Hellow bande de gens. Ici Sora à l'appareil avec mon chapitre à moi et mes personnages complètement timbrés (je déconne pas, faites gaffe à vos neurones e.e). Bon, par contre, c'est pas tout rose (parce que je peux pas m'empêcher de glisser du dramatique dans chacun de mes textes xD) donc voilà quoi. J'espère que vous apprécierez, même si ce n'est pas le même genre de narration que Kate (qui a écrit le prologue).
Réponse aux rewiew anonyme (pas si anonyme que ça) :
Guest : Haaan, bah merci, ça nous fait vachement plaisir 3 Je pensais que ce serait aussi triste, mais bon, Kate est assez douée pour ça :') T'inquiète pas, les personnages vont changer un peu tout ça et donner un bon coup de pied dans la fourmilière (même si je ne te promet pas que tout sera joyeux). Et puis, nan, ta rewiew, elle est pas pourrie e.e
Disclaimer : L'univers est toujours à J.K Rowling et nos personnages toujours à nous ~
Rated : Ce chapitre est noté T, parce que … Bah c'est pas que du Bisounours, tout simplement.
On vous aime, et merci à ceux qui nous ajouté en favoris ~
« - Au vu de vos erreurs de l'an dernier jeunes gens, je vous demanderais d'être sages, parce qu'être directrice n'est pas aussi facile que vous ne le pensez. De plus, toutes mauvaises actions seront sévèrement punies. Je ne veux pas de pleurnicheries de votre part, merci bien. Je rappelle donc que la forêt interdite est … Interdite aux élèves, le troisième étage également, et je serais donc obligée de vous sanctionner. Vous ne voulez pas ça, n'est-ce pas ? C'est Mr. Rusard qui s'occupera des simples heures de colle, et je suis sûre que vous serez tous très ravis de faire équipe avec lui. Voilà, je pense que c'est tout. Je vous souhaite un très bon appétit ! »
Paf ! Dans la tronche de tous les élèves. Et ainsi prit fin le long, très long discours de Dolores Ombrage. Quand Alice avait appris ça, assise bien sagement à la table des Serpentards, elle avait laissé tomber sa fourchette dans son plat de coquillettes qu'elle avait commencé à se servir alors que le discours n'avait toujours pas été achevé. Le choc a-bso-lu. Ça n'avait pas plut à tout le monde de se retrouver avec une bonne femme pareille à la tête de l'école, et bien sûr, des manifestations avaient eu lieu, mais au lieu d'obtenir un résultat encourageant, les pseudo-rebelles avaient été mis au supplice de la plume de sang. Plus de sortie à Prés-au-Lard, plus de proximité fille/garçon … Bref, c'était l'Enfer. Alice n'a jamais été une fille difficile. C'était plutôt le genre groupie d'un des garçons les plus beaux de l'école et qui travaille moyennement bien en classe en menant son petit bonhomme de chemin. Mais là … Là ! Elle n'avait même plus le droit de parler à son frère. L'horreur. Parce qu'Alice Lestrange n'aime pas, mais alors pas du tout qu'on la sépare de son grand frère. C'est comme essayer de couper l'océan en deux : infaisable. Mais tout ça n'avait pas été le pire. Non. Nooon, vous rêvez là ! Ils inspectent les colis et les lettres maintenant ! On a plus le droit d'être dans un groupe de plus de cinq personne, plus le droit de se maquiller pour les filles, et le pire de tout pour Alice. Oui, de tout, c'était l'interdiction de porter autre chose que l'uniforme.
Toujours est-il que le discours long et ennuyeux de la Directrice venait de prendre fin, et avec ça, l'hymne de l'école. Au lieu d'un chant unifié, tous les élèves eurent droit à une merveilleuse cacophonie, chantée à tue-tête par ceux qui, faute d'idée plus ingénieuse que celle de casser les oreilles de la tyrannique Ombrage, avaient décidé de résister un tant soit peu comme l'avait fait l'armée de Dumbledore. Eux, c'est des nazes. Ils ont échoué et lamentablement. Et c'est là que commence mon histoire. Oui, moi, Louisa Freeman, celle qui ne sait absolument pas, mais alors paaaas du tout comment elle s'est retrouvée à Serpentard. Je suis pas hautaine, je suis de sang-mêlé, et je suis un peu ailleurs la plupart du temps. Pour ne pas dire toujours. Bref, je suis officiellement la fille la plus bizarre de ma Maison, et le temps n'arrange rien, ah ça non ! Et cette année allait être la pire. La pire je vous dis ! Je viens d'entrer en septième année ! C'est les Aspics ! Et vous savez quoi ? Je ne suis douée qu'en sortilèges, métamorphoses et trucs nécessitant une baguette magique. Vous comprenez maintenant ? Je n'aurais jamais mon diplôme avec les nouvelles lois d'Ombrage. Et dire que mon Moldu de père avait promis à ses collègues un destin grandiose à sa fille. Je l'imagine facilement, à la fin de l'année, aller leur dire : ''Heu, oui, bon, je vous avais dit que ma fille était géniale. J'avoue, je me suis trompé. Me regardez pas comme ça, ça arrive à tout le monde de faire des erreurs !''. Ouais, je sais, mon père, il est un peu bizarre. Un peu beaucoup, même, enfin … Il paraît que c'est de famille, hein ?
Je regarde Alice, elle me regarde, je la regarde, eeet … Elle détourne la tête, cette sale BIIIIP. Oui. J'ai déclenché le mode auto-censure. On sait jamais, y'a p't'être des enfants dans la salle. En attendant, écouter cette bande de casseroles chanter, ça m'a pas trop mise de bonne humeur, et Alice n'arrangeait rien en faisant sa biatch. Moi, vulgaire ? Mais où allez-vous chercher tout ça ? Bah, vous vous habituerez bien assez vite, croyez moi. Ah, tiens, les gens se sont arrêtés de chanter ! Alors, sans attendre, je me jette sur la bouffe. C'est que je suis de nature fragile moi, j'ai besoin de mon repas à heure fixe, alors bon, elle est bien gentille la Ombrage, mais moi, j'ai la dalle ! A coté de moi, Mathieu fait rouler ses petits pois carottes dans son assiette sans avoir l'air d'y toucher. Alors, comme tout bon pique-assiette que je suis, en mode ninja, je lui pique trois carottes. Manque de chance, il réagit et donne un coup de couteau à ma fourchette. Tant pis, j'aurais essayé.
« - Si t'as envie de petits pois, le plat est juste là !
Je fronce les sourcils, peu convaincue par son manque de professionnalisme. Et il est passé où le Mathieu aux grands discours pompeux que je connaissais bien ? Parti ? Enlevé par des extraterrestres ? Argh, ces sales petits bonshommes verts m'ont piqué Mathieu Lestrange ! C'est sa sœur qui va être dévastée quand elle va apprendre ça !
- Ouais, mais t'as pas l'air de vouloir y toucher, alors …
Je retente le coup, mais une fois de plus, coup de couteau dans ta tronche, fourchette. Ton sacrifice ne sera pas vain, crois-moi !
- Je t'ai dis non. Allez, casse-toi ! »
Et il n'ajouta rien d'autre. Bah, il fait sa crise d'ado en retard. Moi même, je n'ai jamais pu sortir de cette crise, alors voyez le résultat, hein ? Bah, ça me réussit bien. Non ? Tant pis. Pour vérifier que c'est bien lui, je lui tirai la peau du visage pour voir si y'avait pas un inconnu en dessous, mais non. Rien. C'est bel et bien Mathieu. Alice me regarde de nouveau. Oh, alors c'est comme ça, heiiin ? Je lui fais un doigt et continue de fixer Mathieu avec de grands yeux globuleux. Il me regarde aussi, je le regarde, il me regarde …
« - Tu pourrais arrêter, tu m'fous la honte ! »
Victorieuse, parce que je gagne tout le temps, je lui offre mon plus beau sourire avec appareil dentaire, et il détourne la tête. Qu'est-ce que je disais ! La force est avec moi, lui n'est qu'un petit Padawan sans expérience. Yoda moi être ! Naaan, j'exagère pas ! Je ricane, et me sert en cuisses de poulet et en pommes dauphines. Mathieu me regarde faire, et Alice me foudroie du regard de loin. Pour ceux qui se demandent comment moi, une serpentarde exemplaire (ahem), puisse être proche de son ami alors que la proximité fille/garçon était devenue interdite, je vais vous répondre. Je ressemble à un mec. Oui, je suis pas très féminine, et en plus, je suis plate. Bref. Vous comprenez ma douleur ? Je passe pour un mec. Même Math' m'a pris pour un mec la première fois qu'il m'a vue. C'est pourtant pas ma faute si j'aime avoir les cheveux extrêmement courts ! Si ? Peuh.
Un brouahaha commence à monter dans les rangées, et ça a pas plu à Ombrage. Elle s'est levée, le visage rouge de colère, et a commencé à piailler comme une vielle corneille défraîchie.
« - Du calme les enfants, du calme ! Vous ne voyez donc pas que vous dérangez vos professeurs ?
Alors là, j'ai pas pu m'empêcher. C'est vrai quoi, elle me tendait la perche de la provocation, et dans ce cas là, moi, Louisa Freeman, je me devais d'intervenir.
- MON CUL ! Hurlais-je dans le brouahaha.
Tout le monde se tut et commença à chercher l'origine du cri. Ombrage elle-même parcourait la salle de ses petits yeux porcins. Oh, c'est vrai qu'elle ressemble à une truie dans son costume d'épouvantail rose. Elle pourrait presque tourner dans un film d'horreur. Il aurait beaucoup de succès, croyez moi !
- Qui a dit ça ? QUI a dit ça ? Que le coupable se dénonce, maintenant ! »
De gens éclatèrent de rire devant sa voix qui commençait à virer dans les aigus. Bon sang, elle fait vraiment flipper en fait. Son regard se posa sur moi. Oh, oui, j'avais oublié. Vous voyez les jumeaux Weasley ? Moi, je suis la version Serpentard. Un sourire barre mon visage, et elle plisse les yeux. Oh, elle me décrypte aux rayons X. Ouuuh, c'est qu'elle me ferait presque trembler. Sarcastique, moi ? Non. Pas du tout. Du coup, je lui fais le coup du regard de Jedi, et elle détourne une fois de plus les yeux. Je souris, une fois de plus championne du regard de poisson mort. Autodérision. Rien d'autre ne se passa durant le repas, et alors que je me goinfrais de gaufres, la Vielle peau annonça la fin du repas. Les plats disparurent et avec eux, la gaufre que j'étais en train de manger. Aïe. Mon ventre protesta de colère, et je le fis taire d'un regard sévère. Oui, je parle à mon ventre. Un problème ?
Je me lève, Math me suit, j'accélère le pas et … Lui aussi. Alice nous suit de loin, lançant tantôt des regards langoureux à ce sale petit rat de Malefoy, tantôt fixant son frère et moi avec un petit sourire mauvais. Je soupire. Irrécupérable cette nana. Elle a beau n'être qu'en sixième année, elle se comporte comme si elle était mon égale. N'importe quoi. Je lui tire la langue, me moquant bien de savoir si j'étais ridicule ou non, et reprend ma route jusqu'aux cachots. Les cachots quoi. Et pourquoi pas les égouts tant qu'ils y sont ? C'est du foutage de gueule. En plus, ça sent le moisi H24. Dégueu.
La foule s'arrête, je fais de même. Bon sang, encore des bouchons sur l'autoroute en direction des cachots. Ils peuvent pas avancer plus vite, non ? Je me dresse sur la pointe des pieds, mais ne voit pas le bout. On en a encore pour un petit moment. Quelqu'un grogne à coté de moi, et devant, des filles commencent déjà à piailler comme des débiles. Je sens que l'attente va être longue, trèèès longue pour moi. Pitié, achevez moi. Mathieu me fout un coup de coude, excédée, je me tourne vers lui avec le regard-de-la-mort-qui-tue. Il ne bronche pas et me désigne Pansy Parkinson. Cette fille est en sixième année et elle est encore plus débile que les lapins crétins. Quoi, ils ont pas encore été inventés ? On s'en fout, c'est pour le scénario ! Quoi qu'il en soit, notre troll préféré (ahem) était en train de se foutre le doigt dans le nez en pensant que personne ne la remarquerait. Mais il faut toujours se méfier de Mathieu-Oeil-de-Faucon, car niveau petits détails, c'est lui le meilleur pour les dénicher. Ce mec est génial, je sais. C'est trop la classe d'être pote avec lui. Même si il y a TOUJOURS des crétins pour dire qu'on serait mignons tous les deux. Ah. Ah. Ah. Il est gay, mais c'est pas faute d'avoir essayé de fantasmer sur nous, les gens !
Alors que je continuais de compter les toiles d'araignée du plafond, la file se remit en marche. Ah ! Quelqu'un a enfin trouvé le mot de passe. C'est pas trop tôt. Peu à peu les gens font passer les mots magiques jusqu'à ce que ça arrive à mes oreilles.
« - Le mot de passe, c'est Cretinus Totalus. »
C'est … Une blague ? Mathieu n'a pas l'air de rigoler et me regarde d'un air grave. Oui. Vous avez bien lu. Cretinus Totalus est notre nouveau mot de passe à durée indéterminée. Je veux mourir. Maintenant. Certains se frottent déjà les tempes mais moi, je ne fais pas comme les autres. Je commence déjà à me frapper le crane contre les murs crades des sous-sols. Argh, mes cheveux empestent déjà le gobelin avarié. J'ai plus qu'à aller me laver après avoir vérifié que mes affaires soient toutes bien arrivées à bon port. On sait jamais, d'un coup qu'un elfe de maison décide de se rebeller et qu'il ait eu envie de me voler mon rappeltout ou mes parchemins. Ah mais me regardez pas comme ça, hein ! Les elfes de maisons, ils sont pas tous dociles ! Faut pas croire !
J'arrive enfin à franchir le tableau après qu'un groupe de blondasses ait enfin décidé de bouger ses grosses fesses en silicone pour laisser passer ceux de derrière. Je respire enfin. La plupart des gens se sont attroupés dans la salle commune, mais peu attirée par les rassemblements, je file dans la chambre des septièmes années pour ranger mes affaires. Comme d'habitude, mon lit est celui le plus au fond, dans un coin, et le tout est caché par un paravent. J'ai dû négocier pas mal de trucs avec les minimoys (elfes de maisons quoi) pour avoir ce coin de tranquillité. Adieu, blondasses et débiles gloussantes qui ne parlent que de leur coup de cœur et de mode. Moi, je suis mieux seule que mal accompagnée. M'asseyant sur mon lit, j'observe le coin avec appréhension. C'est à peu près propre, pour bien commencer, et mes affaires sont toutes là. Je commence à déballer mes affaires quand des gloussements viennent me casser les oreilles.
« - Hé, les filles, regardez ! La sang de bourbe est de nouveau avec nous ! Alors Louisamoche, encore là ? T'as pas été renvoyée ? T'inquiète va, Ombrage va bientôt s'occuper de ton cas ainsi que celui de tes autres petits copains sang de bourbe ! »
Ne pas répondre. Ne surtout pas répondre. Je garde mon calme, et je leur fais un doigt. Mieux vaut rester zen que de céder à la colère. C'est ce que mon père me dit tout le temps, et j'ai toujours écouté ses conseils. Ah, si ces abruties savaient que je préférerais écouter les conseils d'un moldu plutôt que ceux d'un sorcier de sang pur, elles se foutraient encore de moi. Je préfère les ignorer et déployer mon paravent. Bye bye bande de débiles congénitales, je préfère me couper du monde.
Mes vêtements empilés dans la commode et le reste posé tout autour de mon lit dans mon petit coin de paradis, je m'affale enfin sur l'amour de ma vie, j'ai nommé : le lit ! Il sent un peu la poussière et le renfermé, mais dans l'ensemble, c'est convenable. Je suis pas une fille difficile, moi. Sans même m'en rendre compte, je commence à m'endormir, et alors que tout devient noir autour de moi, je sombre dans le sommeil le plus profond. Bordel, j'ai oublié d'aller me laver.
Je m'appelle Alyx. Alyx Freeman. Je viens d'entrer en cinquième année au plus grand bonheur de mes deux parents. Je suis une serdaigle et … Et ma vie, bah, c'est aussi bizarre qu'une orgie de drogués. Dans ma tête, déjà, on est plusieurs à se taper la coloc'. Pas que ça me dérange, mais mes personnalités sont toutes complètement barjes. Pas terrible quand on veut suivre les cours normalement, hein ? Mais moi, je veux pas suivre les cours ! Parce que Ombrage, bah elle fait chier, on va pas se mentir ! Ah, et un autre truc bien pourri, ma sœur me fait la gueule. Oui, carrément. Mais genre, de la manière la plus absolue, elle ne fait même pas attention à moi quoi ! J'existe pas, voilà, je suis un fantôme, comme Nick' Quasi-sans-tête. Au moins, on pourra toujours se soutenir moralement.
Et là … Là, je suis en mode légume sur la banquette arrière de la voiture, ma mère conduisant la voiture et ma soeur à coté d'elle écoutant son Walk-man. Je la fixe dans le rétro, mais pas moyen, elle ne lève même pas les yeux de son bouquin. Elle fait vraiment chier quand elle veut. Et dire que ça dure depuis deux ans ce cirque. Elle a pas fini sa crise d'ado ou quoi ? Bah, cette année, ça va être la bonne. Je me suis déjà excusée un bon milliard de fois – bon, quand même pas … - et j'ai tout fait pour qu'on se reparle à nouveau. Mais pas moyen ! Ma sœur, c'est une tête de mule. Je ferme les yeux, crevée alors qu'il n'est QUE 7 heure et quelques. J'entends le ronronnement du moteur de la voiture, la tête plaquée contre l'accoudoir. Et je laisse le temps passer, apaisée par les soubresauts légers et le bruit du moteur qui me rappellent toutes les fois où je dormais blottie contre Louisa.
Mais bon, tout ça, c'est fini. Bref, voilà, finish, termined, bybye Louisa ! Je vais bien, je fais pas de dépression et bon, ma vie, elle est toujours pareille. C'est pas comme si j'étais devenue aveugle ou que j'avais perdu tous mes potes, hein ? C'est clair que perdre sa grande sœur, c'est pas important du tout. Oui oui, croyez moi ! Je déconne hein ? Ma sœur, elle me fait la gueule, et c'est chiant. Fin de l'histoire.
Ma chouette hulule à coté de moi dans sa cage et je la regarde. Duel du regard enclenché. Comme ma sœur, elle est imbattable. Bah, ce sera pour une prochaine fois. Personne ne peut me résister, personne. Mouahahaha. Bref. Je lance un énième regard à ma sœur, et pour la première fois depuis très longtemps, je croise le sien. Ses yeux me fixent d'un air mauvais, puis elle détourne de nouveau les yeux pour regarder la route. Je me mords la lèvre inférieure, déçue. Ma mère commence à ralentir, et c'est alors le signal de notre départ imminent. La gare King Cross. Je me souviens de mon premier passage par ici avec nostalgie. Elle est loin l'époque où je pouvais discuter avec Louisa sans me prendre un vent. Bah, cet espèce de Gollum grincheux finira par se lasser de son petit manège. Oui, tout à fait, sérieusement ! Ma sœur, c'est pas quelqu'un de rancunier, naaan. Je lui ai pas piqué son anneau quand même. Heu … Si, un peu quand même. Bon, okay, je sais, elle me pardonnera jamais pour ce que j'ai fait, mais tant qu'il y a de la vie, y'a de l'espoir. Naïve, moi ? Nooon, vous croyez ? Juste un petit peu alors.
Ma chouette sous le bras, la valise dans dans l'autre main, je suis ma mère qui commence déjà à être impatiente de revoir un de ses endroits préférés. Elle aussi avait été à Poudlard quand elle était jeune. Oh, elle est toujours jeune, hein, mais quand elle avait mon âge quoi ! Faut pas jouer avec les mots, je sais, je sais.
« - Dépechez-vous les filles, je voudrais pas que vous soyez en retard. Ce serait un comble tout de même. Et puis cette saleté d'Ombrage n'hésiterait pas à vous punir dès le premier jour. Allez allez, plus vite que ça ! »
Louisa marmonna un truc à coté de moi, mais bon, je comprends bien que ce n'est pas à mon attention. Je lui tire la langue alors qu'elle me dépasse. Ouiii, je saiiis, trois ans d'âge mental. Au moins, je sais m'amuser, moi. Pas comme l'autre harpie là, qui tire un tronche de trois mètre de long à coté de ma mère. Alors qu'on arrive devant le passage, je vois avec bonheur Andrew, Maisie et Armand. Han, ils m'ont attendue, ils sont trop mignoooons ! Je saute au cou de ma meilleure amie, tandis que les deux autres mecs nous regardent en souriant. Ah nan, pas Armand. Armand, c'est Rogue, mais version rat de bibliothèque et à peu près potable. Je n'exagère pas. Et Andrew … Bah, Andrew, il aime fantasmer sur les lesbiennes. J'en suis pas une, mais bon, tout le monde sait que Maisie préfère le filles. Moi, ça me dérange pas, et puis je l'intéresse pas. Son genre, c'est plus … Ah bah je sais pas en fait, mais moi, elle me considère juste comme sa pote, hein ? Et puis ses parents, qui sont quand même Écossais la tuerait si ils savaient qu'elle sort avec une Anglaise. 100 % vérité, promis juré !
« - T'as passé de bonnes vacances ? me demande ma rousse préférée.
- Vite fait. »
J'allais quand même pas leur dire que comme l'année dernière et même celle d'avant, j'avais passé deux mois à m'emmerder. Autant se la jouer hypocrite pour pas les inquiéter. Andrew, en tout faux gentleman qu'il est, prend ma valise et m'invite à passer à travers la pierre froide. Je passe, avec un sourire aux lèvres, suivie de Maisie et Armand. Le dragueur arrive ensuite, suivi de ma famille. Toujours aucun signe de vie de la part de Louisa-le-zombie. Maisie comprend tout de suite et me fout un coup de coude pour me faire arrêter de déprimer. Elle ne gagne qu'un merveilleux grognement digne d'un troll. Bah oui, voilà, vous avez découvert mon secret, je suis un troll adopté par la famille la plus étrange de tout le Royaume Uni. Nan mais cherchez pas de logique, hein ? Y'en a pas. Imaginez moi juste deux secondes avec la peau vert-gris, un gros nez, et complètement obèse. Vous avez ri, c'est bon ? Bref. J'embrasse une dernière fois Maman en lui promettant de ne pas chercher les ennuis et de ne surtout pas tirer les vers du nez de cette truie d'Ombrage. Elle me sourit une dernière fois tandis que je monte dans le train. Elle se tourne ensuite vers ma sœur, et je préfère m'engouffrer dans le wagon plutôt que de me désespérer pour rien à voir ma sœur être vivante avec tout le monde, sauf moi. Armand me suit sans conviction tandis que Maisie le pousse pour avancer. Arrive Andrew en dernier qui en passant fait des clins d'œil à des gamines de seconde année. Pathétique.
« - Hé, le pédophile, on suit le mouvement, veux-tu ? Sauf si tu veux rester avec elles, par contre, tu m'rends ma valise. » lui fis-je avec un grand sourire malicieux.
Au loin, je vois Mathieu et Alice qui embrassent chaleureusement Louisa. Ils sont amis depuis la première année - enfin, sauf pour Alice, comme elle est plus jeune que son frère – et ne se sont plus quittés depuis. Pour mes deux premières années d'études, j'avais fait le voyage avec eux. Mathieu est un mec sympa, et Alice … Alice, c'est juste la sœur de Mathieu, quoi. Rooh, ça va, hein ? Cette fille est juste raide dingue de Malefoy. Goûts de chiottes quoi ! Nan mais attendez, faut pas abuser non plus, qui serait amoureux d'une espèce de fouine décolorée, à part elle ? Personne. Juste … personne. Hein ? Cette chose a des groupies ? Ah oui, vraiment ? Ah. Je l'avais sous-estimé. Humph, il ne m'aura pas, moi. Je suis pas zoophile.
À la première cabine vide, on entre sans se faire prier. C'est tellement rare de pouvoir être tranquille entre amis sans élèves à coté pour te casser les pieds. Je m'assois près de la fenêtre, Maisie à mes cotés, et en face, Armand commence déjà à déballer son sac pour en sortir un bouquin. J'aime bien lire, hein ? Mais lui … Lui, c'est carrément psychotique. Enfin j'sais pas moi, mais j'ai l'impression que lui, il est pas hétéro ni rien. Non. Son truc à lui, c'est les livres. Il est livrophile, c'est moi qui vous le dis ! Andrew me fixe, l'air soudainement plus sérieux que d'habitude.
« - Bah alors le pervers, ton chat est crevé ou quoi ?
Bon, je sais, c'est pas drôle. RIP le chat, oui, si vous voulez. Pourtant, il n'esquisse même pas un sourire, rien du tout ! Y'a un truc qui va pas c'est pas normal. Ce mec, il est juste incapable de rester sérieux une minute.
- Tu t'es toujours pas réconciliée avec Louisa ?
Je baisse les yeux.
- Non, toujours pas. »
Au son de ma voix, il comprend tout de suite qu'il ferait mieux de ne pas insister. Moi, je suis comme les hippogriffes. Je mords quand on me cherche. Et je pense pas qu'il ait envie de se prendre un bloclang dans la tronche. C'est que je m'y connais en sortilèges, moi. Enfin … Avant qu'Ombrage ne débarque, quoi. C'est ma mère qui me l'apprit, celui-là. Elle adorait l'utiliser sur ma sœur et moi quand on se disputait, avant. Rien qu'à cette pensée, je ne peux m'empêcher de sourire niaisement. Quand je tourne la tête, Maisie me fixe en riant. Oui, je sais, j'ai l'air conne quand je fais cette tête, mais bon, je peux rien y faire.
Le train se met en marche, et déjà, on commence à rire et discuter. On en a pour la journée, alors j'ai déjà prévu de l'animation. Au programme, lancer de sorts, farces pour sorciers facétieux et bonbons à foison. Oui, je sais, je sais, je suis une pro pour mettre l'ambiance. Enfin bon, grâce à moi, le voyage ne dura pas longtemps et très bientôt, nous arrivâmes à Poudlard. Rangeant mes affaires dans ma valise après avoir mis mon uniforme, je suis Maisie et les autres et sors du train. Les carrioles nous attendent. Comme à chaque fois, elles avancent toutes seules, mais j'ai bien remarqué le regard sombre qu'Andrew jette à chaque fois au devant de la voiture. J'ai l'œil pour ces choses là, m'voyez ?
Tout a changé à Poudlard. Enfin … Surtout l'atmosphère et l'apparence du château. Cette vielle peau d'Ombrage a enlevé la plupart des tableaux. Et puis les fantômes ont déserté. Comme si on avait besoin de ça maintenant. Même Peeves ne s'est pas manifesté, c'est pour vous dire à quel point l'ambiance est austère. Avec les trois autres, on suit le professeur Flitwick qui attend les Serdaigles dans un coin de l'entrée. Même la grande salle a perdu de son aspect fantastique. Comme si le château n'acceptait pas Ombrage. Ah, ça lui fera les pieds à celle là ! Je m'installe à la table, et en silence, nous attendons. Vient alors la répartition des élèves, avec la même chanson que l'année dernière pour le choixpeau. A croire qu'il a décidé de boycotter comme le reste du château. Puis vient le discours d'Ombrage.
« - Au vu de vos erreurs de l'an dernier jeunes gens, je vous demanderais d'être sages, parce qu'être directrice n'est pas aussi facile que vous ne le pensez. De plus, toutes mauvaises actions seront sévèrement punies. Je ne veux pas de pleurnicheries de votre part, merci bien. Je rappelle donc que la forêt interdite est … Interdite aux élèves, le troisième étage également, et je serais donc obligée de vous sanctionner. Vous ne voulez pas ça, n'est-ce pas ? C'est Mr. Rusard qui s'occupera des simples heures de colle, et je suis sûre que vous serez tous très ravis de faire équipe avec lui. Voilà, je pense que c'est tout. Je vous souhaite un très bon appétit ! »
Je soupire, tout simplement blasée par tant de stupidité. Nan mais faut pas pousser le bouchon un peu trop loin quand même. Alors que le brouahaha commence à monter dans les rangs, les élèves étant tellement impatients de s'attaquer à la bouffe déjà mise en place contrairement aux autres années, un cri déchire la salle, créant un silence de mort parmi les élèves et les professeurs. Ce cri, je suis sûre que c'est Louisa. Je suis sa sœur après tout, et personne d'autre que moi n'arriverait à l'identifier aussi bien. J'esquisse un sourire et lui lance un regard émerveillé, mais comme d'habitude, elle me tourne le dos sans même s'apercevoir de ma présence. Je baisse les yeux, une fois de plus, préférant attendre que l'orage ''Ombrage'' décide de passer. Cette dernière cherche le coupable, mais n'obtenant aucun résultat, elle laisse tomber. Tout le monde semble réjoui, mais moi, je cherche juste à oublier que je ne suis rien aux yeux de ma sœur.
