Chapitre 5

Kanda rouvrit les yeux quand l'avion fut complètement arrêté. Il tourna la tête vers Lavi qui dormait comme un enfant insouciant. Le brun le frappa durement sur la tête, le réveillant brusquement sans la moindre once de pitié dans le regard. Lavi fit un cri étranglé assez aigu pour s'attirer les regards de tous les passagers qui n'étaient pas encore sortis de l'avion. Le japonais se leva, soupirant à la bêtise de celui qui l'accompagnait. Il sortit de l'avion sans l'attendre, ignorant sans peine ses cris idiots. Le roux s'empressa de le suivre en lui hurlant de l'attendre. Les 2 agents montèrent dans un taxi dès la sortie de l'aéroport. Ils avaient demandé à être emmené dans le centre-ville où ils pourraient sûrement trouver un bon hôtel. De plus, ils auraient sans doute plus de chance d'y trouver Allen. Kanda sortit le premier du taxi après avoir payé le conducteur. Il entra dans le premier hôtel qu'il vit et demanda une chambre pour lui et une pour Lavi. Il récupéra les 2 clés pour en lancer une au roux qui la rattrapa maladroitement, fidèle à lui-même. Il rattrapa son ami qui se dirigeait déjà vers sa propre chambre. Il ouvrit la bouche pour lui dire quelque chose mais il avait déjà fermé la porte. Le japonais laissa lâchement son sac tomber au sol. Il s'assit son lit, l'air ennuyé. Par où devraient-ils commencer leurs recherches ? Il savait que Lavi allait surveiller les actualités du monde entier, mais lui, que pouvait-il faire ? Toquer à la porte de chaque hôtel jusqu'à reconnaître la tête blanche qu'il cherchait ? Il chercherait dans toute la ville qu'il savait immense ? Une idée lui vint soudain. Il sortit de sa poche son téléphone portable qui lui avait permis à de nombreuses reprises de pirater des appareils à distance. Il n'avait qu'à se connecter aux ordinateurs des hôtels de la ville pour regarder le registre des dernières heures, cela réduirait déjà le champ de recherche. Ainsi il saurait le nom des derniers clients, avec un peu de chances le Moyashi avait utilisé son vrai nom. Cela risquait de prendre du temps, voilà pourquoi il devait s'y prendre à l'avance. Il ouvrit un logiciel et tapa longuement sur son téléphone des centaines de caractères. Il s'arrêta après quelques minutes et un chargement se lança. Il posa son téléphone sur la table de chevet, cela allait peut-être durer plus longtemps qu'il l'avait prévu. Et encore ce n'était que pour un hôtel. Il s'allongea sur son lit, le regard tourné vers la fenêtre. Il soupira. Il détestait ne rien faire. Surtout quand cela concernait Allen. Il avait beau tenter de faire croire aux autres qu'il n'en était rien, tenter de le cacher, tenter de le dissimuler, tenter de le masquer... Il ne pouvait se mentir à lui- même. Il l'aimait. Éperdument, à la folie. Il ne pouvait s'empêcher de retomber à nouveau amoureux de lui dès qu'il croisait ses yeux, de devenir fou en sentant son odeur, d'être muet face à son sourire. Son magnifique sourire. Joyeux, plus éclatant qu'une étoile, c'était sans aucun doute la plus belle chose qu'il ait jamais vu. Le jeune homme aux cheveux noirs secoua la tête. Il ne devait pas penser à cela, il n'allait sûrement pas le retrouver tout de suite. Il ferma les yeux, essayant de s'endormir, cela ferait au moins passer le temps.


Kanda somnolait dans son lit, les yeux à moitié ouvert, regardant vaguement le ciel. Il se réveilla soudainement en entendant une sonnerie venir de son téléphone. Il se redressa, récupérant l'appareil. Celui-ci affichait fièrement "chargement terminé". Il avait pris plus d'une journée, estimant avoir suffisamment attendu, il lança immédiatement le piratage des registres de l'hôtel suivant. Il regarda ensuite ce que le téléchargement pouvait lui apprendre. Il regarda les noms des dernières réservations mais aucun d'eux ne correspondait à Allen ou ses frères. Il rangea le téléphone dans sa poche et se leva. Maintenant qu'il y pensait il devait avoir une photo d'Allen et de son adorable sourire dans son portefeuille. Il se rappelait parfaitement du jour où elle avait été prise. C'était le jour de Noël, et aussi l'anniversaire du blandin. Komui avait absolument tenu à faire des photos de cette fête. Le lendemain, il avait donné à tous un exemplaire de chacune des photos qu'il avait prise. Le japonais n'avait gardé que celle-ci qu'il estimait être la plus belle. Il sortit de la pièce tout en sortant la photo de son portefeuille. Il n'aurait qu'à la montrer aux passants dans la rue et leur demander s'ils avaient vu Allen. Il se dirigea vers les escaliers mais s'arrêta devant la chambre de Lavi en voyant un papier à son nom qui y était accroché. Il haussa un sourcil puis arracha d'un coup sec le morceau de scotch qui retenait le papier. Il le lut rapidement avant de le rouler en boule, reprenant sa route. Apparemment Lavi avait eu la même idée que lui. Arrivé au rez-de-chaussée, il jeta le papier dans une poubelle. Il n'attendit pas plus longtemps pour quitter le bâtiment. Il soupira longuement. Il risquait d'en avoir pour un long, très long moment. Il s'enfonça dans les rues, espérant une quelconque piste.


Allen se dirigeait joyeusement vers l'aéroport, ravi d'avoir trouvé si vite le lieu du rendez vous. De plus il n'avait pas du tout mal à la jambe, du moins pour le moment. Il entra dans un immense bâtiment, regardant autour de lui avec curiosité. Il n'avait pas eu l'occasion d'admirer l'endroit la dernière fois. Il fit enregistrer ses bagages, attendit le temps qu'il fallait, soit une heure et 15 minutes, pour enfin embarquer dans l'avion qui s'envola une demi-heure plus tard. Le blandin regarda par la fenêtre. Le ciel était plutôt dégagé, lui permettant de voir le pays qu'il survolait. Il posa sa tête contre la vitre, le sourire au lèvres. Il était confiant pour une fois, il se pensait capable d'arrêter Tyki. Il ignorait s'il y arriverait mais il y croyait. Lorsque l'avion passa au dessus de la mer, il ferma les yeux, préférant contempler un paysage terrestre que maritime, surtout concernant un pays qu'il n'avait que très peu visité. Il s'endormit assez vite, serein à l'idée de rencontrer Tyki. Il fut réveillé juste avant l'atterrissage par une hôtesse de l'air. Il bailla, s'étira longuement, gémissant doucement, et attacha sa ceinture comme on lui demanda. Il tourna les yeux vers la fenêtre. Il faisait déjà nuit. Il sortit calmement de l'avion à cause de la douleur dans sa jambe. Il se rendit compte qu'il n'avait plus ce qui lui servait de canne, et maintenant qu'il y pensait il l'avait laissé dans la cachette égyptienne des services secrets. Il frissonna, il avait toujours les vêtements qu'il avait porté en Égypte cependant le climat en Allemagne était légèrement différent, surtout en pleine nuit. Il alla vite s'abriter du vent en rentrant dans le bâtiment. Il alla récupérer son sac qu'il avait, cette fois-ci, fait embarqué dans la soute, boitillant. Il attrapa le sac brun qui lui appartenait dès qu'il le vit sur le tapis roulant. Il l'enfila puis quitta l'aéroport. Il regarda autour de lui, cherchant un panneau pouvant indiquer un hôtel. Il trouva rapidement la direction qu'il devait prendre, heureusement qu'il connaissait bien l'allemand, il ne voulait pas commettre la même erreur qu'en Argentine. Il suivit consciencieusement, bien que très lentement pour ménager sa blessure, les panneaux et se retrouva face à un hôtel assez petit. La façade semblait vieille et l'insigne n'était presque plus allumée, seule une lettre subsistait. Allen regarda un instant le bâtiment et décida finalement d'y entrer. Il n'avait pas l'intention d'y séjourner bien longtemps, et puis il n'allait pas se mettre à chercher un bon hôtel en pleine nuit. Il arriva à l'accueil, le réceptionniste dormait sur le comptoir. Timidement et du bout des doigts, le blandin secoua son épaule pour le réveiller. L'homme se redressa vivement, le faisait sursauter.

"Was zu tun ?!" (1) S'exclama-t-il.

"Konnte ich ein zimmer für die nacht zu bekommen ?" (2) Le réceptionniste fit un grognement devant s'apparenter à un oui. Il fouilla derrière le comptoir, loin de la vue du plus jeune. Il en ressortit après quelques instant, une clé à la main. Il la fourra dans la main de son client puis sortit de derrière le comptoir. Il attrapa son poignet, l'entraînant avec lui. Il s'arrêta d'un coup devant une porte grise et Allen manqua de se prendre le mur. L'homme le laissa là puis repartit, l'air de rien. Le jeune garçon aux cheveux blancs le regarda partir, surpris, avant de pénétrer dans la chambre. Elle semblait plus grande qu'elle en avait l'air mais pas forcément confortable pour autant. Le lit avait l'air de mauvaise qualité malgré la couverture parfaitement blanche. Il posa son sac au sol, baillant longuement. Il sortit une chemise blanche de son sac ainsi qu'un boxer de même couleur et une paire de chaussette. Il se déshabilla entièrement pour s'habiller de ce qu'il venait de prendre dans son sac. Il alla ensuite s'allonger dans son lit, baillant encore une fois. Il s'endormit presque dès que sa joue toucha l'oreiller.


Kanda passa la porte de sa chambre d'hôtel, l'air ennuyé. Une semaine entière s'était écoulée depuis qu'il était arrivé à Saint Petersbourg et il n'avait toujours pas trouvé la moindre piste. Il mettait une journée entière pour juste trouver à endroit où chercher mais ce n'était jamais le bon. De plus aucune des personnes qu'il avait interrogé dans la rue n'avait su l'aider. Il se laissa tomber sur son lit, passant sa main dans ses cheveux. Il soupira en entendant quelqu'un frapper à la porte.

"Quoi ?" Demanda-t-il, exaspéré. Lavi entrouvrit la porte et y passa sa tête.

"Je te dérange ?" Le brun secoua la tête. "J'ai enfin trouvé quelqu'un qui a vu Allen !" S'exclama-t-il en entrant complètement dans la pièce. "C'est un blond qui l'a vu ce matin au nord de la ville, à la bibliothèque !"

"Tu es allé voir à la bibliothèque après ça ?"

"Oui mais il n'y était plus."

"Dommage, mais au moins il est toujours en ville." Dit-il en se relevant, le téléphone à la main. "Je viens de recevoir la nouvelle adresse, tu y vas tout de suite ?" Le rouquin hocha joyeusement la tête. Le japonais se releva puis quitta la pièce avec lui. Il continua à parcourir les rues avec la photo pendant que le roux se dirigeait vers le nord de la ville où se trouvait donc l'hôtel que Kanda venait de pirater. Une bonne dizaine de minutes plus tard, il parvint à se retrouver devant la façade du bâtiment qui, vu de l'extérieur, semblait assez petit. Il se dépêcha d'y entrer ne préférant pas perdre de temps.


Allen se réveilla avec la désagréable sensation de sentir le vent sur sa peau. Il grogna doucement, se blottissant dans les couettes. Il rouvrit les yeux quelques minutes plus tard, n'ayant pas réussi à lutter contre le froid. Il s'assit sur lit en gémissant de douleur, son dos et sa jambe le faisait atrocement souffrir. Il s'étira le plus possible puis essaya d'atteindre son sac sans trop bouger. Il sortit la boîte en métal de son sac pour la poser à côté de lui. Il en sortit 2 flacons et une aiguille dans laquelle il mit une dose égale des 2 liquides mais qui fut cependant inférieure à la dernière fois. Il voulait juste finir les flacons qui avaient déjà été vidés de plus de la moitié la dernière fois. Il la planta dans sa cuisse droite en grimaçant. Il se leva, se dirigea vers la salle de bain et y jeta la seringue usagée. Il retourna dans la chambre récupérer ses vêtements sales de la veille et les plaça dans un panier à linge qu'une femme de ménage viendrait sûrement récupérer pendant son absence. Il alla ensuite sortir un pantalon noir de son sac et l'enfila. Il regarda sa montre, celle-ci était toujours réglée sur le fuseau horaire de Saint Petersbourg. Il regarda la pendule se trouvant à droite de la porte pour régler sa montre sur 9 heure du matin. Il sortit ensuite de la pièce, le visage un peu crispé à cause de son dos endolori. Il continua à s'étirer tout en marchant. Il sortit son téléphone de sa poche, activant la fonction GPS pour trouver le chemin qui le conduirait aux jardins Herrenhausen. Une vingtaine de minute plus tard, il se retrouva face à l'entrée des jardins qui se trouvait être un bâtiment blanc en longueur, assez joli, avec un toit en ardoise grise. Il y entra, regardant autour de lui. Il arriva à l'accueil, sortant un billet de 10 euros de sa poche qu'il avait pris soin de se procurer avec quelques autres dès qu'il avait atteint Saint Petersbourg. Après son exil volontaire, il savait qu'à un moment ou à un autre il aurait à voyager et, ne sachant où s'orienterait ce voyage, il s'était procuré quelques billets de différentes monnaies. Il paya une entrée et on lui rendit une pièce de 2 euros. Il entra donc dans les jardins royaux de Herrenhausen. Un grand sourire s'étendit sur le visage du blandin et ses yeux se remplirent d'étoiles. Il s'avança dans l'allée, entre 2 carrés de pelouse. Il passa entre 2 palmiers arrivant à un carrefour. Il continua tout droit, s'arrêtant au bord d'un bassin circulaire pour regarder son reflet. Ses cheveux étaient en bataille et il avait l'air fatigué. Il continua vers la droite, observant attentivement le jardin, non seulement pour trouver Tyki mais aussi parce que l'endroit était magnifique. Il tourna encore à droite lorsqu'il fut encore face à un carrefour. Il vit devant lui un labyrinthe fait de haies. Il se décida à y entrer, espérant juste ne pas s'y perdre. Il mit quelques minutes à arriver au centre au se trouvait un kiosque bleu mais aucune trace de celui qu'il cherchait. Il fit donc demi tour, et, après être sorti du labyrinthe, continua tout droit pendant une quinzaine de minutes, bifurquant légèrement à gauche quand ça s'imposait. Il arriva face à une fontaine de forme octogonale. Il regarda autour de lui, il avait le choix entre 7 autres chemins que celui dont il venait. Il contourna la fontaine et marcha encore tout droit, sans s'arrêter. Une demi-heure plus tard, il arriva jusqu'à la rivière qui entourait presque tout le jardin à la manière de douves, comme au Moyen-Âge. Il dut donc faire demi tour, encore. Il tourna à droite dès qu'il put. Il traversa tout le jardin sans s'arrêter mais sans se presser pour autant ce qui lui aurait tout de même mis presque 2 heures s'il ne s'était pas arrêté sous un kiosque, fatigué. Il avait mis tout de même 1 heure 40 pour atteindre ce fameux kiosque qui, contrairement à celui qu'il avait vu tout à l'heure, était blanc, tout en croisant quelques touristes parlant différentes langues. Il souffla quelques instants puis reprit sa route. Il arriva un peu plus loin face à un double escalier qu'il gravit pour continuer dans une allée. Des statues dorées semblaient se trouver de chaque côté de ladite allée, toutes dans une position différente. Il se raidit, sentant soudain un bras entourer sa taille et un souffle chaud murmurer à son oreille :

"Laissez vous faire, vous ne voudriez pas attirer l'attention, n'est-ce pas ?" Le jeune garçon aux cheveux blancs ne répondit pas, laissant ses muscles se détendre et ses yeux se fermer malgré sa colère. "C'est bien ce que je pensais." Sourit le brun. "Ah bien le bonjour mon cher, cela doit bien faire un mois que nous ne nous sommes pas vu. Enfin je devrais plutôt dire que ça fait un mois que vous ne m'avez pas vu. Je dois d'ailleurs ajouter à cela que vous êtes adorable quand vous dormez." Dit-il en riant.

"Que-!" Ne put que répondre Allen en rouvrant ses yeux qu'il tourna vers Tyki.

"Je dois aussi avouer que c'est assez flatteur qu'une personne aussi séduisante que vous parcourt des pays entiers pour me retrouver, c'en est presque romantique vous ne trouvez pas ?"

"Pas du tout !"

"Allons, vous n'allez quand même pas me faire croire que ce n'est pas l'amour qui anime vos pas, même un minimum ? Je ne parle bien sûr pas de moi, mais d'une personne vraiment très importante pour vous." L'anglais resta muet et instant et finit par baisser les yeux. Il n'avait pas tord, il faisait ça aussi pour avoir l'occasion de revoir une personne qui lui était très chère. Elle lui manquait tellement... "Ne faites pas cette tête." Murmura-t-il en lui relevant le menton.

"Alors euh..." Commença le blandin pour changer de sujet.

"Oui vous devez sans doute vous demander pourquoi ce rendez-vous, vous me manquiez très cher. Et j'apprécie pouvoir vous serrer contre moi." Allen rougit mais ne répondit pas à ça.

"Je veux savoir pourquoi ce... piège est tombé sur moi." Répliqua-t-il. "Car ce n'est pas un hasard n'est-ce pas ?"

"En effet ce n'est pas un hasard, du moins pas entièrement." Le plus jeune leva les yeux vers lui, fronçant les sourcils. "A vrai dire toute cette mise en scène était destinée à la personne à qui j'ai envoyé ce billet d'opéra. Mais il se trouve qu'on a préféré vous le donner. Cependant je ne regrette pas puisque cela m'aura permis de vous rencontrer."

"Mais qu'a fait Lavi pour mériter cela ?" Demanda le blandin, confus. Le portugais rit doucement à sa naïveté.

"Ah mon ange vous avez encore beaucoup à apprendre."

"Eh bien je vous écoute racontez moi toute l'histoire."

"C'est une très longue histoire."

"Oh et vous pensez que je n'ai pas tout mon temps pour vous poursuivre de pays en pays ?!" S'écria-t-il en commençant à trembler de colère.

"Oh mais vous tremblez très cher." Le coupa-t-il pour placer son manteau sur ses épaules.

"Cessez de vous moquer de moi !"

"Calmez vous."

"Non je ne me calme pas ! A cause de vous je me retrouve seul du jour au lendemain loin de ceux que j'aime, on me croit responsable de la mort de 2 politiciens et on veut ma mort, vous pensez réellement que je vais rester calme ?!"

"Trop tard..." Murmura Tyki en regardant derrière lui. L'anglais voulut se retourner mais avant qu'il ait eu le temps de le faire, l'aîné attrapa son poignet et l'entraîna avec lui. Il entendit des gens courir derrière lui. Le brun le conduisit jusqu'à l'entrée mais Allen s'arrêta soudainement en hurlant de douleur. Il porta une main à sa jambe blessée. Le portugais regarda encore derrière eux. Leurs poursuivants se reprochaient à toute vitesse. Il prit Allen dans ses bras et continua sa route. Il tourna à gauche dès qu'il sortit des jardins. Le blandin rougit et passa ses bras autour de son cou pour se soutenir. Il en profita pour regarder derrière lui. 8 personnes habillées tout en noir leur courraient après avec, au vue de leur expression, l'envie de les tuer. Tyki pénétra dans le premier restaurant qu'il vit et déposa son cadet sur la chaise en face de lui.

"On s'arrête dans un restaurant alors qu'on est poursuivis ?" Demanda le plus jeune en fronçant les sourcils, le regard tourné vers la fenêtre.

"Ils n'oseront pas intervenir ici. De plus il est déjà midi, vous devez être affamé." Ajouta-t-il en lui tendant un menu. Le blandin hésita mais finit pas le prendre du bout des doigts. Il baissa les yeux vers le manteau qu'il avait sur le dos. Il posa le menu sur la table pour passer ses bras dans les manches de la veste trop grande. Un serveur vint prendre leur commande quelques minutes plus tard et Tyki ajouta à cela un vin de grande qualité. Voyant la mine toujours aussi confuse du plus jeune, il le rassura : "Ne vous en faites pas, je vous offre le repas. Bien, où en étions-nous ?" Dit-il, l'air de rien.

"Je vous demandais-"

"Ah oui c'est vrai !" S'exclama-t-il, ignorant complètement ce qu'il disait. "Voyez-vous il y a quelques années, je travaillais avec mon frère, Shéryl, dans un immense cartel de drogue dont nous étions les patrons. Au début ce n'était que l'argent qui nous motivait mais nous nous sommes vite rendu compte que nos concurrents étaient bien plus... populaires que nous. Nous devions donc éliminer la concurrence n'est-ce pas ?" Allen hocha maladroitement la tête, comprenant ce qu'il voulait dire. "Nous avions d'abord voulu engager des mercenaires pour s'en occuper mais leurs prix étaient des plus onéreux. On est jamais mieux servis que par soi-même comme on dit. Ensemble nous avons nous-même éliminé nos adversaires si vous voyez ce que je veux dire." Allen frissonna rien que d'imaginer ce qu'il s'était passé. "Petit à petit nous dominions le pays tout entier mais ce n'était pas suffisant pour mon frère, il en voulait toujours plus. Le fait d'avoir longtemps vécu dans la misère n'avait sans doute fait qu'augmenter son ambition. Quoi qu'il en soit nous commencions à étendre notre territoire à l'ouest de l'Espagne. Mais avec tant d'influence, nous ne pouvions pas ne pas passer inaperçu aux yeux des services secrets. Pourquoi seuls les britanniques ont tenté de nous arrêter me demanderez vous ? Parce qu'à cette époque les Etats portugais et espagnol étaient dépassés par tous les gangs qui envahissaient les rues. Ils ont demandé de l'aide et l'Angleterre a "généreusement" décidé de leur venir en aide. Normalement ce n'est pas aux services secrets de s'occuper de ce genre d'affaire mais... nous n'avions pas juste assassiné une dizaine de personne, mais bien plus. Je ne vous donnerais pas le chiffre exact, vous connaissant vous n'aimeriez pas savoir." Le blandin se recroquevilla instinctivement sur lui-même. Il avait du mal à imaginer combien de personne qu'il avait pu tuer dans sa vie toute entière. "Des dizaines d'agents ont participé à cette mission. Grâce à une taupe dans nos rangs, ils ont pu faire une descente dans un de nos entrepôts où nous nous étions arrêtés. Nous avons bien tenté de résister mais à part nous, seules 2 autres personne autres que nos fabricants ou dealers savaient réellement se battre. Nous les avions nommés sous chefs pour les divisions où n'avions pas le temps d'aller et, malgré le fait qu'ils n'avaient que 16 ans, ils étaient très doués. Nous nous sommes vite fait arrêter et, alors que nous allions nous faire embarquer, mon frère a tenté de s'enfuir. Et, impuissant, j'ai assisté à sa fusillade. La plupart des agents qui nous avait arrêté avaient des fléchettes anesthésiantes comme munitions, mais celui qui a tiré sur Shéryl lui avait de vraies balles." Allen restait muet, écoutant attentivement son histoire. De toute façon même s'il essayait de parler il n'y arriverait sans doute pas. Et pour dire quoi après tout ? "J'ai refusé de dénoncer les autres membres du cartel même si cela réduirait ma peine. Mais les 2 sous-chefs qui ont été embarqués avec moi n'ont eu aucuns scrupules à donner tous leurs noms si bien qu'il n'eurent à rester qu'une pauvre semaine en prison. Mais je comprend leur réaction, Jasdero et David ne pouvaient rester loin de leur famille." Le blandin sursauta. Qu'avait-il dit ? Ses frères impliqués dans une telle histoire ? Pourquoi ne lui avaient-ils rien dit ? "Je peux comprendre que cela vous surprenne mais c'était un bon moyen de gagner assez d'argent pour rembourser les dettes de votre père. A l'époque vous n'aviez que 11 ans, ils veillaient sur vous. Quoi qu'il en soit et comme vous vous en doutez, j'en ai voulu à cet agent d'avoir tué mon frère alors, quand j'ai enfin réussi à m'évader i ans, j'étais déterminé à venger sa mort. Je me suis arrangé pour organiser un piège à l'opéra de Vienne. Je lui ai envoyé un billet le conviant à venir à une représentation dans cette opéra. Ce que je n'avais pas prévu c'était qu'il vous offre ce billet. Et contrairement à ce que vous pensez, il ne s'agissait pas de Lavi. Je préfère vous laisser la surprise de trouver qui c'était. Cependant je ne regrette pas du tout que ce soit tombé sur vous, après tout vous êtes concerné par tout ça."

"Huh ?" Ne put que dire le blandin faisant rire son aîné.

"Vous ne le savez peut-être pas mais, vous lui avez volé son coeur." Le visage de l'anglais prit une teinte cerise alors qu'un petit cri surpris s'échappa de ses lèvres. Tyki rit encore face à son adorable réaction. "Cela vous étonne tant que ça ? Je pensais vous avoir fait assez comprendre à quel point vous êtes mignon."

"B-bah oui m-mais... euh..." C'est le moment que choisit le serveur pour revenir avec leur plat et la bouteille de vin. Il les servit tous 2 puis repartit après s'être incliné. "Tenez mon cher je pense que vous en aurez besoin." Rit-il en lui tendant son verre de vin. Allen attrapa maladroitement le verre, regardant étrangement le liquide sombre s'y trouvant. Il leva timidement les yeux vers le brun qui se reprit bien vite. "Oh mais bien sûr vous devez être méfiant." Il prit son propre verre pour en boire quelques gorgées. L'anglais baissa les yeux vers son verre et le porta à ses lèvres. Il y goûta puis reposa le verre.

"Si vous avez une autre question n'hésitez pas." Murmura-t-il en reprenant son verre.

"Ma montre." Répliqua son cadet.

"Pardon ?"

"La montre à gousset que vous m'avez prise à la bibliothèque. Elle appartenait à mon oncle, s'il vous plait rendez la moi. Vous aviez dit que vous ne faisiez que me l'emprunter mais rendez la moi j'en ai besoin !"

"Calmez vous très cher." Il lui montra la veste qu'il avait placé sur ses épaules du doigt. Le plus jeune s'empressa d'en sortir la précieuse montre qu'il serra contre son coeur. Tyki posa son menton dans sa main, souriant. Décidément quoi qu'il fasse il ne cessait de le trouver adorable. Allen rougit en entendant son ventre gargouiller. Il se décida finalement à prendre une fourchette pour commencer son assiette. Il la finit rapidement sous le regard amusé du brun. Il avait sauté quelques repas ces derniers jours. Quand ils eurent fini de manger, Tyki plaça quelques billets sur la table puis se leva. "Je pense devoir vous laisser ici très cher. J'ai plusieurs choses à régler comme vous avez pu le voir ce matin-même. De plus vous avez sans doute besoin de temps pour digérer tout ça. Oh et je vous offre la veste." Termina-t-il avant de quitter le restaurant. Le blandin se releva précipitamment pour le suivre mais dès qu'il fut sur ses 2 jambes il s'écroula en criant de douleur. A rester assis si longtemps il en avait oublié sa douleur. Les serveurs se précipitèrent alors vers lui pour vérifier son état.

(1) "Qu'est-ce que ?!" en allemand.

(2) "Pourrais-je avoir une chambre pour la nuit ?"