Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Le cadeau du Papillon
Chapitre 5
Marinette avait presque couru lorsqu'elle avait entendu Chloé crier, fort heureusement les cris de la blonde avaient cessé bien avant qu'elle n'atteigne l'endroit et elle avait donc repris une allure plus modérée.
Tikki avait à nouveau tenté de la dissuader, mais elle ne l'avait pas plus écouté que la fois précédente, cette fois elle avait tout de même un argument, si Chloé avait crié de la sorte elle devait aller voir, c'était son rôle en tant que déléguée.
Tikki lui avait lancé un regard qui disait clairement qu'elle ne croyait pas une seule seconde en cet argument, et Marinette devait bien admettre qu'il était pour le moins léger, mais tant pis.
Elle contempla Adrien, se demandant pourquoi il semblait si triste d'un seul coup. Était-ce en rapport avec le cri qu'avait poussé Chloé ?
- Marinette, souffla Tikki dans un dernier effort pour ramener son amie à la raison, tu devrais vraiment retourner en classe avant que votre enseignante ne se demande où tu es passée.
- Chut Tikki, il va nous entendre. Répondit Marinette.
- Il n'aurait aucune chance de nous entendre si tu étais en cours, parce que je n'aurai pas de raison de te parler. Répliqua Tikki.
Marinette soupira et regarda à nouveau vers Adrien, au même instant ce dernier se tournait dans sa direction et se rendit compte de sa présence.
Il se leva vivement.
- Marinette ?
Marinette se recula vivement, mais il était trop tard.
Adrien la rejoignit et la considéra avec perplexité.
- Que fais tu ici ? Demanda t'il.
- Euh... j'étais aux teloittes... je veux dire aux toilettes et j'ai entendu crier, alors je suis venue voir... improvisa Marinette.
Adrien sembla plus étonné encore.
- Tu as entendu Chloé depuis les toilettes ? Je n'avais pas conscience qu'elle avait crié si fort, je suis désolé. Tout va bien, elle était juste un peu fâchée contre moi.
Marinette le considéra avec incrédulité. Vu la façon dont Chloé avait crié elle était sans doute un peu plus que fâchée et tout n'allait sans doute pas si bien qu'il l'affirmait.
- Tu es certain ? Questionna t'elle.
Adrien fut tenté de lui dire que non, qu'il avait très envie de parler avec elle au lieu de le faire avec un psychologue dont il se méfiait.
Il tourna instinctivement la tête vers la porte en pensant à ce dernier, mais elle était toujours fermée.
Il esquissa un sourire en songeant que le psy en avait sans doute pour un bon moment si Chloé avait décidé de lui parler de tout ce qui lui posait problème.
Rassuré il reporta son attention sur Marinette.
- Je crois que je vais devoir attendre un moment. Plaisanta t'il.
Ils furent interrompus par l'arrivée de leur enseignante qui fronça les sourcils en découvrant Marinette aux côtés d'Adrien.
- Mademoiselle Dupain-Cheng, je peux savoir ce que vous faites ici ? Si je vous ai autorisée à quitter la classe ce n'était pas pour traîner dans les couloirs. Attendez vous à devoir porter un mot à vos parents. Je ne tolère pas ce genre de comportement et vous le savez.
- Oui madame... murmura Marinette honteuse.
- Ce n'est pas de sa faute madame, j'ai agacé Chloé, elle a crié et Marinette est venue s'assurer que tout allait bien ainsi qu'elle le doit en tant que déléguée. Tenta de dire Adrien pour venir en aide à son amie.
- Je vous remercie de me donner cette information, que je ne veux pas remettre en doute, mais à moins que mademoiselle Bourgeois ait une voix qui porte, je doute qu'elle ait pu l'entendre depuis les toilettes. Commenta sèchement l'enseignante.
- Marinette revenait vers la classe lorsque Chloé a crié. Ajouta Adrien.
La rougeur sur ses joues ne le rendait pas des plus crédibles mais l'enseignante préféra ne pas l'accuser de mensonge.
- Je veux bien vous accorder le bénéfice du doute puisque votre camarade se porte garant de vous, mais que cela ne se reproduise pas. Puisque vous êtes ici, vous allez rester et vous remettrez ce document à monsieur Poirier.
Tout en disant ces mots madame Bustier tendit une enveloppe scellée à Marinette qui la prit sans discuter ni poser de questions.
Elle n'était vraiment pas fière d'elle à présent et préférait ne pas faire de vagues.
Elle s'installa aux côtés d'Adrien tandis que l'enseignante retournait vers la classe.
Ils avaient tous deux conscience de s'en tirer à bon compte, madame Bustier aurait très bien pu se montrer plus sévère envers eux.
Envers Marinette pour avoir traîné dans les couloirs et envers Adrien pour avoir tenté de la couvrir.
Adrien posa les yeux sur l'enveloppe, se demandant ce qu'elle pouvait bien contenir. Il n'était pourtant pas assez curieux pour oser demander à Marinette de l'ouvrir, il savait qu'elle refuserait probablement de toute manière et qu'elle aurait raison.
Poussant un soupir il se tourna un instant vers la porte.
Chloé avait l'air de prendre son temps... ce qui n'était en rien une surprise, c'était tout à fait son genre, mais il avait hâte d'en finir avec tout cela.
Il était également un peu soucieux de se retrouver face à un psy. Il n'en avait encore jamais vu mais il avait entendu dire qu'ils étaient doués pour étudier les gens et deviner leurs secrets.
C'était ce qui le préoccupait le plus.
Il ne tenait pas à ce qu'on découvre ses secrets, c'était bien trop risqué.
- Adrien, qu'est-ce qui ne va pas ? Questionna Marinette d'un ton soucieux.
Elle n'avait pas manqué de remarquer son expression et s'en alarmait.
Adrien soupira.
- Je suis un peu inquiet en raison de ce passage devant un psy... avoua t'il.
- Pourquoi cela ? S'étonna Marinette.
Adrien baissa la tête, il ne savait trop comment expliquer les pensées qui lui trottaient dans la tête. Il ne pouvait pas plus lui avouer combien ce qu'il était obligé de cacher lui pesait par moment.
- Nous avons tous nos secrets et certains sont plus lourds à porter que d'autres. Dit il sans trop prendre le temps de réfléchir.
Il vit aussitôt Marinette froncer les sourcils et la considérer d'un air perplexe, comme si elle ne comprenait pas ce qu'il entendait par là.
De fait Marinette peinait à réaliser ce qu'il pouvait bien vouloir dire.
Certes, elle concevait fort bien que l'on puisse avoir des secrets, même si elle ne voyait pas trop comment Adrien, riche et célèbre comme il l'était pouvait bien réussir à cacher quoi que ce soit, mais elle ne parvenait pas à voir la relation entre des secrets quels qu'ils soient, et la visite au psy... à moins qu'Adrien ne redoute que l'homme ne soit trop perspicace et parvienne à lire en lui.
Elle fut troublée de conclure que tel était pourtant le cas.
Comment pouvait il songer des choses pareilles ?
- Adrien, personne ne peut deviner tes secrets à moins que tu n'en parles ou que tu as besoin de t'en soulager. Lui dit elle doucement.
- J'aimerai en être si certain... j'ai entendu dire qu'ils étaient doués pour décrypter les gens.
- Ils n'en sont pas pour autant capables de lire dans les pensées. Assura Marinette. Tu n'as pas à t'en faire, il ne percera aucun de tes secrets.
Elle lui sourit.
- Tu veux bien me faire confiance sur ce point ?
Adrien hocha la tête, visiblement soulagé.
Au même instant la porte se rouvrit sur Chloé qui fit la moue en découvrant Marinette assise aux côtés d'Adrien.
Elle laissa échapper un reniflement méprisant et s'en alla sans leur dire un seul mot, à leur grand soulagement.
- Adrien Agreste ? C'est à vous. Dit le psychologue en se montrant à la porte.
Adrien se leva vivement, rougissant comme s'il venait d'être pris en faute. Marinette l'imita plus lentement.
Le psychologue se tourna vers elle.
- Qui êtes vous jeune fille, vous êtes venue trop tôt et où est votre binôme ?
Marinette lui tendit l'enveloppe.
- Je suis Marinette Dupain-Cheng, la déléguée de classe, Madame Bustier m'a demandé de vous remettre ceci.
Le psychologue prit le pli et la remercia.
- Vous pouvez retourner en classe. Monsieur Agreste, si vous voulez bien me suivre.
Marinette se détourna avec regret et Adrien suivit le psychologue à l'intérieur de la pièce.
Ils auraient tous deux préféré rester ensembles mais ils ne voulaient pas discuter.
L'éducation et la prudence les retenaient de le faire.
Marinette regagna sa place en silence, madame Bustier ne fit aucun commentaire et continua son cours comme si de rien n'était.
Au bout d'un long moment Adrien entra dans la classe, le visage figé et il reprit sa place aux côtés de Nino.
Ivan et Alya se dirigèrent à leur tour vers le bureau du psy.
Nino surveillait Adrien du coin de l'oeil, l'expression de son ami l'alarmait un peu.
- Tout va bien ? Lui souffla t'il.
Adrien se contenta d'incliner la tête sans dire un mot.
Il était très loin de la salle de cours en vérité.
Le psy lui avait posé un certain nombre de questions qui l'avaient toutes mis mal à l'aise. L'homme semblait poursuivre un but mais il n'avait pas réussi à déterminer lequel précisément.
A son grand étonnement peu des questions posées avaient un rapport avec Ladybug et les événements qui avaient bien pu se produire dans l'enceinte du collège.
Il en avait été un peu soulagé au début, puis le soulagement avait très vite laissé place à de la défiance.
Pour un psy censé s'assurer que les élèves du collège allaient bien, il ne semblait pas prêter beaucoup d'intérêt à la situation qui l'avait amené.
C'était suspect et Adrien n'aimait pas du tout avoir une personne au comportement suspect entre les murs du collège.
Il ne pouvait malheureusement rien y faire, il n'avait que des soupçons, très vagues au demeurant, et rien qui puisse les étayer. En parler serait donc une perte de temps.
Il n'en restait pas moins qu'il avait bien l'intention de garder un œil sur lui, que ce soit en tant que Chat Noir qu'en temps qu'Adrien.
Il ne savait pas encore comme il allait bien pouvoir agir, mais il trouverait un moyen, et surtout, il découvrirait ce qui avait vraiment motivé la venue de monsieur Poirier.
Il avait été plus alarmé encore à la fin de la séance, lorsqu'il avait entendu l'homme lui dire qu'ils se reverraient bientôt.
Devait il prendre cela comme une simple formalité, une menace ou un avertissement ?
Il guetta avec impatience le retour d'Ivan et d'Alya, mais lorsqu'ils revinrent ils ne semblaient pas le moins du monde affectés par leur entretien avec monsieur Poirier.
Adrien commença à se détendre lorsqu'il vit Kim et Juleka revenir tout aussi calmes qu'ils étaient partis.
Peut être s'était il fait des idées et monsieur Poirier n'était il qu'un psy qui suivait une méthode qui lui échappait totalement.
Après tout il ne savait pas grand chose de ce que faisaient ou non les psychologues.
Il devait cesser de se méfier de tout le monde.
Il ne put se retenir de sourire en songeant qu'être Chat Noir le rendait visiblement quelque peu parano et qu'il devait se reprendre avant de s'attirer des ennuis.
Puis ce fut le tour de Marinette et de Mylène. Les deux adolescentes sortirent en silence, Adrien s'adossa à son siège et s'efforça de se concentrer sur le cours bien qu'il ait beaucoup de mal à le suivre ce jour là.
Il ne s'en préoccupait pas vraiment, madame Bustier leur avait assuré qu'elle y reviendrait un autre jour, lorsque aucun d'entre eux ne serait dans l'obligation d'en partir.
Puis Marinette revint et il tourna machinalement la tête vers elle et se tendit immédiatement.
Elle était aussi tendue et nerveuse qu'il ne l'avait été en quittant le bureau du psychologue.
Toute la défiance et la tension qu'il avait ressenti un moment plus tôt lui revinrent.
Il y avait aussi quelque chose de plus qui le tourmentait. Marinette avait une expression qui lui était curieusement familière.
Une expression qu'il avait l'habitude de voir sur le visage de sa partenaire.
Se pouvait il que ?
Non... c'était impossible, il se faisait des idées.
Décidément il ne tournait vraiment plus très rond depuis quelques temps. Il fallait vraiment qu'il se reprenne et le plus tôt serait le mieux.
Il fallait également qu'il découvre ce que le psy avait bien pu dire à Marinette pour qu'elle ait une expression pareille.
Il ne se serait pas tant préoccupé de l'expression de Marinette s'il avait pu lire ce qui était écrit sur les documents que madame Bustier avait remis au psychologue et s'il avait su ce qui se préparait dans une maison pas très loin du collège.
Mais il n'en savait rien, personne ne s'en doutait, en dehors des principaux concernés.
A suivre
