Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.


Le cadeau du Papillon

Chapitre 2

Le lendemain matin Adrien arriva un peu en avance, il tenait à être là pour voir arriver Marinette et pour vérifier si ce à quoi il avait assisté la veille était un simple hasard ou une habitude. Il se plaça de manière à voir sans être vu, il ne se sentait pas très fier d'agir de la sorte, il craignait la réaction de sa camarade si elle se rendait compte de son manège, mais il tenait absolument à savoir ce qu'il en était.

Il n'eut pas longtemps à attendre, Marinette fit très vite son apparition et se tourna immédiatement en direction de l'immeuble.

Elle était impatiente que le rideau s'écarte et que le mystérieux garçon se montre, même si cela ne durait que quelques secondes.

Cette fois cependant, Adrien n'était pas le seul à surveiller ce qu'elle faisait. Alors que Marinette patientait, partagée entre l'espoir et un peu de perplexité, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi attendre que cet inconnu se montre était devenu si important pour elle, d'autres élèves de la classe se réunirent autour d'elle.

Elle se raidit instinctivement et détailla les personnes présentes.

Il y avait Juleka, Rose, Kim, Alix, Ivan, Chloé et par conséquent Sabrina.

Marinette se serait bien passé de la présence de ses camarades, surtout de celle de Chloé, Sabrina ne comptait pas vraiment, elle n'avait pas d'opinion, elle était de l'avis de Chloé.

- Tu attends quelqu'un Marinette Dupain-Cheng ? Ironisa Chloé. Le prince charmant peut être ? Désolée de te le dire, mais il ne risque pas d'arriver pour toi. S'il existait il aurait meilleur goût, il choisirait quelqu'un digne de lui.

Marinette serra les dents et se tourna vers la fenêtre, juste à temps pour apercevoir le garçon qui laissait retomber le rideau. Elle n'eut que quelques secondes pour voir son visage figé et ses yeux clairs emplis de tristesse et de déception.

Elle n'eut pas le temps de s'appesantir sur le pincement au cœur que cette vision venait de lui causer. Déjà ses camarades commençaient à faire des commentaires sur ce qu'ils venaient de voir.

Chloé riait aux éclats, de ce rire désagréable que Marinette détestait par dessus tout.

- Je vois que tu as trouvé quelqu'un à ta mesure Marinette Dupain-Cheng, il a l'air aussi bizarre que toi. Félicitations, vous ferez un très beau couple.

Marinette s'empourpra et s'éloigna d'un pas rageur, poursuivie par les rires moqueurs de Chloé.

- Moi je le trouve très séduisant. Affirma Rose.

- Séduisant ? Il avait l'air d'un vampire, il est encore plus pâle que Juleka. Commenta Kim.

Juleka et Rose lui adressèrent un regard de reproche, ce qui ne lui fit ni chaud ni froid. Aucune des deux adolescentes n'était en mesure de l'impressionner.

Ce fut l'intervention d'Alix qui le fit battre en retraite en direction de la salle de classe. Alix le suivit, continuant à lui faire connaître le fond de sa pensée.

Marinette s'installa à sa place, partagée entre le chagrin et la rage.

Elle ne pouvait pas reprocher aux autres élèves d'être curieux, mais elle aurait aimé qu'ils soient curieux d'autre chose et qu'ils lui laissent sa petite part de rêve.

Elle redoutait par dessus tout que le garçon ne se montre plus. Il avait semblé vraiment déçu de constater que plusieurs personnes étaient en train de surveiller sa fenêtre.

Elle espérait cependant que lorsqu'elle sortirait il serait malgré tout présent à surveiller et qu'elle pourrait lui faire un petit geste pour lui indiquer à quel point elle était désolée.

Adrien était rentré dès qu'il avait vu le petit groupe entourer Marinette. Même s'il n'aurait pu présager de ce qui allait suivre il était soulagé qu'elle ne soit pas seule.

Lorsqu'il fut assis il eut la surprise de voir Plagg pointer le bout de son museau. Il s'en alarma aussitôt.

- Plagg, tu ne devrais pas... si quelqu'un te voit...

- On est seuls. Rétorqua le kwami en le regardant d'un air narquois.

Adrien fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je voulais seulement voir quelle tête tu faisais lorsque tu es jaloux. Répondit Plagg en disparaissant dans le sac.

Adrien n'eut pas le temps de s'indigner ni de protester, Marinette venait d'entrer dans la salle de classe et se dirigeait vers sa place habituelle.

Adrien remarqua qu'elle semblait préoccupée et cela le fit soupirer. C'était encore pire qu'il ne le pensait, pour avoir l'air aussi ennuyée c'était sans doute qu'elle ressentait vraiment quelque chose pour celui qu'il avait aperçu derrière la vitre.

Il fixa son bureau avec un peu de colère rentrée.

Il détestait que Plagg ait raison, il était vraiment jaloux et il n'aimait pas cela.

Il n'aimait pas non plus l'idée que Marinette regarde un autre que lui.

Bien sur, il n'y pouvait rien, il n'avait jamais rien fait pour attirer l'attention de sa camarade, même s'ils passaient du temps ensemble. Il était bien trop concentré sur Ladybug.

D'ailleurs il aurait du encore ne penser qu'à son héroïne, elle était son idéal féminin, tout ce que n'était pas Marinette.

Il regarda la jeune fille sans que cette dernière semble s'en apercevoir. Marinette était tendue, elle fixait le vide droit devant elle, visiblement perdue dans ses pensées.

Adrien se demanda si elle pensait au garçon derrière la vitre et le sentiment de jalousie revint le titiller plus encore.

Lorsque les autres entrèrent en se chamaillant Adrien fit mine de se concentrer sur ses cours et Marinette baissa les yeux en rougissant.

Alya et Nino entrèrent en même temps que le reste des élèves et tous s'éparpillèrent pour gagner leurs places.

Comme l'enseignante n'était pas encore arrivée ils continuèrent à discuter du mystérieux garçon, au grand déplaisir de Marinette et d'Adrien.

Rose continuait à le défendre, Juleka approuvait ses propos par amitié et Alix en faisait autant pour le simple plaisir de contredire Kim.

Chloé se tourna vers Marinette et lui adressa un regard empreint d'ironie.

Elle ouvrait déjà la bouche pour lancer d'autres propos blessants mais elle n'en eut pas le temps, la porte venait de se rouvrir sur madame Bustier.

Elle intima le silence à la classe et commença les cours.

Marinette passa le reste de la journée à attendre, de plus en plus impatiemment, la fin des cours. Adrien s'en rendait parfaitement compte et il s'assombrissait de plus en plus au fil des heures.

Il n'aurait jamais pensé être un jour jaloux d'un garçon inconnu, surtout d'un garçon qui n'avait rien fait d'autre que de faire signe, de loin, à Marinette.

Il avait du mal à faire le tri dans ses pensées et dans ses sentiments.

Il songea un moment à retenir Marinette pour lui parler, mais lorsqu'il vit avec quel empressement elle se levait et fonçait vers la sortie il y renonça.

Il devait avant toute chose être certain de ce qu'il ressentait.

Il n'était pour l'heure sur de rien et encore moins à l'aise. La jalousie n'était pas vraiment une chose nouvelle pour lui, il avait déjà éprouvé ce sentiment lorsque ce foutu sculpteur s'était entiché de Ladybug, et lorsqu'il y avait cédé cela avait mal tourné pour lui. Il ne tenait pas à renouveler l'expérience avec Marinette. Ladybug lui avait remis les idées en place sans ménagement, il ne tenait pas à ce que cela se reproduise.

Marinette serait peut être plus douce, encore qu'il était permis d'avoir quelques doutes sur le sujet, elle n'avait pas toujours bon caractère, mais quoi qu'il en soit, il ne tenait pas à le vérifier.

Lorsqu'il se glissa dans la voiture il fixa le gorille sans un mot, l'homme lança le véhicule dans la circulation sans même lui adresser la parole, ce qui était habituel. Adrien n'avait pas beaucoup de souvenirs de discussions avec son garde du corps.

Ce n'était certainement pas avec lui qu'Adrien pouvait avoir une conversation sur le sentiment amoureux.

Il se laissa à sourire en imaginant le gorille en proie aux émotions que lui même ressentait.

Son sourire ne tarda pas à se faner. Il avait vraiment envie de parler à quelqu'un de ce qu'il ressentait, de ses doutes, de ses craintes, mais il n'y avait personne chez lui avec qui le faire. Il ne se voyait pas le faire avec Nathalie, encore moins avec son père qui n'aimerait pas le sujet de discussion et y mettrait un terme sans tarder et sans lui donner la moindre explication.

Il fila dans sa chambre et se plongea dans la contemplation d'une photo de sa mère, comme il aimait à le faire lorsqu'il se sentait en proie à des sentiments qu'il peinait à comprendre ou au chagrin.

Si elle avait encore été là à ses côtés il aurait pu parler de ce qu'il ressentait avec elle. Elle, elle l'aurait compris, elle l'aurait aidé à y voir plus clair en lui.

Elle lui manquait terriblement... parfois il se disait qu'il aurait préféré que se soit son père qui disparaisse, et ensuite il s'en voulait terriblement. Il se reprochait d'avoir pareille pensée.

Bien sur, sa vie aurait sans doute été plus facile si sa mère avait été son parent survivant, mais il n'en aimait pas moins son père, il n'avait plus que lui. Quel genre de fils était il donc pour souhaiter que son père soit mort et sa mère en vie ?

Marinette quitta le collège et s'immobilisa à quelques mètres de l'immeuble de l'adolescent qu'elle avait tellement envie de voir.

Les rideaux étaient tirés, rien ne bougeait derrière. Elle patienta un long moment, mais fut bien obligée de se rendre à l'évidence, celui qu'elle attendait ne se montrerait pas.

Elle renonça à attendre encore et s'éloigna tristement. Même si elle n'avait jamais échangé un seul mot avec lui elle avait l'étrange sensation qu'elle venait de se disputer avec un ami et cela lui était pénible.

Elle rentra chez elle et se réfugia dans sa chambre. Tikki voltigea aussitôt au dessus d'elle.

- Ce n'est pas si grave Marinette, je suis certaine qu'il se montrera un autre jour. En attendant, je crois que tu devrais plus regarder dans une autre direction. Une direction qui te préoccupait voilà pas si longtemps.

Marinette s'empourpra fortement. Les mots de Tikki étaient empreints de malice et elle ne pouvait pas se tromper sur leur sens.

- Tikki, tu exagères... protesta t'elle.

La petite kwami la regarda avec affection et se frotta contre sa joue.

- Au moins tu as retrouvé le sourire. Dit elle gentiment. Pour Adrien, j'étais sérieuse tu sais, il a passé la journée à te surveiller.

Marinette la considéra avec un peu d'incrédulité. Si Adrien avait fait cela elle s'en serait rendue compte.

Tikki n'insista pas, elle savait lorsqu'il valait mieux en rester là. Elle avait mis la jeune fille sur la voie, c'était à Marinette de faire ses propres choix.

Tikki espérait seulement que son amie saurait faire le bon choix. Elle l'espérait, pour elle comme pour le jeune Adrien et aussi pour l'autre adolescent.

Elle aussi était intriguée par ce mystérieux et étrange garçon. Il y avait quelque chose à découvrir, elle en était persuadée.

A suivre