Chapitre 3

La Classe Sport n'était pas une classe comme les autres. Fierté des professeurs de sport et du lycée entier lorsqu'il s'agissait de rencontrer les tournois de la région, les élèves de la Terminale Sport étaient les plus craints par les professeurs. Spécialement les professeurs de lettres. Particulièrement le vendredi après-midi. Car en effet, c'était ce jour-là que Mme. Pavot, professeur de lettres très intelligente mais sans la moindre capacité à canaliser des adolescents sportifs en pleine digestion, avait cours de trois heure avec la Classe Sport.

Et ce vendredi-là, les terminales étaient particulièrement agités. Tous chahutaient, bavardaient, rigolaient, criaient. Et malgré tout ses efforts, Mme. Pavot ne pouvait pas parvenir au silence, car sans qu'elle le sache, ses élèves étaient en état de crise. Tout avait commencé lorsque Ben était arrivé en retard, essoufflé, l'air horrifié, apportant avec lui une terrible nouvelle.

- - Les artistes sont invités à la fête d'Alby ! avait-il soufflé à son voisin

Voisin qui s'était aussitôt retourné pour l'annoncer à Minho, qui l'avait dit à Thomas, qui l'avait répété à sa voisine, et rapidement toute la classe avait été mise au courant. Résultat, ça s'égosillait, ça paniquait. Une résistance s'était même organisée alors que certains prévoyaient de boycotter la fête et d'organiser la leur.

- - Mais pourquoi Alby a-t-il fait une chose pareille ?! s'est écrié à un moment Aris

- - Moi ça ne m'étonne pas tant que ça, répondit Thomas

- - Hein ?

Le brun eut un rire devant l'air paumé de son ami. Aris était un nouvel élève, arrivé depuis seulement deux semaines. Il ne connaissait donc pas tous les antécédents de ses camarades, ni les rumeurs qui avaient courue avant son arrivé. Alors il était fréquent qu'il soit totalement paumé, ou qu'il ne comprenne pas la réaction des autres élèves. Minho se pencha vers lui :

- - Je t'explique : Alby est délégué des élèves, de tout le lycée tu vois. C'est un mec super sympa mais très attaché à ses principes. Et il s'est mis en tête qu'il devait réconcilier la Classe Sport et la Classe Art.

- - Personnellement, je ne sais pas comment il fait pour s'entendre avec ces artistes à deux balles, que des prétentieux qui créait des histoires pour un rien ! intervint un autre élève

Tous approuvèrent aussitôt. Aris fronça les sourcils.

- - Mais, vous ne vous êtes jamais dit qu'ils n'étaient pas tous comme ça ? tenta-t-il inconscient du conflit qu'il déclenchait

Heureusement pour lui, la sonnerie retentit au même instant, et tous sautèrent sur leur affaire pour fuir le plus loin de cette salle de classe, oubliant « l'horreur » qu'Aris venait de proférer. Thomas prit volontairement son temps, faisant signe à Minho qu'il pouvait partir sans lui. Il s'approcha d'Aris et lui glissa, tout bas :

- - Ne redis jamais un truc comme ça si tu ne veux pas qu'ils te considèrent comme un traître.

Aris esquissa un sourire mais Thomas y mit fin tout de suite :

- - Je ne rigole pas.

- - Mais c'est ridicule ! s'insurgea le blond. Ce n'est pas parce qu'ils sont en Art qu'ils sont forcément des drama queen.

- - Je sais, mais parfois les sportifs sont bornés. Une fois que Minho a décidé qu'il n'aimait pas quelqu'un, rien ne le fera changer d'avis.

- - Hm… soupira le nouveau.