissait sur ses pieds, un air furieux sur le visage.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? rugit-il, prêt à aller tabasser le premier type qui se montrerait.
Je soupirais. Je savais qu'il allait directement s'emballer pour rien su tout et c'était pour ça que je ne voulais pas lui demander à lui de me raccompagner en premier lieu. Mais maintenant, je voulais à tout prix rentrer et pleurer parce que j'avais l'impression qu'on venait de me briser le cœur pour l'éternité. Le plus ironique là-dedans, c'est que je me l'étais brisé toute seule.
-Il ne s'est rien passé, lui assurais-je, je veux juste rentrer parce que j'en ai marre d'être ici, c'est tout.
Il ne parut pas totalement convaincu mais se tourna vers Leah en haussant les sourcils. Cette dernière haussa les épaules.
-Je commençais à m'ennuyer de toutes manières, déclara-t-elle, t'auras qu'à faire un détour jusqu'à chez moi.
Elle attrapa son sac et nous nous dirigeâmes vers le parking, où était garée la Mercedes de papa. Je grimpais à l'arrière, d'abord parce que j'étais la plus jeune, ensuite parce que si je n'arrivais pas à retenir mes larmes pendant tout le trajet, ce serait plus facile de les dissimuler si je n'étais pas assise juste à côté de mon frère. Emmett mit le moteur et la voiture démarra.
Bella
Il faisait froid dehors et je regrettais de ne pas avoir pris ma veste. Edward marchait juste à côté de moi mais je voyais bien qu'il faisait exprès de ne pas marcher trop vite pour ne pas me distancer. Cette idée me fit rougir et ça eut au moins le mérite de me réchauffer légèrement. En même temps, je ne voulais pas accélérer et courir le risque, accru par mes talons et le sol pas très plat, de tomber juste sous le nez d'Edward. D'ailleurs, je ne savais même pas où il m'emmenait et je devais avouer que ça m'intriguait un peu. Il faisait sombre et, malgré les petites lanternes posées sur le bord du chemin, on n'y voyait rien à plus de deux mètres. En temps normal, être dehors, dans le noir, au milieu de la nuit avec un garçon que je connaissais à peine m'aurait terrifiée mais je savais que je pouvais faire confiance à Edward.
-Où est-ce qu'on va ? demandais-je néanmoins.
-Je n'en sais rien, me répondit-il simplement, loin des regards indiscrets, dans un endroit où on serait seuls.
Je réfléchis à cette idée et ne pus retenir un sourire lorsque je compris que je connaissais l'endroit idéal.
-Il y a une petite chapelle à quelques centaines de mètres d'ici, déclarais-je, personne n'y va jamais, surtout pas lors d'un bal.
-Génial, on y va ?
Il me prit la main et je faillis m'étrangler en sentant ses doigts froids se glisser entre les miens. Se méprenant sur ma réaction, Edward voulut retirer sa main mais je m'y agrippais fermement. Je crus apercevoir un sourire sur son visage mais il disparut tellement rapidement que je n'étais pas sûre. Le trajet jusqu'à la petite chapelle se déroula dans le silence et la minuscule bâtisse fut rapidement en vue.
Elle était toute simple, avec deux banquettes, et un grand espace au milieu. Sur le mur du fond se trouvait une table séparée par une grille et quelqu'un avait posé deux grands cierges dessus ainsi qu'une photo de la vierge Marie. Une lampe éclairait le tout et donnait un aspect protecteur à l'endroit.
-Parfait, murmura Edward, ici, tu ne risques de blesser personne.
-P…Pardon ? bafouillais-je, on ne vas quand même pas danser ?
-Bien sûr que si !
-Mais il n'y a même pas de musique, argumentais-je.
-Ce n'est pas un problème, rétorqua-t-il en sortant son portable de sa poche.
Il y chipota quelques secondes avant de le poser sur une des banquettes et se rapprocher de moi, un sourire irrésistible sur le visage.
-Je ne sais pas danser, protestais-je faiblement alors qu'il glissait son bras autour de ma taille.
-Laisses-toi guider, me souffla-t-il à l'oreille.
Une douce musique retentit alors qu'il se mettait à danser gracieusement, m'emportant avec lui. La musique, une sorte de berceuse jouée au piano, était magnifique et envoûtante.
-Je ne connaissais pas cette chanson, déclarais-je à voix basse.
-C'est normal, c'est moi qui l'ai composée.
-Tu composes souvent ?
-Quand l'inspiration est là. J'ai déjà écrit quatre musiques jusqu'à aujourd'hui. Celle-ci est la première que j'ai faite.
-Elle est magnifique.
-Merci.
J'aurais voulu que cet instant ne s'arrête jamais. Pourtant, l'inévitable arriva.
Il y avait un léger creux dans le parquet, et la plupart des personnes auraient marché dessus sans le remarquer. Mais mon talon se coinça juste dedans et je me sentis partir en arrière alors qu'une douleur irradiait subitement ma cheville.
Edward me rattrapa juste avant que je ne m'écrase au sol et je redressais la tête, rouge de honte. Nos visages se trouvaient désormais à quelques millimètres l'un de l'autre et mon cœur s'emballa. Je n'avais jamais remarqué qu'il avait des tâches de rousseur, mais tellement discrètes que sans un éclairage aussi lumineux qu'ici, je ne les aurais sans doute jamais remarqué.
-Tu es blessée ? s'inquiéta-t-il.
Son haleine, douce et fraîche, m'envahit et je ne répondis rien, ayant totalement oublié comment on faisait pour parler. Une audace inattendue m'envahit et je cédais à l'envie qui m'obsédait depuis qu'on s'était mis à danser.
Je posai mes lèvres sur les siennes et l'embrassai passionnément. Il me rendit immédiatement mon baiser et une chaleur inhabituelle s'empara de mon corps. Comment avais-je pu me plaindre d'avoir froid ? J'avais l'impression d'être au fond d'un volcan.
Le manque d'oxygène ne tarda pas à se manifester et je me maudis d'avoir tant de fois refuser de faire des concours d'apnée avec ma petite sœur à la piscine.
A regret, je décollai mes lèvres de celles d'Edward et me reculai, m'appuyant sur ma cheville douloureuse. Je ne pus retenir un petit cri de douleur et le bonheur que je lisait dans les yeux d'Edward se transforma aussitôt en inquiétude.
-Ca va ?
-Ce…C'est rien. Juste ma cheville, ça va passer.
-Viens t'asseoir, proposa-t-il en m'entrainant vers une des banquettes, on en profitera pour parler un peu.
Oui, parler. C'était une excellente idée, on devait avoir des tas de choses à se dire.
Emmett
On venait de déposer Leah chez elle et jusqu'à présent le trajet s'était déroulé dans le silence le plus complet. Assise à l'arrière, Alice regardait par la fenêtre mais ses yeux étaient vagues et tristes. Je donnerais beaucoup pour savoir à quoi elle pensait à cet instant précis mais je savais qu'elle ne me le dirait jamais.
-On dirait que c'est une tradition qui ce soit moi qui te ramène à la maison après les fêtes, plaisantais-je pour détendre l'atmosphère.
Elle me lança un regard noir et je fus surpris qu'elle ne m'ait toujours pas pardonné cette histoire qui remontait à presque deux ans. Enfin, ce n'était pas le sujet du moment. Alice cligna des yeux plusieurs fois avant de se les essuyer avec sa manche pour dissimuler son début de larmes.
-Tu veux parler ? lui demandais-je, totalement sérieux cette fois.
-Non, grogna-t-elle, je veux juste aller me coucher et oublier cette stupide soirée.
-Il s'est passé quelque chose ce soir ?
-Non Emmett, il ne s'est rien passé ! s'écria-t-elle, excédée. Et maintenant, fous-moi la paix, je t'ai dit que je ne voulais pas parler !
-Alice, tu viens me demander à moi de te raccompagner à la maison avant même qu'il soit minuit alors que ça fait deux semaines que tu nous casses les oreilles avec ce bal. J'en conclus qu'il s'est passé quelque chose.
Ma sœur ne répondit rien et croisa les bras, un air boudeur sur le visage.
-Bon, je peux au moins savoir si quelqu'un t'a fait du mal ?
-Non, personne ne m'a fait de mal ! La seule fautive dans l'histoire, c'est moi, ajouta-t-elle en maugréant.
Je lâchai un soupir, heureux que personne n'ait osé toucher à ma petite sœur. N'empêche, il s'était quand même passé un truc ce soir et j'avais bien envie de découvrir quoi. Mais la priorité, c'était de remonter le moral de ma petite sœur.
-Ca a un rapport avec un garçon ? demandais-je avec la voix d'une préadolescente avide de potins, il est mignon au moins ?
Alice ne put retenir un sourire et j'enchainai immédiatement.
-Je parie que c'est avec Eddiiie-chou, et c'est pour ça que tu es malheureuse ? Parce qu'il s'est enfui avec Bella, ta meilleure amie ? Comment a-t-elle osé te faire ça ! Tu ne devrais pas lui pardonner. En plus, tu as vu sa robe ? Comment l'a-t-elle eut ? C'est la dernière création d'Alice Cullen et elle n'est même pas disponible en boutique !
Alice riait franchement désormais et moi, j'étais tellement parti dans mon délire que je ne m'étais même pas rendu compte que l'on était déjà dans notre rue.
-Emmett ! s'écria ma sœur entre deux rires, t'as dépassé notre maison.
-Merde !
Je profitais que la rue soit vide pour faire un demi-tour précipité et totalement illégal afin de pouvoir garer la voiture.
-Emmett ? m'appela-t-elle.
-Oui ?
-Merci.
-De rien sœurette, je sers à ça ! répondis-je avec un clin d'œil en ouvrant la porte d'entrée.
Le halètement de Seth nous accueillit, accompagné d'une respiration profonde et régulière. J'échangeais un regard surpris avec Alice et allumai la lumière du salon.
Papa était allongé sur le canapé, dormant profondément avec un paquet d'aspirines entamé à côté de lui.
-Tu crois qu'on doit le réveiller ? chuchota Alice.
-Non, laissons-le. Il nous expliquera sans doute demain.
-Ok, je vais me démaquiller et dormir alors. Bonne nuit Em'.
-Bonne nuit Lilice.
Elle grimpa les escaliers quatre à quatre et je l'y suivis plus lentement après avoir éteint les lumières en bas. La porte de la chambre de papa et Esmé était fermée à clé mais j'entendais quelque chose à l'intérieur. Une sorte de bruit étouffé. Il me fallut un petit moment pour comprendre que c'était Esmé qui pleurait.
-Papa, qu'est-ce que tu as encore fait ? demandais-je à voix basse, plus pour moi qu'autre chose.
Alors ?
Pitié des reviews, après avoir pensé devoir tout réécrire, j'en ai vraiment besoin !
Sinon, je suis pas sûre d'avoir fini le suivant pour mercredi parce que j'ai une tonne de chose à faire mais comme c'est les vacances, je vais essayer.
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