Bonjour à tous !
Merci pour vos coms ca fait toujours plaisir !
Penny : Alors oui techniquement Harry n'a plus de voix mais dans l'esprit nos pensées font lois^^. Et aussi Draco n'a pas été trompé, mais ca c'était peut etre pas très clair. Lorsque le lien avec Harry et Draco s'effondre c'est à cause de Valérian/Voldemort/Jedusort ( y a trop /^^) qui l'a ensorcelé donc désolé si c'était pas clair mais là pour le coup Draco n'y est pour rien^^
Disclaimers: Le conte appartient à Andersen, les personnages à J.K Rollings, certains éléments sortent de Toei animation et d'autre de Disney. Référence quand tu nous tient^^. Les personnages de Killiane, Camille et Raphaëlle, sortent de ma tête merci donc gare !^^
Couples: HPDM entre autre...
Ratings: MA (pour plus tard je prends de l'avance).
Nous voici au dernier chapitre avant l'épilogue j'espère que ça vous plaira je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas !
Le Petit Ondin
Chapitre 7 :
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il était de retour au château et toujours ligoté, mais il sentit un courant lui traverser le corps. C'était sa magie qui fourmillait sur sa peau, nourrissait son esprit et abreuvait son cœur.
Il l'appela pour se libérer de ses liens. L'instant d'après, une onde de choc avait désagrégé les embrases.
Libre, il courut au balcon.
Le voilier filait sur l'eau, auréolé par un soleil rougeoyant.
Sa transe avait duré plus longtemps qu'il ne le pensait.
Il devait se dépêcher.
Il fouilla dans le secrétaire, et y dénicha de quoi écrire une lettre. Au cas, où il lui arriverait quelque chose.
Il la laissa en évidence avec en gage d'amour sa fleur perlée et un sortilège.
Il courut ensuite à la salle d'arme, y prit une épée, autant de dagues et de poignards qu'il pouvait.
Il avait bien l'intention de faire ravaler ses écailles à face de serpent et ça n'allait pas faire un pli !
Il rejoignit la côte en faisant abstraction de ses pieds ensanglantés. Il dérapa sur le sable, manqua tomber entre les rochers. Rapidement, il arriva à la grotte de ses jumeaux.
Grâce à sa magie, sa voix claqua dans leur esprit, forte et fière, comme autrefois.
« -Valérian c'est Jedusort, Jedusort c'est Voldemort. Les démons vont attaquer le voilier à la tombée de la nuit. Il n'est plus temps de tergiverser, il faut que je stoppe la cérémonie. Ginny, tu viens avec moi ! Ron, vas à la cité des sirènes, il est temps à présent. »
Sans attendre plus longtemps, Le rouquin enfourcha une monture et partit à toute allure, tandis que ses cadets faisaient de même.
Sur le chemin, Ginny ne put s'empêcher de questionner son frère :
« -Harry ? Que va-t-il se passer au coucher du soleil si Draco et toi vous ne…
-Si je ne tues pas Voldemort avant, je lui appartiendrais et il se servira de mon pouvoir pour asservir tous les mondes.
-Alors je le tuerais pour toi.
-Non, je suis le seul à avoir ce pouvoir. Même Grand-père ne peut plus rien contre lui.
-Je trouverais un moyen pour t'aider mon frère, même si je dois y passer ma vie !
-Tu ne pourras y arriver toute seule. Il te faudra de l'aide, de notre monde et de la terre.
-Qu'il en soit ainsi. »
Sa sœur avait une partie du jeu en main, il en serait de même pour celui ou celle qui trouverait sa fleur perlé.
Le soleil plongeait presque dans la mer lorsqu'ils atteignirent leur but.
La cérémonie avait débuté, présidée par une Killiane bouillante de rage.
Elle était en train de bénir le symbole du futur lien, lorsqu'Harry sauta par-dessus le bastingage, dégoulinant d'eau.
Sa dague fendit l'air jusqu'à l'autel, avant d'aller se planter dans le mat avec le fameux lien.
« -Qui a osé ?! Hurla Draco. »
La foule s'écarta comme un seul homme, dévoilant un Harry méconnaissable, haineux et fier. Il fixait Valérian dont les yeux se teintaient de braises incandescentes.
Furieux, ses lèvres se retroussèrent et dévoilèrent son horrible dentition.
« -Sale gosse ! Tu veux crever si vite ! Feula-t-il. »
Harry se contenta de sourire et de faire « non » de la tête. Il leva le bras dans sa direction, comme s'il voulait attraper quelque chose et referma le poing. Une onde de magie fit exploser le coquillage de cristal, libérant sa voix, et le cœur de Draco. Les éclats se figèrent dans le visage du Mage, qui y porta ses mains en hurlant.
Sous le choc, Draco tomba à genoux et fut retenu par un Severus au bord de la crise de nerf.
«-Je suis Harrian ! Prince des Océans ! Grands Prêtres des Sept Mers ! Je t'accuse, Tom Jedusort, de crime contre les Dieux ! Ta sentence, traite, est de te soumettre au jugement du monde que tu as rejeté et assassiné ! Ou de mourir, ici et maintenant ! De ma main ! »
Le démon dévoila son visage serpentin constellé d'éclats de cristal en sifflant de rage.
« -Infâme petite pourriture ! Crois-tu qu'il est si facile de me tuer ?! »
Il leva les bras au ciel en psalmodiant d'étranges paroles. En un instant, de gros nuages noirs apparurent et un vent de tempête se leva. Les vagues se mirent à gonfler, tandis que le mage retrouvait l'apparence qui reflétait son âme.
Harry sentit, plus qu'il ne vit les démons approcher. Et Ron qui n'était toujours pas là.
« -Canonniers à vos pièces ! hurla-t-il. »
Trop surpris les marins ne purent esquisser un mouvement jusqu'aux cris de Killiane qui fixait les flots devenus sombres et grouillants.
« -Des Démons !
-Aux armes ! s'écria Mani. »
Ce fut le signal qu'il fallait. Tous ceux qui avaient les capacités de se battre arrangèrent leur tenues de cérémonies pour être plus à l'aise et coururent vers l'armurerie tandis que d'autres quittèrent le pont pour ne pas gêner leur manœuvre.
Draco se précipita vers Harry.
« -Mon amour. Je suis dés… »
Sans lui laisser le temps d'en dire plus, Harry l'embrassa à pleine bouche et l'écarta de son chemin.
C'était son combat.
Il eut une prière pour Neptune et Pan. Les pièces d'artilleries ne devaient pas toucher les sirènes et les ondins.
Comme la nuit de son anniversaire, son vœu fut exhaussé.
Soudain, il y eu un grondement de tonnerre qui fit trembler le voilier. Dans un éclair, le maître des démons des abysses venait de reprendre sa forme maudite, sa queue sinuant et claquant autour de lui.
Il s'élança à une vitesse surhumaine vers Harry, toutes griffes dehors.
Dans un sursaut, ce dernier échappa à l'attaque, manquant d'un cheveu de se faire emporter la moitié du visage.
Il se servit de la vitesse et de la force de son adversaire pour se propulser en l'air. La main fermement posée sur son épaule, il pivota tel un acrobate et frappa le dos du monstre avec une de ses dagues.
Si Jedusort avait toujours été ondin, la lame aurait touché le cœur et le combat aurait été terminé.
Mais le mage avait des écailles plus épaisse encore que celles des démons, et l'arme humaine n'entra qu'à moitié.
Ses jambes, peu habituées à ce genre d'exercices, le trahir, et il manqua s'en casser une en se réceptionnant.
Le Mage hurla de colère à s'en arracher les cordes vocales. Sa queue frappa le pont du bateau, dans l'espoir d'écraser l'ondin, qui n'en finissait plus de sauter en tous sens.
Bien vite, il lâcha son épée et se retrouva acculé, dos au mat.
Le Lord arracha le poignard prisonnier de sa chair et le lança dans sa direction, manquant de peu son oreille.
Le monstre cilla de nouveau vers lui, mais fut bridé dans son élan par Killiane.
La Prêtresse se servit de la tempête pour invoquer des éclairs qu'elle dirigea droit sur lui.
Trop rapide, elle ne put le toucher, seulement le faire reculer.
Enragé, il étira sa queue et frappa la jeune femme. Assommée, elle serait passée par-dessus bord, si son mari ne l'avait rattrapé avant.
Certains marins tirèrent sur le Mage, mais les balles ne faisaient que ricocher sur ses écailles.
C'est ce moment que choisit Draco pour rejoindre Harry et lui tendre une épée.
« -Je ne comprends pas vraiment ce qu'il se passe, mais il est hors de question que je te laisses seul face à ce monstre. »
Harry n'eut pas le loisir de lui répondre, la queue monstrueuse s'abattit de nouveau.
Les deux amants se séparèrent, tandis que le mat se brisait.
Camille, Raphaëlle, Nymphadora et Remus en appelèrent au vent pour le retenir avant qu'il ne fracasse la coque.
Ils l'emmenèrent sur les flots, là où les démons commençaient à se manifester.
Certains grimpaient déjà sur bateau. Les marins et les invités se jetèrent dans la mêlée.
Les canons explosèrent les boulets à la volée, emplissant l'air d'une fumée âcre et piquante.
Le Mage en profita pour enrouler ses anneaux autour des chevilles du jeune ondin, qui bascula en arrière et se cogna rudement la tête.
Le Mage l'entraîna à sa suite. Il mit son visage à sa hauteur.
« -Tu m'as défié pour la dernière fois petit prince ! »
L'instant d'après, il sauta à l'eau sans plus de cérémonie.
« -HARRY ! »
Le contact avec l'eau glacée le réveilla, tant et si bien qu'il se mit à se débattre contre son geôlier.
Soudain, il sentit son corps se métamorphosé.
Il avait échoué.
Il sembla se résigner à son sort, mais ce fut sans compter sur Draco, qui c'était jeté à l'eau à leur poursuite.
L'adrénaline aidant, il les rejoignit en quelques brasses. Avec un poignard, il frappa les mortels anneaux écailleux.
Jedusort lâcha prise.
Mais il était trop tard, Harry finirait par le suivre, la magie du pacte y pourvoirait.
Le mage partit donc en ruminant les douces tortures qu'il lui réservait.
Pendant ce temps, Draco voulut remonter avec Harry. Son corps avait presque retrouvé sa forme d'origine.
Son Roi était en train de risquer sa vie pour rien.
Il l'embrassa une dernière fois, et lui sourit amoureusement avant de se servir de sa magie pour le propulser à la surface, tandis que lui s'enfonçait toujours plus loin dans les ténèbres.
ΩΨΩ
Ron avait fait aussi vite que possible, manquant tuer sa monture.
Il déboula comme un fou dans la salle du trône. Il y trouva, son grand-père, son oncle, et la grande prêtresse.
Ariel avait ressenti le réveil spirituel de son jeune apprenti et était venue les prévenir.
« -Je viens revendiquer mon droit au trône, clama-t-il. »
La voix des Mers avait parlé, il n'y avait plus qu'à obéir.
Le vieux roi ôta la couronne de corail de la tête de son fils, pour la poser sans plus de cérémonie, sur celle de son petit-fils.
La Grande Prêtresse, le bénit de sa magie l'instant d'après. De bleu, la couronne devint or pur.
Sirius fut le Roi déchu, disgracié par sa famille.
Pourtant, il ne parvenait pas à regretter ce qu'il avait fait. Quand bien même ce serait le cas, il n'y pouvait plus rien. Puisque nul ne pouvait réécrire l'histoire. On ne pouvait qu'écrire une meilleure suite.
Longtemps, il était resté convaincu qu'un mal connu était pire qu'un mal inconnu. A présent, le temps pourrait enfin se remettre en marche pour lui.
Il avait tiré les mauvaises cartes, et il avait perdu le respect et la crédibilité qui font les bons dirigeants.
Ron avait l'étoffe d'un grand monarque. De même que son père et son grand-père avant lui.
Ce dernier se garda auprès du jeune Roi un rôle de conseillé et laissa volontiers sa place à Bill, qui commanderait les armées, secondant ainsi son frère dans l'offensive qui partit sans plus attendre vers la surface.
Arrivés après la bataille ou presque ils n'avaient pu que débarrasser les flots des vermines qui restaient et escorter les rescapés jusqu'au port.
Ron avait organisé une réunion au somment, avec les membres de sa famille au grand complet, ainsi qu'Hermione et Ariel. Dans la grotte sous-marine qui les avait abritée pendant plusieurs mois, il avait raconté leur histoire.
Durant la réunion, il apprit avec beaucoup de peine et de rage, que le trident aurait pu offrir à Harry deux jambes, sans qu'il eut à en souffrir. Ce fut un blâme de plus pour son oncle, qui allait devoir faire amende honorable.
C'est ainsi qu'il se retrouva face à son ancien amant, en compagnie de son père, Ariel, Ron, Ginny et Bill, pour faire la lumière sur la situation avec le conseil restreint de Draco.
On fit venir des cuisines force café et alcool fort, la nuit promettait d'être longue.
Albus débuta la séance :
« -Tom était un jeune prêtre qui rêvait de pouvoir. Il était marqué de Neptune comme mon épouse, Amphitride, Liliane et Harry. Mais, il n'avait jamais reçu la moindre distinction. Son ambition et son égo était trop démesuré. Il en devenait dangereux. Lorsqu'Amphitride a été nommée Grande prêtresse des Mers, il est devenu fou de jalousie. Il a tenté maintes expériences pour prouver qu'il était bien meilleur. Son don s'est tordu autant que son esprit. Un jour, une de ses expériences a mal tournée et son corps a reflété sa folie. Amphitride a fait ce qu'elle a pu pour le sauver. En vain. Le mal l'avait atteint trop profondément, et l'a emporté avec lui. J'étais jeune, je n'avais pas conscience de ce qui pouvait se passer, alors je me suis contenté de le bannir. »
L'intermède qui suivit, ne fut que soupir et shoot d'hydromel pour certain.
Sirius prit la relève :
« -Ce n'est que bien des années plus tard, lorsque Liliane devint Grande Prêtresse à son tour, qu'on entendit parler d'un Lord Voldemort qui aurait rassemblé les démons des abysses sous une seule bannière. Et jusqu'à présent, on ne savait pas qui il était. Les cités disparaissaient, les tempêtes devenaient plus meurtrières. Lili pensait qu'il pouvait y avoir des réponses sur Terre, pour nous permettre de rétablir la situation en notre faveur. Elle m'a demandé de profiter de mon voyage de recherche. Mais, je me suis juste comporté comme un crétin !
-Sirius ! s'écria son père. Il est temps de pardonner au passé ! »
Le vieil homme se tourna alors vers un Severus qui ne savait trop que faire, malgré l'alcool, qui aurait dut l'y aider…
« -Severus, je suppose ? Enchanté mon petit.
-PAPA !
-Grand-père a raison ! Renchérit Ginny. Harry nous a expliqué ce qui s'est passé ! Les parents de Draco sont morts en mer. C'est pour ça qu'il n'a pas pu être là à temps !
-De mieux en mieux ! Rugit l'ondin. Ma vie privée va se retrouver en place publique maintenant ?!
-30 piges et tu te conduis toujours comme un sale gosse !
-Tu as beau être mon roi, ça ne t'empêchera pas de prendre ma main aux écailles !
-Touche à mon petit frère et tu verras qui aura le plus mal aux écailles !
-Petite poiscaille !
-Sirius ! C'est après moi que tu en as !
-Ne me touche pas ! »
Dire que les retrouvailles se passaient mal, était un euphémisme. Killiane et le premier ministre s'en mêlèrent rendant ainsi la « discussion », encore plus inintelligible, si c'était possible. Chacun donnait de la voix à qui mieux mieux, finissant de briser les derniers vestiges de patience, d'un Draco à bout de nerfs.
Sans crier-gars, il se leva, faisant tomber sa chaise dans un grand fracas et frappa du point sur la table. La vaisselle trembla et tous se turent.
« -Harry est prisonnier de ce malade et la seule chose que vous trouvez à faire, c'est de vous battre les uns contre les autres ?! A chercher à qui la faute ?! Ca ne ramènera personne ! Les morts ne reviennent pas du tombeau ! Ce sont les vivants qui nous occupent ici ! Alors il serait peut-être temps de mettre vos rancunes de côté ! Venez me trouver lorsque vous serez plus disposés ! »
Il sortit en claquant la porte.
Les échos de sa colère avait fait trembler les murs. On l'avait entendu jusque dans la salle des armes où Blaise faisait le point avec les différents chefs d'état-major et de la marine. Pendant quelques secondes encore, il y n'eut plus le moindre bruit dans le palais.
Draco apprécia ce silence à sa juste valeur, et respira un grand coup. La présence d'Harry lui manquait. Son sourire, sa douceur et sa force lui manquait. Son amour, son étreinte. Il voulait le retrouver le prendre dans ses bras et oublier le monde autour d'eux.
Mais le destin les avait privé l'un de l'autre.
Encore une fois.
Fidèle, Hedwige profita de cet instant pour tirer gentiment son maître par la manche. Parce qu'il n'avait plus l'énergie de protester, Draco se laissa guider au travers des couloirs, jusque dans la chambre d'Harry qu'il trouva dévastée.
En quelques jours, Valérian, ou Voldemort, peut importait, avait fait ce qu'il pouvait pour effacer toute trace du passage de l'ondin.
A un détail prêt.
C'était là, bien en évidence sur la coiffeuse. Le dernier gage d'amour d'un condamné.
ΩΨΩ
Lorsqu'il revint dans la salle du conseil, tous se regardaient en chien de faïence.
En le voyant, Severus voulut dire quelque chose, mais son filleul lui fit signe de se taire.
« -Ce Voldemort a accès à un immense pouvoir, et ce n'est qu'en unissant nos forces que nous pourrons aider Harry à le vaincre. »
Il posa la fleur perlé au centre de la table.
Une douce lumière s'en dégagea, puis la voix du Mage se fit entendre :
« -En six mois tu devras faire en sorte que ton Prince soit tombé amoureux de toi pour ce que tu es et non qui tu es. Il devra prouver son amour pour toi en unissant vos deux vies par le mariage. S'il le fait, tu garderas pour toujours ton apparence humaine et tu pourras lui faire autant de bébé poisson que tu voudras. Mais s'il ne le fait pas, tu redeviendras un ondin, et chaque parcelle de ton être m'appartiendra à jamais… »
Ainsi que la voix d'un jeune enfant :
« - Ton papillon sera fort. »
Et le bruit de deux cœurs battant à l'unisson.
« -Vous avez fait un bébé à mon neveu ?! »
ΩΨΩ
Sirius se faisait tout petit, espérant ainsi ne jamais croiser Severus au détour d'un couloir.
Leur « retrouvaille » après tant d'années passées dans la rancœur avait fait des étincelles.
Pour le coup, il se sentait stupide de ne pas lui avoir permis de s'expliquer, et d'avoir fait autant de mal aux autres et à lui-même pour si peu.
Encore plus, il se refusait à l'avouer devant lui.
A son contact tous les mauvais souvenirs et cette haine si tenace qui avait été sa seule amie pendant si longtemps, s'enfuyaient comme si de rien n'était.
Il avait tellement souffert de la solitude, de ce froid glacial qui lui avait enserré le cœur à chaque battement. Et s'il n'y avait eu que l'absence…
La situation d'Harry et Draco lui en rappelait une autre. Lui aussi avait gardé au creux de lui un morceau de son amant. Un petit être qui n'avait pas eu le droit de vivre.
Cette plaie lancinante, il n'avait jamais pu voir cicatriser. Elle était toujours là, prête à le démanger et à le brûler, pour qu'il ne puisse l'oublier. Il la connaissait tellement bien cette compagne fidèle, qu'en cet instant, il avait peur qu'elle disparaisse.
Il se revoyait encore au lendemain d'une bataille, le corps tordu de douleur, à sentir son œuf se fendre, et sa magie s'en aller en même temps que la vie de son petit. Resté à son chevet, son père n'avait rien pu faire pour lui. La magie avait expulsé l'œuf éventré de part en part, dévoilant un minuscule corps qui tenait dans les mains de son père.
Quelque chose était mort en lui cette nuit-là. Sa petite fille avait emporté un bout de son âme avec elle.
Il avait tiré un trait sur son enfance en scellant sa grotte et en nourrissant une haine féroce pour les humains en emmurant son peuple avec ce qui restait de son cœur.
A présent, il allait devoir réapprendre à vivre et cela lui faisait horriblement peur.
Perdu dans ses pensées, il ne vit pas s'approcher l'ancien régent. Il ne se rendit compte de sa présence que lorsqu'il le prit dans ses bras.
De prime abord, le choc l'empêcha de faire le moindre mouvement. Mais lorsqu'enfin, il voulut le repousser, Severus le plaqua contre le mur.
Il lui enserra la taille d'un bras puissant et de l'autre bloqua un poing vengeur, avant de se pencher à son oreille et de respirer à nouveau le parfum de sa peau.
« -Tu m'as manqué. Pendant toutes ces années, tu as hanté mes jours et mes nuits. Je ne me suis jamais pardonné de t'avoir laissé partir. Je comprends que tu ne puisses pas me pardonner. Mais ça ne m'empêchera jamais de t'aimer. »
Son souffle contre sa nuque le faisait frissonner. Sa voix aussi rauque et chaude qu'autrefois le faisait fondre de désir.
Il s'en voulu d'être aussi faible, avant de croiser le regard ébène de son vis-à-vis et de l'embrasser à pleine bouche.
ΩΨΩ
Ron se trouvait devant la terrible jungle marine.
Il était armé du trident des Mers et ceint de la couronne de corail.
Accompagné de ses cinq frères et du plus gros de ses troupes, il attendait. Il savait sa jumelle, Draco et Killiane aux cercles de pierre, en train de préparer un puissant sortilège qui permettrait à Harry de reprendre la main et de tuer Jedusort, alias Voldemort.
Le jeune roi avait le vertige. Vu de l'extérieur, il semblait être un monarque impétueux et sur de lui.
Mais intérieurement, il se demandait ce qu'il faisait là.
En proie au doute, ses mains crispées sur son trident trahissaient son angoisse.
Il avait peur de ne pas être à la hauteur de la confiance de sa famille et de son peuple.
Ce même peuple qu'il conduisait vers la mort.
S'apercevant de son trouble, Bill posa une main rassurante sur son épaule.
Le peur n'évite pas le danger.
Même si elle était légitime.
Ils allaient se battre pour sauver une vie qui en vaudrait des milliers s'ils échouaient.
S'ils réussissaient, il n'y aurait pas tellement de mérite. Les morts victorieux sont une légende. Les morts ne fêtent aucune victoire. Ils pourrissent et se dissolvent, laissant des vies brisées derrière eux.
Sur Terre, la Lune arrivait enfin au zénith, dans un ciel miroitant d'étoiles.
Une douce brise annonciatrice de printemps soufflait sur la Lande, envoyant des relents de sel venu de la Mer. Les bougies posées sur l'autel en tressaillaient mais ne s'éteignirent pas.
Le sol semblait vibrer sous leurs pieds, signe que les Dieux étaient avec eux, leur apportant, espoir et force.
Draco sera son médaillon tout contre son cœur, appelant son aimé, il murmura :
« -Tiens-toi prêt. C'est bientôt le moment. »
Le trio entama une prière destinée à l'enfant qui grandissait en secret.
Un être qui n'appartenait à personne. Un être tout fait de magie et d'amour qui était sous la protection des Déités. Un être qui réunissait en lui la Terre et la Mer. L'unité retrouvée. Une destinée qui ne souffrait aucune limite et rendait le marché de Voldemort caduc.
Il leur suffisait juste d'ouvrir la voie pour permettre à Harry de puiser dans sa force.
Ginny était le lien avec la Mer et son sang.
Draco était le lien avec la Terre, son cœur et son âme, en plus d'être le père de son enfant.
Killiane était le lien avec les Dieux.
Les flammes se dressèrent, le vent souffla, la terre trembla et l'eau bouillonna.
Dans le chaudron, ils versèrent trois gouttes de leur sang, avant que le blond n'abandonne son précieux médaillon.
Tandis qu'ils joignaient leurs mains, une lumière flamboyante sortit du chaudron, onde de magie pure, et se dirigea vers la Mer.
Minuit sonnait.
Devant la terrible jungle marine Ron activa le trident. L'onde le percuta de plein fouet, se servant de lui comme d'un vecteur et alla dévaster la dernière demeure des démons.
En un éclair, elle fut dans le cachot, où, accroché aux murs volcanique, Harry subissait les tortures de Bella et Cissa.
L'impact fut si fort, que les sœurs prirent peur, se serrèrent l'une contre l'autre, en appelant leur maître à l'aide, sous le sourire goguenard de leur prisonnier. La roue était en train de tourner.
Voldemort se précipita.
Qu'elle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il pénétra dans la cellule pour une découvrir ses créations transformées en statue de lave.
Leur visage portait les marques d'une douloureuse agonie.
Le Lord réprima un cri de rage.
« -Estime-toi heureux, nargua Harry. J'aurais pu être plus cruel au vu de ce qu'elles m'ont fait subir ses trois derniers jours. Je me suis préservé pour toi. »
Le mage écumait. Un désir de vengeance le consumait de l'intérieur. Bella et Cissa étaient les seules êtres qui comptaient un tant soit peu pour lui.
« -Tu devrais faire attention avec ce genre de promesse petite friture, susurra-t-il. Ça peut facilement se retourner contre toi. »
Sans plus de cérémonie, il se jeta sur le jeune ondin, les bras en avant dans l'espoir de lui arracher la gorge.
Harry le bloqua essaiment.
Le mage feula et invoqua sa magie. Son adversaire fit de même.
Leur puissance entrèrent en collision et tentèrent de prendre le pas sur l'autre.
Voldemort enroula sa queue autour de son corps. Il l'enserra si fort qu'il entendit plusieurs côtes éclater sous la pression.
La douleur était intense, mais en trois jours de tortures non-stop, il en avait vu d'autre.
Puisque ses deux mains étaient prises, il frappa son crâne contre celui de son adversaire.
L'onde de choc étourdit le monstre suffisamment longtemps pour permettre à l'ondin de le repousser.
L'attaque l'envoya se fracasser contre un mur, qui s'abattit aussitôt.
Les débris retombèrent mollement autour du mage qui se releva avec difficulté.
« -Tu n'as pas ce pouvoir ! Grinça-t-il.
-Moi non. Mais lui oui, rétorqua le prêtre une main tendrement posée sur son ventre.
-Tu mens ! C'est impossible !
-Seulement parce que tu ne peux pas comprendre Tom.
-Comprendre quoi ?!
-Que l'amour n'est pas une faiblesse.
-J'arracherais cette saloperie de ton ventre morceau par morceau ! Avant de me repaitre de votre magie, le tout sur vos cadavres encore chaud ! Je deviendrais le maître incontesté des Océans ! Faiseur de vie et de mort ! Et plus personne ne dira de moi que je suis trop faible ! »
Au bord de la folie, il lança sa magie à pleine puissance vers l'ondin qui riposta de même.
Leurs énergies entrèrent en résonnance créant une porte où s'engouffra l'Unité.
Parce que seul Harry avait compris l'importance de l'équilibre, de l'unité totale, et l'avait accepté comme valeur universelle, sans vouloir se l'approprier, ou la contrôler, Neptune et Pan pénétrèrent son corps ainsi que celui de son enfant.
Il se mit à irradier. Il était un. Il était tout.
Il absorba la magie démoniaque et la rendit comme offrande à l'Univers.
Vidé de toute force, Jedusort s'effondra.
Harry le toisa de toute sa taille, à la fois juge et bourreau.
Lorsqu'il prononça la sentence, sa voix était transcendée par celles des Dieux.
« -Tu as trahi l'Unité ! Vendu ton âme aux ténèbres ! Dévoué ta vie à la haine, à la cruauté, et à la concupiscence ! Tu as causé souffrance et mort ! Tu as plongé le monde dans le chaos ! Et tout cela tu l'as fait par jalousie !
-C'était à moi d'être le Grand Prêtre ! J'avais la marque !
-Ta vanité seule t'a conduit où tu es ! Il est temps de payer ! »
Il toucha le front de son ennemi qui se figea, la bouche ouverte en un cri muet.
Il se recula pour observer solennellement l'œuvre des Divinités, qui par ce simple geste, transformaient l'ancien maître des démons en statue de sel. Lentement, il se désagrégea. Les infimes particules de son être flottèrent jusqu'à la surface pour se changer en écume de mer.
« -Né de l'écume, nous retournons à l'écume. »
Et nous voici à la fin !
Au prochain l'epilogue
Dites moi ce que vous en avez pensé j'ai hâte !
A bientôt
Angel
