Yoooo ... C'est vrai, vous pouvez sortir les tomates, nous sommes un peu - beaucoup - en retard. Mais pas d'inquiétude, on se bouge pour faire avancer un peu l'histoire.

Au programme, découvrez les pensée de Mathieu et d'Armand, et puisiez-vous les aimer comme on les aime !

N'hésitez pas pour les reviews, ça nous fait toujours plaisir.

Sora, psychopathe à temps partiels :3


- Mathieu !

Quoi encore ?

- Hé, Mathieu !

Humph.

- MATHIEU !

J'ai aussitôt levé les yeux vers ma sœur qui faisait à présent de grands gestes brusques.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Ta plume a bavé.

Ah oui, j'avais pas fait attention.

- Je sais que la septième année doit être fatigante, continua-t-elle, mais à ce point ? C'est Louisa qui t'empêche de dormir la nuit, c'est ça ?

Je n'ai pas pu me retenir d'esquisser un sourire amusé. Pourquoi tient-elle toujours autant à accuser Lou' quand quelque chose ne va pas ?

J'ai finalement empoigné ma lettre ruinée avant de la jeter dans le feu de cheminée de notre salle commune. Nous étions un samedi matin, et Louisa n'avait rien trouvé de mieux à faire que de partir en vadrouille à six heures pointées. Increvable.

Alice, quant à elle, travaillait sur un devoir de divination qu'elle ne parvenait pas à achever. Je ne sais pas si ce sont les effets de la sauge qui la bloquent ainsi, mais on va pas se le cacher, elle a l'air de planer complètement. Le professeur Firenze doit être un de ces rescapés des années Hippies.

C'était bien la troisième fois que je recommençais cette fichue lettre.

Ma mère m'inquiétait. Depuis l'évasion de Père et ses petits copains Mangemorts, elle ne parvenait pas à dormir la nuit. Et pour cause, elle refusait qu'on rentre à la maison pour les prochaines vacances, et celles à venir.

- Tu diras à Maman que je pense bien à elle, dit évasivement ma sœur alors qu'elle avait le nez plongé dans ses livres.

- Je le ferais.

Je préférais ne pas en parler à Alice, et cette histoire ne regardait pas Louisa. J'étais seul, et désœuvré.

Sortant un nouveau rouleau de parchemin de mon sac, j'entrepris de recommencer une nouvelle fois cette lettre qui me donnait tant de mal.

En fait, je ne savais pas quoi dire, sinon que tout allait bien pour nous. Qu'Alice avait réussit à se faire engager comme apprentie auprès de Mme Pomfresh, et que Louisa lui passait le plus agréable des bonjour.

Hormis ça, je ne savais pas quoi ajouter d'autre. Nos lettres étaient fouillées, et Maman avait eu l'intelligence de crypter le contenu de sa lettre.

Que pouvais-je bien dire d'autre ? Ombrage était complètement tyrannique, et parler avec ma sœur dans les couloirs s'étaient révélé être un calvaire quand la Brigade -débile- inquisitoriale avait commencé à sévir, avec cet abruti de Malfoy à sa tête.

Je me rappelais souvent avec mélancolie le Poudlard de Dumbledore, avec ses discours prévenants, la beauté du château, la rivalité bon enfant entre les maisons … Et tout était devenu si différent à présent.

- Yo !

Louisa venait de rentrer, toute victorieuse, et attirant sur elle tous les regards des élèves présent dans la salle commune.

Elle avait des cheveux bleus océan qui lui retombaient en boucles sur les épaules, et son visage ressemblait à un mix entre un mannequin et une petite fille.

Ah oui, j'avais oublié de préciser. Louisa est métamorphomage.

Elle s'installa en face de moi, croisant ses bras sur la table, et posa sa tête dessus avec un sourire rayonnant.

- Je suis allé chez les Pouffsouffles pour grappiller de la bouffe. T'en veux ?

J'ai hoché la tête positivement, et vérifiant discrètement qu'aucun membre de la Brigade -stupide- Inquisitoriale ne traînait dans les parages, je lui fit signe de me passer deux-trois bonbons.

Elle avait l'air particulièrement enthousiaste, et se trémoussait sur sa chaise comme si elle se retenait amèrement de me révéler ce qu'elle avait bien pu faire d'autre chez ses amis les blaireaux.

Bien sûr, c'était bien le seul sujet sur lequel elle se montrait discrète. Même à moi, elle ne révélait rien, mais je ne suis pas stupide. Je comprenais bien qu'elle me cachait des trucs pas clairs.

Pour le reste, elle n'avait aucune pudeur. Aucune. Je ne compte plus le nombre de fois où elle m'a collé une honte magistrale. Mais je l'aime quand même.

Alors que je terminais la lettre sans trop savoir où ça me mènerait, Louisa fit rouler deux patacitrouilles sur la table et s'ouvrit pour elle même une boite de chocogrenouille.

- Ah, zut, encore un Fudge.

Et sans scrupule, elle l'envoya rejoindre les restes de mon brouillon dans l'âtre de la cheminée.

- Hé, j'en veux moi aussi, a aussitôt rappliqué ma sœur.

- Fais tes devoirs et t'auras ta récompense !

J'avais presque oublié à quel point Louisa et elle passaient leur temps à se chamailler. De vraies gamines.

Bien sûr, la tranquillité ne pouvait pas durer, car une grognasse répondant au doux nom de Pansy – mais quel parent irait appeler sa fille ainsi ? - nous beugla de sa charmante voix – vous saisissez l'ironie ? - de nous séparer et de lui remettre la nourriture de contrebande.

Bien entendu, Louisa ne fait jamais rien comme les autres, et prit la fuite avec l'objet du délit sous un bras, et son sac sous l'autre. L'instant d'après, un troupeau de trolls des cavernes se mit à sa poursuite.

Alice la suivit du coin de l'œil, la mine septique, et piqua une des patacitrouille restante tout en terminant son devoir.

Je venais de finir ma lettre, et bien que peu convaincu par la qualité de celle-ci, j'ai fini par la plier pour la fourrer dans une enveloppe. Je l'enverrais cet après-midi … Quand j'aurais retrouvé Lou'.

Et je sens que ça ne va pas être chose facile. Clairement pas.


Bien entendu, j'ai toujours raison. Pas moyen de mettre la main sur cette idiote.

Ce n'était pas faute de l'avoir cherché partout dans le château, passant même par l'infirmerie ou la bibliothèque – oui, bon, on sait jamais, hein ? - mais elle semblait avoir tout simplement disparu de la circulation.

- C'est bon Mathieu, elle finira bien par réapparaître. Au dîner, probablement.

Alice la connaissait aussi bien que moi, et je savais pertinemment qu'elle n'avait pas tort.

Mais le problème était pourtant bien là. On devait faire notre devoir de potion ensemble, et il fallait le rendre pour lundi. Terrible ultimatum de notre cher professeur qui n'avait pas hésité à nous donner un parchemin entier à faire.

Entre nous, j'ai toujours pensé qu'il était du genre sadique. Vous savez, à traîner dans les clubs SM, le soir … Qu'est-ce qui me fait penser ça ? Oh, je sais pas … Sa rengaine, peut-être ?

Là n'est pas la question, et j'avais besoin de ma métamorphomage pour faire ce fichu devoir.

Et elle n'était pas là. Obviously.

C'est toujours pareil avec elle. Toujours. Elle a un don pour énerver son entourage. C'est comme l'histoire avec sa sœur. Totalement ridicule, mais elle en a fait tout un plat à l'époque, et continue encore aujourd'hui sa pauvre petite guerre froide avec Alyx.

Aller jusqu'à faire comme si sa sœur n'existait pas, comme c'est stupide et mesquin.

Pourtant, Louisa reste ma meilleure amie malgré tout. Parce qu'en dépit de tout ce qu'on pourra lui dire, c'est pas possible de la changer. Elle est trop têtue pour ça.

Non sans lâcher un soupir agacé, j'ai finalement laissé tomber les recherches, et je suis finalement allé faire mon foutu devoir à la bibliothèque.

Je n'ai jamais vraiment aimé la documentaliste, elle était d'un naturel fort désagréable, et prenait tout le monde de haut. Rien de bien sympathique en soi.

Quand je suis entré, le même regard mauvais m'a accompagné jusqu'à ce que je disparaisse dans un rayon. Quelle vielle peau, celle-là.

Bien entendu, avec tous les problèmes de l'année dernière, certains cours nous ont été dispensé, raccourcissant notre programme de quelques potions. L'exposé que je dois réaliser se base sur l'Amortentia. Et bien sûr, l'experte en potions n'est pas là. L'angoisse.

Et comme si cette journée ne pouvait être plus terrible, je suis tombé sur Alyx qui se cachait dans un rayon du fond.

Elle avait les yeux rougis, et des larmes perlaient encore sur ses longs cils. Cachée derrière un livre, elle s'est encore plus renfrogné en me voyant arriver. Bonjour l'accueil chaleureux des résidents de la bibliothèque ...

- Si tu cherches Louisa, a-t-elle alors soufflé, elle est dans le bureau d'Ombrage.

- Et c'est pour ça que tu pleures ?

Elle a opiné du chef sans ajouter quoi que ce soit. J'ai aussitôt une longue sueur froide glisser le long de ma colonne vertébrale.

Il a fallut que je laisse cette idiote sans surveillance pour qu'elle s'attire les pires emmerdes.

- Tes amis ne sont pas avec toi ?

- Non.

Quelle idée de se terrer dans un lieu pareil pour pleurer.

Cependant, j'ai caressé le haut de son crane pour la réconforter. Elle n'est si différente de Louisa, physiquement parlant. Les même yeux, le même sourire pour autant qu'on puisse le voir …

- Je vais aller la chercher, t'inquiète pas.

Elle a finit par sécher ses larmes, et m'a remercié dans un chuchotement presque inaudible. Louisa n'avait aucune idée de la chance qu'elle avait d'avoir quelqu'un qui l'aimait autant. Une véritable idiote.

J'ai raccompagné Alyx jusqu'à son dortoir, puis je suis allé chercher Alice qui lisait à l'ombre d'un arbre dans le parc.

- Je vais chercher Louisa dans l'antre de la bête. Tu viens m'aider ?

Bien que réticente à l'idée de se faire attraper par Rusard ou Ombrage elle-même, Alice a finalement décidé de venir avec moi, une boite de Farces et Attrapes pour Sorciers Facétieux sous le bras.

- Elle m'avait donné ça ce matin. J'aurais jamais cru m'en servir un jour.

Il s'agissait, selon elle, d'un marais portatif. Le crime parfait pour attirer Ombrage hors de son bureau. Alice avait l'intention d'endosser le rôle de l'agent double, élève parfaite à l'extérieur, mais rebelle dans l'âme. Elle irait poser le marais le plus loin possible du bureau du Crapaud, et irait la prévenir après. Moi, je ferais sortir Louisa.

La minute d'après, elle était déjà partie, et moi, j'étais en route pour sauver ma Métamorphomage préférée.


Après qu'Ombrage soit partie en trombe quand Alice a frappé à sa porte, je suis sorti de derrière ma colonne pour crocheter sa porte. Bien entendu, je n'avais pas le talent de Louisa, et après trois épingles de cassées, j'ai commencé à désespérer. J'ai finalement sorti ma baguette et l'ai pointé sur la serrure.

- Alohomora !

La porte s'ouvrit dans un claquement sec, et sans attendre, je me suis précipité à l'intérieur, baguette à la main.

Louisa était au fond, dans un coin, roulée en boule comme un petit animal blessé. Elle pleurait.

Je ne l'avais jamais vu aussi misérable. Elle tremblait, et était sans son haut, qui traînait dans un coin de la pièce. Dans son dos, des traces encore sanguinolentes lui barraient la colonne vertébrale sur toute la longueur.

Je n'ai pas dis un mot, et je l'ai prise dans mes bras, lui remettant doucement son tee-shirt. Ombrage pouvait revenir à n'importe quel moment, il fallait se dépêcher. J'ai pris Louisa sur mon dos, et j'ai refermé la porte derrière moi en lançant un ''finite incantato'' pour camoufler mon sort précédent.

Si Louisa était l'experte en potions et en créatures magiques, moi, j'excellais dans les sortilèges.

Cette dernière avait les cheveux d'un noir lugubre, en bataille, cachant son visage derrière une frange irrégulière.

Un peu angoissé à l'idée qu'elle perde connaissance, je l'ai amené le plus vite possible à l'infirmerie. Madame Pomfresh était là, s'occupant d'un élève de Gryffondor aux cheveux d'un roux flamboyant. Quand elle m'a vu débarquer avec ma blessée sur le dos, elle a poussé un grand cri horrifié, et l'a faite allonger au fond, à l'abri des regards.

- Que s'est-il passé ?

-Ombrage, ai-je alors répondu d'un ton bien plus agressif que je ne l'aurais voulu.

Elle a hoché la tête, compréhensive.

Alice nous a rejoint peu de temps après.

- Ombrage était furieuse, raconta-t-elle, le sortilège fonctionnait tellement bien que plus elle tentait de le faire disparaître, plus il grossissait. A la fin, elle a piqué une tête entre les roseau. T'aurais vu comment elle était trempée … Avec ça, elle a sûrement oublié Louisa.

- Oui, certainement, répondis-je sur un ton évasif.

On est resté aux cotés de Louisa le restant de la journée, et elle restait endormie. Quand finalement elle ouvrit les yeux, Alice était partie se coucher, et Madame Pomfresh m'avait donné un avertissement pour que je quitte les lieux au plus vite.

- Mathieu ?

Je lui ai souris tant bien que mal.

- Salut la marmotte. Bien dormi ?

Elle a ricané.

- T'as rêvé toi … Comment t'as su que notre Crapaud international m'avait choppé ?

- Tu remercieras ta sœur quand tu sortiras, compris ?

Louisa a aussitôt froncé les sourcils, et a ouvert la bouche pour répliquer qu'elle n'avait pas de sœur, mais je ne lui ai pas laissé le temps de parler que je la coupais déjà dans son élan.

- Stop, tu commences à devenir chiante avec tes caprices de gamine égoïste. Elle s'est déjà excusé pour ce qu'elle avait fait, et a tout fait pour que tu la pardonnes. Il serait temps pour toi de mettre fin à ce petit jeu. Elle souffre autant que toi.

Un silence s'installa entre nous, et elle gardait obstinément les yeux braqués sur ses mains.

- Tu ne comprends pas.

J'ai soupiré, agacé.

- C'est toi qui comprends rien.


Ils m'agacent, tous autant qu'ils sont.

Oh, veuillez m'excuser, vous voulez peut-être savoir qui je suis ? Armand de Lavilliers, cinquième année en classe de Serdaigle, et accessoirement l'ami d'une bande de crétins congénitaux. J'ai l'habitude, ne vous inquiétez pas, je dois les supporter depuis ma première année, et j'ai encore deux ans à les subir.

Plus encore ? Je suis un sang-mêlé français, né d'un père sorcier, et d'une mère moldue issue d'une famille noble. Je suis doué en classe dans à peu près toute les matières, je ne sais pas encore trop ce que je veux faire dans la vie. J'ai un groupe d'amis soudé, des parents qui m'aiment, je suis un garçon lambda.

Là où est tout le problème. Je n'ai pas la gentillesse et la douceur de Maisie, je ne suis pas aussi doué avec les filles qu'Andrews, et je suis loin d'être aussi spécial qu'Alyx. C'est plutôt embêtant en soi, parce que je suis le fantôme du groupe, celui qu'on ignore et qui reste planté à leur coté sans rien dire.

Il paraît que je suis trop grincheux. Je nie les faits. Je ne vois pas du tout de quoi on parle. Je n'ai jamais boudé pendant une semaine parce qu'Andrews m'a accidentellement confondu avec le professeur Rogue. C'est faux. FAUX. D'ailleurs, c'est un excellent professeur, je ne vois pas en quoi c'était censé être blessant.

J'aime être à Serdaigle, sincèrement. Je ne suis pas du genre à me vanter, mais je suis très intelligent, et c'était ma classe désignée avant même de m'être assis sous le choixpeau. Imaginez un peu si je m'étais retrouvé chez ces lourdauds de Gryfondors ?

Quoi qu'il en soit, cela faisait à présent trois semaines qu'on avait reprit les cours, et Andrews avait trouvé le moyen de sécher aussi souvent que possible. Quel crétin. Je me demande ce qu'il fait dans cette maison. Et évidemment, il avait trouvé le moyen de me faire faire ses devoirs de potions à sa place. Ma gentillesse me perdra.

Bien évidemment, j'avais complètement bâclé sa thèse sur les potions de mémoire. Quoi ? Me regardez pas comme ça, il l'a bien cherché !

Quand j'ai reposé ma plume sur le rebord de la table, j'ai pris une grand goulée d'air pour savourer mon méfait. Pas du grand art style Weasley, mais c'est une douce vengeance pour toute ces années de maltraitance. Je suis un sorcier libre !

- Tu crois pas que t'en fais trop ?

Alyx était une fille sympa, c'est par le biais de Maisie que je l'ai rencontrée.

- Non, quand il apprendra que je suis pas sa bonne à tout faire, peut-être qu'il se ressaisira une bonne fois pour toute.

- T'as beaucoup d'espoir mon vieux, soupira-t-elle avec un demi-sourire.

C'est vrai qu'Andrews a atteint des niveau de piètrerie extrêmes. Je me demande encore comme il a réussit à garder potions cette année, surtout avec le professeur Rogue.

- Je sais même pas ce qu'il fiche dans cette maison … Il n'a rien d'un Serdaigle.

Elle a braqué un regard froid sur le mien, et j'aurai presque senti un courant d'air passer.

- Tu oublies facilement que c'est un excellent élève. Et lui aussi, visiblement.

Je n'ai rien répondu. Personne ne répond jamais quand elle fait ça.

- Laisse tomber.

Alyx et Andrews ne connaissaient pas avant qu'elle et sa sœur se soient entre-déchirées, il s'est greffé à notre groupe par la volonté du sort. C'était un type bizarre, le genre qui s'entend avec tout le monde mais que personne ne connaît vraiment. C'est allé de source avec nous, et on a finit par devenir proches.

- Au fait, fais-moi penser qu'il faut que je vous parle ce soir.

Sur ces mots, elle a prit ses affaires, et a filé pour son prochain cours. Je suis remonté dans le dortoir des sixième année, et j'ai déposé le devoir d'Andrews sur son lit. Mais la conscience m'a rattrapé. Il me revaudra ça.

J'ai mis le devoir au feu, et j'ai recommencé tout depuis le début. Que faire d'autre, de toute manière ? C'est pas comme si on était amis …


- Armand ! Armand de Lavilliers !

Je me suis aussitôt retourné. Cette voix, je la reconnaîtrais entre mille, parce que c'est celle de Luna Lovegood.

J'ai essayé de faire un sourire, mais je crois que c'était plutôt raté. Elle s'est arrêtée à mon niveau, essoufflée d'avoir couru pour me rattraper. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés, et elle avait toujours le même regard lunaire.

- Tu as oublié ton manuel d'histoire.

On est dans la même classe, mais je ne lui ai jamais parlé jusque là. « T'es trop timide » me dit souvent Maisie. Je crois que là est tout le problème. Je n'ai jamais parlé à qui que ce soit hormis elle et les deux autres.

- Oh, heu, merci !

Je vous jure, je me donnais des giffles mentalement.

- Tu es un ami de Maisie, je me trompe ?

- Oui, oui on se connaît bien … Pourquoi ?

Elle a esquissé un sourire évasif, et s'est mise à regarder le plafond d'un air rêveur.

- Je l'aime bien, elle est très gentille. Tu devrais lui dire de faire attention aux Joncheruines …

- Aux Jonchequoi ?

Je n'ai pas essayé de comprendre, Luna dit souvent des choses incohérentes, mais c'est ce qui fait qu'elle soit si intéressante. Elle a de nouveau sourit.

- Joncheruines. C'est des créatures invisibles, qui entrent dans la tête des gens.

J'ai froncé les sourcils.

- Heu, ok. Je lui dirais, pas de soucis.

- Toi aussi tu devrais faire attention.

Est-ce que ça existe, au moins, ces trucs ?

- Et toi ? Elles te font rien ?

Elle a reporté son regard sur moi, toujours souriante, et a croisé ses mains machinalement.

- Non, je sais comment les éviter. J'ai des lunettes spéciales, tu sais ?

J'ai hoché la tête, pensif. Je n'ai jamais entendu parler de ces bestioles, mais peut-être est-ce une variété très spéciale, et récente ?

- Et où est-ce que je peux en trouver ?

Elle a rit doucement, et a sortit une paire de lunette rose bonbon à verres bleus en spirale. Absolument ridicule.

- C'est des Lorgnospectres, a-t-elle de sa voix fluette, je te les donne si tu veux. Mon père peut m'envoyer une autre paire de toute façon.

- Oh, non, ne te sens pas obligée … Je …

- C'est un cadeau, Armand de Lavilliers.

Elle me les a posé dans la main, et s'est retournée pour repartir dans le sens inverse, en sautillant. Je n'ai même pas eu le temps de la remercier.


- Bon, alors, tu voulais nous dire quoi ?

Visiblement, nous n'étions pas les seuls a qui Alyx voulait parler, parce que les trois quart des effectifs de Serdaigle s'était rassemblés devant elle, et madame, telle une grande politicienne, s'était hissée sur une chaise.

- Andrews, arrête de draguer la demoiselle, et écoute ce que nous avons à dire.

Elle était accompagnée de Maisie et de Padma Patil, ainsi que quelques autres élèves que je ne connaissais pas. A l'autre bout de la salle commune, il y avait Luna, pendue à ses lèvres.

- Bon, bah, on peut commencer la séance. Bonsoir à tous, pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Alyx Freeman, en sixième année. Voici Maisie McFusty, et Padma Patil, à qui vous pouvez vous adresser plus tard si vous vous embarquez dans notre projet.

Des murmures montèrent dans la salle.

- Ça ne nous dit pas ce que tu veux, exactement.

Je n'ai jamais aimé Michael Corner …

- J'y viens, j'y viens. Cette année, nous avons l'immense déplaisir d'avoir le professeur Dolores Ombrage comme directrice, et elle a délibérément dépassé les bornes. Même si notre bon vieux Dumbledore était pro-gryffondor, c'était un excellent directeur. Les histoires avec Potter, c'est pas notre problème, en revanche, il est temps de dégager notre Crapaud national une bonne fois pour toute.

- Tu plaisantes, j'espère ? Me suis-je alors étranglé.

Maisie m'a regardé d'un air désapprobateur, mais n'a rien dit.

- Elle n'a pas sa place parmi nous, a crié Alyx, et les autres maisons nous soutiennent. Les Poufsouffles ont prit l'initiative, et il est temps pour Serdaigle de se soulever. Grâce à un contact dont nous tairons le nom pour sa propre sécurité et qui a fouillé un peu dans les listes du Crapaud, les pro-Ombrage ont été identifiés et écartés volontairement de notre réunion ce soir. Maintenant, c'est à vous de voir de quel coté vous êtes.

Un brouhaha s'est alors élevé dans la salle commune, et les élèves semblaient plutôt enthousiastes. Certains désapprouvaient, prônant les buses et les aspics de fin d'année, mais Alyx assurait avec véhémence que nos plans ne perturberaient pas le travail ou les examens. Je disais ''nos'', parce qu'évidemment, les trois autres n'allaient certainement pas me laisser me défiler.

- C'est un peu comme une seconde armée de Dumbledore, a alors dit Luna.

- C'est l'idée.

Alyx lui souriait de toute ses dents. Elle était fière, et ça se voyait.

- Un peu de silence !

Là, c'était Padma.

- Pour vous résumer la situation, les Poufsouffles sont avec nous. Certains Gryffondors aussi, mais les autres ont mal digéré le fait que Harry Potter leur ai fait perdre toute crédibilité. Les Serpentard … C'est assez compliqué, vu que la grande majorité sont des membres de la Brigade Inquisitoriale, mais il y en a qui sont de notre coté, et qui luttent activement contre Ombrage.

- Et si on se fait chopper ? Vous avez l'air d'oublier qu'Elle a rétabli les châtiments corporels.

- Pour ça, a ricané Alyx, il suffit juste de travailler tous ensemble pour ne lui laisser aucun répit.

Les autres approuvaient. J'étais surpris que ce soit les Poufsouffle qui mènent la révolte, mais visiblement, Alyx avait l'air sûre d'elle, plus que jamais.

- On a une chance de montrer au Ministère de quoi on se chauffe, et de ce qu'on en pense, de leurs décrets débiles ! Alors, est-ce que vous êtes avec nous ?

Des cris approbateurs se sont élevés. Les préfets étaient là, et criaient avec nous. Non mais où va le monde ? Même le professeur Flitwick n'est pas venu voir ce qu'il se passait, comme si cette rébellion était la bonne chose à faire …

- La prochaine réunion se tiendra même jour, même heure. Bonne nuit à tous.

La foule s'est dispersée joyeusement, et quand j'ai enfin eu le champ libre, je me suis précipité sur la Freeman.

- Tu as perdu la tête ? Et si ça ne marche pas ? Tu te feras renvoyer !

- Alors je me ferais renvoyer, et ma mère sera quand même fière de moi, parce que j'aurais fait quelque chose pour changer la face du monde des sorciers. Tu devrais pouvoir me comprendre, Armand. Tu es de sang-mêlé, comme moi. A quel moment vas-tu te rendre compte qu'on ne te traitera jamais bien si le ministère continue sur sa lancée ? Ils ne valent pas mieux que Tu-Sais-Qui.

J'ai froncé les sourcils, et alors que je m'apprêtais à répondre, elle m'a coupé net.

- Je sais que ne nous trahiras pas, mais si tu ne marches pas avec nous, je ne te retiens pas.

Sur ces mots, elle a rejoint la foule pour retourner dans son dortoir. Et moi, je suis resté planté au milieu de la salle, comme un idiot.