Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Quatrième texte mis en ligne pour fêter mes dix ans sur FFnet
Le cadeau du Papillon
Chapitre 4
Marinette entra dans la salle de classe en soupirant, il s'était passé presque une semaine entière depuis qu'elle avait vu l'adolescent blond pour la dernière fois et il ne s'était plus montré à sa fenêtre. Elle avait pourtant attendu, dans l'espoir qu'il l'aperçoive et revienne mais rien de tel ne s'était produit.
Lorsque tous les élèves furent à leurs places respectives madame Bustier passa parmi eux pour leur remettre une feuille.
La lecture de ce qui s'y trouvait inscrit fit courir des murmures à travers la salle. Il ne s'agissait ni plus ni moins d'une convocation dans le bureau attribué à monsieur Poirier. Chaque élève devrait s'y rendre dans la journée, pour échanger avec lui pendant une demie heure. L'ordre de passage était déterminé par ordre alphabétique, les élèves se rendraient deux par deux au bureau du psychologue pour commencer, l'un entrerait pendant que l'autre patienterait et lorsque le premier sortirait il regagnerait la salle de classe afin que le suivant puisse s'y rendre à son tour.
Adrien soupira en constatant qu'il allait être le premier à passer et qu'il allait devoir s'y rendre en compagnie de Chloé.
La fille du maire elle sauta de joie, quelques minutes à passer en compagnie de son Adrichou ! Elle ne pourrait rêver mieux. Elle se leva avec entrain et fonça vers lui.
Adrien qui venait de se lever fut presque renversé par la jeune fille blonde que la joie entraînait un peu trop.
Marinette serra les poings en constatant la manière dont Chloé profitait, une fois de plus, de la situation. Elle avait très envie de se lever à son tour et d'user de sa position au sein de la classe pour les accompagner. Elle ne le fit pas cependant, ne voulant pas donner l'impression d'abuser de son poste. Chloé et Adrien étaient assez âgés pour se rendre seuls à l'entretien, même si pour l'heure, le comportement de Chloé laissait planer quelques doutes sur sa maturité.
Madame Bustier qui pensait sans doute la même chose ne manqua pas de rappeler Chloé à l'ordre en constatant que pour l'heure la fille du maire semblait avoir totalement oublié qu'elle et Adrien étaient censés quitter la salle et rejoindre celle où les attendait monsieur Poirier. La jeune fille blonde, littéralement collée à Adrien, lui murmurait quelque chose à l'oreille. L'adolescent lui était terriblement gêné de se retrouver dans cette situation. Le rouge aux joues il s'efforçait, sans grand succès, de se délivrer de l'étreinte de Chloé. Jusqu'à ce que son regard accroche l'expression contrariée de Marinette qui les fixait d'un œil assombri par la jalousie.
Adrien réalisa alors ce qu'il se passait non loin de lui. Marinette était jalouse, tout dans son maintien et son expression le prouvait.
Tout d'abord surpris par cette constatation, il n'aurait jamais cru qu'elle puisse être jalouse, il réalisa très vite l'avantage qu'il pourrait en tirer et décida d'en jouer.
Au lieu de continuer à tout faire pour écarter Chloé il referma les bras sur elle. Après tout, c'était ce que voulait la fille du maire, et si cela pouvait détourner l'attention de Marinette de l'inconnu derrière la vitre, alors il était prêt à tout, même à endurer quelques temps les attentions de Chloé.
Il ne s'en faisait pas pour la fille du maire, elle s'aimait trop pour être vraiment amoureuse de lui, tout ce qu'elle aimait c'était la notoriété qu'il avait en tant que fils de Gabriel Agreste et que mannequin. Elle se moquait bien de ce qu'il pouvait vraiment ressentir, alors pourquoi dans ce cas se soucier de ce qu'elle pourrait ressentir lorsqu'il la repousserait au final ?
Une part de lui même savait fort bien que ce qu'il était en train de faire était mal, qu'il risquait de blesser Chloé et Marinette en se livrant à ce jeu cruel, mais pour l'heure il ne s'en souciait pas.
Il avait encore trop en tête Marinette toute entière tournée vers le garçon blond qu'elle saluait tous les jours et à qui elle adressait des sourires.
Une fois encore il ressentit la morsure de la jalousie et entraîna Chloé vers la sortie de la classe, la jeune fille blonde se laissa faire, ravie.
Ils sortirent sous les regards médusés du reste de la classe.
- Alors ça, qu'est-ce qui lui prend ? Souffla Alya en se penchant vers Nino.
- Je n'en sais strictement rien. Avoua Nino tout aussi ébahi.
Rien dans le comportement d'Adrien ces derniers jours ne l'avait préparé à quelque chose de ce genre.
Alya grimaça et tourna les yeux vers son amie. Marinette était figée, son expression contrariée avait laissé la place à un air consterné et choqué.
- Marinette ça va ? Questionna Alya qui n'aimait pas du tout la voir ainsi.
Marinette ne répondit pas, en elle se livrait un dur combat. Devait elle rester sagement à sa place ou trouver un prétexte pour sortir et en profiter pour surveiller les deux autres ?
En toute logique elle aurait probablement du choisir de rester, mais ce qu'elle venait de voir lui ôtait toute capacité à raisonner de façon logique.
Son Adrien dans les bras de Chloé, cela n'était pas vraiment une chose nouvelle, Chloé sautait souvent au cou d'Adrien, mais qu'Adrien réponde à ces avances, ça c'était nouveau et ce n'était pas acceptable.
Vraiment pas acceptable !
Boostée par cette pensée Marinette se leva d'un bond et s'adressa à madame Bustier.
- Madame, je ne me sens pas très bien, puis-je aller aux toilettes ?
Madame Bustier la considéra quelques secondes, constata sa pâleur et accepta la requête. Elle savait par expérience qu'il valait mieux parfois laisser sortir un élève que le voir s'agiter et perturber les autres.
- Très bien, mais faites vite.
Marinette ne se le fit pas dire deux fois, elle quitta à son tour la classe et prit le chemin des toilettes, ou plus exactement celui du bureau de monsieur Poirier, elle était à mi chemin lorsque Tikki se manifesta.
- Marinette, ce n'est pas le bon chemin pour aller aux toilettes.
- Je sais, je n'y vais pas, je vais surveiller ce qu'ils font.
- C'est une très mauvaise idée et tu le sais. Dit fermement Tikki. Tu dois te rendre aux toilettes et retourner en classe Marinette. Si on te voit te promener dans les couloirs tu pourrais avoir des ennuis et tu le sais.
- Mais Adrien est avec Chloé...
- Il me semble que c'est ce qu'il veut pour le moment. Décréta Tikki impitoyable.
Marinette frissonna, la petite kwami n'avait pas tort, Adrien avait librement choisi d'enlacer Chloé. Elle devait respecter cela, même si c'était vraiment très désagréable à admettre.
Changeant de direction elle fonça vers les toilettes et se pencha vers les robinets, après en avoir ouvert un elle s'aspergea le visage et plaqua ses mains contre.
Malgré ses efforts le choc peinait à passer, imaginer Adrien en compagnie de Chloé... non... impossible... Adrien ne pouvait pas lui faire cela.
L'envie d'aller vérifier que tout allait bien, que les deux autres n'étaient pas en train de faire quelque chose de pire que s'enlacer revint la titiller.
Mais que pourrait bien faire Adrien qui soit pire que tenir Chloé dans ses bras comme il l'avait fait ? L'embrasser ?
Marinette sursauta, horrifiée par cette perspective.
Adrien embrassant Chloé ! Le comble de l'horreur pour elle, pire que lorsqu'elle avait été obligée d'embrasser Chat Noir pour le délivrer du mauvais sort qu'on lui avait lancé. Mauvais sort qu'il avait reçu à sa place, elle devait bien l'admettre, mais bon. Quand même, elle avait du embrasser son agaçant, horripilant même, mais indispensable, partenaire et...
Et rien du tout ! Elle avait fait ce qui devait être fait, rien de plus. Elle ne voulait plus penser à ces instants là. Elle ne devait pas. Elle n'avait pas le temps, elle devait retourner en classe, mais pas avant de s'être assurée qu'il ne se passait rien d'affreux du côté du bureau du psychologue.
Elle sécha sommairement son visage et se tourna vers la porte, décidée à aller, quoi qu'il lui en coûte, vers le bureau du psychologue.
- Marinette ! Protesta la petite voix flutée de Tikki. Ne fais pas ça.
Marinette préféra l'ignorer. C'était plus fort qu'elle, elle devait savoir.
Adrien s'était délivré de l'étreinte de Chloé aussitôt dans le couloir, il ne voulait pas pousser la comédie trop loin. Même s'il venait de se servir quelque peu de la fille du maire, il ne voulait pas non plus lui laisser trop d'espoirs.
Ce fut à cet instant qu'il admit qu'il venait vraiment de se conduire de façon minable et qu'il n'aurait pas du et que le remord l'envahit.
Après tout Marinette n'avait fait que saluer un garçon derrière une vitre, elle ne lui avait même pas adressé la parole, ce n'était rien en comparaison de ce que lui venait de faire.
- Adrichou ? Appela Chloé qui ne comprenait plus rien.
Pourquoi donc la repoussait il alors qu'il avait accepté de répondre à ses avances dans la classe ?
Elle le fixa d'un air interrogateur qui ne fit qu'accroître la honte d'Adrien.
- Je suis désolé Chloé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, je n'aurai pas du. Dit le garçon blond en baissant les yeux pour éviter le regard de son amie d'enfance.
Chloé réalisa immédiatement qu'elle avait été abusée et se raidit. Elle ne savait pas encore pourquoi, mais elle détestait déjà cette raison, quelle qu'elle soit. Elle détestait qu'Adrien ait pu faire semblant. C'était humiliant, blessant, abominable.
Elle lutta désespérément contre une forte envie de pleurer et de fuir. Elle ne pouvait pas se livrer à un comportement aussi lamentable, elle était la fille du maire de Paris, elle se devait de faire bonne figure, même si elle était cruellement blessée.
Elle redressa donc le menton bien haut et esquissa une moue dédaigneuse.
- Inutile d'en dire plus Adrien. Je ne veux rien savoir, je ne veux pas non plus entendre tes ridicules excuses.
Elle tourna les talons et se dirigea vers le bureau du psychologue.
Il n'était clairement pas question qu'elle attende une demie heure qu'Adrien ait fini de parler avec cet individu ennuyant. Il était totalement exclus qu'elle soit celle qui patiente, pas après ce qu'il venait de lui faire.
- Je passerai en premier, débrouille toi comme tu veux, mais fais en sorte de me laisser ta place. Lança t'elle.
- D'accord. Répondit Adrien d'un ton soulagé.
Il avait craint qu'elle n'exige bien pire de lui.
Chloé tourna la tête vers lui et lui lança un regard venimeux.
- Ne crois pas que nous sommes quittes pour autant. Tu t'es servi de moi, tu vas me le payer. Siffla t'elle.
- Ce n'était pas prémédité. Se risqua à dire Adrien. Quand tu...
- Je t'ai dit de te taire ! Hurla Chloé.
Adrien se tut donc, atterré d'avoir été la cause de cette réaction. Il fut plus mal encore lorsque plusieurs portes de classe s'ouvrirent et que des enseignants demandèrent ce qu'il se passait.
Chloé dédaigna de répondre, ce fut donc à lui d'improviser des explications.
- Je suis désolé, je lui ai dit quelque chose qui ne lui a pas plu... cela ne se reproduira plus. Affirma t'il d'un ton mal assuré.
Il ne pouvait pas vraiment promettre que cela ne se reproduirait plus en vérité, Chloé semblait vraiment hors d'elle. C'était la première fois qu'il l'entendait hurler contre lui et surtout qu'elle lui disait de se taire d'une façon aussi dure.
Pas de doute, il s'était vraiment mal conduit et il devrait se faire pardonner, mais comment ?
Ce fut donc toujours en proie, l'une à la colère, l'autre à la honte, qu'ils atteignirent le bureau du psychologue. Adrien frappa à la porte et attendit qu'elle s'ouvre, ce qui ne tarda pas.
Monsieur Poirier se montra en personne et étudia les deux adolescents, il constata sur le champs que quelque chose n'allait pas et la demande d'Adrien, qu'il savait être le premier à devoir passer dans son bureau, lui confirma cette impression.
- Pardon monsieur, est-il possible que nous intervertissions nos places ? Mon amie voudrait passer avant.
Monsieur Poirier n'hésita pas une seule seconde.
- Entrez. Dit il à Chloé. Je parlerai à votre camarade lorsque nous en aurons fini.
Lorsque Marinette parvint à l'angle du couloir qui la séparait encore du bureau de monsieur Poirier et qu'elle lança un regard prudent dans cette direction, Adrien était seul.
Il s'était assis sur la chaise mise à disposition des élèves dans le couloir et fixait tristement le sol.
A suivre
