Disclaimers: Le conte appartient à Andersen, les personnages à J.K Rollings, certains éléments sortent de Toei animation et d'autre de Disney. Référence quand tu nous tient^^.
Couples: HPDM entre autre...
Ratings: MA (pour plus tard je prends de l'avance)
Je pense qu'un résumé est inutile.
Bonne lecture!
Le Petit Ondin
Chapitre 3 :
Les jours passaient uniformément ordinaires…
Harry se morfondait de ne pas voir Draco. Il savait son amour impossible. Il se refusait donc le droit de monter à la surface. De même que lui, ses chants étaient devenus tristes et mélancoliques.
Son frère et sa sœur tentaient par tous les moyens de le dérider, sans beaucoup de succès.
D'eux trois, c'était lui qui aimait le plus leur caverne. Mais depuis leur anniversaire, il n'y était jamais retourné. Il ne voulait plus en entendre parler.
Les autres membres de sa famille s'interrogèrent sur ce brusque revirement d'humeur. Sirius devint suspicieux et Minerva se fit de plus en plus de cheveux blancs. Elle avait peine à garder le secret et faisait tout son possible pour éviter de croiser le jeune Roi et devoir par la même, répondre à ses questions.
Ginny et Ron ne savaient plus quoi faire. Tant et si bien qu'ils finirent pas s'ouvrir aux jumeaux de leurs problèmes. Ils ne demandaient pas mieux que de les aider.
Ils étaient devenus de plus en plus curieux de cette affaire et les bombardèrent de question avant même qu'ils aient pu ouvrir la bouche.
« -Pourquoi Harry reste-t-il toujours enfermé dans votre chambre, demanda l'un.
-Il se morfond dans son coin et ne sourit plus, affirma l'autre.
-Il ne chante même plus, gémit Ginny.
-sauf pour entonner des airs d'une tristesse infinie, souffla Ron.
-Cela ressemble fort…
-…a un chagrin d'amour. »
Ginny et Ron soupirèrent et leur racontèrent toute l'histoire.
« -On a tout essayé ! Se lamentèrent-ils une fois le récit terminé. Mais il ne veut même plus entendre parler des hommes. S'il continue ainsi, peut être deviendra-t-il comme Oncle Sirius ? »
Leurs frères les avaient écouté jusqu'au bout sans les interrompre, et sans les juger, comme ils l'avaient toujours fait. Ils n'avaient jamais livré leur secret à qui que ce soit.
Ils promirent à leurs cadets de revenir les voir avec une solution.
Ils avaient déjà un début d'idée. Mais il fallait pour cela le concours de Charlie. Ils se rendirent donc aux écuries royales. Sans entrer dans les détails, ils lui dirent qu'ils avaient besoin de deux montures pour la journée, puis deux autres la journée suivante, et que personne ne devait le savoir.
« -Pourquoi en avez-vous besoin ? Puis-je au moins le savoir sans trahir votre secret ? demanda-t-il. »
Puisque leur frère avait accepté sans rien dire, ils lui dirent simplement :
« -C'est pour aider Harry.
-En ce cas, personne ne saura que vous êtes partit, ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais. »
Les jumeaux partirent aussitôt et le plus discrètement possible, pour le Royaume de Serpentard afin d'en apprendre un peu plus sur le Prince Draco.
Grâce aux hippocampes, le voyage fut rapide.
Le palais d'été du Prince, ou sa résidence principal depuis qu'il était enfant, se trouvait au bord de la Mer. Son palais était fait de pierres de tailles blanches. Les Dômes qui faisaient sa toiture étaient de Nacre et d'argent. Partout des sculptures et des mosaïques représentants des allégories du Monde aquatique.
Ses jardins étaient de toutes beautés et donnaient sur la Mer.
C'est là qu'ils le trouvèrent, sur la jeté, les yeux perdus dans le bleu de l'Océan. Il était dans le même état qu'Harry, triste et mélancolique.
Hedwige, sa fidèle compagne, avait posé sa grosse tête blanche sur sa cuisse, incapable de trouver autre chose pour réconforter son maître.
Les jumeaux nagèrent jusqu'aux abords de la ville. Ils voulaient en apprendre plus.
Les marins parlaient beaucoup sur les quais. Ils leurs suffiraient de tendre l'oreille.
Le Prince était dans cet état depuis qu'il avait été retrouvé gisant sur la plage, après le naufrage de la Narcisse.
Apparemment, il n'avait de cesse de chercher le jeune homme brun qui lui avait sauvé la vie. Il avait même fait faire un portrait, aussi fidèle que ses souvenirs le lui permettaient et qu'il avait fait placarder partout dans le Royaume et même au-delà.
Beaucoup disaient qu'il avait surement rêvé cet hypothétique sauveur.
S'il tenait tant que c'la à remercier ce sauveur, il ferait mieux d'arrêter de se morfondre dans son coin et de se trouver un amant pour vite l'oublier.
C'était plus qu'il n'en fallait aux jumeaux qui retournèrent à bride abattu au Palais des Sirènes. Harry devait connaître au plus vite les sentiments de l'humain pour lui. Peut-être serait-ce le coup de fouet qu'il lui manquait pour se battre.
Le Lendemain matin, ils organisèrent avec Ginny et Ron, le gai tapant. Ils encerclèrent Harry, toujours adossé à la fenêtre, les yeux dans le vague. En le voyant ainsi, sans autre sentiment qu'une grande lassitude, il donnait l'impression d'avoir coupé tous les liens qui le retenaient à son cœur. Comme si ressentir une quelconque émotion était devenu contre nature.
Cela ne fit qu'accroître leur détermination.
« -Harry ?
-Il est temps de sortir !
-Tu es resté enfermé toute la journée d'hier, d'avant-hier, et d'avant-avant-hier, et d'avant…
-Viens te promener un peu avec nous.
-Il faut absolument qu'on te montre quelque chose !
-Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il.
-C'est une surprise.
-Mieux un secret ! »
Sa curiosité piqué au vif, Harry se laissa entraîner. Une fois en selle, les jumeaux prirent l'initiative de lui bander les yeux. Harry se laissa faire comme une poupée de chiffon, contrairement à ce qu'il avait toujours été. Mais cela allait bientôt changer. Il fallait que cela change.
Une fois arrivée, ils se cachèrent derrière des récifs aux abords des Jardins du Palais. Le Prince y était de nouveau, fidèle à son cœur. Il jouait à la flûte l'air qu'Harry lui avait chanté ce fameux jour.
Ginny retira le foulard des yeux de son frère et lui saisit tendrement les mains. Les yeux dans les yeux, elle le tira vers la surface.
Soudain, ce fut comme si le cœur du jeune Ondin se remettait en marche. Ginny put voir une souffrance infinie dans ses prunelles. Elle était si puissante, qu'elle fit échos dans le creux de son âme.
Il savait ce qui l'attendait à la surface et faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas y aller. Il retint sa sœur de toutes ses forces. Sa poigne était si forte qu'il lui broya presque les mains.
« -Non. »
Ce n'était qu'un murmure. Le murmure d'un cœur de verre sur le point de se fissurer. Un peu plus et il éclaterait en un millier de petits morceaux.
Ginny avala difficilement sa salive. Elle venait d'oublier ce qu'elle avait prévu de lui dire en pareil situation.
Ron vint alors à son secours. Il attrapa son cadet par la taille et entreprit de le conduire à la surface.
« -S'il vous plaît. »
A cet instant, si les sirènes avaient été capables de pleurer, nul doute qu'Harry verserait toutes les larmes de son corps.
Sa supplique était mortelle. Ainsi, il faiblit comme sa sœur.
Les jumeaux ne l'entendirent pas de cette oreille et poussèrent sans ménagement les trois sirènes jusqu'à la surface.
A peine leurs têtes eurent percées l'élément liquide, que le vent leur apporta un air de flûte qu'Harry reconnu sans peine. Il se boucha les oreilles, ferma les yeux et replongea avant qu'aucun d'entre eux n'aient pu faire un geste.
« -Pourquoi avez-vous fait cela ? leur demanda-t-il le cœur et l'âme au désespoir.
-Mais Harry, il t'espère autant que toi, lui répondirent-ils dans un bel ensemble.
-Il…m'espère ? »
Etait-ce seulement vrai ? Lui était-il permit d'espérer ?
Il les scruta intensément. Le silence était quasi religieux, le sourire de ses frères et de sa sœur, doux, aimant, et encourageant.
Timidement, l'ondin remonta. Il s'agrippa aux rochers à s'en arracher les ongles. Son amour était là. Il avait le visage qu'il contemplait chaque matin dans le miroir depuis cette fameuse nuit.
Son cœur s'emballa de plus belle. Un sourire naquit sur ses lèvres, tandis qu'un nouvel éclat brillait dans ses yeux.
« -Il m'aime, murmura-t-il. »
Il le répéta inlassablement, comme une prière.
Ses frères et sa sœur le rejoignirent et l'enlacèrent dans un bel ensemble. Harry leur était finalement revenu. Un mois qu'ils l'attendaient.
Ils restèrent longtemps ainsi, sur le rivage. Harry ne pouvait détacher ses yeux de Draco, tant que celui-ci n'avait pas quitté la jeté.
Puis les sirènes remontèrent sur les hippocampes et retournèrent à la cité lorsque le soleil vint mourir dans les flots. Il était tard lorsqu'ils passèrent les murs d'enceintes, ce qui n'empêchait pas Harry de rire, de danser et de chanter.
Il communiquait sa joie de vivre à chaque sirène qu'il croisait. Sauf peut-être à son oncle, qui comme de coutume, était encore plus suspicieux. Il devait absolument savoir ce qui se tramait. Bien qu'il en avait une vague idée… il n'y avait qu'une maladie qui pouvait causer de tels symptômes… Il le voyait sortir du palais pour en revenir tard dans la journée, alors que pendant un mois, rien n'avait pût le faire sortir. Il fallait qu'il sache exactement ce qu'il était en train de se passer. Et pour cela, il lui fallait parler à Minerva. Minerva qui n'avait de cesse de l'éviter depuis la célébration de la majorité des triplés. Mais elle ne pourrait se dérober face à une convocation officielle.
ΩΨΩ
Ce jour-là, Harry était allé jusqu'au temple pour faire des recherches. Il avait besoin de savoir si il y avait une possibilité pour que Neptune lui octroie le droit de bafouer certaines règles pour rencontrer Draco et lui parler. Il n'avait rien trouvé. Il aurait voulu en parler à Ariel, mais il avait peur que son histoire ne vienne aux oreilles de son oncle. Plus que tout, il redoutait sa réaction. Même s'il avait confiance en la Grande Prêtresse, il ne voulait courir aucun risque. Son frère et sa sœur étaient sortis toute la journée sans rien dire sur l'endroit où ils se rendaient, si bien qu'il y resta seul. Lorsqu'il finit par en sortir, ce fut pour se rendre dans les jardins de la reine. Il y rencontra Minerva qui se cachait derrière un bosquet d'anémones.
« -Qu'est-ce que tu fais là, Nounou ? De qui te caches-tu ? lui demanda-t-il. »
Elle en fût tellement surprise qu'elle poussa un petit cri strident et posa sa main sur son cœur.
« -Par Neptune Harrian ! Tu m'as fait une de ces peurs !
-Je vois cela, et je m'en excuse.
-Je me cache de ton oncle ! Il n'a de cesse de vouloir me parler depuis cette fameuse nuit.
-Tu ne lui diras rien, n'est-ce pas Nounou ? Paniqua Harry.
-Je ne dirais rien, à moins que tu ne changes d'avis sur tes multiples escapades à la surface ! S'énerva-t-elle soudain. »
Le regard d'Harry se fit dur.
« -Non, Nounou, je ne changerais pas d'avis et surtout pas parce que tu te dis que tout avouer soulagerais ta conscience. J'aime cet humain et je n'aurais de cesse d'aller le voir ou de chercher un moyen de lui parler, trancha-t-il avant de lui tourner le dos.
-Harry s'il te plaît écoute moi ! Pourquoi aimes-tu tellement ce monde ? Si tu savais à quel point c'est la pagaille chez eux ! »
Elle lui avait saisi le bras et le forçait à la regarder.
-Oh ! Le serait-ce moins qu'ici ? J'en doute !
-La vie que nous avons ici et bien plus belle que celle qu'ils vivent sur la terre ! »
Elle le força à s'assoir et entreprit de lui raconter tout ce qu'elle savait du monde humain apte à lui faire changer d'avis.
« -Le roseau est toujours plus vert,
Dans le marais d'à côté !
Toi t'aimerais bien vivre sur terre,
Bonjour la calamité !
Regarde bien le monde qui t'entoure,
Dans l'océan parfumé.
On fait carnaval tous les jours,
Mieux, tu ne pourras pas trouver !
Sous l'océan, sous l'océan,
Doudou c'est bien mieux,
Tout le monde est heureux,
Sous l'océan.
Là-haut, ils bossent toute la journée,
Esclavagés et prisonniers,
Pendant qu'on plonge,
Comme des éponges,
Sous l'océan. »
Attiré par son chant, de nombreux poissons sortirent de derrière les bosquets, et les rochers, pour se joindre à elle.
Harry regardait la scène avec des yeux ronds. La dernière fois qu'il avait entendu la voix de sa Nourrice, il n'était qu'un jeune ondin à peine sortit de l'œuf. En effet, elle tenait particulièrement à garder le petit dernier de la famille dans ce qu'elle appelait le droit chemin.
« -Chez nous, les poissons se fendent la pipe,
Les vagues sont un vrai régal.
Là-haut, ils s'écaillent et ils flippent,
A tourner dans leur bocal.
Le bocal, faut dire, c'est l'extase,
Chez leurs copains cannibales.
Si Missié Poisson n'est pas sage:
Il finira dans la poêle ! »
Harry eut une mine dégouté. C'était vrai que les humains mangeaient les animaux qui peuplaient aussi bien leur terre que la Mer. C'était une chose qu'il avait du mal à comprendre. Ici, les sirènes et les ondins ne mangeait que des algues, il lui était donc inconcevable de se nourrir de chaire.
« -Oh non !
Sous l'océan, sous l'océan,
Y a pas d' court-bouillon,
Pas de soupe de poisson,
Pas de marmiton.
Pour la tambouille, on leur dit non !
Sous l'océan, y a pas d'hameçons.
On déambule, on fait des bulles,
Sous l'océan !
Sous l'océan !
Sous l'océan !
Sous l'océan !
La vie est super,
Mieux que sur la terre, je te le dis.
Oui, je te le dis ! Hi hi !
Tu vois l'esturgeon et la raie,
Se sont lancés dans le reggae.
On a le rythme,
C'est d' la dynamite,
Sous l'océan !
Riton au flution,
La carpe joue de la harpe,
La rascasse d' la basse,
C'est les rois du rap.
Maquereau au saxo,
Turbo au bango,
Le lieu est le dieu de la Soul.
La raie au turbet,
Le gardon au violon.
Les soles rock'n'rollent,
Le thon garde le ton.
Le bar et le sprat se marrent et s'éclatent,
Vas-y souffle mon doudou ! »
Minerva était déchainée ! Depuis combien de temps n'avait telle pas fait la fête de cette façon. On eut dit qu'elle retrouvait ses 17 ans. Ce qui n'empêchait pas Harry de s'ennuyer et de ne toujours pas changer d'idée. Comment le pourrait-il de toute manière. Son destin et son cœur était ainsi fait, et quand bien même il le voudrait, il ne pourrait rien y changer.
Il en était là de ses pensées, lorsque Ron et Ginny vinrent le chercher. Ils avaient une surprise pour lui. Heureux de pouvoir se sauver Harry les suivit jusque dans leur grotte et laissa Minerva à ses occupations.
« -Ouais!
Sous l'océan !
Sous l'océan !
Sous l'océan !
Sous l'océan !
Quand la sardine biguine des biguines,
Ça balance, ça swingue !
Ils ont du sable, çà c'est certain,
Nous le jazz-band et tous les copains !
On a les clims clams,
Pour faire une jim-jam,
Sous l'océan !
Les limaces des mers,
Au rythme d'enfer,
Sous l'océan !
Et les bigorneaux,
Pour donner l' tempo,
C'est frénétique,
C'est fantastique,
On est en transe,
Faut que ça balance,
Sous l'océan ! »
Elle en avait fini de ses mises en garde et Harry aussi, puisqu'il avait pris la poudre d'escampette. Elle soupira, dépitée. Décidément, elle n'était plus bonne à rien. Elle allait prendre une retraite bien méritée dans une des colonies du pôle nord, ça lui ferait le plus grand bien.
Elle était sur le point de rentrer dans le palais, lorsqu'un garde vint à sa rencontre. Il s'inclina légèrement et lui dit :
« -Le Roi Sirius souhaiterait vous accorder une audience. »
Le sang de Minerva ne fit qu'un tour. Elle pali et demanda faiblement :
« -A quel sujet ?
-A propos du Prince Harrian. »
Ne pouvant se dérober, elle pria Neptune de toutes ses forces. Soudain, elle eut un terrible doute et si le Roi avait deviné ? Elle aurait toutes les peines du monde à se maitriser, tant il lui faisait peur. Elle n'était d'ailleurs pas la seule dans ce cas. Les colères du Roi Sirius, étaient légendaires. Surtout depuis qu'il avait pris la place de son frère. Avant c'était un enfant très doux, plein d'esprit et de gaité, tout comme Harry. Comme lui, il aimait le monde humain. Il était même partit explorer les côtes des royaumes humains pour une thèse qu'il désirait écrire. Son père l'avait laissé libre, malgré la guerre imminente. Il était d'une nature confiante et il aimait que ses enfants fassent leur propre chemin. Si seulement son fils avait pris de lui. Mais avec le temps, son caractère s'était transformé. Nul ne savait si c'était à cause de la mort de son frère, et de sa charge de nouvel Héritier, ou s'il s'était passé quelque chose en particulier durant son voyage d'étude. Seul son père semblait au courant et il n'en avait soufflé mot à personne.
Le garde la fit entrer dans la salle du trône. Le Roi Sirius l'attendait, seul. Il portait au front la même couronne que le jour de la cérémonie. Dans sa main gauche, le trident des Mers.
Minerva avala difficilement sa salive. Le jeune Ondin était impressionnant de majesté. Elle s'agenouilla devant lui.
« -Vous m'avez fait chercher Majesté ? demanda-t-elle tremblante.
-Oui Minerva. J'aurais quelque chose à vous demander.
-Oui ?
-Je me fais du souci à propos d'Harry. Depuis sa majorité, il agit de façon très étrange. D'abord, il s'enferme pendant des jours dans sa chambre. Puis il finit par ne presque plus vouloir y rentrer. Il sort toute la journée pour je ne sais quelle destination, et ne revient que tard le soir. Lorsqu'il est dans le palais, il chante d'un air absent et semble rêvasser. Avez-vous remarqué ?
-Et bien, c'est-à-dire que…Couina-t-elle. »
Le regard du Roi se fit plus dur. Il fit signe à Minerva de s'approcher.
« -Minerva, vous savez qu'il y a des choses qu'il ne vaut mieux pas me cacher, n'est-ce pas ? Menaça-t-il en tripotant du bout des doigts les piques du trident des Mers. Dites-moi la vérité.
-Quelle vérité Majesté ? Minauda-t-elle, en espérant qu'il n'irait pas plus loin dans ses investigations, mais elle en doutait. Comme de sa propre résistance à la « question ».
-Sur Harry et ses amours ?! Gronda-t-il soudain. Ou faut-il que je la dise pour vous ! »
De peur, Minerva recula, mais déjà le Roi était sur elle.
« -Parlez ! Tonna-t-il en la secouant et en la menaçant du trident.
-J'ai fait ce que j'ai pu, bredouilla-t-elle. Mais aucun n'a voulu m'écouter ! Je leur avais dit de ne pas s'approcher des humains ! Que vous seriez en colère. Mais ils ne m'ont pas écouté ! Harry a même… »
Soudain, elle se rendit compte de ce qu'elle venait d'avouer sous le regard calculateur du Roi et de son sourire démoniaque. Il l'avait amené là où il voulait. Elle avait trahit la confiance de ses petits princes.
« -Bien, maintenant, vous allez tout me raconter. Et dans le menu. »
ΩΨΩ
Ron et Ginny avaient bandé les yeux d'Harry avant qu'ils ne pénètrent dans la grotte.
« -Je n'ai même pas le droit à un petit indice, demanda-t-il le sourire au lèvre.
-Oh que non petit frère ! déclara Ron sur le même ton en le poussant jusque dans la grotte.
-Nous avons travaillé dur pour cette surprise et il est absolument hors de question de tout gâcher, renchérit sa sœur. »
Sans plus insister Harry se laissa guider.
Sa sœur lui retira son bandeau quelques instants plus tard. Harry ouvrit alors les yeux sur le plus beau cadeau qu'on eut pu lui faire. Son frère et sa sœur avait retrouvé l'épave de la Narcisse et avait rapporté dans leur cachette la statue de Draco.
Le jeune Ondin porta ses mains palmées à sa bouche, époustouflé, le cœur au bord de l'explosion. Il était si émut qu'il n'arrivait même plus à prononcer une seule parole. Ron et Ginny se tenaient dans les bras l'un de l'autre tout aussi heureux que leur frère. Ce dernier s'approchait lentement da la statue de marbre comme si elle était mirage et sur le point de se dissiper. Il tendit la main, timidement, jusqu'au visage de marbre, et l'effleura du bout des doigts. Il caressa la joue, le menton, jusqu'aux lèvres qu'il avait embrassé. La représentation était si ressemblante, qu'il avait presque l'impression que la statue allait s'animer et lui parler.
« -C'est… articula-t-il difficilement. Merci. Je… »
Soudain, il se tut. Derrière son frère et sa sœur, il y avait une ombre tout de fureur, qui le fit trembler.
« -Que t'arrive-t-il Harry, fit-elle grondante. Est-ce moi qui t'effrayes ? »
Ron et Ginny se retournèrent. Aucun d'entre eux n'avait entendu leur oncle et ni leur Nourrice, entrer dans la grotte. Ils nagèrent vers leur frère et s'unirent comme un seul homme, face à la colère du Jeune Roi.
Minerva n'osait pas les regarder tant elle avait honte d'avoir succombé à ses menaces.
Neptune ! Qu'avait-elle fait ?
« -Il y a bien longtemps que je suis venu ici, murmura Sirius en promenant son regard de part en part. Depuis votre naissance, me semble-t-il. Moi qui croyais que personne ne pourrait jamais trouver l'entrée, que je l'avais barricadée au mieux. Je me suis trompé visiblement… Mais je ne compte pas faire la même erreur deux fois.
-Oncle Sirius, nous… commença Ron.
-Silence ! Lorsque l'on transgresse les lois comme vous l'avez fait, aucune parole ne devrait être prononcée ! Bien que celui qui soit véritablement en faute, ce n'est pas toi Ronald, ni toi Ginevra, c'est toi ! Dit-il en pointant le trident des Mers vers Harry. »
Dans un geste défensif, Ginny et Ron se mirent au-devant de lui. Harry les repoussa. Il était prêt à recevoir sa punition. Ses ainés n'avaient pas à en pâtir.
« -Est-il vrai Harrian, que tu as sauvé un être humain de la noyade ?
-Oui, c'est vrai. »
Personne ne le vit venir, et Harry alla se heurter dans une des parois de la grotte, après la gifle assénée par son Oncle. Ron et Ginny voulurent intervenir, mais Sirius les menaça de la pointe de son trident.
« -Sachez rester à votre place ! »
Minerva les fit doucement reculer. Bien qu'ils obéirent, les deux jeunes gens lui lancèrent un regard noir et repoussèrent ses mains.
« -Toi, plus que quiconque, tu connais les règles ! Petit Prêtre des Mers ! Et pourtant, ça ne t'as pas empêché d'aller au bout de ta trahison !
-Je ne pouvais pas le laisser mourir, se défendit-il faiblement en se redressant.
-Un humain en moins quelle différence cela peut-il bien te faire !?
-Il n'y a pas si longtemps, ce genre de chose t'aurait autant touchée que moi. Comment se fait-il que ton cœur soit devenu si froid ? Tu as toi-même rempli cette grotte des trésors de la terre. »
Harry défiait ouvertement son oncle, pourvu qu'il ne punisse que lui. Il le regardait droit dans les yeux, sans ciller. Sa lèvre inférieure était fendue.
« -Et j'en ai payé le prix ! Les humains ne méritent pas que l'on se batte pour eux ! Ils sont incapables du moindre sentiment ! Ils détruisent tout ce qui se trouve à leur portée et qui a un tant soit peu de beauté et d'innocence ! »
La rage de Sirius faisait vibrer l'onde autour d'eux. Ce qu'il disait faisait de la peine à Harry. Les hommes n'étaient pas tous comme cela. Draco était différent. Il avait donné sa vie pour sa cour et son équipage. Quant aux hommes qui l'avaient accompagné, ils en auraient sans doute fait autant s'ils l'avaient pu. Non ! Les hommes n'étaient pas tous comme cela.
« -Je ne regrette pas ce que j'ai fait, décréta-t-il. »
Sirius se mit à ricaner.
« -Tu ne le regrettes pas, hein ? Ote-moi d'un doute Harry : serais-tu assez fou pour être tombé amoureux d'un être humain ?
-Oui. Je l'aime. »
Ainsi la sentence tomba. Ce que le jeune Roi avait toujours espéré éviter venait de se produire. Un ondin était tombé amoureux d'un homme. De même qu'il l'avait été, avant que l'homme de sa vie, croyait-il, ne le trahisse et lui brise le cœur. Il ne pourrait permettre qu'une chose pareille arrive au fils de son frère.
« -Pure folie que tout ceci ! Il vous sera pour toujours impossible de vous rejoindre lui et toi. Il est des choses qui sont immuables. Sinon, pourquoi nos deux mondes seraient si différents. »
Dans sa résolution, le roi semblait plus calme. Le calme avant la tempête…
« -Je te guérirais de cette folie Harry. Toi, ton frère et ta sœur allaient devoir oublier cet endroit. Et pour que cette séparation vous soit plus facile, il n'y a qu'un seul moyen. »
Il brandit alors le trident des mers et réduisit en cendre les trésors qu'il avait lui-même entassé dans cette grotte, puis il fit de même avec ceux de ses neveux. Ces derniers crièrent, et firent tout ce qu'ils purent, mais rien n'y fit. Leur oncle finit même par détruire la statue de marbre du Prince de la Terre.
Si Ron et Ginny furent inconsolables, ce fut bien pire pour leur petit frère qui en eut le cœur brisé. Tout ce qu'il possédait de plus précieux venait de voler en éclat sous ses yeux, sans qu'il puisse rien y faire. Il s'effondra sur le sol de la grotte, entre les débris qui retombaient un à un sur le sol.
Sirius n'en avait pourtant pas finit.
« -Ronald ! Ginevra ! Rentrez au palais immédiatement ! Minerva, accompagnez les et veillez à ce qu'il n'en sorte pas jusqu'à nouvel ordre. »
Minerva se pressa d'obéir et tira, plus que ne conduisit les deux sirènes jusqu'au palais.
« -Quant à toi, tu vas rester ici et resceller l'entrée de cette grotte. Et lorsque tu reviendras au matin, j'espère que tu auras compris que ce que j'ai fait, je ne l'ai fait que pour vous protéger. »
Seul, Harry se dit que celui qu'il avait réellement protégé c'était lui-même, et pas ses neveux, comme il le prétendait. Il agrippait entre ses doigts les vestiges de ses trésors et les serraient contre son cœur. Pourquoi tant de cruauté ? L'empêché de revoir le mode d'en haut, comme il projetait de le faire, n'était-ce pas une punition suffisante ? Fallait-il qu'il lui prenne tout ce qu'il y avait de plus chère à son cœur, après Ron, Ginny et Draco ?
Draco qu'il ne pourrait plus revoir une fois qu'il aurait franchi les portes de la cité des Sirènes. Et ce jusqu'à ce que Sirius en est décidé autrement. Peut-être jusqu'à la mort du Prince de la Terre ? Leur vie pouvait être si courte. Mais, le temps allait lui paraître si long…
Neptune lui vienne en aide !
Il était désespéré. Pile le moment qu'attendait Le Lord Voldemort depuis un mois. Il ordonna à Bella et Cissa de lui amener le jeune ondin. Il était temps.
Les deux sœurs pénétrèrent la grotte sous-marine à la rencontre de l'infortunée créature.
« -Pauvre petit Prince, susurrèrent-elles. »
Harry sursauta et fit face aux deux étrangères, menaçant.
« -Qui êtes-vous ? »
Les sirènes s'approchèrent lentement, comme on le ferait avec un animal sauvage.
« -N'aie pas peur de nous, lui murmura Cissa. Nous ne te ferons pas de mal. Je suis Cissa et voici ma sœur, Bella.
-Nous venons de la part de quelqu'un qui se propose de t'aider, poursuivit cette dernière. »
Harry fronça les sourcils.
« -M'aider à quoi ?
-A être avec ton Prince, répondit Bella en lui caressant la joue. »
Le jeune ondin la repoussa, suspicieux.
« -Qui vous en a parlé ?! Gronda-t-il.
-Notre maître, Tom Jedusort, déclara Cissa en enlaçant sa sœur. »
Le sang d'Harry ne fit qu'un tour.
« -Ce Sorcier Maléfique !?
-Oh ! Et tu es surement un expert en la matière, petit prêtre ? Cingla Bella.
-Que voulez-vous insinuer ?
-Ce qu'on appelle « Magie Blanche », ne vient-il pas de détruire ton univers ? rétorqua Cissa. »
ΩΨΩ
Harry suivit les deux sirènes à travers les régions les plus sauvages des Océans. Elles étaient délimitées pas une végétation grisonnante qui tombait en poussière dès qu'on l'effleurait. Plus d'anémones, ni de coraux aux milles couleurs qui ondoyaient dans les flots, habités par des myriades de poissons multicolores. L'eau y était suffocante. Elle avait une odeur de mort et de putréfaction.
Les jumelles le conduisirent dans la terrible jungle marine, faite d'algues gigantesques et vénéneuses. C'est là que vivait bon nombre les prédateurs les plus dangereux des Sept Mer, sans être pour autant l'endroit où se cachaient les démons des abysses. La jungle marine était plutôt celui où le Roi envoyait les traîtres en exil. Ce qui n'était arrivé qu'une fois, avec Tom Jedusort. D'après ce qu'il avait cru comprendre, Tom avait été surpris en plein exercice de magie noire, entre autre chose. Il en avait payé le prix. On disait qu'il avait perdu son apparence d'ondin et qu'il était devenu monstrueux à voir. Beaucoup trouvait que c'était bien dommage, lui qui avait été si beau.
Le Roi Albus l'avait banni et exilé dans cette jungle, où il était bien loin de vivre seul. En ces lieux vivaient des requins, des calamars géants, des polypes, moitié-animaux, moitié-plantes, qui agissaient telles des plantes carnivores, et des créatures tapis dans l'ombre depuis des temps immémoriaux, aux dents acérées comme des rasoirs, aux proportions et aux formes préhistoriques.
Partout où il posait ses yeux, des ossements, rongés jusqu'à la moelle et blanchis par le temps.
Il devait prendre garde à ne rien toucher, ou à ne pas se faire attraper par quoi que ce fut, ou il mourait dans d'atroces souffrances, sans que personne ne puisse rien pour lui.
A l'évidence, rester dans le sillage des sœurs le mettait à l'abri du danger. Il fit donc de son mieux pour ne pas se laisser distancer.
Ils arrivèrent enfin à la caverne de celui qu'on avait nommé, le Mage des Océans.
Une caverne faite de coulure de lave. Bella et Cissa poussèrent les portes qui barraient l'entrée et l'invitèrent dans la demeure de leur Maître. Elles le guidèrent et le firent passer devant des pièces plus lugubres les unes que les autres. Harry avait beau avoir du courage à revendre, l'ambiance de cet endroit était loin de le rassurer.
Il pénétra ensuite dans ce qui ressemblait à un petit salon. Les meubles qui le composaient, étaient de coulures de lave comme l'était la caverne entière. Aux murs étaient accrochés des roches de feux qui irradiaient d'une lumière vacillante.
Harry s'assit sur un fauteuil que les sœurs lui présentèrent. Il était rugueux et inconfortable. Bella et Cissa S'enlacèrent étroitement dans une sorte d'alcôve creusée dans le mur. Harry se retrouva vite gêné de cette promiscuité et détourna le regard.
Quelques instants plus tard, Tom Jedusort pénétra dans la pièce. Il était loin l'Ondin à la beauté ensorceleuse. Il n'avait même plus une queue de sirène, mais plutôt une queue de serpent, longue et sinueuse, qui s'entortillait et roulait comme une sorte de ressort. Il n'avait plus de cheveux. Son visage était anguleux et saillant, et son nez inexistant, tel un serpent. Ses yeux n'étaient que deux fentes incandescentes.
Lorsque Le Mage des Océans le vit, il eut un sourire carnassier. Harry réprima une grimace de dégoût devant ses dents noires et pointues.
« -Bienvenue dans ma demeure, Petit Prince ! Suis-moi, nous avons à parler affaire.
-Comment savez-vous ce qui m'amène ? Demanda Harry. »
Jedusort se mit à ricaner de telle façon qu'Harry en eut des frissons d'horreur. Le Mage s'approcha de lui, et lui saisit le menton d'un doigt osseux, tandis que son interminable queue s'enroulait dangereusement autour de lui, l'empêchant de bouger et l'air d'entrer dans ses poumons.
« -Je suis tout aussi puissant que la Grande Prêtresse des Océans ! Crois-tu que l'on puisse me cacher quoi que ce soit, cher petit poisson ? »
Il plongea son regard de braise dans les yeux émeraude, provoquant des tremblements irrépressibles à leur propriétaire.
Harry fit non de la tête, incapable de prononcer un seul mot.
« -As-tu peur de moi ? »
Harry avala difficilement sa salive.
« -Je n'ai pas toujours été gentil et sincère,
J'ai vraiment mérité le nom de Démon !
Mais, vous verrez qu'aujourd'hui,
Je suis bon avec autrui.
Repentit j'ai voulu faire marche arrière !
Oui ! Oui ! »
Il relâcha Harry et lui fit signe de le suivre dans son laboratoire. Suffocant, il obéit docilement.
« -Il est vrai que je connais bien la magie,
C'est un talent que j'ai toujours possédé.
Qu'aujourd'hui par bonté d'âme,
J'ai mis je le proclame,
Au service de tous les cas désespérés !
Pathétique !
Pauvres âme en Perdition !
En mal de tout !
Cette âme-là rêve d'être un squelette
Et l'autre cherche une amourette
Et moi qu'est-ce que je dis ?
Je dis: oui !
Pauvres âmes en perditions !
En mal d'amour !
Elles débarquent dans mes chaudrons en brayant Jedusort sauve nous !
Et moi j'accepte !
Quelle question !
Il est tout de même arrivé
Que l'une ne puisse pas me payer
Et que j'avoue l'avoir fait frire sans compassion !
C'est vrai que j'ai eu des plaintes !
Mais tout compte fait je suis un Saint !
Pour toutes les âmes en perditions ! »
Ils arrivèrent dans le laboratoire du Mage, situé dans une poche d'air alimentée par magie. Ariel en avait montré une semblable à Harry dans leur sanctuaire de Neptune.
Jedusort rampa jusqu'à un immense chaudron creusé dans la lave. D'un coup de queue, il se tint bien droit devant ce dernier, et attendit qu'Harry le rejoigne.
Le jeune Ondin eut plus de mal à se tenir droit. Il n'avait pas la même morphologie que le Mage et la salle n'était pas aménagée pour les sirènes. De sorte, qu'il dut s'assoir face au Mage, la queue repliée sous lui.
« -Je vais réaliser ton souhait de rejoindre ton Prince. Je vais te préparer une potion qui te rendra humain pendant six mois. Mais ça te coutera très cher.
-Très cher ?
-Premièrement, chaque fois que tu poseras un pied sur le sol, tu sentiras un millier d'aiguille te percer la peau à t'en faire saigner. Ce sera pour te rappeler que tu n'es pas né avec des jambes.
-Très bien.
-Deuxièmement, en six mois tu devras faire en sorte que ton Prince soit tombé amoureux de toi pour ce que tu es et non qui tu es. Il devra prouver son amour pour toi en unissant vos deux vies par le mariage. S'il le fait, tu garderas pour toujours ton apparence humaine et tu pourras lui faire autant de bébé poisson que tu voudras. Mais s'il ne le fait pas, tu redeviendras un ondin, et chaque parcelle de ton être m'appartiendra à jamais… Hésiterais-tu petite friture ?... Qu'est ce qui t'effraie ? M'appartenir si tu échoues ? Ou ne plus jamais revoir cette famille qui t'a rejeté et enlevé tout ce que tu chérissais ?... A part la chance de vivre avec l'amour de ta vie ? Qu'est-ce qui te reste ? »
Harry n'eut pas longtemps à réfléchir.
« -Rien ou presque. »
Oui, presque. Il lui restait ses frères et sa sœur, ainsi que leur grand-père. Mais à présent ce n'était plus suffisant.
Le mage lui sourit, machiavélique.
«-Troisièmement, je vais devoir mettre une goutte de mon sang dans la potion. En échange, je veux que tu me donnes quelque chose d'une valeur équivalente.
-Mais je ne possède rien.
-Oh que si ! Tu as une des plus belles voix de toutes les Mers et je la veux !
-Mais, comment pourrais-je lui dire que c'est…
-… Toi qui l'as sauvé ? Je t'ai dit qu'il devait tomber amoureux de toi, pour ce que tu es et non qui tu es ! Il ne doit pas le savoir ! Du reste, tu pourras toujours lui parler avec tes yeux. Une charmante petite chose comme toi n'a pas besoin de savoir parler pour envouter le cœur d'un homme. Et ne sous-estime surtout pas l'importance du langage du corps !
Ah, je peux dire que les Humains n'aiment pas les pipelettes,
Qu'ils pensent que les bavards sont assommants !
Que lorsqu'un homme sait tenir sa langue,
Il est toujours bien plus charmant,
Et qu'après tout à quoi ça sert d'être savant ? »
Le Mage jetait les ingrédients de sa potion à une vitesse effarante grâce à sa queue si agile qui allait les chercher jusque dans des endroits pour le moins inaccessible pour n'importe qui d'autre. La potion bouillonnait et explosait tour à tour le faisant sursauter. Le mage était exalté.
« -En plus, ils ont une Sainte horreur de la conversation,
Un gentleman fait tout pour l'éviter.
Mais ils seront les rampes-aux-pieds de l'homme réservé.
C'est le Roi du silence qui se fait aimer !
N'aies pas peur !
Pauvres âmes en perdition !
Décide-toi, fais ton choix !
Je suis un homme très occupé,
Et je n'y passerai pas la journée.
Çà ne te coutera ... que ta voix !
Ma pauvre âme en perdition,
En mal d'amour.
Si tu veux vraiment passer le pont,
Faut payer l'addition.
Avale bien, respire à fond,
Signe le contrat et mets ton nom.
Bella, Cissa, je le tiens mes enfants,
Je complète ma collection,
D'une pauvre âme en perdition. »
Jedusort lui tendit une tablette où étaient gravées les clauses du contrat. Harry hésita à peine avant de signer, et se résigna à perdre ce qui lui restait de plus beau.
« -Beluga, sevruga
Soufflez vents de la mer Caspienne
Larynxis, glosytis et corda vocala
Sa voix est à moi. »
L'instant d'après, une boule de lumière sortit de sa gorge et alla directement entre les mains du Mage, qui en échange lui tendit une fiole de cristal contenant le précieux élixir.
« -Tu dois prendre cet élixir au lever du soleil, sinon il n'aura aucun effet. Je dois également te prévenir que la douleur sera intense, mais inévitable. Tâche de ne pas devenir fou, ricana-t-il. Ce serait dommage. »
Et voilà un chapitre de plus !
Pleins de nouveaux éléments, j'espère qu'ils vous ont plut?
Un petit mot pour moi ? Ça fait toujours plaisir^^
A la semaine prochaine !
Angel
