Bonjour à tous :)

Voici le chapitre 12 qui est cette semaine exclusivement du point de vue de Edward. On retrouvera Bella à partir de la semaine prochaine ne vous en faite pas.

Merci aux personnes qui sont fidèles à cette lecture et qui commentent à chaque chapitre. C'est toujours un bonheur de lire vos réactions ;) Alors n'hésitez pas à m'en faire part !

Je vous souhaite à tous une excellente lecture !


Disclaimer: Les personnages ne sont pas ma propriété mais celle de SM.


Chapitre 12 : Se prendre en main

Point de vue Edward

La semaine qui suivit permis à Bella de se remettre sur les pieds, enfin autant que possible. Nous nous étions relayé avec Angela et Ben afin qu'elle ne soit jamais vraiment seule durant la journée. Je ne sais pas si elle avait conscience de notre présence mais elle s'était muré dans le silence après ma visite le premier soir. Que ce soit avec moi ou avec ses amis, personne n'avait réussi à lui faire dire le moindre mot. Personnellement j'étais d'avis qu'elle essayait simplement d'assimilé ce qui lui était arrivé.

Aujourd'hui, elle devait sortir et aller chez la Police. Ils attendaient qu'elle fasse sa déposition pour pouvoir lancer l'enquête. Jusqu'ici, elle avait été bien trop amochée et n'avait pas pu répondre à leurs questions avant.
Cet après-midi elle allait devoir le faire et j'espérais simplement qu'elle tiendrait le coup. Pour le moment elle restait muette et rien ne semblait l'affecter. Mais quand le barrage allait céder ce ne serait pas beau à voir. Tout être humain à ses limites et même si l'on essaye de tout enfouir, de tout taire, le point de rupture est présent pour tous. Angela était de mon avis et nous la surveillions de près.

J'étais chargé de l'accompagner au commissariat Angela étant retenu à la librairie. L'assurance avait envoyé un expert et une estimation des dégâts devait être faite.

En arrivant dans sa chambre elle était assis sur le lit, immobile le regard vide fixant un point imaginaire sur le mur en face d'elle.

« Bonjour Bella, prête à partir d'ici ? »

Je posais la question mais je savais pertinemment que je n'aurais pas de réponse.

« Tu dois aller au commissariat cet après-midi et je te ramène chez toi, ça te va ? »

Toujours pas de réponse. A vrai dire, maintenant je n'en attendais plus, je posais les questions pour la forme, pour l'informer mais n'attendais plus son approbation. Je pris son sac et lui fit un signe en direction de la porte de la chambre.

« Aller, on y va.» l'encourageais-je

Je lui tendis la main mais me retins de la toucher. Le souvenir de sa réaction était encore gravé dans ma mémoire et plus jamais je ne voulais la voir comme ça. Elle me suivit docilement, tel un automate. Elle semblait complètement déconnectée de la réalité et sans doute que c'est ce qui lui fallait de se remettre d'aplomb

Le trajet en voiture fut tout aussi silencieux. Rapidement nous arrivâmes au poste de police.

« Bonjour, nous avons rendez-vous avec le Capitaine Yorkie.» dis-je en m'adressant à l'officier présent à l'accueil

« Asseyez-vous, je vais le prévenir que vous l'attendez.»

Cinq minutes plus tard un homme vint la chercher et la conduisit dans une salle pour l'interroger. Elle ressortit 20 minutes plus tard, plus blanche que blanche. Nous prîmes la direction de chez elle. Le silence entre nous devenait pesant mais je n'insistais pas. Si c'est ce dont elle avait alors ça m'allait. Elle entra dans son appartement mais restait en retrait comme-ci elle ne savait pas vraiment quoi faire. Elle semblait perdue.

« Viens, assis toi un peu. Tu dois être inconfortable avec tes côtes.»

Elle fit ce que je lui dis mais sans plus.

« Angela ne devrait plus tarder à arriver.»

Elle me surprit quand elle prit la parole.

« Je veux y aller.»

« Pardon ?! » m'étonnais-je

J'étais complètement scié. Elle avait pas parler depuis 7 jours et là... J'avais presque l'impression de rêver.

« Je veux voir.» continua t-elle me confirmant ainsi qu'elle avait bien parler

« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.»

Elle se leva, tant bien que mal et marcha vers la porte pour partir. Elle semblait plus que décidée.

« Ok, d'accord ! Attends-moi !» Criais-je en partant en courant pour la rattraper « Elle aura ma peau cette fille.» marmonnais-je

Elle m'attendait sagement en bas. Elle savait que je céderais. Diablesse. Sur le chemin je pris les devants et décidais de la prévenir, pour lui éviter un choc.

« Tu sais, il y a eu pas mal de dégâts c'est pour ça que je pense que c'est une mauvaise idée que tu y ailles.»

Elle se contenta de hocher la tête et de continuer son chemin. En arrivant devant la boutique elle marqua un brusque arrêt. La porte d'entrée avait été remplacée par une simple planche de bois. La « porte » était ouverte et des gens se trouvaient à l'intérieur, sans doute Angéla. Bella, elle, restait plantée devant l'ouverture interdite devant le spectacle. Angela nous vis et vînmes vers nous.

« Mais ?! Qu'est-ce que vos faites là ? »

« Elle voulait venir et je n'ai pas franchement réussi à la retenir.» avouais-je « Elle est têtue tu la connais.»

Elle me regarda et elle pensait la même chose que moi. Bella n'aurait pas dû venir. Elle avança prudemment dans la boutique, regardant dans tous les sens pour évaluer les dégâts. Angela alla la rejoindre.

« L'expert envoyé par l'assurance dit que toutes les réparations seront prises en charge. On n'a déjà pas à s'en faire de ce côté-là.» expliqua-t-elle « Je sais que les dégâts semblent importants mais c'est en majeure partie matériel.» continua-t-elle

En y regardant un peu plus, peu de livres avaient été endommagés. Comme si la personne avait délibérément choisi de ne pas s'y intéresser ne leur donnant que peu de valeur. Cependant quand on connaît Bella on sait que ce qui lui importe le plus ce sont justement les livres auxquels elle voue un véritable culte. C'est une intellectuelle par une matérialiste. Il n'empêche que de voir son commerce dans cet état la brisait complètement. Je voyais bien qu'elle essayait de ne rien montrer, de rester forte et combative mais intérieurement, je mettais ma main à couper, ça la bouleversait.

Elle fit le tour de l'établissement, montant les escaliers pour aller à l'étage, dans son bureau. Je la suivis de loin laissant Angéla avec l'expert de l'assurance. Elle était stoppée devant la porte de son bureau, impassible et silencieuse, le regard vague. Je la vis serrer les poings à s'en fassent blanchir les phalanges. Elle voulait rester forte... et pour le moment elle y parvenait.
Cinq minutes plus tard elle se retourna, me regarda droit dans les yeux et prit la direction de l'escalier pour partir. Angela venait d'en finir avec l'expert et nous attendait en bas.

« J'en ai fini pour aujourd'hui.» annonça-t-elle

« Je vais récupérer ma voiture chez Bella et je vais vous laisser entre filles alors.» dis-je

En roulant en direction de chez moi je ne pus m'empêcher d'angoisser. Comme souvent depuis une semaine. Les premiers jours j'avais eu du mal à dormir revoyant son visage et les bleues qui le parsemaient. Une vision d'horreur.

Je revoyais aussi ce regard terrifié quand je l'avais touché. Ça me désolais de la voir comme ça. Elle avait vécu tellement de chose, bien plus que n'importe qui. Jusqu'à maintenant elle s'était toujours relevée, elle s'était endurcie mais aujourd'hui je me demandais si justement elle en avait pas trop bavé. Comment pourrait-elle encore ressortir grandie avec toutes les merdes qui lui arrive ?
C'est complètement abattu et lessivé que j'étais rentré chez moi. J'avais rapidement fait décongeler un plat et m'étais installé devant la télé, Reid à mes pieds. Il devait sans doute sentir mon désarroi puisque depuis que j'étais rentré il ne m'avait pas lâcher. J'étais vautré sur mon canapé quand il me grimpa dessus.

« Reid ! Non ! Descends ! » le réprimandais-je

Il me regarda et me fit les yeux doux. Malin !

« Bon d'accord tu peux rester, mais juste cette fois.» acceptais-je

Il me monta dessus et se roula en boule tant bien que mal pour se coucher sur mes jambes.

« Tu sais que bientôt tu pourras plus le faire hein . Tu deviens un gros patapouf.» rigolais-je « Profite tant que tu peux.»

Ce soir-là il dormit à coté de mon lit. On dit que les animaux sentent la détresse des gens, qu'ils possèdent un sixième sens qui les rend capables de comprendre quand nous ne sommes pas au mieux. Je m'endormis après avoir reçu un message d'Angéla.

Elle s'est endormi, je rentre chez moi. Bonne soirée

C'était devenu une sorte de rituel entre nous. À tour de rôle nous restions avec Bella et nous tenions informé l'autre de son état.S'il y avait eu une chose de bien par rapport à cette agression c'est qu'Angela avait revu son opinion à mon égard. Elle avait sans doute fini par comprendre que je ne voulais pas faire de mal à Bella.

Et puis le fait de s'entraider à la remettre sur les pieds nous permettait à nous de ne pas nous écrouler. Angela avait très mal vécu l'agression de Bella, s'en voulant pendant des jours, arguant qu'elle aurait dû rester et ne pas la laisser seule. Ça l'avait beaucoup affecté. Ça nous avait tous affecté.
Angela se désespérait de la voir dans un tel mutisme, si froide et détachée. Il lui fallait juste un peu de temps avant qu'elle puisse se reprendre en main. Il en faudrait à n'importe qui aurait vécu la même chose qu'elle.
Le lendemain matin, j'étais arrivé aux aurores chez Bella mais elle était déjà levée, assise dans un fauteuil scrutant la rue. Ça lui arrivait souvent. En fait elle était resté à faire ça toute la journée durant son hospitalisation.

« Bonjour Bella.»

J'essayais de la faire parler, de lui montrer que la vie continuait, sans grand succès. J'étais en train de faire le petit déjeuner quand elle se plaça devant moi.

« Je vais partir.» m'annonça-t-elle

« Partir ? »

« Je vais aller à Forks, je pars aujourd'hui .» ajouta-t-elle en partant dans sa chambre

Partir... Elle voulait partir.
J'entendais du bruit venir de sa chambre. Curieux je m'y rendis. Une valise était posée sur son lit et elle la remplissait lentement. Ses côtes la faisaient toujours souffrir alors chaque mouvement était laborieux. Rien que le fait de la savoir seule là-bas dans cet état me rendait fébrile.

« Je pars avec toi ! » Dis-je de façon impulsive

Elle se stoppa et me regarda interdite.

« Il est absolument hors de question que tu partes seule.»

« Edward, ne dis pas de bêtises.»

« Mais enfin regarde-toi !» haussais-je le ton la faisant sursauter violemment

« Pardon, je ne voulais pas te faire peur. » me repris-je « Mais Bella regardes-toi. Tu peux à peine tenir debout plus de 10 minutes alors conduire...»

« Tu ne peux pas venir... Ton travail... »

« C'est moi le patron ! Si j'ai envie de partir pendant un mois c'est mon problème. Et puis il y a longtemps que je n'ai pas pris de vacances.»

« C'est grotesque.» râla-t-elle

« C'est toi qui es grotesque. Tout ce que tu vas faire c'est finir par te faire mal pour de bon.» contestais-je

Mais quelle tête de mule ! Ce qu'elle ne savait pas c'est que depuis la fin de mes études j'avais monté ma start-up de conception et développement d'applications et qu'elle avait plutôt bien fonctionné. J'avais toujours été un peu geek au lycée et plus jeune j'avais eu l'idée de cette application de rencontre « findLove ». Elle avait tout de suite attiré les gens et l'année dernière on m'avait fait une proposition de rachat pour celle-ci et j'avais gagné un sacré pactole.
J'étais loin d'être dans le besoin et mon entreprise pouvait se passer de moi quelque temps. Je pouvais travailler de n'importe où. Mon bureau n'était là que pour les rendez-vous en présentiel mais ils étaient rares et la majorité de mes rendez-vous se faisait par visioconférence ou par téléphone. Je pouvais très bien tout gérer depuis Forks.

« Maintenant tu vas m'écouter et te taire.» tranchais-je « Tu veux partir te mettre au vert, d'accord ! C'est même une excellente idée.» commençais-je « Mais ne compte pas sur moi pour te laisser livrée à toi-même. Je vais retourner chez moi et régler deux/trois choses et après on partira, ensemble.» assénais-je

Elle ouvrit la bouche pour parler mais je la stoppais.

« C'est non négociable.»

« Parfait ! » grogna-t-elle avant de retourner à ses affaires

« En attendant évite de te tuer, s'il te plaît.»

Je pris mes clés et partis en direction de chez moi. Après avoir prévenu ma secrétaire, empaqueter mes affaires et fait monter Reid en voiture je repris le chemin de chez Bella.
Elle m'attendait sagement dans le séjour à côté de ses valises, son chat dans sa caisse de transport.
Elle faisait le bougon mais elle savait que j'avais raison. Partir seule dans son état n'était pas raisonnable et elle serait inconsciente de se mettre en danger de cette façon. Maintenant, elle allait avoir le temps de guérir, au calme et à son rythme.


Une Bella qui commence à reprendre un peu du poil de la bête.

A la semaine prochaine ;)

Bye,

Beclear