Chapitre 4

Il relisait encore et encore les premiers mots de la lettre. Un par un. Séparément. Mais cela voulait toujours dire la même chose.

Vous. Vous. Êtes. Trompé.

Allen avait les mains qui tremblaient mais la feuille ne quittait pas ses mains, comme si elle y était accrochée. Il souffla pour reprendre son calme, puis continua sa lecture.

"Vous ne parlez donc pas l'espagnol ? La ville à laquelle je faisais référence était bien sur Rosario, un chapelet, ou rosaire, en espagnol."

Le blandin s'arrêta dans sa lecture pour taper de toutes ses forces dans le mur. Il retira doucement sa main droite légèrement meurtrie du plâtre.

"Enfin ne vous en faîtes pas, vous avez un lot de consolation. Vous qui travaillez pour une organisation telle que les services secrets vous devez sûrement connaître le président de l'Egypte, non ? Je vous informe que je compte assassiner le président de l'Egypte. Le 12 de ce mois-ci au Palais Al-Manyal, je commettrais un nouveau meurtre. Sur ce, j'espère vous voir vite embrasser ces lèvres qui me font tant envie."

L'anglais fourra la lettre dans son sac, serrant les dents. Il ressortit de la chambre, récupéra la clé qu'il rendit négligemment au réceptionniste et courut vers l'aéroport. Il regarda sa montre, il était 23 heure, il n'avait plus que quelques heures pour sauver une vie. Il s'empressa d'acheter un autre billet pour le Caire. Il attendit que l'embarquement commence dans un café. Il tapait nerveusement du pied. Il espérait pouvoir arriver à temps pour aider cet homme. Il attendit 45 minutes avant de pouvoir faire enregistrer son sac qu'il préféra garder avec lui. Après une heure d'attente en tout, il put enfin monter dans l'avion. Il s'assit près d'une fenêtre, soupirant encore. Il commençait à avoir peur de ne pas réussir à l'aider.


A peine Allen eut-il posé le pied sur le sol qu'il se précipita en courant pour sortir de l'aéroport. Il n'avait pas de temps à perdre, il devait absolument empêcher la mort du président égyptien d'arriver. Il avait mis 12 heures à arriver et il n'avait pas dormi une seule seconde, il était épuisé mais il ne pouvait pas s'arrêter. Il traversa les villes en courant aussi vite qu'il pouvait, suivant les seuls panneaux dont il arrivait à comprendre la signification. Il s'arrêta devant un immense bâtiment richement décoré. Il devait sûrement s'agir du palais qu'il cherchait. Il n'eut pas plus de temps pour se poser d'autres questions qu'un grand bruit retentit. Le blandin resta sans bouger, les yeux écarquillés et la bouche ouverte de surprise, alors que le bâtiment explosait juste en face de lui. Il se retourna pour partir en courant mais un morceau en pierre, sans doute appartenant à un mur, s'écrasa sur sa jambe, le clouant ainsi au sol. Il cria de douleur essayant de se dégager mais il n'y arriva pas. Sa vue commençait à devenir trouble mais il pouvait parfaitement entendre les cris de douleur des touristes qui avaient eux aussi été blessés. Il voulut appeler à l'aide mais aucun son ne put sortir de sa bouche. A à peine un mètre de lui, il pouvait voir une femme coincée elle aussi sous des débris. Elle serrait son enfant dans ses bras qui, lui, ne semblait pas blessé. Allen serra encore les dents, il se sentait tellement responsable...


Allen se réveilla en sursautant. Une douleur fulgurante traversa sa jambe. Il gémit, se pliant en 2 pour atteindre sa jambe. Elle était enroulée dans des mètres de bandages. Il remarqua aussi qu'il était habillé d'une chemise de nuit bleu ciel et que la chambre dans laquelle il était, était entièrement blanche. Il devait être dans un hôpital. Il essaya de s'asseoir sur le lit mais sa jambe lui faisait trop mal pour qu'il puisse la bouger. Il gémit, il n'avait pas de temps à perdre. Il devait retrouver Tyki, réussir à prouver son Innocence. Il ne pouvait pas se permettre de perdre une seule seconde. Il finit par se laisser tomber en arrière sur le matelas. Il ne pouvait aller nul part dans son état. Il sursauta encore une fois en entendant la porte s'ouvrir. Ce n'était bien sûr qu'un médecin venue voir s'il allait bien.

"Bonjour." Commença-t-il en attrapant le dossier au pied de son lit. Il parlait en anglais, il avait sans doute remarqué qu'il était un touriste à ses vêtements, avec un léger accent arabe. "Votre jambe ne vous fait pas trop souffrir ?"

"Si..."

"Malheureusement je ne peux pas augmenter la dose de morphine."

"C'est bien comme ça... Vous pensez que je pourrais me resservir de ma jambe dans combien de temps ?"

"Seuls les tissus et le muscle sont abîmés mais les nerfs ne sont pas touchés alors je pense qu'un peu plus d'une semaine devrait suffire pour que votre blessure soit cicatrisée." Le blandin hocha distraitement la tête. Plus d'une semaine ? Voilà qu'il ne l'arrangeait pas. "Si vous avez besoin de quoi que ce soit n'hésitez pas à appuyez sur le bouton bleu de cette télécommande." Dit-il en pointant un objet sur la table de chevet. Après cela, le médecin quitta la pièce pour, selon ses dires, le laisser se reposer. Allen soupira longuement. Qu'allait-il donc trouver d'intéressant à faire maintenant ? Il s'allongea sur le côté, essayant de bouger sa jambe au minimum. Il se cacha sous sa couverture pour que le soleil n'atteigne pas ses yeux avant de s'endormir. Le blandin grogna en entendant des bruits de pas et enfouit son visage dans l'oreiller. Il sentit une main se glisser dans ses cheveux, les ébouriffant tout doucement. Le jeune garçon aux cheveux blancs se réveilla encore une fois en sursaut. Il ne se laisserait pas faire comme à la bibliothèque. Il regarda autour de lui mais il était déjà seul dans la pièce. Il soupira, posant son coude sur le genoux de sa jambe encore valide et son menton dans sa main. Il laissa son regard dériver dans la chambre. Ses yeux s'arrêtèrent sur la table de chevet. Ce livre... Il n'était pas là tout à l'heure. Il tendit la main pour l'atteindre. La couverture était faite d'un tissu vert sombre mais il n'y avait rien d'écrit dessus. Il regarda la tranche, il s'agissait d'une histoire arabe qu'il ne connaissait pas. Il ouvrit le livre, celui-ci semblait avoir été traduit en anglais. Allen haussa les épaules, c'était sans doute mieux que rien comme occupation. Il s'assit le plus confortablement possible puis commença sa lecture. Il y resta plongé jusqu'à l'avoir fini. Il le reposa sur la table de chevet puis récupéra la télécommande pour appeler une infirmière. Celle-ci arriva dans les secondes suivantes pour lui demander ce qu'il voulait. Il lui demanda si elle pouvait lui apporter d'autres livres. Elle hocha la tête puis partit aussi vite qu'elle était arrivée. Elle revint 10 minutes plus tard avec une pile de livres qu'elle posa silencieusement sur la table de chevet puis repartit sans un mot. Il regarda les noms des livres posés sur la table de chevet, il n'en connaissait aucun. Il prit celui qui se trouvait tout au dessus pour le lire. Il les lut tous à la suite, ne faisait aucune pause, ni pendant sa lecture ni entre 2 livres. Lorsqu'il eut fini les 5 seuls livres de la pièce, il remarqua 2 choses, la nuit était tombé et son repas était froid, il n'avait même pas remarqué quand on l'avait amené. Il décida tout de même de se remplir le ventre. Il était rarement venu dans les pays arabes pour ses missions et avait eu encore moins de temps pour y manger. Il était tout de même dans un hôpital, pas un restaurant 3 étoiles, mais il était heureux de pouvoir y goûter. La nourriture n'était que peu épicée, encore une fois parce que l'assiette était destinée à des patients. Il regarda un instant par la fenêtre. Le ciel était découvert, les étoiles étaient donc bien visibles. Il poussa le plateau repas qu'on lui avait amené puis se rallongea. Il s'endormit très vite, épuisé par la douleur qu'il avait quelque peu réussi à oublier pendant qu'il lisait.


Allen ouvrit doucement les yeux, baillant largement. Il se redressa le plus lentement possible pour ne pas trop se servir de sa jambe. Il étira ses bras et sa jambe encore valide, un petit sourire aux lèvres. Il sursauta quand la porte s'ouvrit en claquant contre le mur. Une demi-douzaine de journalistes entrèrent avec micros et caméras dans sa chambre. Ils lui parlait en arabe avec un trop fort accent pour qu'il comprenne. Un médecin suivi de 2 infirmières entrèrent à leur tour dans la pièce pour faire évacuer les journalistes, ceux-ci ne pouvant décemment pas demander de témoignage à un patient en pleine guérison. Dès que la porte de la chambre fut fermée, le blandin essaya de se lever. Sa jambe encore peu rétablie le fit vite chuter contre la table de chevet, emportant avec lui la moitié des livres qui y étaient posés. Il gémit de douleur en tentant de se relever sur une jambe. Il remarqua alors une feuille de papier pliée en 4 au sol. Il la ramassa, fronçant les sourcils, il n'avait rien remarqué en lisant. Il ouvrit le papier et reconnut immédiatement l'écriture de Tyki. Il replia la feuille, il n'avait pas le temps de s'occuper de ça. Les journalistes venaient de le filmer comme victime d'un attentat contre un président. Très vite les services secrets où il travaillait verraient les images et le retrouverait. Une fois debout, il ramassa les livres qu'il avait tombé pour les poser sur le lit. Il se dirigea à cloche pied vers son sac qui avait été posé sur une chaise. Il enfila un pantalon, grimaçant dès que le tissu frôlait sa blessure. Il retira la chemise bleu qu'il portait pour la remplacer par un t-shirt blanc et rouge à manches courtes. Il passa le sac en bandoulière, plaçant à l'intérieur le livre et la feuille de papier que Tyki semblait lui avoir apporté. Il se dirigea ensuite vers la fenêtre mais manqua de trébucher sur un balais laissé au sol. Il récupéra l'objet et en arracha le bout pour ne garder que la longue tige en plastique blanc. Il ouvrit la fenêtre, passa d'abord sa jambe blessée, puis l'autre. Il fit ensuite passer le reste du corps bien plus facilement. Aidé du bâton qu'il avait récupéré du balais, il put marcher sans trop utiliser sa jambe meurtrie. Il entra dans le premier hôtel qu'il vit. L'homme à l'accueil haussa un sourcil en le voyant pied nus et en train de boiter. Mais dès qu'il vit ce qui lui servait de canne, il le prit pour un aveugle. Le jeune garçon aux cheveux blancs lui demanda une chambre, en anglais bien sûr, avant de sortir quelques billets. L'homme lui donna une clé après lui avoir rendu la monnaie, bien qu'il lui ait donné des livres et non des livres égyptiennes.

"Votre chambre se trouve au premier étage, c'est la première porte à gauche après l'escalier." Indiqua l'homme dans sa langue et, pour une fois, sans accent.

"Merci." L'anglais inclina légèrement la tête puis alla vers l'escalier. Allen soupira quand il arriva enfin au premier étage. Il avait mit 10 minutes pour monter un escalier de 15 marches. Il déverrouilla la porte de sa chambre et y entra. Il referma la porte puis s'empressa de s'allonger sur le lit. Il étendit bien sa jambe en soufflant. Il n'avait plus de morphine, sa jambe le faisait atrocement souffrir. Il posa son dos contre les oreillers en gémissant de douleur. Il ne pensait pas que le manque de morphine ferait une telle différence. Il s'endormit quelques secondes plus tard, tentant vainement d'oublier la douleur qui tiraillait sa jambe. Il ne se réveilla que bien plus tard. Il se redressa difficilement puis tourna la tête vers un réveil posé sur la table de chevet. 16 heure 08 ? Il avait dormi bien plus longtemps qu'il le pensait. Il regarda par la fenêtre, il espérait que les services secrets ne trouveraient pas cet hôtel. Ou au moins qu'ils prendraient leur temps. Il ne pouvait malheureusement pas prendre l'avion dans cet état. Il attrapa son sac qu'il posa à côté de lui et en sortit le deuxième objet le plus précieux qu'il ait avec l'objet que Tyki lui avait "emprunté". Il le regarda, souriant puis le posa sur la table de chevet. Il s'arrêta un instant. Maintenant qu'il y pensait, une cachette des services secrets devrait se trouver non loin d'ici. Il tenta de se relever mais n'y parvint pas du premier coup. Il recommença quelques secondes plus tard en y allant plus doucement. Il récupéra son sac, le vidant de toutes ses affaires. Il posa la lettre de Tyki sur la table de chevet, il s'en occuperait plus tard. Il se dirigea vers la porte avec son sac vide et sa canne de fortune. Il sortit de l'hôtel en boitillant. Il regarda autour de lui, cherchant un repère. Il partit vers la droite, regardant attentivement chacune des portes. Il s'arrêta après quelques minutes, s'adossant contre le mur. Sa jambe lui faisait vraiment mal, il avait du mal à le supporter. Il souffla quelques minutes, gémissant parfois de douleur. Il s'empressa de repartir, c'était trop risqué de rester en pleine rue. Il accéléra un peu le pas, toujours en boitillant mais de plus en plus. Il s'arrêta devant une porte qu'il tenta de pousser mais les gongs étaient trop rouillés pour qu'il arrive à l'ouvrir. Il donna des coups d'épaule dans la porte en métal qui s'ouvrit finalement, le laissant basculer en avant. Il se rattrapa au dernier moment à la rampe, pour ne pas dévaler les escaliers comme sa canne qu'il vit disparaître dans l'obscurité au bas des escaliers. Il se releva doucement, appuya sur l'interrupteur qui alluma une ampoule fébrile et referma la porte. Il descendit les escaliers à cloche-pied, le plus lentement possible pour ne pas glisser sur l'une de ces marches couvertes de poussières. Arrivé au sous-sol, il s'avança dans la pièce. Il se plaça devant une armoire blanche et l'ouvrit. Il en sortit quelques aiguilles et des dizaines de flacons, des bandages, des pansements, du désinfectant et des petites boules de coton. Il posa le tout sur la petite table en métal qui trônait au centre de la pièce. Il installa 2 chaises l'une en face de l'autre, s'assit sur l'une et étendit sa jambe blessée sur l'autre. Il remonta son pantalon qui, heureusement, était plutôt large. Il défit doucement le bandage en grimaçant. Il inspecta la blessure, elle semblait propre et commençait déjà à cicatriser. Il prit les bandages propres sur la table pour les enrouler autour de sa jambe. Il prit ensuite une des seringues sur la table et 2 flacons. Il fit en sorte de mettre une dose égal de chaque produit et planta la seringue dans sa cuisse. Il s'était arrangé pour que sa jambe soit suffisamment anesthésiée pour qu'il n'ait plus mal mais qu'il puisse toujours marcher. Il retira la seringue qu'il posa sur la table. Il se releva avec précautions mais il semblait avoir parfaitement dosé les produits. Il se dirigea vers un casier pour en sortir une boîte en métal. Il rangea dans celle-ci tout ce qu'il avait déjà trouvé pour éviter que ça se casse au fond de son sac. Il passa une porte qui le conduisit dans une pièce stockant du matériel informatique. Il prit un ordinateur portable qu'il rangea dans un étui puis dans son sac. Il ajouta un téléphone et quelques petits gadgets qui pourraient lui être très utiles. Il sursauta en entendant du bruit venir de l'escalier qu'il avait emprunté. Il n'y avait pas d'autre issu, il était coincé. Il réfléchit à toute vitesse. Il regarda autour de lui mais il n'y avait aucun endroit pour se cacher. Tant pis il n'aurait pas d'autres choix que d'assommer celui ou ceux qui venait d'entrer. Il posa son sac contre le mur et récupéra un clavier d'ordinateur qui n'était pas branché. Il se cacha derrière la porte brandissant son "arme". Dès que la porte s'ouvrit, il abattit son clavier sur celui qui venait d'entrer. Ce dernier s'effondra au sol dans un bruit sourd, assommé. Il posa le clavier au sol puis s'accroupit devant l'agent au sol. Il vérifia qu'il n'était pas blessé mais heureusement il n'avait rien. Il enjamba l'agent et partit le plus vite possible, sans courir pour autant, il n'était pas certain que sa jambe puisse tenir. Il se dépêcha de retourner dans son hôtel pour s'enfermer dans sa chambre. Il déposa délicatement le sac au sol. Il s'assit sur le lit, le dos contre un oreiller, et prit la lettre que Tyki avait écrite.

"Quel dommage que vous n'ayez pu empêcher la mort de président égyptien. De plus j'ai bien peur qu'on vous prenne encore pour le responsable. Enfin j'imagine que vous n'avez pas abandonné l'idée de me retrouver. Ainsi je propose une nouvelle énigme :

Je vous donne rendez-vous dans la ville ancestrale de la RFA. Je vous attendrais le temps qu'il faudra dans les grands jardins, mais tenter de ne pas trop prendre votre temps. Bonne chance mon ange."

Allen ne prit même pas la peine de réagir à la dernière phrase. Le blandin réfléchit un instant. La RFA était sans aucun doute l'Allemagne. La ville ancestrale... Ancêtre se disait Vorahne en allemand. Le jeune garçon aux cheveux blancs sortit un carnet et un stylo pour écrire ce mot, Tyki avait déjà utilisé les anagrammes, rien ne l'empêchait de refaire. L'anglais sortit l'ordinateur portable qu'il avait apporté de son sac. Il appuya sur un bouton, allumant l'appareil. Celui-ci était constamment connecté à un satellite et ainsi à un réseau privé, le rendant impossible à être tracé. Allen ouvrit un onglet google, cherchant les villes les plus connues d'Allemagne. Il nota enfin un nom après une dizaine de minutes, Hanovre. Il rechercha aussi à quoi pourraient correspondre les "grands jardins" et trouva assez rapidement. Il s'agissait des jardins royaux de Herrenhausen. Il nota le nom et l'adresse de l'endroit sur un petit papier qu'il rangea dans sa poche. Il remit toutes ses affaires dans son sac et se releva lentement. Il ignorait combien de temps agissaient les produits. Ils ne tiendraient sans doute pas tout le voyage mais il ne voulait pas gâcher ces produits. Il devrait sûrement boiter de l'aéroport jusqu'à l'hôtel mais tant pis, il devait économiser. Heureusement que la ville où il se rendait possédait un aéroport. Allen vérifia qu'il n'avait rien oublié avant de quitter la pièce où il n'avait finalement même pas passé la nuit. Il sortit en refermant la porte derrière lui, ne remarquant pas qu'il avait laissé quelque chose sur la table de chevet.