Chapitre 2

Allen martelait encore une fois le sol avec ses bottes. Il se dirigeait cette fois-ci vers l'hôtel où il séjournait. Le plan qu'il avait en place il y a quelques minutes nécessitait qu'il passe d'abord chez lui. Il passa la porte de l'hôtel en courant, grimpa les escaliers puis s'enferma dans sa chambre. Il ouvrit son armoire dans laquelle il fouilla, lançant sans ménagement les vêtements dont il se moquait sur le sol de la pièce. Il s'arrêta enfin lorsqu'il trouva ce qu'il cherchait. Plus délicatement cette fois-ci, il sortit un costume entre le noir et le gris et une casquette assortie, un uniforme de policier russe. Il s'empressa de se déshabiller pour enfiler le costume sombre. Il quitta une nouvelle fois l'hôtel, enfonçant la casquette sur sa tête. Il se remit à courir mais dans la direction opposée à la dernière fois. Il courut aussi vite que possible vers le commissariat. Arrivé dans la bonne rue, il arrêta de courir pour se mettre à marcher. Il ne devait pas avoir l'air suspect. Il pénétra dans le commissariat, saluant de la main ses "collègues". Il regarda attentivement chaque panneau indicatif tout en restant discret. Difficile de passer inaperçu dans un endroit où on est jamais allé. Trouvant enfin l'indication qu'il cherchait, il grimpa au premier étage. Il vérifia que personne ne regardait et entra dans une pièce notée "archive". L'homme qui lui avait envoyé une lettre avait signé. Il ignorait s'il l'avait fait exprès ou non mais maintenant il avait son nom de famille. Il se dirigea vers un casier sur lequel était écrit "M-N". Il ouvrit le tiroir "M". Il chercha brièvement le nom "Mikk" quand une étiquette bleue avec "par ici". Il fronça les sourcils et, par curiosité, pris le dossier étiqueté entre ses doigts. Il l'ouvrit pour lire la première page. "Un cadeau pour mon blandin préféré.". Il rougit et ferma les yeux. En effet le brun avait fait exprès de lui donner son nom. Il tourna la page et rougit encore plus, il y avait une photo du brun qui lui envoyait un baiser et lui faisait un clin d'oeil. Il avait envie de lancer le dossier contre le mur mais il en avait besoin. Il lut le reste du contenu de la page dans sa tête. Il se nommait Tyki Mikk, avait 25 ans, il était portugais, pesait 70 kg et mesurait un mètre 88. Allen déglutit rien que de s'imaginer en face de lui. Le blandin mesurait un mètre 68 lui, c'était tout de même 20 cm de différences. Il tourna encore une page pour, cette fois-ci, arriver à la dernière. Il soupira, il pensait qu'il aurait trouvé un peu plus d'informations. La dernière page attira plus son attention que la précédente. C'était une lettre écrite à la main et la même écriture que la lettre qu'il avait reçu.

"Ah mon très cher ami je suis ravi que vous trouviez cette lettre. Cela fait déjà 2 mois que je ne vous ai point vu. Vous m'avez manqué dès que je vous ai quitté mais comme vous avez pu le remarquer je n'ai pu faire autrement. Et je suis certain que vous souhaitez me revoir bien que ce ne soit pas pour les mêmes raisons. Je vous propose donc de jouer avec moi, si vous parvenez à me trouver, je répondrais à toutes vos questions, car je suis persuadé que vous en avez. Mais ne vous inquiétez pas, je vais tout de même vous donnez un indice : Je vous donne rendez-vous dans le plus grand hôtel de la ville la plus religieuse d'un pays espagnol au nom fruité. Bonne chance, si vous arrivez à résoudre l'énigme je vous offrirai un baiser."

Allen soupira, rougissant encore. Il prit le dossier avec lui avant de quitter la pièce. Il cacha le dossier dans sa veste sombre. Puisque Tyki était portugais, son dossier n'avait rien à faire en Russie. Il l'avait donc laissé là uniquement pour lui. Il pouvait ainsi emmener le dossier avec lui pour l'étudier. Il sortit calmement du commissariat de police mais dès qu'il fut dehors, il se remit à courir en direction de son hôtel. Quand il passa enfin la porte de sa chambre, il était essoufflé. Il posa le dossier sur son bureau et se laissa tomber sur le lit. Il retira sa casquette pour passer une main dans ses cheveux. Il se releva, se dirigeant vers la carte du monde qu'il avait accroché au mur. Déjà il devait trouver de quel pays il s'agissait. Il prit une feuille de papier pour noter le nom des différents pays hispaniques, l'Espagne, le Chili, la Bolivie, le Paraguay, l'Uruguay, l'Argentine, le Vénézuéla, le Mexique... Il soupira, un pays espagnol avec un nom de fruit.

"Mmh..." Marmonna-t-il en se posant sa tête sur son bras gauche qui lui était posé sur le bureau. Il soupira longuement. S'il devait faire des recherches sur chacun de ses pays il en aurait pour la journée. Il se releva pour frapper dans un mur. Si seulement il n'était pas considéré comme un traître il aurait pu rentrer au quartier général des services secrets il aurait pu faire des recherches dans les archives. Il inspira longuement puis expira pour se calmer. Il retira son uniforme pour reprendre une tenue décontractée puis quitta encore une fois sa chambre d'hôtel.


"Lavi attends moi !" Cria une jeune brune essoufflée. Elle n'en pouvait plus de courir après son ami. Un jeune homme aux cheveux rouges s'arrêta et se retourna pour attendre son amie. Celle-ci attrapa son poignet lorsqu'elle arriva à sa hauteur. "Lavi tu peux pas aller le chercher comme ça !"

"Et pourquoi ?! Pourquoi hein ?! Tu t'en fiches de ce qui lui arrive ?! Ca fait une semaine qu'il pourrit dans un cachot ! Je me fiche qu'il soit enfermé dans une prison, j'irai le chercher et c'est tout !" L'alarme se déclencha mettant ainsi fin à sa tirade. Apparemment un détenu s'était échappé. Cependant le seul détenu qui se trouvait actuellement dans leurs locaux était leur ami Allen. Ils virent des soldats passer en courant et décida de les suivre, ignorant une nouvelle fois les cris de la la brunette. Lorsque les soldats s'arrêtèrent enfin Lavi, le roux, put reconnaître la voix de Leverrier, son supérieur :

"Que personne ne bouge !" Il se hissa sur la pointe des pieds pour voir ce qu'il se passait. I eut juste le temps de reconnaître la chevelure blanche du jeune Allen Walker qui se trouvait avec Krory menacé par une dizaine de policier avant qu'il ne plonge au travers de la fenêtre. Il sursauta alors qu'il vit le verre brisé s'enfoncer dans la peau de son ami qui atterrit durement sur le sol trempé dehors. Il suivit les soldats, s'approchant lui aussi de la fenêtre. Il aperçut son ami disparaître dans les ruelles sous un torrent de pluie, effaçant les traces de sang qui tombaient au sol et esquivant difficilement les fléchettes anesthésiantes que lançaient les soldats de leur fusil. Il fit demi-tour et partit pour regagner sa chambre. Il allait chercher son ami peut importait ce qui risquait de lui arriver, il irait et rien ne pourrait le faire changer d'avis. Une fois passé la porte de sa chambre, il sortit un sac gris qu'il remplit de vêtements. Il y ajouta ensuite son ordinateur portable ainsi que quelques autres gadgets qui pourraient lui servir. Il ressortit de la pièce en plaçant le sac sur son épaule. Il traversa les couloirs de l'Ordre Noir réfléchissant à la manière dont il allait procéder pour retrouver son ami. Il devait d'abord trouver l'endroit où son ami s'était réfugié. Il était blessé et ne pouvait décemment pas voyager dans cet état. Alors qu'il atteignait enfin l'entrée, Lavi put reconnaître la silhouette de Kanda se diriger aussi vers l'entrée.

"Kanda !" Cria-t-il en le rejoignant.

"Oui et non."

"Quoi ?" S'exclama-t-il.

"Oui je vais chercher le Moyashi et non tu viens pas avec moi."

"Comme si je te laissais le choix !" Répliqua-t-il en plaçant ses poings sur ses hanches. Le brun leva les yeux au ciel et quitta le bâtiment sans attendre. Le rouquin ne s'en formalisa pas et s'empressa de le suivre. Il s'assit dans la voiture de Kanda du côté passager juste à côté de lui. L'aîné leva les yeux au ciel, il n'aurait donc jamais la paix ? Il soupira, démarrant le moteur. "Je pense qu'il a dû aller chez ses frères pour commencer."

"Il a des frères ?" Demanda le brun nonchalamment.

"Tu vois que j'ai bien fait de venir. Allen a 2 frères aînés Jasdero et David. Ils vivent à une demi-heure en voiture d'ici, si on y va maintenant on pourra peut-être y retrouver Allen." Répondit-il en pointant du doigt la direction qu'ils devaient prendre. Kanda suivit donc ses instructions, non sans râler bien sûr.


Allen se laissa tomber sur la table en gémissant. Cela faisait des heures entières qu'il faisait des recherches sur tous les pays hispanophones du monde, ne s'offrant une pause que pour prendre un café et ne pas tomber endormi. Heureusement qu'il avait encore accès à une bibliothèque et que celle-ci était ouverte 24 heures sur 24. Il avait une table pour lui seul tellement il prenait de place avec tous ces papiers. Le blandin frotta vigoureusement ses yeux pour se réveiller. Il ne pouvait pas s'arrêter maintenant. Il feuilletait distraitement les pages d'un livre sur l'Espagne d'une main, l'autre se trouvant contre sa joue pour empêcher sa tête de tomber. Ses yeux commençaient à se fermer d'eux même. Il avait beau essayer de rester éveillé, rien n'y faisait. Il se sentait sombrer dans l'inconscience. Sa vision se réduisait et devenait petit à petit trouble. Il secoua la tête pour ne pas succomber au sommeil mais il était déjà trop tard. A peine quelques minutes plus tard, il tombait endormi sur son livre. Il semblait paisible ainsi. Son repos était bien mérité. Il avait fait très peu de nuits complètes depuis qu'il avait été officiellement reconnu comme un traître. Entre les cauchemars, les recherches qu'il avait à faire, effacer ses traces pour ne pas être retrouvé... Les bras de Morphée dans lesquels il voulait chaque être étreint venaient de fondre sur lui au pire moment. Du moins c'était ce qu'il avait pensé avant de sombrer profondément dans le sommeil. Il sentit une main douce et chaude s'insinuer lentement dans ses cheveux blancs. Inconsciemment il sourit, c'était agréable. Il ne s'était pas senti aussi bien depuis très, très longtemps. Même auprès de ses frères, même auprès de... En même temps être à ses côtés, si tenté qu'on y arrive, n'était pas du tout des plus reposant. La main sur sa tête se glissait tendrement entre ses mèches de cheveux. Son sourit s'étira légèrement alors qu'il approchait sa tête de cette main. Il entendit un rire parvenir à ses oreilles mais il ne reconnaissait pas la voix. Il gémit lorsque la main quitta ses cheveux et le rire redoubla. Il entendit la chaise à côté de lui grincer contre le sol pour s'approcher de lui. Il grimaça, le bruit était désagréable.

"Désolé..." Murmura une voix grave au creux de son oreille, il sentait un souffle chaud dans son cou mais étonnement il appréciait cela. Des lèvres tout aussi chaudes effleurèrent sa pommette, lui rendant son sourire. Une main vint se poser sur la sienne, la serrant délicatement. Encore une fois il aimait la chaleur qui s'en dégageait. "Je ne vais malheureusement pas pouvoir rester mon cher ange. Si cela ne vous dérange pas je vais tout de même vous emprunter un petit quelque chose. Un... souvenir, en quelque sorte." Allen se redressa en sursaut, le souffle court. Avait-il rêvé tout cela où... Il s'empressa de se lever pour vérifier qu'il n'avait rien perdu. Sa main s'arrêta sur la poche de sa veste anormalement plate. Il fouilla à l'intérieur pour la trouver vide. Son poing s'écrasa de toutes ses forces sur la table. Heureusement que la bibliothèque était vide à cette heure là. Il releva la tête vers la fenêtre. Il faisait sombre dehors. Il leva ensuite la tête vers la pendule accrochée au dessus de l'entrée, 4 heure du matin. Il soupira de frustration, il n'avait même pas encore trouvé ce qu'il cherchait. Son attention se reporta sur son livre. Il était ouvert à une page sur la culture des mandarines en Espagne. Il gémit alors que son ventre se mettait à grogner. Il avait petit déjeuné, à peine déjeuné et sauté le dîner. Mais non il ne sortirait pas de cette bibliothèque avant d'avoir trouvé ce qu'il cherchait. Il se rassit plus confortablement et approcha le livre de lui. Le plus jeune s'arrêta lorsqu'une phrase retint son attention.

"L'Espagne est le pays le plus producteur de clémentine, mandarine et notamment de Tangerine d'Europe, suivi de près par l'Italie et la Grèce."

Tangerine... Tangerine... Il ne saurait dire pourquoi mais ce mot retenait tout particulièrement son attention. Un éclair de compréhension se fraya un chemin dans sa petite tête blanche. Il tendit sa main tremblante vers un stylo plume noir sur la table puis vers un bloc-note déjà amputé de bien des feuilles. Il y nota le nom de Tangerine. Il le fixa longuement, attendant peut-être l'inspiration ou une intervention divine puisque lui n'y arrivait pas. Intervention de dieu ou non, la compréhension arriva en son esprit comme une lumière éclairant chaque zone d'ombre. Il reprit le stylo qu'il avait posé sans s'en rendre compte pour écrire juste au dessous de ce qu'il avait écrit précédemment, "ARGENTINE", l'anagramme de Tangerine, le pays hispanique au nom fruité. Il se retint de crier de joie. Il avait beau être seul dans la bibliothèque, il y avait quand même des limites. Il se leva, s'étirant longuement. Il rangea tous les livres qu'il avait sorti. Il lui restait encore à trouver la ville du rendez-vous, il se demandait ce que pouvait être la ville religieuse dont le brun avait parlé. Mais il s'occuperait de cela plus tard, avoir le pays était déjà un grand avancement. Pour le moment il allait rentrer chez lui et profiter de ce repos bien mérité.


Kanda referma la porte d'entrée de l'immeuble violemment. Lavi qui le suivait faillit la prendre en pleine tête. Il s'empressa de la rouvrir et de rejoindre son ami dans la voiture de celui-ci.

"C'était une perte de temps je te l'avais dit ! La prochaine fois on le fera à MA manière !" S'exclama-t-il en démarrant le moteur.

"TA manière comme tu dis n'est pas meilleur que la mienne."

"Che." Répliqua le brun, mettant ainsi fin à la discussion. Kanda et Lavi étaient donc allés chez Jasdero et David, les frères aînés d'Allen, suite aux indications du roux. Mais ceux-ci leur avaient à peine accordé une minute, dès qu'ils eurent compris qu'ils étaient à la recherche d'Allen, ils les avaient jetés dehors. La méthode de Kanda consistait à défoncer la porte pour voir d'eux-même si Allen se trouvait chez eux mais le roux avait insisté pour toquer simplement à leur porte et leur poser des questions. Le japonais l'avait laissé faire prétextant que "de toute façon si j'accepte pas tu trouveras un moyen pour m'emmerder" ce qui n'était pas tout à fait faux. Cependant cela avait attisé leur méfiance et maintenant il leur était impossible de pénétrer dans l'appartement. Ils n'avaient pas d'autres choix que de revenir le lendemain surtout au vue de l'heure qu'il était déjà, 23 heure tout de même. Le jeune homme aux cheveux noirs s'arrêta devant un hôtel. Il éteignit le moteur puis sortit du véhicule sans attendre. "Tu comptes t'attarder ici abruti ?!" Dit-il en ne voyant pas le roux le suivre.

"Pourquoi on va pas dormir à l'Ordre Noir ?" Demanda-t-il en sortant à son tour de la voiture.

"On est pas encore considérés comme des fugitifs mais ça devrait pas tarder."

"Mais ils ne savent pas pourquoi on est parti." Répliqua Lavi en suivant son ami qui venait de pénétrer dans l'hôtel, son sac toujours sur le dos.

"T'es stupide ou juste naïf ?" Demanda nonchalamment le brun. "Tu fais vraiment confiance à Lenalee ?"

"Bah oui pourquoi ?"

"Cette salope a toujours détesté le Moyashi, faut vraiment être aveugle pour ne pas l'avoir vu. Si elle l'aimait tant que ça comme tu le crois tu ne penses pas qu'elle serait venu avec nous ?" A l'heure qu'il est elle nous a sûrement déjà balancé à Leverrier. Heureusement que son frère est pas aussi pourri qu'elle, il va sûrement nous couvrir une ou 2 journées." Lavi resta sans voix alors que le japonais s'adressait à la réceptionniste, précisant qu'il voulait bien 2 chambres et non pas une pour 2. Beaucoup de ceux qui avaient eu la chance de partir en mission avec lui admirait son discernement, sa lucidité et son intelligence, mais il n'imaginait pas cela. Kanda semblait insensible au monde qui l'entourait mais en fait il voyait et analysait tout dans la plus grande discrétion. Le jeune homme aux cheveux rouges attrapa la clé que le japonais lui tendait sans vraiment y faire attention. Il regarda distraitement le numéro sur le porte-clé, suivant son ami qui montait déjà les escaliers. Il s'arrêta devant la chambre 47, la sienne. Il y entra, observant presque timidement l'intérieur. La pièce était petite mais néanmoins confortable, elle était simplement meublée d'un lit aux draps rouges et oreillers blancs, d'un canapé rouge à coussins orangés, une armoire et une commode toute 2 en bois sombre. Au fond de la pièce, une porte orange se démarquait des murs rouges. Sans doute une salle de bain pensa le rouquin. Il déposa son sac près de son lit sans le vider et s'assit sur celui-ci. Comme l'avait dit Kanda, Komui ne pourrait les couvrir qu'une journée ou 2. Et cela valait aussi pour Allen. Il n'allait sans doute pas tarder à quitter le pays et ils étaient bien décidés à le suivre.