Lorsque les lèvres salées de l'adolescent rencontrèrent les siennes, Otabek sentit son coeur s'affoler comme jamais il ne l'avait fait auparavant.
Il passait beaucoup de temps avec Yurio depuis quelques mois, et à plusieurs reprises, son coeur s'était emballé en sa présence. Une parole affectueuse, un geste tendre à son égard, un sourire qui lui était destiné. Un rien suffisait à créer le trouble en lui. Mais cette fois-ci, ces sentiments étaient décuplés.

Lorsque leurs lèvres se séparèrent doucement et que Yuri prit soudainement conscience de ce qu'il venait de faire, ses yeux s'écarquillèrent tandis que la confusion se glissa sur son visage, remplaçant l'air un peu plus paisible qui semblait y avoir pris place.

"B-Beka, je suis désolé !"

Il porta ses mains devant son visage honteux avant de baisser le regard, les yeux de nouveau remplis de larmes. Les poings serrés, il retint difficilement un sanglot. Il ne pourrait plus compter sur son ami après ça, il en était certain. Il regretta de s'être laissé emporter par le regard si profondément encre du brun et d'avoir succombé à cette envie subite de contact avec lui. Il avait été égoïste. Il sentit une vague de regrets approcher dangereusement à l'idée d'avoir perdu la seule personne qui pourrait lui sortir la tête de l'eau et fit rapidement volte face avant de se diriger vers la sortie, lorsqu'il sentit deux bras l'entourer doucement.

"S'il te plaît, Yura... Ne pars pas."

Le blond ouvrit de grands yeux, encore baignés de tourments. Otabek. Le son de sa voix était à la fois triste et attendrissant. Quelques gouttes glissaient encore sur ses joues et il resta paralysé, pris dans un tourbillon émotionnel qu'il ne comprenait plus. Tout ce qu'il savait, c'est que le coeur qui cognait contre son dos semblait jouer exactement la même mélodie désordonnée que le sien. Il baissa la tête, faisant retomber quelques mèches devant ses yeux verts. La chaleur de cette étreinte lui donnait encore plus envie de pleurer.

Lorsqu'Otabek quitta le dos du tigre et se positionna face à lui, Yurio ne bougea toujours pas. Il n'osait pas affronter le regard marron, il n'osait pas faire le moindre geste, il ne voulait pas tout gâcher. Otabek le regarda quelques secondes, à la fois attendri et déchiré, et il finit par saisir le visage du Russe entre ses mains avant de déposer un chaste baiser sur ses lèvres.

Yuri mit quelques secondes à réagir. Otabek l'embrassait et son cerveau se déconnecta complètement l'espace d'un instant. C'était un contact doux, léger et pourtant, rempli de tellement de non-dits, qu'il suffit à le transporter entièrement. Il ne prit pas le temps de réfléchir plus et ferma les yeux, répondant comme il le put à cette sensation nouvelle. Au bout de quelques minutes, il sentit une main agripper légèrement ses longs cheveux blonds, tandis que leur échange s'intensifiait, réchauffant son coeur.

Lorsque le félin sentit la langue du Kazakh frôler ses lèvres, il accepta timidement la demande silencieuse et se laissa guider dans cet échange qui lui était encore inconnu. Les sensations qu'il ressentit à cet instant l'enivrèrent totalement. Yurio était inexpérimenté en ce qui concernait ce genre de situation, mais il était pourtant sûr d'une chose. Personne ne pourrait jamais lui faire éprouver de sentiments aussi forts que ceux que lui insufflaient Otabek.

Ses poils se dressèrent sur sa peau pâle tandis qu'il sentait les doigts du Kazakh l'effleurer.
Leur échange s'emplifiait doucement, faisant vibrer chaque parcelle de son être. C'était un parfait mélange de tristesse, de joie et d'amour. L'adolescent posa ses mains sur le dos du brun et commença à le griffer à travers son pull, sous l'effervescence naissante de leurs gestes, ce qui eût pour effet de tirer un gémissement au Kazakh. L'adolescent se stoppa aussitôt.

"Pardon, je ne voulais pas..."

Otabek le coupa alors, saisissant une de ses mains qu'il embrassa tendrement, avant de poser sa tête dans le cou du plus jeune.

"Ne t'excuse pas, Yura..."

Le souffle saccadé du brun sur sa peau le fit frissonner, et ses mains se crispèrent à nouveau sur le dos du Kazakh tandis que leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau. Yurio était pris dans une agréable tempête, de celles dont on ne veut jamais sortir. Il attrapa le haut du Kazakh et entreprit de le lui retirer, un peu maladroitement. Ce dernier, hésitant, se laissa finalement faire en croisant le regard émouvant de son cadet. Lorsqu'il fut débarrassé du vêtement, le Russe prit quelques instants pour regarder le torse halé, les joues empourprées. Otabek posa une main sous le menton du tigre et releva délicatement son visage vers lui.

"Je ne veux pas te faire plus de mal... Je veux juste... apaiser ta douleur."

Le blond sentit sa poitrine se serrer sous les mots plein de sincérité de cet être qu'il chérissait tant, et il se lova contre lui, se laissant caresser doucement.
Il se sentit fondre sous chacun de ses frôlements, tandis qu'il luttait contre l'envie d'approfondir leurs contacts, sa peine doucement dominée par la tendresse qu'Otabek lui offrait. Lui qui n'avait jamais embrassé qui que se soit auparavant, se sentit presque gêné du désir qui montait progressivement en lui.

Subitement, il repensa à son grand-père et sentit ses mains se crisper à son souvenir. Non, il ne devait pas y penser, pas maintenant. A cet instant, il était décidé à enfouir profondément sa détresse et à se perdre dans la lumière qui irradiait d'Otabek. Oui, à cet instant, la seule chose qu'il désirait était d'être apaisé. N'avait-il pas droit à un moment de calme ? Il refoula difficilement les images douloureuses qui assaillaient son esprit et se laissa finalement emporter par l'apaisement et l'amour qui l'entouraient.
N'y tenant plus, il passa lentement ses mains sur les bras du brun avant de les descendre sur les hanches de ce dernier et d'embrasser une épaule dénudée. Il posa finalement ses lèvres sur la nuque exposée du Kazakh, et aspira doucement sa peau, faisant apparaître une marque rougie.

Les doigts du brun agrippèrent la nuque délicate du Russe, le laissant promener sa bouche sur sa peau devenue sensible. Il se sentit soudain à l'étroit dans ses derniers vêtements et ne sût comment réagir face à la réaction que son corps arborait sous les attaques sensuelles qu'il subissait. Il était censé sauver Yuri, et voilà qu'il se laissait couler avec lui, s'engouffrant sur une route dont il ne connaissait pas la destination. Il luttait contre les envies qui semblaient l'assaillir, tandis que le Russe explorait sa peau de ses doigts délicats, l'électrisant un peu plus à chaque passage. Il ne devait pas lâcher prise... N'est-ce pas ?

"Je veux juste... apaiser ta douleur".

"Si je m'écoutais, je passerais chaque seconde de ma putain de vie avec toi, juste pour sentir encore et encore tes mains sur moi. Et tes lèvres contre les miennes... Beka, tes mots résonnent en moi, comment tu fais ça ? J'me sentais étouffer complètement et... Bordel. T'imagines pas la bouffée d'oxygène que tu m'as apporté en quelques minutes. T'imagines pas... A quel point je t'aime. Mais si je te disais tout ça, je pleurerais sûrement, parce que j'ai encore mal, tu vois ? Et si j'te le dis pas, je le regretterai, parce que t'es sûrement la meilleure chose qui me soit jamais arrivée. Dis-moi, Beka... Qu'est-ce que je dois faire pour te garder éternellement à mes côtés ?"


Chapitre 5 bouclé les loulous ! Je suis vraiment désolée, j'ai mis beaucoup de temps à l'écrire !

J'espère en tout cas que je vous ne serez pas déçus, j'ai eu du mal à trouver les bons mots mais je pense avoir assez bien retranscrit mes idées. Yurio qui veut se noyer dans la tendresse afin d'effacer sa peine et Otabek qui n'ose pas vraiment y répondre. Il en a envie, seulement, il ne veut pas profiter de l'état psychologique dans lequel se trouve le tigre.

Honnêtement, je ne sais pas du tout où me mènera le chapitre 6, mais je vais suivre l'inspiration, comme d'habitude !

Gros bisous, laissez un petit commentaire si ça vous a plus et à bientôt pour la suite !