Bonjour à tous !

Et voici la suite j'espère que cela vous plaira !

Disclaimers: Le conte appartient à Andersen, les personnages à J.K Rollings, certains éléments sortent de Toei animation et d'autre de Disney. Référence quand tu nous tient^^.

Couples: HPDM entre autre...

Ratings: MA (pour plus tard je prends de l'avance)

Je pense qu'un résumé est inutile.

Bonne lecture!

Le Petit Ondin

Chapitre 2 :

Le grand jour était enfin arrivé. Les triplés avaient désormais 17 ans. L'Océan entier semblait bouillonner d'impatience à l'idée de la cérémonie et de la fête qui allait se dérouler au palais en cette occasion. L'ensemble de ce dernier et de la cité, c'était réveillé aux aurores pour que tout soit prêt à temps. Tout n'était que joie et effervescence.

Dans leur chambre les triplés pouvaient presque sentir le goût sucré de la liberté. Ils allaient pouvoir percer les flots et respirer l'air humain pour la première fois.

Leurs ainés disaient que l'expérience était douloureuse. Lorsque l'air passait dans les poumons, s'était comme une brûlure insidieuse qui peinait à passer. Jusqu'à ce qu'une incroyable impression de légèreté vous submerge.

Les branchies disparaissaient et se soudaient au cou, ne laissant que de petites striures rouges. Comme si elles n'avaient jamais existé.

Ils avaient hâte. C'était un rêve devenant réalité. Ils pouvaient presque le toucher, sentir le vent du large sur leur visage les étoiles parsemant le ciel d'encre tels des milliers de petits diamants qu'un ange avait laissé tomber, triste que la lune se reflète seule dans le miroir liquide de l'Océan.

Alors, à l'image de la nuit qu'ils allaient bientôt pouvoir contempler, Ginny avait tissé plusieurs mèches de ses magnifiques cheveux roux, de minuscules perles de culture. Ces dernières faisaient partis de la cassette personnelle de leur mère. Etant la seule fille, en ce jour, on la lui avait remise. Elle les portait avec fierté. Avec pour atour, sa jeunesse et sa beauté. Elle allait bientôt devenir La Maîtresse du Palais et organiser tous les grands évènements. Hermione allait devenir son intendante. Elles feraient de la bonne besogne ensemble.

Ron avait tressé ses cheveux les avait noués à l'aide d'une boucle d'or faite d'un coquillage, transpercé d'un trident. Il arborait sur ses biceps, des bracelets de forces qu'était venus lui offrir Bill. Ils faisaient ressortir sa puissante musculature. Il allait être intronisé dans l'ordre des chasseurs dans quelques semaines.

Harry lui, avait attaché ses cheveux en un chignon compliqué qui laissait savamment bons nombres de mèches courir autour de son visage, de son cou et de son dos. Il les avait piqués de plusieurs attaches d'argent, d'où pendaient des perles et de petits talismans. Il allait bientôt devenir l'apprenti de La Grande Prêtresse des Mers, pour un jour prendre sa place et se devait de le montrer.

Tous trois étaient superbes. Plein de majesté et d'humilité à la fois. Ils rayonnaient d'un bonheur difficilement contenu. Mais qu'importe, ils avaient patienté tant de temps. Surtout durant le mois qui venait de s'achever. Il leur avait parût interminable.

Minerva les observa, émut. Si elle en avait été capable de pleurer, elle l'aurait fait. Elle était si fière et si heureuse de ce que ses petits princes étaient devenus.

«-Les voici en train de se transformer en adulte, pensa-t-elle. »

Il lui semblait que c'était hier qu'elle les avait vus pour la première fois, tandis que leur mère, la reine, leur donnait naissance dans un tourbillon de magie.

Lorsque son œuf fût prêt, et qu'elle ne puis plus le garder en son sein : sa magie le transporta hors d'elle. Chacun avait pût admirer cette poche dorée translucide qu'abritait trois petites sirènes aux queues entrelacées.

Deux ondins et une sirène ? C'était si rare !

Une fois qu'ils furent à terme, l'œuf s'était fendu. L'ondin roux était sorti en premier, puis Ginny, et enfin Harry. Ils naquirent quelques heures avant la mort de leurs deux parents. Ils n'avaient eu droit qu'à une seule étreinte avant qu'ils ne leur soient arrachés pour toujours.

Ils étaient si petits et si fragiles.

A présent, dix-sept ans plus tard, si grands, si beaux, si indépendants.

Ils n'allaient plus avoir besoin d'elle. Et c'était bien normal !

Que Neptune les protègent !

L'enfance s'achevait.

Il était de coutume, que ce soit au doyen et ou à la douairière de la famille de remettre les fleurs perlés aux jeunes adultes, et que ce soit les parents de ces derniers qui les guides jusqu'à l'hôtel cérémonial. Leur père et leur mère, n'étant plus de ce monde, c'était à leur oncle, Sirius que revenait cette tâche. Il vint donc les chercher dans leur chambre, sans la couronne de corail qu'arborait son père en ce jour, mais avec un fin diadème d'argent, des bracelets de forces aux poignets et aux biceps du même métal. Il avait laissé ses cheveux flotter librement autour de lui.

Il se mit à la droite des triplés tandis que Minerva se mettait à leur gauche.

Ils parcoururent ensemble les longs couloirs qui séparaient les appartements royaux de la salle de cérémonie. Chaque mur était décoré avec goût.

La salle du trône transformé pour l'occasion, était remplit de monde. Siégeant à son extrémité sur le trône des Mers, le Vieux Roi Albus, son trident à la main, sa couronne de corail ornant sa tête. A l'arrivée du cortège, son visage s'illumina.

La cour toute entière s'inclina devant les jeunes princes. Aux premières loges, leurs frères, magnifiquement parés pour la circonstance.

A gauche du Roi, la Grande Prêtresse des Mers, Ariel, amie de leur mère, tenait dans ses bras, sur un coussin damassé, les fleurs perlées. Elle avait de longs cheveux bruns coiffés de coraux du même bleu que ses yeux. Son joli visage était éclairé par une bouche rieuse, sa queue était d'un beau bleu pastel. Lily et elle avait fait leur étude de prêtresse ensemble. Toute deux avaient le don, tout comme Harry du reste. Mais c'était Lily qui avait été choisi pour être la Grande Prêtresse des Mers. Ariel la secondait fidèlement sans jamais faillir. Après sa disparition, elle avait pris sa place, le cœur lourd. Mais d'autant plus heureuse qu'elle allait pouvoir apprendre au dernier fils de Lily, afin de lui permettre de surpasser sa mère. Comme cette dernière l'avait prédit.

Pour elle, se serait, retrouver les moments partagés avec sa reine. Harry lui ressemblait tant.

La salle du trône était remplie de monde. Tous les ondins et les sirènes du royaume avaient fait le déplacement pour cette grande occasion. La dernière fois c'était en l'honneur des jumeaux.

Le peuple aimait leur famille royale et cette dernière leur rendait bien.

Les triplés s'inclinèrent devant leur illustre grand père tandis que Sirius et Minerva restaient en retrait.

« -Mes chers enfants ! Aujourd'hui est un grand jour ! Je suis fier de pouvoir vous offrir les fleurs perlées, symbole de votre majorité ! Qu'avec ces fleurs, vous fassiez honneur à votre peuple où que le destin choisisse de vous conduire ! »

D'un même cœur et d'une même voix, les triplés jurèrent. Ainsi leur aïeul piqua leur chevelure d'une fleur perlée. La perle, aussi blanche que l'était ses pétales, changea de couleur pour s'accorder à son nouveau propriétaire.

Celle de Ron devint rouge rubis, celle de Ginny comme l'or bleu venu d'Egypte, celle d'Harry scintilla comme la plus pure des émeraudes.

Leur avènement fut salué d'un tonnerre d'applaudissement, ou presque. Leur oncle semblait morose, plus que de coutume. Assez pour faire hausser un sourcil interrogateur à son père.

Tandis que la fête battait son plein, le vieux roi s'approcha de son dernier né.

« -Pourquoi cette mine sombre mon fils ? C'est jour de fête !

-Je n'ai guère envie de fêter les futures blessures de mes petits princes. Chaque fois qu'ils perceront la surface de notre monde, ils prendront ce risque.

-Souffrir est le lot de chaque âme, comme celui d'aimer. Cela nous rappelle que nous sommes vivants.

-Certaines créatures ne sont pas dignes d'un tel amour. »

Le vieux roi soupira devant tant d'amertume et de rancœur, même après toutes ces années.

« -Que comptes-tu faire dans ce cas ? Les enfermer pour toujours ? Nul n'a ce pouvoir ! Pas tant que je serais en vie.

-Si je l'avais…

-Et quoi donc ?! Tu serais alors responsable de plus de souffrance que cet amour que tu méprise tant depuis 17 ans. »

Il prit son fils par les épaules et plongea son regard dans le sien.

« -Il est tant de pardonner. »

Sirius se dégagea de l'étreinte paternelle, le cœur lourd, remuant sans cesse sans rancœur.

Oui, il y a 17 ans, il était différent, il ressemblait traits pour traits aux triplés, mais plus précisément, il ressemblait à Harry. Il aimait passionnément la terre et les hommes. Un homme surtout. Mais l'amour c'était changé en trahison puis en haine. Sirius ne voulait pas voir l'histoire se répéter. Il avait interdit tous contacts directs avec la terre.

Mais si jamais l'histoire venait à se répéter ? Les voies de Neptune sont impénétrables après tout. Et elles appartiennent à qui choisit de les prendre. Comment réagirait Sirius ? Albus espérait qu'il ne commettrait aucun acte irréparable.

Pour le moment, il laissa son regard vagabonder de ci de là. Ses petits-enfants chantaient, dansaient, et riaient. Ils étaient heureux et épanouit. Mais quelque chose lui disait qu'ils n'allaient pas tarder à s'éclipser.

La découverte et l'aventure étaient bien plus palpitantes qu'un bal, fut-il donné en leur honneur.

Ce n'était pas à un vieux triton qu'on apprenait à nager.

En effet, quelques brasses plus tard, ils s'étaient sauvés.

Minerva qui profitait des jardins de la reine, les aperçut, les bras chargés.

Intrigué et curieuse, elle les suivit. Allait-elle enfin connaître leur cachette secrète ?

Elle qui connaissait toutes les cachoteries de ses petits protégés ! Voilà bien le dernier mystère qui sonnerait joyeusement le glas d'une retraite bien méritée.

Elle voulait goûter un peu de leur jeunesse, pour la dernière fois.

Elle les fila avec milles précautions. Ils n'avaient de cesse de se retourner pour vérifier qu'ils n'étaient pas suivit. Il n'y avait pourtant plus de honte à avoir puisqu'ils étaient tous trois majeurs. De si jeunes enfants, ils ne pouvaient pas faire dans l'illégalité ? Si ?

Qu'importe, la vérité lui serait bientôt révélée.

Les triplés s'arrêtèrent devant un gros rocher, qu'ils firent coulisser avant de s'engouffrer dans ce qui semblait être une grotte.

Sans faire le moindre remous, la sirène d'argent, bougea à son tour le rocher et les suivit sans plus de cérémonie.

Lorsqu'elle vit ce qu'il y avait dans la dite grotte, elle plaqua sa main contre sa bouche pour s'empêcher de crier.

Des objets humains, de toutes sortes et à profusion. Plus qu'il ne lui avait été donné de voir en trois siècles d'existence. Ses petits princes rangeaient ce que contenait leur sac sur les étagères creusées dans la roche. Ils souriaient et fredonnaient de douces mélodies.

Minerva était à la fois émerveillée et horrifiée.

Les lois du Roi Sirius étaient bafouées.

Une telle admiration du monde humain n'était plus possible depuis 17 ans. Même si peu de chose avait autant de fascination pour les ondins, chacun devait se contrôler et restreindre ses recherches.

Le Roi pouvait faire preuve de souplesse. Mais là, il y avait bien trop d'objets humains…

Le secret était dangereux !

Que devait-elle faire ?

Le dire ? Mais…

« -Chante pour nous Harry, demanda Ron.

-Sur le dilemme de ton cœur, poursuivit Ginny. »

Harry sourit à ses jumeaux tandis qu'ils s'installaient pour l'accompagner. Ron au piano et Ginny à la flûte.

« -Tous ces secrets,

Si bien gardés

Ne croyez-vous pas que les fées nous ont comblés ?

Ne croyez-vous pas que nous sommes bien trop gâtés par la vie !

Voyez ces trésors et ces merveilles,

Toutes ces richesses qui brillent comme des soleils.

En voyant ça, on se dit : Oui, c'est un paradis !

Y'a des gadgets, des trucs chocs, des trucs chouettes

Y'a des couics et des couacs à gogos. »

Harry tourbillonnait entre sa sœur et son frère, glissant ses bras et sa queue autour d'eux, joueur. Puis il s'éloigna en regardant vers la surface.

« Mais tout ça m'indiffère et m'ennuie.

Moi j'aimerais parcourir le monde !

Moi j'aimerais voir le monde danser, pouvoir marcher sur ces ?... Pieds !

On ne va nulle part en battant des nageoires !

Il faut des jambes pour sauter et danser !

Flâner le long de ces ?... Rues !

Si l'homme marche, si l'homme court,

S'il peu sur terre rêver au grand jour,

Comme j'aimerais,

Si je pouvais,

Partir là-bas !

Je donnerais, tout ce que j'aie pour partir d'ici !

Pour caresser les grains dorés du sable chaud.

Les hommes comprennent,

J'en suis certain,

Et leurs fils peuvent rêver sans frayeur.

Homme-ondin

Homme humain…

J'ai fait mon choix ! »

La musique alla crescendo, Ron et Ginny vivait la musique aussi fort que leur frère chantait. Eux aussi rêvaient à travers lui, pour lui. Harry nagea avec grâce et virevolta jusqu'en haut de la grotte, touchant du bout de ses doigts palmés, les reliques du monde humain, qu'ils avaient amassé.

« -Moi, je veux savoir !

Moi, je veux pouvoir,

Poser des questions et qu'on me réponde !

Qu'est-ce que le feu et pourquoi est-ce qu'il… Brûle !?

Mais un jour viendra, je partirais !

Je partirais sans aucun regret ! »

Ce fût l'apothéose, la musique monta si haut que la voix d'Harry, puis se tue.

Le chant devin murmure.

« -Vivre sur terre.

Loin de la mer.

Partir là-bas ! »

La chanson montrait une part d'égoïsme qu'Harry ne pouvait effleurer que dans ses rêves. Jamais il ne pourrait se résoudre à abandonner son frère et sa sœur. Eux qu'il aimait tant. Ils étaient nés du même œuf et ne pouvait vivre les uns sans les autres. Indissociable aujourd'hui et à jamais.

Les deux rouquins se défirent de leurs instruments et rejoignirent leur benjamin au centre de la grotte. Ils l'enlacèrent tendrement, le gardant ainsi prisonnier.

Oui rien ne pourrait les séparer.

Ramenant la joie de vivre, Ron lança :

« -Et si nous allions respirer pour la première fois !

-Allons à la découverte du monde ! Scanda Ginny.

-VOUS NE PENSEZ PAS QUE VOUS EN SAVEZ SUFFISEMMENT ! »

Les trois sirènes se retournèrent comme un seul homme, et se recroquevillèrent.

« -Nounou ?! Couinèrent-ils.

-Il n'y a pas de Nounou qui tienne ! Éructa-t-elle. J'avais imaginé des tas de choses sur vos escapades. Mais que vous exploriez des épaves pour dénicher toutes ces horreurs ! JAMAIS ! »

-Ce ne sont pas des horreurs ! S'écria Harry.

-Nous avons trouvé cette grotte, quelqu'un y avait déjà rassemblé beaucoup d'objets ! Expliqua Ginny.

-Mais maintenant, c'est notre collection ! Renchérit Ron.

-Votre COLLETION !... SI JAMAIS VOTRE ONCLE APPRENAIT CE QUI SE PASSE ICI, IL… ! »

Les trois sirènes se jetèrent sur elle, l'encerclèrent de leur bras et de leur queue, et se firent soudain suppliantes.

« -Pitié ! Non ! Nounou ?! Commença Ginny.

-Tu ne peux pas lui dire ! Ça doit rester notre secret ! Implora Ron.

-Oncle Sirius ne pourrait pas comprendre. Et puis nous ne faisons rien de mal, argua Harry. »

Voyant leur visage affligé, et leur regard d'enfant perdus, Minerva ne put que céder.

« -Très bien, soupira-t-elle. Je ne dirais rien. Mais tâchez de faire attention ! Sinon, je me verrais forcée de… »

Déjà les sirènes ne l'écoutaient plus. Elles lui sautèrent au cou, plus heureuses que jamais.

« -Merci Nounou ! Tu es la meilleure ! Tu montes à la surface avec nous. »

Elle n'eut pas non plus le loisir de répondre, que déjà, elle se faisait entraîner à travers les flots. Ils formèrent une colonne, nageant toujours plus haut. Vers l'air de la terre.

Plus ils approchaient, plus les trois petits ondins croyaient leur cœur sur le point d'exploser. Ils tremblaient d'anticipation et se serraient les mains à se les briser. Ils nageaient avec tant de frénésie que leur Nounou avait du mal à les suivre.

Lorsqu'ils percèrent la surface de l'eau, et que leurs branchies se retrouvèrent à l'air libre, elles se soudèrent à leur cou. Il ne resta plus que quelques striures rouges.

Puis, pour la première fois, l'air pénétra leur corps.

La douleur déferla aussitôt, de leurs narines jusque dans leurs poumons. Ils pouvaient suivre son chemin, tel un torrent de lave incandescent dévorant tout sur son passage.

La brûlure leur arracha un cri.

Leurs doigts se crispèrent les uns dans les autres, jusqu'à ce que le mal disparaisse.

Après quoi, ils s'émerveillèrent de la pleine lune, et du ciel miroitant d'étoile. Espiègle, le vent jouait dans leurs cheveux. Et puis, les odeurs. Ils découvrirent que leur nez était encore plus puissant que leur langue.

L'odeur de la Terre leur parvenait.

« -Et si nous allions nager plus loin ? demanda Ginny. Nous pourrions apercevoir une plage, des dunes ou…

-Non ! Ça ira bien pour aujourd'hui ! s'écria outrée leur Nounou. »

Elle ne tenait pas à s'approcher des côtes. Encore moins y croiser des hommes.

« -Ça ira ?! Mais nous n'avons encore rien vu ! Se plaignit Ron.

-Et c'est bien suffisant crois-moi ! Votre Oncle…

-Désapprouverait notre conduite, finit Harry. Il n'est pas là pour la bonne et simple raison qu'il déteste les hommes. Devrions-nous faire de même parce qu'il est notre roi ?

-Bien sûr que non. La haine n'engendre rien de bon. Mais la sagesse…

-Nous serons sages lorsque nous aurons l'âge de grand-père, rétorqua Ginny. »

Sans plus de cérémonie, les trois sirènes nagèrent de concert vers la terre.

Minerva soupira, désœuvrée. Il était bien loin le temps où elle pouvait leur botter les nageoires.

Elle les suivit tout de même, inquiète.

Ils ne quittèrent pas le large aussi vite que ce qu'ils croyaient. Ils ne toucheraient pas terre avant plusieurs heures.

Finalement, ils nagèrent à plat dos sur plusieurs longueurs, profitant sans se presser de leur liberté.

Soudain, une étrange odeur leur parvint. Piquante, poussiéreuse.

Ils ne le savaient pas, mais c'était une odeur de poudre. Puis il y eu un grondement de tonnerre précédent une myriade d'étincelles d'or et d'argent. Elles maculèrent le ciel avant de venir mourir dans l'Océan, comme un millier d'étoiles filantes.

Un feu d'artifice était tiré du plus haut mat d'un magnifique bateau, qui n'en comptait pas moins de trois. Sa toile claquait au vent. Il bravait les flots à 18 nœuds.

Sa proue était sculptée d'une magnifique femme, aux cheveux striés d'or. Elle était vêtue d'une toge aux inspirations grecques. A sa main droite une fleur, une Narcisse. C'était d'ailleurs son nom : « La Narcisse ».

C'était sa première traversée. Elle avait pris le large à 4 heures de l'après-midi.

A son bord, le fils de celle qui lui avait inspiré sa proue et son nom : Le prince Draco.

Ce dernier avait demandé sa construction, il y avait de cela 4 ans. Il avait participé à chaque étape de sa construction.

Il avait fait en sorte que l'effigie de sa mère soit tournée vers cet Océan qu'elle avait tant aimé.

La fin des travaux avait eu lieu la semaine dernière. Il y avait vu un signe et avait décidé d'y organiser ses 21 ans.

La fête battait son plein, marins et courtisans dansaient ensemble sans distinction sociale. Il se sentait d'humeur joyeuse. Il lui semblait que cette nuit était magique. Qu'il allait se passer quelque chose d'extraordinaire.

Minerva pressentait un danger et fit son possible pour les empêcher d'approcher. Peine perdue.

Les triplés attirés par la découverte et la musique filèrent vers le bateau. A la force de leurs bras, ils se hissèrent sur la coque et s'installèrent à une ouverture. De là, ils pouvaient tout voir. De premier abord, ils fixèrent les pieds bottés des passagers qui virevoltaient sur le pont. Tout cela au rythme d'une musique entraînante, mêlant, flûtes, violons, accordéons et tambours.

Les trois petits princes se remplirent les yeux du magnifique spectacle que les hommes offraient.

Eux qui vivaient dans un monde aux reflets bleus, découvraient avec bonheur les couleurs chatoyantes du monde humain. Les rires fusaient du partout. Les verres de champagnes tintinnabulaient au travers de toute cette effervescence.

Il y avait entre l'enchevêtrement de tissus, une étrange créature poilue, et haute sur patte, qui courrait des uns aux autres, en poussant des cris que les sirènes n'arrivaient pas à définir. La créature était pourvue d'une gueule pleine de crocs, mais ne semblait pas malveillante. Passant près de leur cachette, l'animal se mit à renifler avec frénésie. La voyant se rapprocher d'eux les sirènes cachèrent leur visage. Craignant, l'espace d'un instant de se faire dévorer.

Ginny fut la plus téméraire. Elle tendit sa main palmée à l'animal, qui la renifla gentiment avant de se mettre à lécher copieusement le sel dont elle était recouverte. Elle fut bien vite imitée par ses frères et tous rirent aux éclats, lorsqu'une langue râpeuse lécha leur visage. De tout évidence, la créature poilue et au nez froid aimait particulièrement le sel !

Soudain, un sifflement retentit. L'animal redressa sa grosse tête.

« -Hedwige ! Viens ma belle ! »

Hedwige, puisqu'Hedwige il y avait, courut ventre à terre jusqu'à l'homme qui l'avait appelé.

Et quel homme !

Il était grand, blond, un visage souriant, des yeux pareils à un ciel d'orage. Un corps magnifiquement sculpté, et un charisme renversant.

En le contemplant, Harry fut comme frappé par la foudre. Il ne pouvait plus détacher son regard de cet humain si séduisant sur ses deux jambes. Son cœur battait la chamade, à tel point qu'il crut qu'il allait lui sortir de la poitrine.

La Grande Neptune avait fait son œuvre. Un prince des Mers venait de tomber amoureux d'un prince de la Terre. Elle se mit à prier pour que cette fois, le destin ne soit pas trop cruel. Car lorsqu'une sirène ou un ondin tombe amoureux, c'est une seule et unique fois.

« -Mes enfants ! Il nous faut rentrer à présent ! S'impatienta Minerva au bord de la syncope.

-Ne cries pas si fort Nounou, ils vont t'entendre, la rabroua Ginny. »

Minerva fut soufflé par l'audace de ses trois protégés. Ils osaient lui répondre !

Elle pouvait bien dire ou faire ce qu'elle voulait ! Rien ne parviendrait à les faire sortir de leur rêverie ! Il allait bien falloir pourtant ! Si le Roi Sirius voyait ça !...

Ce que leur oncle pouvait bien penser, les triplés sans fichaient comme d'une guigne ! Ils étaient comme hypnotisés par le spectacle qui se déroulait devant leurs yeux ébahis.

Soudain un homme de l'âge de leur oncle, ce qui ne voulait pas dire grand-chose, vu que les hommes vivaient bien moins longtemps qu'eux, tout vêtu de noir, s'avança, les bras levé, en faisant tinter un verre.

« -Je demande votre attention, je vous prie ! »

Les musiciens s'arrêtèrent de jouer, les invités de danser.

« -Je souhaite un joyeux et un heureux anniversaire à notre Prince héritier et à notre futur Roi : Draco. Longue vie Au Prince Draco ! »

Tous l'imitèrent et applaudir aussi fort qu'ils le purent.

Le propriétaire de l'étrange animal se courba devant ses invités et les remercia chaleureusement.

Ainsi il se prénommait Draco. Ce nom fut comme une douce musique aux oreilles d'Harry, qui se mit à le répéter, murmure après murmure, sans même s'en rendre compte. Cette litanie fut comme une prière.

« -Tu entends ça Harry ? S'amusa Ron. Cet humain est né le même jour que nous. »

Mais son frère lui répondit à peine. Chose que Ron et Ginny remarquèrent bien peu tant ils étaient surexcités par la situation.

« -Merci à tous ! Lorsque j'aurais la couronne de mon père sur la tête, j'espère ne pas vous décevoir et être digne des attentes que vous mettez en moi ! Je suis encore bien jeune, mais j'ai le grand désir de faire ce qui est bien et juste ! Avec l'aide du Lord Severus Snape mon parrain, mon père de cœur, mon mentor et mon ami, j'espère pouvoir continuer de faire prospérer notre beau pays ! »

Son discours fut salué par une salve d'applaudissement.

« -Pour marquer votre avènement, et comme la tradition l'exige, j'ai commandé spécialement pour vous, ceci… »

Il fit signe à un marin qui retira une bâche et libéra une statue grandeur nature du prince.

Il y eut de grands cris d'admiration devant la fidèle représentation de pierre.

« -En espérant que cela vous porte chance et vous aide à trouver le bonheur !

-Vive Le Prince ! Vive le Prince ! Scanda à son tour la cours. »

Severus fit signe aux musiciens de poursuivre, tandis qu'un jeune homme brun, du même âge que le prince s'avançait vers ce dernier une coupe de champagne à la main. Il le prit par les épaules en riant.

« -Dis-moi Draco ? Mon frère de cœur ! Mon futur Roi ! As-tu l'intention de nous trouver un futur Roi consort dans les heures/jours/mois à venir ? »

Le blond se mit à rire devant la répartie de son meilleur ami légèrement éméché et qui menaçait de le faire tomber.

« -Ne sois pas idiot Blaise ! Je ne veux pas me mettre la corde au cou pour l'instant. J'ai tout mon temps. Je veux être sûr de ne pas me tromper.

-Et oui ! Tout le monde ne peut pas avoir autant de chance que moi ! Regarde comme elle est belle ma fiancée ! »

Il désigna une jeune femme à la chevelure abondamment bouclée, longue, noire et luisante, à la peau olivâtre et aux grands yeux noirs bordés de longs cils.

« -Oui, tu as de la chance mon frère, Astoria est parfaite.

-Oui, j'ai de la chance ! Il n'empêche que tu devrais te dépêcher ! Sinon, tu finiras comme ton parrain ! Désespérément seul, cynique et frigide !

-Je vous ai entendu Zabini ! S'égosilla ce dernier, bien décidé à punir le jeune Lord pour cet affront ! »

La cours entière se mit alors à rire devant la course poursuite qui se déroula sur le pont de la Narcisse. Severus courrait après « le jeune impudent qu'il avait vu en couche culotte » en le menaçant du plat de son épée.

Les trois Sirènes auraient bien rient comme eux, s'il n'y avait pas :…

« -C'est Assez A Présent ! Nous rentrons ! S'emporta Minerva. »

Elle saisit la première nageoire qui lui vint et tira dessus de toutes ses forces. Puis deux, puis trois.

Ron fut le premier, suivit de Ginny, et d'Harry.

« -Nounou ! crièrent-ils. Pourquoi ?!

-Si jamais votre oncle apprend ce qui se passe ici, Il va… ! »

C'est ce moment que les visions d'Harry choisirent pour l'assaillir. Ses forces l'abandonnèrent et il sombra sous la surface.

Ginny et Ron plongèrent de concert pour le rattraper sous les cris affolés de Minerva.

Heureusement pour eux, les feux d'artifices empêchèrent les humains de les entendre.

Harry continuait de couler, inconscient de la peur que ressentait son frère et sa sœur. Il était coincé dans un monde qui distillait sa propre angoisse. C'était ça qui le faisait perdre pied avec sa réalité. En plus de la haine et de la souffrance omniprésente.

Les démons des abysses étaient en chasse. Le Lord Voldemort les avait lâchés sur le bateau et avait déclenché une terrible tempête.

Le paysage était infernale : un vent d'Ouragan, des vagues gigantesques, des éclairs qui zébraient le ciel d'un noir d'encre, et l'illuminait comme en plein jour.

Il entendait les cris de terreur des passagers. Leur fuite effrénée vers les canaux de sauvetages. Ils priaient pour revoir la Terre.

Tant d'hommes à travers les âges avaient fait ce vœux pieu et fou. La Mer, bien trop souvent devenait leur dernière demeure, qu'importe leur supplique.

Harry vit leur corps flotter sans vie à moitié dévoré par les démons et les charognes des Océans.

Il vit aussi Draco, le prince, pour qui son cœur s'était emballé comme jamais, mort, démembré, son corps gonflé d'eau…

C'est sur cette image qu'il ouvrit les yeux.

Ron l'avait saisi par la taille le soutenant comme un roc. Ginny lui massait tour à tour les mains et les tempes pour qu'il revienne vers eux.

Minerva se rongeait nerveusement les ongles.

« -Hé petit frère, lui souffla Ron, alors qu'il papillonnait des yeux. Tu nous as fait une de ces peurs…

-Comment tu te sens Harry ? lui demanda sa sœur. »

Dévasté ? Triste à pleurer ?

Cette vision avait été violente. Il ne se souvenait pas en avoir jamais eu de pareille.

Voir le jeune homme blond mort au fond de l'eau lui avait été insupportable, comme si on lui avait arraché le cœur.

Il n'avait jamais ressenti plus grande perte. C'est à cet instant qu'il comprit. Le blond était son âme sœur. Chose si rare, si belle et si terrible.

Il ne pouvait laisser cette vision s'accomplir. Il devait faire quelque chose.

Accroché à son frère, il se concentra, faisant appel à la puissance qui dormait au fond de lui. Il pria Neptune de lui venir en aide. Lui qui était marqué de son sceau, elle ne pouvait qu'au moins l'écouter, au mieux l'exaucer.

Le sort que leur réservait le Lord était part trop cruel, pour que Neptune ne les prenne pas en pitié.

Mais ce ne fut pas la seule chose qui persuada Neptune d'accéder à cette demande pieuse et si rare. Elle aimait ce jeune Ondin, comme elle avait aimé sa mère avant lui. Elle avait été sa digne Prêtresse. Il était un élu.

Alors même si Harry n'avait pas encore appris tout ce qui l'incombait en tant que tel, elle déverrouilla son pouvoir. Harry put alors déverser sa magie et protéger le bateau et ses occupants ainsi que son frère, sa sœur et leur nourrice.

Les Sirènes sentirent la magie de l'Océan, de même qu'elles virent la mer se déchainer.

Tant et si bien que le navire devint bientôt incontrôlable et finit par se fracasser contre les récifs. Comme Harry l'avait vu, les passagers remplirent les canots de sauvetage aussi vite que possible. Déjà, les démons hantaient les flots.

Les sirènes se tinrent à bonnes distances à la fois des hommes et des démons, ne voulant pas se faire repérer, car ils n'étaient pas armés. Elles ne savaient pas qu'elles ne risquaient rien grâce à Harry.

Harry n'avait de cesse de jeter des coups d'œil vers la carcasse du bateau, alors que Minerva ne pouvait s'empêcher de rappeler à quel point elle avait eu raison de s'inquiéter !

Draco était resté sur le bateau. Il voulait être sûr de n'avoir oublié personne.

Il aida les femmes à monter dans les canots. Il fit descendre les canots des hommes, aida les marins à maintenir les poulies.

La malchance voulut, alors qu'il allait monter dans le dernier canot avec le capitaine, son second, son parrain, et Hedwige, le bateau émit un craquement sourd et tanga violemment. Tant et si bien, qu'une poulie se décrocha pour aller se fracasser sur son crâne. Il perdit connaissance, tandis que ses compagnons d'infortunes se retrouvèrent avec un canot à demi renversé, sans aucune possibilité d'aller le secourir.

Ce qui n'empêcha pas Severus de vouloir sauter pour aller le chercher. L'équipage restant, l'agrippa aussi fermement que possible. La vie du Prince était à présent entre les mains des Dieux. Déjà la Narcisse s'enfonçait dans les flots déchainés.

Il n'en fallut pas plus à Harry pour plonger aussitôt, s'extirpant des bras de son frère. Il l'entendit crier, ainsi que sa sœur, puis ce fût tout.

En quelques brasses, il était dans la coque éventrée. Il se mit désespérément à la recherche du blond. Il le chercha longtemps. Si longtemps qu'il tremblait à l'idée de retrouver un cadavre. Soudain, il le vit. Il le dégagea de la carcasse et nagea aussi vite qu'il le put vers la surface. Il pria de nouveau Neptune si fort que son cœur et son âme crièrent à l'unisson. Il ne devait pas mourir ! Son cœur devait battre ! Sinon que serait-il, lui, et tous ceux qui tenaient à lui ? Leur vie ne serait que souffrance.

Le petit ondin avait un cœur pur. Neptune était touché par le pouvoir de cet amour naissant.

Alors lorsque la tête du Prince de la Terre sortit de l'eau, se fut pour recracher toute celle qu'il avait dans les poumons. Ses yeux d'argent s'entrouvrirent. Il se perdit dans les orbes émeraude qui brûlaient d'inquiétude. Il ressentit cette douce étreinte qui le maintenait hors de l'eau malgré les vagues, le vent et la tempête.

Harry s'éloigna du naufrage pour regagner la côte d'une nage mesurée. Il devait économiser ses forces au maximum. S'il s'épuisait, le Prince n'avait aucune chance. Ce dernier était retombé dans l'inconscience. Son corps se glaçait de plus en plus, l'engourdissant totalement.

Tout à son sauvetage, Harry eut peu de pensée pour son frère, sa sœur et Minerva, qu'il s'avait en sécurité grâce à sa magie. Eux par contre devaient le croire mort ou presque… Ils ne devaient avoir de cesse de fouiller les flots, en espérant que les démons ne l'avaient pas enlevé ou dévoré.

Le Soleil arriva enfin. Avec lui, un goéland, signe que la terre n'était plus très loin.

Ragaillardie à cette seule pensée, il nagea avec plus de ferveur. Quelques minutes plus tard, il foulait la terre de ses mains et de ses écailles.

Il déposa le corps du Prince sur le sable. Epuisé, il se coucha à ses côtés et s'endormit.

Lorsqu'il s'éveilla, sa peau était chaude, comme celle de l'humain qui reposait près de lui.

Draco avait retrouvé une respiration normale. Quoique encore inconscient, il semblait allé mieux que la veille.

Il le détailla longuement, et le trouva divinement beau.

Ses cheveux blonds lui tombaient sur les yeux. Il dégagea quelques mèches poisseuses de sels.

Intrigué par ce corps d'homme, il ne se contenta pas du visage et l'examina sous toutes les coutures offertes à sa vue.

Il commença par ses mains, grandes, fortes, un peu calleuses par endroit, signe qu'il connaissait le maniement des armes. Et bien sur elles étaient dépourvues de palmes.

Il tripota ses doigts, faisant de même avec ses orteils, ses chevilles, puis ses jambes, à demies découvertes.

Voilà chose étrange que ces deux appendices. Beaucoup de sirènes trouvaient cela fort hideux.

Harry, lui, trouvait cela fascinant.

Il serait resté des heures à les contempler, à le toucher, s'il n'avait pas remué dans son sommeil.

Harry se pencha de nouveau sur son visage. Il caressa tendrement ses joues et son front avant de se mettre à fredonner :

« -Mon seul désire, vivre à tes côtés.

Mon seul espoir, resté là près de toi.

Te regarder me sourire et tendre les bras.

Loin de la mer et pour toujours,

Vivre sur terre, s'aimant au grand jour.

Ne m'oublie pas,

L'amour est là,

Pour toi et moi. »

Puis, mué par une irrésistible envie, il l'embrassa. Le baiser fut doux, gorgé de sel et de soleil. C'est à ce contact que Draco s'éveilla tout à fait. Dans son sommeil, il avait senti qu'on lui touchait le visage, puis il avait entendu la voix d'un ange. Un ange qu'il contemplait à présent, comme dans un rêve.

Faible, la seule chose qu'il réussit à faire, fut de saisir une mèche de ses longs cheveux noirs.

Il voulut parler, lui demander son nom, le remercier, mais sa voix s'enrailla. Il ne sut si c'était parce que son cœur venait de rater un battement à cause de cette voix, de cette étreinte ou même de cette beauté irréelle qui auréolait son sauveur.

De toute façon, il ne put y penser plus avant, car un aboiement lui parvint. L'équipage de la Narcisse était sauf. Il venait tout juste d'atteindre le rivage. Le château avait été prévenu, et un carrosse était venu chercher les proches du prince tandis que d'autres équipes prenaient soins des passagers. Tous avaient la mort dans l'âme. Leur Prince, et futur Roi avait péri dans les eaux déchainées pour les sauver. S'ils étaient encore en vie ce matin, c'était parce qu'un courageux jeune homme avait mis leur sécurité en premier lieu, bien avant la sienne. Il en avait payé le prix. Un lourd tribut qui pèserait lourd sur le royaume. Pour longtemps.

Le carrosse royal, emportait vers le château, Severus, Blaise, Astoria et Hedwige. Tout à coup, sans crier gare, La Patou devint comme folle. Elle sautait sur les sièges, voulant de toute évidence sortir à tous prix. Elle finit par ouvrir la portière on ne sait trop comment et à sauter en marche. Elle se mit alors à courir vers la plage, ventre à terre, sous les cris de Severus.

Le Lord fit arrêter la voiture et se rua à la suite de l'animal, prit d'un fol espoir.

La situation de l'Ondin devint bien trop dangereuse. Il abandonna son Prince pour regagner au plus vite la Mer. Ce dernier conserva de lui, sa voix et une mèche de cheveux noirs. Voulant le retenir, il avait serré cette mèche autant qu'il avait pu.

Déjà, Hedwige était auprès de lui et lui léchait copieusement le visage, heureuse de retrouver son maître. Severus ne tarda pas à arriver non plus. Apercevant le corps de son Prince, son cœur se ranima soudain.

« -Mon fils ! Cria-t-il. Mon fils ! »

Il se jeta sur sa poitrine. Il lui soutint la nuque de son mieux.

« -Les Dieux soient loués ! Tu es sauf ! J'ai cru mourir.

-Où…Où est…-il ? Articula-t-il avec difficulté

-Qui Draco ?

-Celui…qu-qui m'a sauvé. »

Severus regarda alentour et ne voyant personne se dit que Draco devait avoir rêvé, conséquence de son traumatisme crânien et de sa presque noyade. Pourtant la mèche de cheveux était là pour le détromper.

« -Il… était… si doux…Et si…beau…il avait… la voix… la plus belle…du monde. »

Blaise arriva sur ces entres faits, faisant de son mieux pour contenir la joie débordante de la Patou qui aboyait et sautait en tous sens.

Il se pencha à son tour, croyant avoir mal entendu :

« -Que dis-tu mon frère ? »

IL n'eut aucune réponse. Le prince trop faible, était retombé dans l'inconscience.

« -Draco ? Appela-t-il. Tu m'entends ?! ASTORIA ! LE CARROSSE ! »

Sa jeune fiancée, sur le point de les retrouver, repartit aussitôt d'où elle était venue, chercher le cocher, les valets et le carrosse. Son futur Roi devait voir un médecin de toute urgence.

Caché derrière un rocher, Harry avait observé la scène.

Ginny, Ron et Minerva le rejoignirent, soulagé de le retrouver vivant. Son frère et sa sœur, avaient, en dernier recours, pensé qu'il avait dû sauver l'humain blond de la noyade et avait nagé jusqu'au rivage. Leurs efforts avaient payé.

Ce qui n'empêcha pas leur Nourrice de piquer une de ces célèbres colères.

« -UN HUMAIN ! VOUS AVEZ SAUVE UN HUMAIN ! VOUS AVEZ ABANDONNE VOTRE FAMILLE FACE AU DANGER, POUR UN HUMAIN ! PAUVRE FOU ! EGOISTE ! IMPUDANT !... »

Elle aurait continué si Ron ne l'avait pas faite taire :

« -Silence Minerva ! »

« La voix des Mers » avait parlé et son ton n'admettait aucune réplique. Minerva en resta bêtement muette, et on ne l'entendit plus.

Contrairement à elle, Ginny et Ron n'en voulait pas à leur petit frère parce qu'ils le connaissaient par cœur et qu'ils lui faisaient confiance.

S'il était partit sauver cet humain au mépris de tous, que ce soit, des lois de leur monde, de leur oncle, ou de leur propre sécurité, c'était pour une bonne raison. Et ils en avaient la preuve sous les yeux.

Harry avait le regard fiévreux, le souffle court, comme s'il manquait d'air. Ginny qui l'avait enlacé sitôt retrouvé, sentait son cœur battre la chamade sous sa paume.

« -Harry, tu es amoureux. »

Loin d'être une question, c'était une affirmation. Harry avait trouvé une âme sœur en cet homme blond.

L'amour de deux âmes sœurs était rare et précieux, aussi puissant que douloureux, il pouvait apporter joie et plénitude, aussi bien que désespoir et solitude.

ΩΨΩ

Dans sa caverne, entouré par la terrible Jungle sous-marine, le Lord Voldemort jubilait. La vendetta qu'il avait lancée la nuit dernière avait porté ses fruits, bien que ce ne fût pas ceux auxquels il s'attendait au préalable. IL n'avait pu nourrir ses démons, ni porté un coup au vieux Roi en enlevant ses enfants.

Mais Harrian avait atteint son potentiel magique en l'espace d'une nuit. IL était comme sa mère. Il avait hérité de ses pouvoirs, ceux-là même qu'il avait tant convoités, avant sa mort prématurée.

Sans le savoir, Harry avait relancé la machine. Il venait de donner une raison au Lord de redoubler d'hostilité. Un plan commençait à germer dans son esprit machiavélique. Dorénavant, Belle et Cissa ne le quitteraient plus d'une semelle et devraient profiter de n'importe quelle opportunité pour le lui ramener.

Le jeune Ondin était aimé de Neptune. Il avait sa protection et sa magie, pour le peu qu'il apprenne à s'en servir convenablement.

Avant qu'elle ne se marie avec James, le futur Roi des Mers et qu'elle ne devienne La Grande Prêtresse des Mers, le lord avait courtisé Liliane, dans l'espoir d'acquérir ce pouvoir. Ni parvenant pas par la douceur, il avait tenté de le faire par la force. Il l'avait menacé. Mais elle avait préféré mourir… Comme son mari. C'était il y a 17 ans tout justes.

Quel gâchis cela avait été !

Heureusement, il savait apprendre de ses erreurs. Il n'avait plus qu'à attendre son heure. Ce qui ne serait plus très long. La haine du Roi Sirius pour les hommes allait lui servir. L'histoire allait un jour finir par se savoir. Ce n'était qu'une question de temps. Les âmes sœurs étaient si difficilement séparables. Ou lorsqu'elles l'étaient, l'une d'entre elle devenait vite comme Sirius : haineux, ou comme Lily : morte.

Harrian devait rester en vie, et il devait lui appartenir de son plein grès. Il devait faire en sorte que le jeune prince lui abandonne son pouvoir.

Pour cela, il devait se préparer.

Et voilà pour le chapitre 2 !

J'espère que cela vous a plus !

Je vous dis à dimanche prochain !

Angel