Chapitre 3

Allen se réveilla doucement accompagné des rayons du soleil sur sa joue et le chant des oiseaux. Il s'assit sur son lit en gémissant, son dos lui faisait atrocement mal. Il s'étira longuement puis se leva. Il se dirigea dans la salle de bain avec des vêtements propres. Il retira la longue chemise blanche qui lui servait de pyjama. Il termina de se déshabiller avant d'entrer dans la cabine de douche. Il laissa quelques instants l'eau chaude couler le long de son dos endolori et courbaturé. Il souffla et prit la bouteille de shampoing pour laver ses cheveux blancs. Il se servit d'un gel douche à la lavande pour le reste de son corps. Dès qu'il fut lavé et bien rincé, il quitta la douche. Il récupéra les vêtements qu'il avait laissé au sol et s'en habilla après s'être brièvement séché. Il sortit calmement de la salle de bain, se frottant les cheveux d'une serviette jusqu'à ce qu'ils soient à peine humides. Il déposa la serviette sur son lit, veillant à ce qu'elle ne soit pas pliée, au quel cas elle sécherait bien moins vite. Il se rendit au restaurant de son hôtel pour prendre un petit déjeuner des plus copieux, rattrapant son jeun de la veille. Il laissa quelques billets sur la table puis reprit la route de la bibliothèque, armée d'un bloc-note et d'un stylo plume. Il passa la porte, regardant timidement autour de lui. Toutes les tables étaient déjà prises. Il se mordilla les lèvres, il aurait préféré ne pas partager sa table puisqu'il avait légèrement tendance à étaler ses livres, feuilles et dossiers lorsqu'il faisait des recherches. Il alla dans les rayons spécialisés dans la géographie. Il prit plusieurs livres sur l'Argentine et notamment ses villes. Il alla s'asseoir à une des tables, osant à peine regarder celui avec qui il la partageait. Celui-ci avait les cheveux blonds, assez longs, coiffés en tresse. Curieux, il leva les yeux vers lui. Le blandin le salua timidement de la main alors que lui le saluait d'un sourire. Il posa ses livres à sa gauche sauf un qu'il ouvrit et plaça devant lui et son bloc-note à sa droite. Il tourna les pages jusqu'à en trouver une qui évoque les villes d'Argentine. Le livre ne semblait parler que des 3 villes les plus connues du pays. Buenos Aires, la capitale, Córdoba et Rosario. Respectivement ces villes étaient peuplées d'environ 2 995 000, 1 272 000 et 908 000 habitants. Il nota ces noms sur son bloc-note puis plaça le livre sous ceux qu'il n'avait pas encore lu. Il en prit un autre qui, lui, était centré sur les villes et populations de l'Argentine. Le livre détaillait précisement les 10 villes les plus connues. La quatrième se nommait Mendoza. Elle était suivie de San Miguel de Tucumán, La Plata, Mar del Plata, Salta, Santa Fe et San Juan. Il nota ces autres noms sur son bloc-note. Il commença ensuite à lire les pages concernant la capitale. Buenos Aires était la deuxième ville la plus peuplée d'Amérique du sud après Sao Paulo. La ville portuaire semblait abriter de nombreux musées. La réligion, semblable à toutes les villes du pays ou presque, était le catholicisme. A part cela rien ne semblait indiquer que la ville soit plus religieuse qu'une autre. Il raya le nom de Buenos Aires de son bloc-note. Il passa à la page suivante sur Córdoba. La Cathédrale Notre Dame de l'Assomption trônait somptueusement dans la ville. La ville se trouvait être un important siège d'archidiocèse. Il entoura le nom de Córdoba sur son bloc-note. Il tourna la page pour arriver à Rosario. Celle-ci possédait une basilique mineure, rien de plus impressionnant qu'autre chose. Pour le reste du livre il avait l'impression de lire indéfiniment la même page. Des petites cathédrales, des musées, des bibliothèques, des aéroports, c'était toujours la même chose. Il écrivit donc sur une autre page le seul nom de Córdoba puis arracha celle-ci. Il rangea la feuille dans sa poche, le sourire aux lèvres. Il n'aurait plus qu'à faire quelques recherches sur internet pour trouver l'hôtel. Il rangea les livres qu'il avait emprunté, récupéra son bloc-note et son stylo avant de quitter enfin le bâtiment. Il rentra chez lui presque en sautillant. Ce soir il rendrait visite à ses frères pour emprunter leur ordinateur. Lui n'avait malheureusement pas eu le temps de prendre le sien à cause de son évasion. Il ne voulait pas abuser du temps de ses grands frères, ce pour quoi il avait fait ses recherches à la bibliothèque. Cependant pour trouver un hôtel, il avait bien besoin d'internet et pas de livre. Il hésita à aller les voir à leur travail, cela leur ferait sûrement plaisir. Il se dirigea donc, fredonnant doucement, vers la poste où travaillaient ses aînés. Il entra dans le bâtiment, salua sobrement le réceptionniste puis marcha vers l'arrière boutique quand la porte de celle-ci s'ouvrit en claquant contre le mur. Allen s'arrêta, non pas qu'il avait été surpris, tout comme le réceptionniste qui n'avait pas relevé le regard de son journal, mais il ne voulait pas prendre la porte dans la figure. Un blond et un brun sortirent en courant par la porte qu'ils venaient de défoncer.

"Alleeeen !" Hurla le blond en se jetant sur son cadet. Celui-ci le serra contre lui en riant. Jasdero le souleva dans ses bras comme on le ferait d'un enfant. Le brun s'approcha d'eux, ébouriffant les cheveux blancs de son jeune frère.

"Tu nous rend visite ?" Demanda le brun, souriant légèrement.

"Oui mais pour être honnête c'était aussi pour vous demander un petit service.

"Tout ce que tu veux !" S'exclama le blond en resserrant son étreinte.

"Je peux vous emprunter votre ordinateur ?"

"Bien sûr !"

"T'avais même pas besoin de nous demander ça." Ajouta David. Le blond sortit de sa poche la clé de leur propre chambre d'hôtel il la plaça dans les mains de son "frangin". Il embrassa la joue de son petit frère puis quitta le bâtiment pour reprendre le travail avec son jumeau. Allen sortit avec ses aînés et les regarda partir, souriant. Il regagna ensuite son hôtel qu'il partageait avec ses frères depuis des semaines, dire qu'il ne l'avait appris que la veille. Il regarda le porte-clé pour avoir le numéro de la chambre, 9. Il se rendit donc au premier étage de son hôtel puis dans la chambre de ses frères. Il referma la porte derrière lui, un réflexe pour un fugitif. Il alla s'asseoir devant le bureau sur lequel se trouvait un ordinateur portable dont la couleur se situait entre le noir et le gris. Il alluma l'appareil, démarra internet et rechercha des informations sur les différents hôtels de la ville de Córdoba. Apparemment il n'y en avait qu'un qui avait 5 étoiles, c'était sans doute le lieu du rendez-vous. Il nota le nom de l'hôtel, l'Hotel Hospes Palacio del Bailío. Il vérifia tout de même s'il y avait un aéroport dans la ville et c'était en effet le cas. Il éteignit l'ordinateur, quitta la pièce après avoir laissé un petit pour ses frères qu'il allait devoir quitter, regagna sa chambre et fit sa valise.


Kanda voulut une nouvelle fois claquer la porte de l'immeuble mis cette fois-ci Lavi l'anticipa et le retint. Le brun se dégagea vite de sa prise, pestant contre la Terre entière. Les 2 avaient attendu qu'il soit midi pour retourner voir la famille d'Allen. Mais au lieu de leur parler, ils avaient découvert un mot grotesque accroché à la porte :

"Personne ne touchera à notre petit frère surtout pas 2 idiots comme vous !"

Le mot était subtilement accompagné de 2 personnages, sans doute les jumeaux qui leur tirait la langue. Le japonais s'enferma dans sa voiture en soupirant.

"Je t'avais prévenu abruti !" Dit-il à l'attention du roux quand celui-ci le rejoignit dans la voiture.

"Je sais..."

"On fait quoi maintenant ?!"

"T'inquiète pour une fois j'ai tout prévu." Le jeune homme aux cheveux bruns retira la main qui cachait ses yeux. "Hier quand personne ne regardait j'ai collé un émetteur sur la veste du blond. Ça tiendra pas longtemps mais on pourra au moins savoir dans quelle ville ils ont déménagé."

"Bien." Répliqua simplement Kanda en démarrant le moteur de sa voiture. Ils rentrèrent à leur hôtel pour l'un faire ses valises, et pour l'autre rechercher, grâce aux satellites, la localisation d'Allen. Lorsque le japonais eut fini de faire leur valise, ce qui fut assez rapide étant donné qu'ils ne l'avaient pas vidé, il avait juste eu à récupérer leurs vêtements sales de la veille et, bien sûr, à les ranger à part. "Alors, t'as trouvé quelque chose ?"

"J'imagine que pour l'instant ils sont encore dans l'avion mais ils se dirigent vers l'Europe de l'est."

"Tu me diras quand ils cesseront de bouger." Déclara l'aîné en s'asseyant sur le lit, le regard tourné vers la fenêtre. Petit à petit et sans s'en rendre compte, il tomba endormi.


Kanda se réveilla en sursaut alors qu'on avait juste effleuré son épaule. Un réflexe qu'il avait acquéri après de très nombreuses missions. Il attrapa la main qui avait frôlé son épaule. Il se rendit vite compte qu'il s'agissait de la main de Lavi et le lâcha. Il passa une main dans ses cheveux et s'assit sur le lit.

"A ce que je vous j'ai bien fait de commander du café." Déclara le roux en lui tendant une tasse remplie d'un liquide brun.

"La ferme." Répondit le brun en lui arrachant la tasse des mains qu'il but en un coup. Il se leva en la posant sur la table de chevet. "Des nouvelles ?"

"Ils se sont arrêtés à Saint Petersbourg en Russie."

"Alors qu'est-ce que t'attends ?" Le roux sourit et se dirigea vers la porte avec son sac sur le dos. Le japonais le suivit, son sac sur une épaule. Ils se rendirent à l'aéroport de London Heathrow grâce à la voiture de Kanda. Ils prirent 2 billets et eurent la chance d'avoir un vol pour Saint Petersbourg dans une demi-heure. Ils attendirent avec ennui de pouvoir enfin monter dans l'avion dans lequel ils devraient aussi attendre le décollage. S'assurant bien de garder leur sac avec eux, il valait mieux qu'ils ne se séparent pas de leurs affaires. L'avion partit avec un quart d'heure de retard, mais cela ne leur importait pas vraiment pour l'instant. Tout ce qu'ils voulaient c'était, pour l'un retrouver son meilleur ami qu'il considérait presque comme son frère et pour l'autre, retrouver la personne qui avait réussi à atteindre son coeur de glace. Le jeune homme aux cheveux noirs tourna le regard vers la fenêtre en soupirant. Cela faisait déjà bien longtemps qu'il était tombé amoureux de son cadet même s'il s'évertuait à le repousser. Il trouvait ça horriblement cliché de penser cela, mais il devait se rendre à l'évidence, il n'était pas assez bien pour celui qu'il aimait. Il ne serait jamais capable de lui donner tout l'amour dont il avait besoin. Il avait vite compris qu'Allen était comme ces lapins qui dépérissent et meurent s'il sont seuls ou s'ils manquent d'affection. Il avait ainsi tout fait pour l'éloigner de lui, pour éviter qu'il se prenne d'affection pour lui. Cependant le blandin, joyeux et extraverti de nature, ne cessait de revenir vers lui. Aujourd'hui pourtant c'était son tour d'aller vers lui. Le "Moyashi", comme il l'appelait, avait cette fois-ci besoin de lui. Et il était prêt à tout pour l'aider.


Allen bailla longuement. Il était épuisé de son voyage en avion. Un voyage entre l'Angleterre et l'Argentine était tout de même assez long. Le jeune garçon aux cheveux blancs sortit son téléphone du sac qu'il portait en bandoulière pour activer la fonction "GPS". Il devait maintenant trouver l'hôtel du rendez-vous. Il marcha, regardant fixement l'écran de son téléphone. Il ne faisait presque pas attention à ce qui se trouvait devant lui, heureusement que les autres eux faisaient attention à lui. Il s'arrêta devant un grand hôtel, levant enfin la tête. Le bâtiment était relativement grand. Il passa la porte en bois qui colorait délicatement la façade blanche de l'hôtel. Il se dirigea vers le comptoir. Il ne savait que dire au réceptionniste qui le regardait étrangement.

"Bonjour ?" Osa-t-il en anglais. Malgré toutes les missions qu'il avait pu faire depuis qu'il faisait parti des services secrets, il n'avait jamais réussi à apprendre l'espagnol.

"Qu'est-ce que vous voulez ?" Le plus jeune grimaça légèrement à son fort accent, il comprenait à peine ce qu'il disait.

"Euh en fait on m'a... invité ici et-"

"Vous êtes Allen Walker ?"

"Oui." L'homme se retourna, prit la seule clé dorée accrochée au mur et la lui tendit. Le blandin attrapa timidement l'objet et le réceptionniste lui fit signe de partir puisque la chambre avait déjà été payée. Allen se dirigea donc vers le premier étage pour s'arrêter devant une porte notée "6". Il entre la clé dans la serrure, tourna puis entra. La chambre était grande et aux couleurs plutôt chaudes. C'était douillet et très accueillant. Il fit quelques pas dans la pièce, Tyki ne semblait pas être là. Une simple lettre, cachetée de cire bleue, reposait sur le lit. Fronçant légèrement les sourcils, Allen se dirigea vers le lit. Il prit lentement la lettre entre ses mains, il commençait à avoir peur. Il brisa le sceau qui fermait la lettre et commença à lire dans sa tête. Il n'en revenait pas. La lettre commençait avec une excuse toute simple, mais les 4 mots qui suivaient... Il avait eu beaucoup de missions dans sa carrière, et même si certaines ne s'étaient pas tout à fait déroulé comme prévu, jamais il n'avait pu voir cela. Et pourtant ces mots étaient là, devant ces yeux, écrit en noir sur du blanc.