Chapitre 3 :

Même disclaimer que d'hab'


d'Artagneuse : Peu importe le nombre de fois où je vois cette scène et même si je sais ce qui s'est vraiment passé je ne peux m'empêcher d'être effondrée chaque fois. J'avais juste envie qu'on ait une autre perspective sur cet événement.

Cycy : Je suis désolée pour ton petit cœur mais il fallait que ça arrive … Au moins je suis heureuse d'avoir pu te faire ressentir autant d'émotions, ça prouve que tu t'es attachée aux personnages et à l'histoire ! Du moment où j'ai imaginé cette histoire jusqu'au moment où j'ai commencé à réellement l'écrire je n'ai jamais pu imaginer qu'il ne la demande en mariage. Et pourtant cela m'a fait mal au cœur de l'écrire parce que je trouve que j'ai beaucoup trop « guimauvé » le personnage de Bucky. En fait je m'inspire beaucoup d'images que je trouve sur Internet pour imaginer certains moments et les lettres en font parties : j'ai trouvé un dessin où l'on voit Bucky en uniforme lire une lettre et je suis tombée amoureuse de cette image mais je peux te dire que c'est l'un des moments les plus compliqués à écrire car il fallait toujours trouver du contenu à mettre dedans. Le pincement au cœur est aussi présent de mon côté, je peux te l'assurer ! Je suis désolée de te le dire mais on ne reverra pas James tout de suite, le chapitre qui suit te l'expliquera en quelque sorte … Désolée. Je ne t'ai pas déçu ! Yeah ! Mission accomplie ! Même si les Bucky/OC et Steve/OC ne sont pas nombreux il y en a quelques uns qui sont pas mal du tout ! Les IronFrost sont sûrement les premières fanfictions que j'ai lu sur ce site et pourtant il est difficile d'en trouver des biens car beaucoup d'auteurs rendent trop Loki en tant que faible victime et changent trop rapidement son véritable caractère. Certes c'est une victime sur certains aspects mais il ne se laisse pas faire au moindre bobo que diable ! Heureusement le caractère de Tony et son passif se rapprochent de Loki donc c'est crédible de les voir ensemble. (Cette réponse n'a pas de fin !) Gros bisous à toi aussi et Bonne lecture ! :D

Calixtos : Hey ! C'est vrai ?! Yeah ! Joie immense de mon côté ! Je pense que cela fait cela à tout le monde, c'est tellement … inattendu comme moment la première fois que tu vois sa mort ! Tu te dis « Meuh non c'est le meilleur ami de Cap' en plus il a survécu à une prison de Hydra, il peut tout faire ! » et puis BAM le désespoir … Je suis contente que tu aies appréciée cette nouvelle perspective, je trouvais aussi ça intéressant et je ne le regrette pas ! J'espère avoir bien réussi à retranscrire la détresse d'Adhara. La correspondance a été horrible à écrire ! J'avais une idée générale de quoi mettre dans chaque lettre et de quels événements parlés mais il fallait aussi trouver le reste du contenu avec du badinage ! Mais tant que ça plait ça me va ! Et encore Howard n'est qu'au début de ses peines ! Il apparaît pas mal dans le chapitre qui suit ! Simple et efficace je ne sais pas mais j'avais l'impression de dénaturer James avec un comportement trop … guimauve ? Fleur bleue ? Je ne sais pas comment l'exprimer … Est-ce que cela n'aboutira à rien ? On ne sait pas et ce n'est pas tout de suite qu'on le saura ! Pas de spoiler de la suite ici ^^ ! Et ce sera deux semaines encore jusqu'en avril normalement !


Laboratoire Stark Industries – 6 Octobre 1955

La pièce sombre était plongée dans un silence entrecoupé par des halètements saccadés. Une porte s'ouvrit alors, libérant par la même occasion un rayon de lumière qui atteignit une forme recroquevillée dans le fond de la salle. Un homme entra et se dirigea directement vers cette dernière. Il évita à la dernière minute des éclats de verre agrémentés de sang par terre avant de s'accroupir pour être à la même hauteur que la silhouette.

« - Adhara … Qu'as-tu découvert ?

- J'ai 33 ans … 33 ans depuis trois jours et pourtant j'ai encore mon corps d'il y a 10 – 15 ans. Trouves-tu ça normal ? Parce que moi non. Tout le monde vieillit un jour, même toi ! On prend quelques rides, des cheveux blancs par-ci par-là… Mais ce n'est pas mon cas … »

La jeune femme eut un rire sardonique et releva la tête pour fixer ses yeux dans ceux de son plus vieil ami.

« - Mais qu'est-ce qu'ils m'ont fait Howard ?

- Je ne sais pas Adhara, je ne sais pas. »

Howard l'entoura de ses bras et elle s'accrocha fermement à lui.

« - Ça se voit tu sais.

- Quoi ?

- Dans mon sang ou dans mon ADN, il y a un agent étranger. J'ai fait tous les tests possibles et imaginables et je n'ai pas réussi à déterminer ce que c'était. A l'inverse j'ai étudié ses effets.

- Et qu'est-ce que cela va te faire ?

- Mon vieillissement n'est pas arrêté, il a simplement … ralenti.

- De combien de temps ?!

- … Je mets 10 ans à vieillir d'une année…

- … Je serais là, aussi longtemps que je le pourrais et même après. Je te le promets. »

Université, New York - 13 Mai 1969

Une masse de personnes s'étaient agglutinée devant l'entrée de l'université lorsqu'Adhara sortit de son cours d'étude des civilisations. Elle s'interrogea sur l'origine de ce regroupement lorsqu'elle découvrit Howard Stark adossé à sa voiture.

« - Adhara !

- Howard, c'était marrant quand j'étais encore en fac d'histoire mais plus maintenant. On a tous les deux passé l'âge.

- Oh comme je ressens tout ton enthousiasme en t'adressant à ma magnifique personne ! Moi aussi je suis très heureux de te revoir ! Je vais bien merci, et toi ?

- Howard s'il te plaît, je suis fatiguée.

- Ne fais pas comme si ces cours te posaient problème. Tu es presque aussi intelligente que moi ce qui n'est pas peu dire. Ça m'apprendra à vouloir venir te chercher.

- Premièrement j'aurais très bien pu prendre les transports en commun comme… et bien comme d'habitude quoi. Deuxièmement ce n'est même pas toi qui conduit mais Jarvis. Au fait bonjour Monsieur Jarvis.

- Bonjour Mademoiselle Hauptmann. »

Howard se mit à bouder qu'on ignore ainsi ses bonnes intentions et remonta en voiture après avoir ouvert l'une des portières arrière à Adhara. Dès que tout le monde fut à nouveau à bord, Jarvis démarra et s'éloigna rapidement des alentours de l'université.

« - Bon réellement pourquoi es-tu venu ? »

Howard perdit son air boudeur et reprit son sérieux.

« - Je vais marier.

- Que… Quoi ?

- Je vais bientôt me marier.

- Mais avec qui ? Je la connais ?

- Non, elle s'appelle Maria Collins Carbonell.

- C'est assez soudain.

- Un peu oui.

- Tu l'aimes au moins ?

- Oui, je présume.

- Alors non ce n'est pas le cas. Quand tu aimes quelqu'un c'est une certitude qui s'impose à toi. Quelle est la vraie raison ?

- … Mon conseil d'administration commence à se faire trop envahissant alors il faut que j'ai un héritier pour prendre la relève pour ne rien laisser à ces rapaces.

- Est-elle au courant ?

- De quoi ?

- Que vous vous marriez pour la mondanité et pour te pondre un gosse.

- Je ne l'aurais pas formulé ainsi mais grosso-modo oui elle le sait. Et puis je peux très bien l'aimer après. Cela ne nous tombe pas tous dessus.

- … Si tu le dis. »

Appartement Adhara Hauptmann, New York - 29 Mai 1970

-Début de l'appel-

« - Adhara Hauptmann à l'appareil.

- Adhara ? C'est Howard.

- Qu'est-ce qu'il se passe encore pour que tu me réveille si tôt ?

- Tôt ? Mais il est quelle heure chez toi ?

- 3h du matin Howard.

- … Oups ?

- Bref qu'est-ce que tu avais de si important à m'annoncer ?

- Oh juste que mon fils vient de naître.

- Juste ?! Mais c'est merveilleux ! Mon Dieu Howard mais comment fais-tu pour être aussi calme ? Non de Dieu ! Et comment s'appelle ce petit homme ?

- Anthony Edward Stark.

- Franchement félicitations !

- En fait je ne t'ai pas appelé seulement pour ça. J'ai pas mal discuter avec Maria ces neuf derniers mois et on est tombé d'accord sur le fait qu'on ne serait tous les deux pas toujours disponibles pour nous occuper de cet enfant. C'est pourquoi j'aimerais te demander de devenir la nourrice d'Anthony… jusqu'à ce qu'il puisse s'occuper seul de lui-même bien sûr.

- Wow … c'est assez soudain.

- T'aurais un salaire aussi et Jarvis t'aiderait aussi. Donc voilà…

- C'est-à-dire que j'ai toute ma vie à New York et puis je ne sais pas, je n'ai jamais fait ça.

- Tu pourras à tout moment retourner chez toi s'il le faut. Et puis tu as largement plus la fibre parentale que Maria et moi réunis.

- Je … Pourquoi tu … Ok ça marche, je vais essayer mais je ne te promets rien.

- Parfait ! A tout de suite alors !

- Quoi ?! »

-Fin de l'appel-

Manoir Stark - 24 Décembre 1973

« - Il est quel heure ?

- 21h15 mon chéri.

- Alors on n'ouvre pas encore les cadeaux ?

- Non pas tout de suite, il faut attendre.

- Quoi ?

- Minuit Tony. Et puis Jarvis va bientôt revenir avec des cookies.

- … Maman ?

- Je … Tu sais que je ne suis pas ta maman Tony.

- Mais tu m'aimes ?

- Bien sûr, plus que tout au monde.

- Et tu t'occupes de moi ?

- Oui.

- Tu m'apprends des choses ?

- Aussi mais …

- Alors pourquoi tu n'es pas ma maman ?

- Parce c'est Maria ta maman.

- Mais tu t'occupes plus de moi qu'elle.

- Ta mère est très occupée et c'est pour ça que ton père et elle m'ont demandé de venir.

- Tu vivais où avant ?

- A New York.

- Tu y as toujours vécu ?

- Oh non je suis née en France.

- Tu es française ?!

- Je suis même alsacienne.

- C'est quoi « alsacienne » ?

- C'est comme ça qu'on appelle les femmes qui sont nées et/ou ont vécu en Alsace, une région à l'Est de la France.

- C'était bien ?

- Oh oui ! Les paysages sont magnifiques : des montagnes, des plaines, des forêts… Et les villages sont tous colorés et l'histoire de la région y a une place très importante.

- Alors pourquoi tu es partie ?

- … C'était pendant une période particulière et puis j'avais besoin de changements.

- Tu as encore de la famille là-bas ?

- … Mon petit frère.

- Ça veut dire que tu vas m'abandonner pour le revoir ?

- Jamais mon chéri, je resterai toujours avec toi. Je te le promets.

- … Comment on dit « maman » chez toi ?

- Et bien il y a plusieurs manières suivant où tu habites exactement.

- Ta Maman à toi tu l'appelles comment ?

- Je l'appelais Màmme.

- Mammé ?

- C'est un peu près comme ça oui.

- Moi aussi je peux t'appeler comme ça ?

- Je ne sais pas mon chéri. »

Adhara soupira et continua à lui caresser les cheveux.

« - Les cookies sont prêts.

- Yeah !

- Attends avant d'en prendre Tony, ils sont encore chauds. Merci Edwin.

- Avec plaisir Mademoiselle Hauptmann.

- Ch'est trop bonch'.

- Ne parle pas la bouche pleine Tony.

- D'accord… Maintenant on peut ouvrir les cadeaux ?

- Toujours pas. »

Manoir Stark – 28 Novembre 1974

« - Ely ? Tu es là ?

- Dans ta chambre Tony ! »

Le jeune garçon se précipita immédiatement dans la direction indiquée.

« - On ne court pas dans les couloirs Tony !

- Mais je voulais te voir.

- Moi aussi mon chéri mais il ne faut pas que tu blesses… surtout pas en ce moment. »

Adhara prit l'enfant dans ses bras et lui embrassa le sommet de la tête avant de le lâcher.

« - Pourquoi tu n'es pas venue à la séance photo ?

- Parce que je ne cautionne pas ça.

- Tu … tu n'es pas fière de mon circuit imprimé ?

- Oh bien sûr que si ! De lui et de toi. Simplement je ne comprends pas l'utilité de déjà te mettre sous le feu des projecteurs.

- Tu sais ça fait longtemps que j'y suis.

- Malheureusement oui et j'ai essayé de me faire à cette idée. Mais là ton père t'a volontairement mis à la disposition de ces vautours.

- Donc tu m'en veux ?

- Non mon chéri, seulement à lui.

- … Vous allez aussi vous disputer … comme avec Maman ?

- Comment ça ? Tes parents se disputent ?

- Un peu mais je ne comprends jamais pourquoi, la porte est toujours fermée.

- … Ne t'inquiète pas je ne me disputerai pas avec ton Papa. On se taquinera juste. Aller, vas te changer, Jarvis t'a fait ton plat préféré. »

Chambre d'Anthony Stark, Manoir Stark - 10 Février 1975

Le jeune Anthony Stark était emmitouflé jusqu'au menton dans ses couvertures alors que sa nourrice le bordait.

« - Ely ?

- Oui mon chéri ?

- Tu peux me raconter une histoire ?

- Bien sûr, sur quoi ? Captain America ?

- Non plutôt les Howling Commandos, Papa en parle moins.

- Et bien il y a beaucoup de choses à raconter. A leur création ils étaient composé du Caporal Timothy Dugan dit Dum Dum Dugan, Gabriel "Gabe" Jones, Jim Morita, le britannique James Montgomery Falsworth, le français Jacques Dernier ainsi que le meilleur ami de Captain America le Sergent James Buchanan Barnes

- Son meilleur ami ?

- Ton père ne t'en a jamais parlé ? Et bien le Sergent Barnes et Captain America se connaissaient d'avant la guerre, avant le sérum super-soldat, quand Captain America n'était que Steve Rogers.

- Steve Rogers ...

- Mais que t'a donc raconté ton père ?

- Bah les exploits de Captain America, comment il était fort et courageux.

- Steve Rogers n'était pas que ça et le Sergent Barnes le savait.

- Papa aussi le connaissait ?

- Bien sûr ! Surtout que c'est pour le sauver que le Captain a parcouru les lignes allemandes et rejoint la base d'Hydra. Son ami y était retenu prisonnier et il ne savait pas si il était encore en vie.

- Comment tu le sais ?

- C'est-à-dire que ...

- … Ely je me demandais : tu as quelque âge ?

- C'est compliqué mon chéri. Si on en revenait plutôt à ton histoire.

- … D'accord, tu peux me parler de son ami ?

- Avant la guerre le Sergent Barnes adorait s'amuser et emmener souvent Rogers dans tous les événements du quartier. Son emprisonnement par Hydra n'a pas vraiment changé ça sauf qu'à présent son meilleur ami le dépassait d'une tête. En fait les Howling Commandos étaient composés d'hommes qu'avait libérés Captain America de la base d'Hydra, ils ont ensuite fait tout leur possible pour détruire cette organisation.

- Il est devenu quoi le Sergent Barnes après la guerre.

- ... En fait Barnes est le seul membre des Howling Commandos a ... a ... a être décédé pendant une mission.

- Tu vas bien ?

- Ne t'en fait pas, juste certains souvenirs qui remontent. Tu devrais dormir maintenant.

- Tu me raconteras d'autres choses, hein ?

- Bien sûr. Bonne nuit mon chéri.

- Bonne nuit Ely. »

La jeune femme éteignit la lumière et lorsqu'elle ferma la porte elle se retrouva face à face avec Howard. Ils échangèrent un long regard avant qu'Adhara ne retourne à son tour dans sa chambre sans un mot.

Bureau d'Howard Stark, Manoir Stark - 22 Mars 1977

« - Il n'a que six ans Howard !

- Et alors ? Où est le problème ?

- Mais c'est un enfant enfin ! Pourquoi une moto ?

- Un enfant qui devra un jour reprendre l'empire familial ! Et ce n'est pas simplement une moto !

- Mais ce n'est pas encore le cas, non de Dieu ! Et puis peu importe comment on appelle cet « engin motorisé » ! Il n'a même pas eu le droit à une enfance normale et en plus tu lui enlève même celui d'avoir une enfance tout court.

- Mais ce n'est pas un enfant normal, c'est un Stark !

- Je laisse tomber, cette conversation restera stérile tant que tu ne te rendras pas compte de la bêtise que tu fais.

- Et toi la tienne.

- Tu m'énerve Stark.

- C'est partagé de t'inquiète pas.

- Ce sera tout Monsieur Stark ?

- Ce sera tout Mademoiselle Hauptmann. »

Manoir Stark - 2 Avril 1981

« - Ce son n'existe pas en anglais, je ne sais pas trop à quel équivalent il se rapproche, peut-être [ou], quelque chose comme ça.

- Et celui-ci ?

- Ça se dittreize, c'est ton âge dans deux ans.

- Pff, ta langue est compliquée Ely.

- Peut-être mais elle te sera un jour utile, j'en suis convaincue. »

Appartement Adhara Hauptmann, New York – 17 Juillet 1983

« - Bienvenue chez Adhara Hauptmann, Rhodey.

- Tony ? C'est toi ? Ton ami est déjà là ?

- Oui Ely ! On va poser nos affaires et on te rejoint !

- Tu es sûr qu'elle veut bien qu'on vienne ici ?

- De toute façon elle est aussi en congé alors je ne pense pas qu'elle est trop de choses de prévues. »

Après avoir déposé leurs affaires dans la chambre d'ami/chambre de Tony, les deux garçons rejoignirent Adhara dans le salon où elle installait les couverts.

« - Ely je te présente James Rupert Rhodes, Rhodey voici ma nourrice Adhara Hauptmann.

- Ravi de vous rencontrer Madame.

- De même Rhodey, tu permets que je t'appelle Rhodey ?

- Bien sûr Madame.

- Je suis sûre que tu as beaucoup de chose à me raconter sur Tony.

- Vous aussi, sûrement.

- Et bien marché conclu alors. »

Ils eurent le même sourire carnassier lorsqu'ils se serrèrent la main pendant que Tony était sur le point de se taper la tête contre le mur.

« - Misère, quelle idée pourrie j'ai eu. »

Bureau d'Howard Stark, Manoir Stark - 12 Mai 1984

« - Tu voulais me voir Howard.

- Oui, entre. Tu veux quelque chose à boire ?

- Non merci. Dis-moi plutôt pourquoi tu m'as fait venir ce que tu ne me fais jamais habituellement ? »

Howard soupira et Adhara nota qu'il semblait avoir brusquement pris un coup de vieux : elle remarqua les cheveux et la moustache striés de blanc et de gris, les rides au coin des yeux, les cernes de plus en plus envahissantes.

« - Tu es sûr que ça va ?

- Oui oui, ne t'inquiètes pas. Juste quelques petits problèmes sans importance en ce moment.

- Ne me mens pas Howard, je te connais trop pour ça.

- JUSTEMENT ! »

Adhara eu un mouvement de recule puis Howard se passa la main sur le visage d'un air fatigué.

« - Je suis désolé Adha', seulement je découvre tous les jours qu'il est dangereux de me côtoyer et de me connaître.

- J'ai survécu à beaucoup de choses tu sais.

- Tu ne comprends pas, ce ne sont pas nos ennemis habituels. Enfin si en réalité ... c'est compliqué.

- Alors expliques- moi.

- Il y a les personnes et groupes habituels qui pourraient te vouloir du mal à cause de notre contribution au S.H.I.E.L.D.

- Peu de personnes sont au courant de ma dite contribution.

- Il n'y a pas que ça ! Stark Industries a aussi des ennemis.

- Et c'est seulement maintenant que tu t'en rends compte ?

- Bien sûr que non ! Mais tu es de plus en plus exposée en t'occupant de Tony et certains de mes associés se font de plus en plus envahissants en ce qui concerne ma vie privée.

- Tu parles d'Obadiah ? Je t'ai déjà prévenu qu'il y quelque chose chez ce type que je ne sens pas.

- Bien que je ne comprenne pas totalement cette méfiance, je l'accepte mais ce n'est pas seulement lui. Les journaux aussi commencent à fouiner et cela ne va pas durer longtemps avant qu'ils ne découvrent ton identité et essayent de fouiner où ils peuvent dans ton passé.

- Justement, il n'y a nulle part où ils peuvent fouiner de ce côté là.

- Tu prends tout ça trop à la légère !

- C'est toi qui tourne autour du pot depuis que je suis entrée ici ! Ne fais pas semblant et réponds moi clairement !

- Je ne peux pas !

- Dis-le !

- Mais je n'y arrive pas !

- DIS-LE NON DE NON !

- JE VEUX QUE TU PARTES ! ... Voilà c'est sorti, contente ?

- Que ... Quoi ? Mais je ne peux pas.

- Bien sûr que si tu le peux. Je t'ai appelé pour que tu t'occupe de Tony et tu as réussi cette tâche avec brio. Je t'en remercie. Mais maintenant je préférais que tu arrêtes. Même si tu n'as jamais accepté de salaire de ma part, je l'ai toujours mis de côté sur un compte que j'ai transféré aujourd'hui sur le tien, tu n'auras pas de problème d'argent avant un sacré moment.

- Ce n'est pas ça le problème !

- Alors c'est quoi ?

- Le problème c'est que tu ne sais pas t'occuper de ton fils !

- Bien sûr que si !

- NON ! Dès que j'aurais passé cette porte tu vas immédiatement demander à Edwin de prendre soin de Tony et encore "prendre soin" de lui est une demande qui n'entre pas dans ton vocabulaire. Tout ce que tu veux c'est de la productivité et l'image qu'il offre au journaliste. Sauf que je vais t'apprendre quelque chose : ton fils n'est pas une donnée dans une équation et il ressent des choses autant qu'il en a besoin d'autres. Tout ne se règle pas avec de l'argent comme tu le fais avec ta femme et que tu voudrais faire avec moi.

- Je ne vois pas en quoi ça te concerne.

- Cela me concerne car j'aime Tony et que je ne le laisserais pas seul face à toi qui ne le connaît absolument pas, je lui ai promis.

- Comment ça je ne le connais pas ?!

- Comment s'appelle son meilleur ami ? Sa couleur préféré ? Son cours préféré ? Sa première invention ?

- ... Richard, bleu, mathématiques et son circuit imprimé ?

- Son meilleur ami s'appelle James Rupert Rhodes, il aime bien le rouge, s'ennuie en mathématiques mais adore les sciences de l'ingénierie et sa première invention était un robot pour attraper les biscuits dans le placard, qu'il n'a cessé d'améliorer depuis.

- Ce n'est pas le plus important.

- Bien sûr que si il est important !

- Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Tu déforme mes propos !

- Tu fais tout pour ne jamais le voir mais tu ne l'avoues pas !

- Ce n'est ... ! ... Nous nous passerons à partir de maintenant de tes services et c'est sans discussion possible.

- Si vous le dites. Ce sera tout, Monsieur Stark ?

- Ad... Ce sera tout Mademoiselle Hauptmann. »

Adhara quitta la tête haute cette pièce où elle ne retournerait plus avant plusieurs années.

Massachusetts Institute of Technology – 23 Mai 1987

Les applaudissements envahissaient l'amphithéâtre où se passait la remise des diplômes, le major de la promotion venait de finir son discours sur une note humoristique. Chacun des étudiants quittèrent enfin l'estrade et rejoignirent leur(s) famille/amis/proches qui avaient répondu présent en ce jour important. Adhara attendit que la majorité des personnes soit sortie pour enfin descendre les marches qui menaient à l'estrade. C'est seulement lorsque Tony se détourna du doyen qu'il la remarqua. Aussitôt il courut vers elle et la prit dans ses bras.

« - Tu es venue !

- Bien sûr ! Je ne manquerais ça pour rien au monde, surtout ton discours.

- ... Ce n'est pas le cas de tout le monde on dirait.

- Ne commence pas avec les sujets qui fâchent, tu le connais aussi bien que moi.

- Je me demande encore pourquoi j'espère.

- Parce que ce sont tes parents et qu'on espère toujours beaucoup de choses de ses parents. Mais ne parlons pas de ça. Aujourd'hui est un jour de fête ! Et puis je suis sûre que Monsieur Jarvis nous attend dehors.

- Mais Rhodey et les autres ?

- Rhodey et sa famille peuvent nous accompagner mais les autres attendront pour faire leur coma éthylique à tes côtés. J'accepte déjà difficilement ça alors cette journée tu nous la réserve.

- Promis. »

Tony la sera une dernière fois dans ses bras avant d'aller prévenir Rhodey.

Cimetière de Green-Wood - 21 Décembre 1991

Une masse uniforme et sombre avait envahi le cimetière de Green-Wood mais Adhara se demandait, dans toute cette foule, qui avait vraiment côtoyé le couple Stark et qui n'était venu que pour constater la véracité de leur mort. Elle-même se camouflait dans les derniers rangs en essayant de passer le plus possible inaperçu. Le tout était retransmis en direct à la télévision et ce n'est que quand il ne resta que deux personnes qu'elle s'approcha des cercueils. Tony semblait fixer les vides alors que Jarvis se tenait droit à côté de lui. Il avait dû écouter toute la journée des condoléances vides de sincérité, exprimées par des personnes toutes aussi vides d'intérêt. Une main se posa alors sur son épaule et il se retourna doucement vers son propriétaire. Lorsqu'il découvrit le visage marqué de son ancienne nourrice, il plaça simplement son front sur une de ses épaules et immédiatement elle l'entoura de ses bras, lui caressant les cheveux puis posa son propre menton sur la tête du jeune homme.

« - Je suis là Tony, je te l'ai promis. »

Il ne lui répondit pas mais passa à son tour ses bras autour d'elle. Quand, enfin, il se releva elle lui attrapa doucement le visage pour le regarder de plus près.

« - Oh mon chéri, comme j'aimerais en faire plus pour toi. »

Elle regarda anxieusement autour d'eux sans qu'il n'en comprenne la raison.

« - Je vais attendre à l'entrée, rejoignez moi quand vous aurez fini Monsieur. Je verrais si d'autres personnes viennent.

- Merci Edwin.

- Ce n'est rien Mademoiselle Hauptmann. Au revoir. »

Quand le majordome fut parti Adhara se retourna pour lui refaire face.

« - Tu vas devoir écouter attentivement ce que je vais te dire pendant les prochaines minutes, c'est très important. »

Anthony fixa plus durement son regard dans le sien.

« - Lorsque ton père m'a ... congédiée ... il y a quelques années, c'est en partie parce qu'il craignait pour ma vie à cause de ses nombreux rivaux et je lui ai bien sûr répondu que j'avais déjà vu beaucoup de chose mais passons ce n'est pas ce qui nous intéresse maintenant. Ce que je veux dire c'est que tu vas maintenant devoir faire encore plus attention à ce qui t'entoure. Les journalistes et le conseil d'administration sont autant de vautours dont tu devras te méfier. En fait tu ne pourras te reposer que sur quelques personnes. A qui fais-tu le plus confiance ?

- Toi. Jarvis, Rhodey et Obadiah.

- Je maintiens que je suis méfiante à l'encontre de celui-là, reste sur tes gardes pour lui. Je te rappelle qu'il fait aussi partie du conseil d'administration et qu'il va prochainement avoir quelques nouveaux profits à son actif. A l'inverse fies toi sans problème à Jarvis et à Rhodey, je pense pouvoir dire sans me tromper que tu ne risque rien de ce côté là.

- Et toi ?

- Pour moi c'est particulier. Je ... Je vais devoir m'absenter quelques temps pour remettre certaines choses au clair. Mais je serais toujours là quand tu auras besoin de moi. Toujours. Je te l'ai promis.

- Je t'aime.

- Moi aussi mon chéri. »

Appartement Adhara Hauptmann, New York - 3 Mars 2008

-Début de l'appel-

« - Adhara Hauptmann à l'appareil.

- Madame Hauptmann, c'est James Rhodes.

- Rhodey ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Ce n'est pas une bonne nouvelle que j'ai à vous annoncer.

- Tu commences à me faire peur là, qu'est-il arrivé ?

- C'est Tony, je ... on a été envoyé en Afghanistan pour une démonstration d'une nouvelle arme et ... Je ne sais pas comment vous le dire...

- James Rhodes dis-le moi tout de suite !

- Ilaétéenlevé !

- Qu...Quoi ?

- Pendant qu'on rentrait Tony a disparu et ... on pense qu'il a été enlevé.

- Oh mon Dieu je ... je ... Tu as intérêt à faire tout ce qui en ton pouvoir pour le retrouver ! J'ai à faire personnellement.

- Attend- »

-Fin de l'appel-

Immédiatement après avoir raccroché Adhara se dirigea prestement vers la pièce qui lui servait de bureau. Elle ouvrit le tiroir en haut à gauche, enleva tous les dossiers qui l'encombraient pour enfin atteindre une portière où elle tapa un code laissant apparaître divers objets dont un téléphone. Elle le sortit et appela le seul numéro présent.

Ligne sécurisée 0403

Appel Nicholas Fury

« - Colonel Fury.

- Nicholas ici Adhara Hauptmann. Mission prioritaire. Anthony Edward Stark a été enlevé pendant une démonstration en Afghanistan. Utilisation de toutes les ressources disponibles autorisée. Exécution.

- Tout de suite.

- Fin de l'appel. »

Fermeture ligne sécurisée.

Atelier souterrain, Villa Stark, Malibu - 17 Juin 2008

« - Madame Hauptmann le Colonel James Rhodes cherche à vous joindre pour la troisième fois aujourd'hui.

- Encore cinq minutes J' ...

- Il est midi passé Madame Hauptmann.

- Gné ... Décroche J' s'il te plaît. »

-Début de l'appel-

« - Madame Hauptmann !

- Quelque chose de nouveau à l'horizon Rhodey ?

- On l'a retrouvé ! On a retrouvé Tony ! On rentre bientôt. »

Adhara mit quelques minutes avant de réellement comprendre ce qui venait d'être dit puis se détendit soudainement.

« - Merci Rhodey. Je suis déjà à la Villa.

- On arrive dans trois jours. Au revoir. »

-Fin de l'appel-

« - Tu as entendu J' ? Papa rentre au bercail.

- J'ai entendu Madame Hauptmann. »

Adhara ne fut même pas surprise d'entendre le soulagement dans la voix de l'IA.

Villa Stark, Malibu - 20 Juin 2008

« - Bon retour à la maison Monsieur.

- Cela fait du bien de revenir J'.

- Madame Hauptmann s'est endormie sur le canapé en vous attendant. Je tiens à ajouter qu'elle a enregistré votre récente conférence.

- Sa réaction ?

- Elle a beaucoup rigolé. »

Tony sourit puis se dirigea vers le canapé où il découvrit son ancienne nourrice endormie. Il la recouvrit d'une couverture, l'embrassa sur le front puis alla dans son atelier.

Maison de repos, Washington - 24 Octobre 2008

« - En vérité ... Je suis Iron Man. »

« - Et c'est toi qui a élevé ce garçon Adhara ?

- Élever ne veut pas dire que je contrôle ses actes. C'est un peu le problème avec les Stark, Peggy.

- Ce gamin m'étonnera toujours. Tu as des nouvelles de Nicholas ?

- On m'a prévenu qu'il voulait débriefer Anthony sur un nouveau projet mais je n'en sais rien d'autre.

- Tu vas me dire qu'il existe des choses que tu ne connais pas dans ce qui approche le fils Stark ?

- J'ai dit que je ne savais rien, pas que je ne le saurais jamais. »

Les deux femmes rigolèrent puis la plus vieille sembla ailleurs pendant quelques secondes.

« - Comment va son père ? Cela fait longtemps que je n'ai pas revu Howard. »

Adhara retint difficilement ses larmes mais continua tout de même la conversation.

« - Je ne sais pas Peggy, je te dirai quand j'en saurai plus. »

Elle savait que la prochaine fois qu'elle viendrait, Peggy se confondrait en excuse pour les souvenirs qu'elle avait fait remonter à la surface.


Je suis vraiment désooooolée pour le retard ! J'ai complètement zappé qu'hier était le jour de publication et pourtant je me le suis marqué partout !

Enfin bref maintenant c'est fait. J'espère que le chapitre vous a plu et à dans deux semaines (plus ou moins un jour ;D)

Le 3/02