Hello, les âmes errantes !

Un grand merci pour Lerugamine et Elodidine pour leurs reviews.

Disclaimer : Harry Potter refuse toujours de devenir ma propriété.

Davina Potter - Emily DiDonato


TOME I : Davina Potter et l'école de sorcellerie.

VII

« Quelqu'un qui ne tire pas de leçons du passé est un imbécile, selon moi. »

Stephen King.

Quelques semaines s'étaient écoulées sans que je ne sorte de la chambre que je louais. Le propriétaire du chaudron baveur, Tom, était complétement sous mon charme et s'était montré très serviable envers moi. Bien sûr, il pensait que j'étais une pauvre orpheline ayant nulle part où aller. Il n'avait aucun moyen de savoir que j'étais la fille abandonné des Potter. La fille qu'on avait jetée parce que ses parents pensaient qu'elle était une cracmole. La fille au code moral plus que douteux. Entre ma magnifique chouette Hedwige, Silas le serpent, Tom le barman et Neville qui m'envoyait des lettres régulièrement, je ne me sentais pas le besoin d'avoir plus de contact avec qui que ce soit.

Pendant ces quelques semaines, je n'ai fait que lire, sortant de ma chambre, uniquement pour pouvoir me nourrir lorsque je réalisais que j'avais faim. J'avais finis mon manuel de métamorphose à l'usage des débutants et Livres des sorts et enchantements (niveau 1) qui étaient d'une simplicité enfantine, j'avais dévoré tradition et culture Pagan, les fêtes sacrées en l'honneur de la déesse, Propriétés magiques des plantes, Magie des Wiccans, Magie de l'esprit pour les érudits, et enfin Théorie magique…Les trois tomes.

Je n'avais pas été stimulée intellectuellement depuis si longtemps que j'aurais pu embrasser mes nouveaux livres !

Mon anniversaire était passé sans que je m'en rende compte, et le mois d'Aout avait commencé quand je sortis enfin de la bulle que je m'étais créée pour me protéger de mes pensées.

J'étais devenu une experte quand il était question d'ignorer les pensées désagréables.

Ce jour-là, je me réveillais dans mes vêtements de la veille, mes cheveux ressemblait à un nid d'oiseau et reposait sur ma tête dans une masse de nœuds, j'étais entouré de mes livres, carnets et notes de parchemins, l'épaule endolori par la drôle de position dans laquelle je m'étais endormi.

-Princesse…Princesse…

-Quoi Silas ? Je demande, d'un ton las.

Ce serpent était un amour mais Dieu, qu'il pouvait être ennuyant quand il le voulait.

-Et si on sortait, aujourd'hui ? Toi, moi, le soleil. Par pitié, fais-moi sortir de cette chambre, je veux du soleil !

Le serpent glissa sur les livres éparpillés sur mon lit et s'installa sur mon ventre jusqu'à ce que nos deux visages soient face à face.

Il me lécha affectueusement le visage de sa langue fourchue jusqu'à ce que je consente à me lever.

Je pris une longue douche brûlante, Silas profitant sans vergogne de la vapeur de la douche et il me fallut près de vingt minutes pour coiffer mes longs cheveux jusqu'à ce qu'il retrouve un peu vie. A mon plus grand embarras, je réalisais que je n'avais toujours pas acheté de vêtements, ni réfléchit à ou j'irais ou ce que je ferais l'an prochain.

L'argent que m'avait laissé ma grand-mère ne resterait pas indéfiniment.

J'allais devoir trouver une solution.

En attendant, j'enfilais des leggins et un vieux t-shirt gris qui avait un jour été blanc. J'étais bien décidé à sortir m'acheter à manger et laisser Silas profitait du soleil d'Aout. Mais aussi à m'acheter une nouvelle garde-robe. Je ne savais pas quoi m'attendre à Poudlard, mais il était hors de question que j'aille là-bas en portant les vieux vêtements de Dudley.

-Bonjour Davina ! Lança Tom, lorsqu'il me vit descendre pour la première fois depuis deux jours.

Il avait l'air soulagé. Il devait sans doute se demander ce que je faisais à longueur de journée, enfermée dans ma chambre. Le pauvre homme devait se faire un sang d'encre pour moi. Je n'étais pas sûre de le mériter.

-Bonjour Tom.

-Je te sers quelque chose ?

-Non, je veux profiter du Londres moldue aujourd'hui. A ce soir !

Sortir du chaudron baveur pour atterrir à Charring Cross Road était comme pénétrer dans un autre monde. Un peu comme la première fois que j'avais mis les pieds au chemin de traverse. La circulation, les rues pleines de piétons, le bruit des klaxons et des téléphones portables, la musique pop, l'odeur de hot-dogs venant des stands…Un monde complètement différent de l'odeur des parchemins, de vieux livres et de bois poli, du bruits des hiboux et des fléreurs qui miaulaient d'un ton grincheux contre leurs sorciers. Et même si je choisirais le monde des sorciers sans hésiter, je devais avouer que le monde des moldue avait son attrait…tant qu'on ignorait tout ce qui avait un lien avec les Dursley. Lors de ma première vie, je n'avais pas pu en profiter. J'étais bien décidé à le faire dans cette vie.

Je voulais aller dans des boites, dans des raves, essayer tous les restaurants de la ville, visiter le Buckingham Palace, le Goldsmith Hall, le Greenwich Park, les jardins de Kensington, le British Museum de Londres, et pleins d'autres encore. Je voulais tout voir, mais ça devait attendre…parce que je n'avais que onze ans et très peu de temps devant moi.

Et laissez-moi vous dire une chose, les rues de Londres pour une fille de onze ans étaient l'équivalent du parcoure du combattant. Les piétons me bousculaient sans ménagement et avaient l'audace de me fusiller du regard comme si c'était de ma faute. A 1m50, je doutais sérieusement que ce soit réellement ma faute.

-On va ou, princesse ?

-Silas, caches-toi ! Sifflais-je.

Il ne manquait plus qu'on me découvre avec un serpent autour du cou.

J'avais honte de l'admettre, mais c'était ma première fois dans un centre commerciale. Je voyais des adultes accompagnés d'enfants, des adolescents de tous les âges, des familles, des amis…Je me sentais un peu de trop pour être tout à fait honnête. Mon premier arrêt fut un restaurant japonais, j'avais toujours rêvé de gouter aux sushis et je comptais bien me gâter aujourd'hui.

Mon second arrêt fut un magasin de vêtement. N'ayant aucune idée de comment procéder je demandais de l'aide à une vendeuse serviable. Je lui racontais un mensonge comme quoi mes parents adoptifs m'avaient laissé de l'argent pour que je puisse m'acheter de nouveaux vêtements et parce qu'elle voulait croire à mes mensonges, elle y cru.

Elle s'appelait Jasmine, elle avait seize ans, noir de peau avec des cheveux frisés, et de grands yeux noisette qui viraient sur le verre. Elle était vraiment jolie et je me surpris à la regarder de façon appréciateur.

Tiens, c'était nouveau ça.

Apparemment, en plus d'avoir hérité d'une mémoire eidétique, j'étais devenu ambidextre et bisexuelle.

Je ne m'y attendais vraiment pas.

Jasmine fut patiente avec moi. Elle m'écouta parler de mes gouts, me conseilla et ne s'impatienta pas. Elle m'aida à collecter une pile de vêtements et à choisir ce qui me plaisait et plus de ce qui serait pratique.

J'allais quand même passer un hiver en écosse.

Comment je savais que Poudlard était en écosse, ne me le demandez pas, j'ai depuis bien longtemps abandonné l'idée de comprendre d'où me venez toutes mes informations.

De temps en temps, Silas sifflait d'un ton gémissant qu'il voulait voir ce que j'achetais, je me contentais de l'ignorer. Je ne pouvais pas faire grand-chose d'autre avec Jasmine si près.

Je ressortis du magasin avec plusieurs petites jupes, plusieurs pulls en laine ou en coton, des gilets, des petites robes parce que j'aimais les robes, des bas, des ballerines, des bottes, quelques pantalons, des leggins, des sous-vêtements, des gants, écharpes et caches-oreilles, quelques bonnets, des ballerines, cinq paires de bottes, deux chapeaux fédora auxquelles je n'ai pas pu résister et un long manteau noir pour l'hiver.

Après avoir remercié Jasmine qui me fit promettre de revenir l'an prochain pour renouveler ma garde-robe, je payais mes achats et me traînais jusqu'aux toilettes les plus proches ou je rangeais la plupart de mes achats dans ma besace acheté chez madame Guipure, doté d'un sortilège d'extension indétectable.

Je ressortis des toilettes, vêtue d'une robe d'été bleu clair. Par-dessus, j'y ajoutais un gilet et une écharpe ou je dissimulais Silas. Je portais aux pieds des ballerines, soulagé de ne plus jamais avoir à porter les vieux vêtements de mon énorme cousin. Je jetais ses vêtements avec satisfaction avant d'observer mon reflet.

J'étais jolie. Mes cheveux atteignaient le bas de mon dos, mes grands yeux verts brillaient, mes lèvres étaient pulpeuse, j'étais vraiment jolie. Malheureusement j'étais un peu trop maigre. Mes bras ressemblaient à deux baguettes et sous ma robe, mes côtes étaient visibles. Les Dursley avaient fait en sorte que je mange le moins possible et j'avais parfois l'impression que c'était ma magie qui me faisait tenir debout. Sans elle, je serais sans doute morte il y a bien longtemps. J'avais appris à ignorer la faim et c'est dernière semaines je m'étais négligé. Ne sortant de ma chambre que lorsque strictement nécessaire.

Ça allait devoir changer.

Mon prochain arrêt fut une librairie. J'y achetais tous mes classiques préférés, de Shakespeare jusqu'à Stephen King, en passant par les inévitables : Jane Austen, Gaston Leroux, Charles Dickens, Tolstoï et Dante et une pléthore d'autre écrivains que j'avais adoré dans ma première vie et que je redécouvrais avec plaisir.

Je regrettais un instant de ne pas trouver le trône de fer, Divergente, Hunger Games, ou Nos étoiles contraires. J'allais devoir attendre pendant des années avant de pouvoir les relire ! D'un autre côté, j'avais la possibilité de tuer Stephenie Meyer avant qu'elle ne pollue l'esprit d'adolescentes impressionnables. C'était extrêmement tentant.

Je passais mon après-midi sur la terrasse d'un café à boire de l'Earl Grey et à manger des pâtisseries tout en lisant le Phantom de l'opéra. Silas était sur mes cuisses, dissimulé de la vue des badauds et profitait avec joie du soleil. Moi aussi, j'en profitais. Je n'avais pas réalisé à quel point ça m'avait manqué.

Tout à coup, je su quoi faire au sujet de mon problème financier.

Je ne connaissais peut-être pas grand-chose au monde des sorciers, mais j'avais connaissance du monde des moldue et je savais à l'avance dans quoi investir.

Je retournais au chaudron baveur, les épaules beaucoup moins tendue qu'à l'allée. Je me sentais plus légère, et j'avais déjà un problème en moins à réglé.

A peine avais-je mis les pieds dans le chaudron baveur que je fus frappé figurativement par un autre problème.

Les Potter étaient là.

Entouré d'une foule de fan et de ce qui semblait être un ou deux reporters.

Je reconnus la masse de cheveux noir et ébouriffé de James Potter. Il se tenait fièrement et souriait à la foule chaleureusement. Il avait une main posait sur l'épaule de sa femme et une autre sur l'épaule de son fils.

Je reconnus Lily. Ma mère, Lily. Qui me chantait, me bordait et que j'avais cru morte jusqu'à récemment. Elle n'avait pas du tout changé. Ses longs cheveux auburn étaient joliment ondulés et descendaient jusqu'à sa taille. Elle portait une élégante robe de sorcière et souriais brillamment.

Dans ses bras, se tenait Jonathan. Mon frère. Mon jumeau. Je ne savais pas quoi penser de lui.

Il avait sur son front, une cicatrice en forme d'X et souriais aux gens qui l'acclamait. Il leur serrait la main tout en répondant à des questions avec l'enthousiasme et l'innocence d'un enfant de onze ans.

Je cru sentir la bile me montait à la gorge, mon estomac se transformait en plomb et mon cœur saignait à la vue de ce portrait de la parfaite famille. Comme quoi, ils avaient dû sentir inconsciemment que je n'avais pas ma place parmi eux.

Je n'avais eu aussi mal qu'à deux autres occasions. La fois ou je m'étais interposé entre mon frère et le sortilège de la mort et lorsque je m'étais réveillé le lendemain, seule dans le noire et que ma tante m'avait annoncé que ma famille été morte.

J'avais survécu à ces deux occasions. J'avais finis de pleurer pour les Potter.

A ce moment-là, ma mèr… Lily Potter tourna la tête et ses yeux verts se posèrent sur les miens. Je détournais la tête et continuait mon chemin. J'entrais au chemin de traverse.

Contrairement à ma première arrivée, je ne m'attardais pas trop. J'étais trop occupée à renforcer mes barrières mentales et à compter dans ma tête.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six…

La trahison des Potter allait me pendre au nez pour le restant de ma vie, pas besoin que je m'y attarde.

Sept, huit, neuf, dix…

Je n'avais pas besoin d'eux.

Onze, douze, treize, quatorze, quinze, seize…

Je n'avais besoin de personne.

La banque Gringottes était tout aussi impressionnante que lors de ma première visite. Lorsque mes yeux se posèrent sur Gripsec derrière un guichet, je ne perdis pas de temps pour me rendre vers lui. Je vis sa grosse tête se relevait et à la lueur dans ses yeux, je su qu'il me reconnut lui également.

-Bonjour Gripsec.

Il parut surpris que je le reconnaisse.

-Salutations, miss Potter.

Je grimaçais. Je détestais ce nom. Potter. Je n'étais pas une Potter. Peut-être même n'avais-je jamais été une Castellan. Autrefois, j'avais été Adela. Maintenant, j'étais Davina.

-Appelez-moi Davina.

Il parut encore plus surpris. Dans ses yeux noirs, brillait une lueur calculatrice.

-C'est étonnant. Très peu de sorciers arrivent à nous différencier…

-Jusqu'à présent, je n'ai pas été très impressionnés par les sorciers, moi non plus.

Ne cherchant pas à ce que nous nous lions d'amitié grâce à notre mutuel mépris pour les sorciers (ou la race humaine, en générale dans mon cas) je continuais sans lui laisser le temps de répondre.

-J'aimerais engager un gobelin pour s'occuper de mes finances. Est-ce que c'est possible ?

Cette question avait été posée plus pour faire poli, qu'autre chose. Si ce n'était pas possible, je prendrais tout mon argent, le convertirait en livres sterling et l'entreposerait quelque part en Sibérie. Gripsec du le voir à mon visage car un sourire carnassier étira ses livres quasi-inexistantes.

-C'est possible, et même très recommandé. Voulez-vous rencontrer le gobelin qui s'occupe des finances des Potter ?

-Non, certainement pas. Vous accepteriez de prendre cette place ?

-Ce serait un honneur, miss Potter.

-Davina, corrigeais-je.

Gripsec hocha la tête.

-Suivez-moi, je vais vous conduire à la salle de conférence.

Je le suivis sans problème. A peine, m'étais-je posé sur l'un des petits sièges fait pour et par des gobelins, que je commençai sans préambule.

-Vous faites affaire chez les moldu ? Est-ce que vous investissez, et connaissez le marché boursier.

-Bien sûr, Gringottes fait affaire partout dans le monde. Nous ne discriminons pas, quand il s'agit d'or.

Je hochais la tête. C'était bien ce qu'il me semblait.

-Je veux que vous investissiez les trois quart de mon or dans plusieurs entreprises moldue.

Mon passé devait bien me servir à quelque chose, n'est-ce pas ?


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Bises,

LS.