J'ai dépassé les mille reviews ! J'ai dépassé les mille reviews ! Je suis trop contente ! Un spécial merci à Tiana d'ailleurs, puisque c'est elle qui m'a laissé la millième (et la mille et unième aussi^^). Mais merci également à toutes les autres, car sans les 999 précédentes, je n'aurais jamais pu en avoir mille. J'en reviens toujours pas…plus de 1000 reviews…Wow !

Pour vous remercier, je vous poste le nouveau chapitre (et je viens juste de rentrer de la mer là). Je l'ai pas relu parce j'ai pas le temps. Je perds internet dans deux jours, et je sais pas quand je le récupèrerais et poster le plus vite possible me permet de lire un maximum de reviews avant de le perdre (je sais pas si ce que j'écris a du sens là, mais je suis crevée).

Bon, je vais vous laissez lire, en espérant que la relecture n'était pas indispensable.

Bonne lecture! (mille reviews…j'en reviens toujours pas…)


Alice

Si on m'avait dit que je serais triste de voir repartir les cousins de Rosalie, je n'en aurais pas cru un mot. Sauf que voilà, j'avais fini par m'attacher à Charlotte et la voir repartir aussi vite me désespérait. Pourquoi avais-je hérité de la grande peste blondasse comme demi-sœur au lieu de la gentille et adorable petite Charlotte ? Papa aurait du se marier à Véra tiens, ça aurait été mieux pour tout le monde. Remarque, je vivrais avec Peter au lieu de Jasper dans ce cas-là et ça, c'était juste impossible.

-Tu vas trop me manquer ! déclara Charlotte en me serrant contre elle de toutes ses forces.

-Toi aussi tu vas me manquer, répondis-je en lui souriant timidement.

J'étais la seule à avoir accepté de les accompagner jusqu'à l'aéroport, avec Esmé évidemment. En même temps, pour une raison un peu folle, ils avaient choisis de prendre le vol de six heures du matin. Fatalement, l'appel de la couette bien chaude était le plus fort. Même moi j'avais refusé à la base. Mais ChaCha m'avait tellement suppliée que j'avais fini par accepter de les accompagner.

-T'es vraiment trop trop gentille comme fille ! Je suis contente que tu sois ma nouvelle cousine !

Je la fixais quelques secondes, avec ses joues bien rondes et ses yeux bleus pétillants.

-Pour être honnête, j'en suis contente aussi, lui confessais-je.

Je jetais aussitôt un regard autour de moi pour m'assurer que personne d'autre ne m'avait entendue. Mais ça allait, Esmé et Véra étaient à plusieurs mètres de nous, hors de portée de mes paroles.

Ce petit coup d'œil alentour me permit de remarquer que Peter se dirigeait vers nous, l'air un peu embarrassé. Il poussa sa sœur sans ménagement et se plaça face à moi. Charlotte lui jeta un regard mécontent, lui écrasa le pied en guise de revanche et fila rejoindre sa mère.

-Alice, commença-t-il en se frottant la tête. Ce que je te demande est peut-être un peu prématuré vu le stade de notre relation…

Je haussais un sourcil, surprise. Quelle relation ?

-…mais serais-tu d'accord pour qu'on fasse une photo ensemble ? Pour la montrer à mes potes, sinon ils ne me croiront jamais. Et puis dessus, il faudrait qu'on voit qu'on est en couple alors on pourrait s'enlacer, ou même s'embrasser…

Il laissa sa phrase en suspens, attendant ma réponse. En le regardant, je réprimais un rire. Il haussait les sourcils d'un air qu'il espérait sans doute dragueur et souriait bêtement. Amusée, je décidais de pousser le petit jeu jusqu'au bout. D'ailleurs, j'étais plutôt surprise qu'il ne se soit pas encore rendu compte que je jouais avec lui.

Prenant un air tragique, je soupirais longuement.

-Ecoute Peter, je ne suis pas certaine que l'on devrait continuer. Je ne pense pas pouvoir endurer toute cette distance entre nous, et puis, notre différence d'âge…j'ai peur qu'elle ne soit insurmontable.

Mais cette fois, il réagit différemment. Son visage se ferma et il m'inspecta rapidement du regard, l'air suspicieux. Allait-il enfin comprendre que je me moquais de lui, même gentiment ? Je croyais qu'il n'atterrirait jamais…

-Rosalie avait raison en fait, grommela-t-il. Tu es une sale peste égoïste.

J'encaissais l'insulte sans broncher. Malgré les heures qu'elle passait à le faire, Rosalie ne semblait pas savoir comment se regarder correctement dans un miroir.

En revanche, Peter semblait vraiment blessé et, bizarrement, ça me faisait de la peine. Il était plutôt gentil en fait.

-Je suis désolée d'accord ? m'excusais-je aussitôt. Mais ton numéro de drague était plutôt ridicule et je voulais m'amuser un peu. Je…j'aurais cru que tu comprendrais plus vite que c'était pour rire.

Il me jeta un regard noir. Je lui souris gentiment en retour.

-J'ai ton adresse mail, on peut quand même tenter d'être amis, plaidais-je en espérant le corrompre.

Je le sentis craquer tout doucement.

-Et tu peux toujours faire croire à tes copains que c'était du sérieux, ajoutais-je sournoisement.

Cette fois, il me sourit franchement. Gagné ! J'étais pardonnée. Ca me faisait toujours plaisir de me rendre compte que mon petit pouvoir de manipulation ne marchait pas que sur mes frères.

-D'accord, amis, déclara-t-il tout en me serrant la main. Tu sais, c'est marrant mais au début, je croyais que tu me repoussais parce qu'il y avait quelque chose entre toi et Jazz. Stupide, non ?

Sa remarque me prit tellement au dépourvu que je restais figée, la bouche ouverte pendant quelques secondes. Par chance, je réussis à reprendre contenance avant qu'il ne remarque quelque chose et ricanait nerveusement.

-Ouais, vraiment stupide.

Comment l'avait-il remarqué ? Était-ce si flagrant ? Non, sinon quelqu'un d'autre s'en serait rendu compte…Mince ! J'espère que ça n'arrivera jamais aux oreilles de papa.

Par un deuxième coup de chance, les autres nous rejoignirent avant qu'on ait le temps de s'étendre sur ce sujet de conversation ô combien désagréable.

-Bon, il est temps d'embarquer les enfants ! annonça Véra. Alice, j'ai été ravie de te rencontrer. Sœurette, on se revoit au mariage ! Pour une fois que c'est le tien…

-Au revoir tata ! Au revoir Alice !

Charlotte se blottit une nouvelle fois contre moi avant de suivre sa mère et ses frères vers la zone d'embarquement. A côté de moi, Esmé soupira tristement avant de me sourire.

-On rentre ?

J'acquiesçais silencieusement alors que je réalisais brusquement qu'en acceptant de les accompagner à l'aéroport ce matin, j'avais également accepté de passer tout le trajet du retour, qui durait un peu plus de trente minutes, seule avec Esmé.

Je déglutis nerveusement à cette idée alors qu'on quittait l'aéroport. Le ciel était redevenu nuageux, et le peu de soleil auquel on avait eu droit était reparti réchauffer les veinards de Californie. J'étais en train de devenir aussi blanche que Bella moi…

Esmé démarra la voiture et le trajet commença dans un silence un peu gênant. Je me mordillais la lèvre inférieure, un peu mal à l'aise. Je m'entendais avec tout le monde d'ordinaire et je n'avais jamais eu à supporter une telle ambiance. Les Hale étaient les seules qui échappaient à cette règle.

Non…Attendez…Mais c'est même pas vrai en plus ! J'adore Charlotte et je trouve Peter assez sympa. Véra était plutôt cool, pour une adulte et Jasper…ben c'est Jasper quoi. En fait, il n'y a que Rosalie que je déteste donc il n'y a aucune raison que je ne m'entende pas avec Esmé. Elle était gentille même. C'est moi qui me conduis mal avec elle.

-Ils étaient plutôt sympa en fin de compte, déclarais-je tout-à-trac.

Elle se tourna vers moi, un peu surprise et sourit.

-Je leur dirais qu'ils ont passé le test avec succès alors, plaisanta-t-elle.

-Pas exactement, réfutais-je avec une petite grimace. Véra ressemble un peu trop à Emmett. Un seul nous suffisait largement.

Esmé rit à ma remarque et je souris. Ouais, en fin de compte, Rosalie était la seule Hale que je n'appréciais pas. Au même moment, je remarquais un détail étrange. Jasper avait les mêmes yeux que sa mère, mais pas Rosalie. Bien qu'ils soient bleus également, comme ceux de toute leur famille apparemment – j'avais d'ailleurs entendu mon frère parler d'une secte à ce propos. J'avais pas trop compris mais bon, allez savoir ce qu'il y a dans la tête d'Emmett – les yeux de Rosalie étaient…différents. En plus d'être froids et distants, ils étaient plus clairs aussi. Elle avait sans doute hérité cette couleur de son père.

Ca devait faire bizarre de savoir que non seulement on n'avait pas reçu l'héritage génétique de la famille, mais qu'en plus on avait les mêmes yeux que l'homme que l'on haïssait le plus au monde. Enfin bon, je n'étais pas là pour m'apitoyer sur le sort de Rosalie. Qu'elle se démerde avec ses problèmes.

-Au fait Alice, m'interpella Esmé, tu ne devrais pas passer ton permis pour la conduite accompagnée bientôt ?

-Non, répliquais-je joyeusement. Je préfère attendre.

Elle parut surprise, comme tous ceux à qui je faisais part de cette décision.

-Pourquoi ? A ce que je sache, tous les jeunes sont ravis de ne plus être dépendants des autres.

-Mais pas moi. En fait, expliquais-je, j'ai remarqué qu'à partir du moment où on a son permis, on peut faire nettement plus de chose, mais tout seul. Alors que moi, je serais toujours obligée de demander aux autres de me conduire et j'aurais toujours de la compagnie !

-Ton raisonnement se tint, mais encore faut-il que les autres soient libres.

-Oh, on est toujours libre pour moi, répondis-je avec un sourire malicieux.

Elle rit à nouveau à ma remarque. Ce que je ne précisais pas, c'était que ne pas passer mon permis, ça me permettait aussi de conserver un peu plus longtemps ma place de petite dernière.

Et, en me faisant cette réflexion, je me rappelais brutalement pourquoi je détestais Esmé. Elle m'avait pris mon papa et l'avait convaincu d'avoir un autre enfant avec elle. Un bébé qui allait me voler ma place, me voler mon père et sans doute même me voler mes frères. Peu importe à quel point elle était gentille, je ne pourrais jamais lui pardonner ça.

Soudainement écœurée, je fis semblant de m'étirer tout en baillant.

-Je suis crevée moi, déclarais-je en me roulant en boule sur mon siège.

Je fermais les yeux et fis semblant de dormir, m'assurant ainsi de ne plus avoir à lui parler. Etant donné que j'étais réellement fatiguée – se lever si tôt, c'était du suicide – je commençais tout doucement à sombrer réellement dans le sommeil lorsqu'Esmé fit quelque chose de déconcertant. Elle coupa la radio et abaissa tout doucement le dossier de mon siège pour que je sois mieux installée. Je me demandais si je ne devais pas ouvrir les yeux et protester mais elle fit une troisième chose, encore plus troublante. Tout doucement elle replaça une de mes mèches de cheveux et me caressa délicatement la joue.

Aussitôt, je sentis mon cœur gonflé et mes yeux s'humidifièrent. Personne n'avait jamais été aussi tendre avec moi. En fait si, une personne. Mais ça remonte à tellement loin, et j'étais si petite…

Totalement chamboulée, je ne bougeais pas d'un millimètre, gardant mes yeux résolument fermés et espérant que ce maudit trajet se termine le plus rapidement possible.

Emmett

Installé confortablement sur le canapé, je m'étirais longuement. J'allais enfin pouvoir profiter de mes vacances. Véra et sa bande de gamins étaient repartis ce matin et la maison me semblait tout à coup bien vide. Mais bon, un peu de calme faisait du bien aussi. Et puis ce qui était vide surtout, c'était mon esprit. Plus aucun souci en vue. Papa et Esmé étaient réconciliés, Alice et Edward aussi, et puis surtout, mon petit frère avait une copine. Qui l'aurait cru ? Pas moi en tout cas.

Enfin, c'était vrai qu'il y avait encore cette histoire de bébé dans l'air mais comme ni Rose ni Jasper ne semblaient décidés à en discuter avec leur mère, j'avais décidé d'attendre quelques jours également avant d'en parler à papa et de rouvrir les hostilités.

En face de moi, Edward pianotait à toute vitesse sur les touches de son GSM, un sourire niais aux lèvres.

-A qui tu envoies tous ces messages ? lui demandais-je.

-A Bella, répondit-il sans même me regarder.

-Oh…et tu lui écris quoi ?

Indiscret moi ? A peine…Et puis, il n'y a rien de bien à la télé. Faut bien que je m'occupe.

-Qu'elle me manque.

-Et elle te répond quoi ? enchainais-je en espérant que ses réponses à elle seraient un peu plus passionnantes.

-Que je lui manque. Et elle me parle du livre qu'elle est en train de lire aussi.

Mouais, finalement le programme télé n'est pas si nul. En même temps, j'imagine mal Edward écrire des textos salaces. Et encore moins la douce petite Bella.

Alors que je riais tout seul à cette idée, la sonnette de la porte d'entrée retentit. Me demandant vaguement qui c'était – il n'était même pas dix heures du matin – j'allais ouvrir.

Et me retrouvais face à la dernière personne que j'avais envie de voir devant ma porte à dix heures du matin. Ou à n'importe quelle heure d'ailleurs.

-Royce King, déclarais-je d'un ton froid. Qu'est-ce que tu fous ici ?

Il avait mis un costume et tenait un bouquet de fleurs en mains. Ri-di-cu-le.

-Cullen, me répondit-il sur le même ton. Je te retourne la question.

-J'habite ici, répliquais-je.

Il eut une mimique dégoutée en se rappelant ce détail et me toisa du regard.

- Je viens voir Rosalie.

Je l'observais de bas en haut, avec son costume, ses cheveux parfaitement coiffés, ses chaussures cirés et son stupide bouquet. On aurait dit une vieille série télé.

-Elle est occupée, déclarais-je en commençant à lui refermer la porte au nez.

Malheureusement, Esmé apparut derrière moi avant que je n'ais eu le temps de le faire et sourit à cet imbécile.

-Bonjour, vous êtes un ami d'Emmett ? lui demanda-t-elle.

Je fis semblant de vomir à cet idée alors que Royce entrait, sans que personne ne l'ait invité.

-Non, je suis Royce, l'ami de Rosalie, se présenta-t-il. Vous devez être sa mère. Vous êtes aussi charmante qu'elle.

-Merci, répondit Esmé avec un sourire accueillant. Je vais l'appeler si tu veux. Emmett, conduis donc notre invité à la cuisine.

Je plissais les yeux, mécontent, en direction de « notre invité » alors qu'Esmé montait à l'étage.

-Suis-moi, grognais-je en me dirigeant vers la cuisine.

Je ne me préoccupais même pas du fait qu'il me suive ou non. Cet abruti allait souiller ma pièce préféré. Il allait ruiner mon sanctuaire. Il allait se servir dans mon frigo vénéré…

Il n'y avait personne dans la cuisine, à part Jasper qui était adossé près de l'évier, buvant une tasse de café. En fait, non, je n'en sais rien. A chaque fois qu'on voit quelqu'un avec une tasse à la main, on suppose à tous les coups que c'est du café. Mais ça pourrait être n'importe quoi d'autre !

Je sais pas moi… On peut mettre ce qu'on veut dans une tasse ! Du thé, du lait, de l'eau, du jus d'orange, de la bière, de la vodka,…Ou alors, elle est vide et Jasper fait semblant de boire uniquement pour me faire croire qu'il boit du café et que j'en vienne à la conclusion que ça n'en était pas forcément et que toute cette logique tourne encore et encore dans mon esprit jusqu'à me donner le tournis. Ah ah ! Je l'ai démasqué avant qu'il ne parvienne à son but !

En nous voyant entrer, Jasper fronça les sourcils, sans doute surpris de voir Royce ici.

-Jasper ! déclara ce dernier en lui empoignant la main. Ravi de te revoir mon vieux !

Je soufflais dédaigneusement face à son numéro de faux-cul. Au moins Jasper ne tomba pas dans le panneau et prit un air méfiant.

-Salut, se contenta-t-il de répondre.

Au même moment, Rosalie débarqua dans la cuisine, les joues roses et les yeux brillants.

-Royce ! Qu'est-ce que tu fais ici ? s'écria-t-elle en se jetant à son coup.

-Je suis venu t'inviter à sortir, puisque tu ne sembles pas décidée à me téléphoner.

Il l'embrassa et je sentis un rugissement dans ma poitrine. Sans doute mes instincts de mâle dominant qui se réveillaient.

-C'est trop mignon, susurra Rosalie, toujours pendue à son cou. Je suis désolée de ne pas avoir sonné, mais tu sais avec ma tante et tout ça…

-C'est pas grave, mais tu m'as manquée.

Sous mes yeux médusés, il se mit à l'embrasser dans le coup alors qu'elle gloussait doucement. Il passa sa main dans ses cheveux et je sentis à nouveau la créature rugir dans ma poitrine alors que leur étreinte devenait de plus en plus langoureuse.

Non mais oh ! Il n'était sorti qu'une seule fois ensemble aux dernières nouvelles ! Il va la lâcher oui ? Sinon je sens que je vais aller lui foutre mon poing dans la gueule. Pour qui il se prend ce gosse de riche ?

A côté de moi, Jasper se racla bruyamment la gorge pour qu'ils se rappellent notre présence. Je saluais son sang-froid. Si un mec avait fait ça avec ma sœur, je l'aurais castré aussi sec.

Ils se séparèrent et Rosalie nous incendia du regard.

-Vous connaissez le mot intimité ?

Son frère ne répondit rien, la mâchoire serré.

-Non, répondis-je d'un ton provocateur. Je suis un abruti, tu te charges toi-même de me le rappeler trois fois par jour.

Je crus qu'elle allait me sauter à la gorge mais non, elle se contint et se tourna vers son jumeau.

-Jasper. Vas-t-en.

-Non.

Rosalie sembla surprise de cette réponse et fixa son frère, incrédule. Elle entrouvrit la bouche, prête à répliquer, mais changea d'avis et saisit la main de Royce.

-Très bien, c'est nous qui partons.

-Où ça ? ironisa son frère. Dans le salon, devant Edward et Alice ou, mieux encore, dans ta chambre ?

Rosie lui jeta un regard venimeux – du genre de ceux qu'elle me réservait d'ordinaire – et entraina Royce vers la table. Je regardais la successivement elle et son frère, me rendant compte qu'il s'agissait de leur premier désaccord depuis que je les connaissais. Je me sentais à la fois étrange et honoré d'avoir pu assister à ça.

-Tu as faim ? demanda-t-elle à ce baratineur de première en choisissant visiblement de nous ignorer totalement.

-J'ai juste faim de toi, répondit-il sur un ton langoureux.

Elle rougit et l'embrassa à nouveau. Ils étaient écœurants !

Comprenant que j'allais devoir rester ici un petit moment pour les agacer, je décidais de me servir un verre de jus d'orange. Mais, à la dernière seconde, je changeais d'avis et m'emparais de la tasse. Vide évidemment. Royce n'était pas assez intelligent pour comprendre l'astuce et perdrait rapidement la tête, j'en étais sûr.

Buvant ma boisson imaginaire – j'avais décidé que c'était de la bièraubeurre, comme dans Harry Potter ! – je pouvais garder un coup d'œil sur eux. Mais ils rigolaient simplement, de je ne sais quel blague.

-Emmett, me chuchota Jasper. Tu peux m'expliquer un truc ?

-Bien sûr !

-Pourquoi tu bois du vide ?

Son air semblait vraiment interrogateur, ce qui était étrange.

-Ben, pour faire comme toi !

-Pardon ?

Cette fois, il paraissait totalement perdu. Je risquais un coup d'œil à sa tasse et découvrit avec stupéfaction…qu'elle était à moitié remplie de café.

Là, il y avait réellement quelque chose qui m'échappait.

Alice

D'après les rumeurs qui circulaient dans notre maison, Royce King était dans la cuisine. Je trouvais ça bizarre. Mais bon, ce n'était pas mes affaires, Rosalie faisait ce qu'elle voulait tant qu'elle me fichait la paix.

En revanche, ce qui était mes affaires, c'était l'évolution de la relation entre mon cher frère et Bella. J'avais décidé de faire mon petit film d'amour personnel et de suivre de très près leurs moindres faits et geste. Sauf qu'il ne se passait rien ! Pas la moindre scène de jalousie ! Pas d'adultères ! Même pas un minuscule petit rencard de rien du tout !

Mais qu'est-ce que je croyais ? Qu'ils allaient s'embrasser et puis que tout roulerait comme dans du beurre ?

Evidemment que non ! Ces deux-là semblaient avoir désespérément besoin de mon aide, et j'allais la leur offrir, que ça leur plaise ou non.

Je rejoignis Edward dans le salon et m'affaissais à côté de lui. Il avec un bouquin en main et avait posé son portable sur la table basse. Je me mis à le fixer intensément, les yeux réprobateurs et l'air mécontent. Comme il ne semblait pas se rendre compte que je réclamais son attention, je lui volais habilement son livre.

-Eh ! Alice !

Il se tourna vers moi et soupira en voyant mon expression.

-Quoi ? Qu'est-ce que tu as encore à me reprocher ? Je sors avec Bella maintenant, non ?

-Tu sors avec Bella ? répétais-je. Tu sors avec Bella ? Non mais tu te moques de moi ?

Pour bien lui faire comprendre à quel point il était stupide, je lui mis un coup sur la tête avec son livre.

-Aïe ! Mais qu'est-ce que je t'ai fais ?

-Edward ! m'agaçais-je. Tu es bête ou quoi ? Tu te contentes de lui envoyer des sms ! Ce n'est pas ce que j'appelle sortir avec quelqu'un.

-Mais je l'ai vue hier !

Je roulais des yeux à sa remarque.

-Non…tu m'as accompagnée jusqu'à chez elle, tu lui as fait un bisou et tu es reparti. C'était ridicule d'ailleurs.

Il eut l'air gêné et me fixa d'un air perdu.

-Qu'est-ce qu'on pourrait faire d'autre alors ?

Là, je n'en croyais pas mes oreilles. D'accord, il était timide et réservé. Oui, il ne s'ouvrait pas beaucoup au monde extérieur. Mais il y avait des limites quand même.

-Tu sais Edward, quand tu vois, dans des films ou à la télé, des hommes et des femmes qui vont au restaurant ou au cinéma. Ce n'est pas que de la fiction, ça se fait dans la vraie vie aussi.

Il me jeta un regard noir en réponse à mon ton enfantin et moqueur.

-Ca coute de l'argent tout ça, rétorqua-t-il. Et actuellement je suis à sec.

-Oh pitié Edward ! Tu te moques de moi ? Quand papa nous donne notre argent de poche, Emmett va s'acheter des bonbons et moi du maquillage. Et toi tu mets tout de côté pour soi-disant économiser. Quand on a de l'argent pour Noël ou nos anniversaires, on va s'acheter un jeu vidéo ou des vêtements. Et toi, tu continues d'économiser. Et ça, depuis que tu as sept ans. Alors franchement, tu dois avoir assez d'argent pour t'acheter une voiture maintenant !

Il rougit et baissa la tête, l'air mal à l'aise.

-J'ai vraiment pas d'argent Alice…

-Ne me dis pas que tous tes livres valent si chers, je ne te croirais pas ! Je ne te savais pas aussi radin Ed'.

Il ne répondit rien, fixant obstinément ses mains. Cette fois, je compris qu'il n'avait réellement pas d'argent. Mais comment l'avait-il dépensé ? Je l'imaginais mal se mettre dans des situations à risques.

-C'est quand même pas une histoire de drogue ou de poker hein ?

Il redressa enfin la tête et me sourit timidement.

-Non, rien de grave, me rassura-t-il. Si je te le dis, tu promets de ne le répéter à personne ?

-Juré !

Il me fixa droit dans les yeux et inspira longuement.

-En fait, j'ai toujours fait don de mon argent à une association de recherche contre le cancer, avoua-t-il.

Alors là, il m'avait coupé le sifflet. C'était la dernière des choses à laquelle j'aurais pensé. Et pourtant ça semblait tellement logique.

Je me sentais terriblement égoïste et superficielle tout à coup.

-Edward…pourquoi tu ne nous l'as jamais dis ? murmurais-je en glissant ma main dans la sienne.

-Parce que je ne voulais pas que vous vous sentiez obligés de faire pareil. Toi et Emmett, vous êtes heureux en vous contentant des petites choses simples de la vie. Mais moi, la seule chose qui m'aurait fait plaisir, c'était de ravoir maman près de moi. Et même si je savais que c'était impossible, j'ai toujours pensé qu'en donnant tout mon argent, je pourrais permettre à d'autres enfants de conserver leurs mamans auprès d'eux.

-Je suis désolée Edward…

Il ne répondit pas et un silence s'installa entre nous. Au bout de quelques minutes, je me décidais à le briser. Il ne fallait quand même pas oublier mon objectif premier.

Je sais, ça semblait indélicat comme ça, mais je savais que mon frère mourrait d'envie que l'on change de sujet de conversation. Il détestait ouvrir son cœur aux autres, surtout à propos de maman.

-Papa est au courant ? demandais-je.

-Oui, il a commencé à se poser les mêmes questions que toi à propos de la drogue il y a environ trois ans et j'ai du lui dire. Pourquoi ?

-Parce que comme ça, il ne pourra pas refuser de te prêter de l'argent pour toi et Bella.

-Tu crois ?

-J'en suis certaine alors maintenant…

Je pris le téléphone et lui tendis.

-Appelle-la.

Il fixa le combiné comme s'il allait exploser.

-Et si elle refusait ?

Je lui fis les gros yeux. Il se fichait de qui là ?

-Edward !

-Je suis pas sûr d'être prêt, annonça-t-il avec une grimace.

Cela me fit perdre patience. Aux grands maux, les grands remèdes ! Je me mis à composer le numéro des Swan à toute vitesse avant que mon frère n'ait le temps de réagir. Par chance, elle décrocha aussitôt. Nessie. Mon parfait petit soldat, toujours à son poste.

-Allô allô allô ? chantonna-t-elle joyeusement.

-Nessie, c'est moi.

-Alice ! Tu tombes bien, j'ai une question. C'est normal qu'ils ne fassent rien ? Tout est exactement comme avant, à part que Bella sourit bêtement. C'est ça avoir un copain ? Parce que franchement, je suis déçue.

-Mais non ! la rassurais-je. C'est juste que nos deux tourtereaux ont un manche à balai coincé là où je pense !

J'avais terminé ma phrase avec un regard insistant en direction d'Edward mais il réagit à peine. Il se contenta de me foudroyer du regard et de marmonner Dieu sait quoi entre ses dents. Il ne comprenait sans doute pas quel était mon plan et préférais rester prudent. Sage décision.

-Et c'est quoi ton plan ? m'interrogea Nessie.

Oh, j'adorais cette gamine.

-Vous avez de la place à votre table ce soir ?

-Ouais bien sûr ! Tu viens dîner ?

-Non, Edward vient dîner.

Aussitôt mon frère me bondit dessus et tenta de m'arracher le téléphone. Mais j'avais senti venir son coup et l'esquivais habilement.

-A quoi tu joues Alice ? grommela-t-il.

-Je t'arrange un dîner avec Bella. Chez elle, avec sa famille. L'avantage, c'est que c'est gratuit. Le problème c'est que tu devras affronter son père. Tu sais, le chef Swan, qui est hyper protecteur et qui a une arme à feu pour son boulot.

Il me fusilla du regard et je lui souris fièrement.

-D'accord, je vais emmener Bella au restaurant, accepta-t-il.

Je remis le téléphone contre mon oreille.

-Nessie ? Finalement, c'est annulé. Je vais raccrocher mais dans quelques minutes, le téléphoner devrait sonner à nouveau. Arrange-toi pour que ce soit Bella qui réponde.

-D'accord Alice ! A bientôt !

-Bye !

Je raccrochais et tendis le téléphone à mon frère, un air angélique sur le visage.

-Demain soir vers 19h, ça devrait être parfait.

-Tu n'es qu'une sale petite manipulatrice.

-Je sais ! Bon, je vais te laisser un peu tranquille. Bonne chance frangin ! déclarais-je en quittant la pièce.

-Attends ! Alice !

Je me retournais, devinant déjà ce qu'il allait me dire.

-Oui ?

-…Merci.

-De rien frérot, c'est un plaisir de t'aider.

Et je quittais la pièce, le laissant à ses amours. Bella avait vraiment de la chance.

Carlisle

Je profitais de quelques minutes de temps libre pour souffler un peu à l'hôpital et m'installer à mon bureau avec une tasse de café. C'était vraiment dommage que je doive travailler alors que tous les enfants étaient à la maison, mais je préférais économiser mes congés pour plus tard. En prévision des premiers mois avec le bébé si ce projet aboutissait réellement et puis aussi pour un voyage de noces…peut-être.

Je souris en pensant à Esmé. J'aimerais tant lui offrir un petit coin de paradis, juste pour nous deux. Si j'en avais les moyens, je lui achèterais une île tiens. On l'appellerait « L'île d'Esmé » et ce serait notre endroit privé, interdit aux enfants. A la limite, on pourrait leur prêter pour leur propre lune de miel.

Mais bon, ce n'était qu'un beau rêve. On avait cinq gamins à qui il fallait payer des études donc adieu île paradisiaque. Dans une autre vie peut-être…

La sonnerie du téléphone retentit, me tirant brusquement de mes pensées. Je farfouillais rapidement dans toute ma paperasse – il faudra vraiment que je me décide à ranger un jour. Comment pouvais-je être convaincant en ordonnant aux enfants de ranger leurs chambres si j'étais moi-même bordélique ? – avant de me rendre compte qu'il s'agissait de mon téléphone portable et non de celui de mon bureau.

Attrapant ma veste d'une main, je sortis mon téléphone de ma poche de l'autre. Numéro inconnu…étrange.

-Allô ?

-Bonjour, me répondit une voix de femme, totalement inconnue pour moi. Jennifer Mitchell à l'appareil. Je travaille pour l'agence immobilière que vous aviez contactée il y a quelques mois.

-Ah oui ! Je peux vous aider ?

Je ne comprenais vraiment pas pourquoi ils me téléphonaient aujourd'hui. Je ne leur avais passé qu'un bref coup de fil. La maison que je souhaitais pour emménager avec Esmé n'était pas réellement en vente et je ne sais plus trop quoi. Enfin, c'était une histoire compliquée.

-Nous ignorons si cela vous intéresse toujours, mais la maison qui vous intéressait est actuellement disponible. De plus, le prix a diminué. Nous avons tenu à vous avertir en premier vu votre intérêt de l'époque.

-Ah oui, merci de l'attention, répondis-je en tentant d'aligner mes idées.

-Alors ?

-Alors quoi ?

-Souhaitez-vous acheter cette maison ?

-Je…Je passerais vous voir ce soir.

-Bien, nous sommes ouvert jusqu'à 19h. Bonne journée.

Elle raccrocha, me laissant un peu perdu, mon téléphone toujours collé à mon oreille.

J'inspirais longuement avant de le déposer délicatement sur la table. Lentement je me sentis sourire.

Je ne pouvais peut-être pas offrir d'île à Esmé, mais une maison, c'était dans mes moyens. De plus, la maison parfaite pour nous venait de se libérer.

Nous allions déménager !


Voilà voilà ! J'espère que vous avez aimé.

Moi je me suis éclatée à écrire le point de vue d'Emmett, j'espère que vous aurez tout autant appréciez de le lire (comme le reste d'ailleurs^^).

N'oubliez pas de me laisser une petite review (je vise les 5000 maintenant ! ^^)