- Mais on va pas aller chez une vioque qui va nous dire des trucs évident et qu'on comprendra pas ! Argua le pyromage, en agitant ses mains
- C'est le scénario, c'est comme ça point ! Répondit le MJ imposant, Fred.
- Et puis si on comprend pas ce qu'elle dit, ça sera des révélations pas évidentes... si ? Demanda innocemment Seb, qui incarnait le demi-elfe de glace, Shin.

Le joueur Bob se prit la tête dans le visage. Balthazar Octavius Barnabé fit de même, comme nombre de ses actions roleplay.
Krayn et Mahyar attendaient patiemment la suite des choses. Ils avaient eu cette piste par un marchand, lorsque les aventuriers épuisés n'arrivaient pas à avancer dans leur quête. Beaucoup trop d'éléments s'entrecroisaient et se contredisaient. Le Maître du Jeu sentaient bien qu'ils pédalaient un peu dans la semoule depuis quelques minutes. Son scénario n'était pas si compliqué et il devait avouer qu'ils se cassaient la tête pour rien.

- Fine, fine. Lâcha finalement Bob, sous la contrainte. Mais je vous préviens que si on bite rien à ce qu'elle dit, c'est pas moi qui ferait un jet d'intelligence pour décrypter hein !
- Mais on verra bien si ça se trouve elle ne dira rien en charade ou en je ne sais qu'elle langue.

Grunlek, face à ce genre de situation, faisait toujours preuve d'un calme olympien. Il trouvait toujours les mots justes.
Mani, lui, se préoccupait déjà beaucoup plus d'autres choses. Ses compagnons auraient pu commencer à danser la gigue, que ça ne l'aurait pas dérangé plus que ça. Il s'était donc mis à observer le paysage où ils se trouvaient. Ils avaient commencé leur petit accrochage dans une clairière, pas très éloignée de l'orée de la forêt. C'était une fin d'après-midi où la pluie se raréfiait maintenant, au grand soulagement de Bob. Les arbres étaient grands et forts et portaient encore des fruits, au bonheur des papilles de Shin. L'automne commençait déjà à bien s'installer aussi bien dans le temps que dans les champs et cultures.
Alors que le mage était en train de grogner son mécontentement dans son coin, Mani était en train de suivre des papillons du regard. Le reste du groupe le rappelle à l'ordre et alors que la pluie cesse et qu'un grand arc-en-ciel apparaît, le groupe se dirige en direction de la maison en rondin de La Outzik' ha, une espèce de voyante.

Un jeune elfe leur ouvrit la porte et les amena devant La Outzik'ha. Elle était, contre toute attente, une jeune femme aux très longs cheveux de feux et aux yeux jaunes comme les bouton d'or.
Après un bref échange entre elle et les aventuriers, elle se prépara. Elle allait lire dans le marc de café.

- Moi je peux le boire le café si vous savez pas quoi en faire, dit Mani en salivant.

Sans même lui jeter un regard, elle le filtra et le jeta dans un seau. Les aventuriers, à l'exception de Mani qui était à genou devant le seau de liquide noir et maintenant tiède, écoutèrent attentivement le message de la pythie.

« Dans l'aurore évanescente des hommes
Les sur-hommes seront leurs calamités.
Les fléaux disparates
Se font plus grondant, imminent.

Alors qu'elle prononçait ces mots, la pièce se fit plus sombre, la table disparue, ses yeux brillèrent entièrement d'un jaune aussi fort que les rayons du soleil d'été. Les aventuriers, même Mani, étaient tous figés, ils ne pouvaient bouger, de stupeur et d'écoute.

Les araignées furent
Distractions pour plus grave
Dans l'interstice des futurs
Les sempiternels arabesques magiques dessinent vos actions
Et leur conséquences finales

Sur-hommes
Diable, golem, élémentaire, ténèbres, lumière

Vous serez leurs rédempteurs. »

La vision cessa, les aventuriers mirent quelques minutes avant de pouvoir reprendre le contrôle de leur corps. Grunlek dut se concentrer très fort pour ne pas que son bras dégénère et, qui sait, lui crève son deuxième œil.
La voyante les remercia et les convia à partir en méditant sur ce qu'ils avaient entendus, ensemble. En sortant de la pièce tous remarquèrent que Shin, de peur ou de stupeur ou d'incompréhension avait gelé le seau de café ainsi que les bottes de Mani qui se tenait juste à côté de lui. Le jeune elfe les raccompagna dehors et leur offrit même à manger dans un baluchon, sous le regard bienveillant de La Outzik' ha.
Après avoir marché trois kilomètres sans un mot, ils se décidèrent enfin à travailler sur ce que cette femme avait bien voulu dire. Par chance, dans le baluchon, elle avait retranscrit sur un parchemin de bonne facture leur vision.

Ils réfléchirent donc en mangeant leurs patates douces grillées et encore chaudes.