Disclaimer : Harry Potter ne m'appartient toujours pas.

Davina Potter - Emily DiDonato


V

« La souffrance exige d'être ressentit »

John Green

-Papa ?

-Davina, tu m'as tellement manqué…

Je sentis mes genoux trembler et je dus me raccrocher à la porte pour ne pas tomber. J'avais l'impression que mon crâne voulait se fendre en deux et que toutes mes barrières mentales soigneusement érigées et peaufinés depuis plus de dix ans venaient de se briser en mille morceaux. Quant à mon cœur, j'avais l'impression qu'il saignait.

-Non, non, non, non. C'est impossible, mon père est mort ! Criais-je.

Je m'éloignais de l'imposteur à reculons et trébuchais.

Même par terre, je tentais de mettre le plus de distance possible entre moi et l'homme qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à mon père. Je sentis mes yeux me picotaient et je gémis lorsqu'il tendit une main hésitante vers moi.

-Non, Davina. Non, je ne suis pas mort. Je vais bien, maman aussi et Jon aussi.

-Mais…

-Les Dursley ne t'ont rien dit ?

-Me dire quoi ?!

-Ils ne t'ont vraiment rien dit ?

-ME DIRE QUOI ?! Que mes parents sont morts dans un accident de voiture ? Ils l'ont fait. Mais…mais ça n'a pas de sens. J'ai vu ma mère mourir, vous ne pouvez pas être mon père, c'est impossible. C'est impossible. Impossible.

Le bruit encouragea les Dursley à venir voir ce qui se passait.

-Qu'est-ce que tu fais le monstre ?! Tu n'as pas encore fait la vaisselle !

Vernon faillit s'étrangler lorsqu'il vit James Potter tournait des yeux furieux contre lui et Pétunia laissa échapper une exclamation suraiguë avant de s'efforcer d'éloigner son fils, sans succès. Ce dernier voulait à tout prix voir le spectacle.

-Nous vous avons confié notre fille pour qu'elle ait une chance de vivre une vie normale même sans magie et vous lui avez dit que nous étions morts ! S'écria James Potter.

Confié ?

Ce mot résonna dans ma tête pendant que je regardais la scène comme dans une transe.

Apparemment James et Lily Potter étaient en vie, tout comme mon frère. La seule raison pour laquelle j'étais chez les Dursley et pas avec eux, c'est parce qu'après que Grindelwald ait attaqué, ils nous ont emmené Jon et moi à l'hôpital ou les médicomage avaient décrétés que j'étais une cracmol sans la moindre trace de magie. James et Lily m'avaient confiés aux Dursley pour que je puisse vivre une vie normale sans me sentir jalouse ou mise à l'écart de mon célèbre frère capable de magie et de plus de pouvoir que quiconque l'aurait imaginé…Après tout, il avait vaincu le mage noir qui terrorisait la communauté des sorciers alors qu'il n'était qu'un bébé…

C'est alors que James criait ce qui s'était passé aux Dursley que je sentis mon cœur devenir de glace. Je me relevais lentement pour tenir sur mes deux jambes.

Lorsque James se mit à hurler qu'ils avaient passé dix ans à payer les Dursley pour qu'ils prennent soin de moi et qu'ils devaient les prévenir si je présentais des signes de magie que Pétunia ouvrit la bouche pour la première fois.

-Et si vous et ma chère sœur l'avaient visité ne serait-ce qu'une fois, elle aurait su la vérité il y a longtemps !

Ca cloua le bec à James mais pas à moi.

-Quelle vérité ? Demandais-je froidement.

Quoi d'autre m'avaient-ils cachés ?

Toutes les têtes se retournèrent vers moi.

-Retournes dans ton placard, toi ! Cria Vernon.

-Placard ? Quel placard, espèce de sale monstre !

James se tourna vers Pétunia d'un air enragé.

-Si ç'a avait été toi, Lily et moi aurions pris soin de ton fils comme s'il était le nôtre et c'est comme ça que toi et ton gros lard de mari traitez notre fille ?!

-La différence, c'est que je n'aurais jamais abandonné mon fils !

Il se sentait coupable. Dieu, qu'il se sentait coupable, je pouvais le sentir jusque dans mes os que James Potter se sentait coupable. Mais malgré tout, il restait persuadé d'avoir eu raison de faire ce qu'il a fait. Quant à Pétunia, elle était persuadée que tout ce que j'avais subit était mérité. Toutes ces années, elle avait voulu punir sa sœur à travers moi.

Après une heure ou les adultes passèrent leurs nerfs à hurler, James et moi furent enfin seuls dans la cuisine. Je le regardais sans cligner des yeux de mon regard impassible jusqu'à ce qu'il gigote inconfortablement sur son siège.

-Davina, tu es une sorcière.

-Je sais.

-Oh…tu sais. C'est bien, c'est très bien.

-Ou est ma mère ?

La dernière fois que je l'avais vu, Lily Potter avait supplié de façon presque hystérique le mage noir de nous épargner mon frère et moi. Comment cette même femme avait pu me condamner à cette vie ?

-Elle…elle voulait venir, mais elle était occupé à Poudlard, elle est professeur d'études des moldue…elle…elle regrette de ne pas avoir pu venir.

-Je suis certaine que c'est le cas, dis-je sarcastique. Qui au monde voudrait manquer une occasion de revoir Pétunia Dursley ?

James déglutit. Je pouvais sentir qu'il était mal à l'aise, il était même terriblement mal à l'aise et même si je sentais qu'au fond, il m'aimait, il avait néanmoins cette envie de s'enfuir comme un lâche plutôt que de m'affronter.

-Pourquoi vous avez fait ça ?

-C'était pour ton bien, ton frère…Jon est spéciale…Il est célèbre vois-tu, pour nous avoir débarrassé de Grindelwald. Il ne peut même pas aller au chemin de traverse sans qu'il y ait un troupeau de gens qui veulent le voir et lui serrer la main. Nous ne voulions pas que tu vives comme ça…Nous voulions que tu ais une chance de survivre dans le monde des moldue. Quand les médicomages ont annoncé que tu étais une cracmol, le professeur Dumbledore a suggéré que nous t'envoyons ici. Si nous avions su…

Je restais silencieuse et le regardais sans broncher. J'avais cru connaitre la douleur, j'avais cru connaitre la solitude, j'avais cru connaître la cruauté de la vie et que j'étais différente des enfants que je côtoyais à l'école que j'ai regardé de haut parce que je me croyais au-dessus de leur naïveté… Je réalisais finalement que je n'étais qu'une idiote, en fin de compte.

-Qu'est-ce que vous faites ici, Mr Potter. Vous n'êtes pas venu me ramener chez vous, alors je ne comprends vraiment pas ce que vous voulez, dis-je d'un ton neutre.

S'il avait voulu m'emmener loin d'ici, il l'aurait déjà fait. Il n'avait aucune intention de m'emmener avec lui.

-Ne m'appelle pas Mr Potter, Davina. Je suis ton père…

Je ne réagis pas.

-Je me suis porté volontaire pour te ramener ta lettre.

Il mentait.

-C'est ta lettre d'admission pour l'école Poudlard, c'est comme ça que nous avons compris que tu étais une sorcière. Je me disais qu'on pourrait aller faire tes achats d'école, ensemble ?

Il en avait envie autant que moi, c'est-à-dire pas du tout.

-Je crois que vous devriez vous en aller, Mr Potter…

-Davina…

-J'ai passé dix ans à faire mon deuil de vous et de votre famille, Mr Potter. Les Dursley pouvaient me répéter que vous n'étiez que des ivrognes bons à rien qui se sont tué bêtement des centaines de fois…

-C'est faux !

-Bien sûr que c'est faux. J'ai toujours su que c'était faux…La vérité est pire. Mes parents étaient en vie et parfaitement à l'aise financièrement mais ont préféré me refourgué à une famille qui me haïssait parce que c'était plus facile pour eux…Laissez-moi ma lettre. Je me débrouillerais toute seule.

-Davina…

-Allez-vous en, Mr Potter, dis-je d'un ton calme. J'aimerais retourner dans mon placard pour être en paix.

James se leva lentement comme s'il n'était pas sûr de la marche à suivre. Avant de partir, il me remit ma lettre et une clé de la banque Gringottes ou se trouvait apparemment mon héritage laissé par ma grand-mère Dorea. Il m'indiqua le chemin et m'offrit de payer tous mes achats, ce que j'acceptais d'un ton neutre. Il menaça enfin les Dursley de revenir les transformer en insectes s'ils ne commençaient pas à me traiter un peu mieux. Il fit en sorte que j'ai la seconde chambre de Dudley et que je n'ai plus une seule corvée à faire.

Lorsqu'il s'en alla enfin, Vernon se tourna vers moi avec une lueur malicieuse dans le regard.

-Alors comme ça le monstre croit qu'il a ga…

Je ne le laissais pas terminer que je tendis une main face à moi et les trois Dursley se retrouvèrent plaqué contre les murs hideux de leur salon. C'était quelque chose que je n'avais jamais fait mais la colère était une puissante émotion que j'avais en réserve et qui servait d'un très bon motivant.

Je serrais légèrement mon poing et les vis portaient leurs mains à leur cou de manière presque détachée. Je ne ressentais rien. Aucune pitié, aucune clémence, aucun scrupule à utiliser mes pouvoirs sur eux.

-Vous croyez réellement que je n'étais pas au courant pour la magie ? Vous croyez réellement que vous réussiriez à dompter le monstre ? Vous me dégoutez autant que les gens qui prétendent être mes parents.

Je relâchais Dudley, le premier.

-Dégages Dudlinouchet, j'ai à parler avec tes parents.

Le gros garçon s'enfuit dans sa chambre sans demander son reste.

-Aujourd'hui, j'irais dormir dans la seconde chambre de Dudley. Demain, j'irais à Londres et je ne reviendrais jamais. Vous mériteriez que je passe ce dernier été à vous torturer mais je n'ai plus de temps à perdre avec vous. Ne m'adressez pas la parole et ne m'approchez pas ou je pourrais changer d'avis et faire de vous mes cobayes.

-Tu es sûre que tu ne veux pas que je les morde, princesssse ? Demanda Silas en sortant sa tête de sous mon t-shirt.

-Peut-être dans quelques années quand tous les indices ne me pointeront plus du doigt, sifflais-je.

-C'est toi, le boss.

Sous les regards horrifiés de Vernon et de Pétunia, j'embrassais la tête de mon serpent qui serra affectueusement mon cou en guise de réponse.

Je serrais une dernière fois mon poing avant de les laisser tomber par terre pour qu'ils puissent reprendre leurs souffles.

Je sentais leur peur me parvenir et je retins un sourire. J'aurais dû les tuer quand j'étais plus jeune et que personne ne m'aurait soupçonné. Quoique, j'aurais pu être renvoyé chez les Potter, et ça, c'était hors de question. Je métamorphosais un vieux porte-monnaie déchiré de Dudley en sac ou je rangeais le peu d'affaire que je possédais. Je pris mon violon, mon oreiller et ma couverture jusqu'à la chambre de Dudley ou je fis disparaitre tous les jouets cassés sans ménagement. Après ça, je m'assis en tailleur pour reconstruire mes barrières d'Occlumencie.

J'enfouis mes souvenirs des Potter et des Dursley dans la même salle que je scellais fortement. Je rebattis tout depuis le début, réévaluais ma situation et mon paysage mental, je visionnais ce qui c'était passé lorsque j'ai confronté les Dursley et comment ma colère avait rendu la magie plus facilement accessible. Mes émotions servaient comme de carburant, m'offrant des possibilités que je n'avais jamais imaginé…Comme quoi les Potter et les Dursley m'avaient servi au moins à une chose.

Grâce à eux, j'allais devenir plus puissante que je ne l'aurais jamais été sans cette souffrance agonisante.

Je n'oublierais jamais cette trahison. Elle était après tout devenue ma meilleure arme.


R & R !

Bises,

LS.