Voilà enfin le chapitre Gryffondor de Kate, désolé pour l'attente, et joyeux Halloween (en retard) à vous !

Titre entier : Une plume perdue ne devrait pas empêcher de voler


''Une nouvelle année avec le cochon du ministère, génial''

Un soupir, un regard triste, vide. Une sorte de grand jardin mal entretenu mais ayant, sans doute, été jadis superbe. Le jeune garçon à la peau sombre et aux cheveux nuit se mit à marcher vers une sorte de grande demeure. Une pelle à la main, il essaye de ne pas penser. Ne pas penser à ce qu'aurait été sa vie si ses parents n'avaient pas été tués lors de la première guerre. Ne pas penser à ce qui serait arrivé aux jeunes filles et à la mère plongée dans la folie. Faire taire la petite voix qui lui murmure que de toute façon, il les rejoindrait bientôt, avec le retour de vous-savez-qui. Essayer de nier intérieurement son retour, comme si, ainsi, il ne resterait qu'un fantôme d'un passé révolu.

''Au moins, avec l'échec de l'année précédente, personne ne pensera à me demander d'agir contre tout ça...''

Regarder le ciel, regarder l'oiseau qui vole. Pas le corbeau sur la corniche de la future ruine. Essayer de ne pas sentir l'arrivée prochaine de la mort. Refuser la lourdeur de son propre cœur. Enterrer ses sentiments, n'être presque plus qu'une machine. Soupirer sous l'effet du poids sur le cœur. S'endurcir. Se rappeler que ce n'est qu'en étant fort, solide, qu'il s'en est sorti durant le temps où il était un enfant des rues. Pousser une porte, annoncer son arrivée, aller se coucher, tout oublier pour aller au monde des rêves.

Une frêle fille voit passer l'homme trop vite grandi, bien qu'elle ne le voit que comme une personne forte, solide, un roc même ! Elle, dont le corps mince et malade l'empêche de faire la plupart des choses, elle qui est considérée comme ''inférieure'' car elle ne peut parler comme les autres. Un sourire sur ses lèvres pâles, elle sortit dans l'air chaud de l'été. Et, tout en regardant le soleil qui se couche, elle se met à rire et tourner sur elle même. Ses yeux brillants observant les grillons volant, les sauterelles bondissantes et l'herbe secouée par le vent. Elle chante en silence la beauté d'une nouvelle journée vivante. Elle laisse couler des larmes, certes, mais elle refuse de s'écrouler. ''La mort ne gagnera pas'', dit sa voix silencieuse. Les cheveux blonds-roux flottant comme pris par des vagues. Elle se sait observée par la fenêtre, mais elle souhaite garder encore un peu son insouciance. ''Laissez moi rire quelques minutes de plus !'' est le son inexistant de son coeur.

Une jeune au corps brisée l'observe. Les mêmes cheveux, les mêmes yeux, la même étincelle dans le regard, mais une ombre la cache. Les lèvres sont ici maquillées pour cacher la teinte due à une consommation illégale. Consommation que son autre sœur, la dernière triplée, lui dit d'arrêter. Mais elle ne peut pas. Elle ne veut pas. Elle arrive à affronter leurs condition ainsi. Si celle dansant dehors a pu garder de l'innocence, c'est parce qu'elle ne sait pas leurs activités. L'observatrice en est certaine. Elle se demande quelle tête elle ferait, d'ailleurs, en apprenant qu'une de ses sœurs se vend ? Elle serait choquée, sans doute, et lui demanderait pourquoi elle ne livre pas comme Sélène, avec un de ses geignements digne d'un petit animal. Secouant sa tête, Isis regarda sa sœur au nom de fleur profiter du soleil. ''Danse petite Lila, un jour, notre monde autodestructeur te rattrapera, et ce jour là, j'espère que tu arriveras encore à sourire. Par rapport à beaucoup de gens, je sais que tu comprends plus que ce que l'on voit'' Se détournant, Isis se décida à faire ce qu'elle aurait dû faire il y a longtemps ; elle prit son paquet. Elle le souleva au dessus de la poubelle. ''Il faut le jeter, allez'' Elle attendit quelques secondes puis le remit dans sa poche. ''Bah, je finis celui-là, puis j'arrête'' Et cela, sans voir le regard déçu dans l'ombre.

La derrière des triplettes soupire. Elle en a marre. Elle n'a qu'une envie : arracher le paquet des mains de sa sœur et le jeter. Ou alors lui demander si elle veut tant que ça rejoindre au plus vite leur père au cimetière. Mais elle ne le fera pas. Elle ne veut pas la blesser. Étirant son corps musclé, elle s'efforçe de ne pas péter son câble devant leur mère folle. Celle ci délire, affirmant qu'il y a un chat arc-en-ciel sur la table et qui ne veut pas en descendre. Faisant attention à ne pas mettre la main là où ''il y a le chat'', elle fit un petit ''va par terre p'tite bête''. Les quelques fois où elles ont, exprès ou pas, mis une partie leur corps là où il y aurait un ''truc'', leur maman se mettait à hurler de tout ses poumons, d'horreur, et il fallait bien quinze minutes pour la calmer après. Secouant sa tête une fois le ''chat'' parti, elle s'en alla faire la cuisine et hurla pour appeler le garçon : ''Altaïr ! Penses à emmener Lila et Isis acheter les affaires pour la rentrée !''

Altaïr, blasé : « Les manuels en combien d'exemplaire ? »

Sélène, criant : « Un seul, Camy a accepté de nous en payé un, on aura juste à toujours se mettre en duo ! »

Altaïr : « T'as besoin d'un truc spé' ? »

Sélène : « Non, c'est bon, mieux vaut économiser pour les impôts ! »

-C-

Un jeune garçon à la peau sombre soupire et baille doucement. Son lit immense l'appelle comme une sirène. Mais il se relève, secoue sa tête, et sort dans un rythme de croisière. Un pied. L'autre pied. De nouveau le premier. De nouveau le second. Il ouvre en grand sa fenêtre et se perche sur le rebord. Il se recroqueville. Pourquoi, lui, il a tant de choses ? Pourquoi ses amis ont-ils tant d'ennuis ? Pourquoi a-t-il tant de facilité ? Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ?

Il secoue sa tête. Il remet ses pieds sur la terre ferme de sa chambre. Il va à pas lents jusqu'à son armoire. Il choisit des vêtements rapidement. Il ouvre la porte et salue ses parents. En petit enfant modèle, il a fait ses devoirs de vacances. Il obéit. Pas de réflexion. Juste être la marionnette docile d'un destin pré-choisi. Avoir les meilleurs BUSES, fait. Avoir les meilleurs ASPICS ? L'année prochaine. Puis, un travail au ministère, monter les échelons et voilà. Il n'en a pas envie ? Quelle importance ? Ce n'est pas à lui de choisir.

Mais, si on regarde dans la tête de l'enfant, on voit des espoirs. L'espoir d'un jour tout lâcher. Ouvrir une bibliothèque, tranquille. Proposer de l'aide aux parents moldus ayant un enfant sorcier. Aider les parents sorciers ayant un enfant cracmol. Être utile, pouvoir s'amuser. Se marier avec une fille (ou un garçon ?) que IL aurait choisi. Avoir des enfants. Pleins d'enfants ! Des animaux aussi. Peut-être faire aussi une garderie dans la bibliothèque ? Ou une sorte d'école primaire et maternelle pour enfants magiques ? Avoir un futur doux comme du miel. Collant, écœurant pour certains, mais tellement bon… Pourquoi ne peut-il pas choisir ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi…

Acheter discrètement un manuel de plus pour ses amis. Acheter des bonbons, prendre quelques gallions de plus et les donner à Lila pour qu'elle les cache chez eux ; pour ses sœurs. Acheter pour l'anniversaire des triplées un hibou, un chat et une douzaine de souris. Le hibou pour l'aînée, un chat pour la cadette et pour la benjamine muette, des souricettes. Secouer doucement la tête, tout en achetant en triple les différents ingrédients pour potions. Il sait très bien que ses amis ne les achèteront que pour tenter de faire durer leurs restes. Puis, repartir dans son monde immaculé, vide, silencieux. Vouloir s'échapper du chemin pré-tracé. Rêver.

-I-

Insulter avec un visage impassible. Être grossier. Tss. Un jeu d'enfant. Énerver pour faire faire ce que l'on veut ? Encore plus simple. Beaucoup le déteste. Personne ne sait que c'est son masque, qui voudrait même le savoir ? Cracher des injures, mentir, blesser. Manipuler. C'est son domaine. Il a l'habitude des mauvais coups et de tout ça. C'est la seule méthode qu'il connaît pour faire faire aux gens ce qu'il veut. De toute façon, qui l'écouterait ? Sérieusement ? Qui écouterait un connard qui tape, insulte et grogne sur quiconque l'approche ?

Une putain de gamine conne. Une petite qui ne peut pas cracher la haine. Qui ne peut parler. Une gamine qu'il a insulté, comme tout le monde. Pour qu'elle soit plus solide. Pour qu'elle se fasse pas bouffer par les autres. Qu'elle soit le prédateur. Pas la proie. Et pourtant. Il se souvient. L'année dernière. Juste avant ces fichus vacances. Elle est venue vers lui. Et a fait un de ses sons stupides. Elle l'a regardé dans les yeux. Et il est putain de sûr d'y avoir vu de la … pitié … de la … compréhension … de … de la … de l'affection … Merde. Il ne veut pas de ça. Il est le méchant de l'histoire. Le connard que tout le monde déteste. Le connard dont tout le monde se fout qu'il vive ou qu'il meurt. Il hurle. Seul dans sa chambre, insonorisée magiquement, il hurle de toutes ses forces. Il se bat contre un adversaire invisible. Il regarde ses bras forts. Mutilés. Sur lesquels des arabesques morbides s'étendent. Des arabesques … Des mots pour ceux qui peuvent les lire. Pour qu'il se rappelle qu'il DOIT être le méchant. C'est son rôle. Même si il veut profondément les protéger. IL. DOIT. ÊTRE. LE. MÉCHANT. Il grogne, hurle. Il ne pleure pas. Jamais. J.A.M.A.I.S.