Chapitre 1

Tout dérapa à cet instant là. Cet instant précis où Thomas vit le visage de son meilleur ami se tordre, avant que celui-ci éclate de rire. Minho se tenait les côtes, plié en deux, incapable de reprendre son souffle. Thomas se renfrogna, se demandant pourquoi il n'était pas doté d'invisibilité, alors que les autres garçons du vestiaire leur jetait des regards étonnés ou amusés, se demandant ce qui avait pu provoqué l'hilarité du jeune asiatique. Ce dernier finit par arrêter de se rouler parterre, pour plonger son regard dans celui chocolaté de son ami, prenant un air faussement sérieux.

- - Tom, je crois que j'ai des hallucinations. Je viens de t'entendre me dire que tu ne comptais pas venir à la fête d'Alby. Et le plus drôle… c'est que tu me disais que tu refusais la fête du siècle, où se retrouvait toute l'équipe, la classe sport et des étudiants de la fac d'Albuquerque pour aller à la bibliothèque. Tu te rends comptes !

Et sur ce, Minho éclata de rire à nouveau. Le problème c'est que Thomas était sérieux. La fête d'Alby avait lieu dans une semaine. Mais dans une semaine, les Gladers avait prévu de tenter une pénétration du labyrinthe en pleine nuit, pour voir les murs comment les murs du labyrinthe bougeaient. Il ne pouvait pas rater ça, tous les gars comptaient sur lui. Sauf que ça Minho n'en avait pas la moindre idée, et continuer de se marrer dans son coin.

- - Les exam' Minho, ça te dit quelque chose ? J'ai promis à ma mère que j'allais taffer cette fois.

- - Mais oui c'est ça. Et tu as choisi de réviser ce jour-là précisément ? Moi je crois surtout que tu évites Brenda.

Thomas répondit par un grognement, ce qui sembla conforter son ami dans sa théorie.

- - T'inquiètes pas pour elle. Oui elle craque pour toi, oui tu es gay, mais elle va s'en remettre, tu peux me croire ! s'exclama l'asiatique

- - A mon avis, c'est pour Thomas qu'on devrait s'inquiéter ! intervint Winston, qui venait d'entrer dans les vestiaires. Connaissant Brenda, elle ne va pas lâcher l'affaire aussi facilement. Elle est plutôt du genre…

- - Du genre à le violer dans les toilettes ! lança un garçon depuis les douches

Tous les garçons éclatèrent de rire, et cette fois Thomas ne pu s'empêcher de les rejoindre. Mais au fond de lui, l'état d'urgence était enclenché. Il ne pouvait pas rater la fête d'Alby, et il ne pouvait pas lâcher ces coéquipiers. Bordel de merde, qu'est-ce qu'il allait faire ?

Il ne pensa qu'à cela toute la journée, n'écoutant pas le moindre mot des cours, ou du charabia constant de Minho. Il passa toute l'après-midi dans un état second, le regard perdu dans le vague, tournant et retournant cette situation merdique dans sa tête, dans le vain espoir de trouver une solution. Mais il ne parvint qu'à se dégoter une atroce migraine et une heure de colle pour ne pas avoir suivit le cours de maths. A force, ses amis finirent par remarquer son comportement étrange, mais aucune de leurs réflexions ne parvint à le ramener totalement à la réalité. En faite, il ne revint à lui qu'une fois face contre terre, en plein milieu du hall, après avoir littéralement foncé dans un élève et s'être écrasé sur lui. Histoire de lui apprendre à ne pas regarder devant lui ! Et alors que Minho –comme tout ami digne de ce nom – éclatait de rire et que Thomas pensait que la journée ne pourrait pas être pire, une voix s'écria avec brutalité :

- - Tu peux pas regarder devant toi quand tu marches ?! A mais oui c'est vrai, cela impliquerait d'utiliser ton cerveau, chose dont tu es dépourvu !

Aussitôt, les rires se turent et Minho fit volteface, tandis que Thomas se relevait avec peine. Tous deux savaient parfaitement à qui appartenait cette voix. Teresa. La déléguée de la Classe Art. Leur pire ennemie. Cette jeune fille était le cliché même de la pseudo-artiste qui se prenait pour la reine du monde. Elle méprisait les sportifs, sous prétexte que le sport n'exigeait pas de réfléchir, et s'assurait que tout le monde le sache. Et en effet, c'était bel et bien elle qui les fixait avec haine, aidant son ami à se relever.

- - C'est ça, tu peux parler Teresa, puisque visiblement c'est tout ce que tu sais faire ! lança Minho

- - C'est sûr que dans ton monde on se tape dessus quand on ne sait pas quoi répondre, excuse-moi d'être un être humain civilisé.

- - Vraiment ? fit l'asiatique, l'air faussement surpris. Un être humain ? A ta tête j'aurais plutôt dit un singe mais bon.

- - Ha ha, très intelligent, répliqua-t-elle, ponctuant sa phrase d'un doigt d'honneur.

- - Je sais, je sais, pas la peine d'être jalouse.

Thomas poussa un soupir. Avec ces deux-là, la discussion pouvait durer pendant des heures, et il n'avait pas vraiment la tête à ça. Aussi, il fit mine à Minho de lâcher l'affaire, le forçant à reprendre son chemin, tandis que le grand blond qu'il avait bousculé faisait de même avec Teresa. Quinze minutes plus tard, Minho était encore entrain de se plaindre de ces « putains de divas aussi doués artistiquement que des bouses de vache » tandis que son meilleur ami hochait la tête sans vraiment écouter.