« Bon sang, tu n'as jamais école, toi ? » s'énerva Tony, en sortant de la salle de bain et en découvrant Peter assis sur le canapé, un casque sur les oreilles.

Pas besoin de s'interroger, Tony savait très bien comment l'adolescent était entré. La fenêtre ouverte qui donnait sur le balcon était assez probante. Mais tout de même, ce n'était pas la façon la plus discrète d'entrer.

« Si. Mais j'avais un prof absent. Comment ça va ? » demanda l'homme araignée en déposant son sac par terre après avoir fourré son casque à l'intérieur.

Tony haussa les épaules. C'est vrai, il ne savait pas quoi répondre. Steve n'avait pas donné de nouvelles, et ça faisait déjà une semaine. Peut être que l'homme avait baissé les bras, voyant que, malgré tout, Tony n'était pas prêt. Certes, quitter le lit avant son réveil avait été lâche, mais la façon d'éviter la conversation par le sexe n'avait pas été plus brave venant de Steve, cela dit.

« Tu avais besoin de quelque chose, sinon ? Ton costume a un problème ? » marmonna Tony, bougon aujourd'hui, comme depuis une semaine cela dit. Peter l'avait remarqué, comme il était venu le voir tous les jours.

L'air de l'ado devint plus sérieux. Il se retourna à nouveau vers son sac et en sortit une petite boîte bleu roi empaquetée avec un beau ruban d'or. Tony la saisit, sourcils froncés. Peter resta silencieux, avant de finalement dire :

« C'est Steve. Je l'ai vu il y a deux jours...Il m'a donné ceci. J'ai hésité longuement avant de vous la donner je...Je ne sais pas ce qu'elle contient, mais... »

Peter se perdit dans les mots. Il ne savait plus quoi dire. Tony eut une drôle de sensation lorsqu'il imagina Steve à New York, marchant dans les rues, habillé en civil, avec une mission précise. Bon sang, il lui manquait tellement. Tony se sentit un peu coupable d'embarquer Peter là dedans.

« Merci, » dit-il, simplement.

Ils discutèrent ensuite de la vie de tous les jours, des cours de Peter, des missions spéciales, jusqu'à ce que Peter ne doive finalement s'en aller, sinon sa tante allait s'inquiéter. Une fois que le lycéen avait quitté l'endroit, Tony s'installa à table et resta un long moment à fixer la boîte. Devait-il vraiment l'ouvrir ? Que pouvait-elle contenir après tout ? Ils n'avaient même pas réussi à avoir une conversation normale, alors qu'est-ce que Steve pouvait-il bien vouloir ? Comme ne pouvait plus supporter le suspens, il saisit la boîte, en arracha carrément le couvercle et...

Ses yeux fixèrent la clé qui reposait sur un petit coussin molletonné. Qu'est-ce que... ? Sous celle ci, sur un petit papier légèrement chiffonné, étaient inscrits les mots suivants :

80 Pacific Street, Brooklyn, New York.

Tony attrapa hâtivement ses clés de voiture et roulait déjà en direction du 80 Pacific Street dans le quartier Brooklyn. La rue était incroyablement calme, mais se situait juste derrière l'Atlantic Avenue si bien que les bruits de la ville retentissaient malgré tout en fond. L'adresse en question était un grand immeuble en pierre rouge foncé, plutôt élégant, mais imposant. Tony y pénétra avec la clé de résident et ne tarda pas à trouver la porte de l'appartement de Steve. Si l'immeuble pouvait paraître vieillot vu de l'extérieur, il était cependant très bien rénové à l'intérieur. Il s'en dégageait un confort particulier et même une bonne sensation de chez soi.

Lorsque Tony se retrouva devant la porte, il se mit à hésiter pendant de longues minutes. Que faisait-il ici, au juste ? Steve regrettait certainement de ne pas avoir réussi à avoir une conversation, et voulait sûrement mettre les choses au clair. Après tout, il ne fallait pas oublier qu'ils n'avaient toujours pas évoqué la guerre civile les ayant opposés.

Alors Tony toqua. Un peu moins d'une minute après les coups portés à la porte, Steve ouvrit, un grand sourire sur le visage. Bon, apparemment il ne lui en voulait pas. Steve se pencha vers lui et l'embrassa tendrement avant de l'inviter à entrer comme si de rien n'était. Tony avala difficilement sa salive et détailla le petit appartement dans lequel vivait Captain America. C'était plutôt bien agencé, lumineux et rangé.

« Assieds toi, Tony, » murmura Steve en lui désignant le salon.

Tony obéit silencieusement, observant Steve s'activer dans la cuisine par la porte. Il versait du café dans deux tasses et revenait après s'être assuré qu'il ne lui manquait rien. Le silence dans la pièce était écrasant, et Tony s'ébouillanta à la première gorgée. Steve lâcha sa tasse et prit la mâchoire de Tony en coupe.

« Ca va ? Désolé je n'aurais pas dû- »

« Bordel. Ca suffit ! » le repoussa Tony, en ayant soudainement assez de toute cette comédie. Steve haussa un sourcil interrogatif.

« Pardon ? »

« J'en ai marre. C'est bon, ok ? Je suis en colère contre toi. Tu m'as laissé, tu nous as tous laissés pour aller protéger ton putain de psychopathe de meilleur ami ! D'ailleurs tu as disparu on ne sait où. Fury n'a même pas réussi à te trouver avec ces putains de trucs technologiques, moi non plus. J'en ai assez Steve. Je ne peux pas passer au dessus du fait que tu aies préféré le protéger au lieu de nous conserver, nous. »

Tony avait lâché cela d'une traite, et pour appuyer son soulagement, il soupira lourdement.

Steve avait l'air légèrement meurtri, mâchoire serrée mais ne bougea pas.

« Je veux que l'on oublie le passé. Bucky ne...Tu n'as plus à t'inquiéter pour lui, et je suis parti parce que j'avais des priorités- »

« Je comprends bien, merci ! » s'énerva Tony en se levant dans son élan.

Steve se leva à son tour. « Non. Tu ne comprends pas, Tony je...J'ai commis une grave erreur pendant cette « guerre » et je ne peux pas l'effacer. Je peux néanmoins essayer de l'effacer. »

L'homme était incroyablement sincère, et ça se voyait. Tony se sentit pendant un instant coupable puis repensa aux mensonges, à la trahison, à la douleur...

« Tu savais pour le meurtre de mes parents et...tu ne me l'as jamais dit alors que nous... » il sentit sa voix se briser sur la fin de la phrase, si bien qu'il jugea bon de se taire pour ne pas traduire sa faiblesse.

Steve posa ses yeux sur un point éloigné. « Je ne suis pas désolé pour cela, Tony. Je ne voulais pas te blesser en te rappelant un souvenir douloureux et je ne suis pas désolé d'avoir soutenu Bucky, parce que ce n'est pas lui qui les a tués, mais- »

« ASSEZ ! » s'écria Tony.

Il retomba mollement dans le canapé, laissant des larmes couler sur ses joues. Merde, toute cette histoire l'avait tellement broyé. Steve se rassit près de lui.

« Tu...TU N'AS PAS ETE LA POUR MOI LORSQUE J'AVAIS BESOIN DE TOI ! J'AVAIS BESOIN DE TOI ! J'AVAIS BESOIN DE TOI ! » répéta Tony en frappant le torse de Steve avec ses poings. « Je te déteste ! Je te... » il lâcha un énorme sanglot avant de déclarer : « et je t'aime tellement. »

Steve lui attrapa les bras et le serra dans ses bras.

« Alors reprenons tout depuis le début, Tony, s'il te plaît. » puis, « j'ai fait une erreur, mais maintenant, je ne te laisserai plus, je te le promet. »

Tony ne l'écoutait plus.

Il lui avait menti, comment pouvait-il le croire maintenant ? Steve saisit à nouveau son visage en coupe et l'embrassa passionnément. Plus tard, allongé sous les draps, sur le lit moelleux de Steve, Tony se laissa totalement aller dans les bras de l'homme qu'il aimait. Steve, qui allait et venait en lui avec délice, embrassait ses lèvres tout en murmurant combien il allait l'aimer maintenant, combien tout allait mieux se passer, comment le nouveau départ allait être savoureux. Tony se laissa submerger par un orgasme incroyable, et les bras de Steve l'amenèrent à se coller tout contre lui. Alors que le Captain le pensait endormi, Tony murmura de façon si inaudible les mots suivants,... :

« Je suis désolé. Je ne pourrais jamais oublier, Steve. »

…,qui pourtant allait résonner pour toujours dans son esprit.

A suivre.