Chapitre 7 :
Bonsoooooir ! Bienvenue sur le chapitre 7 !
Publication un peu tardive mais quand même dans la journée prévue !
J'ai réussi à me rattraper par rapport au chapitre précédent puisque c'est pour l'instant le plus long que je publie !
Alors bonne lecture à ceux qui continuent à suivre cette histoire et merci !
Disclaimer : Le même que les six chapitres précédents, il n'y a qu'Adhara et sa famille qui m'appartiennent.
Cycy : Vu que tu es le premier review du chapitre 6 et surtout seulement quelques jours après sa sortie je pense que je peux accepter tes excuses ! Et je te crois, je te le jure ! Je sais ce que ça fait vu que je suis sortie récemment d'une semaine d'examens pendant laquelle j'ai eu pas mal de mal à continuer d'écrire alors qu'il fallait que je le fasse absolument ! A la base je pense que le côté ironique et sarcastique de Tony c'est plus une carapace face aux médias et aux regards des autres mais je me suis dit « Pourquoi pas ?! ». Tu n'es pas la première personne à me faire part de sa vision d'Adhara en mère poule et c'est aussi comme ça que je l'imagine même si elle a un côté protecteur qui tire vers le violent qui ne ressort qu'en certaines circonstances. Développement du James/Adhara tout de suite après ! (Sachant que j'ai écrit le premier moment en cours sur la page de gauche de mon bloc-notes quand le cours était sur la page de droite … On s'occupe comme on peut) Si c'est ce que tu t'imaginais je ne peux qu'en être encore plus satisfaite ! Je ne me lasse pas de voir que j'arrive à faire ressentir des choses aux lecteurs par rapport aux personnes et j'en suis toujours autant ravie ! C'est particulièrement crève-cœur qu'il ne se souvienne pas de lui sachant qu'elle continue à l'aimer malgré les années mais breeeef tout va s'enchainer par la suite. Donc je ne spoil pas. Je plaide coupable en tant que tortionnaire mais faut ce qu'il faut pour que ça paraisse crédible ! Et merci beaucoup pour tous tes commentaires à chaque fois :D A la prochaine et bonne lecture !
Devant un immeuble, New-York – 30 Juin 2014
Après son footing matinal habituel, Adhara rentrait dans son immeuble lorsqu'elle "bifurqua" soudainement vers une ruelle adjacente. Elle se retrouva alors face à ce qui semblait être un sans-abri. Il se tenait appuyer sur un mur, une casquette dissimulant tout son visage à l'exception de sa barbe, mais on pouvait entendre sa respiration sifflante. Adhara resta quelques instants sans rien faire puis elle se rapprocha doucement de lui pour prendre son bras droit et le placer sur ses épaules.
« - Je ne savais pas si vous viendriez un jour.
- Hum … »
Ils pénétrèrent enfin tous les deux dans l'immeuble après qu'Adhara ait désactivé toutes les sécurités. Ils avançaient lentement mais sans s'arrêter pour atteindre l'ascenseur. Il fallut encore attendre quelques minutes pour parvenir réellement dans l'appartement d'Adhara. Elle laissa l'homme se reposer contre l'un des murs pour placer une couverture de protection sur le canapé puis le laissa s'installer dessus.
« - Où êtes-vous blessé ?
- Epaule droite, dos, problème bras gauche.
- Et bien on va commencer par le plus urgent. Déshabillez-vous … ne me faites pas cette tête, je n'ai pas l'intention de vous faire encore plus mal, simplement je peux difficilement m'occuper d'une blessure par balle à travers divers morceaux de tissus. »
Finalement elle décida de couper elle-même ce qui lui servait de pull puisqu'il ne pouvait même pas lever son bras. Elle nettoya puis soigna consciencieusement la blessure par balle puis celles de son dos. Il avait aussi plusieurs hématomes pour lesquelles elle ne pouvait pas faire grand-chose.
« - Vous devriez dormir un peu, je réparerai votre bras après.
- Pas confiance.
- Alors pourquoi êtes-vous venu ? Je vous l'ai dit que vous n'étiez pas obligé de venir. »
Il ne lui répondit pas mais accepta de s'installer plus confortablement sur le canapé. Même s'il sembla s'endormir, Adhara savait qu'il ne dormirait que d'un œil au vu de son corps encore crispé. Après un dernier regard elle se dirigea vers la salle de bain afin de nettoyer la sueur et le sang qui lui collaient à la peau. Lorsque ce fut fait elle vérifia que l'ancien assassin était toujours sur son canapé avant d'appeler Bruce Banner.
-Début de l'appel-
« - Allô ?
- Bruce, c'est Adhara.
- Comment allez-vous ?
- Bien bien mais j'aurais un service à te demander.
- Je verrais si j'en ai les capacités.
- Oh tu en as les capacités, ça j'en suis sûre ! En fait j'aimerais que tu préviennes Anthony que je ne serai pas disponible dans les jours voire les semaines avenir. Si je l'appelle moi-même il va sûrement me poser beaucoup trop de questions alors que je sais, qu'à l'inverse de lui, tu connais la notion de vie privée.
- … Je vais essayer mais je ne pense pas que cela va l'empêcher de vous appeler.
- Ne t'inquiète pas, de ce côté-là je m'en occupe. Merci d'avance.
- Ce n'est pas grand-chose.
- A une prochaine fois. »
-Fin de l'appel-
Ce n'est qu'à partir du moment où l'odeur de nourriture envahit l'appartement qu'elle entendit l'ancien bras armé d'Hydra se lever.
« - J'espère que vous mangez des œufs parce que c'est ce que j'ai trouvé de plus facile à manger avec un seul bras. »
Il ne lui répondit pas mais s'installa quand même à table. Et c'est ainsi qu'Adhara découvrit qu'il avait autant d'appétit que Steve Rogers. Lorsqu'il fut enfin rassasié, elle lui fit découvrir une nouvelle pièce : dissimulée derrière l'une des bibliothèques du salon, se trouvait une porte blindée. Pour pénétrer dans cette nouvelle pièce son hôte dû entrer un code, prouver son identité avec diverses reconnaissances faciales, digitales etc … Et enfin la porte s'ouvrit sur des murs aussi blancs que le sol et on sentait l'aseptisation de la pièce dans l'air. Divers appareils qu'il ne reconnaissait pas forcément envahissaient aussi la pièce et Adhara se dirigea d'un pas décidé vers un tabouret qu'elle fit rouler avec une table en métal jusqu'à un fauteuil. Le Soldat fut quelque peu réticent à l'idée de s'y asseoir, certains souvenirs douloureux refaisant surface, mais il ne laissa rien paraître. Adhara pu alors installer la prothèse métallique sur la table et s'arma de différents outils puis se mit au travail en silence.
*Quelques heures plus tard – Même endroit*
« -Essayez de bouger les articulations des doigts maintenant…Je pense que c'est bon. On peut dire ce qu'on veut mais ils ont fait un assez bon travail. »
Adhara sentit son « patient » se raidir brusquement.
« - Au moins vous avez eu de la chance que le disfonctionnement ne soit pas si grave, un peu plus et vous auriez dû aller voir quelqu'un d'autre. »
Elle les fit ressortir de l'atelier/laboratoire et remit en place toutes les sécurités.
« - Vous devriez retourner vous reposer, on va sûrement devoir bouger dans les prochains jours. De mon côté je vais essayer de rassembler le plus d'informations possible.
Il acquiesça mais au moment où il retournait sur le canapé, Adhara lui attrapa le bras.
« - Pas besoin de réutiliser le canapé, il y a une chambre inutilisée depuis pas mal de temps. »
Elle ouvrit la première porte du couloir et il découvrit une chambre relativement spacieuse, les murs recouverts de posters de groupes de musique, un grand lit double d'un côté, un bureau encombré et une armoire de l'autre. Il resta méfiant quelques minutes mais déjà Adhara repartait. Juste avant de sortir elle se retourna vers lui.
« - Je n'ai pas l'intention de vous appeler Soldat pendant votre séjour alors il faudrait que vous me disiez comment je dois vous nommer. »
Il continua de la fixer en silence.
« - Alors comment dois-je vous appeler ?
- Je ne sais pas. »
Appartement Adhara Hauptmann, New-York - 1erJuillet 2014
Le Soldat ne se souvenait pas de la dernière fois où on l'avait laissé dormir plus de quelques heures à la suite et son corps s'était habitué à ce rythme irrégulier. C'est pourquoi il se réveilla dès les premières heures du jour et découvrit un appartement vide de toute autre présence humaine. Il resta alors assis sur le canapé jusqu'à ce qu'il entende la porte d'entrée s'ouvrir. Il fut immédiatement sur ses gardes pour finalement tomber face à Adhara, vêtue d'une tenue de sport (comme la veille se rappela-t-il ensuite) et des écouteurs dans les oreilles.
« - Déjà debout ? … Hum oui j'imagine que ça doit être normal. Vous avez faim ? »
Il ne lui répondit pas mais elle n'en attendait vraisemblablement pas puisqu'elle était déjà partie dans le coin cuisine.
« - Il faut vraiment que je refasse des courses … Ou alors je commande juste ? Il faudrait que je réfléchisse à ce que j'y gagne vraiment… Vous mangez la même chose qu'hier ? Ou peut-être plus, il faudrait que vous repreniez des forces avec quelque chose de plus consistant… »
Adhara continua son monologue jusqu'à ce que tout soit prêt. Quand le petit déjeuner fut pris et qu'elle eut pris sa douche elle s'arrêta brusquement devant son colocataire provisoire.
« - Il serait peut-être temps que vous vous laviez, non ? … Les vêtements vont peut-être poser problème mais je pense que je peux me débrouiller. Suivez-moi … S'il vous plaît. »
Lorsqu'il la rejoignit, elle avait déjà la tête plongée dans l'armoire de la chambre qu'elle lui avait assignée.
« - J'étais pourtant sûre qu'il avait eu une période où … Peut-être dans l'un des tiroirs … Ou sur un cintre … Ah les voilà ! »
Elle ressortit avec un large sweat-shirt, un pantalon simple et un t-shirt tout aussi ample.
« - Pour le pantalon je ne suis pas sûre de la taille mais le reste devrait vous aller facilement. »
... « Facilement » n'est pas le mot que le Soldat aurait employé, il avait eu du mal à enfiler le bas et le t-shirt lui collait quelque peu à la peau.
« - Maintenant que vous êtes prêt on va pouvoir passer aux choses sérieuses !
- Par quoi allons-nous commencer ?
- Par aller vous achetez de nouveaux vêtements. »
Il fronça les sourcils et la regarda comme si une troisième tête lui avait poussé pendant la nuit.
« - Je suis très sérieuse. Maintenant que vous êtes sortable, nous allons essayer de trouver des vêtements récents et décents à votre taille. Vous n'allez pas rester plusieurs semaines avec les mêmes vêtements trop petits sur le dos. Ensuite je répondrai aux questions que vous vous posez, enfin dans la mesure du possible, et je vous aiderai à retrouver votre passé. Deal ? »
Il hésita encore quelques secondes puis accepta de lui serrer la main.
*Quelques heures plus tard – Même endroit*
« - Depuis le départ je suppose chacun de vos actes et de vos pensées mais vous ne m'avez jamais dit quel était votre but, ce que vous recherchez.
- Qui je suis.
- Ne craignez-vous pas alors de ne pas être vous-même mais l'image que l'on s'est fait de vous ?
-…
- Ce que je veux dire c'est que je ne voudrais pas qu'en cherchant votre ancienne identité vous vous empêchiez de vous forger votre propre identité… En réalité je ne veux pas que vous soyez comme Rogers. »
Le Soldat dû se retenir de se mettre en position de combat, ne pouvant s'empêcher d'être hostile à l'entente de ce nom.
« - Cela fait quoi ? … 4 … 5 ans qu'on l'a sorti de sous la glace et il passe son temps à ressasser le passé, à comparer son ancienne vie et la société actuelle. Il tente de se moderniser mais ne met pas assez de volonté pour ça. Je veux vous faire comprendre qu'il a eu l'opportunité de se créer une nouvelle vie mais il ne l'a pas saisi et j'aimerais que vous évitiez d'être dans ce cas-là. Je comprends que vous fassiez ces recherches ! Mais il faudrait que cela ne vous empêche pas de vous reconstruire avec une nouvelle vie. Votre passé fait partie des expériences qui peuvent vous aider à construire cette vie mais vous ne devriez pas vous polariser seulement autour de ses souvenirs. C'est en parti pour ça que je vous ai demandé comment je devais vous appeler … C'est tellement confus dans ma tête que je ne suis pas sûre de vous l'avoir bien expliqué.
- J'ai compris.
- C'est tout ce dont j'ai besoin. Bon, maintenant que cela est dit, passons aux choses sérieuses ! »
Appartement Adhara Hauptmann, New-York -24 Juillet 2014
« - J'ai trouvé très peu de choses sur votre période « Winter Soldier » mais ça ne me surprend pas vraiment, ça prouve qu'on vous a … « bien » formé. Les informations sur votre sérum, votre création en quelque sorte, ne devaient être connues que par le Dr Zola je présume. Heureusement j'ai encore quelques connaissances qui m'ont fourni une copie de votre dossier, je l'ai mis sur le canapé. Je cherche encore pour essayer de trouver des rapports de missions mais je pense que la plupart sont sous format papier chez les instigateurs de ces missions. En fait je pense surtout que l'information a été fragmentée : Pour éviter qu'on découvre tout sur vous d'un coup, ils ont dû diviser chaque dossier à différents endroits sûrement difficiles à trouver. On va probablement devoir se déplacer en personne … enfin vous allez sûrement devoir vous déplacer … Les sources pré-guerre sur vous sont aussi un peu rares mais c'est surtout parce que tout n'était pas répertorié à cette époque. Aujourd'hui chacun de nos gestes est suivi par l'une ou l'autre organisation. »
Pendant que le Soldat commençait à lire son propre dossier, Adhara se dirigea en parlant dans la cuisine.
« - Vous avez une préférence pour ce midi ? Les placards sont pleins à craquer.
- Comme vous voulez.
- Vous savez que vous ne m'aidez pas beaucoup là … Mais je ferais avec. »
Il n'entendit alors que les bruits des objets dans la cuisine jusqu'à ce qu'Adhara commence à fredonner. Il ne s'en préoccupa d'abord pas mais petit à petit la mélodie s'insinua en lui et il lui semblait qu'elle lui rappelait quelque chose … C'était là, il le sentait … Ça essayait de se frayer un chemin dans sa mémoire il le savait ! … Mais pourtant il n'arrivait pas à l'atteindre ...
Appartement Adhara Hauptmann, New-York -25 Juillet 2014
« Une main qui caresse doucement ses cheveux … puis une voix qui s'élève …Il fut un temps, quand j'étais seul. Nulle part où aller et aucun endroit à appeler maison. Mon seul ami était l'homme sur la lune, Et même lui, parfois, s'en allait aussi… Il n'entend plus la voix … Mais il a peur … Pourtant il n'a jamais peur ! Ça ne pouvait pas être réel … Puis une nuit, alors que je fermais les yeux, j'ai vu une ombre voler haut. Il est venu vers moi avec le plus doux des sourires, m'a dit qu'il voulait parler un moment… - Quelle est cette chanson ? Vous me la chantez chaque fois que je me réveille… Ces yeux … Il se souvient de ses yeux … Il s'en souvient … »
Le Soldat se réveilla en sursaut avec un terrible mal de crâne, légèrement tremblant et de la sueur collant à ses vêtements. Il sut immédiatement ce qu'il devait faire et se leva sans hésiter. Adhara dormait silencieusement et sans rêver lorsqu'elle sentit un léger mouvement à côté d'elle. Elle se réveilla instantanément et pointa par réflexe l'arme qu'elle cachait sous son oreiller sur son visiteur impromptu. Elle se détendit en voyant que ce n'était « que » son invité mais se reprit lorsqu'elle vit qu'il la tenait lui-même en joue.
« - Que vous arrive-t-il ?
- Qui êtes-vous ?
- La personne qui vous héberge depuis plus d'un mois maintenant.
- Ce n'est pas ce que je demande, qui êtes-vous vraiment ?
- Je ne comprends pas votre question.
- NE ME MENTEZ PAS ! »
Adhara resta quelques secondes silencieuse, surprise par le ton de son vis-à-vis.
« - Je vous ai vu … Cette nuit … un souvenir. »
Elle soupira et ferma les yeux en abaissant enfin son arme.
« - Je savais que ce moment arriverait.
- Donc vous m'avez menti.
- Ah ça non ! … J'ai simplement omis de vous transmettre quelques informations.
- Ne jouez pas sur les mots.
- C'est pourtant la vérité. Je m'appelle réellement Adhara et je veux vraiment vous aider. C'est tout ce dont vous avez besoin de savoir.
- Mais je vous ai vu !
- … J'espère que vous n'êtes pas fatigué car cette conversation va être longue. »
Adhara parvint à s'extirper du lit où elle se trouvait encore afin de rejoindre la salon. Lorsqu'ils furent tous deux installés elle put commencer ses explications.
« - La première fois que je t'ai rencontré tu étais sergent dans l'armée américaine. Toi et ton régiment aviez été faits prisonnier par Hydra puis tu avais été considéré comme inapte au travail et envoyé dans les laboratoires pour subir des expériences dans l'optique de dupliquer le sérum de super-soldat. Mon rôle à moi c'était de te garder le plus longtemps possible en vie… C'était en 1943. »
La pièce resta quelques secondes silencieuses puis le Soldat posa la question qu'avait engendrer cet aveu.
« - Quel âge avez-vous ?
- … Je vais bientôt avoir 92 ans …
- Mais vous …
- J'étais présente dans cette base d'Hydra bien avant que tu n'arrives. J'ai moi aussi servi de cobaye à ces personnes mais étant une femme j'ai ensuite été reléguée au rang d'infirmière mais le mal était fait : mon organisme vieillit extrêmement lentement, je mets dix ans pour prendre physiquement une année. J'ai en ce moment le corps et le métabolisme de quelqu'un ayant 28 ans. Et encore ce n'est que le résultat de calculs purement théoriques et des tests que je fais régulièrement. Peut-être qu'arrivée à un certain stade je ne vieillirais plus du tout ou qu'au contraire toutes les années reviendront d'un coup et je mourrais soudainement. »
Le silence reprit sa place dans la pièce, chacun dans ses propres réflexions.
« - Pourquoi ne l'avez-vous pas dit tout de suite ?
- Alors que je passe mon temps à te dire que tu ne dois pas rester bloquer dans le passé ? Ça aurait été très hypocrite de ma part.
- … Donc vous m'avez connu …
- Non, j'ai connu James Buchanan Barnes, sergent dans la 107ème d'infanterie et que la plupart des gens appelés Bucky. Vous n'êtes pas la même personne tous les deux.
- Et vous, comment m'appeliez-vous ?
- Moi ? Je t'appelais James.
- … Vous m'avez demandé comment vous deviez m'appeler alors … Appelez-moi James. »
Hôtel à la Nouvelle-Orléans - 3 Septembre 2014
Adhara terminait de fermer ses chaussures lorsque James sortit de la salle de bain de leur chambre. Elle le découvrit alors vêtu de sa tenue de Winter Soldier.
« - Tu l'avais gardé.
- Peut toujours servir. »
Et la conversation fut close. Chacun se prépara de son côté, vérifiant la présence de tout le matériel indispensable dans leur sac.
«- La maison de cet agent se trouve à même pas un kilomètre d'ici donc on a la possibilité d'y aller. D'après les plans nous serions plus discrets en passant par un puits désaffecté à proximité.
- Une idée du nombre d'hommes ?
- Il est célibataire mais mon poste provisoire de serveuse m'a permis qu'il rencontre régulièrement sept hommes dont il semble être le chef au vu de son langage corporel. Alors il faut prévoir une dizaine d'hommes je présume.
- Le mouchard est bien en place ?
- Oui, on va pouvoir écouter leur conversation avant d'y aller mais autant être déjà sur place au cas où il y aurait de grosses révélations.
- Et mon dossier ?
- Caché dans un coffre-fort derrière un faux mur du premier étage.
- …
- Image thermique de mardi dernier.
- Si vous le dîtes. »
James plaça les dernières armes de tout type sur son uniforme pendant qu'Adhara le fixait encore.
« - Je ne comprends quand même pas où tu arrives à toutes les cacher…
- Et moins je ne comprends pas pourquoi vous n'avez pas enlevez tous vos bijoux.
- Bien sûr que si je les ai enlevés.
- Non il en reste un, je vois une chaîne autour de votre cou.
- Celui-ci je ne l'enlève jamais. Jamais. »
*Plusieurs heures plus tard – Même lieu*
« - Pfiou ! Cela fait longtemps que je n'avais pas ri comme ça. Si ils n'avaient pas fait le pire choix de carrière possible j'aurais presque eu de la peine pour eux. Par chance ils ont choisi de prêter allégeance à Hydra alors je n'ai aucun remords ! »
James acquiesça comme seule réponse, le nez déjà plongé dans le dossier fraîchement acquis.
« - Ils étaient tellement surpris qu'ils ne savaient même plus sur qui tirer ! Vraiment tordant. Par contre le coffre-fort était vraiment trop facile à ouvrir, un jeu d'enfant. Je m'attendais à plus de difficultés.
- Tu as quand même réussi à enclencher l'alarme en remettant ta chaussette en place.
- Tu …. Tu … Mais avant …. Vous … Alors pourquoi maintenant ?
- Quelque chose à dire ?
- Non … C'est juste un peu surprenant ce changement soudain. »
Adhara resta silencieuse à fixer le sol alors que James la regardait avec un léger sourire en coin.
« - … Au moins ça me fera un anniversaire atypique.
- C'est ton anniversaire ? On est déjà le 3 Octobre ? Alors bon anniversaire.
- Euh … Merci. »
Puis marmonnant pour elle-même : « - Comment peut-il s'en souvenir ? … Oui vraiment atypique. »
Ce qu'Adhara ne savait pas c'est qu'au moment où elle enlevait ses chaussures sa chaîne glissa hors de son col et James pu découvrir ce qui y était attaché et auquel sa partenaire tenait tant : une bague qui, il en était sûr, lui était familière.
Appartement Adhara Hauptmann, New-York - 13 Novembre 2014
« - Alors la période de 1945 à 1964 est presque complète. Mais il reste beaucoup trop d'inconnus pour les années 70… Peut-être aucune mission à cette époque ?
- Si, il y en a eu.
- … Je te crois sur parole. Mais … »
Adhara ne put finir sa phrase qu'on entendit la sonnerie étouffée d'un portable. Immédiatement elle courut à l'étage supérieur et pénétra dans une pièce où James n'était jamais allé : son bureau.
-Début de l'appel-
« - Nicholas ? Tu n'étais pas censé prendre ta retraite ?
- Un agent du SHIELD n'est jamais vraiment en retraite, tu en es la preuve vivante.
- Pour quelle raison m'appelles-tu Nicky ?
- J'ai appris fortuitement que tu étais en collaboration avec Barnes.
- Fortuitement hein … Mais bref passons, que lui veux-tu ?
- J'aimerais lu proposer de participer à certaines missions du SHIELD.
- Mais tu n'en es plus le directeur Nicky.
- Je garde tout de même un œil dessus.
- … Qu'est-ce qu'il y gagnerait ?
- Une possible réhabilitation et une aide pour ses questionnements.
- Cette aide je la lui fournis déjà je te rappelle.
- Il y a sûrement des choses que tu ne peux pas faire ou trouver.
- Pour l'instant cette situation ne s'est pas posée. Mais ne t'en ai fait pas je lui en reparlerai, on te rappellera avec sa réponse. Mais n'espère pas trop nous n'avons pas fini notre travail ici et ensemble. »
-Fin de l'appel-
« - Qui était-ce ?
- Oh quelqu'un que tu connais : le colonel Nicholas J. Fury, l'ancien directeur du SHIELD.
- Mais il est mort.
- Toujours pas. Les agents du SHIELD ne restent jamais morts très longtemps.
- … Pourquoi a-t-il appelé ?
- Il voulait simplement te proposer des missions au profit du SHIELD. Mais je lui ai dit que tu étais pour l'instant. Bien sûr tu peux l'appeler à tout instant pour accepter sa proposition.
- Non. Nous avons encore du travail. »
James quitta dans la pièce sans rien ajouter.
Appartement Adhara Hauptmann, New-York – 21 Décembre 2014
« - C'est normal le changement de couleur de ton répondeur ?
- Quel changement ?
- D'habitude il clignote rouge, cette fois j'ai l'impression qu'il est … bleu ?
- Bleu ! Tu es sûr ?!
- Aussi sûr qu'on peut l'être. »
Aussitôt James entendit des cavalcades dans les escaliers puis Adhara appuya sans ménagement sur une des touches du téléphone. Une voix féminine et qui semblait enfantine s'en échappa alors.
« - C'est bon ? On m'entend bien ? Maman m'a dit n'appeler ce numéro si il arrivait quelque chose à grand-père. Donc voilà j'appelle parce qu'on a passé toute la nuit aux urgences. Hier soir Papy a commencé à transpirer et puis il ne pouvait plus respirer et après … »
On entendait la voix de l'enfant être de plus en plus saccadée et pleine de larmes.
« - Le médecin est venu ce matin et il nous a dit … Il a dit que … Papy … Il ne va pas tenir encore très longtemps… »
Une voix plus âgée prit alors sa place à l'autre bout du fil.
« - Comme Cass' l'a dit, mon père, Aliath Hauptmann, est interné aux urgences depuis cette nuit. Sa maladie a passé un stade critique mais il avait déjà refusé tout traitement et c'est devenu maintenant inutile. Les médecins lui donnent encore une semaine maximum donc nous restons à ses côtés pour profiter de ses derniers instants. Depuis des années nous laissons un message sur cette boite vocale à chaque fois qu'il se passe quelque chose de particulier dans la vie de mon père alors voilà surement la dernière annonce. »
Le message vocal s'arrêta ainsi et James se retourna vers Adhara pour découvrir qu'elle fixait encore obstinément le répondeur les mains tremblantes. Il plaça doucement ses mains dans son dos et la guida sans bruit vers l'un des fauteuils.
« - Je … Je pense que tu devrais finalement accepter l'offre de Fury, je vais devoir m'absenter quelques jours.
- D'accord. Je vais voir pour te réserver un billet d'avion pour la France le plus rapidement possible.
- Pas la peine, il faut seulement que j'appelle quelqu'un.
- Avant d'appeler qui que ce soit tu vas rester assise ici et te calmer. »
Adhara acquiesça sans rien ajouter et James partit dans la cuisine pour lui chercher un remontant. Dès qu'elle eut repris ses esprits chacun rejoignit sa propre chambre pour préparer ses affaires et Adhara en profita pour passer l'appel dont elle avait besoin.
-Début de l'appel-
« - Votre correspondant est actuellement indisponible.
- Je suis désolée de te déranger Anthony mais ce n'est pas le moment de bouder. J'ai besoin de toi pour quelque chose de très important.
- Je t'écoute Ely.
- J'aurais besoin de ton jet le plus rapidement possible. Il faut que je retourne temporairement en France pour une affaire très grave.
- C'est-à-dire ?
- Un membre de ma famille. Il faut que j'aille voir ma famille de toute urgence.
- … Rendez-vous dans une heure à l'aéroport, je vais t'emmener moi-même.
- Mais Tony …
- Ce n'est pas discutable Adhara, tu feras ce que tu veux là-bas et je te laisserai tranquille mais c'est moi qui t'y emmène. J'appelle un ami et je prends des affaires et on se rejoint à l'aéroport. A tout de suite.
- Mais … »
-Fin de l'appel-
Adhara soupira puis replaça le téléphone sur son socle. Son sac fini et clos, elle le plaça dans l'entrée et récupéra ses papiers.
« - Tu devrais éviter de venir avec moi à l'aéroport si tu veux encore rester quelques temps caché. Je prendrai un taxi pour m'amener. Le numéro de Fury est le seul qui est sur mon portable, tiroir du haut du bureau. La ligne est continuellement sécurisé donc ne t'inquiète pas pour ça. Je ne sais pas quand je rentrerai donc nous verrons si on se croise.
- Je serai là pour t'attendre. »
Adhara le fixa dans les yeux, semblant vérifier la véracité de ses propos. Puis sans prévenir elle posa sa tête sur son épaule et ses bras entourèrent son torse. James ne sut comment réagir puis se décida à lui frotter maladroitement le dos. Adhara s'écarta ensuite et le quitta avec un dernier sourire.
Clinique privée, Strasbourg – 23 Décembre 2015
« - La chambre d'Aliath Hauptmann, il a été admis aux urgences il y a deux jours normalement.
- En effet un dénommé Aliath a récemment été admis dans nos services. Troisième étage, quatrième chambre à droite. Normalement il est seul dans sa chambre, les infirmières sont passées et les visites viennent de commencer.
- Je vous remercie. »
Adhara se rendit à la chambre indiquée mais hésita avant d'entrer. Après tout ils ne s'étaient plus vu depuis qu'elle avait été déportée avec leurs parents, il ne devait même pas la penser encore vivante. Elle inspira alors un grand coup et pénétra dans cette chambre qu'elle craignait temps. Elle y découvrit un homme âgé, endormi dans un lit qui semblait trop grand pour lui. Malgré la gravité de son cas il n'y avait pas beaucoup de fils auxquels il était relié. Les cheveux bouclés et bruns dont elle se souvenait avaient laissé place à de fins cheveux blancs qui ne recouvraient même pas l'ensemble de son crâne. Ses yeux fermés ne laissaient pas apercevoir ses iris bleus qui étaient surement devenues plus vitreuses avec les années. Alors, aussi silencieusement que possible, Adhara s'installa sur la chaise placé à proximité du lit et lui attrapa la main tout aussi doucement. Il fallut atteindre un bon quart d'heure avant que le patient ne papillonne des yeux. Adhara continuait de lui caresser la main du pouce pendant que l'homme s'éveillait tranquillement.
« - … Je savais que tu n'étais pas simplement morte ou disparue. Cela manquerait cruellement de panache pour toi. Mais de là à te voir ainsi, je pourrais presque croire que tu n'es qu'une hallucination.
- Mais je suis bien réelle.
- Oh ça je le sais, quand je rêve de toi tu n'as pas cette coupe de cheveux. »
Cette tentative d'humour les fit sourire tous les deux mais ce sourire n'alla même jusqu'aux yeux.
« - Tu dois avoir beaucoup de questions à me poser.
- J'aurais plutôt pensé à l'inverse.
- Je n'étais pas sûr que tu veuilles en parler.
- Je te dois au moins ça après avoir disparu de ta vie pendant tout ce temps.
- Alors c'est ça … Tu culpabilises … Sauf que j'ai toujours su que tu gardais un œil sur moi pour me surveiller. J'ai pu lire les lettres que tu échangeais avec Tantine lorsqu'elle est décédée et je n'ai pas cherché longtemps à savoir qui fournissait l'argent pour me nourrir et m'habiller puis pour mes études etc… C'est simplement que je me suis souvent demandé pourquoi tu n'étais pas revenue après la guerre et puis je me suis juste dit que tu devais avoir tes raisons.
- J'aurai voulu faire plus et être plus présente mais comme tu peux le remarquer il s'est passé quelques changements en cours de route.
- Oui j'ai vu.
- Bon si vraiment tu veux que l'on parle de nos vies respectives, commençons par le plus déprimant : la mienne. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler d'une organisation nommée Hydra ? Et bien j'ai eu l'honneur, si je puis dire, d'être choisie pour subir quelques sympathiques expériences puis, lorsqu'on a considéré que j'étais inutile, j'ai été reléguée à un rôle de soigneuse. Bien heureusement, on m'a aidé à m'échapper et j'ai essayé d'aider du mieux que je pouvais la SSR ou Section Scientifique de Réserve auprès d'un certain Howard Stark. Après-guerre je suis allée vivre aux Etats-Unis où j'ai continué des études dans différents domaines jusqu'à ce que Howard m'embauche pour élever son fils. Tâche à laquelle je me suis acquittée jusqu'à que je sois poliment renvoyé. Depuis j'ai travaillé par-ci par-là, la plupart du temps auprès d'anciennes connaissances. Et maintenant je vaque à mes occupations.
- Peux-tu me donner la version sans mensonge par omission et avec la raison pour laquelle tu n'es jamais revenue ?
- … Sauf que je suis revenue. Tout de suite à la fin de la guerre je suis revenue. Mais j'ai rencontré quelqu'un en 1943 dans cette base d'Hydra et on s'est rapproché. C'est lui qui m'a permis de m'échapper et plusieurs mois plus tard nous nous sommes fiancés.
- Et en quoi est-ce déprimant ?
- Il est mort… Quelques jours plus tard… Enfin c'est ce qu'on pensait jusqu'à récemment ! On a découvert qu'il avait été retrouvé par Hydra et transformait en super-assassin lobotomisé. Les expériences ainsi que les différentes cryogénisations font qu'il semble avoir la trentaine en ce moment alors qu'il va sur son centenaire.
- Comme toi.
- Sauf que je n'ai jamais été « cryogénisée » et que je ne sais pas comment mon métabolisme va évoluer.
- … Et qu'est devenu cet homme ?
- On vit ensemble et j'essaye de lui faire retrouver la mémoire sans qu'il veuille nécessairement l'homme qu'il était avant.
- Se souvient-il de toi ?
- En partie.
- Et continues de l'aimer malgré les décennies. »
Et ce n'était pas une question.
« - En bref tu as élevé Iron Man.
- Entre autre. C'est même lui qui m'a amené ici, quel enfant turbulent.
- On fait plus ennuyeux comme vie.
- Je présume.
- Comme la mienne.
- Je suis sûre qu'elle est passionnante.
- Ça c'est toi qui le dis. Par où commencer … Comme tu le sais je suis revenu à la maison plusieurs mois après la guerre avec Tante Arabella. Elle a gardé sa maison à la campagne et j'ai hérité de celle d'ici mais j'ai plutôt habité chez elle jusqu'au début de mes études. C'est là-bas que j'ai rencontré mon épouse Aubrey et nous avons vécu heureux ensemble jusqu'en 2010. Je suis devenu astronome comme Papa et professeur en université le reste du temps, Aubrey était secrétaire dans un grand cabinet d'avocat, nous avons donc pu vivre confortablement facilement. Nous avons eu trois enfants : Arcturus, Alphard et Adhara, trois de mes plus grandes réussites je dois dire. Ils se sont eux-mêmes mariés et nous ont permis d'avoir cinq merveilleux petits enfants. »
Aliath commença à rigoler puis il se mit à tousser de plus en plus fortement et Adhara se leva immédiatement pour l'aider. Heureusement il parvint à se calmer sans qu'ils n'aient besoin d'appeler les infirmières en renfort.
« - Je disais donc cinq petits enfants qui perpétuent la tradition en portant des noms d'étoiles. Dès ma retraite je me suis occupé d'eux le plus souvent possible puisque nous ne vivons pas très loin les uns des autres, à part Arcturus et sa femme Gemma qui vont régulièrement rendre visite à sa famille en Angleterre. C'est dommage qu'ils n'aient jamais réussi à avoir d'enfant, ils ont tellement d'amour à revendre… Donc tu vois que j'ai eu une vie heureuse et bien remplie et même si je sais que c'est bientôt la fin pour moi, je n'ai pas peur et je ne regrette rien… Mis à part que tu n'aies été là pour participer à ce bonheur. »
Adhara se rapprocha alors encore plus de son lit et le prit doucement dans ses bras.
« - J'aurai aussi tellement voulu être là mais au début je ne me sentais pas le courage de m'occuper de toi, puis j'ai eu peur que tu m'en veuilles, que tu me crois morte ou que tu m'aies oublié.
- Je ne t'ai jamais oublié et je ne t'en ai jamais voulu. Tu étais le dernier membre de ma famille proche qu'il me restait et j'ai chéri ton souvenir comme aucun autre. Maintenant notre famille s'est agrandie et je te demande juste, égoïstement, que tu veilles sur eux comme tu as veillé sur moi.
- Je te le promets.
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi Aliath.»
Adhara l'embrassa une dernière fois sur le front puis quitta la chambre sans se retourner afin d'éviter qu'il ne voit les larmes qui commençaient à couler le long de ses joues. Dans le couloir elle se retrouva face à un troupeau d'une dizaine de personnes qui la regardaient fixement.
« - Vous êtes la personne que nous devions appeler en cas de problème, et à qui on a envoyé plusieurs lettres et colis. »
C'était une femme qui s'était adressée à elle et elle reconnut celle qui avait appelé sa boîte vocale « spéciale ». Elle lui ressemblait beaucoup à l'exception que le visage de cette femme était moins rond et ses yeux marrons.
« - En effet.
- Et donc vous êtes venu le voir.
- Oui.
- Pourquoi ?
- Une vieille histoire de famille.
- Nous sommes cette famille et pourtant nous ne vous avons jamais vu avant.
- Si moi je l'ai vu Maman ! »
Cette fois c'est l'enfant qui avait participé au message qui était intervenu. Elle semblait avoir 6 ou 7 ans et ressemblait comme deux gouttes d'eau à une version féminine d'Aliath à cet âge.
« - Elle était sur une photo dans la boîte sous son lit quand je cherchais Nono. Mais elle était vieille cette photo, très vieille.
- Êtes-vous là pour un quelconque héritage ?
- Jamais ! Ce serait très indélicat et surtout honteux de venir pour quelque chose comme ça. En fait je vis à l'étranger et j'ai essayé de venir le plus rapidement possible après votre message mais je repartirai tout aussi rapidement par la suite. Simplement votre père m'a demandé de garder un œil sur vous et le reste de cette famille, de vous aider en cas de besoin.
- Nous n'avons pas besoin de votre aide.
- Je n'en doute pas mais je continuerai quand même à prendre régulièrement de vos nouvelles par tous les moyens dont je dispose et je vous avouerai qu'ils sont nombreux.
- … Je ne vous fais tout de même pas confiance.
- Et je ne vous en demande pas tant.
- Mesdames ? Monsieur Hauptmann demande à parler quelques minutes à ses enfants Adhara, Arcturus et Alphard si possible. »
La femme sembla hésiter quelques instants mais se décida finalement à accepter de quitter quelques minutes ses propres enfants. Adhara se retrouva donc dans un couloir en compagnie de trois enfants, deux adolescentes et trois adultes.
« - Veuillez pardonner ma femme, elle est sur les nerfs depuis … l'annonce.
- Je me présente : Arsène Sernine, je suis le conjoint d'Adhara que vous venez de rencontrer et voici nos trois enfants : Alnaïr et Cygnus, les jumeaux et Cassiopée la petite dernière. »
L'enfant qui avait vu sa photographie.
« - Gemma est la femme d'Arcturus qui vient de rentrer dans la chambre et Céline celle d'Alphard. Mes deux nièces, derrière vous, sont Khara et Maïa.
- Ravie de vous rencontrer. »
Avant qu'il ne puisse plus la questionner sur sa propre identité, la fratrie Hauptmann sortit de la chambre et ne semblèrent pas surpris en voyant qu'Adhara était toujours là.
« - … Il nous a dit de vous faire confiance, que vous aviez toujours été là pour lui et que vous seriez toujours là pour nous.
- Malheureusement je n'ai pas pu être là pour lui mais je le serai pour vous tous sans aucune hésitation. Je le lui ai promis. »
Alors Adhara leur tendit à chacun une carte qui comportait son nom, son adresse et un de ses numéros ainsi que son adresse mail.
« - Voici ma carte, vous pouvez me joindre à tout instant. »
Ils lurent alors ce qui y était inscrit mais lorsqu'ils voulurent faire une remarque sur son identité elle avait déjà disparu.
Appartement Adhara Hauptmann, New-York – 27 Décembre 2015
Lorsque James rentra de sa première véritable mission il n'était blessé nulle part et découvrit l'appartement complètement plongé dans le noir. Cela ne l'aurait pas surpris outre mesure, puisque la propriétaire était absente depuis plusieurs jours, si certains objets n'avaient pas changé de place et si les lieux n'étaient pas si silencieux. La main posait sur l'une de ses armes il avança lentement dans la pièce principale, sur ses gardes mais se détendit lorsqu'il reconnut la silhouette d'Adhara, assise par terre et une bouteille à la main. Il se demanda d'abord depuis quand sa présence le détendait mais chassa rapidement cette question de son esprit lorsqu'il se rendit compte qu'elle pleurait aussi silencieusement qu'elle pouvait. James laissa alors ses affaires dans l'entrée et s'assis à côté d'elle. Sans un mot elle posa sa tête sur son épaule et continua à pleurer. Lorsqu'elle fut plus calme, elle se décida à parler.
« - C'est … C'était mon frère dont ils parlaient dans le message. Il est mort il y a seulement quelques jours et je suis restée jusqu'à son enterrement. Il avait 5 ans quand j'ai été déportée avec nos parents et 7 quand la guerre s'est terminée. Mais je ne suis jamais allée le voir. Il a vécu toute sa vie en sachant que j'étais vivante, que je savais où le trouver mais que je ne venais jamais. Et maintenant il est mort. Bien sûr je suis allée le voir avant mais cela ne change rien au fait que je l'ai abandonné pendant tant d'années.
- Tu pensais le protéger.
- Mais de quoi ?!
- De toi-même. Qu'il ne remarque pas que tu avais changé avec la guerre.
- ... Après, ça a été parce que justement je ne changeais plus, avec le temps qui passe.
- Et tu voulais aussi te protéger toi-même car tu n'aurais pas pu supporter qu'il ait peur de toi et qu'il t'évite.
- ... Oui.
- Ça n'aurait surement rien changé pour lui, tu étais sa sœur.
- Peut-être mais ça m'aurait fait quelque chose à moi parce que j'aurais dû le regarder vieillir … Le pire c'est que ce n'est pas la seule chose égoïste que j'ai fait : maintenant je me dis que ce n'est pas seulement sa mort que je pleure mais c'est aussi qu'il ait réussi tout ce que je ne peux pas faire.
- Comme quoi ?
- … Fonder une famille. Ça peut sembler stupide et malvenu en ce moment mais j'ai toujours voulu former une famille. Sauf que … j'ai essayé tous les tests possibles et imaginables mais le résultat reste le même à chaque fois : je ne pourrais jamais avoir d'enfant… On peut aussi se dire que ce n'est pas une si mauvaise chose comme on ne sait pas comment aurait été cet enfant avec mon « merveilleux » métabolisme. »
Et Adhara éclata d'un rire faux qui se finit rapidement et elle laissa les larmes couler le long de ses joues. De son côté James se répétait ses dernières paroles, comprenant petit toute l'ampleur que cela prenait.
« - Tu fais aussi partie de la famille de ton frère.
- Mais ce n'est pas entièrement la mienne … Enfin si mais … C'est difficile à définir. Je voudrais faire partie d'une famille qui me connaisse, en laquelle j'ai confiance et qui ont confiance en moi en retour et dont je me sentirais vraiment proche.
- … Je pense que c'est déjà fait. »
Chapitre 7 fini ! Et je dois dire que j'ai adoré l'écrire parce qu'on y découvre des aspects différents de la vie d'Adhara.
A dans deux semaines les enfants ! Pour l'avant-avant dernier chapitre !
