Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Le cadeau du Papillon
Chapitre 7
Deux jours après le passage devant le psychologue Marinette et Adrien commençaient à se détendre et à ne plus penser à ces entretiens qui les avaient marqués tous deux, lorsqu'en sortant de cours ils avaient eu la surprise de voir arriver un adolescent plus âgé qu'eux, aux cheveux noirs et aux yeux gris, planté sur le trottoir en bas des marches, avec le regard de quelqu'un qui cherchait quelque chose. Un regard qui s'était éclairé d'une lueur satisfaite à leur vue. Il avait attendu qu'ils arrivent à sa hauteur et leur avait tendu deux enveloppes avant de tourner les talons sans dire un mot.
Surpris par cette action pour le moins imprévue et surtout intrigué, Adrien avait immédiatement tenté de retenir le jeune homme.
- Attendez ! Qui êtes vous donc et que veut dire ceci ?
- Tout est dans le courrier. Lança l'autre sans même prendre la peine de s'arrêter ou de le regarder.
Il se fondit dans la masse des élèves quittant l'établissement et ne tarda pas à disparaître à leur vue.
Adrien et Marinette échangèrent un regard perplexe.
Ils étaient aussi surpris l'un que l'autre et aussi peu assuré sur la conduite à tenir.
- Je crois que nous devrions trouver un endroit tranquille pour ouvrir ces lettres. Déclara Adrien au bout d'un moment.
Marinette qui faisait tourner la lettre qu'elle avait reçu entre ses doigts le regarda avec un peu de surprise. Elle ne s'attendait pas du tout à ce qu'il venait de dire et cela se voyait clairement.
Adrien ne put se retenir de rougir un peu, il ne pensait pourtant pas avoir dit quelque chose d'idiot ou de déplacé.
- Tu préfère l'ouvrir ici, en pleine rue ? Devant tout le monde ? Questionna t'il.
Marinette fit signe que non puis rougit à son tour en réalisant qu'elle avait bien failli passer à côté d'une occasion de passer du temps avec lui chez elle.
- Non, tu as raison, allons chez moi. Dit elle vivement.
Elle se rendit compte de ce qu'elle venait de dire et s'empourpra un peu plus.
Tout d'abord surpris par la proposition, il avait cru en faisant cette proposition qu'ils pourraient retourner à l'intérieur du collège à présent pratiquement désert et y trouver un coin discret pour ouvrir les lettres et les lire, Adrien sourit finalement. Aller chez Marinette était effectivement une bien meilleure idée, outre le fait que ce serait bien plus agréable, ils auraient bien moins de chance d'être surpris par d'éventuels curieux.
Certes, le père de Marinette pouvait parfois se montrer plus souvent qu'ils ne le souhaiteraient, mais c'était toujours avec les meilleures intentions du monde et non pour surveiller ce qu'ils faisaient. C'était du moins ce qu'il avait déduit des passages du père de Marinette les rares fois où il avait eu l'occasion d'aller chez elle et il ne tenait pas à changer d'avis à ce sujet.
- Je te suis. Dit il doucement, en espérant qu'elle n'allait pas se raviser ou se mettre à paniquer.
Quoi que contiennent ces lettres, il était désormais satisfait d'en avoir reçu une et que Marinette soit dans le même cas.
Ce jour là Nino et Alya avaient prévu de faire des choses de leur côté, ce qui voulait dire qu'il n'y avait aucun risque que leur curiosité ne viennent perturber leur lecture.
Adrien aimait beaucoup les deux jeunes gens, mais parfois il devait bien admettre que leur enthousiasme lui pesait un peu.
Il était donc ravi d'avoir l'occasion de passer un peu de temps en compagnie de Marinette sans eux. Ce qu'il se garderait bien d'avouer à Marinette, ne sachant trop comment elle prendrait la chose.
Marinette se mit en route et il lui emboîta le pas.
Il était vraiment intrigué par cette histoire de lettres venues il ne savait pas de qui et il avait hâte d'en prendre connaissance.
Une fois passé la porte de la boutique Marinette ne perdit pas de temps, elle expliqua à ses parents qu'Adrien venait pour regarder avec elle quelque chose qu'ils avaient eu au collège. Elle se garda bien de préciser de quoi il s'agissait exactement, ne voulant pas courir le risque que son père décide de lui confisquer la sienne sous prétexte que cela pourrait être dangereux pour elle.
Elle ne voyait pas quelle raison un garçon inconnu leur aurait remis quelque chose de dangereux, il n'y avait aucune raison à cela après tout.
Elle aurait été plus méfiante s'il avait s'agit d'un colis, mais une simple lettre, toute mince et dans laquelle elle n'avait rien senti de suspect en la palpant, ne devait pas présenter le moindre risque. Ce n'était que dans les films ou les séries qu'on trouvait des lettres piégées, pas dans les rues de Paris. Un autre détail l'intriguait beaucoup, le fait que son nom et son prénom soit inscrit sur le devant de l'enveloppe, rédigés d'une écriture soignée et élégante. Là aussi elle trouvait cela surprenant mais en même temps rassurant, les gens qui voulaient nuire à autrui prenaient rarement le temps d'écrire le nom de leurs victimes sur les courriers qu'ils leur adressaient.
Elle patienta le temps qu'Adrien salue ses parents puis ils grimpèrent dans sa chambre et prirent place côte à côte sur sa banquette.
Après avoir échangé un regard ils prirent une profonde inspiration puis ouvrirent les deux lettres.
Ils en tirèrent chacun une feuille de beau papier blanc épais sur lequel était écrit une invitation à venir rencontrer le garçon derrière la vitre afin de faire sa connaissance.
L'écriture était la même que sur l'enveloppe et l'invitation était plus surprenante encore que la façon dont elle leur avait été remise.
Il n'y avait aucun nom, seulement une adresse et un horaire : 17h20, sans aucune date.
Adrien replia la feuille qu'il tenait et la glissa dans l'enveloppe.
Il était partagé entre la déception, il s'était attendu à quelque chose de bien plus remarquable qu'une simple invitation, et la contrariété, Marinette elle semblait ravie.
- Tu as l'intention d'y aller ? Lui demanda t'il pour la forme, il se doutait déjà de la réponse qu'elle allait lui donner.
Marinette se tourna vers lui, le sourire aux lèvres et il s'efforça de rester impassible afin de ne pas altérer la joie qu'elle éprouvait. Joie qu'il était bien loin de ressentir.
Ce n'était pas qu'il ait quoi que ce soit à reprocher au garçon derrière la fenêtre, mais il ne pouvait nier qu'il ressentait une pointe de jalousie pour le moins intense à voir sourire Marinette de la sorte à l'idée qu'elle allait pouvoir enfin rencontrer celui à qui elle faisait parfois signe.
- Bien sur que oui ! Répondit gaiement Marinette. J'ai envie de lui parler depuis que je l'ai aperçu la première fois.
Adrien réprima avec peine une forte envie de serrer les dents, c'était dur à entendre tout de même...
Quelque chose dans son expression devait le trahir car il vit la jeune fille froncer légèrement les sourcils.
- Pas toi ? Demanda t'elle d'un ton soucieux.
Il s'efforça de sourire à nouveau même s'il n'en avait aucune envie. La réponse qu'il aurait aimé pouvoir donner était clairement non, mais s'il ne voulait pas qu'un certain malaise s'installe c'était la seule qu'il ne pouvait pas donner.
Si Marinette avait l'intention de répondre par l'affirmative à cette étrange invitation, alors il lui fallait absolument s'y rendre lui aussi.
Après tout, connaître son ennemi était une chose indispensable lorsqu'on voulait triompher.
- Bien sur que si ! Affirma t'il vivement.
Marinette continuait à le regarder d'un air préoccupé, il n'avait pas du être assez convaincant, mais il ne savait pas comment faire preuve d'un enthousiasme qu'il ne ressentait absolument pas.
Il voulait accompagner Marinette mais il ne voulait pas non plus faire preuve de la plus parfaite mauvaise foi, il se sentait bien assez minable de lui mentir comme il venait de le faire.
Il se doutait qu'elle serait très déçue et aurait du mal à lui pardonner, si elle le découvrait.
Lui même s'en voulait déjà en vérité, mais ce qui était dit ne pouvait pas être retiré, surtout en pareil cas.
- Tu es certain ? Insista Marinette. Tu ne sais rien de lui, tu ne l'as jamais vu... je me demande pourquoi il t'a invité aussi... cela n'a pas de sens.
- Raison de plus pour que je vienne. Affirma Adrien, sautant sur l'occasion qui lui était offerte de se justifier sans mentir. J'ai très envie de savoir qui il est et pourquoi il veut nous voir tous les deux. Pour toi j'ai déjà ma petite idée, mais je ne comprends pas plus que toi pourquoi il demande à me voir aussi.
Il se sentit un peu mieux après cette explication, elle n'effaçait pas son mensonge premier, mais elle le rattrapait un peu tout de même... bon, pas beaucoup sans doute, mais tant pis.
Marinette le regarda d'un air soupçonneux, comme si elle le soupçonnait de ne pas tout lui dire, ce qui était le cas.
Adrien opta pour un peu plus de franchise. Dans l'état actuel des choses c'était sa meilleure option, celle avec laquelle il se sentirait le plus à l'aise.
- Marinette, je ne vais pas te cacher que je ne suis pas tranquille, ce garçon me semble un peu étrange. Je ne dis pas qu'il nous veut du mal, mais je trouve ces invitations vraiment curieuses.
Marinette hocha la tête, elle comprenait ce qu'il voulait dire, elle aussi ressentait une certaine part de doute, mais elle avait vraiment très envie de rencontrer le mystérieux adolescent.
- Adrien, je ne veux pas te laisser y aller si ce n'est pas ce que tu veux vraiment, ce n'est ni juste ni correct, autant pour toi que pour lui. Dit elle.
Adrien soutint son regard.
- C'est vraiment ce que je veux. Je te donne ma parole que s'il est réglo je le serai aussi. Tu veux bien me faire confiance ? Juste pour cette fois ?
Le silence retomba, Marinette fixait les yeux verts de son ami et elle ne savait trop que faire ni que dire, elle continuait à avoir des doutes, mais elle ne pouvait pas lui dire ouvertement qu'elle le soupçonnait d'être animé par des sentiments qui n'étaient pas du tout amicaux.
Elle ne savait pas trop pourquoi ni comment lui était venu cette certitude, mais elle ne parvenait pas à l'écarter.
C'était assez perturbant, elle le connaissait depuis un moment, elle savait qu'il avait bon cœur, qu'il ne rejetait pas les gens sans raison.
Elle ne pouvait qu'espérer qu'il soit mieux disposé envers celui qu'ils allaient voir une fois qu'il aurait eu l'occasion de lui parler.
- Je veux bien. Dit Marinette finalement. Si tu me donne ta parole que tu vas lui laisser une vraie chance, quelle que soit ta véritable motivation pour aller le rencontrer.
Adrien hocha la tête, c'était déjà un bon pas en avant, et après tout, elle avait raison de lui parler de la sorte.
- Tu as ma parole. Dit il fermement.
Marinette le fixa encore quelques instants sans rien dire puis lui tendit la main.
- On est d'accord alors, il ne nous reste plus qu'à choisir la date où nous irons. C'est gentil de sa part de nous laisser libres de venir le jour qui nous convient, tu ne trouves pas ?
Adrien aurait préféré ne pas se prononcer sur le sujet, rien que d'y penser le déprimait, mais Marinette attendait une réponse et il se devait de la lui fournir.
- Vraiment adorable en effet... s'il a l'intention de nous piéger il a intérêt à avoir un plan sur le long terme, ce qui est peu probable...
Marinette sourit légèrement, Adrien n'avait pas tort. Elle ne croyait pas une seule seconde que le garçon avec qui elle avait échangé des regards et des signes puisse leur vouloir du mal.
- En effet. Alors, quand y allons nous ?
Adrien prit le temps d'y réfléchir longuement. Puis il jeta un coup d'œil à sa montre. Ce jour là ils avaient fini tôt, ce qui faisait que, même s'ils avaient passé un petit moment chez Marinette, il n'était encore que 16h30. Ils avaient donc plus d'une demie heure devant eux avant l'heure prévue pour le rendez-vous.
- Pourquoi ne pas y aller tout de suite ? Dit il d'un ton léger en lui faisant un clin d'œil.
Marinette le regarda d'un air ébahi puis éclata de rire.
Adrien ne tarda pas à l'imiter.
Rire leur fit du bien, cela effaçait toute la tension qu'ils avaient ressenti un instant plus tôt.
Pour un bref moment ils cessèrent de penser à tout ce qui n'était pas ce rire, même le rendez-vous où ils devaient se rendre, même le Papillon, même leurs kwamis qui se cachaient non loin et se demandaient ce qu'il se passaient, qui tendaient l'oreille.
Plus rien d'autre n'avait d'importance.
A suivre
