Salut salut !

Il y a des milliers de choses que je pourrais vous dire, mais cela risquerait d'être trop long, et je ne pense pas que vous soyez ici pour lire mes blablatages. Donc je vais essayer de faire court en vous disant simplement trois choses importantes.

1. Oui, ceci est un chapitre. Et oui, il y en aura d'autres par la suite (le suivant est déjà écrit par sécurité, celui d'après est entamé et celui d'encore après aussi). En clair, oui, cette histoire reprend, et non, je ne compte pas encore une fois vous laisser en plan. Promis (mais bon, vu la situation, j'ai du mal à me faire confiance à moi-même, alors méfiez-vous).

2. Si ce chapitre est là aujourd'hui, c'est grâce à une et une seule personne. Et ce n'est pas moi. C'est grâce à Shirashi. Sérieusement, j'étais en train de doucement et lentement me faire à l'idée que cette histoire était à l'abandon lorsqu'elle a débarqué, m'a remotivé et a enclenché une frénésie d'écriture en moi. Et en plus, elle corrige désormais mes chapitres, vous évitant ainsi de vous brûler les yeux sur mes fautes. Donc, si vous tenez à remercier quelqu'un, ou si vous avez vraiment envie de poster un commentaire sur une histoire, elle le mérite largement plus que moi. Et même si elle doit en avoir marre que je lui dise ça, je la remercie.

3. Pardon. J'aurais peut-être du commencez en disant ça d'ailleurs. Je suis vraiment désolée de vous avoir fait attendre si longtemps. Je suis désolée pour toutes les personnes qui en ont eu marre d'attendre, et qui ne connaitrons jamais la fin alors que si je m'étais un peu secouée, elles auraient été ravies de la lire il y a quelques mois/années. Pardon à vous toutes, lectrices qui êtes toujours là, fidèles au poste, et que je malmène tellement malgré les gentils commentaires que vous me laissez. Si ça peut vous consoler, chaque jour que j'ai passé sans écrire, j'ai été rongée par la culpabilité, parce que je sais ce que ça fait d'être à votre place, et que je déteste ça.

4. (oui, j'avais dis trois, mais ce point-ci n'est pas important, c'est juste que c'est quelque chose que j'ai envie d'hurler au monde entier tellement j'en suis fière). Il y a quelques temps, je vous ai laissé une note d'auteur où je disais que rien n'allait et blablabla. Pour être honnête, les choses ne vont pas super beaucoup mieux, mais la vie a mis quelque chose sur ma route qui rentabilise largement tous mes soucis. En vrai, c'est deux choses. Deux adorables petites boules de poils qui grandissent de jour en jour. Deux petits monstres qui illuminent mes journées. Deux petits êtres tout doux et tout chaud que j'aime d'amour.

En bref, j'ai désormais deux chiots, qui ont seulement quatre mois et qui, sans le fameux déménagement dont je parlais dans ma note, n'auraient pas été à moi. Pire même, ils auraient surement fini euthanasiés (mais ça, c'est le côté négatif de l'affaire, et là, j'essaye de vous hurler mon bonheur !).

Mon rêve d'avoir trois chiens a donc été réalisé le 19 juillet et depuis, j'ai juste envie d'offrir deux petits frères à Seth dans cette histoire (mais j'ai trop peur que Rosalie leur fasse du mal, donc je m'abstiens. Pour l'instant).

Et bien, heureusement que je devais faire court !

Bon, je crois que je vais arrêter de vous embêter et vous laissez lire tranquille. Mais d'abord, je m'excuse (encore ! ? ) parce que j'avais prévu de vous faire un petit résumé, mais franchement, j'ai la flemme là…

Bonne lecture !


Jasper

La pluie s'abattait sur la voiture alors que nous roulions dans les rues de Forks. J'étais assis à l'arrière alors que maman conduisait, Rose à côté d'elle. Nous ne pouvions pas rentrer à sept dans une voiture et on s'était divisé ainsi sans même réfléchir. Cullen d'un côté, Hale de l'autre.

Je savais que maman m'observait via le rétroviseur, inquiète de ce que ressentais après ce qu'Alice avait dit. Mais elle n'oserait pas aborder le sujet la première et cette histoire allait finir par être oubliée.

Je soupirai en regardant les gouttes d'eau couler le long de ma vitre, pensant à ce que Carlisle nous avait annoncé. Une nouvelle maison…Je n'étais pas certain de ce que je ressentais à ce sujet.

-Bon, déclara soudainement maman. Maintenant qu'on est tous les trois, qu'est-ce que vous en pensez réellement?

Rose se redressa, déjà prête à répondre. Mais maman ne lui laissa pas le temps.

-Attends ! Je ne vous demande pas ce que vous pensez du fait que j'ai un enfant avec Carlisle mais ce que vous ressentez à l'idée d'avoir un petit frère ou une petite sœur. Dans l'absolu. En oubliant, Carlisle, Alice et tout le reste. Juste nous trois et un bébé.

Ma sœur s'adossa à nouveau à son siège, réfléchissant à la question. Moi, c'était tout vu. Si je n'avais aucun problème avec le fait que maman veuille un bébé avec Carlisle, j'en avais un à l'idée qu'on soit trois et plus deux. Que ce ne soit plus juste Rose et moi.

Si je n'avais pas autant protesté que Rose au mariage de maman, c'était parce que, contrairement à ma sœur, je réalisais que dans deux ans nous partirions à l'université. Et que maman se serait retrouvée seule. Alors si son mariage évitait cette fatalité, cela valait le coup de supporter les Cullen – et entre temps, j'avais trouvé d'autres avantages à cette situation, à tel point que le terme « supporter » n'était plus approprié. Mais si elle faisait un bébé avec lui, c'était créer un lien définitif et indestructible avec eux. C'était aussi un peu comme si elle nous remplaçait.

Mais ça, je ne le dirais jamais.

-Je pense que dans l'absolu, je pourrais accepter l'idée, finit par admettre Rosalie.

Maman la remercia d'un sourire avant de me regarder à travers le rétroviseur.

-Et toi ?

Je me mordis la langue, n'ayant pas plus envie de mentir que de lui faire de la peine. Je choisis alors la réponse neutre qui passait à tous les coups et qui ne m'engageait à rien.

-Je ne sais pas.

Mais cette réponse ne marchait que dans le cas où l'on ne possédait pas de sœur jumelle.

-Il est contre, intervint Rosalie.

Je donnais un coup dans son siège et elle leva les yeux au ciel – même si je ne pouvais pas le voir, je le savais.

-C'est stupide que tu gardes toujours ce que tu penses pour toi ! me reprocha ma sœur. Si t'es pas d'accord, t'es pas d'accord et c'est tout.

-Mêles-toi de tes affaires ! marmonnais-je.

-Tu me remercieras un jour, rétorqua-t-elle avec un sourire angélique.

-C'est ça, le monde se portera beaucoup mieux le jour où je ferais part de mon avis avec autant de délicatesse et de retenue que toi, ironisais-je.

Vexée, elle se retourna violemment sur son siège pour me faire face, le regard menaçant, prête à répliquer.

-Ca suffit vous deux ! ordonna maman avec colère. Rosalie, rassieds-toi correctement. Ca ne te suffit pas de te disputer sans arrêt avec Alice, il faut en plus que tu le fasses avec ton frère ?

-Mais je voulais juste l'aider à la base ! se défendit Rose.

-Peut-être, mais apprends à ne pas réagir aux provocations.

Ma sœur s'enfonça dans son siège en râlant.

-Mais elle n'a pas tort Jasper, enchaina maman. Je ne peux pas deviner ce que tu penses. Tu as le droit d'avoir ton avis et de l'exprimer.

-J'ai pas envie d'en parler, d'accord ? grognai-je.

Ma mère soupira et le silence remplit à nouveau la voiture. Je me tournai à nouveau vers la vitre et remarquai qu'on avait quitté les rues pleines de maisons pour entrer dans la forêt. Un chemin cahoteux nous assura quand même que nous n'avions pas complètement quitté la civilisation, tout en nous montrant la direction à suivre.

Soudainement, un léger mouvement attira mon attention. Rose avait passé sa main derrière le siège et me la tendait. Une main hissée en drapeau blanc qui demandait la paix.

Je laissaiséchapper un sourire. Ma sœur était incorrigible. Et c'était sans doute parce que maman et moi lui pardonnions toujours aussi facilement qu'elle se montrait de plus en plus en insupportable.

Mais elle restait ma sœur. Et puis cette fois, j'avais aussi à ma part de faute. Alors je lui serrai doucement la main et nous échangeâmes un regard complice à travers le rétroviseur.

Maman, qui évidemment n'avait rien raté de notre échange, secoua la tête d'air air faussement consterné.

Les quelques minutes de trajet restantes se passèrent dans le silence et puis la voiture pénétra dans une sorte d'immense clairière, au milieu de laquelle trônait une grande maison blanche et imposante.

-Nous sommes arrivés, constata maman en se garant.

A cause de la pluie, nous dûmes tous nous précipiter à l'intérieur, manquant ainsi l'occasion de bien observer l'extérieur. Mais l'intérieur valait le coup aussi.

Les murs étaient hauts et les pièces immenses, avec de grandes fenêtres pour faire entrer la lumière. On sentait que la maison était ancienne mais qu'elle avait été rénovée récemment.

Carlisle avait fait un très bon choix. Rien qu'à voir l'expression de maman, elle en était raide dingue.

-Bon, annonça Carlisle. Il y a quatre chambres au premier étage. Le grenier a été réaménagé et scindé en deux pour former deux autres chambres. Une des chambres du premier a un écriteau sur la poignée, c'est la nôtre. Vous vous partagez les autres comme vous voulez mais à la première dispute, je tire au sort. Compris ?

Chacun acquiesça et Emmett fut le premier à se précipiter vers l'escalier, criant qu'il voulait le grenier. Très vite, les autres le poursuivirent et je fus le dernier à monter, parce que je n'en avais pas grand chose à faire. Un lit et une étagère me convenait parfaitement, peu m'importait la pièce autour.

Je notai mentalement que la rampe de l'escalier avait été finement sculptée et je me demandai combien valait cette maison. Très cher sans doute.

Arrivé à l'étage, j'entendis Alice qui se chamaillait avec l'un de ses frères – Edward je crois. Je ne compris pas tout ce qu'elle disait mais je captais les mots « dressing », « fille », « Bella » et encore « dressing ». Finalement, Edward sembla capituler et il sortit d'une pièce, l'air contrarié. En m'apercevant, il m'adressa un sourire.

-T'as choisi ? me demanda-t-il.

-Non, je m'en fiche un peu.

-De toute manière, il ne reste que ces deux chambres là.

Il m'indiqua deux portes.

-Tu prends à gauche et moi à droite ? proposa-t-il.

J'acquiesçai avant de pénétrer dans ma nouvelle chambre. Elle était plutôt petite, avec des murs peints en bleu pâle. Une fenêtre donnait sur l'arrière de la maison et la forêt. Satisfait, je m'apprêtais à redescendre lorsque je remarquai une seconde porte. Supposant qu'il s'agissait simplement d'un placard, je l'ouvris et…me retrouvai dans une autre pièce. Enfin, ce n'était pas vraiment une pièce. Vu les étagères et les cintres qui trainait un peu partout, il s'agissait plutôt d'un dressing.

Soudain, une deuxième porte – située à l'opposée de celle par où j'étais entré – s'ouvrit et Alice entra à son tour dans le dressing, l'air ravi. Mais elle se figea à la seconde où elle m'aperçut.

-Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, surprise.

-Je…il y avait une porte et je suis entré.

Elle pencha la tête sur le côté, l'air intrigué. Puis elle s'approcha de moi et me poussa pour ouvrir ladite porte et passer sa tête dans ma chambre. Lorsqu'elle se tourna vers, elle semblait deux fois plus heureuse qu'il y a quelques instants.

-C'est génial, nos chambres sont reliées par le dressing ! déclara-t-elle.

Je ne comprenais pas bien en quoi c'était si génial. Si on voulait se parler, elles étaient aussi reliées par le couloir. Mais bon, j'avais compris depuis longtemps qu'il ne fallait pas essayer de comprendre les filles. En particulier celle-là. La preuve, c'est qu'elle attrapa ma manche et me tira dans ma chambre sans ménagement, refermant la porte derrière nous.

-Qu'est-ce que tu fous ? lui demandais-je alors qu'elle me tournait le dos.

A ma plus grande surprise, elle sortit une clé de nulle part et verrouilla la porte en question.

-Pourquoi t'as fait ça ? Et d'où sort cette clé ?

-Elle était sur la porte, répondit-elle en me dévisageant d'un air amusé. On va dire aux autres qu'on a trouvé la porte fermée et qu'on ne sait pas l'ouvrir, d'accord ?

-Pourquoi ?

-Tu poses trop de questions, soupira-t-elle en glissant la clé dans sa poche.

Ce n'était pas une réponse mais elle sembla décider d'en rester là et me tourna à nouveau le dos pour contempler ma chambre.

-C'est petit, commenta-t-elle en pinçant les lèvres.

-J'aime bien, rétorquai-je.

Elle ne répondit pas et quelques secondes s'écoulèrent dans le silence.

-Jasper ?

-Oui ?

-Je suis désolée, déclara-t-elle d'une petite voix en se tournant vers moi avec une moue triste. Pour ce que j'ai dit plus tôt. Je ne voulais pas te blesser.

Pour être honnête, je ne m'attendais pas à recevoir des excuses. Mais ça ne réparait pas tout.

-Non, tu voulais blesser Rose.

Ce n'était pas une accusation, juste une constation. Alice se mordit la lèvre.

-C'est vrai, admit-elle. Mais elle m'avait énervée. En temps normal, j'aurais jamais dit un truc pareil. Tu le sais, non ?

Elle me sourit, la sincérité de ses paroles se lisant dans ses yeux. Je soupirai longuement. A elle aussi, on lui pardonnait trop facilement. C'était normal que les choses ne s'améliorent pas.

-D'accord, je te pardonne. Mais tu m'expliques le coup de la porte fermée, marchandai-je.

Elle s'approcha de moi jusqu'à ce que nos visages se frôlent, les yeux pétillants de malice.

-Il n'y a rien à expliquer, susurra-t-elle doucement. C'est juste comme ça, pour qu'on ait un secret toi et moi.

Ses lèvres étaient incroyablement appétissantes. Je mordis les miennes pour m'empêcher de l'embrasser. Est-ce qu'elle se rendait compte de sa cruauté en me tentant ainsi ?

-Pourquoi tu…commençai-je.

Mais je n'eus pas le temps de terminer ma phrase qu'elle s'enfuit subitement, me laissant tout seul au milieu de ma chambre complètement déserte, perplexe et plein d'interrogations.

Carlisle

-Allez ! Allez ! Alice veut tout ça dans sa chambre pour pouvoir aménager son dressing ! On s'active les garçons.

D'un air amusé, je regardais la petite Nessie qui donnait des ordres à ses deux petits camarades, me faisant penser à Alice qui commandait ses frères au même âge.

-Mais c'est lourd ! gémit l'un des deux.

-Nahuel ! Arrête de te plaindre et avance ! Et fais attention, ce sont ses chaussures ! Et toi Jake, prends cette boite aussi.

-Oui chef !

Alors qu'ils disparaissaient de ma vue, je reportai mon attention sur les flammes qui prenaient doucement. Je ne pus m'empêcher de sourire en repensant à la façon dont notre simple déménagement s'était transformé en une sorte de fête de quartier.

Jeudi, après avoir visité la maison et décidé que déménager le plus tôt possible serait l'idéal, nous étions rentrés manger avant de tous aller nous coucher. Vendredi, je m'étais levé tôt pour aller chercher des tonnes de cartons et nous avions passé notre journée à les empaqueter. La journée d'aujourd'hui était censée être consacrée à faire des allers-retours entre les deux maisons, les voitures pleines et à emménager dans la nouvelle, histoire que cela soit fait avant la fin des vacances.

Naturellement, Bella s'était jointe à nous pour nous aider. Son père l'avait appris et s'était proposé pour nous donner un coup de main, embarquant Nessie avec lui. Mais comme la petite recevait des amis, Jacob et Nahuel, ils se sont joints à nous également.

En parallèle, Emmett avait bien compris qu'il serait le premier à qui je demanderais de l'aide pour démonter, transporter et remonter les meubles. Il s'était donc empressé d'appeler son ami Garrett à la rescousse. Ce dernier s'était empressé d'accourir, annulant les projets qu'il avait avec sa copine. Kate qui, mécontente, avait alors décidée de s'inviter mais, à l'instant où elles surent où qu'elle venait chez nous, ses sœurs décidèrent de l'accompagner.

Quant à Rosalie, elle râlait parce qu'elle voulait passer son samedi avec Royce donc la mère lui avait suggérer de lui proposer de se joindre à nous.

Par conséquent, nous avions dix paires de bras supplémentaires, ainsi que quatre véhicules. Esmé avait vite compris qu'il nous faudrait nourrir ces travailleurs bénévoles et elle s'était empressée d'aller acheter de quoi faire des hot-dogs. Et comme le temps était de la partie, nous avions sorti le barbecue.

Edward

-Je ne savais pas que tu avais autant de livres…

Je me tournai vers Bella qui était assise sur mon lit - fraichement remonté – et qui sortait tous mes bouquins des boîtes où je les avais soigneusement emballés. Elle me regardait, attendant ma réponse, et je me dis une fois de plus qu'elle était belle.

-La plupart étaient restés dans leur boite, répondis-je. Il n'y avait pas assez de place dans l'autre chambre.

A vrai dire, c'était le meilleur point que ce déménagement m'apportait. Une chambre à moi tout seul, où je pourrais ranger mes affaires comme bon me semblait. Papa et Charlie avait passé plus d'une heure à poser des étagères sur mes murs et Bella et moi nous activions désormais à les remplir avec mes livres et mes CD.

-Oh ! Une ancienne édition des Hauts de Hurlevent ! s'exclama soudainement ma copine. C'est une des toutes premières ! Comment tu l'as eue ?

Sans un mot, j'allai m'asseoir à côté d'elle et ouvris délicatement le livre qu'elle tenait entre ses mains. Sur la première page se trouvait une note manuscrite qui commençait à s'effacer, mais toujours lisible.

Pour Eléonore,

Parce que je sais que tu adores cette littérature qui te semble merveilleuse, même si, à mes yeux, c'est toi la plus merveilleuse des deux.

Je t'aime,

Carlisle

Bella ne fit aucun commentaire mais je savais qu'elle était émue.

-Prends-le, lui chuchotai-je à l'oreille. Je te l'offre.

-Quoi ?

Elle semblait horrifiée par ce que je venais de lui dire.

-Mais non, il était à ta mère ! objecta-t-elle.

-Je sais. Et je sais aussi que tu en prendras soin.

-Edward, non.

Elle était terriblement mignonne lorsqu'elle essayait de prendre un air sévère. Je pris délicatement le livre et le posais à côté de nous afin de pouvoir l'embrasser tranquillement. Mais elle me repoussa bien vite, les joues teintées d'un rose magnifique.

-Tu ne me feras pas craquer ainsi, me prévint-elle en fronçant les sourcils.

Je n'eus pas l'occasion de répondre que la porte s'ouvrit brusquement et Tanya entra.

-Coucou les amoureux ! Je m'incruste si vous ne faites pas trop de cochonneries.

Bella devint rouge pivoine alors que notre amie se laissait glisser le long du mur.

-Pfff Edward, ta sœur est épuisante ! Pire qu'Irina…

Je ricanai, heureux qu'Alice demande à quelqu'un d'autre que moi de trier ses chaussures par couleur et par modèle. Tanya nous observa et remarqua mon bras autour de la taille de Bella.

-Oh, j'ai interrompu un câlin ? se navra-t-elle.

Il fallait lui accorder ça, elle n'était pas du tout rancunière envers Bella. Même si j'avais toujours du mal à croire qu'elle ait été amoureuse de moi.

-Pas vraiment, répondis-je en me levant et en prenant le livre.

J'allai le ranger en sécurité jusqu'à pouvoir convaincre Bella qu'il était à elle. Je le plaçai sur l'étagère la plus haute, bien à l'abri d'un quelconque nuisible.

A la seconde où se fut fait, l'un des nuisibles potentiels – Emmett en l'occurrence – entra dans ma chambre en faisant valdinguer la porte.

-Vérification de routine ! s'écria-t-il alors que Garrett entrait à son tour.

Pour une raison quelconque, ils portaient tous les deux un casque de chantier sur la tête, et mon frère tenait un bloc note à la main.

-On vient vérifier que tout le monde fait bien son boulot, expliqua Garrett en notant quelque chose.

-Où avez-vous trouvé ces trucs ? demandai-je en ouvrant un nouveau carton.

-Ils sont cool, hein ?

-Ce n'est pas ce que j'ai demandé…

-Le père de Garrett est entrepreneur, répondit Kate en entrant à son tour.

Elle aussi portait un casque. Sans se gêner, elle alla s'asseoir sur mon lit et s'étira.

-Moi je les trouve trop bien nos casques, constata-t-elle sur un ton dissuadant quiconque de la contredire.

-Le plus triste là-dedans, c'est que vous êtes les plus âgés d'entre-nous, soupira Tanya avec une expression moqueuse.

Sa sœur la fusilla du regard alors que Garrett éclatait de rire à cette remarque. Au même moment, le petit Nahuel toqua timidement à la porte et nous regarda, un peu intimidé. Lorsqu'il croisa le regard connu de Bella, il se détendit un peu.

-Le…heu…Je…On peut manger, déclara-t-il.

Jasper

Nous nous étions tous installés dans le jardin, dans un coin où il n'y avait pas trop de mauvaises herbes, et les hot-dogs circulaient de main en main et dans la bonne humeur.

-Qui veut de la moutarde ?

-Je peux avoir la salade ?

C'était une idée de maman le coup de la salade. Elle en serait morte si nos invités étaient partis d'ici sans avoir mangé quelque chose de sain.

-Où est le ketchup ?

-J'ai demandé la salade !

-Quelqu'un veut à boire ?

-Garrett, passe moi cette fichue salade! s'énerva Tanya.

Alors que Garrett faisait semblant de lancer la salade en question à Tanya sous les rires de son public – autrement dit tout le monde sauf Tanya – maman s'approcha de moi.

-Jasper, me demanda-t-elle. Tu ne pourrais pas aller chercher ta sœur ?

Surpris, je réalisai brusquement que ni Rose ni Royce n'étaient parmi nous et j'eus un drôle de pressentiment.

-Bien sûr, fis-je en me levant.

-Merci.

Je terminai d'engloutir mon hot-dog en rejoignant la maison et grimpai rapidement les escaliers, me demandant ce que fabriquait Rosalie. Les autres faisaient tellement de bruit dehors qu'il était impossible qu'elle n'ait pas entendu.

C'est en arrivant devant sa porte close que j'obtins ma réponse. Le rire de ma sœur me parvint, suivi de sa voix étouffée.

-Arrête Royce, gloussa-t-elle.

-Tu t'imagines pas l'effet que tu me fais Rose…Rien que te regarder suffit à mon bonheur. J'adore caresser ta peau…

Je fus incapable d'écouter plus longtemps. Oubliant toute règle de politesse, j'ouvris violemment la porte, tremblant presque de rage. La vision de Royce quasi allongé sur ma sœur, une main dans ses cheveux et l'autre déboutonnant son chemisier ne fit qu'accroitre ma fureur.

-Jasper ! s'exclama Rosalie en me voyant.

En moins de deux minutes, elle fut debout face à moi, ses vêtements reboutonnés et les joues rouges, bien que je ne sache pas si c'était à cause de la gêne ou de la colère. Elle me regarda avec une telle expression que je crus qu'elle allait me bondir au visage pour m'arracher les yeux.

-Tu ne sais plus frapper ? me lança-t-elle d'un ton venimeux.

-Maman te cherchait, répondis-je d'une voix étonnamment calme. Et vous n'avez pas le droit d'être seuls dans ta chambre.

-On déballait mes affaires.

Je jetais un coup d'œil aux cartons à peine ouverts qui jonchaient le sol. Ils avaient seulement pris la peine de monter son lit et une étagère.

-On ne dirait pas, constatai-je, provocateur.

Cela me valut un regard noir.

-Mêle-toi de tes affaires.

-Comme ma sœur qui se fait déshabiller par un garçon ?

-Putain Jasper ! s'emporta-t-elle. Tu te prends pour qui ?

Je m'apprêtais à répondre lorsque Royce nous interrompit.

-Je dois rentrer Rose. Je t'appellerai.

-D'accord. Et désolée pour mon frère.

-Pas grave.

Sans gêne, il l'embrassa sous mon nez avant de passer devant moi et de me lancer un regard que je ne sus comment interpréter. Quoiqu'il en soit, son expression fit se hérisser les poils de ma nuque. Je n'eus malheureusement pas l'occasion de m'attarder sur ce détail car Rosalie revint à la charge.

-Dégage d'ici, m'ordonna-t-elle.

Je ne bougeais pa, l'observant tristement.

-Sérieusement Rose, tu comptes devenir ce genre de fille ?

-Quel genre de fille ?

-Celles qui se font sauter par un quasi-inconnu parce qu'il lui sort trois phrases complètement fausses et mielleuses.

A nouveau, elle me jeta un regard meurtrier.

-Je n'allais pas « me faire sauter » ! Royce n'est pas comme ça.

-Il avait sa main dans ton soutien-gorge, rétorquais-je.

-C'EST FAUX ! Et puis merde, ça ne te regarde pas ! Je fais ce que je veux que je sache !

Je sentais que cette histoire allait mal finir. N'empêche, j'étais heureux d'enfin pouvoir lui dire ce que je pensais.

-Il ne m'inspire pas confiance, déclarai-je.

-Et alors ? Tu ne veux pas en plus que je te demande ta bénédiction pour les garçons que je fréquente ?!

Je connaissais Rosalie par cœur. Je savais exactement quels mots allaient la mettre hors d'elle. Et, sans trop savoir pourquoi, je les prononçais.

-Ne t'inquiète pas, tu ne risque pas de trouver pire.

Elle pâlit brusquement, signe que sa fureur avait atteint ses limites et me lança le regard le plus glacial qu'elle possédait dans son arsenal.

-Dégage, siffla-t-elle. Tu es vraiment devenu odieux depuis que tu passes tout ton temps avec eux.

Je compris qu'elle faisait allusion à Emmett et Edward et sa remarque me blessa. C'était elle qui m'avait délaissé la première pour son Royce. Je répliquai en attaquant là où je savais que ça allait lui faire mal.

-Vu comme tu es devenue égoïste et imbuvable, je préfère nettement leurs compagnies à la tienne !

Elle me fixa droit dans les yeux sans répondre. Puis, d'un geste sec, elle referma la porte, me laissant seul dans le couloir, regrettant déjà mes paroles.

Parce qu'avant qu'elle ne s'enferme, j'avais eu le temps de voir les larmes briller dans ses yeux. Et j'avais très distinctement entendu le sanglot qu'elle avait laissé s'échapper.

Et moi, je restais planté là comme un abruti, mes excuses en travers de la gorge. Parce que ce qui avait été dit était dit et que c'était trop tard pour revenir en arrière.

Définitivement.

Esmé

Tout juste sortie de la douche, je me laissai tombée sur mon lit aux côtés de Carlisle, épuisée. Nous avions passé ces derniers jours à emballer toutes nos affaires et depuis ce matin à l'aube, nous avions tout transporté jusqu'ici et tout installé. Heureusement que les amis des enfants nous avait fourni un coup de main, sinon nous en aurions encore pour des semaines de travail.

-Je n'en peux plus, déclarai-je en baillant.

-Et on n'a pas encore fini, me répondit Carlisle en me montrant le bloc-notes qu'il tenait en main.

Dessus, il avait noté tous les petits travaux dont avait besoin notre nouvelle maison.

-Tu as oublié la fenêtre de Rose qui ne ferme pas complètement et le robinet de la salle de bain au premier à changer.

-Robinet, chasse d'eau, eau chaude, bougonna-t-il. Y-a-t-il une seule salle de bain qui fonctionne correctement sur les trois ?

-Non, rigolais-je en l'embrassant.

Comme pour confirmer mes dires, un cri de surprise retentit. Alice, sans doute distraite, venait de se faire asperger par le robinet en question.

-J'en ai marre de cette baraque pourrie ! décréta-t-elle à voix haute – pour être sûre qu'on l'entende – avant de claquer la porte de sa chambre.

Avec un soupir, Carlisle se passa la main dans les cheveux d'une manière terriblement séduisante.

-Dire qu'il y a aussi le jardin à désherber entièrement.

-Et les vitres à laver, une clôture à installer pour Seth et bien d'autres choses, ajoutai-je en souriant. Mais oublie ça pour l'instant et détends-toi…

Je l'embrassai tendrement et il me prit dans ses bras, me serrant contre lui. Je sentis ses mains remonter le long de mon dos, me déshabillant au passage. Et là, je me rappelai brusquement.

Dans l'agitation des derniers jours, je n'avais pas pris la pilule

C'était un oubli évidemment, et je m'apprêtais à stopper Carlisle lorsque quelque chose d'autre me remua les entrailles.

L'envie d'un bébé. Plus forte que jamais. Je n'avais jamais ressenti ça. Ma première grossesse avait été une surprise, qui s'était révélée être une double surprise d'ailleurs. Depuis, ma vie avait été trop chaotique pour que je pense à avoir un autre enfant. Jusqu'à maintenant.

Ce bébé, je voulais l'avoir. Même si cela devait provoquer une énième dispute avec les aînés. Je m'en moquais, parce que je savais que cela finirait par s'arranger. Et même si ce n'était pas le cas, je prenais le risque.

Alors que je prenais pleinement conscience de ce qu'Edward entendait lorsqu'il disait que faire un bébé était un acte égoïste, je choisis d'être égoïste à deux. Je ne voulais pas non plus faire cet enfant dans le dos de Carlisle.

-On n'est pas protégé, lui soufflai-je à l'oreille.

Comme ça, sans plus de détails. Il dut comprendre ce que j'éprouvais car il ne répondit pas et resserra son étreinte.

Edward

Cette journée incroyablement longue avait fini par se terminer et nous étions tous allés nous coucher dans nos nouvelles chambres, épuisés par ce déménagement éclair.

Sauf que je ne trouvais pas le sommeil. Mes sens étaient aux aguets, méfiants face à cet environnement inconnu. Pourtant, je savais que j'étais en sécurité.

C'était ma chambre. Ma toute première chambre juste à moi. J'avais pu y ranger tous mes livres et tous mes CD, je pouvais enfin y faire ce que je voulais, quand je le voulais.

Une chambre avec un papier peint vert pâle, aux dimensions parfaites, et avec une grande fenêtre offrant une vue imprenable sur la forêt.

Une chambre trop propre et trop calme.

Et c'était bien là tout le problème. Il n'y avait aucun vieil emballage de biscuit, ni de caleçon sale. Pas de poubelle débordante. Personne pour brusquement me retirer mon casque de mes oreilles lorsque j'essayais de me détendre en écoutant de la musique. Personne pour faire un bruit agaçant avec la paille de son jus de fruit alors que j'essaye de lire. Personne pour m'interrompre dans n'importe quelle activité. Et puis surtout, aucun ronflement pour m'accompagner dans ma phase d'endormissement comme j'en avais pris l'habitude depuis quinze ans.

Aussi stupide, absurde et inconcevable que cela puisse paraitre, ma chambre avait beau être parfaite, elle me semblait vide sans Emmett.

En tentant de faire le moins de bruit possible, je m'extirpai de mes couvertures et me glissai silencieusement dans le couloir. A pas de loup, je commençai à grimper les escaliers qui menait au grenier – et donc au nouveau royaume de Rosalie et Emmett. Sauf que je n'avais même pas monté la moitié des marches que je tombais nez-à-nez avec mon frère.

-Emmett ! Qu'est-ce que tu fais là ? demandai-je aussitôt, sur la défensive.

A vrai dire, je commençais déjà à regretter d'avoir quitté ma chambre.

-J'allais chercher à boire. Et toi ?

-Nos toilettes n'ont pas de chasse, je voulais utiliser les vôtres, mentis-je.

Malgré nos dires, aucun de nous ne bougea d'un orteil. A la place, on se jaugea mutuellement et, à la seconde où nos regards se croisèrent, on esquissa un sourire.

Aucun de nous deux n'était dupe. Après tout, cela faisait quinze ans qu'on partageait une chambre. On se connaissait par cœur depuis le temps.

-Tu veux faire quelques parties de jeux vidéo ? me proposa-t-il.

J'acceptai et, lorsque j'entrai dans sa chambre, je me sentis chez moi. Tout était là, même après une seule journée. La poubelle pleine à craquer, l'emballage de biscuit, le caleçon sale. Même le jus de fruit entamé et la paille pendouillante, me narguant du futur bruit qu'elle allait produire à l'instant où Emmett la mettrait en bouche.

Avec un sourire, j'attrapai une manette et me préparai à mettre une raclée virtuelle à mon abruti de frère.


Et voilà !

Alors, pour reprendre en douceur, je préfère poster le prochain chapitre dans deux semaines. Le 12 décembre donc. Et comme il est déjà écrit, je peux vous assurer qu'il sera là. Ah oui ! Je vous ai pas dit ? J'ai une VRAIE connexion internet. C'est pas fabuleux ?

A très vite !