Salut tout le monde !

Et non, je ne suis pas morte et mon cerveau n'a pas cessé de fonctionner…Non, si je n'ai pas donné de nouvelles depuis si longtemps, c'est parce qu'internet s'est barré. Encore.

Mais bon, j'ai fini par réussir à obtenir une connexion (que je conservais que jusqu'à demain…).

Enfin sinon, ma tête va mieux. J'ai moins mal à la tête et je réfléchis à nouveau à l'endroit. Enfin, ça dépend des moments…

Mais bon, je suis super inspirée depuis quelques jours donc me voilà avec un nouveau chapitre. Un chapitre pas ordinaire…Parce qu'il est long. Très long.

10 000 mots à vrai dire. Incroyable non ? Je suis trop fière de moi !

Allez, je vais vous laisser savourer maintenant.


Jasper

La soirée s'était bien déroulée. Mieux que l'on n'aurait pu le prédire en tout cas. On avait dîné tous ensemble, écoutant les histoires de tante Véra sur son tour du monde. J'avais remarqué que les Cullen étaient restés en retrait toute la soirée, mais je pouvais les comprendre. Enfin, Emmett avait quand même sorti quelques blagues douteuses (et ma tante avait été la seule à rigoler, je crois qu'ils vont bien s'entendre ces-deux là).

Rose s'était occupé d'Henry tout le temps, c'était même elle qui lui avait donné à manger et qui l'avait lavé avant d'aller le coucher. Ca a permis à tante Véra de rester discuter avec maman et Carlisle. Moi, j'étais resté avec Peter, qui m'avait raconté des milliards d'anecdotes sur sa vie et ses copains pendant qu'Emmett, Edward et Alice faisait une partie de cartes. Charlotte les avait observé timidement pendant une dizaine de minutes jusqu'à ce qu'Emmett l'invite à les rejoindre.

Finalement, maman nous a envoyé nous laver vers dix heures, quand ma cousine commençait à piquer du nez, et nous étions tous dans nos lits respectifs à onze heures et demie.

Maintenant, je tentais de m'endormir en me demandant ce qui allait bien pouvoir se passer demain.

Petit à petit, je sentais mes muscles s'alourdir alors que je sombrais doucement dans le sommeil, bercé par les ronflements d'Emmett.

-Pssst !

Ce bruit particulièrement frustrant me sortit de mon début de sommeil mais je gardais les yeux fermés, agacé. Depuis qu'il savait parler, Peter m'interpellait de cette manière à chaque fois que l'on partageait une chambre. Et il le faisait à chaque fois que je commençais à m'endormir.

-Pssst ! Jazz !

Fallait pas croire, je l'adorais mon cousin. Il était génial, bien qu'un peu collant. Et puis on se sentait toujours plus important lorsque quelqu'un vous suivait comme votre ombre en buvant la moindre de vos paroles. Sérieusement, si j'avais été de nature méchante, j'aurais pu lui demandé de voler des bonbons à ma place ou encore de faire mes devoirs, il se serait exécuté avec plaisir. Mais je n'étais pas de nature méchante. Et j'étais étonnamment patient.

-Jasper !

-Quoi ? répondis-je en ouvrant finalement les yeux.

-Tu dors ?

Je me tournais vers lui et haussais un sourcil face à sa question totalement débile. Il était installé sur un matelas gonflable à côté de mon lit, laissant ainsi leur espace à Edward et Emmett.

-Qu'est-ce que tu veux Peter ?

-J'sais pas. Discuter.

-De quoi ?

-N'importe quoi ! Il y a des jolies filles à Forks ?

Je soupirais. C'était donc ça. Apparemment, depuis notre dernière rencontre, il s'était découvert un nouveau potentiel de séducteur et était bien décidé à devenir un vrai Don Juan. Mais je ne pouvais pas lui répondre que la plus jolie fille du coin dormait dans la chambre d'à côté. Surtout quand les frères de la fille en question se trouvaient dans la pièce, même endormis.

-Je sais pas trop, aucune à mon goût, mentis-je.

-Moi en tout cas, j'en ai repéré une…

Je me redressais, les sens en alerte. Il n'était même pas sorti de la maison ! Comment aurait-il pu…

-Qui ça ?

-Ta nouvelle sœur, la jolie et mignonne Alice…J'en ferais bien mon goûter.

J'eus l'impression qu'une bête féroce se réveillait dans ma poitrine en entendant ses paroles. J'avais envie de lui hurler qu'Alice était à moi et à personne d'autre. En plus, je n'aimais pas la manière dont il parlait d'elle.

-Arrête de parler comme ça, Peter, répondis-je froidement.

-Non mais sérieusement, elle est super sexy ! En plus, elle est plus vieille que moi. T'imagine si elle accepte mes avances, mes potes à l'école, ils en seront bluffés !

-Peter, grognais-je.

-Rooh mais arrête ! C'est pas comme si t'avais jamais pensé des trucs comme ça sur des filles. Et puis je suis sûr qu'elle est vierge, tu t'imagines si ma première fois, c'est avec une vierge, ça serait trop génial ça !

Je donnais un coup de pied dans son matelas, furieux.

-Non mais tu vas la fermer ? T'as que quatorze ans ! Et puis t'es dingue ou quoi ? T'as oublié que c'était ses frères qui étaient avec nous ?

Même dans l'obscurité, je le vis pâlir. Visiblement, il avait vraiment oublié ce détail.

-Mais…euh…ils dorment non ?

-Pas exactement, répondit la voix d'Edward, glaciale et menaçante alors qu'un nouveau ronflement sonore d'Emmett retentissait.

Mon cousin devint tout blanc et je ne pus empêcher un sourire satisfait d'apparaitre sur mon visage. Bien fait pour lui.

-On devrait dormir maintenant, déclarais-je en me réinstallant sous mes draps.

Il y eut quelques secondes de silence puis la voix de Peter retentit à nouveau, piteuse et effrayée.

-Je plaisantais hein, précisa-t-il. J'ai pas l'intention de coucher avec une fille avant d'être marié…Voilà quoi.

Edward ne répondit pas et j'eus presque pitié pour mon cousin. Au moins, une bonne menace fraternelle devrait lui apprendre à fermer sa grande bouche. Et le tenir éloigné d'Alice. En tout cas, je l'espérais.

Rosalie

Je me réveillais au milieu de la nuit, la gorge totalement desséchée. J'attrapais mon téléphone portable sur ma table de nuit et m'en servis pour éclairer la pièce, m'assurant ainsi de ne pas réveiller Charlotte et Alice.

Une fois ma cousine enjambée, je sortis dans le couloir en silence. Cette fois, j'allumais la lumière et fermais aussitôt les yeux, aveuglée. Au même moment, un léger bruit retentit juste à côté de moi et je me tournais brusquement dans sa direction, les sens en alerte.

Seth était allongé par terre, haletant doucement, et me regardait avec des yeux malheureux.

-Qu'est-ce que tu fous là toi ? lui chuchotais-je furieusement. T'as pas un panier ? Allez dégage !

Il ne broncha pas et continua à me fixer avec ses yeux humides. Je choisis de l'ignorer.

-Bête chien, grommelais-je en descendant les escaliers le plus silencieusement que je pouvais.

Bien évidemment, cet abruti de clébard se leva à son tour et me suivit jusqu'en bas.

Je retins un juron – ma mère dormait dans le salon et, même endormie, elle était capable de m'entendre – et me déplaçais sans un bruit jusqu'à la cuisine, à nouveau grâce à la lueur de mon portable.

Je m'installais à table et me servis un grand verre d'eau que je bus goulument. Seth en profita pour venir poser sa tête sur la chaise juste à côté de moi et continua à me regarder fixement.

-Mais qu'est-ce que tu veux à la fin ? m'agaçais-je.

Il gémit doucement et alla lentement se placer à côté de sa gamelle d'eau. Couverte de bave séchée mais vide.

Ca c'était hors de question ! Je me fichais que ce chien crève de soif, je ne m'occuperais jamais de lui. Alice n'avait qu'à penser à lui mettre de l'eau le soir.

Je m'apprêtais à faire demi-tour pour remonter lorsqu'il gémit à nouveau.

Je me retournais vers lui, prête à l'insulter, mais me stoppai net. Ses oreilles étaient plaquées en arrière alors qu'il me suppliait du regard, l'air infiniment triste. Etrangement, cela raviva un souvenir dans mon cœur et je me sentis céder.

Ecœurée, je pris son bol du bout des doigts en grimaçant et allais le rincer à l'évier. Après, je le remplis à moitié – fallait pas non plus qu'il me demande pour aller pisser après ! Il y avait quand même des limites ! – et le reposais à sa place. Seth me lança un regard reconnaissant avant de se jeter dessus et but le tout avec avidité. En moins d'une minute, il l'avait totalement vidé et il se tourna vers moi, heureux.

Doucement, il s'approcha de moi et glissa sa tête sous ma main, quémandant une caresse.

Et, pour la seconde fois de la nuit, je me sentis craquer et je le caressais tendrement. Il remua la queue, ravi. Son poil était tout doux, comme celui de…

Secouant la tête, je retirais ma main. Je ne devais pas pensé à ça.

-Tu parles de ça à personne, c'est clair ? lui ordonnais-je. Dès demain, je te déteste à nouveau ! Et va dormir dans ton panier maintenant !

Comme s'il m'avait compris, il fila dans le salon et je l'entendis tourner dans son panier avant de s'allonger. Moi, je posais mon verre dans l'évier et remontais me coucher sans un bruit.

Alice

J'étais endormie et je rêvais. C'était un de ses rêves où l'on se sentait bien tout en sachant que l'on rêvait. Enfin bref, j'avais beau savoir que cette impression de bien-être allait m'échapper dès que je me réveillerais, je n'avais aucune envie de la perdre et réfléchissait à un moyen de restée endormie pour toujours…lorsque soudain, une lumière aveuglante envahit la pièce et me réveilla brusquement.

-Merde ! Éteins cette putain de lampe ! protestais-je sans vraiment savoir à qui je m'en prenais.

J'enfouis ma tête dans mon oreiller sans même avoir ouverts les yeux alors que mon esprit se désembuait doucement.

-Il y a aucune lampe allumée ici espèce de cinglée, marmonna Rosalie en réponse.

-Ah ouais ? Et elle vient d'où la lumière ?

Génial, maintenant on se disputait avant même d'avoir ouvert les yeux…

-Désolée, je ne pensais pas qu'il y aurait autant de soleil, répondit une petite voix inconnue.

Il y eut un bruit de rideaux et la lumière disparut. Mais euh…qui avait parlé ?

J'entrouvris les yeux et aperçut Charlotte qui rejoignait timidement son lit en rougissant un peu. Ah ouais, j'avais oublié qu'elle dormait avec nous. Rassurée, je refermais les yeux et tentais de me rendormir.

Une seconde, elle avait bien dit « soleil » ?

Je bondis hors de mon lit et ouvrit nos rideaux en grand. L'atmosphère humide et grise qui recouvrait Forks depuis qu'on y avait emménagé avait été remplacée par un soleil lumineux et chaud.

-Il fait soleil ! hurlais-je, presque hystérique.

Charlotte me regarda comme si j'étais devenue folle – en même temps, elle n'avait pas vécu sans ce merveilleux astre aussi longtemps que moi, elle ! – et Rosalie grogna sans même redresser la tête.

-Putain, tu vas fermer ta gueule !

Mais j'étais trop heureuse pour me soucier d'elle. Du soleil ! Du soleil ! Rien ne pourra réussir à briser mon bonheur aujourd'hui ! Allez tiens, je vais même reprendre les bonnes vieilles habitudes et me lever tôt. Il est quelle heure d'ailleurs ?

Je jetais un coup d'œil à mon portable. 9h17. Parfait. Allez debout !

Je quittais ma chambre et me dirigeais automatiquement vers la salle de bain. J'ouvris complètement le store histoire de laisser entrer le plus de luminosité possible et me brossais les dents en quatrième vitesse, pressée de sentir la chaleur des rayons sur ma peau.

Lorsque je sortis de la salle de bain, Charlotte était debout devant la porte de notre chambre. C'était comme si elle m'attendait. Elle me sourit timidement. Aussitôt, je regrettais mon comportement de la veille. Elle semblait vraiment gentille et je n'aurais pas dû être aussi méchante avec elle. Elle n'était pas Rosalie.

-Tu as bien dormi ? lui demandais-je en lui rendant son sourire.

Elle parut ravie que je lui parle et ses yeux s'illuminèrent.

-Très bien ! Et toi ?

Je n'eus pas le temps de répondre que son ventre gargouilla bruyamment. Elle rougit en posant sa main dessus et je ris.

-Tu veux qu'on aille manger ?

Elle hocha la tête et soupira, soulagée. Apparemment, elle était réveillée depuis assez longtemps mais n'avait pas osé descendre. J'aurais préférée m'habiller avant de descendre mais tant pis.

On descendit rapidement l'escalier et Seth nous accueillit au rez-de-chaussée. Comme tous les matins, il me sauta dessus jusqu'à ce que je le prenne dans mes bras puis il partit saluer Charlotte. Elle rigola alors qu'il lui léchait le visage et je souris. Visiblement, Rosalie était la seule de cette famille à ne pas aimer les animaux.

Nos parents étaient déjà installés dans la salle à manger en compagnie d'Henry qui battit des mains en voyant sa sœur.

-Chacha ! s'écria-t-il.

-Tiens les filles, déjà levées ? demanda papa en me prenant dans les bras pour me dire bonjour.

-Ouais, le soleil nous a réveillées et puis Charlotte avait faim.

Ils s'échangèrent un regard complices tous les trois mais je n'étais pas assez réveillée pour poser des questions. Au moins, papa et Esmé semblaient un peu plus rabibochés, c'était déjà ça.

-Prenez des céréales ce matin, conseilla Esmé. Je ferais des pancakes pour demain.

-D'accord.

Je me dirigeais vers la cuisine, Charlotte sur les talons. Ma première réaction fut de mettre de l'eau à Seth qui devait mourir de soif. J'avais oublié de remplir sa gamelle hier soir et ça m'avait fait cauchemarder la moitié de la nuit. Mais non, il but à peine une lapée avant d'aller s'allonger sous la table. Bizarre.

Sans même penser à demander son avis à Charlotte, je sortis une boite de céréales au chocolat, le lait, deux bols et des cuillères et posais le tout sur la table de la cuisine. Etrangement, je n'avais pas envie de rejoindre les adultes et le bébé.

-Merci, murmura Charlotte.

On se servit chacune à notre tour et nous mîmes à manger en silence. Elle était assise en face de moi et j'en profitais pour l'observer. Elle semblait toute douce et gentille. Hormis ses yeux bleus, elle ne ressemblait en rien à Rosalie.

D'ailleurs, pourquoi est-ce que c'était moi qu'elle collait et pas sa cousine ? Je repassais mentalement les quelques heures qu'elle avait passées chez nous. C'était à moi qu'elle était venue parler en premier lieu. Et malgré ma réponse plutôt décourageante, c'était à côté de moi qu'elle s'était assise au dîner. Et elle était venue jouer aux cartes avec nous hier soir. Et c'était à côté de mon lit qu'elle avait placé son matelas (oui bon, ça ne voulait peut-être rien dire ça parce que notre chambre était assez étroite). Mais quand j'y repensais, elle n'avait pas adressé la parole une seule fois à Rosalie. Sauf pour lui dire bonjour peut-être.

-Charlotte ?

-Oui ?

-Tu n'aimes pas ta cousine ?

Elle parut surprise de ma question et rougit. Bon, je n'aurais peut-être pas du demander mais ça m'intriguait réellement. Et puis, je n'étais pas vraiment contre le fait de rencontrer quelqu'un d'autre qui détestait Rosalie.

-Bien sûr que si je l'aime ! protesta-t-elle comme si je l'avais insultée. Je l'adore même !

Je n'eus même pas le temps de penser à une réponse quelconque qu'elle changea d'attitude. Elle prit un air triste et baissa la tête en plongeant son regard dans son bol.

-C'est elle qui ne m'aime pas, murmura-t-elle.

-Pardon ? m'écriais-je.

Je savais que Rosalie était méchante et plutôt garce mais il y avait des limites !

-Enfin, elle ne m'aime plus, rectifia Charlotte.

Elle semblait vraiment triste et je sentis mon cœur se serrer. J'étais sûre qu'elle avait tort. Même si je haïssais Rosalie, je ne pouvais pas croire ça.

-Pourquoi tu dis ça ? lui demandais-je doucement.

-Avant, elle était tout le temps avec moi. Elle s'occupait de moi, jouait avec moi, m'expliquait plein de trucs sur la vie. C'était comme une grande sœur, presque ma deuxième maman. Mais après, ma maman elle est tombée enceinte de mon petit frère et Rosalie, elle m'a oubliée ! Elle s'occupait plus qu'à lire des livres sur les bébés et quand Henry est né, elle restait tout le temps avec lui. Déjà qu'on les voit pas souvent parce que tante Esmé habite loin, là Rose elle a vraiment oublié mon existence !

Elle renifla tristement et je lui caressais doucement la main pour la réconforter.

-Tu sais, je suis sûre qu'elle regrettera quand ton frère sera plus grand.

-Peut-être…mais c'est plus si grave maintenant parce t'es là !

Elle redressa la tête et me sourit.

-T'es presque aussi gentille qu'une grande sœur et je t'aime bien !

J'ouvris la bouche mais aucun bruit n'en sortit. Merde ! Je ne voulais pas être sa sœur moi ! Ni son modèle ni rien du tout ! A la limite être sa copine parce qu'elle était gentille. Mais pas sa grande sœur. Je n'étais pas faite pour être grande sœur !

Petite sœur, ça oui et je remplissais plutôt bien mon rôle. Mais pas grande sœur. J'avais toujours été le bébé de la famille, et comptait bien le rester longtemps. Pour toujours même.

-Tu sais, bredouillais-je, je suis peut-être pas faite pour…

Je fus interrompue par l'arrivée des garçons dans la cuisine. Enfin, les garçons…juste Peter et Jasper.

-Salut ! nous salua Jasper en partant chercher des bols supplémentaires.

Peter s'assit à côté de moi et me sourit d'un air dragueur.

-Bonjour Alice, tu es superbe ce matin, déclara-t-il d'un ton beaucoup trop pompeux pour lui.

Je m'empêchais de rire alors que sa sœur pouffait. Je n'étais ni habillée, ni maquillée. Même pas coiffée.

-Euh…merci.

Jasper revint s'asseoir et posa bruyamment les bols sur la table tout en jetant un regard furieux à son cousin. Génial…manquait plus que ça. Monsieur était jaloux.

Pourtant, ce n'est pas comme s'il y avait quelque chose entre nous. On s'évitait soigneusement depuis le lendemain du bal. J'avais espéré que ses sentiments envers moi s'étaient estompés. Apparemment non.

Cette constatation m'emplit de joie et je souris involontairement. Peter le prit pour un signe encourageant et enchaina.

-Alors Alice, il parait que tu aimes dessiner ? Moi aussi je dessine plutôt bien tu sais. On pourrait s'échanger des conseils.

Jasper frémit à sa phrase. Il était trop mignon ! Pourquoi fallait-il que je trouve le mec parfait, qu'il m'aime, et que je ne puisse pas être avec lui ? C'était vraiment injuste.

Je décidais de jouer un peu.

-C'est une bonne idée ça ! On pourrait prendre quelques minutes pour le faire. Rien que tous les deux, ajoutais-je en battant des cils.

Oui, c'était cruel mais j'aimais savoir qu'il était jaloux. Et puis, je sentais que j'allais bien m'amuser à jouer avec ces deux-là.

Je crus que Peter allait exploser de fierté alors que Jasper bouillonnait à ses côtés. Il me jetait un regard furieux et je lui rendis un sourire innocent.

A sa tête, je voyais clairement qu'il cherchait un moyen de m'éloigner de son cousin. Tsss…tu peux chercher mon gars, je m'amuse trop pour partir.

Peter ouvrait et fermait successivement la bouche sans savoir quoi dire, surpris de ma coopération si rapide alors que sa sœur observait la scène, amusée.

Soudain, le visage de Jasper s'illumina de sa trouvaille.

-Dis Alice, tu ne devais pas allez voir Bella aujourd'hui ?

Mais c'est vrai ça ! Et il était presque dix heures ! Il allait me falloir beaucoup de temps pour tout arranger ! Merde, il faut que je me grouille !

Esmé

J'étais bien.

Je sais, c'était stupide de penser que tous mes problèmes allaient s'arranger juste parce que ma sœur était là mais je ne pouvais pas m'empêcher de lui vouer une confiance aveugle. Depuis qu'on était enfant, elle avait toujours été là pour moi. Que ce soit pour m'aider à éloigner les garçons trop collants ou pour me soutenir dans ma grossesse, elle m'avait toujours aidé. Et je savais que grâce à elle, mes problèmes avec Carlisle allaient être réglés. En tout cas, je l'espérais. Parce que je l'aimais, et j'aimais ses enfants.

Presque par réflexe, je glissais ma main dans celle de mon mari et il me sourit, surpris mais heureux. Ca ne voulait pas dire que je faisais la paix, mais juste que j'y pensais.

Carlisle et Véra s'entendaient mieux que je n'aurais pu l'espérer. En même temps, ma sœur s'entendait toujours avec tout le monde. Elle était capable de dérider n'importe qui en quelques phrases. Voilà pourquoi elle se trouvait actuellement dans une discussion animée à propos de politique – je n'étais même pas au courant qu'elle s'y connaissait en politique jusqu'à aujourd'hui – avec mon mari.

Moi, je m'occupais d'Henry, posé sur mes genoux. Je n'en revenais toujours pas de voir à quel point mon neveu avait grandi. En ce moment, il grignotait tranquillement des céréales, les rongeant comme s'il était un petit écureuil. Adorable.

-'As vu tata ? m'interpella-t-il en me montrant deux céréales collées. Ses des 'melles. Comme Roze et Zazz.

Je lui souris et embrassa tendrement ses boucles brunes. L'avoir près de moi ne faisait que renforcer mon désir d'avoir un bébé à moi, bien que j'ai eu des doutes lorsque Véra et lui était venus nous réveiller à 6h30 du matin. Mais il était trop mignon et j'espérais qu'il pourrait faire craquer Carlisle.

J'entendais les filles discuter depuis la cuisine mais je ne comprenais pas ce qu'elles se disaient.

J'étais heureuse de voir la tournure que prenaient les choses. J'avais imaginé l'arrivée de ma sœur comme l'apocalypse mais finalement, tout allait bien. Et j'avais été ravie de constater qu'Alice et Charlotte s'entendaient bien. Déjà, ça ferait du bien à Charlotte. Je savais qu'elle était très triste que Rosalie ait cessé de passer du temps avec elle depuis la naissance de son frère. En même temps, je ne pouvais pas y faire grand-chose. Force Rose a rester avec sa cousine était une mauvaise idée, puisque ça ne servirait qu'à créer une véritable rancœur entre elles.

Mais ce matin, lorsqu'Alice et Charlotte étaient descendues, les yeux de ma nièce brillaient de bonheur et elle regardait Alice comme si elle la vénérait. Et puis, ça prouvait qu'Alice n'était pas génétiquement conçue pour haïr toutes les personnes de notre famille. Ca me redonnait espoir qu'un jour elle puisse s'entendre avec, si pas Rosalie, au moins Jasper.

-Salut m'man !

Je redressais la tête et aperçus Jasper et Peter au pied de l'escalier, toujours en pyjama. Mon fils nous salua vaguement de la main, encore à moitié endormi. J'étais prête à parier que c'était Peter qui l'avait réveillé.

-Bonjour les garçons.

-Y a quoi à manger ?

Je souris en pensant aux courses gigantesques que j'allais devoir faire aujourd'hui. Je n'étais même pas sûre que le frigo résiste une fois qu'Emmett sera réveillé.

-Des céréales. Alice et Charlotte sont déjà dans la cuisine si vous voulez les rejoindre.

Les yeux de Peter s'illuminèrent à la mention d'Alice. Tiens donc…Ce serait mignon s'ils se mettaient ensemble. Un deuxième couple dans la famille nous aiderait peut-être à nous souder.

Les garçons disparurent dans la cuisine et je sentis le regard de Véra sur moi.

-T'as vu la tête de Peter quand t'as mentionné Alice ? s'enthousiasma-t-elle. Il y a de l'amour dans l'air.

-Quoi ? s'écria aussitôt Carlisle en se redressant. Mais absolument pas ! Ils sont trop jeunes !

Ma sœur se mit à rire et je la rejoignis aussitôt, accompagnée d'Henry.

-Carlisle, soupira dramatiquement Véra. Je suis certaine que tu sais bien peu de choses sur ta fille…notamment à propos des garçons…

-C'est faux ! Alice me dit tout, elle…

Il se figea face au sourire plein de sous-entendu de ma sœur et je décidais de calmer le jeu.

-Ce n'est pas vraiment la question du moment, déclarais-je. On devrait plutôt trouver une activité pour aujourd'hui. On ne va pas les garder enfermés toute la journée et le soleil tombe plutôt bien, autant en profiter.

Carlisle marmonna quelque chose à propos d'un couvent alors que Véra réfléchissait.

-Il y a une plage pas loin non ? proposa-t-elle. On pourrait y aller. J'ai justement apporté des pistolets à eau et autres jouets.

Je fronçais les sourcils à l'idée de la bataille d'eau – d'habitude, je n'étais pas contre mais là, il était capable de réellement se faire la guerre – mais acquiesçais à l'idée de la plage. Au même moment, Alice sortit de la cuisine en trombe.

-J'vais m'habiller ! nous lança-t-elle. Et puis je vais chez Bella !

Elle s'apprêtait à monter mais Carlisle la rappela.

-Alice attends !

-Quoi papa ? râla-t-elle en venant vers nous. Je suis pressée.

Un instant je crus qu'il allait lui parler de cette histoire de garçons et de couvent mais non, vu sa tête, ce n'était pas ça.

-On prévoyait de passer la journée ensemble à la plage. Tu ne vas quand même pas partir de ton côté.

Elle ouvrit la bouche, choquée et nous regarda alternativement.

-Quoi ? Mais…t'avais dit que je pourrais aller la voir aujourd'hui ! T'avais promis !

-Tu iras demain. Aujourd'hui, on reste en famille.

-Mais c'est injuste ! protesta-t-elle.

J'étais d'accord avec elle. Ce n'était pas comme si elle ne nous avait pas prévenus, elle avait demandé à y aller hier.

-Carlisle, tu devrais la laisser y aller. Elle nous rejoindra plus tard. Elle pourra même amener Bella si elle veut.

-C'est vrai, renchérit Véra. Plus on de fous, plus on rigole !

Il s'apprêta à répondre quelque chose mais je lui lançais un regard qui ne laissait pas place à la discussion.

-Bon d'accord, vas voir Bella. Mais pas trop longtemps.

-Génial ! Et euh…je peux prendre Charlotte ? Pour lui faire rencontrer Nessie.

-Bien sûr ! C'est une excellente idée, approuvais-je.

Je n'y avais même pas pensé. Pourtant, c'est vrai qu'elles ont presque le même âge.

-Cool ! s'écria-t-elle en repartant vers l'escalier. Viens Charlotte !

Comme si elle nous écoutait depuis le début, Charlotte apparut dans la pièce et la rejoignit rapidement, souriant jusqu'aux oreilles.

Arrivée au milieu des marches, Alice se tourna brièvement vers nous. Elle planta son regard dans le mien et sourit timidement.

-Merci Esmé, murmura-t-elle si bas que j'étais à peine sûre d'avoir bien entendu.

Bella

Amusée, je regardais Nessie courir partout dans la maison à la recherche de ses lunettes de soleil. La dernière fois qu'elle avait pu les utiliser devait remonter à plusieurs mois et elle ne se rappelait plus du tout où elle les avait rangées. Encore qu'elle ne se rappelait jamais d'où elle rangeait les choses. J'étais la maniaque et elle était la bordélique.

-Allez Bella aide-moi à chercher ! gémit-elle à mon attention. Sinon on pourra pas aller bronzer.

Elle s'était mise en maillot, persuadée que l'apparition du soleil signifiait qu'il faisait quarante degrés. Naïve. Mais c'est vrai que c'était une journée plutôt chaude, pour le mois d'avril.

-Qu'est-ce que tu espères ? répliquais-je en lui faisant les gros yeux. Tu sais très bien que tu ne bronzeras pas.

Nous étions toutes les deux pâles comme des vampires et aucune exposition prolongée au soleil n'avait réussit à changer ça. La seule différence c'est que cette pâleur la rendait jolie alors qu'elle me donnait l'air d'une morte.

-Et puis tu n'as qu'à savoir où tu ranges tes affaires, ajoutais-je.

Elle me tira la langue et partit fouiller une autre pièce. De toute manière, je ne vois pas ce que ses lunettes feraient dans la cuisine.

Je profitais de cette solitude momentanée pour sortir la glace du frigo. Trois boules chocolat, avec une tonne de chantilly. J'en mangeais minimum une par jour depuis ce maudit bal.

Oui, ça faisait grossir et alors ? C'était le seul truc qui arrivait à panser mon cœur blessé.

En même temps, je n'étais qu'une idiote. Comment avais-je pu gober une seconde qu'un type comme Edward s'intéressait à moi. Je suis certaine qu'il avait couru rejoindre Tanya à l'heure qu'il est. Elle c'est une fille pour lui. Pas une ratée.

J'inspirais profondément et enfournais une grosse cuillérée de glace dans ma bouche. Mmmh… C'est bon. Et ça réconforte.

Mais le pire dans cette histoire, c'était Alice. Edward, je pouvais l'oublier. Ce n'est pas comme s'il y avait vraiment eu quelque chose entre nous.

Enfin, si l'on oubliait la plus belle soirée de ma vie accompagné de ce baiser. Mon premier baiser. Et sans doute le plus merveilleux de l'univers. Mais j'en aurais d'autres dans ma vie, des baisers. Alors que des amies comme Alice, jamais.

J'avais envie de l'appeler, de la revoir.

Je savais qu'elle n'y était pour rien dans cette histoire et je voulais à nouveau l'entendre me parler de sa famille, de sa haine envers Rosalie. L'écouter me raconter les idioties d'Emmett. Pouvoir à nouveau me confier à elle et retrouver le peu de confiance en moi que j'avais acquis à ses côtés.

Mais malgré tout ça, je ne pouvais pas. Parce que c'était la sœur d'Edward et que je ne pourrais pas l'oublier si je le voyais tous les jours. Alors, même si ma sœur était révoltée à cette idée et avait menacé de me faire la guerre, il fallait que je rompe tout lien avec Alice.

La sonnette de l'entrée retentit soudain et je posais ma glace en me demandant qui ça pouvait bien être. Je rejoignis la porte en quelques secondes et l'ouvris en grand, sans me douter une seconde de qui se trouvait derrière…

-Alice ? !

Elle se tenait face à moi, le regard obstiné et furieux. A ses côtés se tenait une gamine que je ne connaissais pas et qui semblait avoir l'âge de Nessie.

-Isabella ! m'interpella Alice d'un ton sec. Toi et moi il va falloir qu'on parle sérieusement!

-Alice je…

Je n'eus pas le temps de terminer ma phrase que Renesmée déboulait en courant et se jetait dans les bras de ma future ex-meilleure amie. Enfin je crois.

-Alice ! Tu m'as manquée ! Je l'ai dit à Bella de te téléphoner mais elle voulait pas m'écouter ! Mais je savais que tu nous abandonnerais pas comme ça ! Et j'avais raison ! T'es venue et… C'est qui ?

Ma petite sœur stoppa sa logorrhée et fixa l'inconnue d'un air incrédule.

-Heureuse de te revoir Nessie, répondit Alice en lui souriant. Elle c'est Charlotte, la cousine de Rosalie.

-Une Hale ? s'écria ma sœur avec une grimace dégoutée. Vade Retro Satanas !

Elle prit une position défensive alors que Charlotte levait les bras au ciel.

-Mais je ne m'appelle pas Hale ! s'exaspéra-t-elle.

-Peu importe, tu partages leur sang alors va-t-en !

-Renesmée ! la réprimandais-je doucement. Arrête tes bêtises. Et puis, d'où tu connais une telle expression ?

-C'est Jacob qui m'a appris !

Je ris en voyant son expression fière et Alice se racla la gorge pour attirer mon attention.

-On peut entrer ? demanda-t-elle en recouvrant son visage sérieux et en colère.

-Evidemment.

Je me sentais anxieuse. Je n'avais pas prévu d'affronter Alice en face-à-face avant la rentrée. Et puis, elle m'effrayait un peu. Je me sentais comme une petite fille prise en faute.

Alice entra et se tourna vers Nessie.

-Ecoute Ness, j'ai amené Charlotte parce que je pense que vous allez bien vous entendre toutes les deux. Tu n'as qu'à l'amener dans ta chambre et faire connaissance. Et puis, n'oublies pas, ça fera une alliée en plus.

Elle fit un clin d'œil à ma sœur qui bomba fièrement le torse.

-Compris Alice ! déclara-t-elle en faisant un petit salut militaire. Viens Charlotte !

Elles disparurent dans l'escalier et Alice se tourna vers moi, les poings sur les hanches et le regard décidé.

-Très bien Isabella, allons au salon.

Je m'exécutai sans broncher, sentant que c'était la chose la plus prudente à faire. Malgré tout, cela me faisait bizarre de l'entendre utiliser mon prénom complet.

-Assise, ordonna Alice en m'indiquant un fauteuil.

A nouveau, j'obtempérai immédiatement et elle se plaça juste en face de moi, me dominant de sa – petite – hauteur.

-Bien, nous sommes presque adultes et par conséquent, je suis certaine que nous pouvons discuter de manière mature. Qu'en dis-tu Bella ?

J'étais heureuse du retour de mon diminutif, mais elle me faisait peur. Elle avait parlé d'une voix douce et calme, mais il y avait des intonations de menace dans sa voix.

-Je…je suis d'accord, balbutiais-je.

-Parfait, susurra-t-elle. Je vais donc commencer par t'expliquer le fond de ma pensée…

J'étais incapable de la quitter des yeux. Pour une raison mystérieuse, elle avait attrapé un des magazines de pêche de mon père et l'avait soigneusement roulé en boule. Mon instinct de survie m'ordonnait de fuir, mais mon amitié envers Alice m'en empêchait.

-Bella…tu n'es qu'une idiote !

Sans plus de cérémonie, elle se mit à me frapper sur la tête avec le fameux magazine.

-Aïeuh ! Mais t'es folle ! m'écriais-je en me protégeant du mieux que je pouvais avec mes bras.

-Comment tu as osé me faire ça ! Ignorer mes messages et mes appels ! Tu sais combien de fois je t'ai appelé depuis ce matin ? 38 fois ! Et pas une fois tu ne m'as répondu.

38 ? J'avais coupé mon téléphone au onzième appel en absence…

-Je suis désolée Alice ! Mais arrête de me frapper ! Je ne voulais pas te blesser mais c'était trop dur…

-Trop dur ? répliqua-t-elle en doublant d'ardeur. D'appeler ta meilleure amie ?

-Mais tu sais…à cause d'Edward…

-Mon frère est tout aussi idiot que toi ! Il t'aime et ce sont ses sentiments qui lui ont fait peur ! Mais ça ne t'excuse en rien !

Maintenant, elle me faisait vraiment mal. Mais je m'en fichais. Edward m'aimait. C'était ce qu'elle avait dit.

Elle avait raison. J'étais la pire des idiotes.

-Je suis désolée Alice ! Tu as entièrement raison ! Je n'aurais pas du t'ignorer comme ça ! T'y étais pour rien. Tu peux me pardonner ?

Les coups se stoppèrent brusquement et Alice me fixa, son magazine – un peu en morceaux désormais – figé en l'air.

-Te pardonner ? Mais évidemment que je te pardonne imbécile !

Elle lâcha son arme et se jeta dans mes bras.

-Bella ! Tu m'as manquée !

Je la serrais contre moi, heureuse de l'avoir retrouvée mais toujours un peu mal à l'aise face à ses démonstrations d'affection exubérantes. D'autant plus qu'elle me tabassait à mort deux minutes plus tôt.

-Si tu savais tout ce que je voulais te raconter depuis le temps ! déclara-t-elle.

Je souris, heureuse d'avoir enfin des nouvelles de la situation Hale-Cullen. Elle défit son étreinte et s'assit par terre. Elle planta son regard dans le mien et leva son doigt en l'air de manière autoritaire.

-Bien Bella, j'ai une heure pour tout te raconter et puis, je vous emmène toi et Nessie à la plage pour rejoindre les autres.

Les autres ? Donc…Edward ?

Je me sentis devenir toute blanche et Alice parut le remarquer.

-T'inquiète pas, je te jetterais pas dans la fosse aux lions toute seule, me rassura-t-elle avec un sourire. De toute manière, avant de s'occuper de tes problèmes de cœur, il faut que je te parle des miens. Je ne peux pas garder ça secret plus longtemps !

Elle paraissait excitée comme une puce de me le dire, mais aussi terriblement anxieuse. Elle avait réussi à attiser ma curiosité.

-Dis-le alors ! m'impatientais-je.

-Attends, d'abord promet de ne le répéter à personne. Pas même à Edward. A Nessie non plus.

-C'est si énorme que ça ?

-Tu n'imagines même pas…

J'étais certaine qu'elle exagérait. Je promis malgré tout et attendis qu'elle lâche la bombe. Elle inspira un grand coup et…

-Je suis amoureuse de Jasper.

Elle me regarda, redoutant ma réaction. Quant à moi, je tentais d'assembler les morceaux.

Jasper… Hale… Le frère jumeau de Rosalie… Son demi-frère.

Elle n'était pas censée le détester ? Et puis, elle était folle de me lâcher ça comme ça ! C'était une blague. Forcément. Ca ne pouvait pas être autre chose.

Mais pourquoi j'avais promis moi ?

-T'es sûre ? réussis-je à articuler.

Elle hocha la tête d'un air coupable.

-Et lui ? Tu sais s'il…

-Oui, il me l'a assez bien fait comprendre. Mais on a rien fait hein !

-J'espère bien ! Je te rappelle que c'est ton frère !

-Pas vraiment, protesta-t-elle faiblement. Mais c'est compliqué. C'est pour ça que je voulais t'en parler, pour que tu me conseilles.

-Te conseiller ? Mais c'est très simple, oublie-le et vite.

-Mais Bella, gémit-elle. Je l'aime !

Je soupirais en me prenant la tête entre les mains. Dans quelle histoire elle m'avait embarquée encore ?

-C'est qui que t'aime Alice ?

On sursauta toutes les deux à la voix de ma sœur et je me tournais vers les deux petites qui se tenaient au milieu de l'escalier, les yeux pleins de curiosité.

-Personne, répondis-je aussitôt.

Elles plissèrent les yeux d'un air suspect et je m'empressais de détourner la conversation.

-Dis Nessie, t'as retrouvé tes lunettes finalement ? Parce qu'on va à la plage !

-La plage ! Génial !

Emmett

Je m'ennuiiiie.

Non mais c'est quoi cette idée stupide de nous faire venir ici ? C'est pas parce que le soleil daigne enfin pointer le bout de son nez que nous sommes forcés de venir à la plage. D'autant plus que c'est même pas une plage ça. Le sable était humide et froid, l'eau gelée et il ne faisait même pas assez chaud pour que je puisse retirer mon T-shirt.

Je m'ennuiiiie.

En plus personne ne veut rester avec moi. Jasper et Peter discutent dans leur coin, Rosalie gribouille dans le sable d'un air rêveur, Edward est assis dans le sable avec un air rêveur (ils ont le même sourire béat et complètement stupide sur le visage), papa surveille Henry et Esmé et Véra ont déserté le terrain pour allez « discuter entre filles ».

Je m'ennuiiiie.

Même Seth est allongé dans le sable, fixant les vagues d'un air absent. C'est un chien merde ! Les chiens ne peuvent pas avoir l'air absent !

Je m'ennuiiiie.

Qu'est-ce que je donnerais pour être au chaud sur le canapé, entrain de battre mon record sur Grand Turismo ou de zigouiller deux ou trois types dans Call of Duty

Je m'ennuiiiie.

En soupirant, je me levais et me dirigeais vers papa. Il observait Henry creuser un trou avec sa pelle en plastique comme s'il s'agissait du spectacle le plus passionnant du monde.

Sauf que c'était juste un bébé qui creusait.

-Papa, il y a rien à faire, me plaignis-je. Pourquoi on est venu ?

-Pour passer du temps ensemble.

-Mais personne ne parle à personne ! lui fis-je remarquer. C'est vraiment nul.

-Emmett, arrête un peu de te plaindre. Véra a apporté une caisse avec des pistolets à eau si ça peut faire ton bonheur.

Il indiqua une boîte posée pas loin que je n'avais même pas remarquée. Comprenant que je l'ennuyais, je m'y dirigeais en bougonnant.

Des pistolets à eau. C'était se foutre de la gueule du monde ça. C'était des jeux de gamins et j'avais 17 ans, ça ne m'intéressait absolu…

Oh ! Il est trop génial le bleu et rouge !

Emerveillé, je m'emparais du fusil de mes rêves et le soupesais. Génial ! Il était juste parfait ! En plus il avait un réservoir de 1 litre et demi ! Youhou, trop cool ! J'allais être le plus fort avec ça.

Je courus jusqu'à la mer pour aller remplir ce fameux réservoir. Seth redressa la tête en me voyant et se précipita dans ma direction. Ce chien n'était pas débile, il savait qu'il pouvait compter sur moi pour mettre de l'action.

Enfin, pas débile…ça se discutait. Une fois dans l'eau, il s'était mis à essayer d'attraper les vagues.

Bon, une fois que mon arme fut pleine, je me tournais vers les autres et cherchait ma première victime du regard. Rosalie choisit pile ce moment pour s'étirer et Seth, prenant ça pour une invitation à jouer – c'était un éternel optimiste, il n'avait toujours pas compris que Rosalie le détestait – courut dans sa direction. Dès qu'il fut près d'elle, il s'ébroua joyeusement, aspergeant ainsi Rosalie d'eau.

-Putain ! Crétin de chien ! Va emmerder quelqu'un d'autre !

Finalement, Seth n'était pas débile. D'ailleurs, il ne s'appelait même pas Seth.

Non, en réalité c'était l'agent 002, le fidèle compagnon de l'agent 001 – ça c'est moi ! – et nous avons été envoyé pour vaincre la terrible Reine des Glaces, j'ai nommé Rosalie Hale. Car cette femme, derrière ses airs magnifiques de déesse, n'était nulle autre que la pire méchante que l'univers ait connu !

Et moi, l'agent 001, accompagné de l'agent 002, nous étions chargés de l'anéantir avant qu'elle ne domine le monde !

D'abord, musique d'ambiance !

Je me mis à fredonner doucement le thème de « Mission Impossible » et m'approchais discrètement de Rosalie qui fulminait toujours contre le chien. Pardon, contre 002. J'avais songé à ramper dans le sable mais finalement, je trouvais que c'était une mauvaise idée. Je me retrouvais donc debout, face à la Reine des Glaces.

-Qu'est-ce que tu veux ? grommela-t-elle.

Je pointais mon arme sur elle, un grand sourire étalé sur le visage, et visais.

-T'empêcher de dominer le monde ! répondis-je en tirant.

Elle hurla en recevant le jet d'eau et me jeta un regard furieux alors que tout le monde tournait la tête vers nous.

-Enfoiré ! rugit Rosalie en secouant son T-shirt trempé.

-Hé tout le monde ! criais-je. C'est la guerre ! Hale contre Cullen !

Les deux sbires de la Reine des Glaces lui lancèrent un regard interrogatif et elle acquiesça silencieusement, savourant d'avance sa vengeance.

Moi je rejoints 003 – Edward – en quelques enjambées et lui indiqua l'emplacement du coffre aux armes.

-Va te chercher un flingue, ordonnais-je. Et bats-toi jusqu'à l'arrivée des renforts !

-Putain Em', j'ai pas envie de jouer à tes jeux !

-L'honneur de notre famille est en jeu, déclarais-je solennellement.

Un coup d'œil à nos ennemis m'indiqua qu'ils avaient déjà trouvé la planque aux armes…ça commençaient mal. De plus, nous étions en minorité. Ca commençait très mal !

Je vis Sbire n°1 – Jasper évidemment – souffler quelque chose à l'oreille de la Reine des Glaces. Quoiqu'il ait pu lui dire, elle refusa et plongea son regard glacial dans le mien.

Ainsi, elle voulait un duel…Seule face au grand 001.

Rosalie

Il allait me le payer. J'allais lui faire regretter d'être né. A lui et à son stupide chien.

Je détestais être mouillée, et il allait me falloir des heures pour sécher. Tout ça à cause d'un abruti qui s'amusait encore à jouer avec un pistolet à eau. Mais j'allais le battre à son propre jeu.

D'un geste rapide et habile, je remplis le réservoir de mon jouet et le pointais en direction d'Emmett. Finalement, c'était plutôt bien ses engins. J'allais pouvoir tirer sur les Cullen sans risquer de les tuer. C'était juste dommage qu'Alice ne soit pas là.

-Tu ne pourras pas m'avoir Rosalie, déclara malicieusement Emmett avec un sourire idiot.

A quelques mètres de nous, Jasper et Peter s'acharnait sur Edward. Bien fait pour lui. Pour une fois, nous avions l'avantage numérique et nous allions gagner. J'eus un sourire malveillant.

-Tu veux parier ?

Je tirais un premier jet mais il l'évita habilement avant de riposter. J'esquivais à mon tour et nous continuâmes ce petit jeu durant plusieurs minutes. Je remarquais discrètement que son réservoir était presque vide lorsque la voix d'Alice nous fit sursauter.

-Hé ! A quoi vous jouer ?

Je levais la tête et l'aperçus, en compagnie de Charlotte et des deux sœurs Swan. Je grinçais des dents en comprenant qu'on perdait notre supériorité numérique mais reportais aussitôt mon attention sur Emmett. Il faisait de grands signes à sa sœur.

-Allez aider Edward ! leur cria-t-il. C'est Cullen contre Hale !

Sans prêter attention à la réaction des autres, je pointais mon arme en plein sur le cœur d'Emmett. T'aurais jamais dû relâcher ton attention mon gars. Victorieuse, je tirais, vidant ainsi ma réserve d'eau.

-Gagné ! m'écriais-je alors qu'il me fixait d'un air ahuri.

Me lançant un regard noir, il essora son T-shirt mouillé en grimaçant.

-Joli coup ! déclara-t-il. Mais tu vas le regretter.

-J'attends de voir ! le défiais-je.

Sans prévenir, il ôta son T-shirt et le jeta par terre.

Je me figeais aussitôt, totalement subjuguée. C'était la première fois que je le voyais torse nu et… comment dire… c'était juste… wow. Le corps d'Emmett était tout simplement parfait.

A l'intérieur de moi, je sentis comme un courant électrique me parcourir alors que je ressentais l'envie irrépressible de caresser ses abdos.

Prenant conscience de mes pensées, je secouais la tête en tentant de penser à autre chose. Royce par exemple. Oui voilà, Royce. C'était un sportif aussi, et puis il était intelligent. Oui mais Emmett était…

Je poussais brusquement un hurlement alors que je sentais quelqu'un me soulever. Profitant de mon inattention passagère, Emmett s'était approché en douce et me serrais désormais en étau dans ses bras… collée contre son torse.

Un frémissement de plaisir parcourut le bas de mon ventre alors qu'il se dirigeait vers la mer.

-Alors, chuchota-t-il à mon oreille. Ma vengeance est-elle à la hauteur de tes attentes ?

Je compris soudainement ce qu'il avait l'intention de faire et repris totalement mes esprits.

-T'as pas intérêt à faire ça, sifflais-je furieusement.

-Essaie de m'arrêter.

Je commençais à me débattre du mieux que je pouvais, mais il me serrait fort. Et puis être collée ainsi contre lui était assez déroutant.

-Jazz ! hurlais-je. Viens m'aider !

A une vingtaine de mètres de nous, mon frère me regarda d'un air impuissant. Lui et Peter s'étaient faits encercler par Alice, Edward et Bella. Un peu plus loin, Charlotte et Nessie s'affrontaient en duel, mais elles semblaient surtout jouer.

Au même moment, Emmett se stoppa et me fit un sourire charmeur.

-Ne défie jamais plus un Cullen, Rosie, déclara-t-il avant de me lancer dans l'eau.

Je criais en entrant en contact avec le liquide glacé et me redressais aussitôt, trempée et furieuse. Cet abruti eut un grand sourire et plaça ses mains en porte-voix.

-On change les règles ! déclara-t-il à l'attention de tous. Filles contre garçons !

Edward

Trempé et fatigué, je bénéficiais du changement de règles de mon frère pour battre en retraite. Franchement, je me demandais vraiment ce qui passait par la tête d'Emmett pour qu'il ait des idées pareilles. Filles contre garçons… Avait-il seulement conscience que cela impliquait qu'Alice et Rosalie fassent équipe ?

Heureux du court répit qui m'était accordé, je me laissais tomber dans le sable et posais mon arme en plastique à mes côtés. Les cris des autres continuaient de retentirent et je profitais de cette occasion pour observer le champ de bataille.

Nessie et Charlotte, apparemment ravies de pouvoir faire équipe, se défoulaient sur ce pauvre Peter à grands cris. Elles s'étaient vraiment bien trouvées ces deux-là.

Jasper n'avait eut d'autres choix que de délaisser son cousin, trop occupé à parer les tirs de ma petite sœur et de Bella. Et finalement il y avait Rosalie qui hurlait sur Emmett, encore furieuse qu'il l'ait mise à la flotte. Et pour accompagner le tout, Seth qui gambadait dans tous les sens en aboyant.

Apparemment, mon répit allait être prolongé et c'était vraiment une excellente nouvelle. Depuis qu'Alice avait débarquée avec les deux sœurs Swan, je n'arrivais plus à me concentrer.

Bella était ici, à quelques mètres de moi. Et elle ne semblait ni furieuse, ni en colère contre moi. En réalité, elle se comportait plutôt comme si je n'existais pas. Et ça ne faisait que décupler ma culpabilité.

Je savais que je l'avais blessée et j'aimerais réellement pouvoir me faire pardonner, mais je ne savais pas comment m'y prendre. J'étais certain que si je me retrouvais en face d'elle, je ne serais même pas capable d'articuler un mot, et j'aurais l'air parfaitement ridicule.

Pourtant, je voulais vraiment m'excuser, et discuter avec elle. La faire rougir à nouveau. Ou revoir son sourire. Et l'embrasser.

Perdu dans mes pensées, je n'avais pas remarqué que quelqu'un s'était approché de moi en catimini et sursautais en entendant une respiration derrière moi. Par réflexe, je ramassais mon pistolet et le brandit tout en me redressant d'un bond. C'est alors que je me retrouvais nez à nez avec…

-Bella, déclarais-je, surpris.

Elle se tenait devant moi, le visage fermé.

-Salut Edward, répondit-elle d'une voix atone. Alice m'envoie.

-Alice ?

J'haussais un sourcil et tournais la tête en direction de ma sœur qui affrontait désormais Emmett. Apparemment, elle avait changé d'adversaire avec Rosalie qui affrontait son propre frère.

Je reportais mon attention sur Bella et croisais accidentellement son regard. Elle sembla aussitôt perdre le peu de confiance en elle qu'elle possédait et ses joues rosirent.

-Selon elle, on doit parler tous les deux, murmura-t-elle.

-Ah.

Je la fixais et elle me fixait en retour sans que l'on échange un mot. A des milliards d'années lumières, j'entendis Alice pousser un hurlement strident alors qu'Emmett lui offrait le même sort qu'à Rosalie quelques minutes plus tôt.

-Putain Emmett ! Tu vas me le payer !

Mais tout cela semblait vraiment très très lointain. Alors qu'à quelques centimètres de moi seulement, il y avait Bella. Je compris que c'était le moment où jamais de me faire pardonner, alors je décidais de me jeter à l'eau (au figuré dans mon cas).

Je baissais la tête et pris un air penaud.

-Bella, je suis sincèrement désolé. Je me suis comporté comme un abruti. J'aurais du te téléphoner, d'ailleurs j'ai failli le faire, mais j'ai paniqué et…

-Arrête. Je n'en veux pas de tes excuses.

Étonné par la colère dans sa voix, je la dévisageais et constatais qu'elle avait les larmes aux yeux.

-Tu…Tu pleures ?

-Non ! Ce sont des larmes de rages ! Comment tu as pu me faire ça ? Tu t'imagines que je n'ai jamais fait confiance à personne ! Personne ! Et toi tu débarque avec tes cheveux en bataille et ton sourire en coin, tu m'éblouis et tu deviens le centre de gravitation de la moindre de mes pensées !

Sourire en coin ? Quel sourire en coin ? Et puis qu'est-ce qu'elle entend par « éblouir » ?

-Bella je…

-Le pire, c'est que j'ai toujours su qu'une fille comme moi n'avait rien à faire avec un type de ton genre. Mais tu étais tellement gentil ! Et puis tu m'as laissé espérer au bal…Comment t'as pu faire ça ? C'était pour mieux briser mon cœur après ?

Alors elle pensait que je lui avais fait du mal volontairement. Mais je n'étais pas un garçon de ce genre.

-Bella…

-TAIS-TOI ! hurla-t-elle. Je te déteste Edward ! Je…Je…

Sans comprendre ce qui m'arrivait, je reçus un jet d'eau en pleine figure. Aveuglé et déboussolé, je basculais en arrière.

Crachotant, je tentais de reprendre mon souffle alors que Bella lâchais son arme pour plaquer ses mains sur sa bouche.

-Oh mon Dieu Edward ! Je suis désolée ! Je ne voulais pas…

Sans lui laisser le temps de terminer ses excuses, je lui attrapais la cheville et la fis tomber à mes côtés. Elle ne protesta même pas et rougit à peine lorsque je plongeais mes yeux dans les siens. Décidément, cette fille avait les plus beaux yeux du monde.

-Je n'ai jamais voulu te faire souffrir, déclarais-je simplement avant de l'embrasser.

Pendant un instant, j'eus peur qu'elle me repousse. Après tout, elle venait de m'annoncer qu'elle me détestait. Mais non, elle me rendit mon baiser. Avec passion en plus.

Nous roulâmes dans le sable mouillé et elle eut un petit rire à travers notre baiser.

Ce fut le cri de joie aigu d'Alice qui décolla nos lèvres et nous força à défaire notre étreinte. Juste à temps d'ailleurs, car ma sœur bondit au cou de Bella.

-Je le savais ! pépia-t-elle. Vous allez parfaitement ensemble !

Enthousiasmé par tout ce remue-ménage, Seth se précipita également vers nous en courant, bien décidé à participer aux festivités. Je le caressais affectueusement et il me récompensa par un beau filet de bave qu'il essuya sur mon T-shirt.

Jetant un coup d'œil aux alentours, je constatais avec effroi que tout le monde nous regardait. Emmett en me faisant un grand sourire et en pointant ses pouces vers le haut. Jasper et Peter en tentant poliment d'avoir l'air désintéressé. Rosalie avec une mimique hautaine et dégoutée. Charlotte et Nessie en sautillant sur place et en pouffant de rire.

Sentant que je commençais à rougir, je détournais la tête pour dissimuler ma gêne et espérant ainsi cesser d'être le centre d'attention. Mais évidemment, c'était compter sans mon frère.

-Oh, comme ils sont mignons nos deux petits amoureux à rougir à l'unisson.

-Emmett ! le morigéna papa alors qu'Alice le foudroyait du regard.

Me rappelant brusquement la présence de mon père, je me tournais vers lui, redoutant sa réaction. Il me dévisageait avec attention d'un air surpris, comme s'il ne me reconnaissait pas. Mais, au bout de quelques secondes, il finit par m'adresser un sourire fier et encourageant.

Aussitôt, je me sentis gonflé à bloc. Mon père venait de me donner la confiance en moi qui me manquait.

Je me tournais à nouveau vers Bella et lui sourit tendrement. Sans un mot, elle glissa ses doigts dans les miens et me sourit en retour, rosissant légèrement par la même occasion. Juste à côté de nous, Seth bondissait dans tous les sens alors qu'Alice frétillait de joie en tapant dans ses mains.

Croisant son regard, je lui articulais silencieusement un « merci » avant d'embrasser Bella à nouveau.

A cet instant précis, je n'étais certain que de deux choses.

La première, c'est que j'aimais Isabella Swan. A la folie.

La seconde, c'était que je serais éternellement redevable à ma petite sœur.

Carlisle

Une fois rentrés à la maison, Esmé organisa aussitôt un ordre de passage à la salle de bains et se chargea de préparer le dîner. Elle était plutôt contrariée d'avoir retrouvé tous les enfants trempés et couverts de sables et m'avait reproché d'avoir laissé faire. Mais j'avais vu nos enfants s'amuser ensemble et j'étais sûr que si elle avait été là, elle les aurait laissés faire elle aussi.

J'étais monté directement dans notre chambre, un peu troublé de ce que j'avais découvert cette après-midi.

Edward et Bella…Ils allaient vraiment bien ensemble, mais je n'avais rien vu venir.

Où était passé mon petit garçon qui réclamait chaque soir une histoire et qui pleurait devant Bambi ?

Quand était-il devenu ce beau jeune homme qui faisait craquer les filles ?

Pour la première fois, je me rendis compte que mes enfants avaient grandi et qu'ils allaient bientôt me quitter pour partir vivre leurs vies.

Pour la première fois également, je partageais le désir d'Esmé. Avoir un bébé à nous deux. Recommencer cette expérience fantastique. L'annonce de la grossesse. La première échographie. La naissance. Le premier sourire. Le premier mot. Les premiers pas. Les câlins à toutes les sauces.

M'être occupé du petit Henry toute la journée m'avait rappelé énormément de souvenirs, notamment les nombreuses frasques d'Emmett. Le bambin lui ressemblait tellement au même âge que je me demandais s'il n'y avait pas un quelconque lien de parenté lointain. Ce serait amusant de découvrir que Rosalie et Alice possédaient un millième de leur sang en commun. Même si du coup, il faudrait réévaluer la possibilité que moi et Esmé ont aie un bébé ensemble.

Me tirant de mes pensées, la porte s'ouvrit et Véra entra dans la pièce.

-On peut parler ? me demanda-t-elle.

-Bien sûr ! répondis-je sans hésitation, bien qu'un peu surpris.

Elle s'assit sur le lit à côté de moi et posa sa boîte à ses pieds avant de lever son visage vers moi. Elle avait les mêmes yeux bleus qu'Esmé, les mêmes traits fins mais semblait pourtant plus…speed. Beaucoup moins calme et responsable.

-Tu sais Carlisle, je suis contente que ma petite sœur ait enfin trouvé quelqu'un de bien pour refaire sa vie. Pendant un moment, j'ai cru qu'elle n'arrivait à sortir qu'avec des ratés. Entre Jérémy et Robert, c'était à jurer qu'elle le faisait exprès !

Je fronçai les sourcils mais n'émis aucun commentaire. Je savais évidemment que Jérémy était le père de Jasper et Rosalie, mais n'avais jamais entendu parler d'aucun dénommé Robert. Mais je faisais confiance à Esmé, et je me doutais que si elle ne m'en avait pas parlé, elle avait une bonne raison. Véra secoua la tête d'un air dépité en repensant à ces deux hommes avant de lever la tête vers moi.

-Mais bon, elle a fini par te trouver et vous êtes super bien assortis. Votre amour crève les yeux et j'adorerais qu'un homme me regarde comme tu la regardes elle.

Elle soupira d'un air rêveur, un sourire béat sur le visage lorsque son expression devint soudainement plus sévère.

-Mais vous être en train de tout foutre en l'air pour des raisons stupides !

-Je…, commençais-je.

-Stop ! On ne m'interrompt pas quand je parle !

Elle leva son index et l'agita, comme si j'étais un enfant qui venait de faire une bêtise.

-Tu n'es qu'un crétin ! Ma sœur ne désire qu'une chose, en dehors de toi et vos gamins. C'est une chose dont elle rêve depuis qu'elle est enfant et qu'on a toujours refusé de lui offrir.

-Quoi donc ? demandais-je, un peu perdu.

Si Esmé avait un rêve qu'elle voulait réaliser à tout prix, je ferais tout pour l'aider. N'importe quoi.

Véra se radoucit et me fixa d'un air tendre. Elle me tapota la cuisse amicalement et soupira.

-Ecoute Carlisle, je vais te raconter une histoire. La réponse à ta question est dedans, aussi évidente que le nez au milieu de la figure. Mais c'est à toi seul de la trouver. Et après, je te donnerais ça.

Elle indiqua la boîte posée à ses pieds alors que j'acquiesçais.

« -Bien. Quand on était gamines, on devait avoir huit et cinq ans, une de nos voisines s'est mariée. On avait été invitées, et c'était le premier mariage auquel on assistait. Tout était magnifique, de la robe à la pièce montée en passant par le décor et la musique. Sur le coup, j'avais trouvé ça beau mais dès le lendemain, j'étais retournée à mes occupations habituelles, grimper dans les arbres et faire des farces aux garçons du coin. Mais Esmé, elle, a conservé son regard émerveillé pendant plusieurs jours. Au bout d'une semaine, elle m'a confié qu'elle aussi voulait se marier, avec un beau prince. A l'époque, ce n'était qu'un rêve de petite fille mais il est resté gravé en elle. Moi, je m'en fichais, je préférais une bonne salopette plutôt qu'une robe.

On a grandi et les garçons ont commencé à nous intéresser. Assez tardivement pour moi donc on a commencé à tomber amoureuse en même temps. Elle a rencontré celui qu'elle croyait être son prince charmant la première, à seize ans. Elle rêvait déjà de mariage, de bébés, d'une maison à la campagne. Lui ne pensait qu'alcool, sexe et argent.

Peu après, j'ai moi-même rencontré celui que je pensais être l'homme de ma vie. Nos deux histoires se sont mal terminées mais différemment.

Elle a eu deux bébés formidables, des blessures physiques et psychologiques qu'elle n'aurait jamais pu surmonter sans eux et a vu tous ses rêves tomber en poussières.

J'ai eu un beau et grand mariage, un fils que j'adore et une belle maison.

Aujourd'hui, je trouve que la vie a été injuste. Moi, la gamine qui ne pensait qu'à faire des bêtises plutôt qu'à ces rêves de princesse, j'ai eu cinq beaux mariages et elle, celle qui a toujours rêvé d'épouser son prince dans un palais, avec une belle robe blanche et un long voile porté par de jolies demoiselles d'honneur elle a eu quoi ? Un mariage à la va-vite dans une chapelle quelconque dont elle ne se rappelle même pas. »

Elle clôtura son récit et je fermais les yeux, méditant ses paroles.

Elle avait raison, évidemment. Je me demandais comment j'avais pu me montrer aussi aveugle. C'était tellement évident maintenant. Le pire, c'est que maintenant qu'elle avait soulevé le sujet, j'en avais envie moi aussi. Un beau mariage, avec Rosalie et Alice en demoiselle d'honneur et les garçons en témoins. On pourrait même éduquer Seth pour qu'il apporte les alliances dans un joli panier.

-Je crois qu'elle a inconsciemment renoncé à tout ça il y a bien longtemps, ajouta Véra, me forçant ainsi à rouvrir les yeux. Mais je sais qu'elle n'a pas oublié. Elle ne peut pas oublier, pas après y avoir tellement pensé.

Elle ramassa la boîte et me la tendit.

-Lis-ça et inspire-t-en, m'ordonna-t-elle en se levant. Si tu as besoin d'aide, ou que j'évacue les enfants, je suis encore là pour deux jours, alors dépêche-toi.

-Merci, murmurais-je alors qu'elle quittait la pièce.

Une fois seul, j'ouvris la boîte en carton, curieux de découvrir ce qu'elle contenait…


Et voilà !

Alors, ça vous avait manqué de me lire ? En tout cas, vos reviews m'ont manquées elles, alors n'hésitez pas à en laisser des tonnes !

Je sais pas quand je pourrais reposter, avec internet en vadrouille et les examens qui approchent…Mais je ferais tout pour revenir le plus vite possible !