Réponse à GUEST : Je suis désolée si tu ne trouves pas cela assez imaginatif. Mais à ma défense j'aimerais dire deux trois petites choses : d'abord que j'ai écrit cette fiction pour une amie qui est une grande fan de la version disney de la petite sirène et que ça aurait été sacrilège de ne pas les inclure. Ensuite, je trouve que rajouter c'est chanson mettent un peu de légèreté dans une histoire, qui je trouve, en manque. La version d'Andersen est part trop cruel et sadique faut bien l'avouer. Pour ce qui est de mon manque d'imagination, et bien je suis désolée (encore une fois^^), mais c'est ainsi que je vois ce conte. La suite est plus éloignée du conte et du dessin animé, pour beaucoup de points. Alors attendant de voir la fin avant de tomber dans un jugement trop hâtif. Maintenant si tu as des suggestions elles sont bienvenues (même si l'histoire est fini, cela pourra toujours me donner une grille de lecture différente pour mes autres idées. Une bonne lecture à toi de ce chapitre et a bientôt j'espère !^^

Disclaimers: Le conte appartient à Andersen, les personnages à J.K Rollings, certains éléments sortent de Toei animation et d'autre de Disney. Référence quand tu nous tient^^. Les personnages de Killiane, Camille et Raphaëlle, sortent de ma tête merci donc gare !^^

Couples: HPDM entre autre...

Ratings: MA (pour plus tard je prends de l'avance)

Je pense qu'un résumé est inutile.

Bonne lecture!

Le Petit Ondin

Chapitre 4 :

Minerva n'avait pas reconduit Ron et Ginny jusqu'au palais. Elle les avait laissé partir.

« -J'ai fait assez de mal, leur dit-elle. S'il y a une chose que je puisse faire pour réparer ce que j'ai fait, c'est de vous laisser partir. Je ne dirais rien. Jamais. Personne ne me fera plus jamais parler. »

Ron et Ginny partirent rejoindre leur frère à leur caverne aussi discrètement que possible, tandis que Minerva, devenue muette par sa seule volonté, partait dans une autre direction. Elle ne retournerait pas non plus à la cité des sirènes. Elle voulait prendre une retraite dans une des colonies du Nord et c'est ce qu'elle allait faire. Elle voulait expier ses fautes.

Lorsqu'ils arrivèrent à la grotte, elle n'était pas scellée et Harry avait disparu.

Il ne revint que bien plus tard dans la nuit.

« -HARRY ! S'écrièrent-ils en nageant vers lui.

-Où étais-tu ? demanda Ginny. »

Son frère se contenta de lui sourire.

« -Pourquoi tu ne dis rien ? Continua-t-elle.

-Qu'est-ce que tu as fait petit frère ? »

Harry prit une pierre et écrivit sur le sable ce qu'il avait fait.

« -Tu pars, gémit Ginny avant de lui sauter au cou et de le serrer fort contre son cœur.

-Petit frère. Je suis tellement désolé. Si je pouvais changer les choses tout aurait été plus simple, dit Ron en se joignant à sa sœur. »

Le mal était fait depuis longtemps, et rien n'était de leur faute. Tout était un enchevêtrement de malentendu et circonstances fâcheuses, qui s'étaient produit bien avant leur naissance. Ils n'étaient pas les seuls à en faire les frais… Ils étaient juste les derniers en date et l'histoire était loin d'être finit.

Tous trois finirent par relâcher leur étreinte. Harry avait un long chemin à faire et peu de temps.

Ils nagèrent donc tout le reste de la nuit, sans prononcer une parole. Ils arrivèrent près du palais du Prince un peu avant l'aube. Ils étaient épuisés, mais ne voulaient plus se lâcher. En cet instant, on eut pu croire qu'ils étaient revenus dans l'œuf qui les avait vus grandir.

Puis le ciel commença à s'éclaircir, signe que le soleil n'était pas loin.

Harry enlaça ses jumeaux avant de plonger son corps d'ondin, il l'espérait pour la dernière fois, dans l'océan.

Ron et Ginny restèrent blottit l'un contre l'autre sur un récif. De là, ils pouvaient voir leur frère ramper sur le sable et sortir complètement de l'eau, inaccessible à jamais.

Harry porta la fiole à ses lèvres, et but son contenu effroyable d'un trait.

La potion lui brula la langue et la gorge, tel du feu liquide. De son estomac, elle passa directement dans son sang et s'attaqua à ses cellules. Elle entreprit de détruire ses cellules d'ondin, pour mieux les transformer en cellules d'homme. Comme l'avait prédit le Mage, la douleur fut incommensurable et déferla à travers tout son corps, lui ravageant les sens. Il fut pris de tremblements incontrôlables, tandis qu'il s'arcboutait et rejetait violemment la tête en arrière, les traits déformés par la souffrance, la bouche ouverte en un cri désespérément muet.

C'était si intense, si violent qu'il crut mourir sur le coup. Lorsque ce ne fut pas le cas, il en vint à prier Neptune pour qu'elle abrège ses souffrances avant de devenir fou.

Son frère et sa sœur, le voyaient ainsi transfiguré sur la plage sans pouvoir rien y faire. Ils voyaient son corps changer peu à peu. Ses nageoires se rétractèrent. On eut dit que ses écailles étaient en train de fondre comme la cire d'une bougie. Les palmes de ses doigts et ses branchies disparurent soudainement. Sa queue se fendit en deux, comme sectionnée par une épée, pour ensuite devenir deux jambes.

Ainsi disparu l'ondin. Il laissa place à un être humain, ou un naufragé inconscient sur une plage déserte.

Le soleil était entièrement sortit de sa couche à présent, et l'inondait de sa lumière.

Soulagés que ses souffrances aient pris fin, les deux sirènes se permirent de l'observer. En premier lieu ce dard que leur frère avait entre les jambes, et que les hommes appelaient un sexe.

Cela faisait partit des nombreuses choses que les sirènes ne comprenaient pas chez l'homme. Cet appétit charnel qu'ils avaient pratiquement sans cesse. Et qui au fil du temps avait perdu son côté sacré. Faire l'amour, et cela les sirènes le comprenaient c'était comme lorsqu'un couple de sirène du même sexe ou non accouplaient leur magie. Cet acte demandait beaucoup de confiance et d'amour, et même d'abandon total. Ce que l'on ressentait en cet instant était difficilement explicable. Mais on pouvait le comparer à un orgasme.

De ces unions, des enfants naissaient. D'abord porté par la femelle du couple puis rejeté au bout de quelques jours. L'œuf était ensuite surveillé quotidiennement par les parents pendant neuf mois, jusqu'à la naissance de l'ondin ou de la sirène qui s'extirpait seul(e) de l'œuf.

ΩΨΩ

Le soleil se levait sur le royaume. Ses rayons faisaient scintiller les coupoles d'argents du palais royal. Le palais dormait encore… ou presque. Une fenêtre à double battant, couronner par un balcon de pierre de tuffo finement ciselé, et recouvert d'un tapis de glycine, était ouverte. Un vent frais mais doux venu de la mer, portant son goût de sel, jouait avec les rideaux bleus roi. C'était le seul endroit, où dans le château on ne dormait pas. C'était la chambre du prince Draco. Ce Prince de la Terre, dont les nuits étaient hantées, ne trouvait le sommeil que par intermittence, et ce depuis qu'il avait été tiré des eaux, un soir de tempête. Il avait été ramené sur la plage par un jeune homme dont la beauté lui semblait presque immatérielle, irréelle, tant elle était… plus qu'humaine, indescriptible. Qu'il soit endormit ou éveillé, le son de sa voix si douce, ne le quittait jamais. Tant et si bien que parfois, il croyait se trouver au bord de la folie. Avait-il rêvé ? Comme tout le monde se plaisait à le croire ? Ou à lui faire croire ?

Et pourtant, il gardait comme une preuve, un trésor, presque un secret intime : une mèche de cheveux noirs. Il l'avait emprisonnée dans un médaillon d'argent qui avait appartenu à sa mère.

Il avait cherché ce jeune homme, ce sauveur qui l'avait abandonné sur la plage aux bons soins de sa famille.

Il avait tenté de faire dessiner un portrait qui soit aussi fidèle que possible dans le but de le faire distribuer partout. Il avait l'espoir que quelqu'un pourrait le connaître, lui apprendre qui il était, et où il demeurait. Mais en vain. Il avait alors offert une forte récompense à qui lui donnerait le moindre renseignement, même infime. Mais personne n'était venu. Pas même des gens mal intentionnés, car assurément son peuple, ne voulait pas être la cause d'une pénible douleur. Quand bien même il vivait dans ce rêve en pensée, il n'en oubliait pas moins ses responsabilités de futur monarque. Il honorait ses obligations avec zèle. Chacun se montrait content de le voir s'intéresser à autre chose qu'à ses recherches. Ceux qui le connaissaient bien savaient qu'il se tuait au travail pour ne plus penser. Il ne quittait que tard le soir, son bureau ou la bibliothèque. Ce n'était qu'à ce moment-là qu'il s'octroyait de longues promenades sur la plage, ou qu'il restait des heures sur le ponton à regarder la mer. Cette mer qui lui laissant la vie, lui avait pris son cœur, et surtout son âme.

Il avait même créé un caractère autour de cette apparition, cette obsession. Il l'imaginait doux, courageux, aventureux même. Un être qu'il avait envie d'apprendre à connaître, à aimer.

Oui, aimer.

Mais qu'aimait-il après tout ? Un fantasme ? Ou celui qu'il rêvait de découvrir ?

Il ne savait plus.

Lorsqu'il fermait les yeux, il arrivait à dessiner son corps, à sentir de nouveau ses lèvres contre les siennes, et le goût de ses baisers. Sucré, salé.

D'un mouvement d'humeur qui fit sursauter son chien, il rejeta les couvertures qui le recouvraient et sortit si vite de son lit que la tête lui tourna.

Il se retint à sa table de nuit avant de se diriger vers la sonnette. Les domestiques devaient être à l'ouvrage et il était grand temps qu'il se lève s'il ne voulait pas devenir fou pour de bon.

Rapidement, Colin et Denis ses deux valets de chambres apportèrent de l'eau et des serviettes pour sa toilette.

Draco se lava soigneusement tandis que Colin lui sortait un ensemble simple, comme son prince le lui avait demandé et que Denis retournait aux cuisines chercher son petit déjeuné. Une femme de chambre le suivait avec une paire de botte fraîchement cirée et une parure de lit propre.

Draco se vêtit rapidement dans son cabinet de toilette.

Lorsqu'il arriva dans le petit salon attenant, Denis avait dressé la table et préparé la gamelle D'Hedwige.

Draco ne s'assit même pas, se contentant d'attraper une tasse de café noir qu'il but si vite qu'il s'en brûla la langue. Il chipa rapidement un toast et une pomme avant de sortir de ses appartements sous l'œil inquiet de ses employés. Il avait à peine ouvert la bouche si ce n'était pour les saluer ou les remercier de leurs services.

Il semblait loin le temps où il profitait de ses déjeuners pour leur parler et s'enquérir de leur vie et de leur santé.

En traversant le palais, il croisa les autres domestiques qui s'affairaient, tels les abeilles d'une ruche. Il sortit en direction des jardins en passant par le salon de musique puis le salon d'été dont les baies vitrées étaient grandes ouvertes. Entres les bosquets, les jardiniers arrosaient, élaguaient et bichonnaient le moindre brin d'herbes, profitant de la fraîcheur qui ne manquerait pas de s'enfuir très vite, une fois les lueurs de l'aube envolées. Le mois d'Août était loin d'être fini et les températures étaient plus qu'estivales cette année.

Marchant d'un bon pas, la patou sur ses talons, Draco respirait l'air marin à plein poumons. L'Océan était encore empourpré de soleil lorsqu'il posa les pieds sur le sable de la plage privée du château.

Après quelques instants de quiétude, il se rendit compte de la disparition de sa compagne. Inquiet, il la siffla longuement. Obéissante elle revint à fond de train en jappant et en se trémoussant. Elle avait dût trouver quelque chose d'intéressant parce qu'elle se mit à tirer sur sa manche pour qu'elle le suive.

« -Qu'est-ce que tu as trouvé ma belle ? Hein ? »

Attendrit, il la suivit sans se faire prier.

Jusqu'à ce qu'il la voit prêt d'un corps échoué sur la plage.

Sans plus réfléchir, il courut ventre à terre.

« -Par les Dieux ! s'écria-t-il. »

Il s'agenouilla près de ce qu'il prit d'abord pour une jeune femme, trompé par ses longs cheveux d'un noir de nuit. Mais lorsqu'il le saisit pour le retourner et contempler son visage, il découvrit un jeune homme qui ne semblait pas avoir 20 ans, et qui était beau à couper le souffle ! Il lui semblait soudain revoir son sauveur. Et si ?...Son corps glacé et son front brûlant, le firent sortir de sa rêverie. Sa respiration était rauque et saccadée.

« -Est-ce que vous m'entendez ? Je vous en prie, dites-quelque chose. »

Au prix d'un terrible effort, Harry entrouvrit ses beaux yeux d'émeraude, ce qui troubla le prince encore plus.

« -Vous m'avez fait une de ces peurs, soupira-t-il, heureux que le jeune naufragé soit conscient malgré tout. Ne craigniez rien, je vais m'occuper de vous.»

Harry eut pour lui un pauvre sourire. Il espérait que cette vision n'était pas un mirage de son esprit embrumé. Son corps tremblait encore de sa transformation.

Le blond répondit à son sourire et amorça un mouvement pour l'aider à se relever, lorsqu'il se rendit compte de sa nudité. Soudain terriblement gêné, il retira sa chemise pour l'en couvrir.

« -Pouvez-vous marcher ? »

Il le saisit sous les épaules, puis lui soutint les reins.

L'espace d'un instant, alors que le jeune homme peinait à seulement mettre ses bras autour de son cou, il douta du bienfondé de son entreprise. Il semblait sur le point de s'évanouir, et il grimaçait au moindre mouvement, bien qu'aucun son ne sorte de sa bouche.

Ses jambes semblaient démantibulées.

Harry voulut se tenir debout, mais la terrible douleur que lui avait prédite Jedusort déferla comme une lame de fond, dès que sa plante de pied effleura le sable, emportant ses dernières forces. Draco le vit ouvrir la bouche en un cri muet avant de s'effondrer tel un pantin désarticulé entre ses bras. Il eut toutes les peines du monde à ne pas tomber avec lui, tant il fût surpris.

Le jeune homme, pensait-il, devait être blessé. Il devait l'emmener au palais dans les plus brefs délais pour faire quérir son médecin.

Il transporta son précieux fardeau sans faillir. Il se dirigea d'un bon pas jusqu'à la porte de service, en traversant les jardins puis le potager et la ferme. Il trouva une jeune servante blonde qui travaillait aux cuisines et qui revenait avec un pot de crème et un panier d'œuf. Sans attendre la moindre explication, elle laissa œufs et crème sur un muret avant de courir vers l'office. Elle en fracassa presque la porte qui émit un bruit terrible. L'Intendante, Pompom, la rabroua :

« -Mais enfin Luna ! Que signifie ! Où vous croyez vous donc jeune fille !?

-Madame je…, tentai de s'expliquer Luna.

-Quand on se fait disputer ! On se tait !

-Pompom je vous en prie. Ne la blâmez pas, l'interrompit Draco en pénétrant l'office. Elle a voulu m'aider. »

Les serviteurs se tournèrent vers lui comme un seul homme. Des murmures angoissés traversèrent la salle, lorsqu'ils prirent conscience de ce que leur prince transportait.

Pompom fut la première à réagir, comme on aurait pût s'y attendre.

« -Luna, dites au Dr Slugorn de nous rejoindre dans la chambre de notre défunte Reine ! Padma, Parvati, du linge, des sels et de l'eau ! Et suivez nous ! Dobby, très cher, je vous laisse vous occupez de mes filles lorsqu'elles reviendront de leurs tâches. »

Dobby, le majordome du palais ne pût qu'approuver et laisser sa femme prendre les choses en main. Il s'occuperait du service des femmes de chambres à sa place.

Draco suivit donc Pompom, Padma et Parvati jusque dans la chambre indiquée. C'était la chambre la plus prêt de la sienne. Il trouva que c'était une bonne idée. C'était une chambre douce et immaculée qui ressemblait à un cocon. Une personne en convalescence ne pouvait que s'y sentir à l'aise. Et puis, il été plus que temps que cette pièce cesse d'être un mausolée.

Les jeunes filles ouvrirent les rideaux, tirèrent les draps du lit où Draco déposa le jeune ondin. Pompom fit couler un bain. Puis, elle fit respirer des sels au jeune homme, sans qu'il esquisse un seul mouvement.

« -Pauvre enfant ! Se lamenta-t-elle. Dans quel état le voilà ! Où l'avez-vous trouvé mon Prince ?

-Sur la plage.»

Sa réponse ne fût qu'un murmure, un murmure qui en disait long. Pompom aurait pu le jurer. Elle avait participé à l'éducation de son Prince. Elle l'avait vu grandir. Elle le connaissait par cœur. On aurait dit qu'il venait d'être frappé par la foudre. Comme si le jour de son sauvetage venait de se rejouer. Ce pourrait-il que cet enfant, ce ci jeune homme soit celui qui avait sauvé leur Prince ?

Elle avait tant voulu croire à cette histoire. Elle la trouvait merveilleusement belle et elle rêvait de pouvoir lui donner une fin digne d'elle. D'eux.

Trouvant trop cruel de lui demander de sortir lorsque le Dr Slugorn pénétra la pièce, elle le laissa tranquille. Elle aurait surement besoin d'aide une fois que le vieux médecin aurait donné son diagnostic.

Le Dr Slugorn décréta quand premier lieu, il fallait laver le garçon, et le débarrasser de cette mauvaise fièvre qui lui enserrait le crâne et glaçait son corps. Il mit un mélange de sa composition dans le bain préparé par Pompom. L'intendante et le Prince héritier le baignèrent, le séchèrent, l'habillèrent et le recouchèrent aussitôt.

On lui fit prendre, avec beaucoup de difficulté, plusieurs potions. Le médecin ne remarqua aucune lésion apparente et supposa avec raison qu'il était épuisé et qu'il fallait le laisser se reposer.

Draco voulut rester à son chevet et personne ne pût l'en dissuader. Il se sentait responsable de ce jeune inconnu. Il se sentait étrangement lié à lui et ne voulait pas le quitter. Il s'assit dans le rocking-chair damassé de sa mère et le veilla, Hedwige à ses pieds.

Fidèle et intelligente, elle avait gardé dans sa gueule pendant tout ce temps, la fleur perlé que l'Ondin avait perdu en s'effondrant dans les bras de son maître. Elle la déposa à ses pieds.

Intrigué, Draco s'en saisit et l'examina attentivement. La perle au centre de la fleur était d'une couleur qu'il n'avait encore jamais vu, pas même dans la collection personnelle de sa mère ou dans celle de Lady Zabini.

Il y avait bien des perles d'un noir étrange qui tiraient sur un vert métallique, mais jamais d'une teinte de pierre. La perle avait la même couleur que les yeux du jeune inconnu. Il fut encore plus curieux et souhaita le voir les ouvrir au plus vite pour en avoir le cœur net.

Mais pour l'instant, il devait trouver de quoi s'occuper.

Ses ministres attendaient qu'il étudie plusieurs lois et autres accords commerciaux de première importance. Il demanda à son secrétaire particulier de les lui apporter. Il passa donc une bonne partie de la matinée sur un bureau à décacheter, lire, signer ou non, et recacheter les édits.

On lui servit une légère collation, puis en début d'après-midi, son parrain vint le trouver.

« -Mon Prince, déclara-t-il dans une profonde révérence. »

Draco leva la tête de sur le bureau, salua son parrain et lui fit signe de se redresser.

« -Alors, voici l'enfant que vous avez trouvé ce matin ? »

Il s'approcha du lit où Harry dormait profondément enroulé dans ses couvertures. Il ne voyait que le bord de sa tête dépasser.

« -Il n'a plus de fièvre pour l'instant, indiqua Draco. Il dort si profondément et si silencieusement que j'ai presque eut peur qu'il ne se soit arrêté de respirer il y a quelques heures.

-Je suis allé chercher moi-même les potions contre la fièvre chez Killiane à la demande du Dr Slugorn. Lui-même devait se rendre à l'orphelinat avec Lady Astoria et Lady Zabini ce matin.

-Merci.

-Mais je ne viens pas uniquement pour cela. Le premier ministre est là, il vous attend dans le bureau d'audience. Ne vous inquiétez pas pour ce jeune homme, je le surveillerais pour vous, lui dit-il anticipant sa demande. »

Pompom lui avait appris le soudain attachement de leur Prince pour ce jeune inconnu, ce qui le ravissait secrètement. Enfin, Draco s'intéressait à autre chose qu'à son sauveur. Lui-même avait bien une idée sur l'identité de cet être, mais il avait prêté serment il y avait 17 ans maintenant, et il ne pouvait s'en ouvrir devant quiconque. Même si ce n'était pas l'envie qui l'en manquait…

« -Très bien, j'y vais de ce pas. »

Draco rangea méthodiquement ses documents dans les coffrets et autres chemises de cuir martelé. Il appela son secrétaire qui l'aida à transporter tous ses effets jusqu'au bureau d'audience.

Avant de franchir le seuil de la chambre, il se tourna vers son parrain et lui tendit la fleur perlé.

« -Il avait cela sur lui lorsque je l'ai trouvé. Pourriez-vous savoir d'où cela provient que nous puissions prévenir ses proches, s'il en a ? »

Sans attendre de réponse, il sortit prestement.

Peut-être était-ce mieux ainsi, car il ne pût voir le visage de son parrain blanchir. On aurait dit qu'il venait de voir un fantôme. Il eut juste le temps de s'effondrer dans un fauteuil, ses jambes ne le soutenant plus. Ses mains se mirent à trembler à un tel point, qu'il faillit lâcher la fleur. Sans qu'il s'en aperçut vraiment, il se mit à sangloter comme un enfant sur le plus lourd et le plus douloureux de ses secrets.

« -Sirius, mon amour ! Me pardonneras-tu jamais ? »

ΩΨΩ

La Reine défunte avait voulu cette chambre comme un havre de paix et de douceur, qui serait un hymne aux passions qui magnifiaient sa vie. A commencer par son époux, et son fils. Les portraits de famille ornaient donc les murs et la coiffeuse. Venait ensuite, sa passion dévorante pour l'Océan et les montagnes enneigées des terres de son enfance. L'ensemble de la pièce était donc composé de blanc, d'argent, de bois de rose et de marbre blanc.

Le plafond peint représentait des montagnes aux pics de neige, et aux vallées verdoyantes qui surplombaient l'immense Océan.

Sur la plage, entre les rochers, des sirènes et des ondins batifolaient dans les flots au rythme de la musique de leurs harpes et de leurs cors, tandis que des elfes, et des nymphes tourbillonnaient dans les plaines aux côtés de cerfs, et de lapins.

Au loin, on pouvait distinguer les échos d'une tempête lointaine, montrant ainsi que la nature était aussi magnifique qu'imprévisible, impétueuse et indomptable.

Le tout semblait si vivant qu'on eut dit que les personnages allaient sortir du plafond, et vous inviter à les rejoindre dans leur délicieuse sarabande.

Coincées aux quatre coins de la pièce, des statues de déesses et de nymphes sur des socles faits de coquillage et de nacre. Près des fenêtres aux fins rideaux de soies sauvages, des mobiles tintinnabulants, faits de girandoles de diverses pierres semis précieuses et de cristaux, réfléchissaient la lumières et recouvraient les murs de halos multicolores.

Le lit était d'argent et taillé en forme de coque de bateau. Il était surmonté d'un ciel de lit de soie blanche givrée d'argent et d'une tête de lit en nacre à la forme d'une coquille saint jacques.

Harry se réveilla dans cet écrin duveteux et se sentit presque comme chez lui.

Surtout, lorsque son regard se focalisa sur les peintures du plafond. Il n'y avait pas ce genre de chose dans son monde. Les ondins et les sirènes savaient sculpter et graver, mais rien de ce genre-là.

Il fut si fasciné qu'il ne remarqua pas la présence de Severus avant que ce dernier n'ouvre la bouche :

« -Il avait le même regard, murmura-t-il. C'est fou ce que vous lui ressemblez. »

Harry sursauta violemment.

Par reflexe, il voulut demander à qui il avait l'honneur, mais bien sûr aucun son ne sortit de sa bouche.

Juste un souffle.

« -Vous n'avez pas à avoir peur de moi. Je ne vous ferais aucun mal. »

L'homme en noir se dirigea vers lui en levant les mains en signe d'apaisement.

« -Je m'appelle Severus, je suis le parrain et le conseiller privé de sa majesté, Le Prince Draco. Et vous ? Qui êtes-vous ? »

Harry montra sa gorge et secoua la tête.

« -Vous êtes muet, s'étonna le conseiller. Alors ce n'est pas vous qui avez sauvé Draco… »

Il se laissa choir dans son fauteuil, soudain terriblement las.

Il voulait tellement voir son filleul heureux, lui qu'il avait élevé comme son fils après la tragique disparition de ses parents.

Lui avait perdu ses chances d'être heureux en amour. Cela faisait tous justes dix-sept ans. Il n'y avait plus d'espoir pour lui. Mais il savait au fond de son cœur que ce n'était pas la même chose pour son Prince.

En regardant cet homme affligé, Harry vit un allié, un ami précieux. Dans le fond de ses prunelles, il voyait une ancienne souffrance qui le poursuivait sans cesse. Il avait vu la même lueur dans les yeux de son oncle, dans ceux de Draco sur ce ponton et dans les siens.

Il fit alors de grands gestes et se désigna furieusement du doigt en articulant un « c'est moi », qu'il voulut compréhensible.

D'abord intrigué, la lumière se fit dans l'esprit du potionniste, qui se redressa d'un bond.

« -Comment c'est vous ?! Mais votre voix !? Comment cela ce peut-il ?... Je dois le dire à Draco tout de suite ! Il sera tellement heureux ! »

Ne se sentant plus de joie, il courut à la porte.

Prit de panique à la mise en garde de Jedusort, Harry se jeta au bas de son lit. Il se rattrapa tant bien que mal à la table de chevet.

Il grimaça de douleur lorsque ses pieds touchèrent le sol.

Ses jambes, aussi faibles que celles d'un jeune animal, ne le conduisirent pas bien loin et il serait tombé à terre si Severus n'avait été là pour le soutenir.

Il s'agrippa à lui avec l'énergie du désespoir. Ses lèvres bougeaient à une vitesse folle, sans que Severus ne puisse rien y comprendre. A part peut-être que le jeune homme ne voulait pas qu'il aille voir Draco.

« -Je ne comprends pas. N'êtes-vous pas venu pour lui ? »

La réponse fut oui.

« -Comment peut-il vous reconnaître s'il ne sait pas qui vous êtes ? »

Le jeune ondin baissa honteusement la tête.

Dans la bouche de quelqu'un d'autre cela sonnait encore plus ridicule. Mais cela faisait partit du pacte qu'il avait conclu. C'était sa croix. En plus de la souffrance qu'il ressentait en marchant pour avoir abandonné son monde et sa famille. Quand bien même son oncle l'avait trahit le premier, les autres ni étaient pour rien.

Il se sentit terriblement seul tout à coup et se laissa tomber sur le sol.

Sans qu'il en ait conscience, sa nouvelle condition d'être humain fit son apparition : il pleura.

Touché par sa fragilité, sa solitude, son innocence et plus paradoxalement sa force, le potionniste s'agenouilla et prit le jeune ondin dans ses bras.

« -Tout ira bien vous verrez, lui chuchota-t-il. Je vais faire ce que je peux pour vous aider. Bien que je ne comprenne pas tout, je vous promets que je ne dirais rien à Draco, si c'est là votre souhait. »

Harry tourna son visage baigné de larmes vers l'homme en noir et lui sourit.

ΩΨΩ

Ainsi, Il devint l'enfant trouvé, le jeune muet, l'innocent venu de la Mer qui semblait ignorer tout de la vie. Ce qui était presque vrai, puisqu'il découvrait celle de la terre.

Ce qui ne l'empêcha pas de charmer quiconque l'entendait jouer de la harpe. Ses mélodies faisaient échos aux bruits de l'Océan.

C'est d'ailleurs ainsi que Draco le surnomma : Océan.

Ce dernier devint son plus fervent admirateur, son attachement et son affection pour lui allait grandissant. Il en venait presque à oublier totalement son sauveur. Sauf lorsqu'il se retrouvait seul. Ce qu'il faisait de moins en moins souvent.

Jours après jours, chacun pouvait voir le revirement dans l'humeur du Prince. Il retrouvait le sourire, et la joie de vivre, parlait de projet, de chasses et de bals. Personne n'ignorait pourquoi et bientôt on loua dans tout le pays, le jeune inconnu pour ce petit miracle. Nul doute que cet être était un envoyé des Dieux.

Le Dr Slugorn avait proposé divers exercices pour muscler ses jambes et lui permettre une meilleure coordination.

Après plusieurs examens, il avait constaté l'extrême faiblesse de ses jambes, et ne parvenait pas à en comprendre la raison.

Chacun des éminents pensionnaires du palais aida de son mieux en se relayant. Ils étaient bien loin d'imaginer la terrible douleur que tous ses exercices suscitaient.

Il s'épuisait rapidement, mais ne se défit pas de son courage, ni de sa ténacité.

Marcher dans son nouveau monde était aussi vitale que nager dans l'ancien.

Après plusieurs semaines, il pût se déplacer sur de plus longues distances. Aidé d'une canne ou de quelqu'un, il pouvait marcher plus loin. Draco se fit un plaisir d'être son chevalier servant et l'emmena visiter les jardins, les potagers royaux, et les écuries.

L'environnement de la terre était si vaste et si riche qu'Harry en avait presque le tournis. Chaque aube lui apportait de nouvelles connaissances, de nouvelles couleurs, saveurs et odeurs. Lorsque le soir venait, il était si épuisé, qu'il s'endormait comme une masse.

Sous l'Océan, il n'y avait pas tant de choses, de monde. Il était bien plus vaste que la terre bien sûr, mais les cités étaient peu nombreuses et il y avait des desserts de vie bien plus grands que ceux qu'on pouvait trouver à la surface.

Lorsqu'il parvint à se déplacer seul et sur de plus longues distances, il alla sur la plage. Là, il y retrouva son frère et sa sœur. Ils n'étaient pas retournés à la cité. Ils avaient décidé de rester aux côtés de leur petit frère jusqu'à la fin des six mois. Parce qu'Harry aurait surement besoin d'eux et surtout parce que la vie était trop triste sans lui.

Ils avaient trouvés une petite grotte sous-marine et y vivaient retirés.

Harry était heureux de les avoir près de lui, et également de savoir que les jumeaux, seuls au courant de leur retraire, venaient les voir régulièrement pour leur donner des nouvelles de la cité.

Severus lui apprit à lire et à écrire. Le jeune homme devait pouvoir se faire comprendre. Cela se fit sans mal tant, il se montrait attentif et curieux. Bientôt, il put retranscrire son prénom, ce qui n'empêcha pas certain d'utiliser son surnom très régulièrement.

Vint ensuite le problème des vêtements. On avait préparé pour lui plusieurs tenues qui avaient appartenues à Sir Blaise et au Prince, mais tous étaient bien trop grands pour lui.

Lady Zabini et Lady Astoria, firent venir au Palais, leur couturier et cordonnier préférés.

Harry ne comprenait pas pourquoi il devait sans cesse cacher son corps, n'y voyant rien de honteux.

Severus lui expliqua le caractère intime de son nouveau corps et il tenta de faire son possible pour répondre aux exigences élémentaires de ces Dames.

Toutefois, il eut quelques objections.

Premièrement, les chaussures. Le faite qu'elles lui faisaient vivre un enfer lorsqu'il en portait n'y était pas étranger. Et il n'était pas prêt de changer d'avis… quoi qu'on en dise.

Deuxièmement, la nourriture. Il ne supportait pas la vue du poisson et des fruits de Mers. La viande blanche ou rouge n'avait pas plus de succès. Le Dr Slugorn s'en arrachait les cheveux !

Il devait manger plus de protéines s'il ne voulait pas tomber malade et garder les pauvres muscles de ses jambes.

Tous avaient tenté mille parades, sans résultat.

Severus argumenta en lui disant que les besoins de son corps étaient différents et qu'il était primordial qu'il mange correctement. Sinon, son corps finirait par le trahir.

Il comprenait pour le poisson, mais les œufs et le lait qu'il acceptait d'avaler n'allaient pas lui suffire longtemps.

On décida de l'emmené voir Killiane, elle saurait quoi faire.

C'était d'ailleurs le bon moment, car le Royaume se préparait à fêter les rites de Mabon.

Draco devait se rendre chez la Prêtresse, avec Lady Astoria et sa future belle-fille. Il emmena Harry avec lui sous l'impulsion de son parrain et du médecin.

Les deux grandes Dames de la cours avaient en charges les grands évènements se déroulants au Palais, et dans les villes où séjournaient la famille Royale et La famille des Prêtres.

Elle avait été la Dame d'honneur et de compagnie de la défunte souveraine, avant sa disparition. Elle l'avait fidèlement secondé dans les préparatifs, des rites, bals, garden-parties, fêtes, chasses, ventes de charité et autres. Elle n'avait jamais cessé de s'en occuper et il en serait ainsi jusqu'à ce qu'un nouveau Roi consort s'asseye aux côté de leur futur Roi, et qu'elle le seconde à son tour. Plus tard, cette tâche devait revenir à sa belle-fille, c'est pourquoi elle l'a suivait comme son ombre.

Ils se rendirent chez Killiane en calèche. Il faisait encore beau et chaud pour la saison, il fallait en profiter le temps que cela durerait.

Les jours commençaient à raccourcir. L'automne serait bientôt là et étendrait sa longue chevelure rousse sur le monde.

Ce serait le temps de la chasse, des pommes et des marrons grillés.

Après Mabon, ils leur faudraient rejoindre le Palais d'Hiver, vaste terrain boisé, regorgeant de bêtes qui n'attendaient plus que les battues.

Leur viande nourrirait bon nombres des gens du peuple encore cette année.

C'est là que le Prince devait faire ses tournées d'inspections dans les fermes, les moulins, et autres domaines agricoles responsables des greniers et de l'approvisionnement durant l'hiver. Ainsi que les casernes, les hospices, et les orphelinats.

Pour aller chez Killiane, il fallait traverser la ville et se diriger vers les falaises.

Bien que par-là, le terrain soit rocailleux et escarpé, les pierres étaient tendres. C'est à cet endroit que l'on trouvait les carrières de tuffeau, ainsi que les champignonnières et les caves à vin.

Les domaines viticoles se trouvaient un peu plus haut sur les flancs des collines.

Les habitations de cette région étaient troglodytes.

ΩΨΩ

Les quartiers de la Grande Prêtresse étaient aussi beaux que l'on pouvait s'y attendre. Creusés près d'une source, les prêtres et les prêtresses qui s'y étaient succédés, avaient rendu l'endroit féérique.

Une terre noire et fertile bordait le domaine et alimentait quantité d'herbes, de légumes, et de fleurs qui s'accrochaient aux façades et les paraient de milles couleurs. Tranchant avec le blanc de la pierre et les volets bleus lavande.

Les écuries n'étaient pas grandes, mais on y trouvait de fort belles créatures, fruits d'un élevage de haute et de noble lignée. Ainsi que des ânes, des mulets, et quelques bêtes de sommes pour les voyages et la nourriture.

Il y avait même une bergerie, et une chèvrerie.

Le domaine était immense et pouvait s'autogérer ou presque sans aide extérieur.

La magie des Dieux courait dans les veines de Killiane et elle savait s'en servir à leur image.

Si bien que l'été durait toujours plus longtemps dans cette partie du pays.

Il disparaitrait après l'équinoxe d'automne.

La famille des grands prêtres partirait ensuite au cœur du pays, abandonnant les terres agricoles de la côté pour la Lande, les montagnes enneigées et les forêts, non loin du Palais d'hiver de la famille royale.

Ils pénétrèrent dans l'enceinte sans cérémonie et traversèrent le jardin potager.

Sortant de la chèvrerie et portant un chevreau dans ses bras, une jeune fille aux cheveux blonds aux milles reflets dorés et aux boucles épaisses.

Elle avait de grands yeux d'un vert d'absinthe qui vous transperçaient, une bouche ourlée et moqueuse, et un nez mutin légèrement en trompette.

Son visage reflétait la santé. On la devinait espiègle et douce.

Harry la trouva d'emblée très sympathique.

Elle les salua sans retenue, un large sourire aux lèvres.

« -Bonjour à tous ! Je suis contente de vous voir !

-Bonjour Raphaëlle ! »

Puis son regard se posa sur le jeune ondin.

« -Bienvenue à toi petit frère. »

Harry se contenta d'un faible sourire.

Lorsqu'elle s'était approchée, il avait senti un grand pouvoir émaner de sa personne. Il avait, comme elle, l'impression d'avoir trouvé une sœur longtemps disparue.

Bien qu'honorant des Dieux aux noms et aux affinités très différentes, il lui semblait que leur magie était étrangement similaire, comme venant de la même source.

Etait-ce seulement possible pour des mondes si éloignés l'un de l'autre ?

Peut-être aurait-il bientôt la réponse.

« -Où sont Camille et Killiane ? Demanda Draco, une fois la surprise passée devant l'accueil réservé à Harry.

-Camille est dans la roseraie, il prépare les sols et les plants pour l'hiver, ensuite se sera le tour du Jardin. Quant à Killiane, elle fait des confitures. »

Elle les conduisit aux cuisines, son fardeau bêlant, toujours dans ses bras.

« -Qu'a-t-il donc, ce pauvre petit ? Demanda Lady Zabini en le désignant.

-Ce petit bout à des carences. Il ne boit pas suffisamment du lait de sa mère à cause de son frère jumeau. Il devient de plus en plus maigre et il n'ose pas se défendre contre ce petit tyran. Alors je lui donne des biberons pour qu'il retrouve assez de force pour se faire respecter. »

Elle avait dit cela avec une mine boudeuse si adorable que chacun rit de bon cœur.

Avant d'entrer dans la maison, Harry s'était imaginé un intérieur comme celui qu'il avait vu chez Jedusort, quoique blanc. Il fut agréablement surpris.

Les murs étaient faits de pierres, certes, ainsi que les sols du rez-de-chaussée. Mais les plafonds étaient charpentés et habillés de plantes et de fleurs séchées. On se serait cru dans une immense prairie.

Il y avait des gravures, des peintures, des gemmes et des tentures multicolores.

Dans certains pans, on découvrait des hôtels, avec des bougies, des statuettes, des coquillages, des plumes, des végétaux, des cristaux, et bien d'autres choses encore.

Le mobilier était en bois d'osier ou de jonc tressé. Le tout était agrémenté de poufs et autres coussins qui avaient l'air délicieusement moelleux.

Il vit une cheminée aux courbes élégantes, recouvertes d'un millier de coquillage. A côté, un prunier japonais étalait son feuillage et une myriade de petites fleurs pourpres.

Il y avait plusieurs malles et paniers ouverts sur du linge de maison en lin, des vêtements, des aliments comme des noix, des baies, et des noisettes. Des coffres, avec des pots d'onguents, des écheveaux de laines, de lin, de coton et des cocons de soie.

Tout prêt, une quenouille et un métier à tisser.

« -Désolé pour le désordre. Mais vous savez ce que s'est, les préparatifs de départ sont longs. »

Oui, ils savaient !

Le même joyeux désordre régnait au Palais d'Eté.

Ils passèrent le long d'un couloir et descendirent les escaliers qui menaient aux cuisines.

A peine y posèrent-ils un pied, que des effluves odorantes pleines d'épices et de saveurs sucrées leur montèrent au nez.

Les cuisines n'étaient qu'une immense salle au plafond vouté.

Une cheminée, si grande qu'on aurait pût y mettre une forêt entière, se trouvait à l'extrémité. Au milieu, une table de chêne massif était couverte de plats et de denrées diverses et variées.

Les navires marchands du Royaume parcouraient le monde et le pays, déjà riche pas ses nombreuses ressources naturelles, l'était encore plus.

Le commerce avait embellit le quotidien de chacun.

Sur les murs et dans les vaisseliers, de la porcelaine fine et des dizaines de plats en cuivre aux formes hétéroclites.

Sur le piano à charbon, de grandes marmites que surveillaient une jeune femme à l'ample chevelure noire et aux yeux d'un bleu aussi profond que l'océan.

Sous son tablier blanc, on distinguait une rondeur.

Elle était enceinte depuis six mois.

Avec une cuillère en bois d'olivier, elle n'avait de cesse de remuer les fruits pour qu'ils n'attachent pas.

Un peu plus loin, une femme de l'âge de Severus préparait des bocaux de fruits confits. Un homme du même âge, probablement son mari, s'occupait du four et en sortait des petits pains à la croûte délicieusement dorée, qu'il mettait dans un panier entre deux torchons.

Pendant, qu'à côté, un petit garçon faisait tourner les broches et avait le rouge aux joues.

Un homme à la peau doré et aux longues étoles de soies noires piquées de plumes et de perles, salait des quartiers de viande.

« -Tout le monde ! Venez voir qui est là ! S'écria Raphaëlle. »

«Tout le monde », arrêta ce qu'il était en train de faire et saluèrent leurs visiteurs.

La femme enceinte se trouva être la Grande Prêtresse, la sœur de Raphaëlle, Killiane.

L'homme à la peau dorée, son mari, Mani. Un chaman venu de l'autre côté de la mer et qui n'était jamais repartit.

Le couple sénior, Nymphadora, et Remus, et leur fils, Théodore. Leur fille ainée, Eglantine, s'occupait de vider et nettoyer les armoires à l'étage.

Le regard de Killiane transperça Harry de part en part.

Mais il ne détourna pas le sien pour autant.

Il la laissa scruter son esprit.

Un silence de plomb s'abattit soudain sur l'assemblée.

Puis, un immense sourire, doux et chaleureux, éclaira le visage de la future maman.

Elle le prit dans ses bras et l'enserra fort contre son cœur.

« -Tu as été très courageux, petit frère des mers, lui murmura-t-elle. Bienvenue ! Gloire à toi ! »

ΩΨΩ

Harry avait l'impression d'être de retour chez lui. Quand bien même tout semblait différent au premier abord.

Il n'était pas retourné au Palais. Killiane le voulait avec eux jusqu'à l'équinoxe. Il ne lui vint même pas à l'idée de montrer un quelconque mécontentement, tant cela lui semblait naturel.

Draco, resta pantois devant cette soudaine exigence de la Prêtresse.

Comme entre deux eaux.

Il voulait Harry auprès de lui, mais il avait des devoirs envers Killiane.

Il avait finis par capituler après une courte discussion avec Mani. Ce dernier savait être convaincant et sur quel bouton appuyer.

Il lui avait dit que chez eux, Harry serait dans son élément. Egalement qu'une petite séparation ne serait qu'une promesse de belles retrouvailles. Il ne tenait qu'à lui de les organiser, s'il parvenait à mettre ses désirs et ses idées au clair…

Harry ne sut jamais ce que c'était dit les deux hommes. Mais son prince avait une drôle d'expression qu'il ne pouvait, ou ne voulait déchiffrer de peur de basculer dans un espoir fatal.

La fête aurait lieu dans quelques jours et le déménagement aussi.

La maison était une vraie ruche.

Harry assista à tous les préparatifs et nourrit intensément son esprit.

Il en vint à considérer Killiane comme une deuxième maman, tant elle avait d'amour et de douceur pour lui. Elle lui enseigna sa religion et lui montra habilement les connectiques qui existaient avec ses propres croyances.

Neptune devenait une des multiples formes que prenait la Déesse. Ainsi, il comprit que tout était lié. Toutes les vies, et les énergies.

Les sirènes et les hommes, comme tous les êtres vivants, animaux, végétaux, ou minéraux.

Tout avait une raison d'exister. C'est pourquoi, il était important de respecter toute vie, et d'honorer celles qui mouraient pour permettre à d'autres de vivre. Laissant ainsi le cycle de la vie se poursuivre.

Les ondins vivaient en autarcie.

Pour la plupart, les hommes étaient mauvais ou le devenaient.

A cause d'une poignée d'entre eux, qui avaient rejetés les croyances païennes, et qui agissaient de manière cruelle et inconsidérée, les sirènes s'étaient réfugiées au cœur de l'Océan.

Elles avaient perdu leur connexion universelle.

Harry retrouva cette dernière. Il prit contact avec la Terre, et le Ciel. Il développa son esprit et sa magie.

La Mer n'était pas la seule existence valable aux yeux des Déités puisque tout était lié !

Alors, il honora la nourriture dont son corps d'homme avait besoin.

Et nous voilà arrivé à la fin.

La révélation sur le passé de Sirius vous à plus?

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé dans les coms ça me fait toujours plaisir

Au week end prochain

Angel