Bon allez, je me lance…

Salut ! Je sais que ça fait longtemps mais enfin voilà, Seth vous a expliqué…

Du coup moi je vais juste me contenter de remercier toutes celles qui sont toujours là et qui m'ont attendue si longtemps. Parce que vous auriez du m'abandonner. Et que j'étais persuadée que j'allais devoir reconquérir des lectrices. Et puis je vois les stats de jeudi et là…je vous aime.

Donc merci. Et bonne lecture !


Esmé

Installée sur mon lit, je nageais parmi des dizaines de chaussettes, tentant de faire le tri entre elles. Comment était-il possible qu'il me reste tellement de chaussettes orphelines ? C'était désespérant. A-t-elle point que j'avais fini par en faire un jeu. A chaque fois que je me décidais à les trier, je faisais un petit concours à celui qui aurait le plus de chaussettes uniques. Habituellement, c'était Emmett le gagnant. Mais il arrivait parfois que Carlisle le batte et une ou deux fois, ça avait même été Edward.

Je pense que les hommes Cullen sont des pros pour disperser leurs chaussettes. Mais Alice rattrapait tout car elle n'avait jamais aucune paire séparée. C'en était presque effrayant. Mais je suppose que cela s'expliquait par sa vénération pour les vêtements, des chaussettes jusqu'au chapeau.

Mais aujourd'hui j'avais été surprise. Car celui qui avait le moins de paire entière n'était nul autre que mon propre fils, Jasper. Et c'était plutôt surprenant de sa part.

M'isoler ainsi dans une pièce pour réfléchir tranquillement tout en laissant mes mains s'activer en assemblant les paires était une activité que j'aimais beaucoup. Je trouvais ça très relaxant.

Nous étions jeudi et la fin des vacances était proche mais personne ne semblait avoir envie de se démoraliser avec ça. Et puis aussi, une ambiance d'amour flottait constamment au-dessus de nous. D'abord à cause de Bella qui passait presque tout son temps chez nous, à se partager entre Edward et Alice. Parfois, elle venait avec Nessie mais je ne trouvais pas cela très dérangeant. Elles étaient toutes les deux vraiment très gentilles et bien élevées. Et puis, Bella était la seule à venir me proposer son aide pour la vaisselle après manger. Je me tracassais juste pour son père, qui devait se sentir délaissé.

Il y avait aussi Rose qui passait tout son temps à nous parler de son Royce, si parfait à ses yeux. Pour être honnête, je me méfiais un peu de lui. Il ne m'avait pas l'air aussi bienveillant qu'il voulait le faire croire et il était un peu trop parfait pour que ça ne paraisse pas suspect. Mais bon, je devais laisser Rosalie libre de faire ses propres choix, même si cela s'avérait être des erreurs.

Et pour finir, dans la catégorie des personnes follement amoureuses, il y avait moi. Je profitais de tous les matins où je me réveillais dans les bras de Carlisle, de chacun de ses bisous et de toutes les fois où il posait un regard tendre sur moi. Je l'aimais, et j'allais l'épouser.

Mais bizarrement aujourd'hui, Bella n'était pas chez nous et Rose n'était pas partie retrouvée Royce. Donc tous nos enfants étaient à la maison sans personne pour occuper les filles. Nous avions par conséquent eu droit à trois disputes depuis ce matin.

-Rosalie ! retentit la voix d'Alice. Tu es obligée de monopoliser le téléphone ?

Quatre maintenant.

-Tu as un portable non ? rétorqua ma fille d'un ton supérieur.

-J'ai plus de crédit.

-Tant pis pour toi. De toutes manières, qui veux-tu appeler ? Ton unique amie discute déjà avec ton frère.

-Je connais d'autres personnes ! Libère ce téléphone !

-Je suis occupée !

-Papa !

Abandonnant mes chaussettes, je sortis dans le couloir et stoppais Alice avant qu'elle ne puisse aller déranger son père qui avait bien demandé à être tranquille.

-Alice, laisse ton père tranquille, ordonnais-je. Rose, raccroche ce téléphone.

-Quoi ? Tu prends son parti maintenant ? m'accusa ma fille alors qu'Alice affichait un petit air victorieux.

-Je ne prends le parti de personne. Mais dans cette maison, il y a des règles à propos du téléphone fixe et tu viens d'en enfreindre trois.

-Ne pas le monter à l'étage est une règle stupide que personne ne respecte, se défendit-elle.

-Et ne pas le monopoliser plus d'un quart d'heure aussi je suppose ? Imagine que quelqu'un essaye de nous contacter.

-Il rappellera, répondit-elle en me faisant les gros yeux. C'est pas si dramatique.

Elle ne se gênait pas pour me faire comprendre que je l'ennuyais. Je commençais à trouver qu'elle prenait un peu trop souvent un air arrogant ces derniers jours.

-Raccroche ce téléphone immédiatement ! Et change d'attitude si tu ne veux pas en être privée.

Elle maugréa quelque chose mais raccrocha néanmoins et le tendit à Alice.

-Alice, attends quelques minutes avant de l'utiliser, au cas où quelqu'un essayera de nous rappeler.

-Aucun problème, me répondit-elle avec un sourire narquois en direction de Rosalie. De toutes manières, je n'ai personne à appeler. J'en avais juste marre de l'entendre jacasser.

Je levais les yeux au ciel à sa réponse alors que Rosalie la fusillait du regard.

-Sale emmer…

-Rosalie !

Elle s'interrompit mais ne cessa pas pour autant de fixer Alice haineusement. Cette dernière l'ignora, retournant à ses occupations.

Je choisis de l'imiter et quittais leur chambre en espérant que les disputes étaient terminées pour aujourd'hui. Attrapant un panier de linge à repasser, je descendis au salon. Les garçons s'y trouvaient déjà, jouant à la console tous les trois ensembles.

Comme à chaque fois que je voyais ce spectacle, je ne pus m'empêcher de sourire. Ils s'énervaient et lançaient des insultes à la pelle mais ils ressemblaient à trois vrais frères et j'avais l'espoir fou qu'un jour, les filles s'entendent de la même façon.

-On mange quoi ce soir Esmé ? me demanda Emmett.

Son estomac était sans doute la seule chose qui puisse le faire décrocher de ses jeux.

-Je ne sais pas encore. Pourquoi ? Tu as envie de quelque chose en particulier ?

-Non, je voulais juste savoir si manger un truc maintenant risquait de me faire perdre l'appétit.

-Parce que tu es déjà tombé à court d'appétit ? se moqua son frère.

-Ha ha ha, très drôle Eddie. Mais concentre toi sur le jeu, Jasper te défonce.

-Quoi ? Mais non c'est moi qui…Eh !

-Désolé Edward, s'excusa mon fils avec un sourire navré mais victorieux.

Je me rappelais brusquement que j'avais quelque chose à lui demander.

-Dis donc Jasper, je peux savoir où sont passées toutes tes chaussettes ? Tu n'as quasi plus aucune paire entière !

A ma plus grande surprise, ce fut Emmett qui répondit.

-T'as regardé dans le panier du chien ?

-Pardon ?

Je n'étais pas sûre d'avoir bien compris et, si oui, je ne voyais pas le rapport.

-Le panier de Seth. Les chaussettes de Jazzie y sont surement.

-Mais qu'est-ce que le chien ferait avec des chaussettes ?

Edward ricana alors que Jasper souriait, amusé.

-On a fait un jeu l'autre jour, expliqua Emmett. On enroule trois chaussettes ensemble et ça fait une balle. On se la lançait jusqu'à ce qu'elle tombe à terre et que Seth l'attrape. Il partait toujours les planquer donc on recommençait avec trois autres chaussettes.

Je fronçais les sourcils, un peu déconcertée par cette explication inattendue.

-Et pourquoi celles de Jasper ?

-On voulait celles de Rosalie à la base, mais il a refusé. Donc on a prit les siennes.

Je ne savais pas s'ils se moquaient de moi ou pas mais, à tout hasard, je m'approchais du panier en question. Seth y était allongé, mordillant joyeusement…une balle formée par des chaussettes.

Je n'étais pas sûre de savoir si je devais être amusée ou agacée. De toutes manières, la seule chose certaine, c'était que je ne partirais pas à la recherche de chaussettes à travers toute la maison.

-Les garçons, vous avez fait combien de balles au total ? demandais-je.

-Cinq ! m'annonça fièrement Emmett.

-Bien, alors vous coupez votre jeu et vous fouillez la maison jusqu'à ce que vous me retrouviez quinze chaussettes. Au boulot !

-Je te l'avais dit Emmett, grogna Edward.

-Mais c'est pas juste !

-Allez, à trois ça ira vite.

A cette remarque pleine de sagesse de mon fils, il y eut trois longs soupirs et ils partirent à la chasse. Seth, ravi de les voir se mettre à quatre pattes pour regarder sous les meubles, abandonna sa séance de mâchouille et alla les rejoindre, la queue frétillante.

Au bout de vingt minutes, alors qu'ils avaient réunis onze chaussettes – apparemment certaines balles s'étaient laissées aller et avaient été dispersées – Carlisle sortit du bureau et m'embrassa tendrement.

-A quoi jouent les garçons ?

-Ils cherchent des chaussettes.

Il haussa un sourcil, surpris.

-Dois-je essayer de comprendre ?

-Non, répondis-je en riant. Tu as terminé ton travail ?

-Pas vraiment. Mais j'ai une surprise que j'aimerais annoncer à toute la famille d'abord.

-Papa !

Emmett se dirigea vers nous furieusement, une chaussette accusatrice pointée vers son père.

-Tu devrais nous aider à les chercher ! déclara-t-il. C'est toi qui nous as appris ce jeu ! Esmé, il est coupable.

Son père lui lança un regard perplexe, ne comprenant sans doute rien à ce qu'il venait de dire. Je ris doucement tout en attrapant la chaussette.

-C'est bon Emmett, vous pouvez arrêter. On retrouva les autres dans quelques jours. De toute manière, ton père veut improviser une réunion de famille.

-Une réunion de famille ? répéta Emmett, comme s'il se souvenait de quelque chose. Papa ! Je dois te parler !

-C'est justement en quoi consiste une réunion de famille. C'est pour parler.

-Non mais c'est urgent !

-Ca pourrait attendre quelques minutes, qu'on réunisse tout le monde, non ?

-Très bien, déclara Emmett en haussant nonchalamment les épaules. Si tu veux affronter la colère d'Alice sans préparation. Après tout, chacun choisit sa manière de mourir hein.

Carlisle fronça les sourcils, intrigué. Je l'étais également, me demandant ce qui n'allait pas. Encore.

-Qu'est-ce que tu racontes ? Pourquoi ta sœur m'en voudrait-elle ?

-Oh, c'est trois fois rien, répondit Emmett en partant. Elle te reproche juste de ne pas nous consulter à propos de notre futur petit frère.

J'écarquillais les yeux, stupéfiée. Quoi ?

-Emmett ! s'écria Carlisle. Attends !

Ce dernier se retourna, un sourire gagnant sur le visage.

-Qu'est-ce que tu viens de dire ? demandais-je dans un souffle.

-Ben vous savez, votre projet secret d'agrandir la famille. On est tous au courant.

Il avait dit ça avec une décontraction qui me déconcerta.

-Mais comment…commença Carlisle.

-Véra, réalisais-je dans un souffle.

J'eus subitement envie de tordre le cou de ma sœur et de lui arracher sa langue trop pendue. J'inspirais profondément pour rester calme et zen.

-Bon, enchaina Emmett. Je vous fais un topo rapide. Eddie et Jazzie doivent se faire à l'idée mais à mon avis, vous pourrez les rallier à votre cause facilement. Rosalie boudera sans doute quelques temps mais je crois qu'elle deviendra vite gaga si on lui sort des vêtements de bébés tout froufrouteux. Par contre papa, j'ai peur que tu ne doives éloigner Alice le temps de la grossesse pour éviter qu'elle n'éventre Esmé. Et même après parce que ne pense pas que tuer un bébé lui pèse sur la conscience.

Son père lui jeta un regard sévère alors que je digérais le flot d'information. Evidemment, je ne prenais pas en compte la possibilité d'avoir une belle-fille meurtrière. Je me doutais bien qu'Emmett exagérait.

-Mais bon, enchaina-t-il. Tout cela n'est valable que dans le cas où ce cher petit bébé n'a pas encore été conçu. Mais si Esmé est déjà enceinte, je pense que nous risquons tous les cinq de nous faire émanciper pour cause de parents égoïstes. Donc la question est, es-tu enceinte Esmé ?

Il fixait mon ventre et j'y posais mes mains, presque par reflexe. Pourtant je savais que ce geste n'avait aucune signification puisque la réponse à sa question était non. Non, je n'étais pas enceinte. Pas encore.

-Emmett, tu vas chercher les autres immédiatement, intervint son père. Réunion au salon.

-D'accord mais, sérieusement papa, ajouta-t-il en partant. Fais attention à ce que tu diras parce qu'Alice vous en veut vraiment.

Quelques minutes plus tard, nous étions tous rassemblés au salon. J'étais installée à côté de mon époux, sa main posée sur ma cuisse. Tout le monde fixait Carlisle en attendant qu'il parle. Apparemment, nous avions tous pris pour acquis que c'était lui le chef de famille. Même Rose. Je ne pus m'empêcher de sourire à cette idée.

Peu importe à quel point ils pouvaient protester contre cette idée, nous étions une vraie famille désormais.

-Bien, commença Carlisle. Il semblerait que nous ayons à discuter tous ensemble. Cette réunion a pour but que chacun puisse s'exprimer librement MAIS en respectant les autres. Donc, on ne coupe pas la parole, on ne s'énerve pas, on ne crie et on attend que je vous donne la parole.

-Et on reste poli, ajoutais-je avec un regard plus appuyé en direction de ma fille.

Evidemment, cette remarque s'adressait à chacun d'entre eux. Mais Rosalie avait montré une tendance à se montrer plus grossière que d'habitude ces derniers temps. Elle roula des yeux en réponse à ma remarque, visiblement agacée par tout ce qui se passait. Carlisle me sourit et me prit tendrement la main avant de poursuivre.

-J'estime que vous êtes tous assez mature pour respecter ces quelques règles de base mais, dans le cas où j'aurais tort, j'instaurerais le système du bâton de parole.

J'haussais un sourcil face à cette déclaration. J'utilisais cette technique – qui avait pour unique règle que seul la personne qui tenait ledit bâton pouvait parler – lorsque les jumeaux étaient petits et qu'ils parlaient toujours, mais alors toujours, en même temps. Je n'imaginais pas y avoir recours à nouveau avant d'être grand-mère (donc dans vraiment très longtemps).

Pourtant, vu la difficulté que nous avions à construire une conversation tous ensemble, cela ne paraissait pas bête comme idée. Enfin, vu les soupirs d'exaspération que j'entendis, cela ne semblait pas être l'avis de tout le monde.

A côté de moi, Carlisle inspira profondément et calmement, prêt à se jeter dans la fosse aux lions.

-Pour commencer, je tiens à éclaircir un point. Non, Esmé n'est pas enceinte.

La seule prononciation de cette phrase suffit à provoquer diverses réactions. Jasper et Edward eurent un soupir de soulagement. Emmett enfourna une poignée de cacahuètes dans sa bouche, l'air complètement désinvolte. Rosalie se détendit visiblement mais arbora un soupçon de déception sur son visage. Quant à Alice, elle serra la mâchoire et m'adressa le regard le plus meurtrier que j'ai vu. Les propos tenus par son frère un peu plus tôt me revinrent à l'esprit et je compris que je venais de perdre tout le chemin parcouru dans ma lutte contre sa haine envers moi. Et évidemment, quatre d'entre eux se redressèrent, la bouche ouverte, déjà prêts à objecter.

-On n'interrompt pas ! les interrompis-je en rappel.

Et oui, en tant que mère, j'étais au dessus des lois.

-Nous savons que vous savez que nous songeons à avoir un autre enfant, enchainais-je alors que Carlisle contemplait tristement l'expression de haine pure sur le visage de sa fille. Mais ce projet n'est que ça pour l'instant : un simple projet.

-Nous n'avions pas l'intention de le concrétiser sans vous en avoir parlé avant, assura mon mari. Et c'est le moment idéal pour le faire alors parlons. Qui a quelque chose de constructif à dire ?

Trois mains se levèrent aussitôt et je fus soulagée de vois qu'ils essayaient un minimum que la conversation ne dégénère pas. Je notais aussi que Jasper n'avait pas réagit, préférant rester en retrait, un peu pâle mais attentif.

-Edward, vas-y.

Je me retins de ricaner. C'était à la fois un choix judicieux et une preuve de lâcheté. En donnant la parole à son fils, il s'assurait que les questions importantes seraient abordées calmement. Mais surtout, il évitait de faire exploser les deux bombes à retardement qu'étaient devenues les filles.

-Je suis formellement contre cette idée, déclara calmement Edward. Faire un enfant est déjà un acte égoïste, mais là, décider d'avoir un bébé dans ces conditions, faut pas se moquer du monde !

Ni moi ni Carlisle ne commentâmes, attendant qu'il développe. Après tout, nous étions ici pour écouter leurs avis, pas les critiquer.

-Vous avez vu l'ambiance dans laquelle on vit ? Entre les chambres qu'on partage, les trajets en voiture impossible à partager et les filles qui font finir par s'entre-étrangler, où voulez-vous mettre un bébé ? On ne l'entendra même pas pleurer ici !

Rosalie, qui lui avait jeté un regard glacial lorsqu'il l'avait mentionnée, intervint d'un air dégouté.

-J'ai honte de l'admettre, mais je suis d'accord avec lui.

-Moi aussi, ajouta Jasper.

Je notais avec ironie que les seuls moments où nos enfants s'alliaient, c'était pour nous contredire.

-Sans compter qu'ici, nous sommes tous en âge d'avoir des enfants, enchaina Edward. Je trouve ça un peu bizarre que ce soyez vous qui vous y mettiez.

Je laissais échapper un petit rire à sa remarque, tentant de m'imaginer n'importe lequel d'entre eux avec un enfant. Aussi improbable qu'inconcevable.

-Aucun de vous n'est prêt à avoir un enfant, rétorqua son père. De toute manière, ce n'est pas la question.

-Si, lança soudainement Rosalie en se levant. C'est justement la question.

Je soupirais. C'était la deuxième fois qu'elle intervenait sans y être invitée. Et rien qu'à son intonation, je savais que les choses allaient dégénérer. Visiblement, son frère avait le même pressentiment puisqu'il attrapa doucement son bras pour l'apaiser. Mais Rose l'ignora et défia Carlisle du regard.

-Est-ce que toi tu es prêt à assumer ce bébé ? l'interrogea-t-elle d'un ton furieux. Parce que vos histoires de mariage, de déménagement et autres trucs pour nous pourrir la vie, c'est bien mignon mais un bébé, c'est du sérieux. Et ma mère n'a pas besoin d'un autre lâche qui la laisse tomber parce que c'est trop de responsabilité.

En entendant dans sa voix toute la colère qu'elle éprouvait envers son père et qu'elle reportait brusquement sur Carlisle, je me sentis démunie. Comment pouvais-je lui reprocher de me protéger, même si ce n'était pas son rôle ?

-Je…commença faiblement mon mari, tout aussi désemparé que moi.

Malheureusement, il n'eut pas le temps de continuer car Alice bondit aussitôt.

-T'insinues quoi sur mon père là ? gronda-t-elle en se plaçant face à Rose, ses yeux lançant des éclairs.

-Qu'il est comme tous les mecs, un trouillard qui reste tant qu'il peut y tirer des avantages mais qui s'enfuit dès que les responsabilités pointent leur nez. Il suffit de regarder ses rejetons pour le comprendre.

Edward se leva à son tour et se plaça à côté de sa sœur.

-On est sensé comprendre quoi ? demanda-t-il d'une voix acide.

-La vérité, rétorqua ma fille avec un sourire condescendant.

Alice serra les poings à sa réponse et Jasper et Emmett les rejoignirent, prêts à intervenir si ça en venait aux mains. Quant à moi, je ne savais plus comment réagir. Les choses avaient basculées et désormais, ils se disputaient pour nous.

-Comment tu oses insulter mon père de profiteur alors qu'il paye tout ici pendant que ta mère se la coule douce ? s'indigna Alice.

-Ma mère, elle passe ses journées à repasser ton linge et à nettoyer derrière ton abruti de chien. Et je te parle même pas du porc qui te sert de frère !

-Hé ! protesta Emmett.

Mais tout de suite après, il se tourna vers moi et m'adressa un petit sourire désolé. Ce détail suffit à refaire atterrir Carlisle sur terre.

-Calmez-vous ! ordonna-t-il.

Les garçons acquiescèrent doucement alors que les filles continuaient à s'assassiner du regard. Puis Alice recula subitement, un sourire méchant sur le visage.

-Dis-moi Rosalie, tu as déjà songé que si ton père s'était barré, c'était parce qu'il ne supportait pas l'idée de t'avoir toi comme enfant ?

-LA FERME ALICE !

Tout le monde sursauta au rugissement de Jasper et Alice pâlit en comprenant qu'elle n'avait pas touché la bonne personne. Un silence lourd s'installa dans la pièce alors que Jasper tremblait, les poings serrés et le visage décomposé, subissant comme toujours les dégâts collatéraux de ce que provoquait sa sœur.

Une fois de plus, cela avait tourné au drame. Peut-être qu'Edward avait raison et que nous ne vivions pas dans une ambiance adaptée à un bébé ? La prochaine fois, Carlisle et moi en parleront chacun séparément avec nos enfants, comme si nous ne vivions pas ensemble. Comme si nous n'étions pas une famille.

-Bon, déclara calmement mon mari. Je propose que tout le monde se rasseye et que l'on mette la question du bébé entre parenthèses pour l'instant.

Tout le monde obtempéra en silence.

-J'ai acheté une nouvelle maison.

Il avait lâché ça comme une bombe. Le silence qui remplit la pièce était tel que l'on entendait Seth haleter gaiement depuis son panier, excité par toute l'agitation précédente. Et honnêtement, j'étais la première surprise.

-C'est une blague j'espère ? Maman !

Je me tournais vers Rosalie qui m'interrogeait du regard et haussais les épaules, perdue.

-Je ne suis au courant de rien, me défendis-je. Carlisle ?

En me souriant, il prit mes mains dans les siennes.

-C'était une surprise. Pour toi. C'est une grande maison, avec une chambre pour chacun. C'est celle que je voulais au départ mais elle n'était pas libre. Et maintenant si. Tu vas l'adorer.

Je souris à mon tour, me perdant dans ses yeux et partageant son bonheur.

-Hého ! nous appela Emmett. On est toujours là !

-Elle est à Forks au moins ? demanda Edward.

Son père se tourna vers lui et hésita un peu avant de répondre.

-Pas exactement. Mais…

Il n'eut pas le temps de répondre que des hurlements de protestations retentirent.

-Je refuse de déménager encore !

-Maman ! Fais quelque chose ou je déménage chez Royce !

-Je ne quitterais pas Bella !

-Moi non plus ! Vous nous avez forcés à venir ici, on y reste !

-SILENCE !

Tout le monde se tourna vers moi, les yeux écarquillés de surprise. Même Seth s'enfonça dans son panier en geignant, l'air penaud.

-Laissez-le s'expliquer, ordonnais-je aux enfants avant de me tourner vers mon époux.

Mais s'il n'avait pas une bonne explication, il risquait de le regretter.

-Elle n'est pas à Forks même mais juste à côté, isolée dans la forêt. On reste ici, vous verrez toujours Bella et Royce et vous irez toujours dans la même école. On change juste de maison. Ecoutez, venez la voir et jugez par vous-mêmes.

-Maintenant ? m'étonnais-je.

Alors que tout le monde restait sceptiques face à cette proposition, Seth se leva vaillamment et, comprenant que nous partions, alla s'asseoir juste à côté de sa laisse en remuant la queue.

Je ris en le voyant faire.

-Allons-y, déclarais-je.


Voilà voilà. C'est un peu court mais pour tout dire, le chapitre devait pas se finir comme ça. Mais la vraie fin, je l'avais imaginé il y a deux ans et, en deux ans, pas mal de choses ont changées et je ne suis plus capable de vous faire une fin comme celle qui était prévue (parce que c'était une fin dramatique, et les chapitres suivants auraient du faire pleurer). C'est d'ailleurs cette fin qui me bloquait dans l'écriture (entre autres choses). J'ai donc décidé de la supprimer.

Sinon, pour le prochain chapitre, je vais essayer de le faire pour le mercredi 2 mai. Ce mercredi-ci, c'est impossible. J'ai quatre examens et mon TFE à finir et à imprimer cette semaine.

Et pour finir, je ne vais pas réclamer de review parce je ne pense pas les mériter mais si vous en laissez, ça fais toujours plaisir (et ça motive à fond !).