Bonjour à tous !
Merci Pour vos coms et vos mises en favoris et followers !^^
Aujourd'hui la suite des évènements et un Draco qui va bien se faire secouer entre autre !
Pas mal d'action dans ce chapitre j'attends avec impatience vos réactions !
Disclaimers: Le conte appartient à Andersen, les personnages à J.K Rollings, certains éléments sortent de Toei animation et d'autre de Disney. Référence quand tu nous tient^^. Les personnages de Killiane, Camille, Eglantine et Raphaëlle, sortent de ma tête !^^
Couples: HPDM entre autre...
Ratings: M (pour plus tard je prends de l'avance)
Je pense qu'un résumé est inutile.
Bonne lecture!
Le Petit Ondin
Chapitre 6:
Severus vit Draco sortir du palais comme s'il avait le diable aux trousses.
Il soupira de dépit et d'exaspération.
Cette fois, s'en était trop !
Ce petit merdeux allait devoir être remit en place ! Et tout de suite !
Il faisait froid dehors, mais il n'en avait cure. Il était si déterminé et en colère, qu'il ne sentait même pas la morsure du froid.
Il retrouva son filleul à la lisière de la forêt en train de frapper l'écorce d'un arbre avec ses poings.
« -DRACO ! Ça suffit ! Il faut que je te parle !
-Pas maintenant !
-Si ! Maintenant !
-Severus, écoutes, je…
-NON ! C'est toi qui vas m'écouter ! Et laisse cet arbre ! Il ne t'a rien fait ! Viens t'assoir.
-Mais je…
-Assis, j'ai dit !... Bien. Je suppose que tu l'as encore abandonné en te confondant en excuse ?
-Parrain, je…
-SILENCE ! Vas-tu me laisser en placer une !? Tu n'es pas encore assez vieux pour éviter une correction ! Alors TAIS-TOI !
-…
-Tu es lâche Draco ! La première fois, passe encore, mais ce soir ! Il n'y a que toi pour être aveugle à ce point ! Harry est ce qui pouvait t'arriver de mieux et tous en conviennent ! Il est tout ce dont tu as besoin ! Et tu es tout ce dont, lui, a besoin ! Ça fait trois mois que tu te morfonds ! Que tu cours après un rêve ! Mais tu veux que je te dise, Les rêves ne sont que cela : des rêves ! La réalité est autrement plus belle, pour le peu qu'on ne gâche pas tout ! Si tu veux vraiment remercier ton sauveur, rends lui service, utilise la vie qu'il t'a conservé en choisissant d'être avec une personne qui t'aime ! Et que tu aimes par-dessus le marché ! Avoue-le une bonne fois pour toute !... Ne fais pas comme moi Draco… Ne passa pas ta vie à regretter ton véritable amour.
-Papa…
-Allez ! Va le rejoindre tout de suite avant de prendre mon pied au cul ! OUST ! Et au petit trot je te pris ! »
ΩΨΩ
Son cœur le faisait tellement souffrir qu'il crut mourir. Mais ce n'était rien comparé au cri d'agonie de son âme et de sa magie.
Aucun bruit ne sortait de sa bouche pourtant grande ouverte.
Les larmes n'en finissaient plus d'inonder son visage.
S'il s'était regardé dans un miroir, il ne se serait pas reconnu, tant la douleur déformait ses traits.
En cet instant, il aurait voulu que tout s'arrête, tant sa perte était déchirante. Il n'était pas sûr de pouvoir y survivre.
Certain disait, qu'être capable de vouloir le bonheur de l'être aimé, même si cela signifie être loin de nous, était une des plus belles preuves d'amour
Présentement, il pensait que c'était la plus grande épreuve que l'on puisse s'infliger par amour, et il ne sentait pas l'abnégation nécessaire pour ce faire. Pas maintenant
Pas lorsque le bonheur de Draco signifiait être avec celui qu'il était autrefois…
Ce secret le tuait !
Si seulement il pouvait le lui révéler. Tout serait tellement plus simple. Mais où serait la preuve de son amour ? S'il l'aimait pour une image ?
Il avait pourtant touché son but du bout des doigts !
En colère, il se saisit du premier objet à sa portée et le lança à travers la pièce. Le vase alla se fracasser contre le mur.
Le voir ainsi, en morceau, était une image réaliste de son cœur.
Il trouva le spectacle pathétique.
C'est le moment que choisit Draco, pour ouvrir la porte à la volée.
Alerté par le bruit, il s'était précipité dans la chambre, soudain prit d'une terrible angoisse.
En découvrant son Océan, anéantit, pitoyable et si touchant dans sa détresse, il voulut dire quelque chose. N'importe quoi !
Mais rien ne vint. Aucun mot.
Le désespoir lui conférait une sorte d'aura, qui faisait vibrer toutes les fibres de son corps.
Comme une sorte d'appel auquel il se devait de répondre.
Il lui semblait que sinon, la mort viendrait, parce qu'elle serait infiniment plus douce. Et « ça », il ne pouvait l'accepter. Ni maintenant, ni jamais.
Pas lui, pas Son Harry.
Oui, son.
Severus avait raison. Il avait été lâche et aveugle.
Il avait le résultat devant les yeux et rien ne pouvait le révolter d'avantage.
Harry ne méritait pas cela.
Il méritait quelqu'un de mieux. Un homme capable de l'aimer.
Il était tant qu'il admette qu'il était cet homme.
Il l'avait juste oublié.
Harry était resté au sol. Il se contentait de le regarder.
Comme s'il voyait à travers lui.
Il se pensait au bord de la folie et la présence du blond ne pouvait qu'être dût à son imagination.
A quoi d'autre, puisqu'il l'avait rejeté. Encore.
Draco s'approcha avec toute la douceur et la prudence du monde. Il se pencha pour que leurs regards se croisent.
Les mains du brun tremblaient si fort, qu'il les prit dans les siennes avec la délicatesse d'une plume.
Ce contact lui permit de reprendre pied avec la réalité et il se mit à fixer le blond, mi-curieux, mi-courroucé.
Des flammes de colère brillaient dans ses yeux, le défiant ouvertement, laissant l'instinct de survie reprendre le dessus.
Il n'était ni homme, ni ondin, à se laisser bafouer ainsi. Pas une nouvelle fois !
« -Je suis désolé. »
Il le fusilla du regard avant de le repousser violemment.
Etre désolé, c'était trop facile !
« -Je suis vraiment désolé. »
Le poing partit sans prévenir et Draco se retrouva par terre.
Harry le défia de toute sa taille. Fulminant.
Ce qui n'empêcha pas le Prince de se relever aussitôt.
« -Je n'avais pas compris. »
Harry se boucha les oreilles et secoua la tête. Il s'éloigna de son bourreau aussi vite qu'il le put, mais ce dernier le rattrapa. Il le sera dans ses bras. Il ne voulait pas le laisser s'enfuir. Il ne fallait pas qu'il se dérobe ! Un comble.
« -J'ai été aveugle. »
Harry le frappa de nouveau. Le blond qui s'y attendait, fut un roc et ne cilla presque pas.
« -J'aurais dû le voir pourtant. Ton visage était partout avec moi. »
Les coups se mirent à pleuvoir sur sa poitrine.
Il était si sûr de lui que la douleur ne parvenait pas à l'atteindre. Il devait aller au bout de sa confession, ou alors tout serait fini.
« -Tu m'as redonné la vie. Tu m'as fait toucher le ciel le soir de Mabon. J'aurais dût comprendre. Mais j'avais peur. J'ai été lâche. Maintenant, je sais. »
D'une main, il lui saisit les poignets aussi fermement que possible.
Usé et démuni, Océan ne songea plus à se battre. Il pleura de nouveau, sans pouvoir s'arrêter. Draco but ses larmes comme s'il s'agissait du nectar des Dieux.
Puis, entre deux baisers, murmura :
« -Je t'aime. »
Ces trois petits mots abattirent les dernières défenses de l'ondin qui se laissa faire comme une poupée de chiffon.
Un autre remède à son âme et à son cœur meurtrit.
Son amour prit son visage en coupe et le parcourut d'un millier de baiser papillon qu'il entrecoupait d'un « je t'aime », ou d'un « pardonne-moi ».
Il pardonna, bien sûr, et fut le premier à prendre possession de ses lèvres gorgées du sel de ses larmes.
Il se sentait aussi léger que l'écume qui flotte sur les vagues.
Tandis qu'il l'embrassait, il défit sa veste et sa chemise. Lui aussi voulait toucher sa peau, découvrir son corps en souvenir de ce matin sur la plage.
Un clin d'œil, un écho, pour faire revenir l'insouciance et le bonheur de se chercher, de se trouver.
La peau de son dos était épaisse, mais douce. Les muscles roulaient sous ses doigts. A chaque caresse, le blond frémissait.
Draco accentuait leur baiser et saisit violemment les hanches d'Harry. Elles étaient étroites, fragiles peut-être, mais faites pour s'emboiter aux siennes.
Sous sa rudesse, leurs dents s'entrechoquèrent, mais ils n'en avaient cure.
Ils étaient de nouveau dans leur petit coin de paradis et rien ne pouvait plus les en déloger à présent.
Le futur Roi passa ses mains sous les vêtements de son amour avant de les arracher de son torse et d'en jeter les morceaux à même le sol.
Ils allèrent rejoindre les débris de cristal.
Ensuite, il le fit reculer contre le montant du lit, jusqu'à ce qu'il bascule en arrière. Il le suivit docilement dans sa chute.
Ils se regardèrent intensément. Faisant ainsi passer dans leurs yeux tout l'amour et le désir, qu'ils éprouvaient.
Un désir dominateur et impérieux.
Jouant avec les longs cheveux noirs, il lui redit combien, il l'aimait.
Harry lui sourit et attrapa sa nuque pour l'embrasser en guise de réponse.
L'heure n'était plus à la conversation.
Bientôt, ils se retrouvèrent aussi nus que le jour de leur naissance.
Ils emplissaient leurs yeux de l'autre, ne voulant oublier aucun détail, aussi modeste soit-il.
Ils explorèrent le corps de leur partenaire avec infiniment de dévotion et de passion. Pas un centimètre carré de peau ne fut oublié, que ce soit par une main ou par une bouche.
Leurs respirations étaient devenues erratiques. Leurs cœurs dansaient la sarabande.
Ils se laissaient à peine le temps de souffler que le désir reprenait, plus puissant encore.
Ils avaient faim de l'autre.
Draco finit par relever les jambes galbées du jeune ondin. Il les embrassa, les replia et se positionna devant son entrée secrète.
Il se fit un devoir de le préparer minutieusement à sa venue.
Il se délecta de ses soupirs, de ses joues rougies de plaisir, et de ses yeux assombris de sensualité.
Le pêcher était divin.
Il sut qu'il avait trouvé exactement ce qu'il cherchait, lorsque le brun se mit à trembler comme une feuille et rejeter brusquement la tête en arrière, la bouche ouverte en un cri muet, le corps tendu comme un arc.
Mais, le blond ne s'arrêta pas là.
Il le prit en bouche et continua d'assouplir son antre inviolé.
La sueur perlait sur son épiderme et le faisait briller.
Il ne parvenait plus à penser. Tout n'était que Draco. Il n'y avait que lui en train de le faire chavirer dans un havre de volupté tel, qu'il savait ne plus pouvoir s'en passer.
Il en était fou, au bord de l'explosion.
Son prince ne le laissa pas jouir pour autant.
Il quitta son sexe pour venir quérir sa bouche.
Ce fut tendre, léger.
Puis sans crier gare, il présenta sa virilité et s'enfonça en lui jusqu'à la garde.
Harry était tellement sur son petit nuage, et sa magie aidant, il ne ressentit aucune douleur et vint rapidement à la rencontre de Draco.
Après quelques poussées savantes, ce dernier retrouva sa perle de plaisir et lui fit voir les étoiles.
Ils finirent par jouir de concert et s'endormir dans les bras l'un de l'autre enfin complet et apaisé.
ΩΨΩ
Draco aurait dû être couronné Roi le jour du Solstice d'hiver. Mais ce jour-là, on n'eut pas le loisir de voir la grande prêtresse, qui dans un paysage de neige et de glace, mit au monde, son premier enfant. Un petit garçon, qu'on prénomma Gabriel.
La dernière fois qu'un membre de la famille était né à Yule, c'était il y avait plus de 200 ans. C'était un bon présage. Gabriel serait puissant, il n'y avait qu'à voir ses parents.
Le baptême se déroula en petit comité, mais beaucoup d'offrandes furent déposées sous les sapins en l'honneur de l'heureuse famille.
L'avènement de Draco se déroula quelques jours plus tard, dans la forêt enneigée où l'argent des décorations installées pour l'occasion s'accordait avec la neige et le givre qui recouvraient la Terre.
Harry trouva la saison magique et pas seulement parce qu'elle était propice à certains rapprochements.
La terre était merveilleuse et apportait tellement, pour le peu qu'on sache l'honorer et la respecter.
La saison hivernale avait quelque chose de revigorant, bien qu'ils étaient peu, ceux qui sortaient de leur maison.
Comme les animaux en hibernation, chacun restait chez soi, au chaud, en famille à se reposer et à préparer ses forces pour le printemps qui reviendrait bientôt.
Harry était heureux et amoureux, un peu plus chaque jour. Draco le lui rendait bien. Ils s'étaient enfin trouvés et n'avaient plus l'intention de se quitter.
L'ondin avait confiance en l'avenir. Il ne redoutait même plus l'échéance, qui arrivait pourtant à grands pas. Puisqu'il ne lui restait que deux mois.
Ron et Ginny s'apprêtaient même à repartir. Ils estimaient que tout allait si bien, que leur frère n'aurait bientôt plus besoin d'eux. Ils voulaient retourner à la cité des Sirènes et reprendre les choses en main.
D'abord, Sirius devait être destitué. Ron était prêt à assumer ses devoirs qu'importe ce qu'on pourrait dire. Il ne supporterait pas que ce qui était arrivé à Harry, arrive à un ou une autre. Il savait qu'il pourrait compter sur le soutien de ses frères et de son grand-père.
Il avait bien d'autre projet en tête. Comme le retour de l'alliance avec le monde des hommes. De même que l'harmonie Divine.
Les aventures et les découvertes de son frère lui avaient beaucoup apporté.
L'autarcie de leur monde avait assez durée.
De son côté, Jedusort veillait au grain.
Malgré l'optimisme de sa victime, il n'était pas inquiet. Lorsque le petit roi le demanderait en mariage, il aurait une dernière carte à jouer. Une carte qui lui donnerait la victoire.
Bientôt, ce fut Imbolc, la fête des relevailles de la Déesse. La nature reprit doucement vie. Les jours n'allaient pas tarder à rallonger.
Le Dieu soleil s'apprêtait à faire sortir la Terre de son long sommeil.
Le Palais d'hiver se prépara pour son dernier sabbat de l'année.
Sur les ordres du Roi, le départ avait été décidé plus tôt cette année.
Il n'avait donné ses raisons à personne, et avait fait mander pour une audience extraordinaire, les dignitaires de son Royaume : Killiane, Severus et son premier ministre.
« -Je vous ai réuni aujourd'hui, pour vous faire part d'un projet, qui, je l'espère aura votre entière approbation. Vous devez vous douter du pourquoi, mais tout ceci doit avoir un caractère officiel. J'ai l'intention de faire d'Harry, mon époux et Roi consort. Que m'importe qu'il n'est pas de famille. Nous construirons la nôtre. Qu'importe qu'il n'est pas de patrie. Notre Royaume, sera la sienne. Je l'aime, et je veux lier mon âme à la sienne devant les Dieux et les hommes.
-En sommes, tu nous demande l'autorisation pour la forme, récapitule Killiane avec un sourire mutin. »
Draco eut la décence de rougir jusqu'aux oreilles, tandis que son parrain éclatait de rire.
« -Je suis bien d'accord ! Mais de toi à moi, Draco : Harry et toi devaient être les derniers informés de cet état de fait qui ne trompe personne. »
Le Roi se racla la gorge, un peu gêné, et se tourna vers son ministre.
« -A vous Mr le Ministre, je vous laisse le mot de la fin.
-Je n'ai aucune objection, et le peuple n'en aura pas non plus. Nous sommes comme vous, Votre Majesté, nous l'aimons.»
A l'unanimité, la demande en mariage fut approuvée. Il n'y avait plus qu'à en parler au principal intéressé.
Il le trouva dans le salon de musique, sur un tapi de laine blanche, accroupit devant la cheminée.
Le petit Gabriel gazouillait dans son berceau que le jeune homme avait posé près de lui.
Il agitait gentiment devant l'enfant, une girandole de cristal qui tintinnabulait et faisait apparaître des dizaines de petite lumières qui dansaient autour d'eux.
Draco le trouva infiniment beau et attendrissant ainsi.
Il avait un don avec les enfants.
Il avait hâte de pouvoir fonder une famille avec lui. Les déités avaient bien fait les choses, puisque la Grande Prêtresse, grâce à sa magie et à de savantes potions, inspirées par eux, permettaient à de nombreux couples homoparentales d'avoir des enfants.
Leur croyance estimait que le corps n'était qu'un vaisseau et que l'âme était sans genre. Il était donc injuste de priver des amants du bonheur d'être parent.
Le blond toqua doucement au cadre de la porte. Son compagnon se retourna et lui sourit.
Le Roi le rejoignit en répondant à son sourire.
« -Il a l'air de beaucoup t'aimer. »
« -Je l'aime aussi. »
« -J'ai hâte d'avoir des enfants de toi. Il faudra qu'on s'y mette sérieusement après.
« -Après quoi ? »
« -Notre mariage. »
ΩΨΩ
A l'annonce de leur mariage, le royaume entier fut en liesse.
Comme l'avait prédit le premier ministre, tous aimaient le jeune muet qui avait su rendre le sourire et l'envie de vivre à leur prince et à présent nouveau Roi.
Harry était devenu leur petit miracle. Il avait montré sa noblesse de cœur en s'impliquant dans les bonnes œuvres, car on l'avait beaucoup vu dans les hospices et les orphelinats durant les rudes mois d'hiver.
On avait également pu le voir aux côtés de la Grande Prêtresse. Preuve qu'il était digne de confiance.
Les noces furent prévues pour le 1er Mars. Elles seraient organisées à l'endroit même de leur rencontre, ce qui expliquait la migration subite de la cours.
On commença à préparer les jardins pour la cérémonie, endroit magique et pleins de souvenirs pour tous les deux.
La nouvelle enchanta Ron et Ginny, et les soulagea. Le 1er Mars marquait la fin des six mois dont disposait leur frère pour unir son destin à Draco. A présent, tout était en ordre, ils pouvaient partir tranquille. Rien ne pouvait gâcher le tableau.
C'est ce qu'ils croyaient !
Dans sa grotte de coulures de lave, au cœur de la terrible jungle marine, le Mage des Océans se préparait à passer à l'action.
Harry avait beau être puissant et bien entouré, il n'en était pas moins mal informé.
En acceptant de boire de son sang, il lui avait ouvert une porte sur sa magie.
Et cela les prêtres correctement formés ne l'acceptaient jamais.
Jedusort avait donc profité de son ignorance.
A présent, il avait accès à la magie du jeune homme, sans que celui-ci puisse s'en rendre compte.
Il s'en était servi pour changer son apparence à un tel point, qu'il se ressemblait comme deux frères. Avec en prime la voix qu'il lui avait emprisonnée dans un cristal qu'il portait autour de son cou.
Il avait prévu de prendre la place de l'ondin, et de lui voler son prince, le privant ainsi de tous ses espoirs avant de l'emprisonner.
ΩΨΩ
Tous étaient prêt par l'organisation du mariage.
Harry passait ses journées avec Lady Zabini et Astoria pour apprendre tout ce que son futur rôle lui incomberait. Il se montrait attentif et consciencieux.
Dans le même temps, un homme vint au château pour lui apprendre le langage des signes. C'était une méthode qu'il avait créé pour son fils sourd et muet de naissance. Cette méthode avait été approuvée par les scientifiques de son pays et bon nombre d'entre eux lui demandaient ses services pour que sa méthode devienne universelle.
Les deux fiancés ne se voyaient donc que quelques heures par jours.
Ils en profitaient pour se promener en fin de journée, aux bords de la plage privée du palais d'été. Tant pis pour les vents glacés venus du Nord qui balayaient encore la côte.
Le mariage se déroulerait dans une semaine, et Harry trépignait d'impatience. Il avait hâte de ne plus avoir d'épée de Damoclès au-dessus de la tête et de pouvoir vivre son idylle en paix.
Le soir où tout bascula, il devait rejoindre Draco sur la plage.
Il était rentré tard de l'académie des sciences. La nuit était tombée depuis longtemps alors qu'il traversait les jardins, une lampe tempête à la main.
De là où il se trouvait, il pouvait entendre les aboiements d'Hedwige, signe qu'elle et son maître ne devaient pas être bien loin.
Il marcha d'un bon pas, en prenant garde de ne pas se tordre une cheville entre les rochers.
Soudain, il sentit l'Océan gronder. L'onde semblait se tordre et ne plus agir selon son gré.
Une obscure angoisse lui noua l'estomac et affola son cœur.
Aux aguets, il constata qu'Hedwige avait cessé d'aboyer, le vent de souffler.
Une force mystérieuse se levait, de même qu'un épais nuage de brouillard qui enveloppa la plage comme un linceul.
Il devina plus qu'il ne vit, une étrange silhouette sortir des vagues.
Puis, il l'entendit. Cette voix qui aurait pu être la sienne. Sensuelle, envoutante.
Il continua d'avancer, la peur au ventre, une sueur froide coulant le long de son dos.
Quelque chose d'affreux était sur le point de se produire. Il le sentait au plus profond de son être.
Il devait se dépêcher de rejoindre Draco.
Il le vit enfin, Hedwige à ses pieds, les oreilles couchées. Un grondement sourd sortait de sa gueule.
Le blond était debout, les yeux fixés sur cette apparition aquatique.
Harry voulut l'appeler, au bord de l'hystérie. Mais aucun son ne passa la barrière de ses lèvres.
Plus la chose s'approchait du rivage, moins il arrivait à mettre un pied devant l'autre. Comme s'il marchait dans des sables mouvants.
Désespéré, il ouvrait la bouche en un millier de cri silencieux, dans le fol espoir que Draco se rende compte de sa présence, et se détourne de la créature.
Il la voyait nettement à présent.
Il fut soufflé par sa ressemblance avec lui. Bien que ses traits soient plus angulaires, elle avait les mêmes cheveux noirs et des yeux d'absinthe plus pénétrants que les siens. Il était plus vieux également, mais surtout, il chantait.
Sans crier gare, un éclair déchira le ciel.
Harry eut l'impression qu'on lui foudroyait le corps. Il lâcha sa lampe et s'effondra sur le sable.
La respiration sifflante, il porta ses mains à sa poitrine à s'en arracher la peau. Tel ce qui arrivait à son cœur. Comme si son lien avec Draco était en train de se désagréger.
L'inconnu fût bientôt dans les bras de ce dernier, à l'embrasser.
Le blond lui répondait avidement comme s'il s'agissait de son fiancé.
« -Vous me cherchiez, je suis là.
-Epousez-moi, lui demanda le Roi sans détour. »
L'usurpateur se mit à rire, et répondit « oui ».
Ils rentrèrent main dans la main, sans aucun regard pour un Harry interdit et effondré, vaillamment soutenu par une Hedwige gémissante.
Le monde venait de s'écrouler.
ΩΨΩ
Il s'appelait Valérian, et Draco n'avait d'yeux que pour lui. Il ne pouvait plus se passer de sa présence et faisait ses quatre volontés, au détriment de son peuple et de ses proches. A commencer par Harry.
Valérian l'avait fait répudié.
Le jeune ondin avait échappé de justesse au bannissement grâce au Zabini et à Severus. Ce dernier l'avait placé sous sa tutelle, ainsi que celle de Killiane.
Tous voulaient le protéger de cet effroyable usurpateur qui n'avait de cesse de le tourmenter.
Tous ceux qui avaient un jour eu de l'influence auprès du jeune Roi, se virent donner leur congé de la plus odieuse des manières. En pleine nuit, la garde royale venait les mettre aux arrêts, avant de les chasser de la capitale avec le peu de bien qu'ils avaient pu emporter.
La révolte grondait.
On se tourna vers Killiane, mais elle fut chassée du palais. Elle n'y serait acceptée qu'à condition de se taire et d'obéir.
Parce qu'elle avait peur des conséquences pour le peuple, sa famille et Harry, qui était devenu le bouc émissaire de ce gigolo, elle n'eut d'autre choix que d'obtempérer.
En moins d'une semaine, le chaos régnait sur le royaume autrefois paisible et prospère.
Harry était inconsolable, il errait comme une âme en peine sur la plage, les jardins, la bibliothèque, ou restait prostré des heures devant la cheminée de la cuisine.
La date du mariage avait été conservée, mais il serait organisé en pleine mer, sur un fragile voilier.
Harry refusa d'y prendre part.
Au matin de son dernier jour, il se trouvait sur la plage à regarder pour la dernière fois, le soleil se lever.
Puis, il se promena dans les jardins recouvert d'une fine couche de givre. Il savoura chaque instant, la fidèle patou à ses côtés.
Il alla jusqu'aux écuries pour dire adieu à Aquarelle, la petite jument d'un beau gris bleuté que Draco lui avait offert à l'occasion de leur fiançailles.
Puis, il termina son périple en se dirigeant vers les cuisines.
Pompom et Dobby l'y attendaient, comme tous les matins, la mine sombre, le soupir au bord des lèvres.
« -Nous embarquons dans une heure. Le château sera presque vide. Vous êtes sûr de ne pas vouloir aller au troglodyte. Eglantine y est restée avec Théodore et le bébé. Je ne suis pas rassurée de vous savoir tout seul ici. »
Harry se contenta de secouer la tête et de leur faire un pauvre sourire, tandis qu'il servait une gamelle d'eau à la patou.
Dobby sera l'épaule de son épouse, lui faisant comprendre qu'elle ne devait pas insister.
Le sort en était jeté à présent et leur Océan allait passé sa vie à voir leur Roi au bras de cet usurpateur.
En le voyant arrivé, ils s'étaient rendus chez leur souverain pour lui révéler la vérité au sujet d'Harry. Sans résultat. A cause du pacte que le jeune ondin avait passé, personne ne pouvait plus prononcer un mot en sa présence si c'était pour lui dire la vérité.
Soudain, dans un grand fracas de porcelaine, Luna arriva dans les cuisines.
La jeune fille avait été promue au poste de femme de chambre auprès d'Harry qui avait préféré ses services à celui d'un valet de chambre, ce qui aurait mieux convenu, mais il s'en fichait.
A présent, elle exerçait ses fonctions auprès de Valérian, ou face de serpent, comme elle l'appelait, ce qui en disait long sur ses aprioris.
« -Je ne peux pas ! Je ne peux plus ! S'égosilla-t-elle en lâchant sans douceur son plateau de petit déjeuner. Elle avait les yeux exorbités, et le rouge aux joues.
-Qu'est-ce qui vous arrive mon enfant ? demanda Pompom étonnée, elle qui connaissait si bien son caractère doux et réservé.
-Il est en train d'arracher les rideaux et de décrocher les tableaux de notre Reine ! Il m'a donné l'ordre de tout faire brûler ! Ce sale serpent vicieux ! Sournois ! Désagréable ! Hautain ! Egoïste ! … »
Avant qu'elle ne perde définitivement toute contenance, Harry lui prit doucement les mains.
Puis il prit le plateau et partit seul dans l'antre du serpent qui était aussi son ancienne chambre.
Valérian la lui avait prise une fois arrivée et l'avait relégué au dortoir des domestiques dans les combles, jusqu'à ce que Severus vienne l'y chercher et l'installe dans ses appartements.
Devant les portes grandes ouvertes, gisaient lamentablement tentures, meubles et tableaux.
Harry en fut bouleversé, puis choqué lorsqu'il vit l'usurpateur détruire ce qui restait avec un visage marqué par une folie jubilatoire.
Lorsqu'il vit le jeune homme dans l'embrasure de la porte, Valérian sourit, machiavélique.
« -Vous voilà enfin à la place qui vous est dût. Il y a des choses qui devraient être immuables. Ne restez donc pas planté là comme un idiot ! Posez le plateau et emportez ces horreurs avec vous ! Je déteste le blanc. Le noir seul possède la noblesse. »
Harry posa le plateau sur le guéridon, mais ce fut pour mieux toiser « face de serpent » avec tout le méprit dont il était capable.
Cet homme n'avait donc aucun cœur ?!
Ils se firent face.
Harry fit « non » de la tête.
« -Je vous ai donné un ordre ! »
Alors qu'il allait de nouveau dire non, Valérian s'avança, menaçant, et leva la main sur lui.
Grâce à un trésor de réflexe, le jeune ondin lui saisit le poignet au vol et le défia plus encore.
Un sourire de dément lui répondit, révélant des dents noires et pointues.
Surpris, Harry relâcha sa garde.
L'adulte en profita pour le saisir à la gorge. Il le plaqua contre le mur, et le souleva de terre.
Son apparence se modifia, au point que la victime reconnu son bourreau.
« -Ceci est un acte de rébellion que je ne puis tolérer, petite friture. N'oublie pas à qui tu appartiens désormais.»
Il le relâcha brutalement.
Le prince s'écroula lamentablement au pied du Mage des Océans, crachant et suffoquant.
Ce dernier s'agenouilla et prit son menton entre ses doigts osseux.
« -Tu aurais presque pu réussir, si tu avais su ce que tu acceptais au premier abord… Tu étais si naïf ! Si désespéré ! Tu étais prêt à accepter n'importe quoi pour avoir ce que je te vole aujourd'hui… Tu ne comprends pas, n'est-ce pas ? »
Après un soupire théâtrale, il se releva et se dirigea vers son psyché. Après quelques mots de latin, il retrouva l'apparence de Valérian.
«-Ne t'ai tu pas demandé pourquoi « Valérian » te ressemblait autant ? Ou pourquoi a-t-il fallu que je te montre mon vrai visage pour que tu comprennes enfin ? Ni ce que sont devenues tes visions ? »
D'un geste, il fut nu, ses vêtements de cérémonie flottant prêt de lui.
Harry voulut profiter de cette distraction pour fuir, en vain. Les portes claquèrent violemment, lui barrant le passage.
« -Ma compagnie t'ennuie déjà cher petit poisson ? »
Des embrases s'enroulèrent autour de son corps. Il tomba à terre et se débattit contre ses liens. Sans résultat.
En finissant de se préparer, le Mage lui fit de nouvelles révélations.
« -Tout ça parce que tu as accepté de boire une simple goutte de mon sang ! Tu nous as liés l'un à l'autre, sans même t'en douter. Me donnant ainsi toutes les possibilités. Tu voulais tellement être avec ton amûûûûûûr ! Singea-t-il. Comme si j'avais pu accepter une telle chose, Ri-t-il, sadique. C'est ton pouvoir que je voulais ! Toi, le bénit de Neptune ! Comme ta mère avant toi… Avec elle, je m'y suis mal pris. Mais toi, c'était presque trop facile ! Tu ignorais tellement de chose sur la magie. Tout ce qui t'intéressais c'était cet humain. Ajouter à cela la rancœur de ton oncle et te voilà, toi et ta magie entièrement mien. Je n'ai jamais été aussi puissant qu'en ce jour ! »
Harry tremblait de rage et de honte, pour s'être fait berner de la sorte. Il avait cru pouvoir lui faire confiance.
Malheureusement, il ne serait pas le seul à payer cette lamentable erreur.
Car il était à présent évident que la créature qui se tenait devant lui, en plus d'être le mage des Océans, était aussi le Lord Voldemort, le terrible Maître des Démons. Celui qui l'avait rendu orphelin. Celui qui avait provoqué toutes ces tempêtes et engendré tant de mort et de souffrance pour nourrir ses démons.
Allait-il réserver le même sort funeste aux passagers du voilier nuptial ?
Il se débattit de plus belle pour se délivrer, sans succès.
« -Cela ne sert à rien de t'exciter petite friture. Tout est en place. Rien ne pourra m'arrêter ! Pas même ton Grand-père. Ce vieux huîtré aurait dut me tuer lorsqu'il en avait l'occasion. Il a toujours eu le cœur trop tendre. Un trait de famille sans doute. »
Il était si beau dans sa tenue d'or, de noir, et d'argent, qu'on avait peine à croire ce que cachait son âme.
« -Quant à l'amour de ta vie, il ira bientôt rejoindre les fonds. Ce qu'il aurait dût faire i mois. Bella conduit mes troupes, et elles ont faim. Je te dis à ce soir, mon petit prince, la magie contenue dans ton serment aura tôt fait de te conduire dans ta dernière demeure. »
Même après avoir fermé la porte, les échos de son rire diabolique flottaient encore dans l'air.
Seul, Harry entendit le palais se vider de ses occupants.
Il savait que s'il ne parvenait pas à trouver une solution, ses derniers ne reviendraient jamais.
Et ce serait de sa faute.
Il allait faire la peau à ce salopard !
Ca prendrait le temps qu'il faudrait, mais il s'en faisait la promesse !
Il regarda autour de lui, contorsionnant son corps au possible, pour trouver quelque chose susceptible de l'aider à se défaire de ses liens.
Il voulut ramper jusqu'au guéridon pour s'emparer du couteau sur le plateau qu'il avait amené. Mais plus il bougeait et plus la magie resserrait ses liens.
Il voulut hurler mais bien sûr, rien ne sortit de sa bouche, ce qui ne fit qu'augmenter sa rage.
Il s'intima au calme et respira profondément.
Il se remémora les paroles du sorcier jusqu'à ce qu'elles prennent corps dans son esprit.
S'il était si puissant que cela, pouvait-il se considéré comme entièrement sous son joug, où y avait-il un autre moyen ?
Il songea aux enseignements de Killiane.
Les Dieux étaient toujours là, en tout temps et en toutes choses. Il lui suffisait de retrouver le chemin vers eux, vers la source, vers l'Unité, pour débloquer sa magie.
Il ferma les yeux et fit le vide dans son esprit.
En transe méditative, il appela Neptune comme il l'avait fait le soir de la tempête. Il pensa à sa famille, à tous ceux qu'il avait rencontrés, appris à connaître et à aimer. Il pensa à Draco…Draco, celui qui l'avait éveillé.
Soudain, il se sentit tomber dans les ténèbres du monde, pour mieux renaître dans sa lumière.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il découvrit un magnifique jardin recouvert d'une couche de neige aussi fine que du cristal.
De-ci de-là, des bancs de terre humide et noire, clairsemés de touffes d'herbes tendres et de crocus.
A deux pas de lui, une belle jeune femme aux cheveux noirs, vêtue d'une robe vert d'eau, auprès d'elle un jeune homme fougueux aux bois de cerf, presque un homme.
En un instant, il tomba à genoux devant eux.
La déesse s'approcha un sourire doux et plein d'amour illuminant son visage.
« -Relève-toi mon enfant. Je suis heureuse que tu es enfin trouvé le chemin vers nous.
-Vous êtes Neptune ?
-Depuis l'aube des temps, on nous a donné bien des noms. Mais oui, je suis Neptune, et voici Pan, dit-elle.
-Cela fait bien longtemps que nous attendons ta venue. Nous ne comptons plus les siècles de séparations entre la Terre et l'Océan. Comme le soleil et la lune, ils sont dissemblables, mais ne peuvent exister l'un sans l'autre. Les deux mondes doivent se rejoindre. Grâce à votre amour, ce sera bientôt possible, déclara Pan.
-Moi et Draco ?
-Oui. Cela aurait pu se faire plus tôt, mais de toute évidence le temps n'était pas venu. Le temps est un être capricieux et indomptable qui est aussi vieux que nous. Rien ni personne n'a de prise sur lui. Toutes choses arrivent au bon moment. Si ton pouvoir est aussi puissant, c'est parce qu'il est le miroir d'un autre, expliqua Neptune.
-Voldemort.
-Vos deux existences devaient s'entrecroiser pour nourrir le monde. Vous deviez maintenir l'équilibre des forces et apporter un nouveau souffle à la magie. Comme la vie qui mène à la mort.
-Mais, il est une menace pour l'équilibre !
-Il a célébré trop la mort pour comprendre les bienfaits de la vie. Son pouvoir doit revenir à la source pour préserver l'équilibre. Tu as le pouvoir de venir à bout de tous les maléfices en toi. Tu es le remède.
-Je ferais de mon mieux.
-Je sais que tu le feras, sourit-elle confiante. »
Harry sentit sa vision se brouiller, son corps chuter.
Pan s'approcha de lui en lui tendant une chrysalide.
« -Ton papillon sera fort, prophétisa-t-il. »
Puis ce fut le noir.
Et voilà pour ce chapitre !
Ca sent la fin non ?
Plus que deux et vous aurez le fin mot de l'histoire !
J'attends avec impatience vos coms
A très vite
Angel
