Chapitre 1
Flash-back :
Un jeune garçon aux cheveux blancs marchait tranquillement dans la rue. Il portait un long manteau noir pour se protéger du vent. Sous son manteau, il portait une simple chemise blanche et un pantalon noir. Il entra dans l'immense opéra de Vienne, la capitale d'Autriche. Il n'avait pour une fois pas de mission et même un jour de congé suite à sa précédente mission. Durant celle-ci il avait reçu une profonde entaille sur le côté. Il avait même du se recoudre lui-même alors qu'il pouvait voir ses propres côtes. Il n'avait pu être correctement soigné qu'à son retour de mission. Le blandin entra dans le gigantesque bâtiment. Il regarda autour de lui en souriant. Il n'aimait pas spécialement l'opéra mais après tout c'était un ami qui lui avait offert. Un homme habillé en rouge vérifia son billet avant de l'inviter à entrer dans la grande salle. Il allait se diriger vers sa place quand un homme l'arrêta.
"Excusez-moi Monsieur, la représentation est un peu retardée. Vous pouvez aller faire un tour et revenir dans quelques minutes."
"Merci." Répondit-il en s'inclinant légèrement. Il fit demi-tour. Il n'aurait qu'à visiter les couloirs en attendant que l'opéra commence. Il marchait tranquillement dans les couloirs, visitant un peu ce bâtiment emblématique du pays. Allen entra dans une pièce très sombre. Il plissa les yeux pour tenter de voir quelque chose, faisant quelques pas dans la pièce. Il s'arrêta en sentant une aiguille s'enfoncer dans sa cuisse. Il n'eut pas le temps de se retourner qu'il sentit un bras passer autour de sa taille pour glisser de sa main gantée quelque chose dans sa main. Un pistolet ? Mais pourquoi ?
"Merci..." Murmura l'homme, qu'il reconnut comme brun, puis il embrassa sa joue. Le blandin eut juste le temps de voir son visage avant qu'il se détache de lui, se dirigeant vers la sortie. Il voulut le suivre mais il n'arrivait plus à bouger. Il eut juste le temps de comprendre que cela venait de l'aiguille que la lumière innonda la pièce. Des agents des services secrets où il travaillait entrèrent par toutes les portes. Il remarqua alors le cadavre étalé au sol en face de lui. Alors c'était pour ça le pistolet et les gants ? Les soldats s'écrièrent sans surprise :
"Pas un geste !"
"Allen Walker, pour le meurtre du premier ministre de Grande Bretagne je vous arrête ! Vous pouvez garder le silence, vous aurez le droit de vous défendre lors de votre jugement. Veuillez nous suivre maintenant." Déclara le chef de la division des services secrets britanniques, son supérieur. Allen laissa tomber le pistolet, il s'était fait avoir en beauté.
"Allen Walker, vous êtes maintenant reconnu par tous les services sociaux comme un traître. Vous pouvez vous défendre si vous le souhaitez mais rien ne nous empêchera de vous enfermer dans la prison de nos locaux."
Fin de flash-back.
Allen se réveilla en sursaut. Il venait encore une fois de revivre les événements de ces derniers jours. Il passa une main dans ses cheveux en soupirant. Il était seul maintenant. Il retira le drap qui couvrait ses jambes et se leva. Il regarda un instant par la fenêtre. La neige recouvrait le sol jusqu'à une dizaine de centimètres. Il se demandait encore pourquoi il avait choisi la Russie. Certes il y était déjà allé avec Mana, son père adoptif, lorsqu'il était enfant, mais il ne savait même pas pourquoi il avait choisi cet endroit. Il bailla, étirant ses bras au dessus de sa tête. Il se leva, se déshabilla, entra dans la salle de bain puis dans la douche. Il ouvrit le robinet, frissonnant quand l'eau chaude tomba sur ses maigres épaules. Depuis son propre exil il avait perdu du poids. Ses amis lui manquaient mais il lui était impossible de les voir... pour l'instant du moins. Il allait retrouver ce brun qui avait un grain de beauté sous l'oeil et il prouverait son innocence. Il arrêta le jet d'eau et sortit de la douche. Il enroula une serviette autour de sa taille. Il retourna dans la chambre pour s'habiller, comme très souvent, d'une chemise blanche et d'un pantalon noir. Il s'apprêta à sortir de la chambre mais revint en arrière récupérer la serviette qu'il avait posé sur son lit pour se sécher les cheveux. Il avait toujours aimé sentir le vent dans ses cheveux humides et il avait pris pour habitude de ne jamais sécher ses cheveux. Mais la dernière fois qu'il était sorti, l'eau dans ses cheveux s'était transformée en glace. Il ne pouvait sortir tant que le vent russe soufflerait dans ses cheveux blancs. Quand ses cheveux furent bien secs, il lança la serviette sur le lit et quitta la pièce. Il se rendit au restaurant de l'hôtel où il séjournait pour y prendre son petit déjeuner. Il commanda des Vareniki, des sortes de raviolis sucrés farcis avec du fromage blanc. Il avait fini par tomber amoureux de ces petits gâteaux dès la première bouchée et depuis il en mangeait chaque matin. Quand il eut fini son assiette, il déposa 2 billets de 1000 roubles (1) sur la table soit largement de quoi payer son repas. Il remonta ensuite dans sa chambre d'hôtel. Il entra une nouvelle fois dans la salle de bain pour, cette fois-ci se brosser les dents. Il se figea en entendant quelqu'un frapper à la porte. Il cracha le dentifrice qu'il avait dans la bouche, rinça celle-ci puis sortit de la pièce. Il souffla un grand coup alors que les coups reprirent contre sa porte. Il n'avait pas d'arme à disposition mais il était prêt à se défendre. Il ouvrit très rapidement la porte mais avant d'avoir pu voir quelque chose, il tomba à la renverse, emporté par 2 hommes.
"Salut p'tit frère !" S'exclamèrent les 2 en tirant sur ses joues.
"Jasdero, David ?" Demanda le blandin. "Mais qu'est-ce que vous faîtes là ?"
"Bah quoi on a pas le droit de voir son petit frère chéri maintenant ?" Répliqua Jasdero en le serrant dans ses bras alors que David se relevait.
"En fait on est là pour le travail." Il alla récupérer le colis qu'ils avaient laissé de devant la porte puis ferma cette dernière. Jasdero comme David travaillaient en tant que livreurs. Le blond aida son cadet à se relever alors que son jumeau lui tendait une boîte en carton.
"Mais j'ai rien commandé..." Murmura le plus jeune. Il leva les yeux vers ses 2 frères aînés qui haussèrent les épaules. "Vous devriez peut-être reculer..."
"T'inquiète on passe les paquets au détecteur de métaux, ça risque rien." Déclara David.
"Il y a des bombes faites avec du plastique..." Marmonna-t-il.
"Il y a pas de risque je te dis." Allen retira lentement le ruban le lavande qui fermait la boîte en carton. Il sursauta, lâchant la boîte par reflexe. Lorsqu'il avait ouvert la boîte, des centaines de confettis rectangulaires de toutes les couleurs lui avaient explosé au visage.
"Je crois que t'as un admirateur frangin." Dit le jeune homme aux cheveux blonds, tenant dans ses mains un confettis jaune. Le blandin s'agenouilla devant la boîte en carton, regardant timidement ce qu'elle contenait. Une carte de la même couleur que le ruban trônait au fond de la boîte. Sur celle-ci était écrit "pour celui qui a le plus beau sourire". " Je te l'avais dit." Ajouta Jasdero, aidant encore une fois son frère à se relever. Il ébouriffa ses cheveux, riant aux joues rouge pivoine de celui-ci. Ce dernier retourna la carte qu'il lut dans sa tête.
"Merci encore pour la dernière fois, j'espère que la mort du ministre ne vous attriste pas trop. Je ne veux en aucuns cas vous froisser. Votre air contrarié, bien qu'adorable, n'est pas celui que je préfère sur votre joli minois. Comme le revers de ma carte vous l'a déjà fait remarquer, c'est avec un sourire que vos lèvres rouge cerise sont les plus appétissantes. Et ce n'est point remplis de larmes que vos yeux me rendent fou. Mais bien remplis de vie comme lorsqu'ils sont accompagné de votre rire qui sonne à mes oreilles comme la plus douce des mélodies. Depuis cette opéra je ne pense qu'à vous revoir. J'espère que notre prochaine rencontre approche dans l'espoir de revoir vos yeux acier sous vos longs cils couleur de neige.
T. Mikk."
"Il se moque de moi !" S'exclama Allen en donnant un coup de pied dans la boîte en carton. Il se laissa tomber sur le lit en soupirant. Jasdero caressa ses cheveux.
"Ça va ?" Le blandin se releva en passant une main dans ses cheveux.
"Ouais, mais j'ai un truc à faire." Répliqua-t-il en se dirigeant vers la porte.
"Comme tu veux, de toute façon on a encore du travail." Ajouta David. Les jumeaux sortirent eux aussi de la chambre. Allen ferma la porte à clé, laissant à l'intérieur les confettis, la carte et le paquet qui la contenait. Il quitta l'hôtel avec ses frères et, une fois dans la rue, se sépara d'eux. Les jumeaux retournèrent travailler sans lui poser plus de questions. Ils savaient que leur cadet travaillait pour les services secrets britanniques et qu'il ne pouvait divulguer aucunes informations. L'unique chose qu'ils savaient était qu'il y a plusieurs jours, leur adorable petit frère était venu leur rendre visite en Angleterre, juste avant qu'ils déménagent en Russie, en pleurs, couvert de sang et de bouts de verre et avec des bleus aux poignets. Sans poser la moindre question, ils avaient retiré un à un les morceaux de verre, désinfecté et pansé ses blessures. Ils étaient conscients qu'un grave problème touchait leur jeune frère. Les jumeaux se jetèrent sur leur cadet pour lui faire une dernière étreinte puis continuèrent à livrer leurs colis. Allen marcha dans la rue, les mains dans les poches, regardant fixement le sol. Il se laissa tomber sur une banc trempé par la neige fondu. Il tira sur ses cheveux presque au point de les arracher.
"Une idée, une idée, une idée, une idée, une idée..." Répétait-il comme un mantra, comme cela allait l'aidait à trouver une solution. Il redressa la tête d'un seul coup, cessant enfin de tirer sur ses mèches blanches. "Mais oui..." Souffla-t-il. Il se releva et partit en courant. La solution était juste devant lui. Il disparut une nouvelle fois dans les diverses ruelles de la ville, son plan se mettant déjà en place dans sa tête.
Un jeune homme aux longs cheveux noirs marchait tranquillement dans les couloirs de l'Ordre noir, le bâtiment officiel des services secrets où il travaillait et vivait, tout comme ses collègues. Il se dirigeait actuellement vers la cafétéria pour y manger seul, du moins c'était ce qu'il espérait puisqu'un certain lapin roux trouvait toujours le moyen de venir "l'emmerder", comme il disait, peu importe à l'heure à laquelle il mangeait où dans quel bâtiment lorsqu'il sortait. A croire qu'il l'attendait et le suivait juste pour... il ne savait même pas quoi. Il soupira. Le seul moment où il avait la paix était quand il était en mission seul. Il pénétra finalement dans la cafétéria. Il salua sobrement le cuisiner, Jeryy, puis commanda la même chose qu'il prenait d'habitude, des sobas. Il alla ensuite s'asseoir seul avec son plateau. Il soupira en voyant arriver à toute vitesse une certaine tête rousse.
"Salut Kanda !" S'exclama-t-il en s'asseyant en face de lui. "Qu'est-ce que tu veux abruti ?"
"On a tous été convoqué ici. Apparemment Leverrier a un truc important à dire, je crois que ça concerne tout le monde. Et la cafétéria est la plus grande salle du bâtiment alors..."
"Alors va emmerder le Moyashi et fout moi la paix."
"Peux pas." Commença-t-il. "Je crois qu'il est pas encore rentré de mission." A peine eut-il fini sa phrase que Leverrier, leur chef de division entra dans la pièce.
"Que tout le monde se taise, j'ai une annonce extrêmement importante à faire. Tout d'abord Sheryl Camelott notre premier ministre... est mort." Les agents secrets qui, en l'honneur du discours de Leverrier s'étaient tous rassemblés dans la cafétéria, l'écoutaient dans le silence le plus complet. Pas un n'osait croire ce qu'il venait d'entendre. "Le coupable n'est autre que le jeune Allen Walker, une ancienne recrue de nos services. Il est actuellement considéré comme un traitre et est emprisonné et enchaîné dans les prisons de nos locaux. Si vous tentez le moindre contact direct ou indirect avec lui, vous irez le rejoindre derrière des barreaux." Tous ceux qui étaient présents dans la pièce restèrent muets, y compris le cuisinier, même Kanda. Une personne aussi adorable, souriante, enjouée, pleine de vie et de bien d'autres qualités était un traître et un meurtrier ? Impossible personne n'y croyait. "Et pour ceux qui ont des doutes quant à sa culpabilité, il a été pris sur le fait avec à la main un pistolet qui s'est retrouvé être l'arme du crime." Kanda se leva silencieusement avant de quitter la pièce. Trop choqué par ce qu'ils venaient d'entendre, personne ne put réagir.
(1) Environ 28 euros
