Le docteur et Rose

Rose avait été surprise qu'il parle du thé de sa mère. Elle lui avait demandé plus d'explication, mais il ne pouvait pas trop en dire.

Dans sa tête, l'autre cherchait à quel moment ils pouvaient s'échapper. Ils ne pouvaient pas le faire réellement, mais il restait un seigneur du temps, et il savait encore comment contacter ses autres lui. Le docteur, en revanche, n'était pas d'accord avec cette idée. Il était d'accord pour s'échapper et retrouver Clara, il n'avait pas le choix, mais pas comme ça. Et il ne voulait pas que Rose meurt dans la bataille. Il sourit en repensant au diable.

Rose : vous avez l'air très lunatique. Un moment vous semblez torturé, l'instant d'après vous souriez. Qui êtes-vous ?

Le docteur fit une grimace.

Doc : Je suis le docteur. Et ça doit être ça, je suis lunatique…

Rose : Oh, alors c'est comme ça que je vous appelle ? Docteur lunatique ?

Cette fois, il sourit franchement.

Doc : Je ne peux pas te dire grand-chose.

Rose : Alors dites-moi au moins le minimum. Enfin, le maximum de ce que vous pouvez me dire. Qui êtes-vous ? Où on est ? Qu'est-ce qu'on fait là ? Pourquoi vous avez l'air de savoir ce qu'il se passe et pourquoi ça ne vous fait rien ? Pourquoi vous n'essayez pas de vous échapper ?

Doc : ça fait beaucoup de questions. Ne t'en fais pas, tu ne resteras pas là bien longtemps. Je ne vois pas comment ils pourraient faire. Ce n'est pas comme si tu avais quinze ans. Même eux ne prendraient pas le risque de changer les choses à ce point.

Rose : Mais enfin, de quoi est-ce que vous parlez ?! C'est qui eux, et pas très longtemps c'est combien de temps pour vous ?!

Doc : Quelques mois tout au plus. Même s'ils t'effacent la mémoire et te ramènent au moment où ils t'ont pris, ton corps continu de vieillir. Tu n'es pas sur le point de mourir donc ils n'ont pas pu t'extraire. Tu te souviens de quoi ? C'est quoi ton dernier souvenir avant d'arriver ici ?

Elle se tut. Elle n'avait pas l'intention de parler. Il sourit mais en même temps il était agacé.

Doc : Je suis le docteur. Je suis un alien. Un seigneur du temps, plus précisément. J'ai fui mon peuple il y a très longtemps, et depuis nous ne sommes pas en très bon termes. J'ai des informations qu'ils veulent et c'est pour ça qu'on est enfermé ici.

Rose : Et moi dans tout ça ?

Doc : Je ne sais pas, ils pensent peut-être que d'être avec toi me fera parler. Mais vous avez un cran de retard ! Je veux Clara, rendez-moi Clara ! Cria-t-il au plafond.

Rose : Pourquoi moi ? Pourquoi ils pensent que vous parleriez plus avec moi ?

Doc : Parce-que tu arrives juste après elle. Mais tu ne lui arrives pas à la cheville.

Rose : Euh, merci… Qu'est-ce que ça veut dire au juste ? Qui êtes-vous ?

Doc : Je te l'ai dis, je suis le docteur, tu n'écoutes donc jamais ?!

Rose : Mais pour moi ? Qui êtes-vous pour moi ?

Doc : Je ne peux rien te dire. Je viens de ton futur, tu ne dois rien savoir.

Rose : Vous m'avez dit qu'ils effaceraient ma mémoire de toute façon, alors vous pouvez me le dire ?!

Il soupira et s'installa sur le lit. Elle fit de même, un coussin dans les bras. Il soupira et hésita, mais fini par parler, sous l'insistance de son regard un peu moqueur et agacé. Et puis, il préférait lui parler de ça que de lui parler du reste.

Doc : On s'est aimé. D'une certaine façon, c'est toujours le cas j'imagine…

Rose : Mais je ne vous connais pas moi !

Doc : Pas encore. Mais je ne pensais pas à ça. C'est compliqué.

Il pensait à son double humain, actuellement avec Rose dans le monde parallèle.

Rose : Oui, c'est à peu près le seul truc que j'ai réussi à comprendre, mais seulement parce-que vous ne dites rien.

Doc : C'est une longue histoire, mais disons que tu es restée vivre avec une version humaine de moi.

Rose : Quoi ?! Attendez, reprenez depuis le début.

Le docteur fit la moue.

Doc : Je t'ai sauvé d'une attaque de plastique vivant, et j'ai fais sauter ton job.

Rose était sceptique.

Rose : Continuez.

Doc : on a sauvé le monde ensemble, tu m'as suivi, on a voyagé, je suis mort, j'ai changé de tête, on a continué. Après il y a eu une guerre entre deux mondes, et tu es restée coincé dans l'autre monde. Pendant deux ans pour la Terre que tu connais maintenant, plus pour le monde parallèle, et plus pour moi évidemment. Après des méchants ont tentés de détruire tous les mondes, on s'est retrouvé, je suis mort à nouveau, j'ai crée l'humain, on a sauvé le monde, et tu es resté avec l'humain dans l'autre monde. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, fin de l'histoire, tu peux aller dormir.

Rose souriait même si elle essayé encore d'assimiler tout ça.

Doc : J'étais sérieux, j'ai besoin d'être seul, va faire dodo.

Rose : Encore ? Mais vous vous êtes déjà isolé toute à l'heure, ça ne vous suffit pas ?

Doc : Visiblement non. Aller, dehors.

Rose : Mais je fais quoi moi ?

Doc : Ce que tu veux. Coiffe tes cheveux tiens, tu en as bien besoin.

Il la sortit de force et ferma la porte. Et les yeux. Il sentait l'autre dubitatif. Il l'interrogea mentalement.

Je me demande juste quelle influence j'ai sur toi. Je ne te croyais pas aussi faible docteur.

C'est justement parce-que je suis faible que j'arrive à avoir des sentiments. C'est pour ça que je suis le docteur.

Mais là je n'ai rien fait. Bientôt nous ne ferons qu'un.

Dans tes rêves.

Nos rêves, docteur.

Le docteur s'imagina Clara à ses côtés, en train de lui dire quoi faire, comment gérer l'autre. Il repensa à ce qu'elle avait dit : « il est temps que l'élève soit évalué ». Il allait lui montrer de quoi il était capable. Il allait lui prouver qu'elle pouvait compter sur lui.

Doc : Souviens-toi ta promesse Clara, je t'en supplie, souviens toi ta promesse…, murmura-t-il.

Il s'allongea sur le lit, le souffle court.

L'autre comprit que c'était Clara qui poussait le docteur à agir comme ça avec Rose. Il comptait bien en profiter pour la suite.

« Tu oublies l'objectif. Tu oublies qu'on veut tous les deux retourné auprès de Clara. Et pour ça on doit être gentils avec Rose. C'était même ton plan initial. »

J'arrive toujours à mes fins…

Il voulait que le docteur perde la raison. Il était à deux doigts de toucher au but. En effet, il amena le docteur à se demander quelle était son origine. En effet, la légende prévoyait l'instant où il serait séparé de Clara. Mais il avait toujours était plus ou moins là, puisque depuis tout petit il faisait peur au docteur. Le docteur se demandait à partir de quand ils avaient vraiment été séparés. Il n'aurait su le dire.

Tu vois, tu es comme moi. On est les mêmes. C'est toi qui n'es pas normal. C'est moi qui devrais te combattre docteur.

« Non. Je suis le docteur. C'est ma vraie identité. »

Bien sûr que non, c'est le nom que tu te donnes, que tu as choisi. C'est moi qui suis le vrai toi. Le docteur est un imposteur. Répètes avec moi. Le docteur est un imposteur.

Il allait commencer à sombrer quand il sentit une force le soutenir. Il se remémora quelque chose d'avant qu'il découvre son nom, et par conséquent, dont lui seul pouvait se souvenir. Il se leva d'un bond jusqu'à une boîte sur une étagère de la bibliothèque. Il s'assit en tailleur et resta planté là, ignorant Rose. Il était dans ses pensées. Il finit par doucement ouvrir la boîte.

Doc : Clara…

C'était la figurine qu'elle lui avait donné quand il était petit. Il se souvint également de ce qu'elle lui avait dit ce jour là.

Pendant ce temps, l'autre était totalement annexé et n'avait pas conscience de ce qu'il se passait. Le docteur reprit confiance. Il savait qu'avec l'aide de Clara il pourrait vaincre l'autre. Il fallait qu'il change. Il devait accepter de tuer les seigneurs du temps, et de ne pas l'écouter elle. Leur amour survivrait. Il ne devait pas douter. Il était trop conscient maintenant pour se rendre compte de sa présence. Il ne la sentit donc pas se réveiller. Avant que l'autre ne reprenne le dessus, il cria au plafond :

Doc : Je sais que vous surveillez tout là haut, je ne vois pas de caméra, mais je veux l'accès à tout ce que vous avez. Je suis somnambule. Je voudrais savoir ce que je fais la nuit. Croyez moi, c'est dans votre propre intérêt, je vous aiderais mieux comme ça.

Qu'est-ce que je fais là ?

« Quoi, j'ai le contrôle du corps, ça t'étonne que je bouge ? »

J'en ai conscience d'habitude.

Le docteur sourit. Il n'y avait rien à ajouter de plus de toute façon. Il regarda Rose et lui fit un signe pour qu'elle ne dise rien de ce qu'il se passer.

Doc : Alors, comment tu te sens ?

Rose : Je m'ennuie.

Doc : Il y a des livres.

Rose : Je travaille dans un magasin, l'école et les livres ce n'est pas vraiment mon truc.

Doc : Te plains pas, je lis 10 000 mots à la seconde, tout ça n'a encore moins d'intérêt pour moi.

Rose : On fait quoi alors ?

Le docteur soupira. Cette question commencé à l'agacer.

Doc : Je ne sais pas moi, je ne suis pas ta nounou ! Je veille à ce qu'il ne t'arrive rien, pour le reste j'ai d'autres problèmes. Je me fiche totalement que tu t'ennuies. Tiens, tu pourras lire jane austen. Excellente auteure, une amie de ma… De mon amie, Clara.

L'espace d'un instant, il allait l'appeler sa femme.

Rose soupira.

Rose : J'aime pas lire. Vous ne pouvez pas me raconter des histoires ?

Doc : Quoi ?! Je viens de te le dire, je ne suis pas ta nounou. Et puis qu'est-ce qui te fais croire que j'ai des histoires à raconter ?

Rose : Vous êtes vieux et écossais, vous avez forcément des choses à raconter.

Doc : Oh, plus vieux que tu ne le crois. Mais comme je le disais, j'ai d'autres choses à faire.

Il avait vu sur l'étagère le journal des choses impossibles. Il allait lui donner, mais ce rendit compte qu'il ne pouvait pas. Ce livre raconter toute leur histoire. Il se perdit dans ses souvenirs.

Ne te laisses pas aller docteur. Tu sais ce que tu as à faire. Demain soir ou pourrait être avec elle, si tu te débrouilles bien.

« Tu as raison. Mais je ferais ça après manger, quand elle nous laissera tranquille. »

Et puis il n'y a rien de mal à raconter des histoires. Ils cherchent à nous faire parler.

« Parler sur toi. Je n'ai jamais voulu de toi je te signal, je n'ai rien contre le fait de parler. »

Ils te tueront.

« Ils NOUS tueraient. Toi avec. »

Je n'ai encore rien fait. Je sais que ce n'est pas moi qui te retiens.

« Au moins tu es réalistes. »

Alors tu sais que c'est la meilleure chose à faire. Pour nous deux.

« Je n'ai jamais dit le contraire. Mais je ne suis pas à la minute. Je suis pressé de revoir Clara, pas nécessairement de te voir prendre le dessus. »

Tu me laisseras faire. Tu l'aimes autant que moi, voire plus.

« N'empêche que je ne ferais pas ça tout de suite. En plus on doit garder notre couverture intacte. »

Il le fit mettre en sourdine.

Doc : Alors, on teste sur un vrai repas consistant cette fois ?

Rose : Ils font des vrais trucs consistants avec ça ? Comment ça sort ? Je pensais que c'était juste des trucs genre protéines liquides, ou repas mixés ou un truc dans le genre.

Il sourit en repensant au satellite 5.

Doc : Non, il y a une ouverture sur le côté. On s'en sert de temps en temps avec Clara, quand on a la flemme de faire à manger, ou que les placards sont vides.

Rose : Vous viviez avec elle ?

Doc : Pas vraiment. On voyage…ait. Elle restait souvent pour quelques jours, quand elle avait le temps.

Rose : Et vous trimballiez cette machine ? Vu la taille qu'elle fait ça ne devait pas vous arranger.

Le docteur éclata de rire.

Doc : Les Seigneurs du temps… mon peuple donc. On a un moyen de transport très pratique et très grand.

Rose : Oh oui, j'oubliais, vous êtes un alien. Laissez-moi deviner, vous avez un vaisseau spatial ?

Doc : Exactement. Ça s'appelle un TARDIS. Il y a tout un monde dedans, une capacité infinie.

Il se tut un instant.

Doc : Je me demande si on ne pourrait pas faire la télé derrière la machine. En mélanger deux. Ça m'étonnerait qu'ils nous la donne.

Rose : Vous avez le concept là ?

Doc : Rose, notre technologie dépasse celle de n'importe qui. Notre race est la plus puissante de toute. Évidemment qu'on connait la télé. Mais ce n'est pas vraiment le même principe. Quant aux divertissements… Disons que certains se divertissent et s'envoie des messages en essayant de se tuer mutuellement. En toute amitié. Alors ça dépend des gens. Pour ma part, je n'en vois pas l'intérêt.

Rose : Quoi ?! Mais c'est horrible !

Doc : Pas forcément. Il y a une race dans l'univers qui a 27 estomacs. Tu savais que le seul moyen de se dire bonjour c'est de s'éventrer ? Ou au revoir. Ou merci. Et je ne sais plus si c'est 27 ou 57. Quoiqu'il en soit, ce n'est pas forcément mal pris. Ça dépend des cultures. Bon, qu'est ce que tu prends ?

Rose : Après cette histoire, je vais éviter la viande…

Le docteur rigola franchement.

Doc : Et puis la mort, c'est la grippe des seigneurs du temps.

Rose : Quoi, je comprends pas, vous êtes immortels ?

Doc : Pas tout à fait. On a 13 vies. Sachant qu'une vie dure bien plus longtemps que les vôtres. À 90 ans on est encore des enfants.

Rose : Oh, vous êtes comme les chats alors ? Comment ça se passe.

Doc : Les chats n'en ont que 7. Quand on meurt, soit parce-qu' on se fait tuer, soit de vieillesse, on change de corps. Et de tête. Toutes les cellules de notre corps se transforment et changent. On peut prendre n'importe quelle apparence.

Rose : Oh, et c'est vous qui choisissez ? Parce que là…

Elle fit le tour de son visage avec sa main. Le docteur sourit.

Doc : Eh, ne te moque pas. C'est l'apparence de césar en personne ! Mais oui, dès la première régénération, on peut paraître n'importe quel âge.

Rose : ça a été quoi votre plus longue vie ? Elle a durée combien de temps ?

Doc : Oh, je ne sais pas. J'ai perdu le compte. Je dirais que c'est la dernière. Un peu plus de mille ans. Mais je ne suis pas sûr.

Rose : Ah oui, vous en avez alors, des histoires à raconter.

Doc : On dépasse largement les milles et une nuit avec ça, dit-il en souriant.

Rose sourit.

Rose : Vous venez d'un peuple guerrier ? Vu que vous avez l'arrogance de dire que votre peuple est le plus puissant de l'univers…

Doc : Non. Quand les seigneurs du temps se sont rendu compte de leurs puissances, ils ont décidés de seulement regarder et surveiller l'univers. Mais il y a eu des guerres, et nous avons combattus.

Rose : Et est-ce qu'il y a pleins de seigneurs du temps dehors ? Qu'est-ce que vous avez fait pour leur déplaire ?

Doc : Je me suis enfuit.

Rose : Pourquoi ?

Au fond de lui, le docteur sentait l'autre bouillonnait, mais l'ignorait royalement. Jusqu'à ce que le docteur, sur le point de trop en dire, se fasse éjecter.

L'autre prit le contrôle de force. Le docteur s'écroula alors dans un cri de douleur.