Disclaimer : Le monde de Harry Potter ne m'appartient pas.

Davina Potter - Emily DiDonato


TOME I : Davina Potter et l'école de sorcellerie.

III

« Ce qu'on appelle la vie n'est qu'un bref épisode entre deux grands mystères qui n'en font en fait qu'un seul. »

Bob Dylan

Voire la tête de la bibliothécaire lorsque j'empruntais de gros livres censés être hors de ma compréhension était le point culminant de ma semaine. Ce n'était pas tous les jours qu'une fille de sept ans lisait Guerre et Paix. Je me réfugiais régulièrement dans le jardin des Dursley à l'abri des regards pour lire en paix jusqu'à ce que la tante Pétunia trouve un autre moyen de me tenir occupé.

La harpie n'aimait pas que j'ai du temps libre.

Après six ans de vie commune, j'avais appris à m'y faire. Mais je n'étais pas forcé d'aimer ça. Après avoir passé des années à ne rien dire et à accepter la façon dont les Dursley me traitaient, j'avais commencé à utiliser mon pouvoir sur eux sans vergogne. Chaque fois qu'ils se mettaient à hurler ou à vouloir me punir, je leur envoyais une puissante dose de léthargie qui les faisait s'endormir rapidement. Je le faisais tellement souvent que Pétunia était persuadée qu'elle était devenue anémique et que Vernon se surmenait trop. Pétunia était doué pour se trouver des excuses à elle et à sa famille.

J'avais appris l'art du pickpocket, à ouvrir n'importe quel verrou avec ou sans magie. J'avais réussi à créer un violon à partir des vieux jouets en bois de Dudley, mon plus grand accomplissement jusqu'ici et je m'entraînais à présent à la Legilimancie. Mon Occlumencie était bancale mais je continuais à m'entraîner tous les jours. J'arriverais peut-être à méditer plus facilement si je ne me faisais pas tout le temps interrompre par…

-OU EST LE MONSTRE ?!

Le monstre c'est moi.

Du moins, c'est comme ça que les Dursley m'appelaient. Si j'avais vraiment eu sept ans, j'aurais pu subir des dommages psychologiques irréversibles, mais heureusement pour mon psyché, j'étais plus âgé mentalement et plutôt saine d'esprit…la plupart du temps. Et puis, je ne ressemblais pas vraiment à un monstre, ça m'aidait. J'étais même vraiment belle. Ce n'était pas de l'arrogance, c'était un fait. J'avais un joli teint halé, de hautes pommettes qui rappelait la noblesse, un petit nez délicat, des lèvres pulpeuses, de grands yeux verts et une masse de cheveux bruns qui descendaient jusqu'au milieu de mon dos en d'élégantes boucles. Des cheveux bruns aux reflets cuivrés que Pétunia, dans sa jalousie, essayait de couper à la moindre occasion, sans aucun succès.

J'avais été jolie dans ma première vie…avant que la maladie ne me ravage complètement, ne laissant qu'une pâle coquille de la fille que j'avais été. Mais maintenant j'étais une vraie beauté. J'en aurais été fière si la jalousie de Pétunia n'était pas aussi irritante.

De temps à autres, elle me traînait jusque dans la salle de bain ou elle me rasait presque le crâne. La première fois qu'elle m'avait fait ça, c'était parce que quelqu'un m'avait complimenté dans la rue. Le lendemain, j'avais été soulagé de voir qu'ils avaient repoussé comme si de rien était, mais Pétunia me gifla de toute ses forces et recommença trois semaines plus tard.

Je rentrais dans la cuisine après avoir rangé le livre de la bibliothèque.

-Oui, tante Pétunia ?

Je savais que mon visage impassible l'agaçait au plus haut point. Je la regardais d'un air presque indifférent et elle détestait ça. Les Dursley, les trois sans exceptions, aimaient me voir souffrir. Je n'avais pas besoin de mon empathie pour le voir. Leurs expressions de joie lorsque j'avais faim, que j'étais fatigué et sur le point de m'évanouir étaient clair comme de l'eau de roche. Je ne sais pas à quel moment j'ai eu ce déclic qui m'a fait me servir de mes pouvoirs sur eux. Mais je ne le regrettais pas.

-Va faire à manger, Vernon a invité de potentiels clients à dîner ce soir.

Je m'exécutais sans même lui adresser une réponse.

Je me concentrais sur mes barrières mentales pour éloigner les émotions noires de Pétunia. Cette dernière était constamment en colère contre le monde entier, même lorsqu'elle ressentait de la joie, de la fierté et de l'amour pour son fils, elle gardait cette colère noire au fond d'elle comme si elle tenait à s'y accrocher.

Je retins un juron lorsque je fis éclabousser de l'eau sur moi.

-Fais attentions, idiote ! Tu n'es qu'une bonne à rien, pas étonnant, avec des parents comme les tiens !

Je sentis mes mains se crispaient sur le plan de travail et une fureur noire m'envahir. Cette sale bonne femme ne méritait pas de partager le même sang que ma mère. C'était elle, la bonne à rien.

Je me retournais lentement vers elle.

-Je t'interdis de parler de mes parents, Pétunia Dursley.

-Tu…

-La ferme !

Je sentis la terre tremblait légèrement sous mes pieds et la peur que Pétunia avait commencé à ressentir grimpa en flèche.

-Si je vous entends, toi ou ton gros lard de mari parler de cette manière de mes parents encore une fois, je jure devant Dieu que je vous le ferais regretter…Bonne chance pour le dîner, je vais aller faire un tour.

Et je la plantais là pour me diriger vers le parc de Magnolia Crescent. Je fis en sorte d'éviter Mrs Figg lorsque je la vis du coin de l'œil et d'ignorer les enfants du quartier qui m'observaient sans aucune subtilité.

J'étais un peu comme un mystère pour eux. Pétunia pouvait répandre autant de rumeurs à mon sujet qu'elle le souhaitait, je restais aux yeux de tous les voisins, une jolie petite fille qui avait perdu ses parents dans un tragique accident de voiture. C'était une erreur commune de se fier à l'apparence de quelqu'un. Je m'étais promis de ne jamais faire cette même erreur lorsque le plus bel homme que j'ai jamais vu avait tué ma mère sous mes yeux.

Je ne doutais pas une seconde que Vernon et Pétunia étaient au courant de la magie. Après tout, chaque fois que quelque chose d'étrange se produisait –comme la moumoute de mon professeur de maths qui devint bleu- leurs yeux se tournaient automatiquement vers moi.

Ça ne les empêcha pas de dire à tout le monde que mes parents s'étaient tués dans un accident de voiture, qu'ils étaient tous les deux saouls et sans emploi et que j'étais un poids inutile dans leurs finances.

Je les détestais. Je les détestais réellement. C'était une haine que je n'avais jamais ressenti dans mon ancienne vie. C'était nouveau et la violence de mes pensées me faisait peur. Le fait que j'étais persuadée de ma supériorité par rapport à eux me faisait peur aussi. Je ne voulais pas regarder les gens de haut pour la simple raison qu'ils étaient nés sans magie. Mais les Dursley étaient une exception à mes yeux. Parfois c'était trop dur de ne pas haïr ceux qui vous haïssent.

Lorsque j'arrivais au parc, je m'assis en tailleur à l'abri des regards derrière un vieil arbre centenaire et soufflais lourdement.

L'ennui avec la méditation, c'était que plus je tentais de ne pas penser à quelque chose, plus j'y pensais. Si j'avais eu réellement sept ans, j'aurais sans douter piquer une crise de colère, casser quelques objets avant d'abandonner tout espoir sous le coup de la frustration. Mais je n'avais pas vraiment sept ans. Ça ne voulait pas dire que c'était facile pour autant. J'avais l'impression que mes connaissances sur le monde de la magie étaient sérieusement limitées. Par exemple, je connaissais le principe de l'occlumencie mais pas les étapes pour l'apprendre. Et donc, au lieu de m'efforcer à ne penser à rien, au contraire, je me forçais à ne penser qu'à une chose. Me concentrer sur une seule chose. Une chose que seul moi connaissais. Une chose que moi seule reconnaissais. Créer un paysage mental en quelque sorte, comme Sherlock Holmes. J'avais d'abord pensé à utiliser l'hôpital ou j'avais passé mon adolescence en tant qu'Adela, mais j'ai finalement opté pour la maison de ma famille. Ma vraie famille, les Potter. Une chambre qui regroupait tous mes souvenirs en tant qu'Adela scellé sous clé. Une autre clé pour mes souvenirs les plus précieux, ceux que j'ai passés avec ma famille. Une autre chambre réservé pour toutes les fois où les Dursley m'avaient battu, rabaissé et affamé. J'avais encore beaucoup à organiser et des barrières à renforcer mais j'avais l'impression de tenir un bon début et j'en étais fière.

L'après-midi touchait à sa fin, mais je n'avais toujours pas envie de rentrer chez les Dursley. Les enfants du parc s'en allèrent en compagnie de leurs parents. Les adolescents se dirent au revoir. Les adultes suivraient sans doute bientôt. J'étais enfin, suffisamment seule pour me mettre à mon deuxième entraînement. Il commençait à faire légèrement froid, mais j'y étais habitué.

Je posais un assortiment de pierres en face de moi et me concentrait sur la première. Les pierres étaient plutôt légères. Je voulais d'abord complètement maîtriser la lévitation avant de m'entraîner à porter du lourd.

Je tendis une petite main devant moi et quelques secondes de concentration me suffirent pour faire s'élever la première pierre. La deuxième suivit rapidement. La troisième mit du temps à suivre. La quatrième m'obligea à utiliser ma seconde main.

Je maintenais ma magie pendant une minute entière avant de m'attaquer à la cinquième pierre. Elle trembla légèrement sur le sol avant de s'élever presque timidement rejoindre les autres.

Une brise me fit frissonner, brisant ma concentration. Les pierres tombèrent de façon pathétique devant moi.

-Mierda !

J'avais l'impression que les pierres se moquaient de moi et je laissais échapper un grognement.

Sous le coup de la colère je tendis une main et laissais échapper un puissant élan de magie. Les pierres sautèrent dans les airs à plusieurs mètres du sol, je relâchais immédiatement la pression et elles tombèrent sur mon crâne. Cette fois, j'en avais la preuve, ces maudites pierres se moquaient de moi. Je les fusillais du regard et elles prirent le feu.

Il me fallut un quart d'heure pour trouver la main.

Assise en tailleur, une main tendue vers moi, une dizaine de pierre flottait tout autour de moi. Je maintins cette position plusieurs secondes avant de tenter de faire bouger les pierres. Je leur fis faire des pirouettes, des bonds, des cercles. Je continuais cet exercice un bon moment avant de passer à autre chose. Je me relevais et cherchais autour de moi jusqu'à trouver un coin du parc ou les fleurs abondés. Je positionnés ma main au-dessus d'une fleur dont je ne connaissais pas le nom et qui n'avait pas encore éclot.

Je passais une demi-heure sur cette maudite fleur à tenter de la faire éclore sans succès. Je réussis par contre à la réduire en cendres, sans trop savoir comment. Je m'entraînais jusqu'à ce que je sentis mes forces commençaient à me quitter.

Il faisait dorénavant nuit, et le vent siffla plus fort.

Le froid ne me dérangeait pas plus que ça. J'avais passé des années sous oxygéné rendant ma peau glacé, alors sentir le froid venir de l'extérieur et non pas de l'intérieur de moi était une bénédiction à mes yeux.

Je m'allongeais sur le dos et croisais les mains sous ma tête.

Bientôt j'allais devoir me lever et affronter l'oncle Vernon qui avait sans doute entendu parler de ce qui s'était passé avec la tante Pétunia. Mais là, à ce moment précis, j'avais encore cette douce illusion d'être maîtresse de mon destin, je n'avais aucun soucis, ici, dans ce parc sous le ciel étoilé. Je pouvais presque me croire libre, même si je savais pertinemment que je ne l'étais pas.

Je me laissais penser un moment à ma famille. Je pensais souvent à eux. Je me disais souvent…que ferait ma mère à Pétunia si elle voyait la façon dont elle me traitait ? Que répondrait mon père si quelqu'un lui parlait de la façon dont les Durlsey me parlaient ? A quoi ressemblerait Jonathan s'il avait été en vie ? Penser à eux me faisait mal, mais j'accueillais cette douleur à bras grands ouverts parce qu'elle était la preuve qu'ils avaient existés. Que je n'ai pas tout inventé. Que j'avais réellement eu une famille.


J'espère que ça plaira !

Bisous,

LS